Annonces classées…

RENCONTRES

• Astronaute recherche femme lunatique.

• Artificier cherche femme canon.

• Sourd rencontrerait sourde pour trouver terrain d’entente.

• Jeune homme désintéressé épouserait jeune fille laide même fortunée.

• Abeille épouserait frelon. Lune de miel assurée.

EMPLOI

• Metteur en scène cherche nain pour rôle dans court métrage.

• On recherche deux hommes de paille (1 grand, 1 petit) pour tirage au sort.

• Cannibale mélomane cherche travail dans opéra-bouffe.

• Offre bonne place de gardien de vaches. Paiement par traites.

• Inventeur produit amaigrissant cherche grossiste.

ACHAT – VENTE

• Cause fausse alerte, vends cercueil en ébène, jamais servi.

• Chien à vendre : mange n’importe quoi. Adore les enfants.

• À vendre robe de mariée portée une seule fois par erreur.

SERVICES

• Analphabète ? Écrivez-nous dès aujourd’hui pour obtenir une brochure gratuite sur nos formations accélérées.

DIVERS

• Homme sans histoires recherche éditeur pour devenir écrivain.

• Souffrant d’insomnies, échangerais matelas de plumes contre sommeil de plomb

• Échangerais voiture de sport endommagée contre chaise roulante en bon état.

• Perdu partie haute d’un dentier. Merfi de le reftituer à fon propriétaire auffitôt que poffible.

La seule référence : les anges de la santé

Avez-vous lu l’article de Richard Martineau, hier, dans le Journal de Montréal ? Du bonbon qui gratifie le secteur de la santé. Ceux et celles qui tiennent le fort à bout de bras malgré leurs confrères et consœurs tombés au combat. Dans tout ce qui se dit, ils demeurent les seuls crédibles, parce qu’ils vivent ces situations au quotidien. Comme les soldats en temps de guerre, ils sont au front.

Ces travailleurs de la santé qui ont dû renoncer à leurs vacances, François Legault, Christian Dubé, le docteur Arruda et leurs adjoints qui travaillent dans l’ombre, sont les seuls à pouvoir s’en plaindre, sans oublier les autres professionnels de la santé. Mais on ne les entend jamais. Ils sont ceux et celles qui donnent l’heure juste, qui jouissent d’une crédibilité irréprochable.

Par ailleurs, je suis d’avis d’annuler la semaine de relâche scolaire cette année, et éviter ainsi une réplique des catastrophiques éclosions du printemps 2020.

Voici cet article.

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ÉCOUTONS LES TRAVAILLEURS DE LA SANTÉ !

Tout le monde a son opinion sur la meilleure façon d’endiguer la pandémie.

Tout le monde.

Moi, vous, matante, mononcle.

Et le neveu boutonneux qui croit dur comme fer que LCN est un repaire de reptiliens, car LCN veut dire Le Crocodile du Nord.

LE FESTIVAL DES TI-JOE CONNAISSANT

À la longue, ce brouhaha devient cacophonique. On ne sait plus à quel saint se vouer.

Pour chaque étude qui dit Noir, il y a une étude qui dit Blanc.

Il y a toujours quelqu’un, quelque part (Claude Villeneuve les appelle « les Gerry Rochon de la pandémie ». du nom du gars qui connaissait toutes, mais toutes les statistiques du hockey) qui va dire : « Oui, mais au Botswana… Oui, mais au Kirghizistan… Oui, mais à Saint-Vincent-et-les-Grenadines… »

Sans oublier le Soudan du Sud. Il n’y a pas de couvre-feu, au Soudan du Sud ! Il n’y a pas de confinement, au Soudan du Sud !

Tu peux promener ton chameau quand tu veux, au Soudan du Sud !

Je ne savais pas qu’il y avait tant d’experts en épidémiologie au Québec. C’est fou !

Tu donnes un coup de pied dans une poubelle, et il y en a dix qui sortent…

Avec des chartes remplies de courbes dans les mains.

LE BON DOCTEUR WELBY

Je ne sais pas vous, mais moi, mon cerveau est engorgé.

Comme l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Alors j’ai décidé d’établir un protocole de tri avancé.

Je n’écoute qu’un groupe : les travailleurs de la santé. Ceux et celles qui sont sur le terrain.

Les autres, je tire la plogue.

Entre mon voisin qui vend des tondeuses et le docteur Marquis, je choisis le docteur Marquis.

Hé oui, je suis fou de même. Je me dis que le docteur Marquis sait ce dont il parle. S’il dit que le système de santé est sur le point de craquer, j’imagine que ce n’est pas pour se rendre intéressant auprès de sa voisine. Ou pour avoir des votes.

D’ailleurs, plus je le vois, plus il est cerné. Ça m’inquiète. Il n’a même plus besoin d’ouvrir la bouche, tu fais juste lui regarder les yeux et tu sais si la situation s’améliore ou pas.

« Ah mon Dieu, Sophie, t’as vu le docteur Marquis ? Sors la bouteille de gin, je pense que je vais en avoir besoin… »

Il y a le docteur Marquis, mais aussi les autres : le docteur Weiss, le docteur Simon, le docteur Sheppard…

J’ai l’impression de les connaître. Ce sont mes nouveaux meilleurs amis. Je prends mon premier café avec eux, et mon dernier night cap.

Tout juste s’ils ne viennent pas me border.

LA VRAIE AFFAIRE

Tout ça pour vous dire que mes phares, maintenant, sont ceux qui travaillent sur le terrain.

Eux voient les dommages causés par le virus. Les dommages causés par nos relâchements.

Je me dis que si on les utilise comme phares, comme guides, on ne peut pas se tromper.

Le virus, pour eux, n’est pas une abstraction. C’est une réalité. Ils le côtoient. Jour après jour après jour.

Qui connaît mieux le hockey selon vous ?

Votre beau-frère qui collectionne les cartes et qui fait des mini coupes Stanley avec des emballages de roulés suisses, ou Guy Lafleur ?

PCU : Après l’euphorie, la réalité

À travers cette pandémie et toutes ces consignes des gouvernements, plusieurs ont pu survivre en bénéficiant du fédéral et de ses programmes de PC… Loin d’être un cadeau, c’était un fonds de subsistance alors que l’économie était en pause forcée.

Les experts se sont époumonés pour conseiller aux prestataires de mettre une partie du magot en économie parce que l’impôt allait s’appliquer, le printemps venu. Déjà, les feuillets T4 sont postés à ceux qui en ont profité. Alors, nous y sommes. Qu’en est-il exactement ? Quelle sera la suite ?

La version Web de la revue Protégez-Vous, sous la plume d’Emmanuelle Gril, explique la suite des choses dans l’article qui suit.

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COMBIEN DEVREZ-VOUS PAYER D’IMPÔT SUR LA PCU ?

