Un pan de notre histoire : la nuit ou est né Gens du pays

Histoire

LE 24 JUIN, UN MOMENT HISTORIQUE SE DESSINE SANS QUE PERSONNE N’EN MESURE LA PORTÉE

Le 24 juin 1975, le Québec vibre au rythme de ses aspirations nationales. Malgré une météo peu clémente, une foule record converge vers le mont Royal pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste. Entre les prestations de Gilles Vigneault, Louise Forestier et Yvon Deschamps, un moment historique se dessine sans que personne n’en mesure encore la portée : la naissance de Gens du pays, une chanson appelée à devenir l’hymne officieux de tout un peuple.

LA FÊTE À LA MONTAGNE

Plus d’un million de spectateurs se sont donné rendez-vous du 20 au 24 juin pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste.

Le 24 juin, le mont Royal est devenu le plus bel amphithéâtre à ciel ouvert de notre histoire. Tous essayaient de s’approcher de la magnifique scène érigée aux abords du lac aux Castors.

Nous sommes au milieu des années 1970. René Lévesque n’est pas encore au pouvoir, mais partout où il passe, il invite les Québécois à rêver plus grand : celui d’un peuple suffisamment maître de son destin pour siéger parmi les nations du monde.

Depuis toujours, la Saint-Jean-Baptiste est la fête des Canadiens français. Processions religieuses, défilés patriotiques et petits Saint-Jean-Baptiste costumés ont longtemps dominé les célébrations.  Le vent du changement souffle sur cette Saint-Jean qui attire des Montréalais de toutes origines. Finies les célébrations figées dans le passé ; l’heure est à la laïcité, aux artistes, à la langue et à la culture d’ici.

Dans le contexte de l’Année internationale de la femme décrétée par l’ONU, c’est Lise Payette qui hérite de la mission de réinventer la fête.

Mais personne ne se doute alors que la soirée du 24 juin donnera naissance à l’une des chansons les plus célèbres de notre histoire. Quelques jours avant le spectacle, l’humoriste Yvon Deschamps lance une idée à la blague. Pourquoi ne pas créer une chanson d’anniversaire pour les Québécois ? Après tout, on célèbre bien l’anniversaire d’un peuple.

CHANTER À L’UNISSON

L’idée fait son chemin jusqu’à Gilles Vigneault. Le poète de Natashquan se met à écrire. Quelques paroles. Une mélodie simple. Rien qui ne laisse présager que la chanson traversera les générations.

Lorsque Vigneault monte sur scène avec Louise Forestier et Yvon Deschamps pour interpréter Gens du pays pour la toute première fois, personne ne sait qu’il vient d’offrir au Québec son hymne officieux.

Aujourd’hui encore, il est difficile de trouver un anniversaire où quelqu’un ne lance pas spontanément le célèbre refrain : « Mon cher… c’est à ton tour de te laisser parler d’amour ».

Peu de chansons peuvent se vanter d’avoir quitté leur auteur pour appartenir à tout un peuple. Mais la magie de cette Saint-Jean ne s’arrête pas là.

Les témoignages de l’époque racontent une foule compacte qui chante à l’unisson. Des milliers de voix qui reprennent les refrains sans qu’aucun écran géant ni téléphone intelligent ne soit nécessaire pour coordonner le tout.

Puis survient un autre moment marquant. Ginette Reno interprète Un peu plus haut, un peu plus loin. Sa voix puissante résonne sur la montagne. Plusieurs observateurs affirmeront plus tard qu’elle a littéralement fait vibrer le mont Royal.

SYMBOLES PUISSANTS

Les images d’archives montrent des spectateurs émus, parfois en larmes. Pour beaucoup, la Saint-Jean de 1975 constitue le moment où la fête cesse définitivement d’être seulement une tradition héritée du passé.

Deux ans plus tard, le gouvernement du Parti québécois fera officiellement du 24 juin la Fête nationale du Québec.

L’année suivante, le mythique spectacle 1 fois 5 réunira Robert Cgarlebois, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Yvon Deschamps devant une foule record. Mais plusieurs historiens de la culture québécoise considèrent aujourd’hui que les bases de ce moment historique ont été posées durant l’extraordinaire Saint-Jean de 1975.

