La leçon de français (35)

LE PRÉSENT DE L’INDICATIF : VERBES DU 3E GROUPE EN « -OIR » ET « -OIRE »

Règles

Au présent de l’indicatif, les verbes du 3e groupe terminés par « -oir » et « -oire » subissent des modifications de leur radical.

POUVOIR / VOULOIR : je peux / veux, tu peux / veux, elle peut / veut, nous pouvons / voulons, vous pouvez / voulez, elles peuvent / veulent.

VALOIR : je vaux, tu vaux, elle vaut, nous valons, vous valez, ils valent.

SAVOIR : je sais, tu sais, il sait, nous savons, vous savez, elles savent.

VOIR : je vois, tu vois, il voit, nous voyons, vous voyez, elles voient.

DEVOIR : je dois, tu dois, elle doit, nous devons, vous devez, ils doivent.

RECEVOIR : je reçois, tu reçois, il reçoit, nous recevons, vous recevez, elles reçoivent.

CROIRE : je crois, tu crois, il croit, nous croyons, vous croyez, elles croient.

ASSEOIR : j’assois / assieds, tu assois / assieds, elle assoit / assied, nous assoyons / asseyons, vous assoyez / asseyez, ils assoient / asseyent.

Attention ! Pour le verbe asseoir, les deux formes sont acceptées, même si la seconde appartient à un langage plus soutenu.

Exercices

1- Quel est l’infinitif du verbe en gras ?

Il ne faut que quelques minutes pour recharger cette batterie de téléphone

A) faire – B) falloir – C) faillir

2- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Les curieux … les trimarans de la course du Rhum s’éloigner dans la brume.

A) voient – B) voit – C) voyent – D) voies

3- Avec quel groupe sujet peut-on compléter la phrase ?

… reçoit régulièrement les messages de Juliette.

A) Chacun des élèves – B) Tous les élèves – C) Florian et toi

4- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Nous ne … pas un repas équilibré sans consommer au moins deux légumes.

A) conçoivent – B) concevons – C) concevrez – D) conçoit

5- Quelle est la 2e personne du pluriel, la forme du verbe « entrevoir » au présent de l’indicatif ?

A) vous entrevirent – B) vous envoyiez – C) vous entreverrez – D) vous entrevoyez

6- Complétez la phrase comme il convient.

Le tigre … lentement, mais … bondir aussi vite que l’éclair.

A) se meus / peux – B) se meut / peut – C) se mouvrai / pourrai – D) se meuves / puisse

7- Pour les verbes du 3e groupe, au présent de l’indicatif, une seule affirmation est exacte : laquelle ?

A) La terminaison de la 2e personne du singulier est toujours « -s ».

B) La terminaison de la 3e personne du singulier est toujours « -t ».

C) La terminaison de la 3e personne du pluriel est toujours « -ent ».

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) A* – 3) A** – 4) B – 5) D – 6) B*** – 7) C
* On entend malheureusement trop souvent le barbarisme « voyent ».
** Le verbe doit avoir un sujet singulier.
*** Bien identifier le premier verbe : « mouvoir » (se mettre en mouvement).

Lois immuables

Lorsqu’on parle d’immuabilité, on parle que ce qui change peu ou ne change pas du tout. Alors pour ajouter l’exemple à la définition et, par la même occasion, d’y voir plus clair, voici 12 lois qu’on qualifie d’immuables.

1- Loi de la réparation mécanique
Une fois que vos mains sont enduites de graisse, votre nez commencera à piquer et vous aurez envie d’uriner.

2- Loi de la gravité
N’importe quel outil, noix, écrou, vis, lorsqu’échappés, rouleront à l’endroit le moins accessible de la terre.

3- Loi de la probabilité
La probabilité d’être vu est directement proportionnelle à la stupidité de votre agissement.

4- Loi des nombres au hasard
Si vous composez un mauvais numéro, vous n’obtiendrez jamais une ligne occupée, il y a toujours quelqu’un qui répond.

5- Loi de la variation
Si vous changez de voie, la circulation dans celle où vous étiez avancera plus vite que celle dans laquelle vous êtes maintenant.

6- Loi du bain
Quand le corps est complètement immergé dans l’eau, le téléphone sonne.

7- Loi des rencontres
La probabilité de rencontrer quelqu’un que vous connaissez augmente radicalement lorsque vous êtes avec quelqu’un avec qui vous ne voulez pas être vu.

8- Loi du résultat
Quand vous essayez de prouver à quelqu’un qu’un appareil ne fonctionne pas… cet appareil va fonctionner.

9- Loi du café
Aussitôt que vous êtes assis avec une tasse de café chaud, votre patron vous demande de faire quelque chose qui durera le temps que votre café soit refroidi.

10- Loi de Murphy des casiers
S’il n’y a que deux personnes dans le vestiaire, ces deux personnes auront des casiers adjacents.

11- Loi du docteur
Si vous ne vous sentez pas bien, prenez rendez-vous chez le docteur, par le temps que vous serez enfin admis, vous vous sentirez mieux. Mais, si vous ne prenez pas rendez-vous, vous continuerez à être malade.