Si vous avez touché la PCU en 2020, l’impôt vous attend dans le détour.

Près de neuf millions de Canadiens se sont prévalus de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) en 2020, un montant de 500 $ par semaine pour un maximum de 28 semaines. Un bon coup de pouce pour ceux que la pandémie a placés dans une position financière précaire, mais qui pourrait aussi générer une facture fiscale salée. En effet, puisqu’il n’y avait pas de déduction à la source sur ces versements, de nombreux contribuables devront passer à la caisse lors de leur prochaine déclaration de revenus.

Mettre un montant de côté

À ses clients qui ont reçu de la PCU, Josée Cabral, spécialiste de l’impôt supérieur chez H&R Block, a recommandé de mettre de côté 400 $ pour chaque tranche de 2000 $ perçue, en prévision de l’impôt. Il s’agit d’une moyenne, car le taux d’imposition peut varier à la hausse ou à la baisse en fonction du revenu, des déductions et crédits, etc. Pour avoir une meilleure idée de ce que cela peut représenter, la spécialiste a préparé deux exemples chiffrés. Elle est partie du principe que l’impôt sur salaire avait été correctement retenu par l’employeur dans les deux cas.

Prenons un célibataire sans enfant qui a touché 37 776 $ en revenus de travail et 14 000 $ en PCU. Il devra verser 1943 $ en impôt au fédéral et 2439 $ au provincial.

Regardons maintenant du côté d’un couple avec deux enfants de trois et sept ans. Le père a pu conserver son emploi durant toute l’année et a touché un salaire de 73 800 $. Il a cotisé un montant de 1200 $ à son REER. Sa conjointe n’a travaillé qu’une partie de 2020; elle a reçu 24 559 $ en salaire et 10 000 $ en PCU. Les parents ont payé des frais de garde de 12 893 $ et ont reçu 5793 $ en versements anticipés du crédit d’impôt sur les frais de garde. Ici, le conjoint a droit à un remboursement de 1471 $ au fédéral et de 122 $ au provincial. La mère quant à elle, recevra 490 $ du fédéral, mais devra acquitter un solde de 877 $ au provincial.

S’y prendre plus tôt que tard

Au lieu d’attendre au dernier moment et d’avoir une mauvaise surprise, Josée Cabral recommande de prendre de l’avance. Faites une simulation de votre déclaration de revenus bien avant la date limite du 30 avril, à l’aide d’un logiciel ou en demandant à votre comptable par exemple. Si vous prévoyez devoir payer de l’impôt, vous aurez jusqu’au 2 mars 2020 pour cotiser à votre REER et donc réduire votre revenu imposable.

Si vous n’avez pas les moyens de cotiser à votre REER, envoyez tout de même votre déclaration le moment venu, et prenez une entente de paiement avec les différents paliers de gouvernement, en parlant à l’un de leur agent. Ce type d’entente est fréquent et les demandes sont généralement acceptées. En procédant ainsi, vous éviterez la pénalité pour production en retard, et qui plus est, le fisc pourrait se montrer flexible et réduire les taux d’intérêt réclamés sur le solde dû.

Préparez votre budget avant de négocier et soyez réaliste sur les montants que vous offrirez au gouvernement, car si vous ne pouvez respecter l’entente prise, les allègements consentis en intérêts seront annulés. De plus, le gouvernement pourrait se payer directement sur les remboursements de TPS et les crédits d’impôt pour solidarité, des montants dont vous auriez peut-être besoin pour boucler vos fins de mois…

Écho-confinement

C’est pas drôle le confinement… et en plus un couvre-feu. Décidément, ça laisse des traces…

Ma femme de ménage vient de m’appeler pour me dire qu’elle fera du télétravail. Elle va me joindre de chez elle et me dire ce qu’il y a à faire.

Je viens de cacher une bière dans chacune des pièces de la maison. Ce soir, je fais la tournée des bars !

Si vous n’avez pas trop le moral, dites-vous que quelque part sur cette Terre quelqu’un est confiné avec votre ex.

Un beau matin de septembre 2050, Jean ouvre le dernier emballage de papier de toilette que ses parents avaient acheté en 2020.

Alerte info : si vous recevez un courriel avec comme objet « ding dong », ne l’ouvrez pas, ce sont les Témoins de Jéhovah qui font du télétravail.

Ils ont dit qu’un masque et des gants suffisaient pour aller à l’épicerie. Ils ont menti, tout le monde avait des vêtements.

Je suis monté sur la balance et elle a indiqué: « Les rassemblements sont interdits. »

Mon chat est plutôt fâché de voir qu’on reste chez lui pendant si longtemps.

Si on veut que les enfants respectent la règle des deux mètres, on devrait mettre un lave-vaisselle entre chaque pupitre dans les classes. Si je me fie à mes enfants, ils ne s’en approchent jamais.

Vous croyez que ça va mal maintenant? Imaginez dans 20 ans quand nous serons dirigés par des gens qui auront fait l’école à la maison.

À 17 ans, on se faisait faire des fausses cartes pour pouvoir entrer dans les bars et maintenant à 70 ans, on va se faire faire des fausses cartes pour entrer dans les épiceries.

Après le confinement, mon groupe sanguin sera devenu A-péritif.

Mon voisin commence à disjoncter avec le confinement, je l’ai vu parler à son chien… J’ai raconté ça à mon aspirateur, on était morts de rire !

97 % des gens qui ont un abonnement à un gym ne savent pas que leur gym est fermé !

Pas évident la vie de couple en confinement. Paraît qu’un des symptômes de la COVID est la perte de l’odorat. Je soupçonne ma blonde de l’avoir, car hier, elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus me sentir.

L’erreur avec ce virus, c’est de l’avoir appelé Corona. Si on l’avait appelé Canadien de Montréal, il aurait vite été éliminé en mars.

Je regardais une série sur Netflix et il y avait des gens qui se faisaient des bises et des accolades. C’est toujours un peu émouvant de regarder des documentaires historiques sur des civilisations anciennes.

Ce qui est paradoxal, c’est que le jour où on pourra tous sortir, on sera tous bons à être enfermés.

Je viens de renouveler ma garde-robe de printemps. Je me suis acheté cinq pyjamas.

Je suis allé magasiner en jaquette d’hôpital; croyez-moi, le monde respectait les deux mètres et pas juste un peu

Le raton laveur est l’animal officiel de la pandémie. Il porte un masque et se lave les mains.

Le pot est légal et les coupes de cheveux interdites. Ça aura pris 50 ans, mais les hippies ont gagné !

La fin du confinement ne veut pas dire que la pandémie est terminée, mais qu’il y a de la place pour vous en réanimation.

Constat: les cheveux sont longs, mais les mèches sont courtes.

Cherche vélo d’entraînement pour me rendre à mon télétravail.