Cinquante ans plus tard, alors que la fête nationale s’apprête une fois de plus à rassembler les Québécois, il vaut la peine de se souvenir qu’une simple chanson écrite pour un spectacle est devenue l’un des symboles les plus puissants de notre identité collective.

Et si, dans quelques jours, vous vous surprenez à chanter Gens du pays autour d’un feu ou devant une scène, souvenez-vous que tout a commencé un soir de juin 1975, sur les pentes du mont Royal, lorsqu’un peuple s’est mis à chanter d’une seule voix.

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Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, 20 juin 2026, p58

Hommage au policier du SPVM Mohamed Lamine Benredouane, 34 ans, mort en devoir hier

Actualités

Hier, Montréal a perdu plus qu’un policier. Elle a perdu un protecteur, un collègue, un ami, un être humain qui avait choisi de consacrer sa vie à la sécurité des autres. La nouvelle de sa mort en devoir nous frappe en plein cœur, rappelant avec brutalité que derrière l’uniforme se trouvent des femmes et des hommes qui acceptent chaque jour de faire face au danger pour que nous puissions vivre en paix.

Ce policier du SPVM est tombé en accomplissant ce qu’il faisait depuis le premier jour : servir et protéger. Servir avec courage, avec professionnalisme, avec cette conviction profonde que la société mérite d’être défendue, même lorsque cela exige le plus grand des sacrifices.

Son départ laisse un vide immense. Dans sa famille, qui perd un être cher. Dans son équipe, qui perd un frère d’armes. Dans la communauté, qui perd un pilier silencieux mais essentiel. Aujourd’hui, nous ne pleurons pas seulement un policier : nous pleurons un citoyen engagé, un être humain qui croyait en la valeur de chaque vie, y compris celles qu’il ne connaissait pas.

À sa famille, nous offrons notre solidarité. À ses collègues, notre respect. À sa mémoire, notre gratitude et nos plus sincères condoléances.

Qu’il repose en paix, et que son courage continue d’inspirer ceux qui poursuivent la mission qu’il a servie jusqu’au bout.

Mis à part du tueur, décédé, la fusillade aura fait également une innocente victime en Michael Moshe Mizrahi, qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. Quant à la partenaire du policier, gravement blessée, sa vie n’est pas en danger.

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Envie de… gérer l’incontinence urinaire

Santé et bien-être

Même l’incontinence urinaire touche des millions d’adultes, beaucoup hésitent encore à en parler. Bien que les fuites urinaires puissent devenir plus fréquentes avec l’âge ou à la suite de certaines affections, comme un traitement de la prostate ou un affaiblissement du plancher pelvien, les experts insistent pour dire que vivre avec ce problème n’est pas une fatalité.

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En fait, vous ne devriez pas. Des fuites persistantes peuvent perturber les activités quotidiennes, vous amener à éviter les sorties ou les activités sociales et augmenter le risque de chute lorsque vous vous précipitez aux toilettes.

Elles peuvent aussi être le signe de causes médicales traitables, comme des infections, des effets secondaires de médicaments ou des troubles neurologiques. Une consultation avec un professionnel de la santé peut vous aider à trouver la cause ainsi que des options de traitement efficaces.

Parmi les stratégies à envisager :

  • Renforcement des muscles du plancher pelvien : Des exercices ciblés peuvent renforcer les muscles qui aident au contrôle de la vessie et finir par réduire les symptômes.
  • Ajustement du mode de vie : Une réduction de la consommation de caféine ou d’alcool, une bonne gestion de l’apport en liquides et le maintien d’un poids santé peuvent diminuer les épisodes.
  • Rééducation vésicale : L’espacement progressif des visites à la salle de bain peut améliorer la capacité de la vessie et la confiance.
  • Traitements médicaux : Selon la cause sous-jacente, les options peuvent inclure des médicaments, une chirurgie à effraction minimale ou un dispositif spécialisé.
  • Produits de soutien : Des protections absorbantes peuvent servir de solution temporaire, le temps qu’un traitement à plus long terme donne des résultats.

