Protection du français
Il y a 50 ans cette année, la question de l’utilisation du français dans le secteur du transport aérien au Québec a déclenché une crise majeure qui a rapidement mobilisé la classe politique. Dans un contexte marqué par la montée du nationalisme, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, y a vu « la crise la plus importante du pays depuis celle de la conscription de 1944 ».
Il n’a alors suffi que d’une simple étincelle pour déclencher ce qui sera bientôt connu comme la « bataille des gens de l’air ». En décembre 1975, deux contrôleurs aériens (Roger Buisson et Serge Cormier) échangent quelques mots en français à l’aéroport de Montréal.
Leur collègue anglophone dépose aussitôt une plainte – ils sont suspendus sans salaire. L’Association des gens de l’air (AGAQ), qui vient tout juste d’être fondée, déclare que ses membres continueront de s’exprimer en français.
Il s’agit d’une des premières mises à l’épreuve concrètes de la Loi sur les langues officielles, adoptée à Ottawa en 1968. Celle-ci avait établi l’égalité du français et de l’anglais au sein de l’administration fédérale et reconnu aux employés le droit de travailler dans la langue officielle de leur choix.
L’AVIATION : CHASSE GARDÉE ANGLOPHONE
À cette époque, l’aviation civile est un secteur où l’anglais domine entièrement, y compris au Québec. Cette situation a pour conséquence que la majorité des postes de haut niveau, notamment ceux de pilotes de ligne, sont occupés par des anglophones. Parallèlement, un nombre croissant de pilotes amateurs québécois – dont plusieurs ne maîtrisent pas l’anglais – doivent néanmoins communiquer avec les contrôleurs aériens, ce qui soulève des enjeux de sécurité.
Face à cette réalité, le gouvernement fédéral intervient. En 1974, le ministre des Transports, Jean Marchand, autorise l’usage du français dans les petits aéroports régionaux du Québec. Il permet le bilinguisme dans les vols à vue, c’est-à-dire des vols non commerciaux. La directive de Marchand suscite des inquiétudes au sein de la communauté anglophone.
Des ministres libéraux, pour la plupart issus du caucus francophone (dont Pierre de Bané et Serge Joyal) et favorables au bilinguisme dans la fonction publique comme remède à la montée du nationalisme québécois, soutienne cette initiative. Le ministre des Transports, Otto Lang, annonce que, dorénavant, le contrôle aérien pourra se faire dans les deux langues.
Les syndicats anglophones, notamment l’Association canadienne du contrôle du trafic aérien (ACCTA) et l’Association canadienne des pilotes de ligne (CALPA), refusent d’accepter cette mesure. Ils invoquent des préoccupations liées à la sécurité des passagers pour défendre l’imposition de l’anglais comme langue unique en aviation. Face à cette pression, le ministre Lang fait volte-face et interdit l’usage du français dans le domaine.
« IL Y A DU FRANÇAIS DANS L’AIR »
Diverses décisions font monter la tension. L’Association des gens de l’air du Québec lance de son côté une campagne pour faire valoir ses revendications. Le syndicat francophone soutient que la majorité des centres de contrôle aérien dans le monde fonctionnent en contexte multilingue, sans compromettre la sécurité.

L’AGAQ, représentée par Clément Richard, se mobilise afin que la Loi sur les langues officielles soit pleinement appliquée dans leur industrie. Sa campagne, menée sous le slogan « Il y a du français dans l’air », rallie plusieurs personnalités publiques et marque l’opinion publique québécoise.
Elle inspire même une chanson à l’auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault, « I Went To The Market ». Au Québec, tous les partis appuient l’association.
En mai 1976, pour ajouter à la crise, la découverte d’une politique d’Air Canada interdisant à son personnel navigant de se parler en français amène le juge Jules Deschênes à se saisir de l’affaire. Celui-ci conclut que le transporteur ne peut se soustraire à la Loi sur les langues officielles. Plus tard confirmé en appel, ce jugement oblige également la compagnie à désormais traduire ses manuels d’instruction.
Entre-temps, la crise s’envenime en juin 1976 alors que les contrôleurs aériens et les pilotes anglophones déclenchent une grève. L’aviation est paralysée au pays pendant neuf jours. À quelques semaines des Jeux olympiques de Montréal, il y a urgence de régler le dossier. Le gouvernement fédéral interdit donc l’usage du français dans l’aviation, du moins jusqu’à ce qu’une commission se prononce sur la question.
