La surprise

Papa voudrait bien montrer quelque chose à Robin, mais le petit garçon est occupé. Il lui répond sans même lever le nez :

– Après, si tu veux ! Là, je joue.

Alors papa hausse les épaules et s’en va, un peu vexé.

Mais cinq minutes plus tard, Robin pose son gros dinosaure en plastique sur le tapis. Il demande tout à coup ce que voulait son papa.

Seulement voilà, il n’est ni dans sa chambre, ni au salon, ni à la cuisine, ni dans la salle de bain, Robin s’époumone :

– Papaaaaa ! Tu joues à cache-cache ou quoi ?

Il braille si fort que soudain, la porte qui mène à la cave s’ouvre sur son père, tout ébouriffé.

– Mais Robin, qu’est-ce qui t’arrive ?

– Je croyais que tu avais disparu !

Papa éclate de rire :

– Quelle idée ! Alors, tu veux la voir, maintenant, ma surprise ? J’adorais jouer avec à ton âge !

Tous deux prennent l’escalier qui mène au sous-sol.

Un grand circuit occupe toute la place. Trois locomotives sont accrochées à des wagons de toutes les couleurs. Des vaches en plastique, dans une petite prairie, regardent passer les trains. Comme c’est beau.

– Attends-moi une minute ! Je vais chercher mon dinosaure pour tenir compagnie à tes vaches ! Mais ne t’inquiète pas, je lui dirai d’être très gentil avec elles et de ne pas les manger !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Organiser un party de Noël n’est pas chose simple de nos jours…

Je sais… le texte humoristique qui suit, vous l’avez probablement déjà lu, sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Mais, étant de circonstance je me fais un plaisir de vous l’offrir. Ce sera la fête de Noël très bientôt et, devant la diversité de la composition de notre société, le moment est propice pour en rire un peu, sans méchanceté bien sûr…

DE: Manon Brodeur, – Directrice – Ressources humaines

À: Tout le personnel

DATE: 1er décembre

RE: Party de Noël

Je suis heureuse de vous annoncer que le Party de Noël de la compagnie aura lieu le 23 décembre, à midi, à la salle Richelieu de l’Auberge des Gouverneurs. Le bar sera à vos frais et bien pourvu! Il y aura un petit orchestre qui jouera les cantiques traditionnels de Noël… sentez-vous libres de chanter avec eux. Ne soyez pas surpris (es) si notre PDG est déguisé en Père-Noël ! L’arbre de Noël sera allumé à 13h00.

Un échange de cadeaux entre les employés (es) aura lieu à ce moment-là. Cependant, les cadeaux ne doivent pas excéder 10.00 $ pour rendre cet échange accessible à chacun(e). Cette activité est offerte à nos employé(e)s seulement. Notre PDG s’adressera à l’assemblée à ce moment.

Joyeux Noël à vous et à votre famille.

Manon

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DE: Manon Brodeur, Directrice – Ressources humaine

À: Tout le personnel

DATE: 2 décembre

RE: Party des Fêtes

Le mémo d’hier ne voulait en aucune façon exclure nos employés juifs. Nous reconnaissons que Chanuka est une fête importante qui bien souvent coïncide avec Noël, même si malheureusement cette année, ce n’est pas le cas. Toutefois, à compter de maintenant, nous l’appellerons notre « Party des Fêtes. » Cette même politique s’applique à tous nos autres employés non chrétiens ou à ceux qui célèbrent encore le Jour de la Réconciliation.

Il n’y aura pas d’arbre de Noël, ni cantiques de Noël. Nous aurons d’autres types de musique pour votre agrément. Content(e)s maintenant ?

Bon congé des Fêtes à vous et à votre famille.

Manon

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DE: Manon Brodeur, – Directrice Ressources humaines

À: Tout le personnel

DATE: 3 décembre

RE: Party des Fêtes

Au sujet de la note que j’ai reçue hier de la part d’un membre des Alcooliques Anonymes demandant une table pour les gens ne consommant pas d’alcool (vous n’avez pas signé votre nom), il me fait plaisir d’acquiescer à cette requête, mais si je place une pancarte sur la table indiquant « AA seulement », vous ne serez donc plus anonymes… Comment suis-je sensée gérer cette situation? Quelqu’un a une idée ?