Grâce à une meilleure vigilance et aux progrès des traitements, vous avez toutes les chances de réduire vos symptômes et de maintenir un mode de vie actif et autonome.

Sources : National Institute on Aging, Clinique Mayo

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Hommage aux pères

Célébration

La Fête des Pères est un moment discret, souvent moins bruyant que d’autres célébrations, mais chargé d’une profondeur qui touche droit au cœur. C’est une journée pour reconnaître ces hommes qui, sans toujours le dire, portent tant sur leurs épaules. Les pères ne se vantent pas. Ils avancent, ils soutiennent, ils protègent. Leur amour est parfois pudique, souvent silencieux, mais toujours solide.

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Un père, c’est une présence qui rassure. C’est une main qui se tend quand la vie secoue un peu trop fort. C’est un regard qui encourage, même quand les mots manquent. C’est quelqu’un qui montre la route, non pas en la dictant, mais en la marchant lui-même, avec courage, droiture et patience. Les pères enseignent par l’exemple : comment se relever, comment tenir parole, comment aimer sans conditions.

Pour certains, cette journée est remplie de rires, de repas partagés, de souvenirs qui s’ajoutent aux souvenirs. Pour d’autres, elle porte une nuance plus douce-amère : celle d’un père qui n’est plus là, mais dont la voix continue de résonner dans la mémoire. Un père disparu ne quitte jamais vraiment. Il devient une force intérieure, un repère intime, une lumière qui accompagne chaque décision importante. On entend encore ses conseils, on retrouve ses gestes dans les nôtres, on sent sa présence dans les moments où l’on aurait voulu lui parler.

Aujourd’hui, on célèbre tous les pères : ceux qui sont encore parmi nous, ceux qui veillent de plus haut, ceux qui ont donné la vie, ceux qui ont choisi d’aimer comme des pères, ceux qui ont guidé, soutenu, consolé. À chacun d’eux, merci. Merci pour la force tranquille, pour les sacrifices invisibles, pour les épaules larges et les cœurs immenses.

Parce qu’un père, ça ne s’oublie pas. Ça se porte. Ça se garde. Ça se célèbre.

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À deux mains dans la machine à fric

Opinion

Le Journal de Montréal nous apprend que le TGV Québec–Toronto « avance ». Avance… sur papier. Encore un éléphant blanc qu’on traîne depuis les années 80.

IA

Et là, on découvre qu’Alto emploie 74 cadres pour 142 employés. Un ratio de 1,91 % cadre par employé. Un projet de train… géré comme une pyramide inversée. Incroyable.

Le PDG, Martin Imbleau, empoche entre 562 000 $ et 661 400 $ par année avec — devinez quoi — la possibilité d’y ajouter un boni variant entre 32,5 % et 65 %. Rien que ça. La popote populaire, ça ne l’intéresse pas.

32,5 % ou 65 %? Ne mettez pas un « deux » sur le 32,5 %. Ce sera 65 %. Sa rémunération pourrait ainsi atteindre 1 091 310 $.

Les cadres supérieurs ? 170 000 $ à 300 000 $, plus des bonis de 15 % à 40 %. Jouez au bingo : c’est le 40 % qui sortira.

Tout ça, évidemment, payé avec NOS impôts.

Et ce n’est pas fini. Depuis 2023, Alto a distribué 65 contrats à des consultants pour 11,4 M$. Des millions qui s’envolent… avant même qu’un seul rail soit posé.

Après les millions $, viennent les milliards $.

Toujours les mêmes gouvernements « généreux » qui dépensent notre argent comme s’il poussait dans les fossés.

Expliquez-moi pourquoi on engage des consultants en plus d’une armée de cadres. On aurait pu réduire les cadres et les remplacer par ces mêmes consultants. Mais non : on empile. On gonfle. On facture.

Avec NOTRE argent, qu’on brûle joyeusement, le projet prendra encore des années avant de voir le jour. Et souvenez-vous de la devise non officielle de nos gouvernements :

« Les surplus sont inévitables. »

Il faudra beaucoup de milliards $ pour réaliser ce projet… s’il se réalise un jour ?

D’ici là, on paie !

