Opinion
J’ai lu avec attention le dossier spécial sur les sentences bonbons dans l’édition de fin de semaine du Journal de Montréal et, sincèrement, les intervenants ne m’ont pas convaincu du bien‑fondé de ces jugements et condamnations.

Oui, il y a de plus en plus de ce genre de verdicts, et on ne me fera jamais croire que c’est pire que la prison, principalement pour les agresseurs sexuels et autres multirécidivistes.
Des criminels coincés avec des armes à feu, des chauffards meurtriers et même certains tueurs parviennent à bénéficier de ce type de sentence.
C’est devenu la mode.
Avant l’entrée en vigueur de la loi C‑5, à la fin de 2022 — cette loi fédérale qui abolit les peines minimales pour plusieurs crimes, votée sous Justin Trudeau — seulement 6 % des agresseurs sexuels condamnés avaient profité d’une sentence à la maison. Depuis, le nombre d’individus ayant écopé d’une peine à domicile a explosé, passant de 1171 à 2899.
DES EXEMPLES
« Crève en enfer », « Fais‑toi écraser par un dix‑roues », « J’ai envie de venir à Montréal vous tuer » : voici un échantillon des courriels envoyés par Alex Létourneau à son ancienne chirurgienne et à son ancien travailleur social. Alors que les procureurs s’entendaient pour une peine de travaux communautaires, le juge avait imposé une peine de 13 mois de détention. La Cour d’appel a renversé sa décision et confirmé la peine suggérée par les avocats. On fait quoi des victimes ?
Une « chauffarde » complètement saoule et roulant trois fois trop vite a eu un accident dans lequel son amie a été tuée. Sentence : 2 ans dans le confort de son foyer, alors que la Couronne demandait 5 à 6 ans de pénitencier. Selon le juge Jean‑Philippe Marcoux, imposer une longue incarcération à une jeune femme « à l’aube de sa vie » ne serait ni réparateur ni compensatoire pour la vie perdue.
On fait quoi de la victime innocente qui a reçu une sentence à vie mortelle, “à l’aube de sa vie” elle aussi ?
Plus du quart des agresseurs sexuels ont pu purger leur peine chez eux plutôt que derrière les barreaux au Québec. On fait quoi des victimes ?
« On n’a pas l’impression que justice est rendue », avait souligné en 2023 la sœur de Johanne Bilodeau, tuée par son mari. Bruno Turcotte avait écopé d’une peine de prison à domicile. On a fait quoi de la victime ?
TROP CLÉMENT POUR LE JUGE… MAIS PAS POUR LA COUR D’APPEL
Alexandre Labonté — multirécidiviste associé aux armes à feu
Sentence proposée : 3 ans de pénitencier
Sentence donnée par le juge : 7 ans
Cour d’appel : peine réduite
Kevin Plourde — entrée par effraction et voie de fait alors qu’il purgeait déjà une peine bonbon à la maison
Sentence proposée : 13 mois
Sentence donnée par la juge : 24 mois
Cour d’appel : peine réduite
David Séguin — multirécidiviste de l’alcool au volant (7 antécédents)
Sentence proposée : 16 mois
Sentence donnée par le juge : 60 mois
Cour d’appel : peine réduite
LES JUGES
Les magistrats qui disent avoir les mains liées n’ont pas tort : chaque fois qu’un juge a refusé d’entériner une peine trop clémente ces dernières années, il a été renversé lorsque sa décision a été portée en appel.
Le juge n’est pas tenu de respecter la suggestion commune des procureurs, mais le plus haut tribunal du Québec a systématiquement rabroué les magistrats qui ont refusé d’entériner ces sentences communes depuis 2020.
La Cour d’appel a toujours réinstauré la peine clémente jugée inacceptable par le premier juge.
LES PEINES CADEAUX
Je n’arrive pas à verser une seule larme lorsqu’un condamné explique les contraintes avec lesquelles il doit composer durant sa détention à la maison. Quand tu décides de commettre un crime, tu dois en assumer les conséquences.
Une peine à domicile, c’est dans le luxe de ton foyer. Tu conserves tes habitudes de vie comme si rien ne s’était passé. De plus, tu peux sortir pour aller au travail et on te laisse du temps pour faire ton épicerie. Tu veux quoi de plus ? Une médaille ?
Ce n’est pas comparable à une peine d’incarcération, quand tout le monde s’entend pour dire que la prison, c’est dur. Tu es un criminel, et un criminel, ça passe une partie de sa vie derrière des barreaux pour réfléchir. Tu as dépassé la ligne de la liberté par tes agissements et décisions. Fallait y penser avant.
Je rejoins l’opinion de Pierre‑Hugues Boisvenu, sénateur à la retraite, qui affirme que l’emprisonnement avec sursis est un « cadeau » fait aux accusés.
LES VICTIMES
Ce qui est malheureux dans tout ce dossier, c’est que très rarement — presque jamais — on ne tient compte des victimes. Celles qui sont tuées et qui hantent leur famille pour toujours. Beaucoup de ces victimes ont reçu une sentence à vie, sans arrangement possible. Elles n’ont jamais demandé qu’une vie s’arrête soudainement, que des ambitions ne puissent se réaliser, que des choix deviennent impossibles.
Le système judiciaire fait des pieds et des mains pour la réhabilitation des criminels. On suggère des sentences pour que l’accusé puisse bénéficier de certaines faveurs ou programmes.
Pendant ce temps, on pleure les victimes sans aucun recours, toujours oubliées.
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Santé
NOUVEAUX SERVICES EN SOINS PALLIATIFS
Les patients en fin de vie auront accès à un tout nouveau service gratuit de suivi de leurs symptômes, à Montréal.