UN COMBAT À NE PAS OUBLIER
La commission d’enquête, après avoir patiemment examiné les pratiques internationales, statuera quelques années plus tard. Les commissaires se déclareront unanimement en faveur du bilinguisme dans l’aviation. Le rapport de cette commission, déposé en 1979, amènera enfin la reconnaissance que l’usage du français dans ce contexte est sécuritaire.
Ce combat, qui a ouvert les portes de l’aviation civile aux francophones, mérite d’être souligné et rappelle que la vigilance demeure nécessaire, hier comme aujourd’hui, quand il s’agit de faire respecter une langue.
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Source : Fondation Lionel-Groulx (Journal de Montréal, 20 juin 2026, p61)
Société
La maltraitance se manifeste sous plusieurs formes et se lit sur différents visages. Pour contrer cette problématique sociale, la Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés (LAMAA) est la ressource d’aide privilégiée à contacter en cas de doute.
Au bout du fil, des intervenants écoutent et accompagnent les personnes aînées et autres adultes en situation de vulnérabilité, ou les personnes qui en sont témoins. Ils les dirigent vers les ressources appropriées et soutiennent les intervenants qui œuvrent auprès d’elles afin de mettre fin aux situations de maltraitance.

Une situation de maltraitance peut être vécue par n’importe qui. Lorsqu’une action posée (attitude, parole, geste) ou un défaut d’action appropriée cause du tort ou de la détresse à une personne, il peut s’agir de maltraitance, et ce, que la situation soit intentionnelle ou non, qu’elle ne survienne qu’une seule fois ou à répétition.
Une personne qui s’isole lors de rassemblements familiaux, qui a peur lorsque le téléphone sonne, qui affiche des symptômes dépressifs, qui est à court d’argent pour subvenir à ses besoins, qui cesse soudainement de prendre ses médicaments ou qui présente des blessures, tout cela peut révéler des indices d’une situation potentielle de maltraitance.
« La maltraitance, c’est l’affaire de tous. Il faut rester alerte et s’intéresser aux autres sans imposer son jugement. Être à l’écoute, respecter le rythme de la personne maltraitée, ne pas lui dire quoi faire et nous appeler en cas de doute sont des réflexes à adopter », précise Lorena Solervicens, travailleuse sociale à la Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés (LAMAA).
LES SEPT FORMES DE LA MALTRAITANCE
Parmi les appels confidentiels et anonymes placés à cette lige d’écoute et de référence spécialisée provinciale, la maltraitance psychologique est la plus fréquemment rapportée. Mais il en existe six autres : physique, matérielle ou financière, sexuelle, organisationnelle, l’âgisme et la violation des droits.
Des insultes répétées, des coups portés, des tractations bancaires réalisées sans consentement, des relations sexuelles exigées, des droits bafoués (consentir ou non à un service, empêcher d’exercer son droit de vote, imposer la pratique d’une religion, etc.) et de la discrimination selon l’âge ne représentent que quelques-unes des nombreuses situations de maltraitance.
La maltraitance peut entraîner, par exemple, de l’isolement, des problèmes de santé mentale, des idées suicidaires, de la difficulté à dormir, de la perte d’appétit, l’endettement, la détérioration de l’état de santé et même le décès prématuré de la personne qui la subit.
DE L’AIDE PRÉCIEUSE ACCESSIBLE
« Quand une personne a un doute, qu’elle est mal à l’aise avec ce qu’elle vit ou quand elle ne sait pas quoi faire, que la situation ne change pas, qu’elle vit des craintes et des peurs pour elle ou pour autrui, c’est le moment d’appeler la Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés », ajoute Mme Solervicens.
Au bout du fil, des intervenants sont là pour écouter les gens et les référer vers les ressources appropriées. Depuis la bonification du mandat de la LAMAA en 2022, ils peuvent également accompagner les personnes en situation de maltraitance dans leurs démarches de dénonciation.
« Lorsque les gens nous appellent, on reconnaît et on respecte leur capacité à prendre des décisions pour eux-mêmes. On les écoute, on détermine leurs objectifs, on les informe sur leurs droits et on cherche des solutions avec eux, sans rien imposer. On mise sur leur pouvoir d’agir et on procède avec leur consentement », précise Mme Solervicens.
Pour en savoir plus sur la maltraitance envers les personnes aînées, consultez Québec.ca/MaltraitanceAînés.