Un animal est difficile à dresser ? Regardez le nombre d’humains qui ont de la misère à comprendre « assis », « reste » et « maison ».

T’as envie de sortir te changer les idées ? Ouvre la porte, change d’idée, pis rentre chez vous.

Le Mexique vient de demander à Trump de se dépêcher avec le mur.

On ne s’ennuie pas trop à la maison avec le confinement, mais il est étrange que dans un paquet de riz d’un kilogramme, il y ait 7759 grains, et dans un autre de même poids et de la même marque, il y en ait 7789.

On ne lâche pas… Ça va bien aller !

Le couvre-feu… quelle bonne idée !

La meilleure initiative du gouvernement Legault est bien de décréter un couvre-feu. Depuis le temps qu’on l’attend, c’est le glaçage sur le gâteau depuis les tout débuts.

Avez-vous seulement pensé aux chiens qui retiennent leur sphincter depuis mars dernier ? Enfin, ils peuvent laisser sortir la crotte après 20 heures. Pas en matinée ou en après-midi… après 20 heures. C’est l’heure où leur système d’évacuation est le plus performant. On vient de découvrir cela. Ouf ! il était temps. En plus, pas besoin de ramasser ce tas de merde parce qu’il n’y a pas un chat… oh, pardon, un humain, pour nous prendre en défaut. Dans la neige, cette déjection durcie subitement, alors la nature va s’en charger.

Autre bienfait, économique celui-là, ce sont les amendes salées, à payer par nos hurluberlus qui s’amusent à défier l’autorité, provoquant le système en défiant les consignes. À 1 546 $ la sortie, il aurait été préférable que ces « poches pleines » fassent un don équivalent aux œuvres caritatives qui en ont toujours besoin.

Autre bienfait de ce couvre-feu; la société profitera d’une bonne marche après 20 heures. En boni, ils peuvent marcher dans les rues désertes. Avant 20 heures, c’est risqué de se faire frapper. Beaucoup plus réparateur qu’en matinée ou en milieu de l’après-midi, c’est prouvé qu’une bonne randonnée pédestre demeure un beau défi, pendant un couvre-feu. Et si c’était la guerre ???

Les lignes ouvertes se font aller. Souvent le fait que les écoles soient encore ouvertes devient le sujet de conversation favori. Les parents sont inquiets du rendement d’apprentissage des enfants. Leur année académique est désastreuse parce qu’ils risquent d’échouer. Et puis ? De tout temps, certains élèves devaient « doubler » sans que ce soit un drame. Le beau côté de cette pandémie est qu’ils apprennent à se débrouiller, à faire face à des situations tragiques et contraignantes de la vie. À sortir de la ouate dans laquelle on les enferme constamment.

Quand on regarde tout ça, on constate que toute décision que prend le gouvernement est contestée par une minorité qui ne se gêne pas pour leur faire savoir. Très souvent, ce sont des peccadilles, des doléances de personnes gâtées par la vie et qui préfèrent conserver intact leur petit bonheur. Dès qu’on les sort de leur routine, ils deviennent dépressifs et manquent d’imagination pour profiter de la situation qui, je le répète, n’est la faute de personne.

Aussi bien prendre cette épreuve du bon côté puisque, qu’en faisant le tour de la terre en une seule journée, les virus sont appelés à nous contaminer encore plus.

Tout le monde est tanné de cette pandémie persistante mais dans le fond, pourquoi en sommes-nous là après 10 mois ? Vous êtes-vous posé la question ? J’ai l’indiscutable réponse : beaucoup de personnes N’ÉCOUTENT PAS LES CONSIGNES ! Tant qu’il en sera ainsi, le virus règnera en roi et maître.

Heureusement, les vaccins sont arrivés… et la contestation se met en branle, encore et encore.

Devant les enfants récalcitrants, nos parents de jadis, nous envoyaient dans le coin où dans nos chambres pour réfléchir. Papa Legault ne fait simplement que poursuivre la tradition. Pensez-y !

L’anéantissement des francophones au Québec ne date pas d’hier

Incendie du Parlement (Photo JdeM)

On l’a vu, il y a quelques jours à Washington, ce que l’insurrection peut provoquer. La colère sans limite de fanatiques assoiffés de vengeance et encouragés par les propos d’un débile, président d’une nation, alimente le feu, comme le raconte Normand Lester dans le texte qui suit, publié dans le Journal de Montréal d’hier, et racontant les tragiques événements envers les francophones, à Montréal en 1849.

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LE JOUR OÙ DES ANGLOPHONES ONT BRÛLÉ LE PARLEMENT À MONTRÉAL

L’incendie de 1849 rappelle l’assaut des insurgés trumpistes contre le Capitole cette semaine à Washington.

L’invasion insurrectionnelle du Congrès américain à Washington est l’occasion de rappeler les tragiques événements de la soirée du 25 avril 1849, quand les Anglos, à l’exhortation du quotidien The Gazette, ont mis le feu au Parlement du Canada, qui était alors à Montréal.

L’Union du Haut et du Bas-Canada avait été réalisée pour assimiler la majorité francophone, selon les recommandations du rapport Durham.

L’objectif de l’Union était de mettre en minorité les francophones encore majoritaires dans un Parlement dominé par les Anglo-saxons, qui étaient surreprésentés par une carte électorale inique.

La première loi votée par le nouveau gouvernement Lafontaine-Baldwin vise à dédommager les francophones victimes de représailles brutales de la soldatesque britannique assistée par les milices racistes anglo-montréalaises lors de la rébellion de 1937-38. Une loi semblable venait d’être adoptée pour indemniser les victimes de saccages au Haut-Canada sans que cela provoque la moindre controverse.

La loi est avalisée par le gouverneur Lord Elgin, qui en a plus indisposé les Anglos en rétablissant l’usage du français au Parlement. Son geste courageux va mettre le feu aux poudres. C’est le cas de le dire.

Le Montreal Gazette lance un appel au « soulèvement racial », pour reprendre l’expression de l’historien américain Mason Wade. Je cite l’appel aux armes du journal : « Anglo-saxons, vous devez vivre pour l’avenir; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême si vous êtes vrais à vous-mêmes ! […] La foule doit s’assembler sur la Place d’Armes, ce soir à huit heures. Au combat, c’est le moment ! »

Les vociférations bellicistes du journal amènent entre 1200 et 5000 Anglos, dépendant des comptes-rendus à la Place d’Armes. La foule d’anglophones en colère s’enivre en écoutant des orateurs odieux qui crachent des injures contre les Canadiens français. Soudain, un pompier anglo du nom d’Alfred Perry proclame que le temps du verbiage est terminé et entraîne la meute de soulards anglais vers le Parlement, qui est en pleine session !