La maison St-Raphaël, qui offre des soins palliatifs, offrira des services cliniques et psychosociaux dans une clinique dédiée à la gestion des symptômes.
« Elle s’inscrit dans notre vision d’accompagnement, qui vise à soutenir les personnes et leurs proches dans toute leur réalité, avant, pendant et après les différentes étapes de la maladie », a souligné la Dre Adeline Khadoury, médecin attitrée à la Clinique de gestion de symptômes.
Puisque les personnes en fin de vie n’ont souvent pas de médecin de famille, ils doivent souvent se rendre aux urgences et patienter de longues heures.
La nouvelle clinique leur donnera une meilleure gestion de leurs symptômes tout au long de l’évolution de leur maladie et permettra de prévenir l’aggravation de la douleur.
D’ici 2030, près de 25 % de la population de Montréal sera âgée de plus de 65 ans.
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UN ANTIDÉPRESSEUR CONTRE LA COVID LONGUE
Un antidépresseur réduit la fatigue et améliore la qualité de vie de patients atteints de la COVID longue, montre une étude prometteuse.
La prise de fluvoxamine offre des bénéfices importants, ont trouvé des chercheurs de plusieurs pays, dont un du Canada.
« Les patients veulent un traitement qu’ils peuvent essayer dès aujourd’hui, et cette découverte nous rapproche de cette réalité », a déclaré Jamie Forrest, auteur correspondant de l’étude et chercheur postdoctoral à l’Université de Colombie-Britannique.
L’étude a été réalisés auprès de 399 adultes qui souffraient de fatigue, trois mois après avoir contracté la COVID-19. Au bout de 60 jours, les patients sous fluvoxamine avaient présenté une réduction significative de leur fatigue par rapport à ceux qui n’en prenaient pas (sous placebo).
Par contre, les autres symptômes indésirables de la COVID longue n’ont pas été évalués dans le cadre de cette étude.
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LE VPH ENCORE MÉCONNU CHEZ LES JEUNES
Le virus du papillome humain (VPH) demeure méconnu au sein de la population, et particulièrement chez les jeunes, montre un sondage canadien.
Le tiers des jeunes de 18 à 24 ans ignorent ce qu’est le VPH et à peine la moitié (49 %) savent qu’il s’agit d’une infection transmise sexuellement.
Au global, 53 % des répondants étaient au courant de la tendance à la hausse de certains cancers (gorge, oropharynx) liés au virus, surtout chez les hommes.
Le VPH est encore le plus souvent associé au cancer du col de l’utérus. Il se transmet par un contact cutané intime avec la région génitale ou lors de rapports sexuels vaginaux, oraux ou anaux.
Les élèves québécois ont accès à un vaccin contre le VPH en quatrième année du primaire.
Le sondage sur le VPH a été mené par Ipsos pour Merck Canada, du 6 au 11 mars dernier, auprès de 1000 Canadiens.
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Source : Journal de Montréal, Salut Bonjour Magazine, 25 avril 2026, p17
Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles d’avril, publiées dans le Journal de Montréal.

