Pour une demande d’aide et de l’accompagnement face à une situation de maltraitance, que vous en soyez victime ou témoin, appelez le 1 888 489-2287 et visitez le site lignemaltraitance.ca
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LA LIGNE AIDE MALTRAITANCE ADULTES AÎNÉS EN QUELQUES CHIFFRES
– 9650 appels ont été faits entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025, représentant une hausse de 14 % comparativement à l’année précédente.
– 87 % des appels concernaient une situation de maltraitance :
– 65 % des situations concernaient des personnes âgées de 70 à 89 ans.
– 66 % des personnes concernées étaient des femmes.
– 1112 appels provenaient de professionnels, soit une augmentation de 24 %.
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Source : Cette page a été produite par le département de publicitaire du Journal de Montréal en collaboration avec le gouvernement du Québec, et publié en page 19 de l’édition du 15 juin 2026 du Journal de Montréal.
Réflexion
Tout le monde a été plongé dans l’horreur, lundi dernier, 22 juin, à Montréal dans le quartier Côte-des-Neiges. En furetant sur Facebook, je suis tombé sur le merveilleux texte de Lucie. Est-ce un nom fictif, une vraie personne, ou le texte a été inventé pour l’occasion ? Je ne sais pas. Mais il provoque une réflexion profonde. C’est ce que je vous partage aujourd’hui.
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Je m’appelle Lucie, j’ai 57 ans, pis je travaille dans une petite boulangerie à Côte-des-Neiges. Pas une boulangerie fancy avec des croissants à 8 $, des murs en béton poli pis des cafés avec des feuilles dessinées dans la mousse.
Une vraie petite boulangerie. Celle où les madames achètent leur pain tranché. Où les étudiants prennent un café trop vite avant le métro. Où les travailleurs de chantier entrent avec de la poussière sur les bottes. Où les vieux messieurs restent un peu plus longtemps que nécessaire parce que chez eux, c’est silencieux.
Mardi matin, le 23 juin, je suis arrivée plus tôt que d’habitude. Il faisait beau. Trop beau pour le lendemain d’une journée pareille.
La veille, le quartier avait figé. Sirènes. Rues barrées. Messages aux familles. Téléphones qui vibrent. Rideaux entrouverts. Clients qui n’arrivaient pas. Employés qui demandaient s’ils devaient rentrer ou rester chez eux.
Une fusillade.
Un policier mort.
Un citoyen mort.
Un autre policier blessé.
Des familles brisées.
Un quartier qui ne respirait plus pareil. Moi, je n’étais pas sur la scène. Je n’ai rien vu de près. Pis honnêtement, je ne veux pas voir les vidéos. On n’a pas besoin de tout voir pour comprendre que c’est grave. Des fois, respecter les morts, c’est aussi refuser de transformer leur dernière minute en contenu.
À 6 h 15, j’ai sorti les baguettes du four. D’habitude, cette odeur-là me rassure. Le pain chaud, c’est simple. C’est vivant. C’est le matin qui commence. Mais ce matin-là, même le pain chaud avait l’air de marcher sur la pointe des pieds.
La première cliente est entrée à 6 h 42. Madame Cohen. Elle habite le quartier depuis plus longtemps que moi. Toujours bien mise. Toujours un sac réutilisable plié dans son sac. Toujours deux pains, pas un. Un pour elle. Un pour sa voisine.
Elle a fermé la porte derrière elle doucement, comme si elle entrait dans une chambre d’hôpital. Elle m’a regardée pis elle a dit :
« Lucie… c’est arrivé tellement proche. »
J’ai juste répondu :
« Je sais. »
Parce qu’il y a des matins où les grandes phrases ne servent à rien. Elle a pris ses pains. Ses mains tremblaient un peu. Je lui ai demandé si elle voulait un café. Elle a dit non. Puis elle a dit oui. Elle s’est assise près de la fenêtre. Pas longtemps. Juste assez pour boire trois gorgées pis regarder dehors.
La rue était normale, mais pas normale. Les autobus passaient. Les gens marchaient. Les commerces ouvraient. Mais tout le monde avait ce petit ralentissement dans le corps. Comme quand tu passes devant une maison qui a brûlé. Tu regardes sans vouloir regarder.
Vers 8 h, un policier est entré. Pas pour acheter beaucoup. Juste un café noir. Il avait les yeux rouges. Pas besoin d’être proche de lui pour comprendre qu’il n’avait pas dormi.
Il a sorti sa carte. Je lui ai dit :
« Laissez faire. C’est correct. »
Il a secoué la tête.
