215% de taxes et de taxes déguisées

« Nous sommes heureux de vous compter parmi nos clients. » Pas beau ça comme mot de bienvenue? C’est que qui apparaît sur ma première facture que je viens de recevoir de la compagnie monopoliste Hydro-Québec. Ma première depuis 2012, alors que nous vivions l’aventure d’être caravanier à plein temps. Maintenant que nous avons élu domicile, le choix de faire affaire avec Hydro-Québec s’imposait. Pas le choix!

Je n’invente pas la roue et je ne prétends pas que je n’en savais rien mais, voyez-vous, à la retraite on a le temps de s’attarder à nos factures et de constater combien on se fait siphonner en taxes de toutes sortes, par des gouvernements voraces et des grosses compagnies qui fournissent des services essentiels, comme l’électricité. Et quand j’ai jeté un coup d’œil à la mienne, j’en suis resté bouche bée. 215% de taxes et de cossins tout aussi taxables. 215%, c’est plus du triple en dollars. Laissez-moi vous décortiquer tout ça…

D’abord, ma consommation réelle d’électricité (684 kWh) pour 53 jours a été de 40,37$. Très raisonnable et abordable selon moi. Mais arrivent les surprises… voilà que des rubriques monétaires s’ajoutent; un frais d’abonnement… ah oui j’oubliais, je suis un nouveau client et ça me coûte 50$, seulement pour ouvrir mon dossier et m’inscrire dans le système informatisé révolutionnaire, supposé simplifier cette tâche. Puis, 21,54$ apparaissent comme redevance d’abonnement. En clair ce sont les frais pour l’entretien du réseau, et la beauté de la chose est que si je quitte pour quelques mois et que je ne consomme pas un seul cent d’électricité, ce montant me sera facturé. Fantastique comme attrape! Évidemment, il faut ajouter TPS et TVQ sur tous ces services, soit 16,76$. Montant total à débiter de mon compte bancaire dans 21 jours; 128,67$. Qui dit mieux?

Je n’ai pas le choix mais ça m’enrage, surtout lorsque je constate le salaire du PDG, les augmentations colossales qu’il reçoit, tout comme la horde de cadres qui reçoivent de généreux bonis annuellement, ainsi que la redondance des demandes d’augmentations annuelles de tarifs. Et tout ça, avec la bénédiction d’un gouvernement insatiable qui, comme il se tait présentement pour l’essence, ne lève pas le petit doigt et empoche des millions de dollars de taxes.

Il ne faut pas se surprendre du nombre de ménages qui n’arrivent pas à payer leur électricité. On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres. Pourquoi la « redevance d’abonnement » n’est pas incluse dans le coût au kWh? On éviterait ainsi de payer ce foutu montant dans les périodes où on ne consomme pas. Probablement trop compliqué et l’arnaque est efficace.

Le tarif pour nouveau client me fait penser à l’odieuse taxe de bienvenue de plusieurs milliers de dollars que votre ville préférée vous imposait, et vous impose peut-être encore, d’une main pour vous remercier, sourire en coin, de votre décision de vous installer chez eux. Si ce n’est pas de l’hypocrisie, qu’est-ce que c’est?

Bref, on n’a pas le choix de subir et de payer… mais maudit que ça fait du bien de l’écrire et de le partager.

La triste et évidente réalité

Le Canada est officiellement un pays bilingue mais, dans la réalité, il n’en est absolument rien. De la foutaise! L’expérience vécue par Richard Martineau en est la preuve hors de tout doute que l’assimilation des francophones poursuit son cours, à petite dose, cyniquement, mais il se poursuit.

Il en a fait l’objet de son article, hier, dans les pages du Journal de Montréal. Tout autre commentaire de ma part sur cette triste et évidente réalité est superflu.

MY WEEK-END IN OTTAWA

Je suis allé passer le long week-end à Ottawa, montrer le magnifique Musée de la guerre à mon fils et voir la superbe expo des impressionnistes su Musée des beaux-arts.

Et comme chaque fois où je suis allé dans la capitale nationale, je me suis rendu compte à quel point c’est difficile de s’y faire servir en français.

LAURIER CASTLE

La pire expérience s’est déroulée au Château Laurier, où nous nous sommes arrêtés pour prendre un verre. Le serveur ne connaissait pas un traître mot de français. Pas un. Même pas « Bonjour » ou « Merci ». Rendu là, c’est de la mauvaise foi totale.