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Environnement
Dans mon patelin, à La Prairie, il y a derrière la Caisse populaire un conteneur destiné à recueillir les vêtements dont on ne se sert plus, afin que d’autres puissent en profiter grâce à la Maison Le Partage.

L’idée est excellente. Mais les citoyens, eux, se fichent complètement des consignes pourtant affichées bien en évidence. Résultat : un véritable bordel à ciel ouvert. Et chaque semaine, le même scénario se répète.
Seuls les vêtements sont acceptés. Pourtant, on y retrouve parfois des meubles. C’est pourtant écrit en jaune sur noir : DONS DE VÊTEMENTS. On se débarrasse de ce qui nous encombre, en polluant ailleurs, sans le moindre égard pour les panneaux qui expliquent clairement la procédure. Tard le soir, on passe incognito, et le lendemain, on constate le petit dépotoir improvisé.
On débarrasse Jean pour embarrasser Paul.
Les photos de cet article parlent d’elles‑mêmes.

Tu as des vêtements à donner ? Tu vas au conteneur prévu à cet effet et tu les déposes à l’intérieur. Il est plein? Tu gardes ta garde‑robe dans ta voiture et tu repasses plus tard.
Plus simple que ça, tu meurs.
Plus facile que ça, c’est impossible.
Et en prime, tu contribues à un environnement visuellement agréable. Tu n’es pas un cochon : alors sois cohérent et agis comme un citoyen respectueux des consignes.
AUTORISATION
Je ne sais pas, mais la Caisse populaire Desjardins a sûrement autorisé un organisme à laisser ce conteneur en permanence sur son terrain. Pensez-vous que ce citoyen corporatif trouve élégant que ses clients soient accueillis par ce qui ressemble à une soue à cochons, pour reprendre une expression populaire ? La moindre des choses, c’est d’être reconnaissant et responsable, et de garder ces lieux propres.
Vous avez l’intention noble et charitable de donner vos vêtements pour aider les plus démunis. Alors vos bonnes intentions devraient inclure le minimum qu’on vous demande en retour.
Sous la pluie, c’est encore pire : les vêtements laissés à ciel ouvert deviennent détrempés, moins attrayants, et doivent être lavés avant d’être redistribués.

À quelle fréquence ces vêtements sont-ils ramassés? Je l’ignore. Mais il serait peut-être souhaitable que ce soit le plus souvent possible.
Alors, la prochaine fois que vous déposerez vos dons, rappelez-vous que tout ce travail repose sur beaucoup de bénévolat. Des gens qui s’impliquent pour le bien de toute la communauté. Ne laissez pas traîner vos dons et agissez en bons citoyens tout en respectant les consignes. Vous contribuerez ainsi à maintenir un environnement propre et agréable à l’œil.
Pour vos meubles, La Prairie met à votre disposition une cueillette régulière des volumineux, ainsi qu’un écocentre gratuit pour ses citoyens. À vous d’en profiter.
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Humour
Quelle belle surprise découverte hier matin… Un cadeau de notre gouvernement canadien !

