Agaçant ou irritant… à vous de choisir

Est-ce l’âge ou la retraite ? Quoi qu’il en soit, je suis du genre plutôt patient en général. J’aime observer les gens autour de moi et ce ne sont pas les occasions qui manquent pour s’arrêter, regarder et analyser leurs comportements.

Mais, comme la patience a aussi ses limites, quelques agissements m’horripilent royalement. À l’épicerie, sur la route, à l’extérieur bref, un peu partout, on a l’impression que ces personnes sont seules sur la terre. Pour eux, les règles n’existent pas. Ils sont égocentriques et les autres, ils n’en ont rien à foutre.

Pourtant, vivre en société, c’est se plier à certaines règles de conduite, éviter le stress, se comporter avec courtoisie, pour en faire un monde meilleur. Plusieurs le font à merveille alors que d’autres font monter la tension d’un cran. En voici quelques exemples… et si vous en avez d’autres, allez-y de votre commentaire. Ça fait du bien d’en parler et ça évacue le trop plein de frustrations.

À L’ÉPICERIE

Lorsque le panier contient plus de 20 articles et que la personne décide de passer à la caisse rapide pour 12 articles ou moins.

Alors que le client règle une grosse commande et présentant une quarantaine de bons de réduction.

Les consommateurs qui se débarrassent de leur panier d’épicerie ailleurs qu’aux endroits prévus.

SUR LA ROUTE

Les conducteurs incapables de se garer dans un espace de stationnement, sans empiéter sur les lignes de démarcation.

Les gens qui achètent des voitures sans prendre l’option des clignotants.

Les conducteurs qui s’insèrent effrontément et hypocritement dans une longue file de voitures pour essayer de gagner quelques places.

Les conducteurs qui ne diminuent pas la force de leurs phares lorsqu’ils rencontrent d’autres voitures.

Les conducteurs pour qui les lignes sur la chaussée n’ont aucune signification.

Les conducteurs qui suivent de trop près.

Les cyclistes qui en prennent large sur les routes et qui ignorent la file indienne.

Les cyclistes qui n’obéissent pas à la signalisation.

Les gens qui prennent l’accotement pour un dépotoir à ciel ouvert.

EN SOCIÉTÉ

Les gens qui se fichent de tout ce qui est consigne.

Ceux qui promènent leur chien sans laisse et qui profitent de la noirceur pour ne pas ramasser les crottes.

J’en ai oublié ? Ne vous gênez pas pour vous exprimer.

Toujours la langue française

Pour rester dans le bon ton de la présente campagne électorale, hormis l’immigration, la disparition de la langue française anime toujours le débat. Récemment, Antoine Robitaille, chroniqueur au Journal de Montréal, y allait de son article lui aussi sur cet épineux sujet. Il rejoint ainsi mon opinion déjà exprimée sur ce blogue, et c’est ce que je veux partager avec vous en ce dimanche matin zen.

L’EFFACEMENT DU FRANÇAIS Antoine Robitaille

Au moment d’écrire ces lignes, quelques heures avant le débat des chefs, j’ignore s’il a été question du français. Peut-être un peu dans le segment « identité et question nationale », notamment en lien avec la déclaration de François Legault sur ses craintes que ses petits-enfants ne parlent pas français.

PICTOGRAMMES

Gageons qu’on lui a reproché, qu’on a laissé entendre que c’était « xénophobe ».

Je me sens coupable, car j’éprouve à l’occasion des inquiétudes similaires. Pas à cause de l’immigration, mais surtout de l’indifférence, à l’égard du français, de mon gouvernement et d’une partie de ma société.

Dernier exemple, le ministre des Transports André Fortin a décidé qu’on éviterait désormais le plus possible le français sur les panneaux routiers pour le remplacer par des… pictogrammes.

Il a suffi d’une pétition de 7 000 noms réclamant le bilinguisme sur « tous les panneaux et alertes/messages électroniques relatifs à la santé ou la sécurité ».

Pour ne pas céder au bilinguisme proscrit par la loi, Fortin a opté pour l’effacement du français.

SÉCURITÉ

« C’est une question de sécurité », a insisté le député David Birnbaum. Depuis 1977 (année de l’adoption de la loi 101), l’affichage français a-t-il mis en péril la sécurité des automobilistes ? En tout cas, le bilan routier du Québec n’a cessé de s’améliorer depuis.