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Deux ans moins un jour pour des gestes barbares

Opinion

Il y a des histoires qui donnent froid dans le dos. Celle-ci en fait partie. Une femme de 67 ans, Pramela Kooblall, exploitant une petite résidence privée, a maltraité trois aînés pendant des mois en 2023. Pas par accident. Pas par manque d’expérience. Par négligence grave, répétée, inhumaine.

IA

On apprend qu’elle forçait ses résidents à rester dans leurs couches souillées, parfois pendant des heures. Qu’elle leur administrait des médicaments qui ne leur étaient pas prescrits, au risque de provoquer des réactions dangereuses. Qu’à mesure que les aînés perdaient en autonomie, elle perdait en patience, en compassion, en humanité.

Et malgré tout cela, elle reçoit une peine de… deux ans moins un jour à purger à la maison.

Une peine qui, soyons francs, n’a rien d’une sanction. C’est une formalité. Un irritant. Une conséquence administrative. Pendant ce temps, les victimes — elles — n’ont pas droit à une « peine à domicile ». Elles vivent avec les séquelles, la peur, la perte de dignité. Elles, on ne les protège pas avec autant de douceur.

LE JUGE SUIT

Le juge, dit-on, a accepté à contrecœur la suggestion commune des procureurs. Encore une fois, la mécanique judiciaire a joué son rôle : on s’entend, on recommande, on suit.

Mais à quoi sert l’indignation du magistrat si, au final, la peine demeure incompréhensible?

À quoi sert de reconnaître la gravité des gestes si la sanction ne la reflète pas?

Ce qui choque, ce n’est pas seulement la clémence. C’est le message envoyé : maltraiter des aînés, même de façon répétée et humiliante, ne mène pas en prison.

C’est la banalisation d’actes qui devraient être considérés comme profondément barbares. C’est l’impression que la justice protège davantage les fautifs que les vulnérables. Et selon des proches, tout n’a même pas été dit. Certains gestes auraient été encore plus graves, encore plus dégradants. Mais même avec ce que l’on sait, la peine demeure dérisoire.

On répète sans cesse que nos aînés méritent respect, sécurité, dignité. Mais tant que des crimes de cette nature se soldent par une peine à domicile, ce ne sont que des mots.

Protéger les aînés exige des sanctions qui ont du poids, qui reconnaissent la souffrance des victimes et qui affirment clairement que la maltraitance n’a pas sa place dans une société qui se dit humaine.

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Peut-on inverser la perte de vision ?

Santé et bien-être

Des lunettes pour voir de loin, d’autres pour lire, des verres bifocaux… avec l’âge, on peut avoir l’impression que la vue ne peut que se détériorer. Toutefois, à la lumière de nouvelles recherches, les experts envisagent désormais d’autres façons de protéger la vision et, dans certains cas, de l’améliorer.

IA

La possibilité d’inverser la perte de vision dépend en grande partie de sa cause. Par exemple, une chirurgie peut restaurer une vision altérée par des cataractes, tandis que des interventions au laser peuvent corriger la myopie ou l’hypermétropie. Bien qu’on ne puisse pas inverser la dégénérescence maculaire liée à l’âge, un diagnostic précoce et un traitement approprié peuvent en ralentir la progression et préserver la vision restante.

Si vous avez effectué des recherches en ligne, vous avez probablement vu des affirmations selon lesquelles la prise de certaines multivitamines ou des exercices oculaires pourraient améliorer la vue.

Malheureusement, la recherche ne corrobore pas ces affirmations. En revanche, les avancées en thérapie génique et en médecine régénérative laissent entrevoir des lendemains prometteurs. D’ailleurs, des chercheurs de la Harvard Medical School ont dernièrement réussi à restaurer la fonction visuelle chez des souris présentant des lésions semblables au glaucome en reprogrammant leurs cellules rétiniennes. Impressionnant, non ?

Entre-temps, des examens réguliers de la vue et de bonnes habitudes de vie – contrôle de la tension artérielle, gestion du diabète, protection des yeux contre le soleil – demeurent les moyens les plus fiables de préserver votre vision à long terme.