Caricature d’Alfred Perry (Photo JdeM)

La canaille rugissante, avec à sa tête le pompier pyromane, arrive rapidement devant le Parlement, situé où se trouve maintenant la place d’Youville. Perry pénètre dans l’enceinte et allume l’incendie. Il connaît son affaire ! Le feu se répand rapidement (l’éclairage est au gaz) et le gigantesque brasier illumine la nuit montréalaise. Aux acclamations d’anglophones saouls d’alcool et d’autosatisfaction, le Parlement et sa bibliothèque brûlent. Aves 25 000 volumes, elle constituait alors la plus riche collection de livres du Canada. Bravo, The Gazette !

Dès le lendemain, 26 avril, on tente de tuer le premier ministre Louis-Hyppolite Lafontaine, alors sous la protection de l’armée. Les Anglos enragés se dirigent alors vers sa résidence et la saccagent, s’acharnant en particulier contre sa bibliothèque.

Le Parlement détruit, les élus siègent au marché Bonsecours sous protection militaire. Trois jours après l’incendie, l’Assemblée adopte une résolution exprimant au gouvernement Elgin son indignation devant ces excès. L’historien Mason Wade écrit : « Quand les représentants de l’Assemblée se rendirent au Château de Ramezay, qui servait de maison du Gouvernement, pour présenter cette résolution, il fut nécessaire de lire l’Acte d’émeute et de dégager les rues à la baïonnette. Elgin fut lapidé quand il sortit pour retourner à sa résidence de Monkland (l’actuelle école Villa-Maria sur Décarie) ».

Les Anglos déchaînés, maîtres de Montréal, vont y imposer un régime de terreur pendant des semaines. Malheur aux Canadiens français qui s’aventurent dans l’Ouest de la ville : ils sont sauvagement battus. Ces crimes restent impunis, l’armée et la police, dominées par des Orangistes, sympathisent ouvertement avec les factieux.

Le gouvernement a tellement perdu le contrôle de la situation qu’il ne peut assurer la protection du gouvernement Elgin, qui envisage de se réfugier au fort de l’Île Sainte-Hélène. Il n’ose plus se rendre au Château de Ramezay, le siège du gouvernement. Des hommes proches du premier ministre Lafontaine décident de former une milice. On arme de pistolets et de coutelas des Canadiens français et des Irlandais catholiques.

La colère des Anglos-Montréalais ne s’apaise pas. Quatre mois plus tard, un groupe armé de 200 Anglos tente d’envahir la nouvelle résidence de Lafontaine, alors isolée dans un verger (elle vient d’être restaurée au coin d’Overdale et de Lucien-L’Allier). Ils apportent avec eux une corde pour le pendre. Lafontaine n’est pas chez lui. Sa maison est sous la garde d’amis armés. Des coups de feu accueillent les assaillants, qui battent en retraite. Sept sont blessés, dont un grièvement. Il mourra le lendemain matin après avoir admis que l’intention du gang d’Anglos était de mettre le feu à la maison et de s’emparer de Lafontaine pour le pendre à un arbre de son verger, et ensuite traîner son cadavre dans les rues.

Les incendiaires du Parlement, les auteurs de l’incitation à l’émeute de la Montreal Gazette, de même que ceux qui participèrent aux ratonnades contre les Canadiens français qui suivirent, ne furent jamais punis. Ils avaient l’appui presque unanime des Anglo-Montréalais. Trente-huit ans après les faits, Alfred Perry, le pompier pyromane, se vantera de son forfait. La communauté anglophone de Montréal est tellement fière du rôle joué par Perry dans la destruction du parlement du Canada qu’un pavillon de l’hôpital Douglas, de Verdun, commémore encore aujourd’hui la mémoire de ce vaillant défenseur du « sang et de la race anglo-saxonne » contre la « French domination ». Moi, il me semble qu’un changement de nom s’impose ici.

Il est encore plus mérité que la chasse iconoclaste qu’on mène actuellement à l’instigation des étudiants de McGill et de Concordia et des autochtones contre tout ce qui rappelle John A. McDonald.

La journée du 25 avril 1849 est la plus noire de l’histoire démocratique du Québec et du canada. Dans les médias du Canada anglais, on occulte ce soulèvement raciste, trop occupé qu’on est à recenser et à dénoncer l’intolérance et la xénophobie des Québécois. Imaginez comment l’événement serait médiatisé et commémoré s’il avait été fait de Canadiens français. Et, chaque année, la page éditoriale de la Gazette prendrait un malin plaisir à tourner le fer dans la plaie.

Un vaccin révolutionnaire sans précédent

Est-ce que la découverte du vaccin pour la COVID-19, pourrait être salutaire pour les autres coronavirus, et même plus ? Cet article de Richard Béliveau, Docteur en biochimie, publié dans le Journal de Montréal du 4 janvier, décrit bien toutes les possibilités de ce vaccin, pour l’avenir. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

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LA RÉVOLUTION DES VACCINS À BASE D’ARN

Le développement rapide de vaccins contre la COVID-19 a été rendu possible par une nouvelle approche biochimique, basée sur l’utilisation d’ARN messager viral. En plus de ce succès historique, cette approche pourrait révolutionner notre combat contre plusieurs autres maladies infectieuses. Nous venons vraiment de franchir une étape majeure dans notre guerre aux virus.

Les maladies infectieuses représentent sans contredit les plus mortelles épreuves auxquelles les civilisations humaines ont eu à faire face. Peste, variole, syphilis, tuberculose, rougeole, malaria, choléra, grippe, sida et les quelques centaines d’autres maladies causées par les bactéries, virus et parasites ont fauché prématurément d’innombrables vies et décimé des populations entières, tout au long de l’histoire de l’humanité.

Heureusement, l’amélioration des conditions d’hygiène et la découverte des antibiotiques et des vaccins ont permis de réduire considérablement les dommages causés par les maladies infectieuses et entraîné une augmentation phénoménale de l’espérance de vie observée depuis environ la moitié du 20e siècle.

Mais le combat n’est pas gagné et la pandémie de COVID-19 nous rappelle aussi que nous demeurons vulnérables à l’apparition de nouveaux agents pathogènes virulents, qui peuvent utiliser les moyens de transport modernes pour se répandre très rapidement à l’échelle du globe.

STRATÉGIES DE VACCINATION

Les virus sont insensibles aux antibiotiques et la seule façon vraiment efficace de combattre les infections virales demeure la vaccination : en exposant nos cellules immunitaires aux protéines du virus, on permet au système immunitaire de développer des anticorps qui neutraliseront le virus dès son entrée dans l’organisme, avant qu’il ne parvienne à envahir nos cellules, pour nous rendre malades.

Pour mettre les protéines virales en contact avec le système immunitaire, on peut soit injecter les protéines virales elles-mêmes, comme dans les vaccins utilisant des virus entiers inactivés (polio, influenza) ou encore des fragments moléculaires de virus (hépatite B, papillome humain).