Le français semble déranger sur ce continent. Plusieurs Québécois intériorisent ce sentiment. Au lieu de valoriser leur différence, ils s’en excusent, souhaitent la « pictogrammiser ».

Même si le Québec est officieusement une « province bilingue », ils voudraient qu’ils le deviennent officiellement. Pour qu’aucun anglophone, jamais, ne se fasse « imposer » ne serait-ce qu’un peu de français.

Le Nouveau-Brunswick, officiellement « bilingue », lui, n’est pas foutu d’organiser un débat des chefs en français. De notre côté, nous en aurons un en anglais, la semaine prochaine. Parfois, j’ai l’impression que nous aspirons à devenir, selon la formule grinçante de Michel Hébert, « un nouveau Nouveau-Brunswick ».

La réelle menace du français au Québec

Dans son article paru dans le Journal de Montréal du 11 septembre, le sociologue Mathieu Bock-Côté vient corroborer à sa façon, l’inquiétude émise par François Legault sur la disparition du français au Québec dans une trentaine d’années. Une opinion que je partage complètement.

À titre d’exemple, alors que j’étais dans un supermarché de Brossard, et au moment de passer à la caisse, j’ai été servi en français mais, dès la transaction terminée, les employés ont commencé à converser en anglais entre eux. Client suivant. Même constat ! C’est là, la réelle menace envers la langue française; son usage. Même si les personnes sont bilingues, leur langue de conversation privilégiée est l’anglais et c’est de plus en plus évident et fréquent, lorsqu’on prête attention partout autour de nous.

C’est le texte que je partage avec vous aujourd’hui.

FRANÇAIS, IMMIGRATION, IDENTITÉ Mathieu Bock-Côté

En annonçant que ses petits-enfants risquaient de ne plus parler français à cause de l’immigration massive, François Legault y est allé d’une formule trop forte, et ses adversaires en ont profité pour faire son procès en disant qu’il jouait au prophète de malheur.

RÉGRESSION

Mais Legault ne se trompait pas sur l’essentiel : nous sommes témoins d’une régression inquiétante du français, masquée par quelques statistiques illusoires, sans cesse martelées dans les médias. On nous répète ainsi que 95% de ceux qui habitent le Québec peuvent soutenir une conversation en français. Mais cela ne nous dit rien sur la langue commune, qui, elle, régresse, comme on peut en faire quotidiennement l’expérience.

Je m’explique : ils sont nombreux, très nombreux, chez les immigrés ou descendants d’immigrés, à pouvoir parler français, mais à préférer parler anglais entre eux. Et plus ce phénomène s’étend, plus la langue normale de notre métropole devient l’anglais. Le jour où 100% des Montréalais pourront soutenir une conversation en français, mais que 35% seulement le parleront au quotidien, faudra-t-il se réjouir ?

Politiquement parlant, il est bien de voir la question du français revenir au cœur de notre vie politique. Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, parler d’identité, c’était parler de laïcité. La question n’était pas vaine, et il faudra y revenir, de préférence en l’accouplant à la question du français, car les deux vont de pair et définissent deux dimensions de l’identité québécoise.

INDÉPENDANCE

Mais cela dit, sur le plan linguistique, il y a urgence en la demeure. Et il ne suffira pas d’investir davantage en francisation. C’est aussi une question de rapport de force politique. Au Québec, sous la pression du régime fédéral, le français n’est qu’une langue sur deux, et la loi 101 a de moins en moins de mordant.

On y revient. La seule manière d’assurer l’avenir du peuple québécois, c’est de réaliser l’indépendance.

Si la France s’anglicise, on n’est pas à l’abri du même sort

France anglicisée2Je le dis et je le répète, nous serons assimilés vers 2050. Le mouvement progresse lentement mais sûrement. Loin d’être une priorité de nos politiciens québécois, nous sombrons vers l’anglicisation comme certaines provinces canadiennes ont connu jadis. Je comprends parfaitement que l’anglais soit LA langue des affaires et de la mondialisation, mais il faut protéger la nôtre. Protéger notre patrimoine au Québec pour éviter de sombrer dans l’oubli. La langue française demeure la plus grande richesse à préserver. Hélas, seuls les dinosaures de ma génération et celle de nos pères y croient encore.