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Sources : WebMD, UMass Chan Medical School, Jarvard Medical School

Normandie Crimes de guerre : Le sang canadien sur les mains d’un général SS

Histoire

AU MOINS 150 DE NOS SOLDATS, FAITS PRISONNIERS DE GUERRE, ONT ÉTÉ EXÉCUTÉS PAR UN BOURREAU RESTÉ IMPUNI

Les forces canadiennes débarquent sur les plages de Normandie le 6 juin 1944. Le lendemain, elles affrontent des éléments de la 12e division SS « Hitlerjugend » commandés par le général Wilhelm Mohnke, un nazi fanatique.

Mohnke

L’unité SS est composée de membres des Jeunesses hitlériennes, âgés de 17 à 19 ans qui « brillent par leur barbarie » selon l’historien français Olivier Wieviorka.

Dans les jours qui suivent, des centaines de soldats canadiens sont faits prisonniers par cette unité, certains sont froidement assassinés.

L’historien Howard Margalian relate minutieusement dans un livre1 la responsabilité de Mohnke dans le massacre de prisonniers canadiens.

Le 8 juin, l’unité de Mohnke fait prisonniers une centaine de soldats du Royal Winnipeg Regiment. Lorsqu’il apprend que quarante autres sont capturés, il donne l’ordre de ne plus prendre de prisonniers. Des SS s’approchent alors des quarante Canadiens, assis dans un champ près de Fontenay-le-Pesnel et les mitraillent.

Trente-cinq sont tués, mais cinq survivent, Ils raconteront le massacre à la fin de la guerre.

Le lendemain matin, Mohnke se présente au poste médical où trois Canadiens blessés sont interrogés et ordonne au Sturmbannführer Bernhard Siebken de les tuer. Conduits à l’extérieur, ils sont abattus par quatre SS. Siebken leur assène ensuite le coup de grâce à la tête avec son pistolet. Il eut à répondre de ce crime et fut pendu le 20 janvier 1949.

PAS ASSEZ DE PREUVES

Dans les jours qui suivirent, des dizaines d’autres prisonniers de guerre canadiens furent tués, soit sur ordre direct de Mohnke, soit par des troupes sous son commandement.

Mohnke fit l’objet d’une enquête immédiatement après la guerre, mais les procureurs et les enquêteurs canadiens ne crurent pas avoir réuni de preuves suffisantes pour obtenir une condamnation.

Dans les années 70 et 80, des procureurs ouest-allemands conclurent eux aussi à l’insuffisance de preuves. Comme d’autres officiers supérieurs nazis, Mohnke a profité des décennies après les faits, il était difficile de retrouver des témoins et des preuves permettant d’engager des poursuites.

Il n’en demeure pas moins qu’on estime que quelque 150 soldats canadiens, pour la plupart faits prisonniers par la 12e division SS, furent exécutés. Un soldat canadien sur sept tués en Normandie entre le 7 et le 17 juin ne périt pas au combat, mais exécuté alors qu’il était prisonnier de guerre.

Mohnke fut également impliqué dans le carnage de Malmedy dans les Ardennes de 72 prisonniers de guerre américains en 1944. Il est aussi accusé d’avoir ordonné le massacre de prisonniers britanniques en France en 1940.

AVEC HITLER À BERLIN EN 1945

Wilhelm Mohnke était dans l’entourage d’Hitler dès 1933 et est l’un des derniers généraux SS à être à ses côtés dans son Führerbunker en 1945.

Lorsqu’il tente de fuir après le suicide d’Hitler, Mohnke est capturé par les Soviétiques et transféré à Moscou où il est détenu à la Loubianka, siège de la police secrète du régime. Il est ensuite interné dans un camp pour généraux allemands d’où il est libéré en 1955.

On ne s’explique pas pourquoi les Russes le traitèrent avant tant de mansuétude : une exécution sommaire attendait tout SS capturé par les Soviétiques.

À son retour en Allemagne de l’Ouest, il se fit vendeur de camions et de remorques près de Hambourg.

Wilhelm Monhke vécut jusqu’è l’âge de 90 ans et mourut le 6 août 2001, sans avoir été poursuivi pour les atrocités dont il était responsable. Jamais condamné pour ses crimes de guerre, ce général SS reçut même une pension pour ses blessures, et – outrageusement – une « pension spéciale pour victimes de guerre » pour ses années de détention en Russie.