Une autre approche est plutôt d’introduire le matériel génétique du virus dans l’organisme et c’est l’hôte qui produit par lui-même les protéines virales qui vont stimuler l’immunité.

Par exemple, dans les vaccins basés sur des virus atténués (rougeole, oreillons, rubéole), le virus affaibli intègre son matériel génétique dans les cellules et cause la production de protéines virales qui seront détectées par l’immunité. Les gènes viraux peuvent aussi être transportés à l’aide d’un virus anodin (comme celui du rhume) qui va infecter les cellules et générer les protéines virales activatrices du système immunitaire.

L’AVANTAGE DE L’ARN MESSAGER

La nouvelle façon révolutionnaire de produire les protéines virales stimulatrices de l’immunité est d’utiliser l’ARN messager (ARNm) du virus. L’ARNm est en quelque sorte le manuel d’instruction utilisé par la cellule pour fabriquer de nouvelles protéines.

En conséquence, lorsqu’on vous injecte un ARNm correspondant à une protéine virale, vos cellules vont absorber cet ARN et produire cette protéine étrangère en grande quantité, ce qui va entraîner l’activation du système immunitaire.

Un énorme avantage de cette approche est que les ARNm sont des structures relativement simples, contenant seulement 4 constituants différents, appelés bases azotées (adénine, guanine, cytosine et l’uracile), et très faciles à produire synthétiquement.

Dès que la séquence génétique d’un virus est connue, on peut immédiatement fabriquer l’ARNm désiré et commencer beaucoup plus rapidement le processus d’immunisation que si on voulait injecter la même protéine virale produite en laboratoire.

Les protéines ont des structures beaucoup plus complexes que l’ARN, soit 24 constituants (acides aminés, au lieu des 4 bases azotées de l’ARN) et leur production et purification nécessitent souvent de nombreuses étapes complexes.

L’ARNm permet donc de sauver énormément de temps, un avantage particulièrement important dans le cas d’une pandémie soudaine causée par un nouveau virus, comme cela a été le cas pour la COVID-19.

De plus, la formulation pharmacologique risque d’être très semblable entre les ARN, parce que la variabilité moléculaire est faible (4 vs 24 constituants), ce qui représente un avantage majeur dans le développement d’un vaccin.

PRENDRE LES DEVANTS

Pour donner une idée du temps sauvé grâce à la technologie de l’ARNm, mentionnons que la séquence génétique du virus
a été rendue publique le 11 janvier 2020 et que Moderna avait déjà déterminé l’ARNm à être utilisé pour le vaccin deux jours plus tard, le 13 janvier.

Un mois plus tard, le vaccin avait déjà été fabriqué et acheminé aux National Institutes of Health pour être testé en études cliniques de Phase I.

Quelques mois plus tard, en mai, les données rapportaient que le vaccin était sécuritaire et que son efficacité pouvait être étudiée plus en détail par des études de Phase III, menant à son approbation en décembre dernier.

Moins d’un an s’est donc écoulé entre le design du vaccin et son arrivée sur le marché, du jamais vu dans l’histoire de la médecine. C’est une véritable révolution thérapeutique, qui n’a d’équivalent que dans la découverte des antibiotiques.

On pourrait même envisager de réduire encore plus ce délai dans le cas de pandémies futures. La surveillance des réservoirs de virus présents chez les animaux (les chauves-souris, notamment) et la caractérisation de ces virus nous permettent d’identifier les familles de virus les plus susceptibles de causer éventuellement des pandémies.

En utilisant la technologie ARNm, on pourrait commencer dès maintenant le développement de vaccins contre ces virus, étudier leur mécanisme d’action et les tester chez les animaux puis chez les humains pour établir leur sécurité.

Cela permettrait de commencer immédiatement des essais cliniques de Phase III en cas d’éclosion d’une pandémie et, ainsi, de permettre de sauver plusieurs mois précieux.

Et même si les virus responsables de ces pandémies étaient légèrement différents des versions originales sur lesquelles sont basés les vaccins, l’approche ARNm permet de s’adapter très rapidement à ces variations, sans changements majeurs dans la formulation du vaccin.

Évidemment, une approche préventive de ce type nécessite des investissements majeurs à l’échelle internationale, surtout si on veut générer des vaccins contre un large éventail de virus. Mais un investissement qui en vaut la peine si l’on considère la catastrophe planétaire de la dernière année.

Inimaginable, mais pourtant réel

Vous êtes-vous demandé ou simplement imaginé, comment les résidents des CHSLD pouvaient se sentir tout au long de cette maudite pandémie qui allait les décimer. Comment ont-ils vécu cette période qui, pour plusieurs, allait les envoyer dans l’autre monde, dans l’au-delà. Tous ces souvenirs d’une vie, qui nous reviennent en mémoire…

Le texte qui suit est un conte fictif de cette situation, l’histoire de Jacqueline perdue dans ses pensées, qui décrit bien ce calvaire, imaginé par son auteure, Geneviève Petersen.

Je veux le reproduire pour vous, et provoquer une réflexion en cette nouvelle année, qui pourrait sonner le glas de cette catastrophe qui nous a enfermé toute une année et accéléré des fins de vie.

Bonne lecture.

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JACQUELINE A LE CŒUR EN BERNE

Quand ça fait des jours que tu regardes par la fenêtre, tu connais les alentours par cœur. Là, la traverse de piétons, le parc et son boisé de pins blancs. Au loin, le dépanneur et le Dollarama. Quand ça fait des jours que tu regardes par la même fenêtre, t’en viens même à savoir quelle auto passe à quelle heure.

À 7h46, une horde de parents convergent vers l’école primaire, juste en face. Les enfants débarquent et se dirigent, masqués, vers l’antre de la bâtisse de briques beiges. On dirait une bande de petits fantômes. 8h05, la cloche sonne. Mais pas aujourd’hui. C’est congé.

8h05, c’est aussi l’heure où Shamah entre dans la chambre. Ça m’a pris des mois avant d’arrêter de l’appeler mademoiselle et de trouver le courage de lui demander comment dire son nom. Je voulais pas qu’elle pense que j’étais une habitante ou que j’étais jamais sortie de chez nous.

– Comme ça s’écrit.

Elle m’avait répondu ça, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. J’ai regardé l’insigne sur sa jaquette jaune. Shamah. C’est facile, au fond. Je suis chanceuse d’encore avoir sa visite plusieurs fois par jour. Les préposés vont moins dans les chambres de ceux dont la porte est marquée d’une croix. J’ai bien pensé que la cheffe de l’étage viendrait en mettre une, juste en dessous de mon nom, comme ç’a été le cas pour mes voisines de chambre.

