La journée internationale des populations autochtones

Anniversaire

Chaque année, la Journée internationale des populations autochtones nous invite à reconnaître la richesse, la résilience et la diversité des peuples qui ont façonné les territoires bien avant l’établissement des États modernes.

Cette journée n’est pas seulement un moment de commémoration; elle est un appel à l’écoute, à la justice et à la collaboration. Les peuples autochtones portent des savoirs millénaires sur l’environnement, la santé, la gouvernance et la vie communautaire, des savoirs qui demeurent essentiels pour répondre aux défis contemporains, notamment ceux liés au climat et à la préservation des écosystèmes.

Souligner cette journée, c’est aussi reconnaître les blessures encore ouvertes : la dépossession des terres, les discriminations, les ruptures culturelles et les injustices qui ont marqué l’histoire. Mais c’est surtout affirmer que la réconciliation ne peut être un simple mot. Elle doit se traduire par des actions concrètes, par le respect des droits, par la valorisation des langues et des traditions, et par une volonté sincère de bâtir des relations fondées sur l’égalité.

Les populations autochtones ne sont pas des vestiges du passé; elles sont des nations vivantes, créatives, porteuses d’avenir. En cette journée, nous sommes invités à reconnaître leur contribution unique, à célébrer leur identité et à nous engager à leurs côtés pour un monde où chaque peuple peut vivre dans la dignité, la sécurité et la fierté de ses racines.

*****

À petites doses…

Santé et bien-être

UNE RELÈVE PROMETTEUSE

Le CHUM accueille une fois de plus cet été des jeunes de secondaire 4 et 5 afin de les introduire au réseau de la santé. Bloc opératoire, ateliers de points de suture, découverte de laboratoires : ces curieux adolescents mettent la main à la pâte durant l’Académie d’été. Depuis cinq ans, plusieurs centaines de jeunes à travers le Québec y ont participé et 77 % d’entre eux ont affirmé que le programme avait influencé leur choix de carrière.

UN SYNDROME INFANTILE DÉMYSTIFIÉ

Le syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA) cause de grandes inquiétudes pour plusieurs parents, mais cette condition est encore souvent mal diagnostiquée. L’institut de recherche du CUSM s’est donc penché sur cette question dans le cadre d’une étude auprès de 87 enfants atteints du SEIPA. Lié à certaines allergies alimentaires comme les œufs (27,6 %) et les fruits de mer (21 %), ce syndrome peut provoquer une déshydratation et des vomissements sévères et peut être facilement confondu avec une gastro-entérite.

LE CANCER RECULE AU QUÉBEC

L’institut nationale de santé publique a dévoilé une mise à jour de ses données sur les causes de décès des Québécois. Dans la période s’échelonnant de 2019 à 2023, le cancer a été responsable de 29,4 % des décès, contre 32,4 % pour la période précédente (2014-2018). Les maladies du cœur (17,3 %) et les traumatismes non intentionnels (5,5 %) complètent le podium de la mortalité. Par ailleurs, l’espérance de vie au Québec a continué d’augmenter, passant de 82,4 à 82,5 ans. La région où la population vit le plus longtemps est Laval (83,8), creusant son écart avec le dernier de classe, le Nord-Du-Québec (79,3 ans).

Source : Journal de Montréal, magazine Salut Bonjour, 25 juillet 2026, p17

*****

Les labyrinthes numériques

Opinion

Il y a des jours où appeler un service à la clientèle relève de l’épreuve olympique. On décroche le téléphone avec une simple question, et on se retrouve prisonnier d’un labyrinthe numérique digne d’un jeu vidéo.

« Pour le service, faites le 2. Pour toute autre demande, faites le 3. Pour revenir au menu précédent, faites le 9. » On finit par faire tellement de chiffres qu’on pourrait croire participer à un tirage de loto.

Et avant même d’atteindre ces menus, il faut survivre au préambule. Deux, parfois trois longues minutes d’un message récité en français, puis en anglais, comme si on avait demandé une séance de méditation forcée. Ensuite arrive le classique : « Nous recevons un fort volume d’appels ». Bien sûr. On imagine très bien le “fort volume” : un seul préposé, probablement en pause, pendant que la machine nous berce de musiques d’attente composées pour tester notre patience.