Le Canada, honteusement, il faut le rappeler, servit de refuge à des centaines, voire des milliers, de criminels de guerre. En 1986, la Commission d’enquête Deschênes a conclu que d’importants criminels de guerre nazis avaient été accueillis comme immigrants et y résidaient toujours.

1 Margolian, Howard. Conduct Unbecoming : The story of the murder of Canadian Prisoners of War In Normandy, University of Toronto Press, 1998.

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Source : Normand Lester, Journal de Montréal. 13-14 juin 2026, p72

Costco facture sans raison certains écofrais

Consommation

Depuis toujours, j’achète mes caisses de boissons gazeuses dans ce magasin-entrepôt sans vraiment regarder la facture de plus près. Mais, cette fois, sur recommandation de mon frère, j’y ai découvert des écofrais qui ne devraient pas s’y trouver.

La réglementation gouvernementale précise que les écofrais au Québec existent pour une raison simple : financer le recyclage et la gestion en fin de vie de certains produits (électronique, peinture, piles, appareils, etc.). Ce ne sont pas des taxes gouvernementales, mais des frais imposés par les programmes de responsabilité élargie des producteurs (REP).

Les écofrais couvrent :

  • Le recyclage des matériaux (métaux, plastiques, verre, composantes électroniques) ;
  • La collecte et le transport ;
  • L’administration du programme ;
  • La sensibilisation du public.

En somme, les écofrais sont facturés pour les groupes de produits suivants :

  1. Produits électroniques ;
  2. Piles et batteries ;
  3. Lampes au mercure ;
  4. Peintures et leurs contenants ;
  5. Huiles, antigel et produits assimilables ;
  6. Appareils ménagers et de climatisation ;
  7. Produits agricoles ;
  8. Contenants pressurisés de combustibles ;
  9. Produits pharmaceutiques.

Rien pour les canettes de boissons gazeuses qui, elles, sont facturées au titre de la consigne. Une fois rapportées aux points de consignation, elles nous sont remboursées.

POURQUOI CES CANETTES FIGURENT-ELLES DANS LES ÉCOFRAIS ?

La facture d’achat est très claire : des écofrais sont anormalement facturés en plus de la consigne. Costco facture 2 sous pour chaque canette alors qu’il ne le devrait pas, puisqu’il s’agit de produits qui n’entrent pas dans cette catégorie.

De notre côté, nous avons tenté de rejoindre des personnes en autorité pour connaître la raison de cette facturation, sans succès. On nous renvoyait d’un service à l’autre — au gouvernement, chez Costco — et nous ne savons toujours pas.

Imaginez : à 2 sous par canette, combien Costco empoche-t-il ? C’est 64 sous pour chaque caisse de 32 canettes. C’est, somme toute, assez substantiel.

Nous continuons nos recherches et vous en reparlerons.

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Repenser sa consommation d’alcool

Santé et bien-être

D’après vous, « un seul verre » ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ? Eh bien, les scientifiques commencent à remettre en question cette opinion.

IA

De nouvelles données montrent en effet que même une consommation relativement faible d’alcool peut comporter des risques pour la santé que les recommandations précédentes ont peut-être sous-estimés.

En 2023, le Canada a publié de nouvelles lignes directrices nationales selon lesquelles aucune quantité d’alcool n’est totalement sans risque. Le nouveau consensus : une consommation de trois à six verres standards par semaine augmente le risque de plusieurs cancers, tandis que de plus grandes quantités accroissent le risque de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux.

Voilà un changement notable par rapport aux recommandations antérieures, qui considéraient une consommation modérée quotidienne comme généralement acceptable.

Si une abstinence totale vous fait, disons, voir le verre à moitié vide, rappelez-vous que le risque se situe sur un continuum. Peut-être estimerez-vous que partager un verre à l’occasion avec des amis présente des bénéfices sociaux appréciables, surtout si vous compensez avec de saines habitudes de vie comme une activité physique régulière, un sommeil suffisant et une bonne alimentation.