Conseils santé

Q1 : Docteur, j’ai entendu dire que les exercices cardiovasculaires pouvaient prolonger la vie, est-ce vrai ?

R1 : Votre cœur est bon pour un nombre donné de battements, c’est tout… ne les gaspillez pas en exercices ! Faire battre votre cœur plus vite n’allongera pas votre vie; c’est comme dire que l’on pourrait allonger la vie d’une auto en la conduisant plus vite ! Vous voulez vivre plus longtemps ? Faites une sieste !

Q2 : Doit-on restreindre la viande et manger plus de fruits et de légumes ?

R2 : Vous devez vous en tenir à la logique ! Que mange une vache ? Du foin et du maïs ! Que sont-ils ? Des végétaux ! Donc, un steak, n’est rien de plus qu’un mécanisme efficace de transfert de végétaux à votre organisme ! Vous voulez des grains de céréales ? Mangez du poulet ! Une côtelette de porc vous donnera l’équivalent de 100% de la dose quotidienne recommandée de légumes !

Q3 : Devrais-je réduire ma consommation d’alcool ?

R3 : Non, pas du tout. Les vins et la plupart des alcools sont faits à partir de fruits. Le brandy est du vin distillé, c’est des fruits dont on a retiré l’eau, donc vous en retirerez encore plus de bienfait. La bière est également fabriquée à partie de grains. Ne vous en privez pas !

Q4 : Quels sont les avantages à participer à un programme régulier d’exercices physiques ?

R4 : Je n’en vois aucun, désolé. Ma philosophie est : Pas de douleur… Quel bonheur !

Q5 : Les fritures ne sont-elles pas mauvaises pour nous

R5 : VOUS N’ÉCOUTEZ PAS !!! … Aujourd’hui, les aliments sont frits dans l’huile végétale… Ils en sont donc imprégnés, alors comment voulez-vous qu’absorber plus de végétaux soit dommageable pour vous ?

Q6 : Est-ce que les exercices abdominaux peuvent aider à prévenir contre un éventuel épaississement du tour de taille ?

R6 : Définitivement pas ! Quand vous exercer un muscle, il devient plus gros. Vous ne devriez donc faire des abdominaux que si vous voulez avoir un plus gros tour de taille !

Q7 : Est-ce que le chocolat est mauvais pour moi ?

R7 : Êtes-vous fou ? Les fèves de cacao sont un autre végétal !!! De plus, c’est l’aliment anti-déprime par excellence !

Q8 : Est-ce que la natation est bonne pour la silhouette?

R8 : Si la natation était bonne pour la silhouette, expliquez-moi la taille des baleines ?

Q9 : Est-ce qu’être en forme est important pour ma santé ?

R9 : Bien sûr ! Et « Rond » est une forme comme une autre !

Pour tous ceux qui surveillent ce qu’ils mangent, voici le mot de la fin sur la nutrition et la santé !

Quel soulagement de connaître enfin la vérité après toutes ces études contradictoires :

ET SOUVENEZ-VOUS :

« La vie ne devrait pas être un long voyage vers la tombe avec l’intention d’y arriver en toute sécurité dans un corps beau et préservé. » La vie devrait plutôt constamment déraper -un Chardonnay dans une main – du chocolat dans l’autre. On devrait toujours en profiter pleinement et finalement arriver au bout du voyage, le corps usé jusqu’à la corde, et pouvoir s’écrier dans un dernier souffle : « WOO – HOO! C’était une belle aventure et un beau voyage ! »

« Le vin d’ici est meilleur que l’eau-delà. »

Des expressions pittoresques et folkloriques

On a tous eu des parents et grands-parents. Alors qu’on était petit, ils y allaient souvent d’expressions typiques qui reflétaient bien à l’époque les dialectes ruraux de notre langue française québécoise.

Alors, je vous propose de faire un petit tour dans le passé et dans vos souvenirs avec ces expressions pittoresques et folkloriques que plus personne (ou presque) n’utilise, mais qui font sourire. Qu’en pensez-vous ? À vous d’en ajouter d’autres…

– Ma grand-mère disait (vla-ti-pas).

– Tu es fagoté comme un as de pique.

– Tu risques de te casser la margoulette !

– Ne te monte pas le bourrichon !

– T’es pas en sucre !

– On va pas attendre jusqu’à la Saint-glinglin quand même ?

– Il n’y a pas le feu au lac !

– C’est kif-kif bourricot !

– Je vais aller faire les commissions.

– Ça ne tombera pas plus bas !

– Il n’y a pas de petites économies.

– On n’est pas sorti de l’auberge.

– N’en fais pas tout un fromage !

– Regarder une page de réclame.

– Ne mets pas la charrue avant les bœufs.

– Il a pris la poudre d’escampette.

– Tu beurre épais !

– Elle a vu le loup !

– Faire une tête de six pieds de long.

– On n’est pas aux pièces.

– Ça ne fait pas un pli sur la différence.

– Tu files un mauvais coton.

– Brûler la chandelle par les deux bouts.

– Je t’ai payé rubis sur l’ongle.