Eh oui. En consultant le site de mon institution bancaire, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ma pension fédérale de la Sécurité de la vieillesse avait été augmentée… de 74 sous.
Mon épouse également. Doublement surpris !
Je suis renversé. Une telle somme, ça change une vie. Je me demande encore comment je vais gérer cette soudaine prospérité. Peut-être devrais-je engager un comptable spécialisé en fortunes colossales.
Dans les faits, cette « hausse » représente — tenez-vous bien — 0,099 %.
On frôle l’indécence.
J’ai donc immédiatement prévenu mon conseiller financier : qu’il investisse ce pactole inattendu sans tarder, et surtout dans des valeurs sûres. On ne plaisante pas avec des montants d’une telle ampleur.
DEUX SORTES DE « VIEUX »
Vous n’avez pas idée à quel point j’ai hâte à l’automne. J’aurai enfin 75 ans. Et qu’arrive-t-il à 75 ans ? Une majoration substantielle, gracieuseté de l’ami Justin.
Un vrai visionnaire, celui-là.
Vous vous souvenez : il y a quelques années, cet ancien professeur devenu premier ministre avait décidé de réinventer la structure des pensions fédérales. Résultat : deux catégories de retraités. Les « vieux »… et les « vieux-vieux ».
Une trouvaille digne d’un roman de fiction, mais appliquée à la vraie vie.
Les « vieux » (65 à 74 ans) n’avaient droit à rien. Les « vieux-vieux » (75 ans et plus), eux, recevaient une généreuse augmentation mensuelle à vie, de 10 % dès le mois de leur 75e anniversaire.
Une façon subtile de dire : « Félicitations, vous êtes officiellement assez vieux pour mériter un peu plus. »
Justin, le malin, avait trouvé l’occasion parfaite pour diviser les aînés en deux espèces.
L’art de semer la pagaille, version fédérale.
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Opinion
Les médecins spécialistes ont obtenu une augmentation pouvant atteindre 11 % de l’enveloppe globale de 5 G$ consacrée à leur rémunération, aux cibles de performance et aux frais de cabinets.
Cette entente avec le gouvernement du Québec a été entérinée en soirée, le 23 avril dernier.
LES CIBLES À ATTEINDRE
Pour obtenir tout cela, ils devront atteindre certaines cibles d’ici deux ans. Est‑ce possible ?

Soyez assuré que j’ai bien noté la date d’expiration pour constater si elles auront été atteintes.
L’accord introduit de nouvelles cibles de performance cliniques en augmentant le nombre de rendez‑vous tout en réduisant les listes d’attente. Au total, 80 000 nouveaux rendez‑vous par année sont prévus grâce à l’augmentation des plages offertes.
900 000 Québécois attendent présentement un rendez‑vous…
Aussi, le nombre de patients en attente de chirurgie depuis plus d’une année, qui est présentement d’environ 4000, devra passer à moins de 1000 d’ici deux ans.
Autre obligation : le nombre de patients en attente d’une chirurgie oncologique prioritaire devra chuter de 325 à moins de 50 au cours de la même période.
VŒUX PIEUX
L’année dernière, c’était aux médecins omnipraticiens de conclure des ententes similaires avec le gouvernement. Permettez‑moi d’être incrédule devant les différentes cibles à atteindre de la part de ces deux fédérations.
En 2028, tout devrait être réglé. Les cibles auront été atteintes et le délai d’attente aux urgences sera presque nul.
« Tiens… tiens… Voilà que je fabule…! »
J’ai de gros doutes sur ces promesses. Ce n’est pas la première fois que les médecins nous tiennent par les bijoux de famille.
C’est noté dans mon agenda.
On s’en reparlera.
Société
Une vérité authentique il y a déjà 5 ans et toujours en nette régression.

Quoi dire de plus…
Opinion
J’écoutais récemment l’émission de Benoît Dutrisac sur QUB Radio, où il proposait des pistes de solution pour accélérer enfin la construction du nouvel hôpital Maisonneuve‑Rosemont.
Et j’étais entièrement d’accord avec lui.
Son idée était simple : tous les hôpitaux devraient être construits à partir des mêmes plans, comme on l’a fait pour le CHUM. Une approche standardisée éviterait des coûts absolument inutiles et éliminerait une étape complète avant même le début du chantier.
Pourquoi pas ?
CHRONOLOGIE DU DOSSIER
Idée du projet : discutée depuis 2010
Phase officielle de réalisation : 23 avril 2026
Travaux préparatoires : dès 2026
Ouverture prévue : 2036
Ça n’a aucun sens de mettre un quart de siècle pour réaliser un projet hospitalier. Surtout quand on sait que le CHUM — un projet beaucoup plus complexe, regroupant trois hôpitaux (Hôtel‑Dieu, Notre‑Dame et Saint‑Luc) — a pris 17 ans à se concrétiser.
Le CUSM, lui, a mis 20 ans (1995–2015) et regroupait le Royal Victoria, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Institut thoracique et plusieurs autres services.