Mais encore ? Vous n’avez pas nécessairement à renoncer complètement à l’alcool, mais mieux vaut adopter une approche plus réfléchie. Surveillez votre consommation hebdomadaire, prévoyez des soirées sans alcool ou essayez de solutions de rechange comme de la bière sans alcool ou l’eau pétillante avec une touche d’agrumes, Au fil de l’évolution des connaissances, la consommation réfléchie devient rapidement la nouvelle norme – même pour les plus branchés.

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Sources : Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, Organisation mondiale de la Santé.

Un pan de notre histoire : la révolution tranquille tire en douceur sa révérence (Partie 2)

Histoire

AU TERME DU MANDAT DE ROBERT BOURASSA, MARQUÉ PAR SON AMBITIEUX PROJET DE LA BAIE JAMES, LES QUÉBÉCOIS SONT DAVANTAGE PRÉOCCUPÉS PAR LA QUESTION NATIONALE

La Révolution tranquille se termine-t-elle avec la fin des années 60 ? Non, pas du tout ! En fait, l’élection de Robert Bourassa en 1970 ne marque pas la fin du processus, mais plutôt le moment où il atteint sa maturité. Les grandes institutions du Québec moderne sont désormais en place, l’État-providence est maintenant bien réel au Québec.

Après dix ans de réformes, le Québec contrôle désormais son « or bleu », il a de puissants leviers économiques et une fonction publique moderne.

Bourassa

Pour se faire élire, le jeune Bourassa avait promis 100 000 emplois. Il n’a que 36 ans et peu d’expérience politique, mais il comprend que si les Québécois veulent profiter des acquis de la Révolution tranquille, ils vont devoir créer de la richesse.

En 1971, Robert Bourassa veut au plus vite tourner la page de la crise d’octobre 70 et frappe l’imaginaire des Québécois en dévoilant le projet de la Baie-James. Au moment où l’Occident semble favoriser le développement de l’énergie nucléaire, Bourassa met le pied sur l’accélérateur du développement de l’hydroélectricité.

PROJET DU SIÈCLE

Le 30 avril 1971, il explique comment, sur un colossal territoire de 350 000 Km2, près de trois fois la superficie de l’Angleterre, il ambitionne de construire ce qui deviendra le plus vaste complexe hydroélectrique de la planète. Le Québec voit grand. On vient tout juste de présenter au monde la plus belle Exposition universelle de l’histoire et on s’apprête à accueillir les Jeux olympiques d’été. C’est comme si le Québec ne voulait plus être « né pour un petit pain ».

Le projet de la Baie-James est ambitieux. Mais, avant de rêver de produire le moindre kilowatt, il faut d’abord ouvrir le territoire à la machinerie dans l’un des plus vastes écosystèmes forestiers de la planète.

Des équipes d’arpenteurs et de bûcherons sont déployés par hydravion ou par hélicoptère au cœur de la forêt boréale afin de tracer le parcours de la future route. La vie est rude dans le Nord, les travailleurs affrontent les nuées de mouches noires et les températures nordiques. Malgré des salaires attrayants, le roulement de personnel est considérable.

Mais les défis ne sont pas uniquement logistiques. Personne n’a pensé à demander aux habitants de la Baie-James ce qu’ils pensent du projet. Les nations autochtones se retrouvent devant un fait presque accompli et elles craignent les conséquences environnementales et sociales de ce mégaprojet sur leur mode de vie.

NÉGOCIER AVEC LES AUTOCHTONES

La nation crie se mobilise et dépose une requête contestant la légalité de la loi ayant créé la Société de développement du chantier.

Même si le gouvernement fait la sourde oreille à leurs demandes, le 15 novembre 1973, à 15 heures précises, un véritable coup de tonnerre secoue le Québec. Le juge Albert Malouf dit que l’État est en train de transformer profondément un territoire déjà occupé et utilisé depuis des générations par les Cris et les Inuits sans avoir réglé adéquatement la question avec ces derniers.

Il considère que les dommages engendrés par cette transformation de l’Écosystème risquent d’être irréversibles. Il faut donc arrêter les travaux jusqu’à ce que la question soit tranchée.

