Est-ce vraiment nécessaire ?

Politique

Voici un article du journaliste Gabriel Côté, publié dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec récemment.

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Le gouvernement du Québec a octroyé un contrat de 115 000 $ à une firme de marketing qui ne se prend pas pour « un 7up flat », afin de soutenir l’ancien premier ministre François Legault dans sa nouvelle vie et de gérer ses médias sociaux pendant un an.

La Loi sur l’exécutif prévoit en effet qu’un ancien premier ministre peut bénéficier de certains services afin de « faciliter la transition suivant la fin de ses fonctions », a expliqué un porte-parole du ministère du conseil exécutif (MCE) en réponse aux questions du Journal.

Le règlement plafonne la valeur du contrat à l’équivalent de la rémunération annuelle maximale d’un attaché politique, d’où le montant de 115 000 $.

Dans le cas présent, c’est l’agence de marketing Spritz qui a obtenu la mission d’épauler François Legault. Son mandat comprend des services de « soutien administratif », ce qui comprend « la gestion documentaire, l’agenda et la logistique entourant divers événements », ainsi que la « gestion des médias sociaux ».

PERTINENCE

Même si la loi le permet, une question demeure : pourquoi est-il pertinent de rémunérer une agence pour gérer les réseaux sociaux d’un ancien premier ministre pendant un an ?

« De nos jours, tout comme la correspondance, les médias sociaux sont similaires à des moyens de communication avec les individus », a répondu le MCE.

À noter que Philippe Couillard avait lui aussi bénéficié d’un accompagnement similaire après avoir été battu aux élections de 2018. Les règles actuelles ont d’ailleurs été adoptées cette année-là.

D’autres premiers ministres ont également reçu des services de « soutien administratif », mais le MCE soutient que leurs contrats ne seraient pas comparables, car les paramètres n’étaient pas les mêmes par le passé.

Abonnés de François Legault, ne vous inquiétez plus !

Tous ceux qui se préoccupaient du sort des différents comptes de François Legault dans les réseaux sociaux seront rassurés de savoir que l’agence Spritz se donne « corps et âme pour faire resplendir [ses] clients sur leurs plateformes sociales ».

« Simplifier pour amplifier, c’est notre devise », peut-on lire dans le site web de l’entreprise, qui soutient que « le social » lui « coule dans les veines ».

« Donner vie aux stratégies, c’est notre travail […]. Tourner les coins ronds, c’est juste non. Bref, Spritz est une partenaire fiable à long terme, pas un 7up flat. »

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Mon commentaire…

ET C’EST PAS FINI

IA

Il y a des réalités qu’on préfère taire, mais qu’il faut rappeler sans détour : un député qui termine son mandat et quitte la vie politique reçoit une indemnité de 300 000 $. Un joli coussin payé rubis sur l’ongle… par nous.

Et pendant que l’État distribue ces montants comme si la caisse était sans fond, les finances publiques, elles, craquent de partout. Des projets essentiels sont repoussés, les routes du Québec — qui ressemblent de plus en plus à un parcours du combattant — exigent 25 G$ pour être simplement remises en état.

Quant au panier d’épicerie, aux hôpitaux et aux écoles… inutile d’en rajouter : tout le monde voit la facture grimper et les services s’effriter.

Mon père répétait souvent : « C’est avec des sous qu’on fait des piastres. » Une leçon de prudence, de gestion serrée, de gros bon sens. Mais les piastres qu’on verse chaque semaine à l’État, par nos impôts et nos taxes de toutes sortes, semblent parfois se volatiliser dans une logique comptable qui échappe au citoyen ordinaire.

Parce qu’à force d’accorder un petit 115 000 $ par ci, des 300 000 $ par-là, on finit par se rendre compte qu’il ne reste plus grand-chose pour ce qui compte vraiment. Et ce n’est pas faute de payer.

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Un pan de notre histoire : la bataille de Montmorency

Histoire

Il y avait déjà plus d’un mois que le général Wolfe tenait Québec étroitement assiégée, sans toutefois obtenir le moindre succès décisif. Impatient de rompre l’impasse, il résolut alors de brusquer les événements.