Promenez-vous à Montréal et à Brossard ainsi que dans les milieux huppés… les conversations se font en anglais, et on est qu’en 2018. C’est très malheureux. Pire, les jeunes conversent constamment en anglais entre eux, même s’ils sont bilingues. Et pire encore, les nouveaux arrivants, majoritairement, ne parlent pas français. Bref, après qu’on soit devenus bilingue, la vie est belle, l’avenir nous appartient et on se fout du français.

Je ne reviens pas de France mais après lecture de l’article de Gilles Proulx, qui lui en revient, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal, force est de constater que ce qui s’y passe dépasse l’entendement. Le français s’anglicise et en France, c’est tout un virage qui prouve qu’ici au Québec, si on n’y voit pas, nous ne sommes pas à l’abri du même sort. Voici son constat !

LA NEW FRANCE DE MACRON Gilles Proulx

Je reviens d’un voyage en France où l’anglomanie galope comme nulle part ailleurs.

Incapable de s’exprimer correctement en anglais, le Français fait souvent rire de lui… mais il ne le sait pas, il se pense cool. L’entourage du président baragouine un franglais qui se veut hip. « Yes, la meuf est dead », a déjà texté une relationniste de Macron à la mort d’une grande dame de la politique, Simone Weil.

On ne voit pas une semblable bêtise en Allemagne ou en Italie. Juste en France. Why ?

COURSE ANGLICISANTE

Les Galeries Lafayette annoncent le back to school. Les restos proposent un menu kids. Mon hôtel offre un press corner pour lire les journaux et un social wall avec des photos des stars y ayant séjourné. Et si vous avez besoin d’un dentiste, la smile team vous aidera. À Vichy, on aménage des easy parkings. Chez McDo, on a des happy meals. Même au kiosque d’Air Transat à Paris, deux représentants unilingues anglais me reçoivent.

Si vous relevez ces âneries aux jeunes Français, ils vous regardent comme si vous étiez d’un autre siècle (et notre Québec n’est-il pas une réplique aux yeux de la New France de Macron ?). Bientôt, cette jeunesse anglicisée bénéficiera d’une grammaire amputée si l’on suit la récente recommandation belge d’abandonner un certain accord du participe passé trop difficile pour les cancres…

INFANTICIDE LINGUISTIQUE

Comme le savent l’« immortel » Dany Laferrière ou la secrétaire générale Michaëlle Jean – mais qui les écoute ? –, les démographes sont pourtant formels : avec l’accroissement de la population africaine, le français sera bientôt l’une des langues les plus parlées du monde… sauf par les Français eux-mêmes ! Leur fierté est si inexistante que je n’ai vu aucune casquette ni aucun chandail célébrant la France championne de la Coupe du monde.

La France commettra-t-elle l’infanticide linguistique ? Vite ! Il faut une « loi 101 » made in France ! Et que le français et l’allemand deviennent les seules langues officielles de l’Europe… now that the Brits are leaving !

Salmigondis

L’HIVER À L’ANNÉE DES TIM HORTONS

C’est fou comme il fait froid dans les Tim Hortons. Ils mettent l’air climatisée tellement froid que les jours de canicule, les fenêtres sont ruisselantes d’eau. Il me semble qu’une température intérieure de  20-21°C serait amplement rafraîchissante. À moins que ce soit une tactique pour vendre plus de café…

LA GRAND-MAMAN AU PITBULL VENDAIT DE LA DROGUE

Sans être généralisé, l’achat d’un pitbull semble être le corollaire de ceux et celles qui fraient avec l’illégalité. La grand-mère qui s’était portée acquéreur de cette bête féroce vendait de l’ecstasy aux yeux de sa petite-fille. Avec un molosse de cet acabit, on éloigne les curieux. On n’aime pas cette brute à pattes, mais ça fait la job. L’inconsciente grand-mère, contrairement aux avertissements de l’ex-propriétaire du chien, lui a enlevé sa muselière. Il n’en fallait pas plus pour que le fauve s’exécute… et des enfants en ont payé le prix fort.

UNE CHANCE QUE LE RIDICULE NE TUE PAS

Sinon, il y aurait beaucoup de morts, surtout au ministère de la Sécurité publique. Le bandit John Boulachanis, condamné à la prison à perpétuité pour meurtre, viens d’obtenir du tribunal le remboursement de 134$ pour des objets personnels égarés, dont quelques revues érotiques, des bobettes et autres babioles. C’est ça notre société moderne… de mous. Nous sommes passés champions des idioties et des nounouneries. Tous ça, depuis que PET nous a imposé sa Charte dans la gorge. Et son fils est maintenant à la tête du pays. Trudeau, Trump… on n’est pas sorti du bois.