D’ailleurs, une de ses collègues francophones nous a dit que le bonhomme baragouine quelques mots de français, mais qu’il refuse de le faire, par principe. Quand les clients francophones lui parlent, il fait comme s’il ne comprenait pas ce qu’ils disent…

Comme ma femme lui a dit dans un anglais impeccable : « Monsieur, considérez-vous comme chanceux. Jamais un francophone unilingue ne pourrait travailler comme serveur au Château Laurier, mais vous, vous n’avez eu aucun problème à décrocher un boulot ici même si vous ne pouvez même pas dire « Bonjour » en français! Je trouve ça insultant de ne pas pouvoir me faire servir en français dans la capitale nationale de mon pays qui, jusqu’à preuve du contraire, a deux langues officielles! Vous connaissez ce que veut dire le mot « pourboire »? Eh bien, vous n’en n’aurez pas. » (NDLR : Une pratique à répandre abondamment dans de telles circonstances).

KONICHIWA, HI

Ça s’est répété à de nombreuses reprises au cours du long week-end. Qu’on ne me parle pas en français à Flin Flon, Manitoba, ou à Calgary, Alberta, pas de problème, je ne crois pas au mythe du bilinguisme Coast to Coast, tel qu’il a été galvaudé par Trudeau père. Mais à Ottawa?

Cette situation est d’autant plus inacceptable que j’ai croisé de nombreux Québécois qui étaient tout heureux de profiter de ce long congé pour visiter leur capitale nationale. Là-bas, il n’y a pas de « Bonjour, Hi » dans les commerces. C’est « Hi » tout court. Le bilinguisme, ils n’en ont rien à foutre.

Et pendant ce temps, les anglos du Québec disent qu’ils ne sont pas bien traités. Bou-hou-hou!

Mais que voulez-vous, c’est le Canada de Trudeau fils. Un pays sans identité propre. Une courtepointe de groupes ethniques qui se côtoient. Les francophones n’occupent pas une place plus importante que les immigrants d’origine indienne qui parlent le punjabi. D’ailleurs, savez-vous que le réseau CBC utilise une partie de son financement pour diffuser les matches de la LNH en punjabi?

Pas sûr que la radio publique japonaise diffuse les tournois de sumo en espagnol ou en russe. Ou que dans les commerces de Tokyo, on accueille les clients en disant « Konichiwa, Hi ».

UN BEAU PAYS

Le bilinguisme est mort? Ottawa est une ville unilingue anglophone? Parfait, qu’on le dise haut et fort, alors, et qu’on cesse de se raconter des histoires! Malgré ça, j’ai bien aimé mon long week-end à Ottawa. C’est comme aller en Suède ou aux États-Unis. C’est un bien beau pays, le Canada. Poli, Propre. Et c’est juste à côté.

Vous déménagez ? Soyez avisés de ce « super » service

Vous connaissez le Service québécois de changement d’adresse?

C’est un service gouvernemental qui vous permet d’effectuer votre changement d’adresse à un seul endroit et 6 ministères, dont la Régie des rentes, la SAAQ et Revenu-Québec, entre autres, sont immédiatement avisés et la mise à jour s’effectue dans les deux jours suivants.

Ça semble très simple, comme ça, mais comme toute création gouvernementale, je qualifierais ce service d’incompréhensible, voire compliqué pour absolument rien, et désuet comme support technique. C’est comme passer de Longueuil à Montréal en bifurquant par le pont Laviolette. Mal planifié et aussi mal organisé, surtout si vous avez une question. Je vous mets au parfum…

Hier matin, je m’applique à la tâche. J’ai tous les renseignements en main, sauf la taille de mes bobettes et le dernier test d’urine que j’ai passé. Après avoir tout rempli, on me confirme la demande. J’imprime celle-ci et je revois tous mes renseignements personnels qui sont exact. C’est de bon augure. Ah, oui… Ils ne reconnaissent pas mon adresse avec mon code postal. Ça fait 51 jour que j’habite à ma nouvelle adresse et leur fichier des codes postaux n’est forcément pas à jour. Première aberration. Ce n’est pas grave, ils enregistrent ma nouvelle adresse quand même.