« Non, madame. Je vais payer. »
Je lui ai répondu :
« Aujourd’hui, je ne vous demande pas la permission. »
Il m’a regardée. Une seconde. Puis il a baissé les yeux. Pas un grand moment de cinéma. Pas de musique. Pas de discours. Juste un homme en uniforme, avec un café chaud dans les mains, qui avait l’air d’avoir perdu quelqu’un. Avant de sortir, il a dit :
« Merci. »
Pas fort. Mais assez pour que ça reste dans la boulangerie après son départ.
À 9 h, mon employé, Kevin, est arrivé. 23 ans. Casquette à l’envers. Toujours une blague dans la bouche. Pas ce matin.
Il a mis son tablier en silence. Après dix minutes, il m’a demandé :
« Lucie, tu penses-tu que le monde devient fou ? »
J’ai continué à placer les muffins. Je ne savais pas quoi répondre. Parce que moi aussi, je me pose la question des fois. Quand une personne prend sa haine, sa solitude, ses idées croche, pis décide de les lancer sur des inconnus dans une rue ordinaire, c’est pas juste une nouvelle. C’est une fissure dans le sentiment de sécurité de tout le monde.
Kevin a ajouté :
« Mon petit frère prend le bus là. Des fois il passe proche. »
Voilà ! C’est ça, une tragédie de quartier. Tout le monde se met à calculer. Ma fille aurait pu être là. Mon frère aurait pu passer. Mon père va à cette pharmacie. Ma blonde prend ce chemin. Mon enfant attend l’autobus pas loin.
Le drame n’a plus l’air loin. Il entre dans ton horaire.
À midi, il y avait plus de monde que je pensais. Pas parce que les gens avaient faim. Parce qu’ils voulaient sortir un peu. Voir des visages. Entendre une cloche de porte. Se prouver que le quartier tenait encore debout.
Un monsieur a acheté six chocolatines. Il m’a dit :
« Je vais les porter au poste. Je sais pas quoi faire d’autre. »
Je lui ai mis deux muffins de plus dans le sac. Il m’a regardée. J’ai dit :
« Pour ceux qui n’ont pas mangé. »
Il a hoché la tête.
Des fois, dans les journées trop grandes pour nous, on fait des petits gestes parce que c’est tout ce qu’on a. Un café. Un pain. Une porte tenue ouverte. Un message envoyé. Une main sur une épaule. Un silence respectueux. Ça ne ramène personne. Mais ça empêche le froid de gagner toute la place.
En après-midi, une jeune mère est entrée avec son garçon. Il devait avoir 6 ans. Il a pointé les biscuits en forme d’étoile. Sa mère lui a dit :
« Choisis-en un. »
Le petit a demandé :
« Pourquoi il y a autant de policiers dehors? »
Sa mère a figé. Je l’ai vue chercher les mots.
Comment on explique à un enfant que parfois, même les adultes n’arrivent pas à protéger le monde comme ils voudraient?
Elle a fini par dire :
« Parce qu’hier, il y a eu quelque chose de très triste. Pis aujourd’hui, ils prennent soin du quartier. »
Le petit a réfléchi. Puis il a pris deux biscuits. Il en a gardé un dans sa main, pis il a dit :
« Celui-là, c’est pour un policier. »
Je vous le dis, j’ai dû me tourner vers la machine à café. Parce que des fois, un enfant comprend mieux que nous autres ce qu’il faut faire avec la peine. Il ne l’analyse pas. Il offre un biscuit.
Le soir, avant de fermer, je suis sortie deux minutes devant la boulangerie. Le soleil descendait sur Côte-des-Neiges. Les vitrines reflétaient la lumière. Les gens marchaient plus lentement.
Un autobus a freiné. Quelqu’un riait au loin, presque gêné de rire. La vie revenait. Pas comme avant. Mais elle revenait.
C’est ça qui est étrange avec une ville. Elle peut être blessée le matin, pis continuer à faire du café l’après-midi.
Elle peut pleurer un policier, un citoyen, des familles, pis quand même ouvrir les commerces, nourrir les enfants, conduire les autobus, ramasser les poubelles, servir du pain. Pas parce qu’elle oublie. Parce qu’elle refuse de laisser la peur devenir propriétaire des rues. J’ai barré la porte de la boulangerie plus tard que prévu.
Sur le comptoir, il restait un sac avec deux muffins. Je l’avais gardé pour un policier qui passerait peut-être. Ou pour n’importe qui qui aurait besoin d’un peu de douceur. Je ne sais pas.
