La grande peur de Finette

Finette, la petite chatte, court partout dans la maison. Il flotte un vent sucré qui fait rêver…

– On doit préparer une fête! se dit-elle en passant sa patte derrière son oreille!

Dans la cuisine, elle grimpe sur la table. Des odeurs de chocolat, de miel, de cannelle et d’orange viennent lui chatouiller les moustaches! Mais Grand-mère rentre du jardin :

– Oust, Finette! crie-t-elle.

Et Finette se sauve à toutes pattes par la porte entrouverte.

Dans le jardin, le mistral souffle fort. Finette court derrière l’apprentis pour se protéger du vent. Elle renifle un cageot de pommes, saute sur le tas de bois et grimpe au sommet. Mais là, patatras! une petite bûche roule sous ses pattes, et c’est tout le tas de bois qui s’écroule. La petite chatte manque de se faire écraser par une énorme bûche au nez long et pointu. Finette pense tout bas :

– Quelle méchante bûche! Ça ne se fait pas d’écraser une jolie chatte!

Effrayée, elle réussit à se dégager et se sauve en courant. En chemin, elle rencontre Grand-père qui tire son petit-fils par le bras :

– Viens! on va choisir la plus grosse! Et nous la brûlerons cette nuit, pour Noël.

Finette se demande de quoi ils peuvent bien parler, mais elle a trop peur de les suivre et préfère retourner au coin du feu.

Dans la maison, chacun a mis ses plus beaux habits. Grand-père et son petit-fils arrivent tout contents. Ils portent fièrement une énorme bûche.

– Mais… c’est la méchante bûche de tout à l’heure! se dit Finette.

Une fois la bûche dans le feu, Grand-père verse dessus de l’huile qui sent bon l’olive. Il sert la main de son petit-fils et dit :

– Dieu nous fasse la grâce de vivre l’an qui vient! Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins!

Finette elle, est bien contente : il y en a une qui ne sera pas là l’an prochain, c’est cette vilaine bûche au nez pointu! Mais soudain, Finette regarde sur la table et ses poils se hérissent : La bûche! Elle est revenue! Elle est là!

Pourtant Finette sent une délicieuse odeur… Mais oui! c’est celle de la crème et du beurre! D’un seul coup, elle retrouve tout son courage et s’approche de la bûche.

Et miam… elle lèche la crème et le chocolat, le bûcheron et le sapin en meringue!

Quel délice!

Pour Finette, c’est Noël avant l’heure!

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

L’importance du don d’organes

Je suis de ceux qui pensent que le prélèvement d’organes devienne une obligation pour le médecin qui constate un décès. Que le consentement de la famille du défunt ne soit pas nécessaire et que ce soit un automatisme. Perdre sa vie est toujours dramatique et triste, mais à l’opposé, la rendre à quelqu’un d’autre est un geste à poser et qui a une valeur inestimable. Paradoxalement, c’est passer de l’immense tristesse à l’allégresse incommensurable en permettant à d’autres de vivre.

Dans son édition du dimanche, 10 décembre dernier, le Journal de Montréal publiait l’histoire d’une mère qui, grâce au don d’organes, a pu passer à travers l’épreuve de la mort de son fils. Ce récit m’a tellement touché que je ne peux m’empêcher de le partager avec vous afin de faire avancer le geste du don d’organes. C’est l’histoire de Sonia Rhéaume, racontée par Sophie Durocher.

La mission d’une mère en deuil de son fils

Après la mort de Félix, Sonia Rhéaume souhaite sensibiliser la population au don d’organes.

Félix Belley, le fils de Sonia Rhéaume, ne deviendra jamais un adulte. Il est mort à 17 ans, à Chicoutimi, dans un accident de voiture sur le boulevard Saguenay. Le 22 avril 2017, la vie de cette mère a basculé.

