Le travail de policier

Les événements de Minneapolis, aux États-Unis ont donné mauvaise presse aux policiers en général, même si, chez nous, la situation est toute autre. Ne devient pas policier qui veut parce que le travail est ardu psychologiquement. On n’appelle pas la police parce que ça va bien. C’est pour régler souvent une situation explosive.

Hier, dans l’édition du Journal de Montréal, Richard Martineau a écrit un article fantastique et empreint de vérité sur le travail des policiers qui sont avant tout des humains, souvent avec des familles. C’est le texte que je vois propose aujourd’hui.

Hommage aux policiers

Depuis le meurtre horrible de George Floyd (un événement scandaleux qui s’est déroulé aux États-Unis et non au Québec), un certain discours antipolicier a le vent dans les voiles.

À entendre certains militants crinqués, les policiers seraient agressifs, racistes, prompts à sortir leur flingue et à tirer dans le tas. Bref, des brutes entraînées pour « protéger le capitalisme patriarcal blanc ».

Il faudrait désarmer les corps policiers, leur couper les vivres ou, tout simplement, les abolir, comme certains militants du NPD l’ont récemment proposé.

LE COEUR REMPLI DE LARMES

À tous ceux qui aiment véhiculer cette image éculée du « RoboCop dépourvu d’émotions » ou du « policier Rambo », un conseil: lisez les témoignages émouvants qu’ont livrés les policiers Catherine Harel, Maxime Mathieu et Yannérick Litalien-Forest au procès de Benoît Cardinal, accusé d’avoir sauvagement tué sa conjointe, Jaël Cantin.

Vous m’en donnerez des nouvelles.

Trouver un cadavre ensanglanté. Aller chez les parents de la victime pour leur annoncer la mort de leur fille. Prendre soin d’un groupe d’enfants en panique. Répondre à leurs questions (« Avez-vous arrêté le méchant ? »).

D’écrire ma collègue Claudia Berthiaume, dans son compte rendu du témoignage de l’agent Litalien-Forest :

« Retenant ses larmes, l’agent a dit que cette tâche, qui a duré deux heures et demie, n’était pas facile pour lui.

J’avais les yeux pleins d’eau et je devais m’essuyer les yeux dans le coin. On faisait comme si de rien n’était avec les enfants, comme j’aurais fait avec les miens. » 

LA MORT DANS L’ÂME

C’est ça, être policier.

Confronter la misère et la détresse jour après jour.

Voir ce qu’aucun être humain ne devrait voir.

Tu arrives chez toi, tu prends tes enfants dans tes bras, et quand ils vont se coucher, t’ouvres une bouteille de vin pour faire disparaître les images qui tournent dans ta tête, tu te fermes comme une huître et, surtout, tu te gardes de raconter ta journée à la personne qui partage ta vie, pour la protéger.

Pourquoi les policiers se tiennent surtout avec d’autres policiers ?

Parce que les « civils », comme ils nous appellent, ne peuvent pas comprendre ce qu’ils vivent.

Ça vous tente de vivre ça ?

Vous vous rappelez Patrick Bigras, le policier qui a découvert les cadavres des enfants de Guy Turcotte ?

Il s’est donné la mort. Dix ans après les faits.

Pendant dix ans, il a vécu avec ces images qui lui bouffait littéralement l’âme.

Nous, on mène notre petite vie tranquille. Les policiers, eux, voient toute la merde, toute la rage, toute la violence qui grouillent en coulisses.

DES BRUTES ?

Désolé, mais, au risque de passer pour un méchant fasciste, moi, les policiers, je les admire.

Quand j’en croise un, je le salue.

Et quand l’un d’entre eux me donne une contravention pour excès de vitesse, je sacre, bien sûr (à l’intérieur !), mais je me dis qu’il fait son boulot et que j’avais juste à respecter la loi…

Des brutes, les policiers ? Des monstres ? Des « soldats du capitalisme patriarcal blanc », comme disent niaiseusement les wokes ?

Non.

Des gars et des filles aussi essentiels, courageux et respectables que nos « anges gardiens ».

Des pommes pourries, il y en a dans tous les vergers…

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