– À la bonne franquette.

– Parlons peu mais parlons mieux.

– Faut pas pousser Mémé dans les orties.

– Cela ne fait ni une ni deux.

– Péter plus haut que l’trou.

– Pas la peine de chercher midi à 14h.

– Il a une descente que j’aimerais pas remonter à vélo.

– Met ton sweater.

– Ben, c’é l’boutt du boutt.

– Le bonhomme sept-heures.

– Ti-train va loin.

Certains de ces mots sont encore aux dictionnaires, pour en connaître et apprécier le sens. Ne vous gênez pas d’y recourir.

Rapport de « Snowbird »

La mi-mars, pour des Snowbirds, signifie qu’il faut commencer à se conditionner pour le retour à la maison, la migration vers le Nord. Partout. C’est le moment qui marque la fin des activités et, en contrepartie, les rencontres se multiplient pour se rappeler les bons et moins bons moments de la saison. Une sorte de préambule aux adieux et au revoir.

La course aux réservations de sites pour la saison 2019-2020 s’est poursuivie chez les non-résidents. Conséquemment à la fermeture d’un camping à Homestead sur la côte Est de la Floride récemment, six de leurs résidents ont choisi notre Pioneer Village comme lieu de séjour l’hiver prochain. Sous toute réserve, je crois bien que nous ferons encore salle comble dès l’automne venue.

Le 3 mars en après-midi, nous étions une dizaine de musiciens et notre chanteuse (photo), rassemblés pour animer un « Party de rue » sous une chaleur accablante mais combien stimulante grâce à une brise à faire vaguer les toiles protectrices installées pour l’occasion. Nous formons vraiment une bonne équipe de mélomanes.

La bouffe, abondante, était le fruit du labeur des invités à partager leur cuisine. Et, comme à l’habitude nous n’avons manqué de rien. L’expérience a été concluante pour tous.

En prime, on a pu compter sur la présence du talentueux Sergio à la basse pour ajouter une touche harmonique, ainsi que sa charmante épouse Lise qui a pris cette photo. Ils se sont tapés 4 heures de routes, aller-retour, pour ne pas rater ce rendez-vous. Un gros merci.

Malheureusement, Robert, un de nos guitaristes (le 6e à partir de la gauche sur la photo) a dû terminer sa journée à l’hôpital, victime d’un malaise cardiaque. Au moment d’écrire ces lignes, il était en attente d’une chirurgie, dans un centre hospitalier de la région. On lui souhaite la meilleure des chances de rétablissement. Dans cette organisation, il avait coordonné le spectacle en y mettant toute son énergie.

Pour l’encourager encore plus, notre groupe a enregistré une version p-i-t-o-y-a-b-l-e de Pretty Woman, (arrangée avec le gars des vues) pour lui montrer qu’on avait encore besoin de lui pour nous aider. Il semble qu’il ait apprécié cette délicate attention et on compte sur lui pour reprendre son rôle auprès du groupe des mercredis sous le tiki… l’an prochain, si sa santé le lui permet, naturellement.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, il m’est arrivé un pépin avec ma voiture; le régulateur de la vitre avant, côté passager, a décidé de rendre l’âme et de rester en position ouverte. Il aurait pu attendre d’être rendu à la maison. Trois jours plus tard, c’était réparé chez le concessionnaire GM du coin avec une facture substantielle dont le taux de change m’a valu un 100$ supplémentaire.

Mais pour se consoler, quoi de mieux qu’un souper à deux, avec ma douce, à notre restaurant préféré, le Steak’n Shake. Vous connaissez ? Nous, on est accro ! Une vraie farce côté facture. Que votre succulent burger soit simple, double ou triple, c’est le même prix. Il est agrémenté d’une délicieuse soupe aux légumes et de frites minuscules mais abondantes. À cela s’ajoute deux biscuits maison et un breuvage renouvelable à volonté. Et tout ça pour combien ? 9,52 U$, taxes incluses pour deux personnes.

Si, de plus, vous aller les visiter entre 14h et 17 heures les jours de semaine, vous obtenez des supers gros lait frappés, toutes saveurs confondues, à moitié prix, avec en prime, une réduction de 10% sur votre facture. Comment font-ils, me direz vous ? Je ne sais pas mais c’est définitivement la place à fréquenter si vous avec le goût d’un bon, que dis-je d’un sublime hambourgeois. Et même en additionnant le fichu taux de change, ça demeure une aubaine… pour deux, ne l’oubliez pas !

En prenant des nouvelles du Québec, on apprend que l’essence fait des bons vertigineux par les temps qui courent. Eh bien, consolez-vous, ici c’est la même chose, le même phénomène. Ça monte et on se demande bien quelle en est la raison. Parti de 2,15 U$ le gallon en novembre, il flirte avec les 2,60 U$ en mars. En deux semaines il a fait un bon de 20 cents. Que ce soit au Canada, au Québec, aux États-Unis, aux îles Moukmouk, c’est la même chose; ce sont des profiteurs. Les millions de snowbirds qui s’apprêtent à regagner le Nord deviennent leur vache à lait. Ils salivent à la pensée des mirobolants profits.