LES ROUTES DU QUÉBEC EN PITEUX ÉTAT

Statistique Canada vient de publier une étude sur l’état des routes au pays et, ne soyez pas surpris, le Québec en sort grand gagnant et par une importante marge, du pire état des routes de tout le Canada. Nos grandes artères sont en mauvais ou très mauvais état dans une proportion de 43,6%. Les autoroutes, 49% et les tunnels 27,7% alors que la moyenne canadienne est de 15,5%. Pourtant, le Québec n’est pas la province ayant le plus de kilomètres et elle est amplement surpassée à ce chapitre, par l’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario. Bizarre… on n’en parle pas durant cette campagne électorale ???

LE QUÉBEC VA PAYER LE CO-VOITURAGE

Une autre bouffonnerie qui n’a aucun sens. Comment va se faire le contrôle ? Les cracks de l’informatique vont te saboter l’application en moins de deux. On va se faire siphonner tellement rapidement que l’application ne tiendra pas deux mois. Pour régler le problème de circulation à Montréal et sa banlieue, il faut mettre trois fois plus de véhicules de transport en commun et diminuer les tarifs des deux tiers. Très simple… trop simple finalement. Mais avant tout, il faut entretenir sans limites le réseau routier et ne pas attendre que tout nous pète en plein visage, comme c’est le cas actuellement, pour réparer.

POURQUOI NOS GESTIONNAIRES SONT SI INCOMPÉTENTS ?

Vous vous souvenez de l’époque des bulletins sans notes, de l’absence de doublage scolaire lorsque la note de passage n’est pas atteinte ? On ne recula pas d’une période trop éloignée. Alors à voir aller nos gestionnaires qui sont issus de cette génération, on est en droit de se poser cette question. Un manque de connaissance flagrant et surtout un salaire disproportionné. Voilà une bonne part de conséquence de cette période réformiste de l’enseignement dans les écoles… et je vous fait grâce de la période phonétique qui s’est soldée par un français écrit lamentable et gênant.

Les pitbulls, une race maudite

Comme la mairesse Plante, beaucoup de personnes ne blâment pas les chiens de race pitbull pour les récentes épisodes de violentes agressions dont ils sont les agresseurs majoritaires. Même si d’autres molosses de même acabit s’y joignent, une vérité demeure; les pitbulls sont les plus dangereux. Ils sont une race maudite, et n’est pas né le politicien qui adoptera une position ferme pour les interdire. Madame Plante fait partie des mous, au même titre que les autres fanatiques de ces bêtes qui n’y voient d’anormal.

Dans son édition du 27 août dernier du Journal de Montréal, Denise Bombardier y va d’un texte percutant, sur les amis des chiens, dont j’endosse chacun des mots. Une vérité que les amoureux des animaux n’approuveront probablement pas parce qu’à leurs yeux, leur amour revient au fait qu’ils sont les dominateurs de leur animal. Il faut discerner un tueur, d’un animal docile et socialisable. C’est l’article que je vous propose aujourd’hui.

LES FONDAMENTALISTES AMIS DES CHIENS Denise Bombardier

J’aime les chiens et les chats. Mais je ne crois pas qu’ils soient des humains. Ce sont des animaux que l’on peut fréquenter lorsqu’ils sont domestiqués.

Je suis estomaquée par le nombre de déchaînés qui se portent à la défense des pitbulls et autres molosses qui sont l’équivalent des kalachnikovs et qui attaquent les humains. Ces chiens sont domptés par leur maître. Or, pour autant qu’on en juge, certains maîtres ne sont pas eux-mêmes domptés ni domptables.

Nombre d’« amis » des chiens refusent de blâmer ces prédateurs. Je pense à la mairesse de Montréal, sœur Sourire, qui refuse d’interdire ces animaux qui tuent des femmes, arrachent les bras d’un enfant, mordent au sang le corps d’une femme et dévisagent des fillettes. Tout cela depuis deux ans.

EUTHANASIE

Et que penser de ce pitbull en « observation » à la SPCA selon un « protocole » afin d’analyser son ADN ? Quelle importance de connaître sa race ? Il devrait avoir été euthanasié le jour même où il a arraché le bras d’un garçonnet et ouvert le crâne d’une fillette.