Entre les menus qui s’enchaînent, les messages d’attente interminables et les avertissements moralisateurs, cette image résume la frustration moderne du téléphone automatisé. Un clin d’œil à l’époque où une voix réelle répondait, écoutait et réglait les choses en quelques secondes.

Et que dire du fameux « Notre menu a changé »… répété mot pour mot depuis deux ans. Rien n’a changé, sauf notre niveau d’exaspération.

Puis, cerise sur le sundae : l’avertissement sur le « langage respectueux ». On nous demande d’être courtois alors que l’attente dépasse parfois une heure, qu’on tourne en rond dans des sous-menus inutiles, et qu’on se fait rappeler que notre appel est « important ». Si c’était vrai, quelqu’un répondrait.

Dans ce domaine, l’informatique n’a rien réglé. Elle a simplement remplacé l’humain efficace par une machine lente. Vive l’époque où une personne réelle répondait, écoutait, et transférait l’appel en quelques secondes. Une époque révolue, mais tellement plus humaine.

*****

Pieds enflés

Santé et bien-être

Vos pieds vous semblent-ils plus volumineux que d’habitude ? Un léger gonflement après un long vol ou par temps très chaud n’a généralement rien d’inquiétant. En revanche, une enflure persistante peut parfois révéler un problème de santé sous-jacent.

Appelé œdème en termes médicaux, ce gonflement survient lorsqu’un excès de liquide s’accumule dans les tissus de l’organisme. Avec l’âge, la circulation sanguine change; l’effet combiné de certains médicaments ainsi que de maladies touchant le cœur, les reins, le foie ou les veines peut accroître le risque d’œdème. Les longues périodes passées en position assise ou debout, une alimentation riche en sel ou le port de chaussures trop serrées peuvent également y contribuer.

Heureusement, quelques mesures simples suffisent souvent à atténuer un léger gonflement : surélever les pieds, marcher plus fréquemment, s’étirer dans les transports ou porter des bas de compression. L’activité physique régulière peut également favoriser la circulation sanguine et réduire l’accumulation de liquide au fil du temps. Même de petits gestes, comme des flexions des chevilles en position assise, peuvent aider à maintenir une bonne circulation.

Les experts recommandent toutefois de ne pas ignorer un gonflement qui apparaît soudainement, qui touche une seule jambe ou qui s’accompagne de rougeur, de chaleur, de douleur thoracique ou d’essoufflement. Dans certains cas, l’enflure des pieds et des chevilles peut être le signe d’un caillot sanguin, d’une infection ou d’un problème cardiaque nécessitant une consultation médicale sans délai.

*****

Source : Revue « CSA », été 2026, numéro 139, p17 (Mayo Clinic, WebMD, familydoctor.org)

Un pan de notre histoire : le rendez-vous manqué de Montréal 76

Histoire

LE COUREUR AUX RACINES D’ICI STEVE PRÉFONTAINE EST MORT AVANT DE POUVOIR S’ILLUSTRER DANS LA COMPÉTITION

Steve Préfontaine devait être l’une des grandes vedettes de l’athlétisme aux Jeux olympiques de Montréal. Mais le 30 mai 1975, quelques heures après la victoire du coureur dans un 5000 mètres près de chez-lui en Oregon, sa MG Butterscotch a raté une courbe et elle s’est renversée sur le toit. Il est mort asphyxié sous le poids du véhicule. Il avait 160 mg d’alcool dans le sang.

Dans un sport où l’on atteint son sommet qu’à la fin de la vingtaine, Prev, comme l’appelaient ses fans, détenait, à 24 ans seulement, 7 records américains entre 2000 et 10 000 mètres. Il avait couru neuf fois le 1000 mètres sous les quatre minutes, un exploit inégalé en 1975. Mais il était plus qu’un grand coureur, il était un phénomène culturel. Son charisme et son style de course attiraient des millions de fans et ont grandement contribué à populariser la course à pied aux États-Unis.

À une époque où seuls les amateurs pouvaient participer aux Jeux olympiques, il avait refusé 200 000 $ pour devenir professionnel, se contentant d’une modeste bourse quotidienne de 3,50 $, juste pour faire les JO de Montréal, d’où venaient ses ancêtres et de qui il connaissait l’histoire.