Sonia Rhéaume est en train de souper avec des amis à Chicoutimi quand son cellulaire sonne. C’est le père de ses deux garçons, dont elle est séparée, qui est au bout du fil. « Félix est à l’hôpital de Chicoutimi. Il a besoin de toi. Il t’attend. » Sonia est dans un état second. Comme si la moitié de son cerveau avait compris que son fils était mort, et que l’autre refusait d’y croire. « J’étais en partie triste, en partie confiante. » À l’hôpital, en voyant un policier dans la salle d’attente, elle comprend qu’il n’y a plus d’espoir. On l’amène dans une petite salle privée. Un médecin lui annonce : « C’est un accident cérébral. Votre fils est maintenu artificiellement en vie. »

Sonia se souvient : « Il n’y avait plus de son, plus d’image. J’ai piqué une crise. Très intense, mais très courte. »

Le frère de Félix, Michael, est effondré en apprenant la mort de son frère. « Il me disait : « Pourquoi c’est pas moi, c’est lui? » Je lui ai répondu : toi tu es vivant, Félix est parti, on avance avec ça », se souvient Sonis Rhéaume, attablée devant moi dans un restaurant de Montréal.

En larme, elle me raconte qu’à l’hôpital, une douzaine d’amis de Félix sont venus le voir alors qu’il était maintenu artificiellement en vie. « Ils parlaient à Félix, comme s’il était encore vivant. C’était tellement beau à voir. J’apprenais des choses sur lui! Un de ses amis racontait à quel point Félix l’avait encouragé en sport. Il lui disait : « Tu m’avais dit que même quand on ne pouvait plus, on pouvait encore… »

Parfois, dans la mort, on accroche à ses détails. Félix est mort en se rendant à un défilé de mode, me raconte Sonia. Je pense qu’il allait peut-être frencher une fille qui était mannequin. Il sera mort puceau. Quel dommage. »

DON D’ORGANES

Si Sonia Rhéaume accepte de me parler alors que son fils est mort il y a à peine six mois, c’est pour sensibiliser la population à l’importance du don d’organes.

Dans les heures qui ont suivi l’accident de son fils, elle a signifié à l’hôpital son intention de sauver la plus de vies possibles en donnant les organes de Félix. « Trois jours avant l’accident, je me souviens que je m’étais demandé comment je survivrais si je perdais un de mes garçons. »

Étrange hasard, Sonia Rhéaume était en train de lire Le Why Café, un livre de croissance personnelle. « À la page 60, l’auteur nous invite à nous demander quelle est notre mission dans la vie. Moi j’ai trouvé la mienne : les greffes pour sauver des vies. »

Alors que Félix a eu son accident le vendredi, dès le dimanche soir une équipe de Transplant Québec est sur place à l’hôpital pour prélever ses organes. À 19h45, Sonia fait ses derniers adieux à son fils. Elle lui glisse : « Félix, tu te prépares à donner le plus beau cadeau de ta vie. J’t’aime mon homme. »

Ce soir-là, six organes (un cœur, deux reins, deux poumons et un pancréas) de même que des tissus seront prélevés sur Félix. « Il n’y a que ses yeux qui n’ont pas pu être donnés », m’explique Sonia.

Le jeudi, Félix est exposé au salon funéraire. « Alors qu’à l’hôpital son corps était chaud parce qu’ils le maintenaient artificiellement en vie, au salon son corps était froid. Ça été un choc. »

Au salon, Sonia prend dans ses bras tous ceux qui viennent la saluer. À ceux qui ne savent pas quoi dire elle répond : « Ne dis rien ».

À ceux qui lui disent : « C’est plate », elle répond : « Non, c’est tragique. Plate, c’est quand tu as un flat ou quand tu oublies une chemise dans la sécheuse. » Et à celle qui lui a dit : « Je n’en reviens pas que tu aies donné ses organes, tu l’as tué une deuxième fois », Sonia ne répond rien. Parce qu’il n’y a rien à répondre.

LES RETOMBÉES

Deux jours après le prélèvement des organes, Sonia reçoit un message : le cœur de Félix a été transplanté, l’opération a été un succès. Elle est contente de savoir que quelque part, le cœur de son Félix continue de battre. Mais quelques semaines plus tard, en ouvrant une lettre de Transplant Québec, elle apprend que le receveur est décédé. « J’ai pleuré toutes les larmes de ma vie. J’ai trouvé ça rough. Tant que son cœur battait, c’est comme s’il n’était pas vraiment parti. Mais là, mon Félix était vraiment mort pour de vrai »…

Heureusement, les autres histoires de greffe sont plus heureuses.