Oupsss ! J’entends mes oreilles bourdonner. Vous vous dites; « mais pourquoi tu vas dépenser ton argent chez les Américains avec un taux de change qui frise le ridicule et l’arnaque ? » Je vous répondrai ceci : « Avez-vous adoré votre hiver de merde au Québec ? Moi, j’ai adoré le mien, ici, et malheureusement, il y a un prix à payer et que j’essaie de le contrôler au maximum. » Sans méchanceté aucune, je vous souhaite d’avoir la chance de faire de même car je suis d’avis que séjourner l’hiver au pays des gougounes, permet de prolonger la vie de quelques années.

On s’en reparle…

En dernière heure, nous apprenons que notre confrère musicien Robert, dont je vous entretenais plus haut, a subi sa chirurgie cardiaque avec succès aujourd’hui, et qu’il récupère paisiblement. C’est définitivement LA bonne nouvelle du jour. Nos pensées l’accompagnent.

Les débits préautorisés : ça demande d’être très vigilant !

Changer d’institution financière de nos jours, s’avère très compliqué à réaliser ; les dépôts automatiques et débits préautorisés, entre autres, sont devenus tellement populaires et utilisés abondamment, que cette réorganisation n’est pas si simple. 

Mais est-ce que ces formes de crédits et de débits sont efficaces et sans erreurs ? À la lecture de l’article qui suit de Stéphanie Grammond, publié dans La Presse + du 2 février dernier, il est permis d’en douter. À tout le moins ça demande de la discipline et de la vigilance de notre part, pour en suivre efficacement les opérations.

UN BAR OUVERT DANS VOTRE COMPTE BANCAIRE Stéphanie Grammond

Alors que les débits préautorisés gagnent sans cesse en popularité, certains consommateurs se font forcer la main pour utiliser ce mode de paiement. Mais je considère que les épargnants devraient être libres de payer comme bon leur semble, et non pas forcément à l’aide de prélèvements directs qui peuvent transformer leur compte bancaire en bar ouvert.

« Moi, je ne pige pas dans le compte des autres. Je ne veux pas que les gens pigent dans le mien », se plaint Mary Westhead. Elle était habituée à payer avec un bon vieux chèque la prime d’assurance collective de son ancien employeur dont elle est retraitée depuis 22 ans.

Mais cette année, on lui a dit que le paiement se ferait obligatoirement par l’entremise de mensualités prises directement dans son compte. « Je ne voulais pas entendre parler de ça ! », lance la dame qui a dû mettre de l’eau dans son vin.

À contrecœur, elle a accepté le prélèvement direct. Mais une seule fois par année. Au moins, ce sera plus simple à surveiller que des mensualités.

Il faut dire que les consommateurs ont intérêt à scruter les paiements qui passent dans leur compte bancaire, car les erreurs sont fréquentes.

D’après deux sondages Environics pancanadiens réalisés en 2006 et en 2015, plus d’un utilisateur sur dix (12 %) avait eu des ennuis au cours des deux années précédentes.

Les problèmes classiques ? Le débit est passé à la mauvaise date. Le montant a été débité en double. La banque a puisé le mauvais montant. Les débits se poursuivent même si le consommateur a retiré son autorisation.

Quel désagrément !

Toutes ces bourdes peuvent avoir un effet domino, surtout chez les consommateurs dont le budget est serré. En effet, un prélèvement trop élevé peut vider le compte d’un client et faire rebondir d’autres paiements. La banque impose alors des frais élevés pour insuffisance de fonds.

***

Les débits préautorisés sont pourtant encadrés par la règle H1 concoctée en 2002 par Paiements Canada à la demande des banques.

Grosso modo, le consommateur doit remplir un formulaire par lequel il autorise un créancier à puiser des sommes dans son compte bancaire… en espérant que celui-ci respecte l’entente.

Car les banques n’exercent aucun contrôle sur les débits préautorisés. Un commerçant peut donc prélever une somme plus élevée que prévu, ou faire plusieurs ponctions durant le même mois. C’est comme un chèque en blanc !

L’autorisation peut viser le retrait de montants fixes (p. ex. : remboursement de l’hypothèque, épargne systématique) ou de montants variables (p. ex. : carte de crédit, factures de télécommunications), mais dans ce cas, le consommateur doit normalement être avisé du montant 10 jours d’avance.

J’admets que les prélèvements automatiques peuvent être très utiles, notamment pour les consommateurs un peu étourdis qui risquent de rater un paiement, ce qui nuirait à leur dossier de crédit.

Mais il faut rester vigilant. Si le consommateur perd l’habitude de lire ses factures tous les mois, les erreurs risquent de passer inaperçues. Plus l’argent est dématérialisé, plus il est facile de perdre le compte.

« Le refus de procéder par paiements préautorisés n’est donc pas seulement un caprice. C’est une réaction tout à fait logique et rationnelle. Ce ne sont pas juste des gens qui sont réfractaires aux changements qui refusent », considère Jacques St-Amant, analyste-conseil pour la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ).