Oubliez l’échange de cadeaux, il n’y en aura pas puisque le syndicat pense que 10.00 $ est un montant trop élevé et que les membres de la direction trouvent que 10.00 $ n’est pas suffisant. AUCUN ÉCHANGE DE CADEAUX NE SERA DONC AUTORISÉ.

Manon

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DE: Manon Brodeur, Directrice – Ressources humaines

À: Tout le personnel

DATE: 7 décembre

RE: Party des Fêtes

Quel groupe diversifié nous avons ! Je n’avais aucune idée que le 20 décembre débute le Ramadan pour les Musulmans, ce qui leur interdit de manger et boire pendant que le soleil est levé. Et voilà le Party !

Sérieusement, nous apprécions que le repas ne convienne pas aux croyances de nos employés Musulmans. Peut-être que l’Auberge des Gouverneurs accepterait de conserver votre repas jusqu’à la fin du Party ou encore d’emballer votre part pour que vous puissiez l’emporter à la maison dans de petits contenants… Est-ce que ça vous conviendrait ?

Entre temps, je me suis arrangée pour que les membres de Weight Watchers puissent s’asseoir loin de la table des desserts, et que les femmes enceintes puissent s’asseoir à la table le plus près des toilettes. Les homosexuels peuvent s’asseoir ensemble. Les lesbiennes ne sont pas obligées de s’asseoir avec les homosexuels, ils auront chacun leur table. Oui, il y aura des fleurs sur la table des homosexuels. À ceux désirant se travestir, ce ne sera pas autorisé. Il y aura des sièges d’appoint pour les petites personnes.

Des aliments à faible teneur en gras seront servis aux personnes à la diète. Nous ne pouvons contrôler l’usage du sel dans les aliments, nous suggérons donc aux personnes souffrant de haute pression de goûter avant de manger. Il y aura des fruits frais pour les diabétiques, le restaurant ne peut pas fournir de desserts « sans sucre ». Désolée!

Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?!?!?

Manon

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DE: Manon Brodeur, – Directrice Ressources humaines

À: Tous les #%&$ employé(e)s

DATE: 10 décembre

RE: Le #$%*!@% de Party des Fêtes

Végétariens ?!?!?!? J’en ai assez de vous !!! Nous allons avoir ce Party à l’Auberge des Gouverneurs que vous approuviez ou pas, ainsi vous pourrez vous asseoir tranquillement à la table la plus éloignée de la « grille de la mort » comme vous l’avez précisé. Et vous aurez votre #$%^&*! bar à salade, incluant des tomates organiques. Mais vous savez que les tomates aussi ont des sentiments. Elles crient quand vous les tranchez. Je les entends crier actuellement! J’espère que vous aurez tous et toutes un congé pourri !

Conduisez en état d’ivresse et crevez, vous m’entendez !?!?!?!?!?!?!!!!!

Manon….

La Salope dans son ENFER !!!!!!!!

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DE: Marie-Linda Bernatchez, Directrice par intérim – Ressources humaines

DATE: 14 décembre

RE: Manon Brodeur et le Party des Fêtes.

Je suis certaine que je parle au nom de tous et toutes en souhaitant un prompt rétablissement à Manon Brodeur et je vais continuer à lui faire suivre vos cartes de souhaits.

Entre temps, la direction a décidé d’annuler le Party des Fêtes et d’offrir à tous ses employés (es) l’après-midi du 23 décembre en congé payé.

Marie-Linda Bernatchez

La couronne de Luce

Non, non, non, rien à faire ! Maman ne veut pas que Luce porte cette couronne aujourd’hui. La petite fille insiste.

– Mais maman, la maîtresse nous a expliqué qu’aujourd’hui, c’est la Sainte-Lucie, la fête de la lumière. Dans les pays du Nord, la plus jeune fille de la maison porte une couronne comme celle-ci, avec des bougies allumées dessus !

– Luce, ma puce, c’est hors de question. Tu sais bien qu’on ne joue pas avec le feu !

C’est à cet instant que papa entre dans la pièce.

– Qu’est qui se passe ici ? demande-t-il.