Le 26 avril, Sonia reçoit un message Facebook d’une inconnue, Patricia Lauzon. « Mon père a été transplanté des poumons dans la nuit du 24 au 25. Était-ce les poumons de Félix? Les médecins nous ont dit que c’était de jeunes poumons, donc ça nous laisse croire… Juste un oui ou un non, nous aimerions savoir. » Sonia lui a répondu : « Ça ne peut qu’être les beaux poumons du grand champion. » Alors Patricia lui a envoyé une magnifique photo de son père, fraîchement opéré, souriant dans son lit d’hôpital.

Le 27 avril, Patricia Lauzon écrit sur sa page Facebook : « C’est grâce aux poumons de ce jeune homme, Félix, si mon papa peut continuer à vivre. Malgré le tragique accident, Félix a sauvé des vies et il a sauvé celle de l’homme le plus important dans ma vie. Merci du fond du cœur. Mes sympathies à toute la famille, j’aurai toujours et à jamais une énorme pensée pour vous. »

Le 22 mai, un mois jour par jour après l’accident de Félix, Sonia a rencontré Jessica, une jeune enseignante qui l’a elle aussi contactée par Facebook, car elle avait reçu un des reins de Félix. Depuis sa greffe, elle n’a plus besoin de dialyse, elle peut recommencer à vivre et à enseigner et à prendre soin de sa petite fille Alice, deux ans.

« C’était tellement émouvant, tellement positif. Je la regardais et c’est comme si c’était ma fille : un des organes de Félix vivait dans son corps… »

Le 22 juillet 2017, Félix aurait eu 18 ans, l’âge de la majorité. Pour souligner cet anniversaire qu’il n’aura pas pu fêter, Sonia a demandé à Guillaume Lemay Thivierge de la faire sauter en parachute, pour qu’elle se rapproche du ciel et de son fils. « C’était le plus beau jour de ma vie », me raconte Sonia.

Maintenant que Sonia a trouvé sa « mission », elle travaille à la création d’une fondation. Elle voudrait l’appeler « L’étoile de Félix ».

Quand elle était enceinte, Sonia s’était fait dire par une connaissance que Félix serait « un médecin sans frontières ». En sauvant la vie de plus de 6 personnes, Félix a, en quelque sorte, réalisé cette prophétie.

Un mystérieux voyageur

Arnault se réveille en frissonnant. Le feu dans l’âtre s’est éteint.

– Vite, ce matin je dois aller répéter les chants de la veillée de Noël, dit-il à sa mère.

Au dehors, son ami Gauthier l’attend déjà. Ensemble, ils entonnent une joyeuse ritournelle. La neige scintille sous le soleil et les sapins croulent sous des grappes d’aiguilles blanches. Là, près de l’église, se tient un homme à la peau couleur de miel, coiffé d’un étonnant turban. Il porte un grand manteau de soie, et chante dans une langue inconnue une mélodie aux notes étranges. Les deux amis s’arrêtent, envoûtés par le timbre sourd de l’étranger.

– Qui êtes-vous, vous n’êtes pas du village? demande Arnault.

– Je me nomme Balthazar, répond l’homme. Je suis un voyageur, poète et musicien, saltimbanque et savant et un peu magicien. Je viens d’un pays où le soleil brille tous les jours de l’année. Je chante des histoires d’autrefois et je connais toutes les étoiles du ciel.

– Mais que venez-vous faire ici? Interroge Arnault.

– Je viens vendre des étoffes soyeuses et des pierres précieuses au seigneur du pays, répond le voyageur.

– Aujourd’hui? Tout le monde est occupé à préparer Noël, explique Arnault. D’ailleurs, nous allons répéter les chants pour la veillée de ce soir. Venez donc avec nous!

Arnault et Gauthier rejoignent le groupe d’enfants et la répétition commence. La nuit tombée, les villageois, flambeaux à la main, se rendent à l’église tout illuminée. Les petits et les grands, le seigneur du château, et toutes les familles du village arrivent de toute part.