Jeudi passé, la cheffe est venue pour Madame Bouchard. Trois jours plus tard, elle est sortie les pieds par en avant. Madame Bouchard, je parle. Ça m’a fait beaucoup de peine de la voir comme ça, en dessous du grand drap blanc. Comme si elle n’avait jamais existé. Comme si on venait de la balayer sous le lit.

Madame Bouchard a été beaucoup de choses avant de venir terminer sa vie dans la chambre 223. Elle a eu huit beaux enfants. Six garçons et deux filles. Y en a même une qui est devenue médecin. Orthopédiste, je pense. Hélène, son nom. Elle a marié un autre médecin et ils vivent à Sherbrooke. C’est la seule de ses huit enfants qui l’appelait à tous les jours.

Madame Bouchard m’a raconté sa vie en long et en large les après-midis où on jouait à la chasse à l’As ou au Gin Rummy dans la salle commune. Ça, c’était quand on avait encore le droit d’y aller. Son mari est mort du cancer du côlon y a sept ans. Elle est arrivée au Havre du Lac tout de suite après, deux ans avant moi.

À la tv, le lendemain de sa mort à elle, on a dévoilé le nombre de morts. Le premier ministre a présenté rapidement ses condoléances aux familles. Trente-trois. Trente-trois morts sans visage.

Moi aussi je lui racontais ma vie, à madame Bouchard. J’ai eu cinq enfants. Y en a quatre de vivants. J’ai perdu le premier quand il avait un mois et demi. Il s’appelait Jean. Les médecins ont dit que c’était la mort subite du nourrisson. Il avait jamais été bien vigoureux. Même dans mon ventre, il ne donnait pas beaucoup de coups de pieds. Pas comme ceux qui sont venus après : Sylvie, Guylaine, André et Esther.

J’ai jamais arrêté d’enseigner l’anglais même quand je les ai eus. Ça faisait enrager mon mari. Paul-Émile aimait pas ça passer pour un homme pas capable de faire vivre sa famille. Il n’appréciait pas non plus que j’enseigne la langue de ceux qui, il arrêtait pas de répéter, nous ont volé notre pays. J’avais beau lui expliquer que j’aimais ça, enseigner, ça lui rentrait pas dans la tête.

L’année de mes 50 ans, je suis devenue la directrice de l’école Saint-Albert-le-Grand pis j’ai demandé le divorce. On avait été mariés 30 ans avec Paul-Émile. Una autre affaire qui ne se faisait pas dans ce temps-là, se séparer. J’étais plus capable de le torcher tout en sachant qu’il faisait ses galipettes avec la veuve du boucher dans mon dos. Et si ça avait été juste ça, je dis pas.

Pourtant, je l’ai tellement aimé, mon Paul-Émile, avec ses grandes paluches et ses yeux doux. Quand on était jeunes mariés, on était toujours embarqués un par-dessus l’autre. Quand on a emménagé ensemble dans l’appartement de la rue Morin, je me rappelle que j’avais voulu lui cuisiner quelque chose de fancy pour quand il reviendrait de travailler.

J’avais ouvert le livre de Jehanne Benoit pour savoir comment on fait ça, du bœuf Wellington. Je lui avais téléphoné au bureau parce qu’il me manquait un ingrédient ultra important que je n’avais pas dans la pantry : du sel facultatif. Je me rappelle encore du rire de Paul-Émile et de ma gêne quand j’ai réalisé mon erreur. J’avais eu l’air d’une belle niaiseuse. Mes enfants m’en parlent encore à chaque Noël.

8h05. Shamah entre dans ma chambre. Même si elle a son masque et sa visière, je sais qu’elle sourit. Je lui demande comment vont ses enfants. Elle en a trois. Bien, bien, elle me répond. Elle me raconte que c’était la fête de sa plus jeune, hier, pis qu’elle lui a acheté des pâtisseries parce qu’elle n’a pas eu le temps de faire un vrai gâteau.

– Elle est née le 25 décembre, comme le petit Jésus.

Elle a dû être contente pareil, que je lui ai répondu, pour la rassurer. Je sais très bien que Shamah est épuisée à force de s’occuper de nous autres pis des résidents de l’autre place où elle travaille la nuit. Je sais pas quand elle dort, cette femme-là. Dans l’autobus qui lui fait faire le trajet entre les deux résidences, j’imagine.

Quand mes enfants étaient jeunes, je ne dormais pas ben ben non plus, remarque. Shamah brosse mes cheveux. Ils sont courts maintenant. Je me rappelle d’une époque où ils tombaient en cascades blondes dans le creux de mes reins. On dirait que ça fait 1000 ans. On dirait que ça fait 5 minutes.

– Voulez-vous que je vous mette du vernis à ongles, madame Laurin ?

– Une autre fois, ma belle enfant, tu dois avoir autre chose à faire.

Shamah sort de ma chambre comme elle y était entrée. Sans bruit. Je retourne à ma fenêtre et je repense aux paroles de François Legault. Une seule personne pour les visites. Est-ce que ce sera Guylaine, Esther, André ou Sylvie ? Je souhaite dans le secret de mon âme que ce soit Sylvie. Parce que c’est elle la plus drôle. C’est pas grave, y a juste le bon Dieu qui m’entend. J’espère qu’elle va m’apporter des restes de dinde pis de la bûche.

Dehors, il n’y a personne sauf un monsieur qui promène un petit chien barbette. J’en peux plus de me faire répéter que ça va bien aller. Quand ça ? Je sais que ça pourrait être pire, Je sais que je pourrais être enfermée ici sans rien ni personne, même pas Shamah ou mes petits-enfants sur le iPad. Je pourrais avoir une croix sur ma porte et n’avoir pour compagnon que ma respiration sifflante ou le son d’un respirateur.

Je pourrais aussi avoir tout oublié comme la madame de la 227. Moi, au moins, j’ai des souvenirs auxquels me raccrocher. J’ai le pouvoir de me rappeler les étés passés au chalet, la fois où Guylaine a gagné le concours régional d’orthographe ou le party que mes sœurs m’ont organisé pour mes soixante ans.

Avec le recul, je trouve du beau même dans les moments les plus terribles. Mais c’est difficile. C’est difficile de savoir que c’est ici que tout finira par s’arrêter. Personne ne me le dit, mais c’est ça pareil.

J’ai le sentiment que plus rien de ce que j’ai été ne compte, astheure. Peu importe si j’ai été belle, belle au point d’être la reine du carnaval. Peu importe si mon cœur a battu pour tant d’hommes que j’en ai perdu le souffle. Peu importe. Je suis en train de m’effacer.

Maintenant, quand je me regarde dans le miroir, j’ai l’impression de voir quelqu’un d’autre. Je voudrais pouvoir crier mon nom trois fois, comme celui de la dame blanche, et avoir le pouvoir de réapparaître.

