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Au Québec, nous sommes terrorisés par le succès. Dès qu’une affaire marche bien, on s’en débarrasse pour passer à autre chose. C’est comme une patate chaude. Nous sommes des innovateurs mais incapable de nous consolider et vivre pleinement les aléas du succès.
Ce matin, on apprend que le téléroman La promesse, en est à sa septième et dernière année de diffusion. Même s’il rejoint hebdomadairement plus d’un million de téléspectateurs, son auteur veut passer à autre chose. Pas que je sois un fervent téléspectateur de ce genre d’histoire mais je sais qu’autour de moi, ce téléroman est suivi assidument. C’est ça qui, contrairement à nos voisins américains, nous effraie; partir ou quitter avant que les côtes d’écoutes faiblissent ou nous contraignent à tout lâcher. S’arrêter en pleine gloire quoi !
Je ne comprends pas pareil raisonnement. Prenez les séries d’antan comme, Les belles histoires des pays d’en haut, Le temps d’une paix ou autres du genre, on se plait à les regarder en reprise et les côtes d’écoutes sont plus que respectables. On prend plaisir à revoir ces intrigues produites avec la technologie du temps. On se surprend à y trouver une qualité remarquable d’images et de décors malgré les époques. Les téléromans sont le reflet d’une société qui évolue. Hélas leur courte durée nous laisse souvent sur notre appétit. C’est viscéral, on raffole des belles histoires et des émotions qu’elles nous font vivre. On se voit souvent à travers les personnages.
Le phénomène est aussi vrai dans d’autres activités. On n’a qu’à penser aux compagnies québécoises de pointe et visionnaires qui, une fois leur succès assuré, sont vendues à des intérêts étrangers. Le savoir-faire québécois est reconnu partout et malheureusement notre phobie du succès nous empêche d’en jouir pleinement, et d’en continuer le développement.
Pour La promesse, je sais que tôt ou tard ça doit se terminer et que rien n’est éternel, mais malheureusement pour le téléspectateur, le moment est mal choisi.