Le 31 juillet 1759, dès l’aube, le Centurion, vaisseau de soixante canons, accompagné de deux transports, vint s’embosser en face de la redoute française la plus avancée sur la côte de Beaupré. Tandis que les batteries de la Pointe‑de‑Lévis faisaient tonner leurs pièces contre la ville, celles du Centurion, des transports et de la côte de Montmorency — près de cent dix-huit bouches à feu — déversèrent un ouragan de projectiles sur le camp français.

IA

Profitant de cette canonnade, Wolfe fit débarquer deux mille hommes sur la grève détrempée, tandis que les troupes de Townshend franchissaient la rivière Montmorency, au pied des chutes, pour se préparer à l’assaut.

À peine eurent-ils posé le pied sur la grève que les grenadiers anglais, emportés par l’ardeur, s’élancèrent sans attendre l’ordre vers la redoute que les Français venaient d’évacuer. Les assaillants tentèrent aussitôt d’escalader l’escarpement; mais les troupes canadiennes, embusquées sur les hauteurs, ouvrirent un feu plongeant si vif et si soutenu qu’il creusa des trouées sanglantes dans les rangs ennemis.

Soudain, une pluie torrentielle s’abattit sur le champ de bataille. La position devint intenable pour les Anglais : morts et blessés roulaient pêle‑mêle le long du coteau détrempé.

Voyant qu’il ne pouvait progresser davantage, Wolfe ordonna la retraite, qui s’exécuta néanmoins en bon ordre. Après avoir incendié les transports échoués, les Anglais se replièrent le long des battures et repassèrent la rivière Montmorency. Dans cette attaque infructueuse — où l’on tira pas moins de trois mille coups de canon — le commandant anglais perdit de quatre à cinq cents de ses meilleurs soldats.

Exaspéré par cet échec, Wolfe mit alors à exécution les menaces contenues dans sa proclamation du 20 juillet. Les troupes britanniques parcoururent la campagne, incendièrent les maisons, pillèrent les bestiaux et détruisirent les villages.

Toutes les paroisses de la Côte‑Nord, depuis L’Ange‑Gardien jusqu’à Baie‑Saint‑Paul, furent ravagées et réduites en cendres. La flotte anglaise, maîtresse absolue du fleuve, multipliait les mouvements rapides au gré des marées, maintenant les troupes françaises dans une vigilance incessante pour empêcher toute nouvelle descente.

Le dénouement redouté approchait désormais à grands pas.

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Dossier sur les sentences permissives, bonbons, et Netflix

Opinion

J’ai lu avec attention le dossier spécial sur les sentences bonbons dans l’édition de fin de semaine du Journal de Montréal et, sincèrement, les intervenants ne m’ont pas convaincu du bien‑fondé de ces jugements et condamnations.

IA

Oui, il y a de plus en plus de ce genre de verdicts, et on ne me fera jamais croire que c’est pire que la prison, principalement pour les agresseurs sexuels et autres multirécidivistes.

Des criminels coincés avec des armes à feu, des chauffards meurtriers et même certains tueurs parviennent à bénéficier de ce type de sentence.

C’est devenu la mode.

Avant l’entrée en vigueur de la loi C‑5, à la fin de 2022 — cette loi fédérale qui abolit les peines minimales pour plusieurs crimes, votée sous Justin Trudeau — seulement 6 % des agresseurs sexuels condamnés avaient profité d’une sentence à la maison. Depuis, le nombre d’individus ayant écopé d’une peine à domicile a explosé, passant de 1171 à 2899.

DES EXEMPLES

« Crève en enfer », « Fais‑toi écraser par un dix‑roues », « J’ai envie de venir à Montréal vous tuer » : voici un échantillon des courriels envoyés par Alex Létourneau à son ancienne chirurgienne et à son ancien travailleur social. Alors que les procureurs s’entendaient pour une peine de travaux communautaires, le juge avait imposé une peine de 13 mois de détention. La Cour d’appel a renversé sa décision et confirmé la peine suggérée par les avocats. On fait quoi des victimes ?

Une « chauffarde » complètement saoule et roulant trois fois trop vite a eu un accident dans lequel son amie a été tuée. Sentence : 2 ans dans le confort de son foyer, alors que la Couronne demandait 5 à 6 ans de pénitencier. Selon le juge Jean‑Philippe Marcoux, imposer une longue incarcération à une jeune femme « à l’aube de sa vie » ne serait ni réparateur ni compensatoire pour la vie perdue.