Madame la mairesse de Montréal est désolée, triste, secouée, assure-t-elle. Mais est-ce pour les enfants, pour le chien ou pour les deux ?

L’homme est un animal raisonnable, selon la définition du dictionnaire. Dans toute la saga autour de ces brutes à poil court et à la mâchoire de fauve, l’on découvre que les propriétaires de ces chiens, les vétérinaires, la SPCA et autres fous des canins se transforment eux-mêmes en pitbulls. Ils se déchaînent sur les réseaux sociaux où l’on découvre qu’ils forment un lobby sans frontières.

Que penser de nos chefs de partis politiques québécois qui refusent d’affronter ce lobby de fondamentalistes de ces chiens à gueule ouverte et tergiversent sur les droits de la personne ? Sœur Sourire, elle, en pédagogue de pointe moralise sur la responsabilité des propriétaires.

CHIENS ENRAGÉS

Mais dans quel monde vivons-nous désormais où des gens ont déploré spontanément cette semaine que les policiers qui ont abattu une de ces brutes à pattes, qui venait de dévorer la main, la jambe et le pied d’une dame, aient tiré 10 coups de feu sur l’enragé canin ? Notons que les policiers ont d’abord utilisé une arme à pulsion électrique afin de maîtriser l’animal, mais en vain. Un témoin a même déclaré au Journal : « Je ne comprends pas pourquoi les policiers ont tiré autant de fois; le pauvre chien a reçu des balles sur tout le corps. »

Quand l’émotion pour les animaux est plus grande et intense que celle que l’on ressent pour les humains, en l’occurrence la dame victime, on peut en conclure que l’homme est un animal déraisonnable. L’animal n’a pas de droits, n’ayant pas de conscience. Hélas, l’anthropomorphisme, c’est-à-dire l’attribution des comportements humains à des chiens créés pour tuer, est entré dans une dérive qui en dit long sur la perte des repères qui caractérise notre monde dit civilisé.

Madame Christine Vadnais, qui s’est fait dévorer littéralement par un molosse dans sa cour en juin 2016, ne peut tristement pas encore reposer en paix.

La défense de notre langue française, en péril

Notre langue française est de plus en plus en péril. Il suffit de prêter l’oreille pour s’en rendre compte. Quand on entend de la bouche de Manon Massé de Québec solidaire, que la langue anglaise est une des deux langues officielles au Québec, on n’est pas sorti du bois. Le français a été déclaré seule langue officielle du Québec en 1977… voilà 41 ans.

Et justement, en marge de cette campagne électorale, Denise Bombardier en a fait le sujet de sa chronique publiée dans le Journal de Montréal du 25 août et que je partage avec vous. Très intéressant !

LE DÉSAMOUR DE LA LANGUE FRANÇAISE Denise Bombardier

La défense du français au Québec n’est plus un objectif pour les partis politiques. Sauf pour le PQ. Son chef, Jean-François Lisée, a fait la promesse électorale de faire voter la loi 202 – une référence pas très heureuse à la loi 101 multipliée par deux – non pas pour limiter le recul actuel de la langue, mais pour mener un nouveau combat pour lui donner sa place prioritaire au Québec.

Or, force est de constater que les autres partis politiques préfèrent mettre de l’avant l’économie, la santé, les infrastructures, l’environnement, comme si la politique de la langue était chose du passé.

Faut-il en conclure qu’à l’exception des souverainistes, les Québécois francophones ont pris leur distance avec le français dont ils estiment qu’il n’est plus un problème, protégé qu’il est par la loi 101 ? Ils ont donc tourné la page devant le combat mené par les générations précédentes.

Or, le mot « désamour » qui coiffe ce texte s’applique entièrement à la situation actuelle. Bien sûr, les Québécois continuent de parler français et les enfants d’immigrants sont scolarisés en français jusqu’à la fin du secondaire. En effet, nombre de jeunes Québécois francophones parlent aussi l’anglais, la langue incontournable de la mondialisation culturelle.

LIEN AFFECTIF

Mais qu’en est-il du lien affectif avec la langue, telle qu’exprimée par nos poètes qui, dans le passé, l’ont chantée magnifiquement ? Or, qui de nos jours donne envie d’être fier de notre langue ? Quelles autorités politiques et scolaires dénoncent le relâchement général de la langue parlée ? Qui sont les responsables de l’indifférence devant l’analphabétisation fonctionnelle de la moitié de la population, c’est-à-dire l’incapacité à lire et à comprendre un texte moyennement difficile ? Que penser de l’échec de l’école à transmettre aux jeunes les compétences requises pour écrire correctement ?