***

Autre problème des paiements préautorisé: personne ne connaît la règle H1. Ni les préposés aux comptoirs des banques ni les consommateurs. Est-elle vraiment utilisée? Paiement Canada n’a pas été en mesure de me dire s’il avait déjà imposé une sanction à une institution financière, suite à une plainte d’un consommateur lésé.

Une poursuite en cour n’est pas possible non plus, car la règle H1 n’a pas force de loi. « Les consommateurs n’ont pas de recours devant les tribunaux. L’application dépend de la bonne volonté des banques », explique M. St-Amant.

Ottawa promet depuis cinq bonnes années de définir un nouvel encadrement pour l’ensemble de l’univers florissant des systèmes de paiements électroniques destinés à la clientèle de détail. C’est un impératif ! Des consultations ont eu lieu en 2015 et en 2017. Mais depuis ce temps, silence radio.

En attendant une réforme, quel parti devraient prendre les consommateurs ?

D’abord, ne tenez pas pour acquis que les paiements préautorisés sont entièrement fiables. Ce n’est pas le cas. Confiez donc vos données bancaires uniquement à une entreprise sérieuse.

Ensuite, limitez le nombre de prélèvements au minimum. Comme Mme Westhead, vaut mieux autoriser un seul paiement annuel, plutôt que 12 paiements mensuels.

Faites le suivi de vos transactions régulièrement. Si vous constatez une erreur, vous disposez de 90 jours pour demander une correction à votre banque, selon la règle H1.

Sachez toutefois que le remboursement d’un débit erroné ou l’annulation d’autres débits éventuels par votre banque ne mettent pas automatiquement fin à votre contrat avec le commerçant en question.

Maintenez un solde minimum suffisamment élevé dans votre compte bancaire, pour éviter qu’un paiement préautorisé plus élevé que prévu précipite le compte dans le rouge.

Si vous n’avez pas de coussin financier, adhérez à un service de protection contre les découverts, car les frais pour insuffisance de fonds sont extrêmement élevés (jusqu’à 65 $ par transaction).

Il suffit de se comparer, pour se consoler

Je ne sais pas si vous êtes des fervents lecteurs du billet quotidien de Michel Beaudry dans les pages du Journal de Montréal, mais son papier de ce premier jour de février, toujours d’actualité,  m’avait beaucoup fait sourire.

Il traite de toutes ces vedettes politiques ou chefs d’entreprises, ces investisseurs et hauts fonctionnaires qui n’ont peur de rien et qui veulent se comporter en modèle pour la société. Leurs conseils valent bien peu, quand on scrute minutieusement leurs exploits et réalisations. Finalement, comme le dit si bien Michel Beaudry, « On n’est pas si pire ». Constatez par vous-même…

PAS SI PIRE Michel Beaudry

L’échec cuisant avoué de Téo Taxi, la déconfiture de Caroline Néron, et Bombardier qui se plante malgré des subventions à gogo, ça vous dit quoi ? Ben, finalement, on n’est pas si pire que ça avec nos cartes de crédit un peu trop boursouflées.

Les gouvernements qui sont esquintés dans leurs méandres informatiques au point de ne plus être capables de payer leurs employés ou enregistrer correctement les armes à feu, ça vous dit quoi ? Ben, finalement, on n’est pas si pire avec nos courriels qui ne se sont jamais rendus parce que nous n’avons pas mis le point à la bonne place ou qu’on a écrit .com au lieu de .ca.

Quand vous voyez apparaître Céline en running shoes de basketball sous un décolleté jusqu’au nombril devant tous les paparazzis de Paris, ça vous dit quoi ? On n’est pas si pire avec nos culottes de coton ouaté et notre tuque des Expos.

TENDANCE

Quand vous voyez le fédéral et les provinces incapables de répondre à la demande qu’ils ont eux-mêmes provoquée en légalisant le pot, qui d’ailleurs n’est toujours pas rentable, ça vous dit quoi ? Finalement, le petit pusher du cégep qui a réussi à s’acheter une bagnole avec ses ventes au gramme dans la cafétéria, y est pas si nono que ça.

Quand vous voyez le maire d’une ville sur le gros party, chaud comme un topo, faire la ribouldingue sur le bateau d’un gars qui collectionne les beaux contrats avec la municipalité du gai luron, vous devez vous dire que ce n’est pas si grave que ça d’avoir fait passer votre neveu devant les autres pour un job a la compagnie où vous travaillez.

On n’est vraiment pas si pire, hein ? On est même tendance.

La leçon de français (34)

LE PRÉSENT DE L’INDICATIF : VERBES DU 3E GROUPE EN « -IR »

Règles

Au présent de l’indicatif, certains verbes du 3e groupe terminés par « -ir » subissent des modifications de leur radical.

DORMIR : je dors, tu dors, il dort, nous dormons, vous dormez, elles dorment.

TENIR : je tiens, tu tiens, elle tient, nous tenons, vous tenez, ils tiennent.

VENIR : je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, elles viennent.

COURIR : je cours, tu cours, il court, nous courons, vous courez, elles courent.

MOURIR : je meurs, tu meurs, elle meurt, nous mourons, vous mourez, ils meurent.