Je suis rentrée chez moi avec l’odeur du pain dans mon manteau pis le cœur lourd. Pis je me suis dit qu’au Québec, le 23 juin, on parlait beaucoup de drapeaux, de chansons, de fête nationale, d’identité. Mais ce jour-là, à Côte-des-Neiges, l’identité du Québec, je l’ai vue ailleurs.
Je l’ai vue dans une vieille dame qui tremble mais qui sort quand même chercher du pain pour sa voisine. Je l’ai vue dans un policier fatigué qui dit merci pour un café. Je l’ai vue dans un jeune employé qui s’inquiète pour son petit frère. Je l’ai vue dans un enfant qui veut donner un biscuit. Je l’ai vue dans un quartier blessé qui ne se referme pas complètement.
Parce qu’une société, ce n’est pas seulement ce qu’elle chante quand tout va bien. C’est ce qu’elle protège quand tout va mal.
Pis aujourd’hui, moi, j’espère juste qu’on va protéger les vivants sans oublier les morts. Avec moins de vidéos partagées. Moins de commentaires sales. Moins de haine lancée vite. Pis plus de présence. Plus de douceur. Plus de monde qui regardent leur voisin pis qui disent, même sans grands mots :
« T’es pas tout seul. »
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Consommation
Le 16 juin dernier, je dénonçais dans mon article que Costco facturait des écofrais sur les cannettes de boissons gazeuses qu’il vend. Une pratique qui ne figure toujours pas parmi les produits soumis aux écofrais.
Après enquête, j’ai finalement obtenu des explications.
Il y a exactement trois jours, une personne responsable de la succursale Costco de Candiac m’a fourni des précisions sur cette façon de faire.
NOUVELLES RÈGLES

Le montant facturé découle d’une directive de l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB) – Consignaction, mise à jour et entrée en vigueur le 1er mars dernier.
En réalité, les 2 sous facturés par cannette de boisson gazeuse représentent une contribution des producteurs destinée à l’élaboration, à la mise en œuvre et au soutien financier du système de consigne de certains contenants.
Le montant varie entre 2 et 4 sous, selon le type de contenant visé.
Il ne s’agit donc pas d’écofrais, et Costco devrait remplacer cette appellation par « Contribution », qui serait plus juste.
En conclusion, c’est encore une taxe déguisée, refilée aux consommateurs et qui profite aux producteurs.
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Histoire
LE 24 JUIN, UN MOMENT HISTORIQUE SE DESSINE SANS QUE PERSONNE N’EN MESURE LA PORTÉE
Le 24 juin 1975, le Québec vibre au rythme de ses aspirations nationales. Malgré une météo peu clémente, une foule record converge vers le mont Royal pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste. Entre les prestations de Gilles Vigneault, Louise Forestier et Yvon Deschamps, un moment historique se dessine sans que personne n’en mesure encore la portée : la naissance de Gens du pays, une chanson appelée à devenir l’hymne officieux de tout un peuple.
LA FÊTE À LA MONTAGNE

Plus d’un million de spectateurs se sont donné rendez-vous du 20 au 24 juin pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste.
Le 24 juin, le mont Royal est devenu le plus bel amphithéâtre à ciel ouvert de notre histoire. Tous essayaient de s’approcher de la magnifique scène érigée aux abords du lac aux Castors.
Nous sommes au milieu des années 1970. René Lévesque n’est pas encore au pouvoir, mais partout où il passe, il invite les Québécois à rêver plus grand : celui d’un peuple suffisamment maître de son destin pour siéger parmi les nations du monde.
Depuis toujours, la Saint-Jean-Baptiste est la fête des Canadiens français. Processions religieuses, défilés patriotiques et petits Saint-Jean-Baptiste costumés ont longtemps dominé les célébrations. Le vent du changement souffle sur cette Saint-Jean qui attire des Montréalais de toutes origines. Finies les célébrations figées dans le passé ; l’heure est à la laïcité, aux artistes, à la langue et à la culture d’ici.
Dans le contexte de l’Année internationale de la femme décrétée par l’ONU, c’est Lise Payette qui hérite de la mission de réinventer la fête.
Mais personne ne se doute alors que la soirée du 24 juin donnera naissance à l’une des chansons les plus célèbres de notre histoire. Quelques jours avant le spectacle, l’humoriste Yvon Deschamps lance une idée à la blague. Pourquoi ne pas créer une chanson d’anniversaire pour les Québécois ? Après tout, on célèbre bien l’anniversaire d’un peuple.