Notre situation de minorité linguistique en Amérique du Nord devrait obliger toute la classe politique à se préoccuper de ce problème aigu de la qualité du français parlé et écrit.

Nous sommes au Québec un des rares endroits au monde où ceux qui s’expriment correctement sont encore taxés de snobs et font rire d’eux.

QUALITÉ LINGUISTIQUE

À quoi sert la loi 101 si la langue enseignée aux enfants est transmise par des enseignants qui, eux-mêmes, la massacrent ? Si les politiciens usent d’un vocabulaire réduit, si dans les médias les journalistes et les vedettes en général déparlent littéralement ? Il vaut mieux alors parler en anglais que de truffer la langue de franglais ou d’alterner entre le français et l’anglais dans la même phrase, comme le font tant de jeunes aujourd’hui.

Et que dire de l’ignorance du sens des mots que manifestent nombre de Québécois, des politiciens au premier chef ? D’où découla la confusion des esprits telle qu’on la constate un peu partout ?

Qui a intérêt à perpétuer et – ce qui est plus grave – à accentuer ce trait qui mène tout droit à la tour de Babel où personne ne comprend personne ?

La loi est impuissante a freiner la dégradation de la qualité de la langue. Elle ne peut que l’encadrer. Seuls nos responsables politiques peuvent en faire un objectif national au nom du respect de notre langue commune. Autrement, il faut en conclure que la langue française n’a pas plus d’avenir au Québec que l’indépendance du Québec, qu’ont rejetée deux fois les citoyens.

Pourquoi faire beau quand tout le monde s’en fout ?

Je veux ici vous entretenir de nos superbes centres commerciaux, comme celui du Dix30 de Brossard. Je le fréquente plus que régulièrement et il ne cesse de m’attrister. Son environnement est exécrable et il semble bien que personne ne veut y mettre du sien pour l’embellir. Tout le monde s’en fout finalement.

Lorsque je fais référence aux centres commerciaux du même genre en Floride, l’hiver, je trouve malheureux qu’on laisse aller nos installations de cette manière. Plus principalement, je veux parler des espaces verts, des aménagements paysagers dont il ne reste que le nom. Des arbres sont morts depuis belle lurette et sont toujours plantés et entourés de mauvaise herbe. Aucun entretien, à ce qui parait. Pourtant, les arbres font partie d’un milieu de vie.

Les plans d’urbanisme des municipalités prévoient une certaine quantité d’espaces sur les terrains pour la verdure et les endroits paysagers. Hélas pour le Dix30, ils sont là, mais personne ne s’en occupe. Ils sont laissés à eux-mêmes. Pourquoi alors, avoir ces obligations précises ? Un peu partout, on installe des espaces gazonnés, sans les entretenir et y passer la tondeuse régulièrement. Vient un moment où la mauvaise herbe s’installe et c’est le bordel. Il n’y a pas de règlement pour l’entretien ?

En Floride c’est tout le contraire. On a qu’à penser à Coconut Point sur la côte ouest. Un centre commercial comparable au Dix30. Sur la côte Est; Sawgrass Mills l’est également. Des équipes s’occupent abondamment de ces tâches et le résultat est excellent. Au moins, ces espaces remplissent leurs rôles d’embellir l’ensemble de l’œuvre.

Et n’allez surtout pas me dire que là-bas, ils ont l’été à l’année. Ça ne tient pas ! Ils ont leurs contraintes météorologiques quelquefois pires que les nôtres. Tornades, ouragans et tempêtes ont leurs périodes propices et une fois les dégâts relevés, des équipes se remettent au travail avec diligence pour permettre à l’environnement de retrouver toute sa beauté. Ça fait rouler l’économie.

Les photos de cet article montre les arbres morts dans la section du Walmart au Dix30. Constatez par vous-même… nous sommes en août, presque la fin de l’été, et rien n’a été fait. Pourtant, le Walmart n’est pas ouvert 24 heures. C’est partout comme ça.