La petite fille a maintenant les yeux pleins de larmes.

– Je veux faire comme Sainte-Luciiiie, je me suis même fabriqué ma couroooone avec du carton et des bougies d’anniversaire ! gémit-elle.

Papa qui a toujours plein d’idées, réfléchit à toute allure.

Au bout de cinq minutes, il fait un clin d’œil à sa femme et, sans rien dire, va chercher un grand carton repli de décorations de Noël.

Il farfouille dedans un moment avant d’en sortir une guirlande électrique ornée de fausses bougies. Il l’enroule sur elle-même pour former un cercle.

– Euh, dit maman, tu comptes brancher notre fille sur une prise électrique ?

– Mais non ! s’exclame Robin. Il est trop fort, papa !

Il a pris la guirlande qui marche avec des piles !

Cette fois, maman ne trouve plus rien à redire, et pendant toute la journée, Luce peut se promener avec sa jolie couronne de lumière sur la tête.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La leçon de français (22)

LE PASSÉ COMPOSÉ ET LE PLUS-QUE-PARFAIT DE L’INDICATIF

Règles

Le passé composé de l’indicatif est formé du présent de l’auxiliaire (avoir ou être) et du participe passé du verbe conjugué.

Le plus-que-parfait de l’indicatif est formé de l’imparfait de l’auxiliaire (avoir ou être) et du participe passé du verbe conjugué.

Je suis revenu au gymnase, car j’avais oublié mes chaussures.

Tu es revenue au gymnase, car tu avais oublié tes chaussures.

Elle est revenue au gymnase, car elle avait oublié ses chaussures.

Nous sommes revenus au gymnase, car nous avions oublié nos chaussures.

Vous êtes revenues au gymnase, car vous aviez oublié vos chaussures.

Ils sont revenus au gymnase, car ils avaient oublié leurs chaussures.

Attention ! Au passé composé et au plus-que-parfait, les verbes avoir et être se conjuguent tous deux avec l’auxiliaire avoir.

Lorsque Cécile a été dans le noir, elle a eu peur.

Quand j’avais été en difficulté, tu avais eu la gentillesse de m’aider.

Exercices

1- Quelle forme verbale complète la phrase ?

La tornade … le toit du hangar agricole.

A) avais emporté – B) est emportée – C) a emporté

2- Quel auxiliaire complète la phrase ?

Pourquoi …-vous modifié votre première réponse ?

A) avons – B) êtes – C) aviez – D) étiez

3- Quel pronom personnel complète la phrase ?

Pourquoi as-… refusé cette proposition intéressante ?

A) je – B) elle – C) tu – D) il

4- À quels temps de l’indicatif les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Le chanteur avait conquis le public qui l’applaudissait debout.

A) plus-que-parfait / imparfait – B) imparfait / imparfait

C) passé composé / présent – D) passé composé / imparfait

5- Quelles formes verbales complètent la phrase ?

J’… entendre un sifflement, mais il n’en … rien.

A) avait cru / étais – B) avaient cru / est

C) avais cru / était – D) ai cru / sera

6- Quel est le seul verbe en gras conjugué au plus-que-parfait de l’indicatif ?

Tu avais dit que tu viendrais ; tu as tenu parole et nous sommes entrés au cinéma avant le début du film.

A) avais dit – B) viendrais – C) as tenu – D) sommes entrés

7- Complétez la phrase comme il convient.

Comme aucun poisson n’…, les pêcheurs … bredouilles.

A) avaient mordu / étaient rentrés

B) était mordu / était rentrés

C) avait mordu / étaient rentrés

D) avais mordu / étaient rentré

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C* – 2) C – 3) C – 4) A – 5) C – 6) A** – 7) C
* Le sens permet d’écarter la deuxième proposition et l’examen de la terminaison de l’auxiliaire « avais » indique la 2e personne di singulier.
** « Viendrais » est au présent du conditionnel. « As tenu » et « sommes entrés » sont au passé composé de l’indicatif.

Le livre de la maîtresse

 

Luce et Robin sont assis avec tous leurs copains dans le coin lecture. La récré est terminée, et maintenant c’est l’heure du conte.