CHANTER À L’UNISSON
L’idée fait son chemin jusqu’à Gilles Vigneault. Le poète de Natashquan se met à écrire. Quelques paroles. Une mélodie simple. Rien qui ne laisse présager que la chanson traversera les générations.
Lorsque Vigneault monte sur scène avec Louise Forestier et Yvon Deschamps pour interpréter Gens du pays pour la toute première fois, personne ne sait qu’il vient d’offrir au Québec son hymne officieux.
Aujourd’hui encore, il est difficile de trouver un anniversaire où quelqu’un ne lance pas spontanément le célèbre refrain : « Mon cher… c’est à ton tour de te laisser parler d’amour ».
Peu de chansons peuvent se vanter d’avoir quitté leur auteur pour appartenir à tout un peuple. Mais la magie de cette Saint-Jean ne s’arrête pas là.
Les témoignages de l’époque racontent une foule compacte qui chante à l’unisson. Des milliers de voix qui reprennent les refrains sans qu’aucun écran géant ni téléphone intelligent ne soit nécessaire pour coordonner le tout.
Puis survient un autre moment marquant. Ginette Reno interprète Un peu plus haut, un peu plus loin. Sa voix puissante résonne sur la montagne. Plusieurs observateurs affirmeront plus tard qu’elle a littéralement fait vibrer le mont Royal.
SYMBOLES PUISSANTS
Les images d’archives montrent des spectateurs émus, parfois en larmes. Pour beaucoup, la Saint-Jean de 1975 constitue le moment où la fête cesse définitivement d’être seulement une tradition héritée du passé.
Deux ans plus tard, le gouvernement du Parti québécois fera officiellement du 24 juin la Fête nationale du Québec.
L’année suivante, le mythique spectacle 1 fois 5 réunira Robert Cgarlebois, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Yvon Deschamps devant une foule record. Mais plusieurs historiens de la culture québécoise considèrent aujourd’hui que les bases de ce moment historique ont été posées durant l’extraordinaire Saint-Jean de 1975.
Cinquante ans plus tard, alors que la fête nationale s’apprête une fois de plus à rassembler les Québécois, il vaut la peine de se souvenir qu’une simple chanson écrite pour un spectacle est devenue l’un des symboles les plus puissants de notre identité collective.
Et si, dans quelques jours, vous vous surprenez à chanter Gens du pays autour d’un feu ou devant une scène, souvenez-vous que tout a commencé un soir de juin 1975, sur les pentes du mont Royal, lorsqu’un peuple s’est mis à chanter d’une seule voix.
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Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, 20 juin 2026, p58
Actualités
Hier, Montréal a perdu plus qu’un policier. Elle a perdu un protecteur, un collègue, un ami, un être humain qui avait choisi de consacrer sa vie à la sécurité des autres. La nouvelle de sa mort en devoir nous frappe en plein cœur, rappelant avec brutalité que derrière l’uniforme se trouvent des femmes et des hommes qui acceptent chaque jour de faire face au danger pour que nous puissions vivre en paix.

Ce policier du SPVM est tombé en accomplissant ce qu’il faisait depuis le premier jour : servir et protéger. Servir avec courage, avec professionnalisme, avec cette conviction profonde que la société mérite d’être défendue, même lorsque cela exige le plus grand des sacrifices.
Son départ laisse un vide immense. Dans sa famille, qui perd un être cher. Dans son équipe, qui perd un frère d’armes. Dans la communauté, qui perd un pilier silencieux mais essentiel. Aujourd’hui, nous ne pleurons pas seulement un policier : nous pleurons un citoyen engagé, un être humain qui croyait en la valeur de chaque vie, y compris celles qu’il ne connaissait pas.
À sa famille, nous offrons notre solidarité. À ses collègues, notre respect. À sa mémoire, notre gratitude et nos plus sincères condoléances.
Qu’il repose en paix, et que son courage continue d’inspirer ceux qui poursuivent la mission qu’il a servie jusqu’au bout.
Mis à part du tueur, décédé, la fusillade aura fait également une innocente victime en Michael Moshe Mizrahi, qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. Quant à la partenaire du policier, gravement blessée, sa vie n’est pas en danger.
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Santé et bien-être
Même l’incontinence urinaire touche des millions d’adultes, beaucoup hésitent encore à en parler. Bien que les fuites urinaires puissent devenir plus fréquentes avec l’âge ou à la suite de certaines affections, comme un traitement de la prostate ou un affaiblissement du plancher pelvien, les experts insistent pour dire que vivre avec ce problème n’est pas une fatalité.