On fait quoi de la victime innocente qui a reçu une sentence à vie mortelle, “à l’aube de sa vie” elle aussi ?

Plus du quart des agresseurs sexuels ont pu purger leur peine chez eux plutôt que derrière les barreaux au Québec. On fait quoi des victimes ?

« On n’a pas l’impression que justice est rendue », avait souligné en 2023 la sœur de Johanne Bilodeau, tuée par son mari. Bruno Turcotte avait écopé d’une peine de prison à domicile. On a fait quoi de la victime ?

TROP CLÉMENT POUR LE JUGE… MAIS PAS POUR LA COUR D’APPEL

Alexandre Labonté — multirécidiviste associé aux armes à feu

Sentence proposée : 3 ans de pénitencier

Sentence donnée par le juge : 7 ans

Cour d’appel : peine réduite

Kevin Plourde — entrée par effraction et voie de fait alors qu’il purgeait déjà une peine bonbon à la maison

Sentence proposée : 13 mois

Sentence donnée par la juge : 24 mois

Cour d’appel : peine réduite

David Séguin — multirécidiviste de l’alcool au volant (7 antécédents)

Sentence proposée : 16 mois

Sentence donnée par le juge : 60 mois

Cour d’appel : peine réduite

LES JUGES

Les magistrats qui disent avoir les mains liées n’ont pas tort : chaque fois qu’un juge a refusé d’entériner une peine trop clémente ces dernières années, il a été renversé lorsque sa décision a été portée en appel.

Le juge n’est pas tenu de respecter la suggestion commune des procureurs, mais le plus haut tribunal du Québec a systématiquement rabroué les magistrats qui ont refusé d’entériner ces sentences communes depuis 2020.

La Cour d’appel a toujours réinstauré la peine clémente jugée inacceptable par le premier juge.

LES PEINES CADEAUX

Je n’arrive pas à verser une seule larme lorsqu’un condamné explique les contraintes avec lesquelles il doit composer durant sa détention à la maison. Quand tu décides de commettre un crime, tu dois en assumer les conséquences.

Une peine à domicile, c’est dans le luxe de ton foyer. Tu conserves tes habitudes de vie comme si rien ne s’était passé. De plus, tu peux sortir pour aller au travail et on te laisse du temps pour faire ton épicerie. Tu veux quoi de plus ? Une médaille ?

Ce n’est pas comparable à une peine d’incarcération, quand tout le monde s’entend pour dire que la prison, c’est dur. Tu es un criminel, et un criminel, ça passe une partie de sa vie derrière des barreaux pour réfléchir. Tu as dépassé la ligne de la liberté par tes agissements et décisions. Fallait y penser avant.

Je rejoins l’opinion de Pierre‑Hugues Boisvenu, sénateur à la retraite, qui affirme que l’emprisonnement avec sursis est un « cadeau » fait aux accusés.

LES VICTIMES

Ce qui est malheureux dans tout ce dossier, c’est que très rarement — presque jamais — on ne tient compte des victimes. Celles qui sont tuées et qui hantent leur famille pour toujours. Beaucoup de ces victimes ont reçu une sentence à vie, sans arrangement possible. Elles n’ont jamais demandé qu’une vie s’arrête soudainement, que des ambitions ne puissent se réaliser, que des choix deviennent impossibles.

Le système judiciaire fait des pieds et des mains pour la réhabilitation des criminels. On suggère des sentences pour que l’accusé puisse bénéficier de certaines faveurs ou programmes.

Pendant ce temps, on pleure les victimes sans aucun recours, toujours oubliées.

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À petites doses

Santé

NOUVEAUX SERVICES EN SOINS PALLIATIFS

Les patients en fin de vie auront accès à un tout nouveau service gratuit de suivi de leurs symptômes, à Montréal.

La maison St-Raphaël, qui offre des soins palliatifs, offrira des services cliniques et psychosociaux dans une clinique dédiée à la gestion des symptômes.

« Elle s’inscrit dans notre vision d’accompagnement, qui vise à soutenir les personnes et leurs proches dans toute leur réalité, avant, pendant et après les différentes étapes de la maladie », a souligné la Dre Adeline Khadoury, médecin attitrée à la Clinique de gestion de symptômes.