ACQUÉRIR : j’acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent.

Attention ! Bien que du 3e groupe, les verbes ouvrir, offrir, souffrir, cueillir, et assaillir ont les mêmes terminaisons que les verbes du 1er groupe au présent de l’indicatif.

J’ouvre, tu offres, elle souffre, nous cueillons, vous ouvrez, ils assaillent.

Exercices

1- Quelle terminaison complète le verbe en gras ?

Les concurrents du Grand Raid de La Réunion par… 165 kilomètres à travers l’île.

A) cours – B) courrent – C) courent

2- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Je … absolument être allée au bowling samedi dernier.

A) dément – B) démentent – C) démens

3- À quelle personne le verbe en gras est-il conjugué ?

Pour pénétrer dans ce laboratoire, le technicien revêt une tenue spéciale.

A) 1ère personne du singulier – B) 2e personne du pluriel

C) 3e personne du singulier – D) 3e personne du pluriel

4- Quel est l’infinitif du verbe en gras ?

À la suite d’une utilisation régulière, tu acquiers une excellente maîtrise de ce logiciel.

A) acquiescer – B) acquitter – C) acquérir

5- Quel verbe complète cette phrase ?

Près de l’arrivée, le coureur … une violente douleur au côté gauche.

A) ressent – B) ressens – C) ressentis – D) ressentiras

6- Quelles formes verbales complètent cette phrase ?

En hiver j’… un peu la fenêtre, mais je … sous une couette bien chaude

A) ouvres / dort – B) ouvre / dors – C) ouvre / dort

7- Quelles formes verbales complètent cette phrase ?

Les archéologues … au cœur de la pyramide et … un superbe sarcophage.

A) parviennent / découvrent – B) parvient / découvrent

C) parviens / découvrent – D) parviennent / découvre

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C* – 2) C** – 3) C – 4) C*** – 5) A**** – 6) B – 7) A*****
* Le verbe « courir » ne double le « r » qu’au futur simple.
** Les verbes en « -tir », comme « démentir », perdent le « t » du radical aux deux personnes du singulier du présent de l’indicatif.
*** Les deux autres verbes sont du 1er groupe (terminaison « es » à la 2e personne du singulier).
**** Ici également, pour un verbe du 3e groupe, la terminaison de la 3e personne du singulier est « t ».
***** Les deux verbes doivent être conjugués à la 3e personne du pluriel.

Le dernier tournoi en matinée

Médaille d’or

Alors que le mercure devait dépasser les 30°C, l’organisation des tournois de pétanque avait décidé que l’action de cette dernière compétition allait se dérouler en matinée. Un peu après l’aurore, on procédait aux inscriptions des 28 équipes, un record, dans ce qui allait devenir le tournoi des innovations. D’abord que l’activité soit le matin, c’est déjà exceptionnel. Ensuite, le repas à la pizza allait remplacer les éternels hotdogs, en plus de se tenir dans la salle communautaire climatisée.

Dès 8h15, la consigne était respectée d’arriver tôt. On sentait la fébrilité des joueurs alors que la pelouse, gorgée de la rosée matinale, était omniprésente. Les abris dégoulinaient abondamment. Qu’à cela ne tienne, à 9h00 la compétition débutait pour se terminer vers midi.

2e position

Dès lors, on récompensait les trois meilleures équipes. En troisième position, on retrouve une égalité; l’équipe de Denis Poirier, flanqué de Bob Ansaldi et Suzanne Ferland, ainsi que l’équipe du capitaine Normand Tremblay, assisté de Gaston Lehoux et Pierre Turnel, ramenaient des cartes identiques de 39-27 pour se mériter les médailles de bronze.

En seconde position, la médaille d’argent a été remise au capitaine Pierre Destrempes, secondé de Louiselle Quimper et Jean-Claude St-Arnaud, avec un pointage cumulatif de 39-24.

Ex-aequo en 3e place

Finalement, les vainqueurs de cette quatrième édition 2019, et médaillée d’or, avec une performance de 39-19, l’équipe du capitaine Pierre Baillargeon et ses adjoints Ghislain Beaulé et Francine Tremblay, mettaient la main sur le précieux trophée emblématique de cette compétition.

On innove avec de la pizza

 

En conclusion, c’est avec de la pizza que tous ont festoyé au terme de cette activité qui se veut aussi un préambule au retour des snowbirds vers le Nord. Est-ce que l’expérience aura été concluante de tenir les prochains tournois de l’hiver prochain en matinée ? Le comité en fera son post mortem afin de préparer la prochaine saison. Un sondage éclair a été réalisé sur place parmi les participants et fort de ce vox populi, le comité prendra une décision éclairée.

Un gros merci à toute l’organisation derrière ces réalisations, qui a travaillé avec le souci du détail toujours dans le but de fournir une activité de qualité. On peut dire mission accomplie. Et si vous voulez visionner toutes les photos de ce tournoi, elles sont disponibles en cliquant ce lien.

Vous auriez fait quoi à sa place ?