La maîtresse tient sur ses genoux un vieux livre à la couverture abîmée et commence à raconter…

– Autrefois, dans les villages, on décorait les sapins avec de jolies petites pommes. Hélas, une année, la récolte fut si mauvaise qu’un maître verrier, très triste de ne pas pouvoir préparer un beau sapin avec ses enfants, eut une idée. Il souffla des boules en verre pour orner son arbre de Noël. Le résultat fut si beau que les autres villageois firent comme lui. C’est depuis ce jour que l’on décore les sapins avec des boules.

– D’accord, dit Robin. Mais ça n’explique pas les guirlandes !

La maîtresse sourit. Elle feuillette le livre, trouve la page qu’elle cherche et commence une autre histoire.

– Une nuit, dans une maison, une petite araignée voulut, elle aussi, participer à la décoration de l’arbre de Noël. Avec application, elle tissa alors un nombre infini de fils entre les branches. Quand le père Noël arriva, il jeta de la poudre d’or dessus pour que ce soit encore plus joli. Et c’est ainsi qu’on inventa les guirlandes.

– Le coup de la poudre d’or, c’est quand même bien joué, commente Luce. Si un matin maman trouvait des toiles d’araignée sur son sapin, elle irait chercher son plumeau pour vite les enlever !

– Dites, d’où il vient, ce livre ? demande Robin. Je ne l’ai jamais vu à la bibliothèque !

– Mes parents me l’on offert quand j’avais ton âge, répond la maîtresse. Je l’ai retrouvé il y a quelques jours en rangeant de vieilles affaires.

Luce et Robin se regardent, l’air étonné. Ils n’avaient jamais pensé que leur maîtresse, un jour, avait été une petite fille.

Textes de Sylvie Mathuisieulx Illustrations de Mayana Itoïz Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Une mascarade à la Justin

Photo: Journal de Montréal

Vous vous rappelez notre premier ministre Justin Trudeau qui se déguisait il n’y a pas si longtemps, en visite officielle en pays étranger. Il se croyait un soir d’Halloween. Il était la honte de tous les Canadiens et son dernier voyage en Inde s’est soldé par une critique sévère et négative, de la planète entière. C’était vraiment de très mauvais goût et ce cher Justin est rentré dans le rang et mis de côté ces frasques stupides. Les députés de Québec solidaire, Catherine Dorion et Sol Zanetti, empruntent la même avenue et je leur souhaite le même résultat qu’a connu Justin. L’Assemblée nationale commande un certain respect et le décorum qui vient avec. À cet égard, les propos de François Paradis m’étonnent et j’ai bien hâte de connaitre le dénouement de cette autre mascarade.

De toutes les analyses et commentaires que j’ai lu récemment sur le sujet, c’est celle que Denise Bombardier publiait dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 7 décembre dernier, et qui rejoint mon opinion et que je veux partager avec vous.

LA POLITIQUE DES APPARENCES Denise Bombardier

Québec solidaire n’a pas besoin d’adversaires. Ses quelques députés déguisés en « monde ordinaire » dans les lieux hautement symboliques de l’Assemblée nationale ont réussi en quelques semaines à caricaturer définitivement leur parti.

Ces ados trentenaires mènent une « révolution » en s’accoutrant de vêtements et de chaussures dont ils croient qu’ils sont des armes idéologiquement efficaces.

Ils confondent leurs enfantillages avec leur combat politique, en l’espèce, le lutte des classes dont ils sont les hérauts, c’est-à-dire ceux qui transmettaient autrefois les déclarations de guerre, à défaut d’être des héros, des personnes reconnues pour leur courage.

Ce sont des sous-produits de leur modèle absolu en la matière, Justin Trudeau en Inde, qui a provoqué un tsunami de rires qui ont fait des vagues à travers la planète entière.

Ces innocents au sens propre du terme, qui ont une estime d’eux-mêmes proportionnelle à leur allure provocatrice, se croient futés. Ils rêvent d’une Assemblée nationale décomplexée sur le modèle de ce qu’ils croient être le désir du peuple, qu’ils veulent incarner physiquement et esthétiquement.