DE LONGUEUIL À L’OREGON

Tonnelier de métier, l’ancêtre Antoine Fournier dit Préfontaine (1663-1702), originaire de Beaumont-sur-Oise en Picardie, est arrivé en Nouvelle-France en 1867. Soldat de la compagnie de Troyes, il a participé à l’expédition des frères Lemoyne dans le but de déloger les Anglais de la baie d’Hudson.

L’année suivante, il épouse Marie Ronceray (1668-1696) et s’établit à Longueuil dans la seigneurie de Charles Lemoyne. Le couple n’aura que trois enfants, mais les générations suivantes en auront de 12 à 15, toujours autour de Longueuil, jusqu’au départ de Toussaint (1850-1910) pour Worchester, Massachusetts, vers 1870 (Toussaint était le petit-cousin de Raymond Préfontaine, maire de Montréal de 1898 à 1908).

En 1871, Toussaint épouse Henriette Lefebre (1850-1922) à Worcester. Vers 1882, la famille déménage sur une ferme au Dakota du Nord où naîtra Henri Rolland (1892-1982), dernier des 9 enfants du couple.

Dans les années 1920, la famille va encore plus à l’ouest, jusqu’à Coos Bay, en Oregon.

C’est là que naîtra Steeve Rolland Préfontaine, le 25 janvier 1951, grand coureur de demi-fond, mort trop tôt.

Source : Jacques Noël, Journal de Montréal, 25 juillet 2026, p44. (Photo Steve Préfontaine)

*****

Les primes d’assurance auto vont‑elles enfin baisser ?

Consommation

Les plus récentes statistiques du secteur de l’assurance automobile ont de quoi faire sourciller : les réclamations sont en chute libre, en baisse de 31,5 %. Une diminution aussi marquée soulève une question que bien des automobilistes se posent : verra‑t‑on enfin une baisse des primes?

En théorie, moins de réclamations signifie moins de dépenses pour les assureurs. Moins de sinistres à couvrir, moins de réparations à payer, moins de dossiers à traiter. Bref, un risque globalement plus faible. Et dans un marché idéal, cette réduction du risque devrait se traduire par une diminution des coûts pour les consommateurs.

Mais la réalité est souvent plus nuancée. Les assureurs invoquent régulièrement d’autres facteurs : inflation du coût des pièces, hausse des frais de main‑d’œuvre, sophistication croissante des véhicules, sans oublier les marges qu’ils souhaitent préserver. Résultat : même avec une baisse spectaculaire des réclamations, rien ne garantit que les primes suivront la même pente.

Les automobilistes sont donc en droit de demander des comptes. Une baisse de 31,5 % des réclamations, c’est majeur. Les assureurs devront expliquer pourquoi les primes ne refléteraient pas cette amélioration du risque.

En clair, la balle est dans leur camp. Et les conducteurs attendent…

*****

Os secours : attention à vos os !

Santé et bien-être

Vos os semblent peut-être solides comme le roc, mais ils peuvent s’affaiblir plus facilement que vous ne l’imaginez. Avec l’âge, certaines habitudes comme la sédentarité, le tabagisme, une consommation excessive d’alcool ou un apport insuffisant en calcium et en vitamine D peuvent progressivement en miner la solidité.

La perte osseuse évolue souvent en silence… jusqu’à ce qu’une fracture survienne. Les femmes sont particulièrement vulnérables après la ménopause en raison des changements hormonaux, mais les hommes âgés ne sont pas à l’abri non plus.

Les experts considèrent d’ailleurs l’inactivité comme l’une des principales erreurs à éviter pour préserver la santé des os, tant chez les hommes que chez les femmes. Les os ont besoin d’exercices réguliers avec port de poids pour demeurer solides, de longues périodes passées en position assise peuvent finir par en accélérer la déminéralisation.

L’alimentation joue également un rôle important. Une consommation excessive de sel, de boissons gazeuses ou d’alcool peut nuire à la santé osseuse, tandis qu’un apport insuffisant en protéines peut compromettre la capacité de l’organisme à préserver la solidité des os et des muscles. Certains médicaments, tout comme le tabagisme, peuvent également accroître le risque d’ostéoporose.