En fait, vous ne devriez pas. Des fuites persistantes peuvent perturber les activités quotidiennes, vous amener à éviter les sorties ou les activités sociales et augmenter le risque de chute lorsque vous vous précipitez aux toilettes.
Elles peuvent aussi être le signe de causes médicales traitables, comme des infections, des effets secondaires de médicaments ou des troubles neurologiques. Une consultation avec un professionnel de la santé peut vous aider à trouver la cause ainsi que des options de traitement efficaces.
Parmi les stratégies à envisager :
Grâce à une meilleure vigilance et aux progrès des traitements, vous avez toutes les chances de réduire vos symptômes et de maintenir un mode de vie actif et autonome.
Sources : National Institute on Aging, Clinique Mayo
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Célébration
La Fête des Pères est un moment discret, souvent moins bruyant que d’autres célébrations, mais chargé d’une profondeur qui touche droit au cœur. C’est une journée pour reconnaître ces hommes qui, sans toujours le dire, portent tant sur leurs épaules. Les pères ne se vantent pas. Ils avancent, ils soutiennent, ils protègent. Leur amour est parfois pudique, souvent silencieux, mais toujours solide.

Un père, c’est une présence qui rassure. C’est une main qui se tend quand la vie secoue un peu trop fort. C’est un regard qui encourage, même quand les mots manquent. C’est quelqu’un qui montre la route, non pas en la dictant, mais en la marchant lui-même, avec courage, droiture et patience. Les pères enseignent par l’exemple : comment se relever, comment tenir parole, comment aimer sans conditions.
Pour certains, cette journée est remplie de rires, de repas partagés, de souvenirs qui s’ajoutent aux souvenirs. Pour d’autres, elle porte une nuance plus douce-amère : celle d’un père qui n’est plus là, mais dont la voix continue de résonner dans la mémoire. Un père disparu ne quitte jamais vraiment. Il devient une force intérieure, un repère intime, une lumière qui accompagne chaque décision importante. On entend encore ses conseils, on retrouve ses gestes dans les nôtres, on sent sa présence dans les moments où l’on aurait voulu lui parler.
Aujourd’hui, on célèbre tous les pères : ceux qui sont encore parmi nous, ceux qui veillent de plus haut, ceux qui ont donné la vie, ceux qui ont choisi d’aimer comme des pères, ceux qui ont guidé, soutenu, consolé. À chacun d’eux, merci. Merci pour la force tranquille, pour les sacrifices invisibles, pour les épaules larges et les cœurs immenses.
Parce qu’un père, ça ne s’oublie pas. Ça se porte. Ça se garde. Ça se célèbre.
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Opinion
Le Journal de Montréal nous apprend que le TGV Québec–Toronto « avance ». Avance… sur papier. Encore un éléphant blanc qu’on traîne depuis les années 80.

Et là, on découvre qu’Alto emploie 74 cadres pour 142 employés. Un ratio de 1,91 % cadre par employé. Un projet de train… géré comme une pyramide inversée. Incroyable.
Le PDG, Martin Imbleau, empoche entre 562 000 $ et 661 400 $ par année avec — devinez quoi — la possibilité d’y ajouter un boni variant entre 32,5 % et 65 %. Rien que ça. La popote populaire, ça ne l’intéresse pas.
32,5 % ou 65 %? Ne mettez pas un « deux » sur le 32,5 %. Ce sera 65 %. Sa rémunération pourrait ainsi atteindre 1 091 310 $.
Les cadres supérieurs ? 170 000 $ à 300 000 $, plus des bonis de 15 % à 40 %. Jouez au bingo : c’est le 40 % qui sortira.
Tout ça, évidemment, payé avec NOS impôts.
Et ce n’est pas fini. Depuis 2023, Alto a distribué 65 contrats à des consultants pour 11,4 M$. Des millions qui s’envolent… avant même qu’un seul rail soit posé.
Après les millions $, viennent les milliards $.
Toujours les mêmes gouvernements « généreux » qui dépensent notre argent comme s’il poussait dans les fossés.
Expliquez-moi pourquoi on engage des consultants en plus d’une armée de cadres. On aurait pu réduire les cadres et les remplacer par ces mêmes consultants. Mais non : on empile. On gonfle. On facture.