Je voudrais tellement sortir d’ici. André m’a dit que je devais attendre le printemps. Est-ce que je serai encore là ? Peut-être qu’Esther, en faisant un détour par l’épicerie pour m’acheter des Pot of Gold, amènera sans le savoir la mort avec elle.

J’ai l’impression qu’à chaque fois que je fais une chose, même une toute petite chose comme tricoter ou prier la Sainte-Vierge, c’est la dernière fois.

J’entends du bruit. Est-ce que c’est Shamah qui revient avec du vernis à ongles rouge comme la lettre écarlate ? J’entends du bruit. Est-ce celui de mon cœur qui explose parce que je sais qu’il m’en reste moins à faire que j’en ai de fait ?

Comme dans l’histoire que me racontait mon père quand j’étais petite, j’aimerais faire un pacte avec le diable pour sortir d’ici. Je voudrais qu’il m’emmène, dans son grand canot, voir mes enfants pis mes petits-enfants. Juste une nuit. Mais je sais que rendu là, même lui ne viendra pas me chercher.

Source : Journal de Montréal du 31 décembre 2020

Cela a déjà été une vérité quotidienne

On le voit surtout dans les séries télévisées qui reproduisent des époques d’avant la révolution tranquille ou, si vous préférez, les années 60.

Les femmes à l’époque étaient considérées comme des domestiques de leur famille et c’était le père ou le mari qui était l’autorité suprême. Elles se devaient d’être soumises. Les temps ont bien changé tout comme la société. Aujourd’hui, les femmes sont l’égal des hommes. Et occupent la place qui leur revient.

Mais, pour bien illustrer cette époque, voici ce que le Manuel scolaire catholique d’économie domestique pour les femmes, publié en 1960, inculquait à ces dames; leurs devoirs d’épouse et de femme au foyer. Vous pourrez constater l’immense progrès des couples dans notre société.

Ce texte est pour vous faire sourire évidemment, tout en ayant une pensée pour nos mères et grands-mères. Un vrai portrait de Donalda… vous vous souvenez ?

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POUR RENDRE VOTRE MARI HEUREUX

FAIRE EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT

Préparez les choses à l’avance, le soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil.

SOYEZ PRÊTE

Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et c’est un de vos devoirs de faire en sorte qu’elle le soit.

RANGEZ LE DÉSORDRE

Faites un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffons à poussière sur les tables.

PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L’ANNÉE

Il vous faudra préparer et allumer le feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

RÉDUISEZ LES BRUITS AU MINIMUM

Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

ÉCOUTEZ-LE

Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez-le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faîtes en sorte que la soirée lui appartienne.

NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S’IL RENTRE TARD À LA MAISON

On sort pour dîner ou pour aller dans d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLÈMES

Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le souper ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur, comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d’aller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses souliers. Parlez d’une voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

LORSQU’IL A FINI DE SOUPER, DÉBARRASSEZ RAPIDEMENT LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE

Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encourager votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous avez des petits passetemps vous-même, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant, car les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

À LA FIN DE LA SOIRÉE

Rangez la maison afin qu’elle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l’avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel s’il doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible.

HYGIÈNE FÉMININE

Bien que l’hygiène féminine soit d’une grande importance, votre mari fatigué, ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait à le faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI

Il est important de vous rappeler vos vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari en ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

SI VOTRE MARI DÉSIRE L’ACCOUPLEMENT

Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme, lorsqu’il atteint l’orgasme. Un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

SI VOTRE MARI SUGGÈRE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES

Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE RÉVEIL

Afin d’être debout peu de temps avant lui le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu’il se réveillera.

Trois gouttes de lumière…

PAROLES DE SAGESSE

À quel âge on devient vieux ?

Se demander à quel âge on devient vieux, c’est comme se demander à quelle hauteur est-ce que c’est haut ?

On devient vieux quand on n’a plus d’intérêt dans ce qui se passe autour de soi.

On devient vieux quand on n’a plus rien à espérer.

On devient vieux quand on n’intéresse plus les gens.

On devient vieux quand on ne veut plus entendre le rire joyeux des enfants, ni écouter leurs histoires.

On devient vieux lorsque tout le monde a tort et qu’on a toujours raison.

À quel âge devient-on vieux ?

On peut devenir vieux à vingt ans, trente ans et quatre-vingt ans, cela dépend de notre attitude face à la vie…

Merci Jocelyne…

Conversations…

– Docteur, je suis inquiet, quand je fais l’amour, j’entends comme des sifflements…

– À votre âge vous espériez quoi ??? Des applaudissements ?

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– Docteur, j’aimerais commencer par enlever mes poignées d’amour ?

– Et si on commençait par enlever les poignées de votre frigo ?

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– Hier, ma femme est partie avec mon meilleur ami Roger…

– Depuis quand. Roger est ton meilleur ami ?

– Hier !

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– Éric, ma femme m’a quitté…

– Tu sais Marc, il y a bien pire. La mienne est revenue !

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– Maman, je suis enceinte !

– Mais ma fille, où avais-tu la tête ?

– Dans le pare-brise.

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– Monsieur le policier, faudrait savoir. Un jour vous m’enlevez le permis, et le lendemain vous me demandez de vous le montrer.

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Un enfant précoce de 5 ans, regarde déambuler une jolie femme aux courbes merveilleuses.

Il se dit; « Je l’aurai un jour… je l’aurai ! »

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Un homme regarde les fesses d’une femme qui porte une robe avec les imprimés d’un journal…

Il se dit; « Enfin des bonnes nouvelles… »

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– Papy, tu as fait la guerre ?

– Oui.

– Et qui a gagné ?

– Mamy !

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– J’ai mal à la jambe gauche.

– À 87 ans, mamie, c’est dû à l’âge.

– C’est n’importe quoi ! La droite a le même âge, et elle me fait pas mal.

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Un homme téléphone à la police :

– Je vous ai appelé hier au sujet de la disparition de ma femme. Je souhaite que vous interrompiez les recherches.

– Vous l’avez retrouvé ?

– Non, j’ai réfléchi !

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Un homme se fait arrêter au volant par un policier :

– Monsieur, vous sentez l’alcool à plein nez !

– Monsieur l’agent, ouvrez le bouchon de mon réservoir, ça sent l’essence à plein nez mais on ne peut pas dire qu’il est plein.

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Dans l’immeuble, une maman et son petit garçon croisent leur jolie voisine :

– Dis bonjour à la dame et fais-lui un bizou.

– Non !

– Allons, pourquoi ne veux tu pas embrasser la dame ?

– Papa a essayé hier et il a reçu une paire de gifles.

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– Chérie, le voisin a l’air très amoureux de sa femme : il l’embrasse, la prend dans ses bras. Pourquoi ne fais-tu pas la même chose ?

– Parce que je ne la connais pas la voisine !