La bonne nouvelle ? Les os demeurent étonnamment réceptifs aux saines habitudes de vie, quel que soit l’âge. Les exercices de musculation, la marche, une alimentation équilibrée ainsi qu’un apport adéquat en calcium et en vitamine D contribuent à préserver la solidité des os, à réduire le risque de fractures et à maintenir votre mobilité au fil des ans.

Plus vous prendrez soin de votre ossature tôt, mieux vous vous en porterez, mais il n’est presque jamais trop tard pour adopter des habitudes favorables à la santé de vos os

*****

Source : Revue « CSA », été 2026, numéro 139, p16 (National Institute of Arthritis and Musculoskeletal Disease, Harvard Health, Cleveland Clinic)

LNH : salaires en folie, amateurs en otage

Opinion

Les salaires versés aux joueurs vedettes ont atteint un niveau délirant. Chaque été, c’est la même course : qui décrocherait le plus gros magot de la LNH ?

À seulement 20 ans, Macklin Celebrini, des Sharks de San Jose, vient de signer une prolongation de contrat de cinq ans pour 94 millions $. Une somme vertigineuse. Une folie. Une démesure.

La période des agents libres l’a encore démontré : on ne cherche plus une équipe, on cherche le plus gros chèque.

Tu as signé pour 15 M ? Moi j’exige 15,5 M $. L’autre veut 16 Millions $, le suivant 16,5 M $. Une escalade sans fin — vers l’infini et plus loin encore.

Autre tendance : les joueurs établis choisissent eux-mêmes l’équipe pour laquelle ils veulent jouer. Avec un plafond salarial identique partout, la stratégie consiste à se regrouper pour maximiser les chances de soulever la coupe Stanley.

Pendant ce temps, la LNH rêve d’un circuit à 36 équipes. Bettman‑Québec demeure un mirage, comme le retour du baseball majeur à Montréal. Atlanta, elle, s’apprête à obtenir une troisième concession… après avoir fait chou blanc deux fois.

Et qui paie pour tout ça ? L’amateur. Celui qui donne son argent au lieu de son sang.

Billets hors de prix, chandails à 400 $, marée rouge au Centre Bell. Et quand les millionnaires ne performent pas, les huées deviennent la seule justice accessible aux partisans saignés à blanc.

Comprenez-moi bien. J’adore le hockey. Mais aujourd’hui, ce sport est devenu une industrie à imprimer des billets de banque d’abord.

*****

Ygreck, et ses perles de juillet

Actualités

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de juillet, publiées dans le Journal de Montréal.



Un pan de notre histoire : le Québec pionnier nord-américain des vacances payées

Histoire

RETOUR SUR LE CHEMIN QUI A PERMIS AUX FAMILLES OUVRIÈRES D’ACCÉDER AUX CHALETS ET AUX TERRAINS DE CAMPING

En ce moment même, des centaines de milliers de Québécois prennent la route des vacances. Les glacières sont pleines, les vélos sont attachés à l’arrière des voitures et les enfants ont déjà demandé trois fois : « On arrive-tu bientôt ? »

Cette scène nous paraît aujourd’hui tout à fait normale. Pourtant, elle aurait semblé inimaginable il y a moins d’un siècle.

À cette époque, les vacances n’existaient pratiquement pas pour les travailleurs. L’ouvrier moyen passait six jours par semaine à l’usine, au chantier ou à l’atelier, sans aucun congé payé. Bien sûr, le calendrier était ponctué de fêtes religieuses et de quelques jours fériés, mais partir une ou deux semaines avec sa famille relevait d’un privilège réservé aux plus fortunés.

Pour l’immense majorité des travailleurs, une journée de repos signifiait une journée sans salaire.

LES VACANCES, POUR LES RICHES

Au XIXe siècle, seuls les mieux nantis peuvent profiter des grands hôtels de Pointe-au-Pic, de Cacouna ou de Métis-sur-Mer pour respirer l’air du large. Pour les autres, l’été ressemble aux autres saisons : on travaille !

Ce n’est qu’au tournant du XXe siècle que quelques grandes entreprises et certains services publics commencent à offrir des congés rémunérés à leurs employés.

L’EUROPE OUVRE LA VOIE

L’idée de payer un salarié pendant qu’il ne travaille pas a longtemps semblé inconcevable. Il faut attendre les années 1880 pour que le chancelier allemand Otto von Bismarck jette les bases de l’État-providence en instaurant les premières grandes protections sociales destinées aux travailleurs.