Même si l’affaire est portée en appel et renversée par la suite, Robert Bourassa comprend que le projet ne pourra avancer sans une entente durable avec les peuples autochtones. S’amorce alors une délicate négociation qui débouche, le 11 novembre 1975, sur la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

Signée par les représentants cris et Inuits, Hydro-Québec ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada, cette entente historique redéfinit les rapports entre le développement du territoire et les droits autochtones. Elle permet la poursuite des travaux dans un climat plus apaisé, mais elle envoie aussi le signal qu’il n’y a pas que les Québécois qui habitent le Sud qui ont envie d’être maîtres chez eux,

CONSTITUTION

Trudeau Lévesque

Au début des années 1970, le Canada n’est toujours pas entièrement maître de sa destinée, sa Constitution est toujours à Londres. Si la question constitutionnelle revient régulièrement à l’ordre du jour depuis dix ans, on sent que l’ancien ministre de la Justice, maintenant aux commandes du pays, Pierre Elliott Trudeau, a l’intention de la rapatrier.

Et même d’y enchâsser la Charte canadienne des droits et libertés. Il passe proche de réussir en 1971 lors de la conférence de Victoria, mais il se bute à la résistance du Québec.

Cette incapacité à ramener au pays sa Constitution et ses querelle fédérales-provinciales omniprésentes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale tendent à donner des arguments aux partisans de la sécession du Québec.

LE VENT TOURNE

Pendant que les grues s’élèvent à la Baie-James, l’économie mondiale semble se dérégler. Le choc pétrolier de 1973 agit comme une douche froide pour les économies occidentales. En quelques mois, le prix du pétrole s’envole, l’inflation explose et la croissance ralentit.

Au Québec, la crise renforce la conviction de Robert Bourassa que l’avenir énergétique de la province repose sur ses immenses ressources hydroélectriques. Plus que jamais, la Baie-James apparaît comme une réponse québécoise à la dépendance envers le pétrole du Moyen-Orient.

Entre-temps, l’inflation atteint des niveaux inconnus depuis des décennies. L’économie tourne au ralenti, les prix explosent et le chômage gagne du terrain.

Pour les gouvernements, c’est la tempête parfaite, les revenus fiscaux stagnent alors que les dépenses publiques ne cessent d’augmenter.

Depuis le début de la Révolution tranquille, les gouvernements investissent massivement dans les écoles, les hôpitaux, les universités et les grands projets structurants. Les déficits se creusent rapidement, D’environ 400 millions $ au milieu de la décennie, ils approchent ensuite le milliard de dollars. Pour un Québec qui n’a jamais connu de tels niveaux d’endettement, le signal est inquiétant.

Pour la première fois depuis 1960, plusieurs observateurs commencent à se demander jusqu’où l’État peut continuer de grandir. Le grand rêve de modernisation se heurte désormais à une réalité plus dure, celle des finances publiques.

LA QUESTION IDENTITAIRE

À cela s’ajoute les importantes grèves du secteur public et les dépassements de coûts des Jeux olympiques de Montréal. Peu à peu, un sentiment s’installe : après quinze ans d’expansion rapide de l’État québécois, il faut ralentir le rythme des dépenses.

« Maîtres chez nous (1962) », « Égalité ou indépendance (1966) », « Québec plus que jamais (1970) »… Ça fait un petit bout que les Québécois se font dire par ceux qui aspirent à gouverner que le Québec peut, s’il le souhaite, être plus autonome. On peut dire que cette nouvelle confiance profite au Parti Québécois de René Lévesque, si bien que le 15 novembre 1976, le PQ remporte une victoire historique. La surprise est immense.

Pour la première fois, un parti indépendantiste prend le pouvoir au pays. Bien sûr, les électeurs ne votent pas tous pour l’indépendance. Plusieurs souhaitent d’abord sanctionner le gouvernement Bourassa. Mais une chose est certaine : le débat public à changé et une partie croissante de la population se demande désormais qui doit contrôler les principaux leviers du développement de l’État québécois.

Le projet de souveraineté-association porté par René Lévesque place cette question au cœur de la vie politique québécoise. À la fin des années 1970, la Révolution tranquille, pas si tranquille finalement… tire doucement sa révérence. Désormais, les Québécois sont davantage préoccupés par la question nationale.

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Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, 6-7 juin 2026, p58