Puisque les personnes en fin de vie n’ont souvent pas de médecin de famille, ils doivent souvent se rendre aux urgences et patienter de longues heures.

La nouvelle clinique leur donnera une meilleure gestion de leurs symptômes tout au long de l’évolution de leur maladie et permettra de prévenir l’aggravation de la douleur.

D’ici 2030, près de 25 % de la population de Montréal sera âgée de plus de 65 ans.

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UN ANTIDÉPRESSEUR CONTRE LA COVID LONGUE

Un antidépresseur réduit la fatigue et améliore la qualité de vie de patients atteints de la COVID longue, montre une étude prometteuse.

La prise de fluvoxamine offre des bénéfices importants, ont trouvé des chercheurs de plusieurs pays, dont un du Canada.

« Les patients veulent un traitement qu’ils peuvent essayer dès aujourd’hui, et cette découverte nous rapproche de cette réalité », a déclaré Jamie Forrest, auteur correspondant de l’étude et chercheur postdoctoral à l’Université de Colombie-Britannique.

L’étude a été réalisés auprès de 399 adultes qui souffraient de fatigue, trois mois après avoir contracté la COVID-19. Au bout de 60 jours, les patients sous fluvoxamine avaient présenté une réduction significative de leur fatigue par rapport à ceux qui n’en prenaient pas (sous placebo).

Par contre, les autres symptômes indésirables de la COVID longue n’ont pas été évalués dans le cadre de cette étude.

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LE VPH ENCORE MÉCONNU CHEZ LES JEUNES

Le virus du papillome humain (VPH) demeure méconnu au sein de la population, et particulièrement chez les jeunes, montre un sondage canadien.

Le tiers des jeunes de 18 à 24 ans ignorent ce qu’est le VPH et à peine la moitié (49 %) savent qu’il s’agit d’une infection transmise sexuellement.

Au global, 53 % des répondants étaient au courant de la tendance à la hausse de certains cancers (gorge, oropharynx) liés au virus, surtout chez les hommes.

Le VPH est encore le plus souvent associé au cancer du col de l’utérus. Il se transmet par un contact cutané intime avec la région génitale ou lors de rapports sexuels vaginaux, oraux ou anaux.

Les élèves québécois ont accès à un vaccin contre le VPH en quatrième année du primaire.

Le sondage sur le VPH a été mené par Ipsos pour Merck Canada, du 6 au 11 mars dernier, auprès de 1000 Canadiens.

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Source : Journal de Montréal, Salut Bonjour Magazine, 25 avril 2026, p17

Ygreck, et ses perles d’avril

Actualités

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles d’avril, publiées dans le Journal de Montréal.


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Qu’est-ce qu’on ne comprend pas ?

Environnement

Dans mon patelin, à La Prairie, il y a derrière la Caisse populaire un conteneur destiné à recueillir les vêtements dont on ne se sert plus, afin que d’autres puissent en profiter grâce à la Maison Le Partage.

L’idée est excellente. Mais les citoyens, eux, se fichent complètement des consignes pourtant affichées bien en évidence. Résultat : un véritable bordel à ciel ouvert. Et chaque semaine, le même scénario se répète.

Seuls les vêtements sont acceptés. Pourtant, on y retrouve parfois des meubles. C’est pourtant écrit en jaune sur noir : DONS DE VÊTEMENTS. On se débarrasse de ce qui nous encombre, en polluant ailleurs, sans le moindre égard pour les panneaux qui expliquent clairement la procédure. Tard le soir, on passe incognito, et le lendemain, on constate le petit dépotoir improvisé.

On débarrasse Jean pour embarrasser Paul.

Les photos de cet article parlent d’elles‑mêmes.

Tu as des vêtements à donner ? Tu vas au conteneur prévu à cet effet et tu les déposes à l’intérieur. Il est plein? Tu gardes ta garde‑robe dans ta voiture et tu repasses plus tard.

Plus simple que ça, tu meurs.

Plus facile que ça, c’est impossible.

Et en prime, tu contribues à un environnement visuellement agréable. Tu n’es pas un cochon : alors sois cohérent et agis comme un citoyen respectueux des consignes.

AUTORISATION

Je ne sais pas, mais la Caisse populaire Desjardins a sûrement autorisé un organisme à laisser ce conteneur en permanence sur son terrain. Pensez-vous que ce citoyen corporatif trouve élégant que ses clients soient accueillis par ce qui ressemble à une soue à cochons, pour reprendre une expression populaire ? La moindre des choses, c’est d’être reconnaissant et responsable, et de garder ces lieux propres.