Les congés payés s’inscriront plus tard dans cette même logique d’amélioration des conditions de vie.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, plusieurs pays européens adoptent progressivement des lois encadrant les vacances rémunérées. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Suède, la Norvège, la France et la Belgique figurent parmi les pionniers.

Le cas français demeure le plus célèbre. En 1936, en pleine crise économique et au lendemain d’une immense vague de grèves, le gouvernement du Front populaire dirigé par Léon Blum accorde deux semaines de congés payés à des millions de salariés.

Résultat : quelques semaines plus tard, des familles ouvrières découvrent la mer, la montagne ou la campagne pour la première fois. Les photographies de cet été 1936 deviendront l’un des symboles les plus marquants du XXe siècle.

Ces avancées ne tombent toutefois pas du ciel. Elles sont le fruit de décennies de revendications syndicales et de profondes transformations sociales qui redéfinissent peu à peu la place du travail… et celle du repos.

LA GUERRE QUI CHANGE TOUT

Paradoxalement, ce n’est pas le tourisme qui démocratise les vacances.

C’est la Seconde Guerre mondiale.

Afin de freiner l’inflation au Canada, Ottawa limite les hausses salariales. Les employeurs cherchent alors d’autres moyens d’améliorer les conditions de leurs employés. Les vacances payées deviennent ainsi une nouvelle forme de rémunération.

Entre 1941 et 1946, plus de 400 000 travailleurs québécois obtiennent des congés payés grâce aux mesures administrées par le Conseil général du travail en temps de guerre. Quelques années plus tôt, un tel chiffre aurait été impensable.

En 1946, le Québec fait figure de pionnier en Amérique du Nord en adoptant une première réglementation garantissant une semaine de vacances payées à de nombreux salariés. Les travailleurs agricoles, plusieurs ouvriers forestiers et les domestiques en sont toutefois exclus. Mais le mouvement est lancé.

LES VACANCES ARRIVENT AU QUÉBEC

Cette réforme change rapidement les habitudes de vie. Pour la première fois, des familles disposent d’un véritable temps libre commun. Les chalets cessent progressivement d’être le privilège d’une élite pour devenir le rêve de la classe moyenne.

Puis vient l’automobile.

À partir des années 1950 et 1960, les Québécois prennent massivement la route. Les fabricants de tentes-roulottes connaissent un essor spectaculaire. Des modèles comme les Bonair et les Boler, conçues au Canada, deviennent rapidement les emblèmes des vacances familiales. Leur silhouette arrondie accompagne l’explosion des campings partout au pays.

Même les spécialistes de l’époque s’interrogent sur cette nouvelle réalité.

En 1948, le chercheur Charles Bélanger, de l’Université Laval, estime que les congés payés représentent un progrès considérable, mais il juge nécessaire d’assurer une « organisation rationnelle des loisirs » afin que les vacances ne deviennent pas « l’occasion de désordres sociaux ». Une inquiétude qui fait sourire aujourd’hui, mais qui témoigne du caractère profondément nouveau de cette conquête sociale.

LA NAISSANCE D’UNE TRADITION

En 1968, les travailleurs québécois obtiennent une deuxième semaine de vacances payées.

Puis survient un autre tournant. L’été 1971 change durablement le visage du Québec. Pour la première fois, des centaines de milliers de travailleurs de la construction ferment leur coffre à outils et prennent tous la route au même moment. Les autoroutes deviennent d’immenses convois vers les Laurentides, Charlevoix ou la Gaspésie. Les campings affichent complet, les motels débordent et les plages publiques se remplissent de vacanciers.

L’expression « vacances de la construction » entre dans le vocabulaire québécois. Une tradition est née.

ET CHEZ NOS VOISINS ?

Le Québec n’est pas un cas unique. Partout au Canada, les travailleurs ont droit à un minimum de deux semaines de vacances payées. La Saskatchewan se démarque toutefois en accordant une troisième semaine de vacances dès la première année d’emploi, puis une quatrième après dix ans de service.