Et parlant du Walmart, l’autre jour, je cherchais un panier d’épicerie à l’entrée. Il y en avait bien une cinquantaine… les dix premiers contenaient tous des déchets de papiers, de sacs, bref, des cochonneries laissée par la clientèle. Les clients les évitaient et s’en cherchaient d’autres. Personne ne vide son panier de ses déchets, même le personnel qui ramasse les paniers les entrepose sans les vider. Pourtant, ce ne sont pas les poubelles qui manquent. Qui leur montre à travailler. Ce doit être la corvée la plus moche pour les employés, exécutée à reculons.

Et pour terminer, quoi dire du marquage des stationnements… je parle de tout le territoire. C’est généralisé comme le cancer. Pourquoi on attend pour les repeindre ? C’est toujours à recommencer, mais réalisés à temps perdu on dirait. On m’a déjà dit que tout cela était arrangé avec le gars des vues… pour créer de l’emploi, faire travailler le peuple. » J’ai de gros doute là-dessus. Si c’était le cas, c’est plutôt le contraire qui surviendrait. On n’aurait pas à s’en faire et ce serait une priorité. A-t-on enfin trouvé une peinture qui met beaucoup de temps à disparaître ?

Non ! Comme mon titre l’indique, je crois plutôt qu’une fois que c’est fait, tout le monde s’en fout !

L’option nationale mise de côté

Je suis un fervent de l’indépendance du Québec et très déçu que la question nationale ait été mise de côté pour cette élection qui approche. Une autre occasion ratée qui met en péril le rêve d’être maître chez nous, comme l’avait dit Jean Lesage au début des années 60. Mathieu Bock-Côté en traçait un portrait intéressant dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 24 juillet dernier, et que je reproduis ici pour votre bon plaisir…

LE RÊVE D’UNE NATION, L’ÉCHEC D’UNE GÉNÉRATION Mathieu Bock-Côté

On le sait, lors des prochaines élections, la question nationale se distinguera par son absence. Les Québécois se feront accroire qu’ils sont une société normale, disposant de tous les pouvoirs nécessaires à la définition de son avenir collectif. Heureuse fiction !

Dans la réalité, ils sont encadrés par une Constitution contraignante et les décisions financières du gouvernement fédéral. Qu’il s’agisse de la laïcité, du français ou d’environnement, c’est le cadre fédéral qui délimite nos marges de manœuvre. C’est ennuyant, mais c’est ainsi.

OTTAWA

Cette disparition de la question nationale n’a rien d’un détail. C’est comme si les Québécois devenaient indifférents à leur destin comme peuple. Un peu d’histoire nous éclairera. Le rêve d’un pays nous appartenant et où nous pourrions cesser d’être une minorité sous tutelle étrangère hante notre histoire depuis 250 ans.

On connaît l’épisode héroïque des patriotes en 1837-38. Après leur défaite, le rêve de l’indépendance s’est réfugié au fond de notre culture politique, le temps de se refaire des forces. Il se rappelait à la conscience collective de temps en temps en remontant à la surface politique. Chaque génération en a entendu parler avant de se convaincre qu’il n’était pas possible de l’accomplir à court terme et d’en confier la réalisation à la suivante.

C’est avec la fenêtre ouverte par la Révolution tranquille des années 1960 jusqu’au milieu des années 1990 que l’indépendance aurait dû se concrétiser. Le vieux rêve est alors devenu une jeune idée et un projet mobilisant les meilleurs éléments de la nation. Mais la génération qui avait la mission historique de porter à son terme ce projet de libération a échoué. Le Québec s’est divisé en querelles internes contre-productives. Indépendance ou société distincte ? Nous en avons parlé pendant 50 ans, et cela n’a rien donné sinon la victoire d’un Pierre Elliot Trudeau qui s’était retourné contre son peuple et dont le fils est le fidèle héritier.

Où en sommes-nous ? Il faut l’avouer : la défaite nous a fait du mal. Pendant 50 ans, parler de politique, cela a consisté à parler de la question nationale. Aujourd’hui, cette dernière exaspère terriblement.

Mais cette censure mentale est grave : elle nous empêche de constater notre régression démographique dans un Canada qui nous traite comme une minorité ethnique insignifiante. Au Québec, se couper de la question nationale, c’est fuir la réalité. Un peuple comme le nôtre ne pourra vraiment s’épanouir que s’il est pleinement maître de son destin.

URGENCE

Le rêve de l’indépendance risque de se faire oublier pour quelques années. Tel est le prix de la défaite. Mais comment le faire renaître?

