La dégringolade se poursuit

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Avec un peu plus d’un demi-million d’immigrants temporaires sur le territoire québécois, l’utilisation du français au travail a connu un recul de 1 % en deux ans. « Historiquement. C’est énorme. Je pense que c’est même incomparable », affirme le Commissaire à la langue française. Dans un rapport présenté mercredi dernier, Benoît Dubreuil invite donc le gouvernement Legault à en faire plus afin de sélectionner des travailleurs et des étudiants qui maîtrisent déjà la langue.

DÉCLIN DU FRANÇAIS

Entre 2016 et 2023, le nombre de travailleurs temporaires, d’étudiants étrangers et de demandeurs d’asile sur le territoire québécois a explosé, passant de 86 065 à 528 034 personnes. En utilisant des projections à partir du plus récent recensement, le rapport estime qu’entre 155 351 et 191 015 d’entre eux ne connaissent pas le français.

Cet afflux massif a renversé la courbe du nombre de personnes incapables de soutenir une conversation en français. « On avait stabilisé la situation autour de 5,5 % et là on serait repassé au-dessus de 7 %, 7,2 %, peut-être un peu plus », évalue le commissaire.

RÉPARTIR LES DEMANDES D’ASILE

Le commissaire fait remarquer que les 65 555 demandes d’asile déposées au Québec en 2023 (45,5 % de toutes les demandes soumises au Canada) créent une pression sur les capacités en francisation.

À l’image du premier ministre François Legault, Benoît Dubreuil estime qu’il faut mieux répartir ces nouveaux arrivants à travers le Canada, mais propose de le faire sur la base de la langue afin de minimiser les coûts d’intégration linguistique.

Ainsi, les locuteurs francophones resteraient au Québec, tandis que les anglophones iraient s’installer ailleurs au Canada. Les demandeurs d’asile maîtrisant les deux langues, eux, seraient invités à s’installer dans les communautés francophones minoritaires.

QUÉBEC PEINE À FRANCISER

Les calculs du commissaire révèlent d’ailleurs que le Québec francise seulement 5,4 % de la population qui ne maîtrise pas la langue. À ce rythme, il faudrait théoriquement 18 ans et demi pour y arriver.

Ainsi, de nombreuses personnes venues s’installer ici avec l’espoir d’obtenir éventuellement un statut permanent se retrouvent « dans un cul-de-sac » au bout de cinq, six ou sept ans, fait valoir Benoît Dubreuil.

Et franciser tout ce monde coûterait entre 10,6 à 12,9 milliards, si on inclut les cours et les revenus auxquels les participants devraient renoncer. Devant cette somme astronomique, M. Dubreuil met donc au jeu diverses mesures afin de réduire la proportion d’immigrants temporaires qui ne connaissent pas le français.

UN NIVEAU EXIGÉ INSUFFISANT

Depuis l’automne dernier, Québec exige que les travailleurs étrangers réussissent un examen de français au moment de renouveler leur permis de travail, après trois années en sol québécois. Toutefois, le niveau requis est largement insuffisant pour le commissaire.

« Le niveau 4, [à l’oral], c’est le dernier niveau du stade débutant. La personne au niveau 4, elle est capable d’interagir dans des situations qui sont extrêmement simples, avec des phrases courtes », a-t-il expliqué.

M. Dubreuil estime que le Québec devrait plutôt demander une maîtrise de la langue de niveau 3 avant même l’arrivée au pays, puis de catégorie 5 au moment de renouveler le permis.

DES ÉTUDIANTS PEU INTÉGRÉS

Statistique étonnante chez les étudiants universitaires étrangers, le commissaire évalue que 48 % des titulaires d’un permis postdiplôme ne connaissent pas le français.

Pour y remédier, M. Dubreuil souhaite que le droit de travailler hors campus soit conditionnel à l’atteinte d’un niveau 3 à l’oral. Puis, après les études, le permis de travail podtdiplôme devrait être accordé uniquement après l’atteinte du niveau 7, estime-t-il.

Récemment, Québec a annoncé que 80 % des étudiants non québécois à McGill et Concordia devront atteindre un niveau 5 à l’oral au terme de leur baccalauréat. Pour Benoît Dubreuil, il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais tout dépendra des pénalités imposées si les deux institutions n’atteignent pas la cible.

Source : Patrick Bellerose, Journal de Montréal, 15 février 2024, p14


50e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

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Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour…

La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve, et vous aurez vécu si vous avez aimé.

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Ça s’est passé un 19 février…

(1954) La voiture qu’on désignera généralement sous le nom de T-Bird commencera à sortir des chaînes de montage de Ford à l’automne. À l’époque, la voiture étant destinée à concurrencer la Corvette, elle ne comptait qu’une seule banquette. Ne réussissant pas à détrôner la « Vette », Ford décide d’installer une deuxième banquette sur la Thunderbird le 13 février 1958, modifiant ainsi grandement son caractère.

(1961) Inauguration du poste de télévision Télé-Métropole, canal 10, Montréal, devenu depuis, TVA. La première émission diffusée fut un gala animé par Serge Bélair et Anita Barrière. Parmi les émissions diffusées lors de cette première journée à l’antenne, soulignons « Poivre et Sel », à 16 h30, et « Je me souviens », à 19 h30. Le canal 10 devient dès sa fondation la plus grande station de télévision francophone privée à opérer au Québec. Elle constituera pendant plusieurs années la seule alternative française d’envergure à la Société d’État de Radio-Canada qui a débuté ses émissions près d’une décennie avant. À ses débuts, Télé-Métropole diffuse dans un rayon d’environ 100 kilomètres autour de Montréal.

(1996) La nouvelle pièce de deux dollars est mise en circulation au Canada. Elle doit permettre aux contribuables canadiens d’économiser 250 millions de dollars au cours des vingt ans à venir.


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