MISSIONNAIRE

Québec solidaire se perçoit comme un missionnaire, comme la véritable incarnation du peuple. Manon Massé, par exemple, aime parler cru et dru, de façon directe, sans flafla, employant des sacres, des onomatopées ou des métaphores, genre « tarte aux pommes » pour désigner l’intervention du premier ministre à l’ouverture de la session.

C’est par de tels coups d’éclat que les députés de Québec solidaire attirent les médias comme des mouches attirées par le miel et qu’ils font la manchette au quotidien. Cette politique des apparences leur est politiquement rentable, croient-ils.

Or, cette manière d’être des élus de QS est à la fois ridicule, choquante et ignorante. Les institutions et au premier chef le cœur de l’expression démocratique qu’est le Parlement devraient fonctionner dans le plus grand respect du décorum. Personne ne peut se comporter dans la Maison du peuple comme s’il était chez lui.

TRADITIONS PARLEMENTAIRES

L’Assemblée nationale revêt un caractère quasi sacré. C’est un lieu où la politique ne s’exerce pas comme elle peut se dérouler dans la rue. C’est la raison pour laquelle les citoyens ne peuvent accepter le fait que leurs représentants aient un comportement qui témoigne d’un manque de dignité et de respect des règles, sans égard pour les traditions parlementaires. À l’Assemblée nationale, l’habit fait le moine.

Si les règles de conduite à l’Assemblée nationale sont floues, c’est que personne ne pouvait prévoir que des élus se présenteraient un jour en baskets, en jeans et en camisoles ou chaussés d’une paire de bottines Dr Martens, les chaussures dont raffolent les voyous casseurs.

En société, la loi n’est pas le seul critère de référence. Les normes sont essentielles dans les lieux de travail. La vie en société ne peut tolérer des comportements de gens qui se croient le nombril du monde et refusent de respecter les institutions qui les contiennent. Que ces élus changent de rôles. Qu’ils deviennent des amuseurs publics plutôt que des représentants du peuple.

La lettre

– Isidore Javert, votre voisin, a-t-il déménagé ? demande le facteur à la maman de Luce et Robin.

Les enfants n’écoutent pas la réponse. Ils semblent très excités. Robin tient une grosse enveloppe entre ses mains.

Voilà quelques jours qu’ils ont terminé leur liste et ils ne savent pas trop comment l’envoyer au père Noël. Ils ont beaucoup réfléchi e ont pensé que le facteur pouvait certainement les aider, puisque son métier, c’est justement de distribuer le courrier.

Le jeune homme salue leur maman et s’apprête à enfourcher sa bicyclette. Robin se précipite alors pour l’arrêter. Il lui tend l’enveloppe, l’air très sérieux, en chuchotant :

– Dites, Monsieur, est-ce qu’on peut vous confier ça ?

– Qu’est-ce que c’est ?

– Notre lettre au père Noël, la liste des cadeaux qu’on aimerait bien recevoir. On n’est pas sûr de l’adresse, et de toute façon, on ne sait pas encore écrire !

– Comptez sur moi les enfants, je posterai votre lettre en même temps que la mienne !

– On n’est pas trop en retard, alors ? s’exclame Luce soulagée.

– Pas du tout ! affirme le facteur. En plus, il y a un service très particulier pour ces lettres : elles sont livrées par porteur spécial.

Le jeune homme fait un sourire à maman, puis il glisse l’enveloppe dans sa sacoche avant de s’éloigner en pédalant à toute vitesse vers l’immeuble voisin.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Rapport de « snowbird »

Ça fait maintenant deux semaines que nous sommes en territoire floridien et à la lumière de ce que j’entends, vous apprécieriez avoir de nos nouvelles. Alors je prends quelques instants pour vous mettre au courant.

Nous sommes arrivés dans une chaleur frisant les 30°C et lentement nous nous sommes installés et surtout se familiariser avec notre caravane; se rappeler où on mettait nos choses, vider les valises, en fait, reprendre le beat de camping.

Nous avons également fait l’inventaire de ce qui nous manquait. Seulement faire la première commande d’épicerie, demande une certaine discipline… il manque toujours des items qu’on a oublié. Parlant d’oubli, on a laissé la sauce aux prunes au condo… ils n’ont pas ça ici ! Alors, nos amis Carole et Marcel arrivent demain avec la sauce.