Arnault entonne d’une voix claire un hymne de Noël accompagné par la chorale. Sa voix enfantine monte vers les voûtes de l’église.

Mais aussitôt, une voix d’homme puissante et chaleureuse lui répond. Les deux voix se mêlent emplissant l’église de joie et d’émotion. Arnault a reconnu l’étrange voyageur qui vient d’entonner avec lui le plus beau de tous les cantiques de Noël. À la fin de la veillée, tout le monde entoure cet homme venu de loin.

– Chantez-nous encore quelque chose! demande Arnault.

L’homme ferme les yeux. Son chant s’élève alors, qui raconte l’histoire de trois savants guidés par une étoile jusqu’à la crèche d’un enfant roi…

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Stéphane Couillerot
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Est-ce que les anglophones sont vraiment menacés au Québec?

Ça fait longtemps que les anglophones répètent sans cesse que le français menace leur culture. Cette attitude est bien ancrée dans cette communauté et c’est plutôt le contraire… avec l’aide et la bénédiction du gouvernement provincial actuel qui se produit.

Denise Bombardier y allait d’un article intéressant, publié dans les pages du Journal de Montréal du 9 décembre dernier, qui expose très bien le problème. Je partage aujourd’hui avec vous, ce bijou de texte. Bonne lecture.

Les Anglos-Québécois, des victimes?

La communauté anglophone du Québec a maintenant sa protectrice en la personne de Kathleen Weil, nommée depuis le remaniement ministériel de mai dernier responsable du nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.

Avec une émotion toute maternelle, la ministre Weil s’inquiète du fait que les Anglos ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise.

L’on comprend sans explication qu’à un an des élections, le PLQ bichonne les Anglos qui depuis la nuit des temps votent massivement pour les rouges. Devant l’abandon accentué du vote francophone constaté dans les sondages, aucun électeur anglophone ne doit leur échapper.

La réaction de nombre d’anglophones en colère quant à la motion de l’Assemblée nationale sur l’accueil des clients dans les magasins avec un « bonjour! » bien affirmé sans « hi! » à la fin est non seulement indécente, mais elle en dit long sur l’état d’esprit de la minorité anglophone la plus protégée du monde.

DÉCHAÎNEMENT

Dans les médias anglophones, des Anglos se sont déchaînés. Ils se décrivent comme des victimes de la majorité francophone, qu’ils hésitent à peine à qualifier d’exploiteuse à leur endroit.

Or, le malaise qu’ils éprouvent à vivre au Québec démontre bien l’idée qu’ils se font des Québécois de souche. D’ailleurs, dès que la majorité québécoise se revendique de la loi 101, les Québécois de souche anglaise se souviennent – c’est peu de le dire – du temps béni où ils ne pouvaient douter qu’ils étaient nos maîtres. La nostalgie reprend alors ses droits et une proportion étonnamment élevée d’anglophones se replie sur elle-même.

Les anglophones – faut-il le rappeler? – ont contribué grandement au progrès et à l’enrichissement du Québec. Nombre d’institutions ont été créées par des Écossais, des Irlandais et des Anglais. Des banques, l’Université McGill, Concordia et des hôpitaux font partie de notre héritage collectif.

Mais après la victoire du PQ en 1976, près de 100 000 Anglos ont quitté le Québec. Pour la petite anecdote, j’ai acheté alors à un prix imbattable une maison appartenant à un universitaire de McGill, qui a préféré quitter la prestigieuse institution pour s’installer à Kingston en Ontario. Lors de la décolonisation en Afrique, les Blancs fuyaient aussi leurs belles demeures que des Noirs rachetaient. Cela s’appelle le transfert de bourgeoisie.

ÉLECTORALISME

Pour parler franchement, il est douloureux de voir les réactions de la minorité anglaise. Et il est aussi choquant et triste de constater les manœuvres électoralistes du PLQ envers la communauté anglophone.

Ils ne sont pas nombreux les Anglos-Québécois qui s’inquiètent de l’érosion progressive de la langue française dans l’espace public. À croire qu’ils se réjouissent secrètement de l’inéluctable victoire de la démographie.