Avec NOTRE argent, qu’on brûle joyeusement, le projet prendra encore des années avant de voir le jour. Et souvenez-vous de la devise non officielle de nos gouvernements :
« Les surplus sont inévitables. »
Il faudra beaucoup de milliards $ pour réaliser ce projet… s’il se réalise un jour ?
D’ici là, on paie !
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Opinion
Il y a des histoires qui donnent froid dans le dos. Celle-ci en fait partie. Une femme de 67 ans, Pramela Kooblall, exploitant une petite résidence privée, a maltraité trois aînés pendant des mois en 2023. Pas par accident. Pas par manque d’expérience. Par négligence grave, répétée, inhumaine.

On apprend qu’elle forçait ses résidents à rester dans leurs couches souillées, parfois pendant des heures. Qu’elle leur administrait des médicaments qui ne leur étaient pas prescrits, au risque de provoquer des réactions dangereuses. Qu’à mesure que les aînés perdaient en autonomie, elle perdait en patience, en compassion, en humanité.
Et malgré tout cela, elle reçoit une peine de… deux ans moins un jour à purger à la maison.
Une peine qui, soyons francs, n’a rien d’une sanction. C’est une formalité. Un irritant. Une conséquence administrative. Pendant ce temps, les victimes — elles — n’ont pas droit à une « peine à domicile ». Elles vivent avec les séquelles, la peur, la perte de dignité. Elles, on ne les protège pas avec autant de douceur.
LE JUGE SUIT
Le juge, dit-on, a accepté à contrecœur la suggestion commune des procureurs. Encore une fois, la mécanique judiciaire a joué son rôle : on s’entend, on recommande, on suit.
Mais à quoi sert l’indignation du magistrat si, au final, la peine demeure incompréhensible?
À quoi sert de reconnaître la gravité des gestes si la sanction ne la reflète pas?
Ce qui choque, ce n’est pas seulement la clémence. C’est le message envoyé : maltraiter des aînés, même de façon répétée et humiliante, ne mène pas en prison.
C’est la banalisation d’actes qui devraient être considérés comme profondément barbares. C’est l’impression que la justice protège davantage les fautifs que les vulnérables. Et selon des proches, tout n’a même pas été dit. Certains gestes auraient été encore plus graves, encore plus dégradants. Mais même avec ce que l’on sait, la peine demeure dérisoire.
On répète sans cesse que nos aînés méritent respect, sécurité, dignité. Mais tant que des crimes de cette nature se soldent par une peine à domicile, ce ne sont que des mots.
Protéger les aînés exige des sanctions qui ont du poids, qui reconnaissent la souffrance des victimes et qui affirment clairement que la maltraitance n’a pas sa place dans une société qui se dit humaine.
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Protection du français
À La Prairie sur le Chemin de Saint-Jean…

Un autre qui n’a rien compris !
Santé et bien-être
Des lunettes pour voir de loin, d’autres pour lire, des verres bifocaux… avec l’âge, on peut avoir l’impression que la vue ne peut que se détériorer. Toutefois, à la lumière de nouvelles recherches, les experts envisagent désormais d’autres façons de protéger la vision et, dans certains cas, de l’améliorer.

La possibilité d’inverser la perte de vision dépend en grande partie de sa cause. Par exemple, une chirurgie peut restaurer une vision altérée par des cataractes, tandis que des interventions au laser peuvent corriger la myopie ou l’hypermétropie. Bien qu’on ne puisse pas inverser la dégénérescence maculaire liée à l’âge, un diagnostic précoce et un traitement approprié peuvent en ralentir la progression et préserver la vision restante.
Si vous avez effectué des recherches en ligne, vous avez probablement vu des affirmations selon lesquelles la prise de certaines multivitamines ou des exercices oculaires pourraient améliorer la vue.
Malheureusement, la recherche ne corrobore pas ces affirmations. En revanche, les avancées en thérapie génique et en médecine régénérative laissent entrevoir des lendemains prometteurs. D’ailleurs, des chercheurs de la Harvard Medical School ont dernièrement réussi à restaurer la fonction visuelle chez des souris présentant des lésions semblables au glaucome en reprogrammant leurs cellules rétiniennes. Impressionnant, non ?
Entre-temps, des examens réguliers de la vue et de bonnes habitudes de vie – contrôle de la tension artérielle, gestion du diabète, protection des yeux contre le soleil – demeurent les moyens les plus fiables de préserver votre vision à long terme.
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Sources : WebMD, UMass Chan Medical School, Jarvard Medical School