La Couronne demande huit ans de prison. Tout le monde a suivi avec intérêt l’histoire de Michel Cadotte, reconnu coupable de l’homicide involontaire de son épouse, Jocelyne Lizotte, souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Doit-il aller en prison pour le geste qu’il a fait ? C’est ce qu’aura à déterminer la juge Hélène Di Salvo lorsqu’elle rendra sa sentence vers la fin du mois de mai prochain.

Chacun a son opinion et la mienne est que la loi sur l’aide médicale à mourir doit être amendée pour donner plus d’ouverture à cette façon d’abréger ses souffrances des patients et surtout des proches qui sont également des victimes collatérales. Dans le système de santé saturé, voire débordé, il serait grandement temps de démontrer de l’empathie envers les personnes qui vivent comme des zombies sans espoir de retour à une vie normale.

Je penche indubitablement pour la suggestion de la défense.

Isabelle Ducas, de La Presse+ brossait le portrait de ce dossier en attente de conclusion, dans son édition du 9 mars dernier, et c’est cet article que je vous propose pour vous faire une meilleure idée. Vous auriez fait quoi à la place de Michel Cadotte ?

LA COURONNE DEMANDE 8 ANS DE PRISON Isabelle Ducas

Michel Cadotte, reconnu coupable de l’homicide involontaire de son épouse souffrant de la maladie d’Alzheimer, doit-il aller en prison pour le geste qu’il a fait ?

Entre la suggestion de la Couronne, qui réclame huit ans de pénitencier, et celle de la défense, qui estime qu’il ne doit pas être emprisonné, déterminer la peine appropriée sera une tâche d’une extrême difficulté, reconnaît la juge Hélène Di Salvo, chargée de trancher la question.

« Je voudrais ne pas être émotive, mais il n’y a pas un être humain sur la planète qui n’a pas été touché par cette histoire », a-t-elle noté hier, alors qu’elle entendait les arguments des deux parties au palais de justice de Montréal.

La juge a d’ailleurs essuyé quelques larmes en écoutant les témoignages empreints d’émotion des proches de la victime, Jocelyne Lizotte.

Michel Cadotte a reconnu avoir étouffé Mme Lizotte avec un oreiller, le 20 février 2017, dans sa chambre du CHSLD Émilie-Gamelin. Elle souffrait d’Alzheimer au stade le plus avancé de la maladie.

Un jury a déclaré le Montréalais de 57 ans coupable d’homicide involontaire, le 23 février dernier, une infraction moins grave que l’accusation de meurtre au second degré qui avait d’abord été portée contre lui.

Ce verdict donne à la juge une grande latitude pour déterminer la peine à lui infliger.

« LES AIDANTS NATURELS DOIVENT ALLER CHERCHER DE L’AIDE »

La défense recommande une peine de prison de 6 à 12 mois, mais comme M. Cadotte a déjà passé 4 mois en détention préventive après son arrestation, ce qui donne l’équivalent de près de 7 mois (205 jours), il n’aurait pas à retourner derrière les barreaux si cette suggestion est retenue.

Selon ses avocats, M. Cadotte était dépressif, isolé, épuisé, après des années à s’occuper sans relâche de sa femme malade, avec peu d’aide de ses proches ou du système de santé. Son geste a été impulsif. Il n’est pas un danger pour la société, et il n’y a pas lieu de se servir de cette cause pour envoyer un message pour prévenir d’autres crimes semblables.

« S’il y a un message à retenir, c’est que les aidants naturels doivent aller chercher de l’aide », a souligné Me Nicolas Welt, avocat de l’accusé.

« Personne n’est un superhéros. Si vous n’allez pas chercher l’aide nécessaire, vous pourriez en venir à penser attenter à votre propre vie ou à celle de quelqu’un d’autre. » Me Nicolas Welt, avocat de Michel Cadotte.

Ce n’est pas l’avis des procureurs de la Couronne, qui demandent huit ans d’incarcération.

« L’ensemble de la société doit savoir qu’on ne peut pas causer la mort d’autrui, même quand on est empreint d’une grande souffrance, même quand on est usé », a plaidé l’avocate de la poursuite, Geneviève Langlois.

Michel Cadotte a lui-même témoigné qu’il avait beaucoup de mal à vivre avec ce qu’il a fait.

« Je me sens tellement les mains sales depuis que c’est arrivé, je ne pourrai jamais oublier ça, a-t-il reconnu, émotif. Je suis désolé que Jocelyne soit partie. J’aimerais qu’on me pardonne, mais je ne sais pas si ce sera possible. »

FAMILLE DÉCHIRÉE

Des proches de Jocelyne Lizotte ont demandé une peine sévère.

« Michel va aller en prison parce qu’il a fait un acte illégal, et que peu importe comment on se sent, on ne peut pas se faire justice », a souligné le fils de Mme Lizotte, Danick Desautels, en expliquant au tribunal quel impact avait eu sur lui les circonstances de la mort de sa mère.

« Il dit qu’il a tué ma mère pour mettre fin à ses souffrances. Mais je pense qu’il a surtout mis fin aux siennes, à cause de sa conviction que ma mère souffrait. » Danick Desautels, fils de Jocelyne Lizotte.