Le Québec officiellement français est en perte de vitesse. Le bilinguisme impose sa loi dans l’espace public à Montréal et dans la langue truffée d’anglicismes des jeunes francophones.

Et, de grâce, que le gouvernement nous épargne ses « inquiétudes » et mette en veilleuse ses projets de protéger les « victimes » que sont censés être les anglophones du Québec plongés dans le ressentiment historique.

Un petit sapin pour Lison

Lison est tout excitée. Aujourd’hui on achète le sapin! Sur la place du marché, des dizaines d’arbres sont installés. Il flotte un parfum de fête! Lison court dans cette drôle de forêt. Elle lève les bras au ciel.

– Moi, je veux un sapin qui chatouille le plafond du salon!

Maman sourit : elle a presque dit oui! Mais Lison n’en finit pas de choisir son arbre préféré… Maman commence à s’impatienter :

– Alors! tu as trouvé?

Lison est bien trop occupée pour répondre! Derrière une montagne de sapins, une branche lui a fait signe. Lison n’en croit pas ses yeux, elle se fraie un passage et découvre un adorable petit sapin vert tendre, écrasé par des arbres dix fois plus gros que lui. Le petit sapin reprend son souffle, secoue ses branches et murmure dans un bruissement d’aiguilles :

– Ouf! merci de m’avoir sorti de là! J’ai cru que j’allais étouffer!

Lison croit rêver :

– Mais… tu parles!

Le petit sapin rit :

– Bien sûr! si tu veux m’écouter!

Lison caresse le petit arbre. Elle ne sait pas pourquoi, elle sent qu’elle l’aime déjà. Elle lui chuchote :

– Mon pauvre! tu dois être triste d’avoir quitté ta forêt!

– Pas du tout! répond le sapin. Regarde dehors, les arbres n’ont plus une feuille, ils tremblent de froid! Moi, je suis vert, même en hiver. Dans les maisons, on me pare de guirlandes. Je brille! Je scintille! Et les enfants dansent autour de moi.

Lison voudrait bien continuer sa conversation, mais voilà sa maman, très étonnée :

– Il n’est pas trop petit celui-là?

Lison a peur que sa maman ne veuille pas de son sapin, alors elle trouve mille idées pour vanter ses qualités :

– Ses épines sont brillantes comme le soleil! Et mes boules neuves lui iront à merveille!

Lison a l’impression que le petit sapin lui fait un signe :

– Bien parlé Lison! Comme ça, je partirai avec toi!

Alors elle insiste :

– On l’installera sur la commode, il touchera le plafond!

Maman sourit : c’est oui!

– Alors c’est moi qui le porte! s’écrie joyeusement Lison. Il est juste à ma taille! Et quand Noël sera passé, nous irons le replanter dans la forêt et nous viendrons lui rendre visite tous les samedis. Je crois que nous sommes devenus de vrais amis.

Le petit sapin a tout entendu : il agite ses aiguilles de bonheur. Il se penche vers l’oreille de Lison, et murmure doucement :

– Je t’aime de tout mon cœur.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Claire Le Grand
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Le français a ses règles (2 de 13)

Comment améliorer son français écrit… Voici le deuxième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.

Les trésors de la forêt

Margot passe les vacances de Noël chez ses grands-parents, à la campagne. Ses parents et ses frères et sœurs n’arriveront que le 24 décembre.

– Pfff! c’est long d’attendre, soupire Margot.

Dehors, le froid glacial donne une couleur grise au ciel, tandis que dans la maison douillette, un grand poêle laisse planer une chaleur agréable.

Assis dans un fauteuil confortable, Grand-père s’est assoupi pour la sieste. Grand-mère, dans sa cuisine, prépare un gâteau au chocolat. Son odeur sucrée fait envie à Margot, mais il faut attendre demain pour le déguster!

– Grand-père, je ne sais pas quoi faire, murmure Margot à son oreille.

Grand-père, tiré de son sommeil, sursaute et grommelle quelques mots :

– Lis un livre en attendant que Grand-mère ait fini.