UN MÊME MODÈLE POUR TOUS
On construit déjà des milliers d’unités d’habitation à partir d’un même plan. Alors pourquoi ne pas appliquer la même logique aux centres hospitaliers ? On économiserait du temps, de l’argent et des ressources, trois éléments critiques dans des projets d’une telle envergure.
On pourrait même adopter la même approche pour les écoles. D’ailleurs, on voit déjà apparaître des écoles modulaires : simples, rapides et efficaces.
Pendant des décennies, les églises du Québec se ressemblaient toutes.
Partout dans le monde, des projets similaires se réalisent beaucoup plus rapidement. Pourquoi est‑ce impossible chez nous ?
Pendant ce temps, Maisonneuve‑Rosemont se détériore à vue d’œil depuis 16 ans, et on prévoit encore dix ans avant sa renaissance. C’est tout simplement inacceptable.
Alimentation
Ça fait longtemps que je voulais en parler. Après plusieurs expériences dignes d’un film catastrophe, je vais vous avouer quelque chose… La restauration rapide, c’est un peu comme les photos de rencontres en ligne : la promesse est belle, mais la réalité… ouf.
Comme tout le monde, je regarde les publicités à la télé, surtout le soir, quand on est vulnérable, affamé, et que les annonceurs le savent très bien. Ils nous bombardent de burgers, de frites, de sauces qui brillent comme si elles avaient été polies à la cire d’auto. J’appelle ça du subliminal agressif.
LE HAMBURGER
Ah, le hamburger. Ce noble met. Mon préféré, juste après le chien-chaud — qui, lui, a la décence de ne jamais me décevoir. Un vrai ami, le chien-chaud.
Sans nommer aucun restaurant (mais vous les connaissez tous), leurs produits n’arrivent jamais dans leur plus belle tenue. On dirait qu’ils se sont habillés dans le noir.
Prenons le hamburger de la publicité. Il est parfait. La boulette est dodue comme si elle avait fait du culturisme. Le fromage est centré au laser. La laitue a été coiffée par un styliste capillaire. Aucune imperfection. On dirait une œuvre d’art. On hésite presque à le manger tellement il est beau.
LA RÉALITÉ
Puis vous arrivez au restaurant. Vous commandez ce chef-d’œuvre qui vous hante depuis la veille. Vous salivez déjà. Vous déballez la chose…

Et là, c’est le drame.
Le hamburger ressemble à quelqu’un qui vient de se lever d’une sieste de trois heures sur le divan. La boulette a glissé sur le côté comme si elle tentait de s’enfuir. Le pain laisse la viande à découvert, façon décolleté involontaire. La sauce déborde comme si quelqu’un avait éternué dedans. Vos babines deviennent une toile d’art abstrait.
À chaque bouchée, vos mains se transforment en patinoire à sauce. Vous tentez de réassembler le tout, mais ça glisse, ça fuit, ça s’effondre. Finalement, vous mangez plus vite juste pour passer aux frites, qui — heureusement — sont les seules à respecter le contrat.
Je n’ai jamais, de toute ma vie, mis la main sur le hamburger de la publicité. Jamais. La seule chose vraie dans tout ça, c’est le terme qu’on utilise : du fast-food. Parce que tout se passe vite : la commande, la déception, et le regret.
Je suis persuadé que le hamburger de la publicité passe plus de temps au maquillage qu’une vedette de cinéma avant un gala. On le bichonne, on le vaporise, on le photographie sous son meilleur angle… et nous, pauvres mortels, on hérite de son cousin fatigué.
Bon appétit !
Opinion
Cela fait plusieurs années que la situation était prévisible. Dès l’arrivée du courriel, la lente agonie de cette société d’État était amorcée.
Malheureusement, un tel mastodonte ne peut pas se retourner sur un dix cents, pour reprendre l’expression populaire. Et il faut le dire : la gestion interne n’a rien fait pour améliorer les choses.