Vous avez l’intention noble et charitable de donner vos vêtements pour aider les plus démunis. Alors vos bonnes intentions devraient inclure le minimum qu’on vous demande en retour.

Sous la pluie, c’est encore pire : les vêtements laissés à ciel ouvert deviennent détrempés, moins attrayants, et doivent être lavés avant d’être redistribués.

À quelle fréquence ces vêtements sont-ils ramassés? Je l’ignore. Mais il serait peut-être souhaitable que ce soit le plus souvent possible.

Alors, la prochaine fois que vous déposerez vos dons, rappelez-vous que tout ce travail repose sur beaucoup de bénévolat. Des gens qui s’impliquent pour le bien de toute la communauté. Ne laissez pas traîner vos dons et agissez en bons citoyens tout en respectant les consignes. Vous contribuerez ainsi à maintenir un environnement propre et agréable à l’œil.

Pour vos meubles, La Prairie met à votre disposition une cueillette régulière des volumineux, ainsi qu’un écocentre gratuit pour ses citoyens. À vous d’en profiter.

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+0.099 %

Humour

Quelle belle surprise découverte hier matin… Un cadeau de notre gouvernement canadien !

IA

Eh oui. En consultant le site de mon institution bancaire, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ma pension fédérale de la Sécurité de la vieillesse avait été augmentée… de 74 sous.

Mon épouse également. Doublement surpris !

Je suis renversé. Une telle somme, ça change une vie. Je me demande encore comment je vais gérer cette soudaine prospérité. Peut-être devrais-je engager un comptable spécialisé en fortunes colossales.

Dans les faits, cette « hausse » représente — tenez-vous bien — 0,099 %.

On frôle l’indécence.

J’ai donc immédiatement prévenu mon conseiller financier : qu’il investisse ce pactole inattendu sans tarder, et surtout dans des valeurs sûres. On ne plaisante pas avec des montants d’une telle ampleur.

DEUX SORTES DE « VIEUX »

Vous n’avez pas idée à quel point j’ai hâte à l’automne. J’aurai enfin 75 ans. Et qu’arrive-t-il à 75 ans ? Une majoration substantielle, gracieuseté de l’ami Justin.

Un vrai visionnaire, celui-là.

Vous vous souvenez : il y a quelques années, cet ancien professeur devenu premier ministre avait décidé de réinventer la structure des pensions fédérales. Résultat : deux catégories de retraités. Les « vieux »… et les « vieux-vieux ».

Une trouvaille digne d’un roman de fiction, mais appliquée à la vraie vie.

Les « vieux » (65 à 74 ans) n’avaient droit à rien. Les « vieux-vieux » (75 ans et plus), eux, recevaient une généreuse augmentation mensuelle à vie, de 10 % dès le mois de leur 75e anniversaire.

Une façon subtile de dire : « Félicitations, vous êtes officiellement assez vieux pour mériter un peu plus. »

Justin, le malin, avait trouvé l’occasion parfaite pour diviser les aînés en deux espèces.

L’art de semer la pagaille, version fédérale.

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Les médecins spécialistes ont gain de cause avec Québec

Opinion

Les médecins spécialistes ont obtenu une augmentation pouvant atteindre 11 % de l’enveloppe globale de 5 G$ consacrée à leur rémunération, aux cibles de performance et aux frais de cabinets.

Cette entente avec le gouvernement du Québec a été entérinée en soirée, le 23 avril dernier.

LES CIBLES À ATTEINDRE

Pour obtenir tout cela, ils devront atteindre certaines cibles d’ici deux ans. Est‑ce possible ?

IA

Soyez assuré que j’ai bien noté la date d’expiration pour constater si elles auront été atteintes.

L’accord introduit de nouvelles cibles de performance cliniques en augmentant le nombre de rendez‑vous tout en réduisant les listes d’attente. Au total, 80 000 nouveaux rendez‑vous par année sont prévus grâce à l’augmentation des plages offertes.

900 000 Québécois attendent présentement un rendez‑vous…

Aussi, le nombre de patients en attente de chirurgie depuis plus d’une année, qui est présentement d’environ 4000, devra passer à moins de 1000 d’ici deux ans.