Pour garder un certain confort, des articles nous manquait, dont une laveuse toute mignonne qu’on s’est procuré sur Amazon. Une mini toute menue qui fait parfaitement le travail; la madame est bien contente. Deuxième élément; une remise. Encore là, Amazon a été sollicité pour une remise de toile, 8 x 6, qui fait parfaitement le travail. Il faut garder en mémoire que lors de notre retour au Québec, il faut d’abord tout ranger dans les coffres de la caravane avant l’entreposage. Il faut viser COMPACTE.

Une bonne nouvelle; on dort comme des bébés, d’un sommeil des plus réparateurs. Important vous me direz ? Très important en effet et on se sert d’un cadran pour se réveiller, c’est tout dire. Qui dit sommeil réparateur dit journée productive.

Côté météo, quelques nuits fraîches et beaucoup de soleil. Un tout petit peu de pluie, sans plus et à une seule brève occasion. Par contre, les deux derniers mercredis étaient frais. Je mentionne les mercredis parce que je joue 3 heures de musique avec des musiciens, chanteurs et chanteuses du coin, sous le tiki, ces jours-là. Et bizarrement, les deux derniers se sont avérés froids. 15-18°C avec un vent nordique… mais c’est mieux que la neige.

Louise savoure ses victoires au bingo et ma foi, elle est très chanceuse. Le fric U$ remplit son petit sac à cagnotte. Deux fois par semaine elle est au rendez-vous et savoure ces instants précieux. Les vendredi soir, c’est le Poker Texas Hold-em à la salle de cartes et la chance m’a souri la semaine dernière.

La plage ? N’étant pas très friand, on n’y va pas. D’abord nous sommes sensibles au soleil et je l’avoue franchement, ce n’est pas la principale raison de nos hivers ici. C’est définitivement le froid et la neige qui en est responsable, du moins tant que cela durera. L’été à l’année n’est pas du tout désagréable et il semble que les statistiques prouvent qu’on prolonge notre vie de cette façon. Comme nous voulons vivre vieux et en santé… on en profite.

Et ces deux semaines sont passées en coup de vent, tellement on ne les voit pas passer. Il me semble que nous sommes arrivés hier. Parents et amis qui nous accompagnent vont bien et leur teint prend des couleurs à rendre jaloux. Ici ce n’est pas le dépaysement total. C’est le prolongement de l’été du Québec.

Nous en sommes à notre quinzième hiver au pays de l’Oncle Sam et on se sent comme chez nous… sauf pour le pognon qui nous prend 38 sous par dollar. Que voulez-vous, tout n’est pas parfait et c’est à nous de demeurer sélectif et prudent dans nos dépenses. Et malgré le taux de change, il en coûte moins cher qu’au Québec pour faire le plein d’essence. Ici, la taxe de vente n’est que de 6%.

À la prochaine…

Un petit moineau transi

Gla-gla ! Pendant la nuit, la température est descendue au-dessous de zéro. Ce matin, les arbres sont couverts de givre.

Cette fois, l’hiver est bien là.

Sur le chemin de l’école, on rencontre un moineau tout ébouriffé, perché sur une haie. Il a l’air de ne pas avoir du tout envie de chanter, ni même de s’envoler…

Robin le montre à Luce, inquiet. Mais papa leur explique qu’il ne faut pas se faire de souci, que les oiseaux qui n’aiment pas le froid partent pour les pays chauds. Ceux qui restent sont bien protégés par leur plumage qui s’épaissit dès la fin de l’automne.

Le petit garçon grimace. Il n’est pas sûr que son papa ait raison : on voit bien que ce moineau ne rigole pas du tout !

À midi, la maman tente de le rassurer :

– Tu sais, Robin, mon poussin, la nature a bien fait les choses. Certains animaux, comme les marmottes ou les hérissons, dorment pendant toute la mauvaise saison et ne se réveillent qu’au printemps. On dit qu’ils hibernent.

Robin demande :

– Et pourquoi les oiseaux n’hibernent-ils pas ?