Mais Margot n’a pas envie de lire. Elle secoue son grand-père gentiment.

– Allez, Grand-père, tu m’as promis une promenade.

– Bon d’accord, marmonne Grand-père en se levant, emmitoufle-toi bien et va demander un sécateur à Grand-mère.

Margot enroule autour de son nez son écharpe douce, enfile son manteau épais et ses moufles en laine. Son bonnet lui cache bien les oreilles.

– En route vers les bois, dit Grand-père. Nous allons préparer une surprise à tes parents.

Dans la forêt, seuls les sapins ont gardé leur feuillage. Grand-père choisit le plus vert et le plus fourni d’entre eux et en coupe quelques branches avec le sécateur. Margot s’approche d’un petit buisson vert et brillant aux petites boules rouges.

– Je sais ce que c’est, dit-elle fièrement. Du houx! ça pique.

– Oui, répond Grand-père, et on va en couper quelques branches en faisant bien attention.

Margot se demande bien ce que Grand-père a dans la tête : la maison est déjà décorée d’un magnifique sapin de Noël avec des guirlandes argent et or.

– Rentrons maintenant, dit Grand-père. Il va bientôt neiger et nous avons du travail.

Sur la table, Grand-père étale les branchages, prend de la ficelle et des rubans rouges, du carton et des crayons de couleur :

– Nous allons faire une couronne de bienvenue! Je vais lier entre elles les branches de sapin en une forme ronde, comme un soleil. À toi, ensuite, d’y piquer le houx, des pommes de pin, et de la décorer avec des rubans, des boules et des étoiles que tu auras fabriquées.

L’après-midi passe vite pour Margot… Peu à peu, la couronne de bienvenue s’embellit des couleurs de Noël.

– Il est temps de l’accrocher sur la porte en signe d’amitié pour nos invités de Noël, déclare Grand-père.

Alors Margot, de sa plus belle écriture, trace quelques lettres dorées sur un carton :

« Bienvenue à tous! »

– Et que Noël entre dans toutes les maisons! rajoutent d’une même voix Grand-père et Grand-mère.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

La subtilité des marques de commerce

Derrière chaque logo d’une marque de commerce, se cache un message. Une subtilité qu’on découvre à l’observer. Je vous en présente 7 qui vous révéleront leur subtilité propre.

Vous voyez la flèche entre le « E » et le « x » (en blanc)? Elle est bien présente.

Le 2e et le 3e « T » sont deux personnes qui partagent une tortilla et un bol de sauce.

Le « R » de Tour est un cycliste. Le cercle jaune est la roue avant et le « O » est la roue arrière.

La flèche signifie qu’Amazon a tout, de « a à z ».

Il y a un ours qui danse au-dessus du « ble ». Toblerone est fabriqué à Berne en Suisse dont l’emblème est un ours.

Vous voyez le « 31 » dans « BR »? Pour 31 parfums délicieux.

Vous voyez le gorille et la lionne face à face (en blanc)?

Vous voilà érudit en matière de logos.

Le chevalier au grand cœur

Il était une fois un beau chevalier, un ours en peluche et une poupée de chiffon qui habitaient chez un marchand de jouets. Monté sur son cheval, le chevalier brandissait un drapeau, comme s’il partait à la guerre! Il était fier, et parlait peu à sa voisine, la poupée qui somnolait toute la journée.

L’ours était le plus vieux jouet de la boutique. Il était arrivé ici bien avant tout le monde et il savait tout, ou presque! Un jour, il annonça d’une voix forte :

– Ce soir, grande toilette pour tout le monde! Demain c’est Noël!

– Noël?

La plupart de ses compagnons n’avaient jamais entendu ce mot-là! Et tous les jouets voulaient en savoir plus! Pour une fois, la poupée était réveillée et c’est elle qui dit de sa toute petite voix :

– Noël, c’est la fête! C’est un jour extraordinaire où chacun veut faire plaisir aux autres pour leur montrer qu’il les aime. C’est pour cela que les enfants reçoivent de jolis jouets comme nous en cadeau.