Les courriels ont fait leur apparition dans les années 1980 et ont rapidement été adoptés partout, au point où il devenait soudain simple et rapide de correspondre. Dès ce moment, Postes Canada ne s’est pas imposée. L’organisation a continué de fonctionner comme avant, sans réelle réaction.
La société est tellement vaste qu’il devient extrêmement complexe de réajuster le tir tout en continuant de desservir la population canadienne. La poste-lettre s’est effondrée lentement mais sûrement, au point de menacer le métier même du facteur qui livre à domicile. Celui-ci deviendra bientôt une légende.
On l’a remplacé peu à peu par les boîtes communautaires. Et ça continue.
On y est.
Sauf pour les cas exceptionnels, la livraison du courrier postal en personne disparaîtra presque complètement au Canada d’ici cinq ans. Cela ne s’appliquera toutefois qu’aux personnes qui n’ont aucune autre option pour recevoir leur courrier : aînés, personnes en perte d’autonomie, et autres situations particulières. La liste reste à préciser.
Trop long !
Postes Canada affirme que 75 % des Canadiens récupèrent déjà leur courrier dans des boîtes communautaires. Dans ce contexte, cinq ans pour convertir les 25 % restants, c’est long. Trop long !
GASPILLAGE
Trois membres de ma famille ont fait carrière à Postes Canada. Les salaires étaient respectables, mais la société ne lésinait pas sur l’abondance et la qualité de sa correspondance interne. Elle était de premier plan, même jusqu’à tout récemment.
Les communications étaient toujours imprimées sur un papier glacé, en couleur. Imaginez le coût d’un tel service pancanadien pour 68 000 employés, selon le rapport annuel 2023.
C’est peut-être un détail, mais probablement la pointe de l’iceberg.
Autre exemple : le déménagement du bureau de poste ici, à La Prairie. Il a fermé il y a quelques années pour être relocalisé 3 ou 4 kilomètres plus loin, dans un bâtiment neuf. L’ancien local est toujours inoccupé et, dans le contexte actuel, aurait très bien pu convenir encore quelques années. Pourquoi ce déménagement?
Cette société, fondée en 1867 — l’année même de la création du Canada — peine à s’adapter à des avancées technologiques qui évoluent à une vitesse fulgurante.
Si elle ne s’ajuste pas rapidement à la réalité d’aujourd’hui, elle risque de disparaître. Un fleuron canadien très mal préparé pour affronter les nouveaux géants que sont Amazon et compagnie, passés maîtres dans l’art de livrer rapidement.
Sports

Quelle soirée de hockey de séries. Cette première victoire du Canadien, hier, contre le Lightning, arrachée 4‑3 en prolongation, a tout ce qu’on aime : du rythme, du caractère… et un tour du chapeau de Juraj Slafkovský pour sceller le tout.
Ce n’est qu’une seule partie mais l’espoir de se rendre jusqu’au bout renaît. Le chemin sera long mais combien exaltant.
Allez allez allez allez Montréal !
Exploit
Tout est possible avec les technologies d’aujourd’hui. Ce qui était impossible, voire insensé, ce sont les réalisations gigantesques qui voient le jour.

À Nantes, c’était un événement : l’arrivée d’un nouveau pont géant. Ce tablier, haut comme un immeuble de huit étages, est arrivé par la mer. Deux jours de manœuvres ont été nécessaires pour l’installer. Tout s’est joué au centimètre près, avec l’aide de la marée.
Impressionnant !
Je vous invite à regarder cette vidéo de trois minutes via ce lien.
Québec devrait peut-être s’en inspirer pour leur fameux troisième lien.