Sa maman ne sait lui répondre. Mais juste avant de repartir pour l’école, elle lui donne une soucoupe avec un peu de beurre pour qu’il la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– S’ils en mangent, tes copains les oiseaux auront moins froid ! assure-t-elle.

Le petit garçon se sent beaucoup mieux. Et il se promet de veiller pendant tout l’hiver à ce qu’il y ait toujours du beurre dans la soucoupe. Avec double ration pour le jour de Noël.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

L’hypocrisie des chefs d’États

Vous vous souvenez de Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien qui a été massacré le 2 octobre dernier, avant d’être démembré puis disposé on ne sait où ni comment ? Nos politiciens du Canada et des autres pays ont crié vivement au meurtre ignoble et dénoncé ses assassins.

Puis, plus rien, l’affaire est terminée et les transactions financières avec l’Arabie Saoudite ont recommencé comme si de rien n’était. Une vraie bande d’hypocrites. Dans l’édition du Journal de Montréal du 29 novembre dernier, Joseph Facal en a fait le sujet de son article que je partage avec vous. Un papier très intéressant et révélateur.

KHASHOGGI : C’EST DÉJÀ FINI.

Le nom de Jamal Khashoggi vous est maintenant familier.

Le journaliste saoudien avait rendez-vous au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie, pour des formalités administratives en vue de son mariage. Il était « attendu » par les services secrets saoudiens. On l’a drogué, torturé, tué, démembré et dissous. Son « crime » ? Il critiquait le régime saoudien dans le Washington Post.

LE « CASH »

Tous les signes pointent vers une opération ordonnée par le prince héritier en personne. Riyad a d’abord multiplié les dénégations, toutes les plus absurdes les unes que les autres.

Peut-on imaginer un escadron de tortionnaires et d’assassins, montant à bord d’un avion dans leur pays, pour aller faire ce bulot à l’étranger, sans que l’opération n’ait été autorisée au plus haut niveau ?

Riyad va sans doute exécuter quelques-uns de ces sbires pour blanchir le jeune tyran. Que feront nos dirigeants ? Des bulles. Ils se diront « préoccupés ». On votera des motions indignées.

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros importateur d’armes au monde. Son premier fournisseur ? Les États-Unis. L’an dernier, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé des accords commerciaux d’une valeur de 380 milliards US sur 10 ans, dont 110 milliards d’armement américain.

Son second fournisseur ? La France. Ses contrats d’armement avec Riyad ont totalisé 11 milliards d’euros entre 208 et 2017. Emmanuel Macron a donc estimé que toute remise en question de ce pactole serait faire prévaloir « l’emportement, l’émotion, la confusion ».

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros acheteur de matériel militaire canadien. Notre beau Justin trouvera moins compliqué d’aller pleurer devant un pensionnat autochtone.

Les gros pays ne feront rien parce que des contrats valant des milliards sont en jeu. Les petits pays ne feront rien parce qu’ils ont l’espoir de ramasser quelques miettes.

Ce sera « business as usual »: nous continuerons à vendre des armes au régime pour qu’il réprime sa population, liquide ses opposants et poursuive ses bombardements au Yémen. Nous fermerons les yeux sur les décapitations, les droits bafoués et l’infantilisation des femmes.

La puissance saoudienne ne tient pas seulement aux contrats militaires et au pétrole, mais aussi à ce qu’on appelle, en science politique, son « soft power ».

Quand Ottawa s’est excité, au mois d’août, à la suite de l’arrestation de militantes des droits de la personne dans ce charmant pays, Riyad a menacé de rapatrier tous les étudiants saoudiens au Canada. Parmi eux, 229 étudient la médecine à McGill, et Riyad paie les 100 000$ par année que coûte leur formation.

Leur départ, confiait David Eidelman, doyen de la faculté de médecine, provoquerait « un manque de liquidité massif », Il avouait piteusement : « Nous dépendons désormais d’eux. »

FRANCHISE

Avec sa subtilité coutumière, Trump ‘est réjoui de la vigueur du commerce américain avec les Saoudiens et de la baisse des prix à la pompe. Amazing !

Reconnaissons-lui le « mérite » d’avoir dit tout haut ce que les autres chefs d’État chuchotent.