Autre obligation : le nombre de patients en attente d’une chirurgie oncologique prioritaire devra chuter de 325 à moins de 50 au cours de la même période.

VŒUX PIEUX

L’année dernière, c’était aux médecins omnipraticiens de conclure des ententes similaires avec le gouvernement. Permettez‑moi d’être incrédule devant les différentes cibles à atteindre de la part de ces deux fédérations.

En 2028, tout devrait être réglé. Les cibles auront été atteintes et le délai d’attente aux urgences sera presque nul.

« Tiens… tiens… Voilà que je fabule…! »

J’ai de gros doutes sur ces promesses. Ce n’est pas la première fois que les médecins nous tiennent par les bijoux de famille.

C’est noté dans mon agenda.

On s’en reparlera.


Un même plan pour les bâtiments

Opinion

J’écoutais récemment l’émission de Benoît Dutrisac sur QUB Radio, où il proposait des pistes de solution pour accélérer enfin la construction du nouvel hôpital Maisonneuve‑Rosemont.

Et j’étais entièrement d’accord avec lui.

Son idée était simple : tous les hôpitaux devraient être construits à partir des mêmes plans, comme on l’a fait pour le CHUM. Une approche standardisée éviterait des coûts absolument inutiles et éliminerait une étape complète avant même le début du chantier.

Pourquoi pas ?

CHRONOLOGIE DU DOSSIER

Idée du projet : discutée depuis 2010

Phase officielle de réalisation : 23 avril 2026

Travaux préparatoires : dès 2026

Ouverture prévue : 2036

Ça n’a aucun sens de mettre un quart de siècle pour réaliser un projet hospitalier. Surtout quand on sait que le CHUM — un projet beaucoup plus complexe, regroupant trois hôpitaux (Hôtel‑Dieu, Notre‑Dame et Saint‑Luc) — a pris 17 ans à se concrétiser.

Le CUSM, lui, a mis 20 ans (1995–2015) et regroupait le Royal Victoria, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Institut thoracique et plusieurs autres services.

UN MÊME MODÈLE POUR TOUS

On construit déjà des milliers d’unités d’habitation à partir d’un même plan. Alors pourquoi ne pas appliquer la même logique aux centres hospitaliers ? On économiserait du temps, de l’argent et des ressources, trois éléments critiques dans des projets d’une telle envergure.

On pourrait même adopter la même approche pour les écoles. D’ailleurs, on voit déjà apparaître des écoles modulaires : simples, rapides et efficaces.

Pendant des décennies, les églises du Québec se ressemblaient toutes.

Partout dans le monde, des projets similaires se réalisent beaucoup plus rapidement. Pourquoi est‑ce impossible chez nous ?

Pendant ce temps, Maisonneuve‑Rosemont se détériore à vue d’œil depuis 16 ans, et on prévoit encore dix ans avant sa renaissance. C’est tout simplement inacceptable.


Illusion et réalité

Alimentation

Ça fait longtemps que je voulais en parler. Après plusieurs expériences dignes d’un film catastrophe, je vais vous avouer quelque chose… La restauration rapide, c’est un peu comme les photos de rencontres en ligne : la promesse est belle, mais la réalité… ouf.

Comme tout le monde, je regarde les publicités à la télé, surtout le soir, quand on est vulnérable, affamé, et que les annonceurs le savent très bien. Ils nous bombardent de burgers, de frites, de sauces qui brillent comme si elles avaient été polies à la cire d’auto. J’appelle ça du subliminal agressif.

LE HAMBURGER

Ah, le hamburger. Ce noble met. Mon préféré, juste après le chien-chaud — qui, lui, a la décence de ne jamais me décevoir. Un vrai ami, le chien-chaud.

Sans nommer aucun restaurant (mais vous les connaissez tous), leurs produits n’arrivent jamais dans leur plus belle tenue. On dirait qu’ils se sont habillés dans le noir.

Prenons le hamburger de la publicité. Il est parfait. La boulette est dodue comme si elle avait fait du culturisme. Le fromage est centré au laser. La laitue a été coiffée par un styliste capillaire. Aucune imperfection. On dirait une œuvre d’art. On hésite presque à le manger tellement il est beau.