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Une dame se présente dans une station-service avec sa voiture en accordéon :

– Pouvez-vous faire quelque chose ?

– Désolé, ici on lave, mais on ne repasse pas !

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Le condamné s’exclame :

– Cinq ans de prison ? Mais, Monsieur le Juge, j’ai quatre-vingt huit ans !

– Le tribunal ne vous demande pas l’impossible. Vous ferez ce que vous pourrez.

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L’évêque interroge les futurs communiants :

Il s’adresse à un premier enfant :

– Qu’a dit le Seigneur en instituant le baptême ?

– Il a dit : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

– Très bien.

Il s’adresse au deuxième enfant :

– Qu’a-t-il dit pour l’eucharistie ?

– « Prenez, mangez et buvez, ceci est mon corps et mon sang. »

– C’est bien.

S’adressant à un autre enfant, il demande :

Et toi : qu’a-t-il dit pour le mariage ?

– Heu… heu,,, ah, oui, il a dit : « Mon Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

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La catéchiste demande :

– Combien y a-t-il de sacrements ?

Une fillette se lève et répond :

– Il n’y en a plus.

– Et pourquoi donc ?

– Ma grand-mère a reçu les derniers…

Bonne journée !

Une histoire au dénouement heureux

Liam et son grand frère.
Photo: Journal de Montréal

Il n’y a pas que des mauvaises nouvelles dans les journaux. Il s’en passe aussi de très belles histoires au Québec, et spécialement en santé, qui nous permettre d’apprécier la vie. De beaux miracles pour profiter pleinement d’une renaissance.

Voici l’histoire du petit Liam, parue dans le Journal de Montréal du 28 décembre dernier, sous la plume de Hugo Ducharme.

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LE PLUS PETIT GREFFÉ CARDIAQUE

Difficile de croire que le petit Liam a dû être branché à un cœur de Berlin en 2016.

Quatre ans après avoir été le plus petit patient cardiaque du Québec, Liam est un garçon « pas arrêtable » qui ne laisse rien paraître de ses premiers mois de vie, où il a été branché à un cœur mécanique pour survivre jusqu’à sa greffe miracle.

« Il adore se rouler dans la neige. L’été, on n’arrive pas à le sortir de la piscine […] Il n’est pas brûlable, il court tout le temps, il veut tout explorer », lance en riant Jessica Sarrazin.

En 2016, Le Journal avait couvert les mois d’angoisse de la jeune famille de l’Épiphanie, dans Lanaudière, alors qu’elle attendait un cœur pour sauver bébé Liam.

Atteint d’une cardiomyopathie dilatée irréversible*, une maladie génétique qui empêchait son cœur de bien pomper le sang, cette greffe était son seul espoir.

Le jour de ses 30 ans, le 30 septembre, la maman a reçu l’appel inespéré, et son fils, alors âgé de 6 mois, a reçu un nouveau cœur.

CŒUR DE BERLIN

Mais ce qui a sauvé Liam Joly et lui a permis d’attendre quatre mois pour obtenir une greffe, c’est le cœur de Berlin que les médecins du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine ont pris le risque de lui installer. Le garçon avait été hospitalisé deux semaines après sa naissance.

Sa peau était devenue marbrée, selon sa maman, qui voyait ses veines bleues parcourir tout son petit corps.

Pour survivre, il avait dû être intubé et il dormait presque 23 heures par jour, et ce pendant trois mois.

Frôlant à peine les 5 kg (11 lbs), il était dangereusement petit pour l’opération permettant de lui installer un cœur de Berlin, un appareil qui permet de faire circuler le sang à la place du véritable organe.

JAMAIS VU

C’était du jamais-vu à Sainte-Justine, et une première au Québec.

Mais le risque en a valu la chandelle. Pour la première fois depuis son arrivée à l’hôpital, sa maman pouvait prendre son fils dans ses bras.

« Il s’est mis à faire des sons, à jouer. Je pouvais enfin m’en occuper », décrit Mme Sarrazin.

Constamment, des médecins venaient aussi visiter le bambin avec leurs étudiants pour observer le minuscule patient branché à l’énorme machine, grosse comme « deux classeurs en métal de trois tiroirs »..

Quatre ans plus tard et en pleine forme, Liam Joly et sa famille s’apprêtent à vivre un deuxième Noël en confinement.

En effet, après sa greffe à l’automne 2016, la famille a dû s’isoler pendant six mois afin d’éviter tout risque que leur fils attrape une maladie.

Il rend actuellement des médicaments pour affaiblir son système immunitaire afin d’éviter que son corps ne cherche à rejeter son nouveau cœur.

La pandémie a donc été très stressante pour la famille, qui doit faire très attention à Liam. « Mais on le vit bien, puisque c’est notre deuxième confinement », philosophe Mme Sarrazin.

* Cardiomyopathie dilatée irréversible : Muscle affaibli qui empêche le cœur de pomper le sang.

Une première au Québec

Pesant à peine 5 kg (11 lbs), Liam Joly était le plus petit patient à recevoir l’aide d’un cœur mécanique au Québec, selon sa médecin, Marie-Josée Raboisson, du CHU Sainte-Justine.

« C’était vraiment la dernière chance », affirme la cardiologue, à propos du cœur de Berlin installé sur Liam à l’âge de 3 mois.

Même si les risques étaient immenses sur un enfant aussi petit, il s’agissait de son « seul moyen de survie » jusqu’à une greffe du cœur, survenu quatre mois plus tard.

OPÉRATION RARE

L’installation d’un cœur de Berlin chez un enfant est déjà rare en soit. À Sainte-Justine, l’opération a seulement
été faite une quinzaine de fois depuis 1984.

Le cœur mécanique est un gros appareil formé d’une canule, soit un tube qui aspire le sang pour le transporter dans une chambre.

Celle-ci sert de pompe, remplaçant ainsi l’action du cœur. Puis une deuxième canule est fixée à l’aorte, pour renvoyer le sang dans le corps. Le tout est connecté à une console.

Son installation comporte deux risques : les fissures et les saignements ou la formation de caillots sanguins par l’appareil pouvant mener à un accident vasculaire cérébral (AVC).

La Dre Raboisson souligne que plus les tubes sont petits, comme pour les bambins, plus les risques de caillots sont élevés.

De plus, Liam présentait déjà un saignement à la tête qui inquiétait les médecins.

RISQUE EXTRÊME

Le risque était donc « extrêmement important ».

Mais l’état trop instable du garçon menaçait sa survie. Intubé et endormi pendant trois mois, son développement, crucial pour un nouveau-né, était aussi impossible.

Malgré un AVC, qui a temporairement paralysé son côté droit sans séquelles graves, l’opération a été un succès. « Grâce à ça, il a pu attendre [une greffe] dans de bonnes conditions », souffle la médecin.