La cour a entendu d’autres proches dire à quel point cette mort violente les avait ébranlés et qu’ils ne comprenaient pas le geste fait par son conjoint.

En plus, les enfants et petits-enfants de Mme Lizotte, qui considéraient M. Cadotte comme un père et un « papy », ont coupé tout contact avec lui depuis les événements.

« Nous avons perdu deux personnes en même temps », a souligné la belle-fille de la victime, Nancy Guénette, en larmes. « J’ai perdu ma belle-mère, qui était un peu comme une mère pour moi, et mon beau-père, de qui je me croyais proche. »

La famille est d’autant plus déchirée que la sœur de Jocelyne Lizotte, Johanne, a témoigné en faveur de Michel Cadotte.

Comme elle a été préposée aux bénéficiaires en CHSLD et qu’elle a été proche aidante pour deux membres de sa famille, elle a dit comprendre le geste fait par son beau-frère, dans un moment de désespoir.

Elle considère que la mort de sa sœur a été une « délivrance ». « La dernière fois que je l’ai vue, je me suis dit en sortant que j’espérais que le bon Dieu vienne la chercher », a-t-elle dit.

La juge Di Salvo a prévenu les proches que sa décision ne ferait sans doute pas l’unanimité, mais qu’elle prendrait en considération leurs témoignages en rendant sa sentence, prévue pour le 28 mai.

ILS ONT DIT

« M. Cadotte a déjà été emprisonné. Il vit dans sa propre prison depuis 10 ans et il y vivra encore. Il a perdu l’amour de sa vie parce qu’il a craqué, pour un bref moment. Et ça ne cessera jamais. » Me Elfriede Duclervil, avocate de Michel Cadotte.

« C’est un poids très lourd sur mes épaules, la mort de ma femme… Je l’aimais, je l’ai mariée pour le meilleur et pour le pire. J’ai eu le meilleur et j’ai eu le pire. » Michel Cadotte.

« Tu as toujours été impulsif et contrôlant. Tu as peut-être réussi à te faire passer pour un saint homme dans les médias et l’opinion publique, mais malgré tout ce que tu as pu faire de bon pour ma mère avant, tu resteras celui qui l’a empêchée d’avoir une mort douce, paisible et naturelle, donc son meurtrier. » Danick Desautels, fils de Jocelyne Lizotte, s’adressant à Michel Cadotte.

« Mon fils m’a demandé pourquoi Michel avait fait ça, si c’est parce qu’il n’aimait pas sa tante Jocelyne. Je lui ai dit que ce n’est pas parce qu’il ne l’aimait pas, c’est parce qu’il l’aimait trop. » France Cadotte, sœur de Michel Cadotte.

« Je ne pense pas pouvoir te pardonner, mais je comprends. Tu n’avais pas le droit de la priver de sa vie comme cela. […] Malgré toute cette tragique situation, tu seras toujours mon grand-père et je ne te souhaite aucun mal. J’imagine que c’est déjà assez dur comme cela. » La petite-fille de Jocelyne Lizotte, s’adressant à Michel Cadotte.

D’AUTRES RÉACTIONS

Un « tsunami » de cas d’Alzheimer

« Cette histoire est la démonstration ultime des conséquences collatérales de la maladie d’Alzheimer. C’est d’une tristesse inouïe », a déploré Sylvie Grenier, directrice générale de la Fédération québécoise des sociétés Alzheimer (FQSA), qui a témoigné, à la demande des avocats de Michel Cadotte, sur la détresse des proches. « On entend des histoires comme celle-là dans toutes les régions du Québec, mais heureusement pas toutes aussi dramatiques. » Il y a actuellement 145 000 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer au Québec, a-t-elle mentionné ; il y en aura 260 000 en 2025. « Il va bientôt y avoir un tsunami. On subit la première vague présentement », a-t-elle prévenu, notant que le réseau de la santé n’était absolument pas prêt à y faire face.

« Idées d’euthanasie »

Les proches des personnes atteintes de démence se retrouvent souvent épuisés et dépressifs, au point qu’ils songent à tuer la personne qu’ils aiment, a expliqué au tribunal Mélanie Perroux, coordonnatrice générale du Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ). « Les idées d’euthanasie sont relativement fréquentes, mais elles causent de la détresse, de la culpabilité et de la honte chez les proches aidants, qui sont laissés à eux-mêmes », dit-elle. Comme il y a peu de soutien pour eux dans le système de santé, elle n’hésite pas à parler de « maltraitance institutionnelle ».

Personnel débordé

Même quand une personne est « placée » parce qu’elle est trop malade, un proche aidant ne cesse pas de s’en occuper : il continue souvent de fournir des soins parce que le personnel des établissements de santé est débordé. Mais on lui fait peu de place dans le système. « Ils doivent se plaindre quand ils réalisent qu’il y a un problème, mais deviennent gênants, au point qu’ils se font parfois interdire les visites, révèle Mélanie Perroux. En plus, ils se sentent coupables d’avoir placé la personne, de ne pas avoir été assez forts pour la garder à la maison plus longtemps. »