LA RÉALITÉ

Puis vous arrivez au restaurant. Vous commandez ce chef-d’œuvre qui vous hante depuis la veille. Vous salivez déjà. Vous déballez la chose…

IA

Et là, c’est le drame.

Le hamburger ressemble à quelqu’un qui vient de se lever d’une sieste de trois heures sur le divan. La boulette a glissé sur le côté comme si elle tentait de s’enfuir. Le pain laisse la viande à découvert, façon décolleté involontaire. La sauce déborde comme si quelqu’un avait éternué dedans. Vos babines deviennent une toile d’art abstrait.

À chaque bouchée, vos mains se transforment en patinoire à sauce. Vous tentez de réassembler le tout, mais ça glisse, ça fuit, ça s’effondre. Finalement, vous mangez plus vite juste pour passer aux frites, qui — heureusement — sont les seules à respecter le contrat.

Je n’ai jamais, de toute ma vie, mis la main sur le hamburger de la publicité. Jamais. La seule chose vraie dans tout ça, c’est le terme qu’on utilise : du fast-food. Parce que tout se passe vite : la commande, la déception, et le regret.

Je suis persuadé que le hamburger de la publicité passe plus de temps au maquillage qu’une vedette de cinéma avant un gala. On le bichonne, on le vaporise, on le photographie sous son meilleur angle… et nous, pauvres mortels, on hérite de son cousin fatigué.

Bon appétit !


Postes Canada en dégringolade

Opinion

Cela fait plusieurs années que la situation était prévisible. Dès l’arrivée du courriel, la lente agonie de cette société d’État était amorcée.

Malheureusement, un tel mastodonte ne peut pas se retourner sur un dix cents, pour reprendre l’expression populaire. Et il faut le dire : la gestion interne n’a rien fait pour améliorer les choses.

IA

Les courriels ont fait leur apparition dans les années 1980 et ont rapidement été adoptés partout, au point où il devenait soudain simple et rapide de correspondre. Dès ce moment, Postes Canada ne s’est pas imposée. L’organisation a continué de fonctionner comme avant, sans réelle réaction.

La société est tellement vaste qu’il devient extrêmement complexe de réajuster le tir tout en continuant de desservir la population canadienne. La poste-lettre s’est effondrée lentement mais sûrement, au point de menacer le métier même du facteur qui livre à domicile. Celui-ci deviendra bientôt une légende.

On l’a remplacé peu à peu par les boîtes communautaires. Et ça continue.

On y est.

Sauf pour les cas exceptionnels, la livraison du courrier postal en personne disparaîtra presque complètement au Canada d’ici cinq ans. Cela ne s’appliquera toutefois qu’aux personnes qui n’ont aucune autre option pour recevoir leur courrier : aînés, personnes en perte d’autonomie, et autres situations particulières. La liste reste à préciser.

Trop long !

Postes Canada affirme que 75 % des Canadiens récupèrent déjà leur courrier dans des boîtes communautaires. Dans ce contexte, cinq ans pour convertir les 25 % restants, c’est long. Trop long !

GASPILLAGE

Trois membres de ma famille ont fait carrière à Postes Canada. Les salaires étaient respectables, mais la société ne lésinait pas sur l’abondance et la qualité de sa correspondance interne. Elle était de premier plan, même jusqu’à tout récemment.

Les communications étaient toujours imprimées sur un papier glacé, en couleur. Imaginez le coût d’un tel service pancanadien pour 68 000 employés, selon le rapport annuel 2023.

C’est peut-être un détail, mais probablement la pointe de l’iceberg.

Autre exemple : le déménagement du bureau de poste ici, à La Prairie. Il a fermé il y a quelques années pour être relocalisé 3 ou 4 kilomètres plus loin, dans un bâtiment neuf. L’ancien local est toujours inoccupé et, dans le contexte actuel, aurait très bien pu convenir encore quelques années. Pourquoi ce déménagement?

Cette société, fondée en 1867 — l’année même de la création du Canada — peine à s’adapter à des avancées technologiques qui évoluent à une vitesse fulgurante.

Si elle ne s’ajuste pas rapidement à la réalité d’aujourd’hui, elle risque de disparaître. Un fleuron canadien très mal préparé pour affronter les nouveaux géants que sont Amazon et compagnie, passés maîtres dans l’art de livrer rapidement.