Car le temps nous manquera bientôt. Viendra un jour où les Québécois francophones ne seront plus assez nombreux pour décider de leur destin. Ils seront alors en voie de minorisation chez eux. Et nous nous effacerons tranquillement comme peuple, anesthésiés par la prospérité nord-américaine.

L’indépendance est urgente, mais les Québécois sont impuissants à la réaliser. Telle est notre situation historique. Elle est bien plus tragique qu’on ne le croit.

Accuser, 42 ans plus tard

Autre bombe dans le milieu artistique; Edgar Fruitier accusé d’avoir posé des gestes à caractère sexuel, en 1976, sur un garçon de 15 ans. 42 ans plus tard, les accusations sont portées. On peut se poser plein de questions sur de telles accusations après une si longue période, mais la justice doit suivre son cours.

Dans son article d’hier dans les pages du Journal de Montréal, Lise Ravary y va de ses impressions et de son questionnement sur cette affaire, et je tends à être de son avis. C’est pourquoi je partage son papier avec vous.

EDGAR ET SES FANTÔMES
Lise Ravary

Au-delà de sa mise en accusation pour attentat à la pudeur, on sait peu de choses au sujet de l’affaire Edgar Fruitier. Mais cette histoire de gestes à caractère sexuel qu’il aurait posés sur un garçon de 15 ans en 1976 soulève une question épineuse : doit-on faire un procès à un homme de 88 ans dont la vie aurait été par ailleurs exemplaire ?

Assistons-nous ici à un dérapage du mouvement #MoiAussi ?

C’est une question théorique, car une fois les propos de la victime rapportés, la justice doit suivre son cours. Mais doit-on pouvoir dénoncer 40 ans plus tard ?

AUTRE TEMPS, AUTRES MŒURS ?

Si trouvé coupable, je doute fort qu’Edgar Fruitier finisse ses jours derrière les barreaux. Le Canada n’emprisonne pas les vieillards. Leur détention occasionne plus de problèmes qu’elle n’a de bénéfices. De plus, le risque de récidive est faible.

Coupable ou non de ce qu’on appelait alors, avec plus de précision, un attentat à la pudeur, sa vie telle qu’il l’a vécue est terminée. Tout ce qu’il a fait de bien est désormais gommé. Fini la radio, les spectacles.

En comparaison, l’ex-organisateur politique Gilles Cloutier, que l’on a connu à la commission Charbonneau, a été trouvé coupable à 77 ans de crimes sexuels et de violence sur une mineure et sa sœur, il y a 40 ans. Il a reçu un an avec sursis, dont 10 mois assignés à résidence.

Dans les années 60 et 70, la société portait un regard différent sur la pédophilie. La permissivité sexuelle des années soixante avait laissé des traces. Des groupes faisant la promotion des relations sexuelles entre hommes et garçons, le man-boy love, s’affichaient en public. Ils étaient interviewés à la télévision.

En 1990, lorsque ma collègue Denise Bombardier a dénoncé à l’émission de télévision française Apostrophes de Bernard Pivot le sulfureux défenseur de la pédophilie Gabriel Matzneff, auteur de l’ouvrage Les moins de seize ans,
pour son livre Mes amours décomposés, une bonne partie de l’élite intellectuelle a pris position contre elle. Matzneff est un écrivain sérieux.

LETTRE OUVERTE

Cette réaction n’étonne pas quand on sait qu’en 1977, une lettre ouverte a été publiée à Paris en soutien à trois pédophiles condamnés à trois ans de détention pour « attentat à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans ».

Parmi les signataires, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers et, bien entendu, Gabriel Matzneff.

À cette époque, il y a eu au Québec quelques personnages connus, adulés même, dont la vie intime était émaillée de conquêtes sexuelles d’enfants. Tout le monde dans le bottin mondain était au courant. Tout le monde s’est tu.

#MoiAussi a rendu cela impossible, mais même en utilisant le Code criminel de l’époque, le tribunal peut-il juger un crime commis dans un climat moral différent? Surtout quand l’accusé a 88 ans ?

Je n’ai pas la réponse et je fais confiance à la justice, mais je ressens néanmoins un malaise en pensant que ce dont on se souviendra d’Edgar Fruitier sera cette accusation pour un geste posé il y a 40 ans. Même s’il est innocenté.