Le contraste est encore plus frappant lorsqu’on traverse la frontière américaine. Ironiquement, le pays qui a popularisé le rêve des grandes vacances grâce à l’automobile, aux motels et aux « roadtrips » demeure l’une des rares grandes économies occidentales à ne garantir légalement aucun congé payé à ses travailleurs.

JE ME SOUVIENS

Chaque tente-roulotte qui file vers un camping, chaque famille qui s’arrête dans un casse-croûte et chaque enfant qui plonge dans un lac est, en quelque sorte, l’héritier d’un combat mené par des travailleurs, des syndicats et des législateurs qui ont fini par convaincre la société qu’il existait une richesse aussi précieuse que le travail… Le temps.

Nous croyons souvent que les vacances ont toujours fait partie de l’été. En réalité, elles constituent l’une des plus grandes conquêtes sociales du XXe siècle.

Alors, si vous passez quelques heures coincés dans la circulation en direction du chalet ou du camping, rappelez-vous une chose : pendant des générations, le plus beau des voyages consistait simplement à avoir le droit de s’arrêter.

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, 25 juillet 2026, p40. – Photo: Camping Lac-Chat 1959

*****

La Journée mondiale de l’amitié

Anniversaire

On célèbre aujourd’hui la Journée mondiale de l’amitié, qui nous rappelle que les liens qui nous unissent ne sont jamais anodins. Dans un monde où tout semble aller trop vite, où les obligations s’empilent et où les écrans prennent parfois plus de place que les regards, l’amitié demeure un refuge précieux.

Elle est cette présence qui ne demande pas de justification, ce sourire qui apaise, cette écoute qui ne juge pas. Elle traverse les années, les distances, les silences, et parfois même les tempêtes.

L’amitié, c’est la capacité de reconnaître l’autre dans ce qu’il a de plus vrai. C’est offrir un espace où l’on peut être soi-même, sans masque ni performance. C’est célébrer les réussites, soutenir dans les moments difficiles, et partager les petites choses du quotidien qui, mises bout à bout, deviennent des souvenirs qui réchauffent.

Elle n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être profonde. Parfois, un simple message, un café improvisé, une marche tranquille suffisent à rappeler que l’on n’est pas seul.

Le 30 juillet nous invite à poser un geste intentionnel : remercier ceux qui marchent à nos côtés, depuis longtemps ou depuis peu. Dire à un ami qu’il compte, qu’il a fait une différence, qu’il est une lumière dans notre vie. Cette journée est aussi l’occasion de retisser un lien un peu distendu, de tendre la main, de raviver une complicité mise en veille.

Dans un monde qui a besoin de douceur, l’amitié est une force discrète mais essentielle. Elle nous élève, nous soutient, nous transforme. Aujourd’hui, célébrons ces liens qui donnent du sens à nos journées et de la couleur à nos histoires.

*****

Arnaque chinoise

Opinion

Si vous êtes, comme moi, un client d’Amazon, permettez-moi de vous avertir : certaines pratiques liées aux vendeurs chinois relèvent carrément du piège, surtout lorsqu’il est question de remboursement.

Dès qu’un article met deux semaines à un mois pour arriver, vous pouvez parier qu’il vient de Chine. Et tant que tout va bien, parfait. Mais le jour où vous devez le retourner… c’est là que la machine à complications se met en marche.

MON EXPÉRIENCE

Le mois dernier, j’achète un article vendu par un commerçant chinois sur Amazon. Quarante dollars. Décevant ! Je lance donc la procédure de retour : courriel de confirmation, étiquette d’expédition, emballage, direction le bureau de poste.

La photo de l’adresse du vendeur ? Illisible. Un gribouillis exotique impossible à décoder.

La postière me regarde, compatissante :

— L’envoi, c’est 32 $. (Heureusement que j’avais déjà ma boîte). Et il faut réécrire l’adresse en français. Le lecteur optique ne reconnaît rien.

Trente-deux dollars pour renvoyer un article qui m’en a coûté quarante… pour un remboursement final de huit dollars. Huit.

J’ai arrêté net. L’article est parti à la friperie du coin. Au moins, quelqu’un en profitera.

Voilà l’arnaque : un processus de retour volontairement impraticable. Assez tordu pour que vous abandonniez.

Pour moi, c’est fini les cossins du bout du monde sur Amazon. On ne m’y reprendra plus.

*****