Les jouets, tout étonnés, commencèrent à bavarder. Mais…

– Taisez-vous, quelqu’un arrive! dit brusquement l’ours en peluche.

Le chevalier sursauta : une main venait d’attraper l’ours!

– Adieu mes amis! souffla celui-ci en partant.

Le chevalier se demandait si, lui aussi, il serait pris pour être offert en cadeau. Il serait tellement fier d’être choisi pour faire plaisir à un enfant! À ce moment-là, il entendit la poupée de chiffon pleurer doucement à côté de lui :

– Moi, disait-elle, personne ne me remarquera jamais… Pourtant, j’aimerais tellement faire des câlins à un bébé…

De nouveau, une main s’approcha, et une voix demanda :

– Crois-tu que ce chevalier ferait plaisir à Baptiste?

Le chevalier senti son cœur battre de bonheur. Mais il se souvint aussi de sa pauvre voisine, la poupée de chiffon. Alors il essaya de se reculer, pour lui laisser plus de place.

– Très bien, dit alors la voix d’une maman. Et pour notre petite Noëmi?

– Oh, regarde! à côté du chevalier, il y a une jolie poupée! Elle a un sourire de fée, et elle est si douce… C’est parfait pour un bébé, prends-la donc!

Quand le chevalier vit le sourire qui illuminait le visage de la poupée, il se sentit très fier et très heureux. Vraiment, Noël était un jour extraordinaire!

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Berné par des médecins

Inadmissible, indécent, incompréhensible, inacceptable et scandaleux, tels sont les qualificatifs employés pour décrire l’arnaque des médecins envers les CONtribuables du Québec; leur prime pour ne pas être en retard au travail. La population est unanime pour la dénoncer haut et fort. Personne, aucun travailleur, ne possède une telle prime au Québec. C’est même le contraire puisqu’un employé en retard fait face à des sanctions.

Les anesthésiologistes en bénéficient depuis 2008, alors que ceux-ci sont sous le seuil de la pauvreté avec une rémunération annuelle moyenne de 490 000$ chacun. Les chirurgiens ont aussi leur part du gâteau en ayant une prime de 105$ pour ne pas être en retard en salle d’opération. Comme si ce n’était pas assez, on leur alloue 21$ le quart d’heure, si leur présence en salle dépasse 15h00 l’après-midi jusqu’à 19h00, pour une surprime supplémentaire possible de 336$. Si ce n’est pas écœurant, je me demande bien quel qualificatif est plus éloquent. Le coût de l’opération depuis ce temps est de 41 millions de dollars, pris DANS NOS POCHES! Et les abus sont fréquents et sans aucun contrôle.

Et qui avait négocié cette indécente prime : les sbires Barrette et Bolduc eux-mêmes en 2010; dégueulasse! Barrette le démagogue est rendu de l’autre côté de la clôture, Bolduc a fourré le système il n’y a pas si longtemps en haussant son nombre de patients pour toucher un gros magot et Couillon, excusez Couillard, ne dit mot et approuve. Mais la pire déclaration vient de Gaétan Barrette lui-même, qui se dit scandalisé par cette arnaque des médecins. Non mais faut-il nous prendre pour des imbéciles pour faire une déclaration mesquine de la sorte? Il mériterait d’être démis de ses fonctions sur le champ. J’espère qu’au prochaines élections provinciales, les CONtribuables vont lui botter le cul pour le sortir de l’assemblée nationale.

L’autre risée de cette « fraude légale » est l’affirmation du président de l’association des anesthésiologistes Jean-François Courval, qui dit, sourire en coin, que cette prime se veut incitative. Frappez-moi quelqu’un!

La vérité de ces primes est que la hausse des chirurgies n’est que d’un insignifiant 1%, entre 2012 et 2017. Malgré cela, plus de 2000 patients attendent toujours depuis une année, pour être opérés. C’est ça que le gouvernement fait avec NOTRE fric; le gaspiller sans compter et le dilapider envers les plus choyés de la société. Une aberration pour ce gouvernement qui dit se soucier de notre économie. Il est là uniquement pour se faire réélire, point à la ligne. Le reste n’est que magouille et tergiversation.