Le problème est survenu lorsque j’ai fait le changement d’adresse de ma conjointe. Une fois les formulaires complétés, arrive la confirmation du changement d’adresse et je m’aperçois que notre numéro d’appartement n’y apparaît pas. Je compose le numéro pour les rejoindre. Après de longues minutes d’attente et d’avoir touché à tous les numéros du clavier, une personne humaine me répond. Je lui explique que le système n’a pas ajouté le numéro d’appartement, alors que je l’ai mentionné sur le formulaire. J’aurais mieux fait de déplacer le Mont Royal à la pelle… moins compliqué.

Même si je lui fournis le numéro de la confirmation, rien à faire. Elle ne voit que mon code postal sur son ordinateur. Pas la nouvelle adresse, seulement le code postal. Ça ne sert absolument à rien. C’est une fonctionnaire de ce service et elle n’a pas accès à mes données que je viens de leur transmettre… stupéfiant! Seconde aberration.

Je lui propose de refaire la demande de changement d’adresse… oh que non, qu’elle me répond. Le système ne le prendrait pas et ça pourrait mettre le bordel partout. Troisième aberration! Sa solution, appeler tous les ministères un à un pour leur demander d’ajouter l’appartement. Alors pourquoi ce service inutile si ça fonctionne tout croche. Je téléphone pour un problème et j’attends du soutien… sans succès. C’est assez banal comme demande. Dans l’entreprise privée, on aurait réglé ça en deux minutes et ajoutant « Est-ce que je peux faire autre chose…? »

Pour notre déménagement, j’ai fait 70 changements d’adresse et aucun ne m’aura pris autant d’énergie. C’est tout dire.

Alors je vais me fier à mon postier, qui sera assez intelligent pour mettre le courrier dans mon bon casier. Simple non? Peut-être que finalement le système a enregistré le numéro d’appartement et que j’ai fait cette démarche pour rien. L’avenir nous le dira. Au départ, je trouvais l’idée géniale de l’existence de ce service, maintenant, je m’interroge sur sa raison d’être et ça ne me surprend absolument pas.

Quoi qu’il en soit, lorsque c’est gouvernemental, ils ont ce don de compliquer les choses. Et n’oubliez pas votre dernier avis de cotisation provincial (impôts), puisque votre revenu, sans les sous, à la ligne 199 est requis et obligatoire. Bonne chance!

Compliquer les choses simples

Preuve que ce gouvernement est essoufflé et dépassé, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée se comporte en Ponce Pilate dans la présentation de ses six grandes lignes directrices sur l’encadrement des accommodements religieux.

Il y a quelque chose qu’elle n’a pas compris… Bouchard-Taylor, c’était de l’argent gaspillé et jeté à la rue? Il me semble que c’était clair et limpide. Non! Dans ses rêves les plus fous, elle revient au cas par cas. Il faut avoir plus qu’un secondaire cinq pour en arriver à cette conclusion.

J’espère que la CAQ, si elle est portée au pouvoir en octobre prochain, fera en sorte de tenir ses promesses de passer à la déchiqueteuse la loi 62 une bonne fois pour toute ET DE TRANCHER!

Au bulletin de nouvelles, il fallait voir l’opinion des gens de la rue, le bon peuple, s’opposer unanimement à cette intervention de la ministre. Si prendre une décision définitive pour enfin régler la patate chaude des accommodements religieux est pourtant si simple, pourquoi niaiser et écœurer le monde avec des révélations de la sorte.

Et les arguments de poids sont nombreux. « Il n’y a rien de clair là-dedans lance la Dre Francoeur, présidente de la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec. Comment va-t-on interpréter ça dans un hôpital à deux heures du matin? » Même son de cloche du côté de Sylvain Mallette de la Fédération Autonome de l’Enseignement, qui prédit le Far West. Il donne l’exemple de témoins de Jéhovah qui voudraient retirer leur enfant d’un cours qui enseigne la théorie de l’évolution. « Est-ce qu’on va devoir juger du bien-fondé de la croyance de l’enfant ou des parents. » Et on pourrait en donner des tonnes d’exemples où le gouvernement veut transférer sa responsabilité aux autres.

Finalement vous, chers électeurs, le premier octobre aurez-vous la volonté profonde de montrer la porte de sortie à cette bande de parasites qui s’accrochent au pouvoir. Des politiciens qui n’acceptent rien d’autre que le pouvoir. L’abandon massif de leurs postes en est un exemple éloquent. Le paquebot coule! Un naufrage qui, malheureusement, s’étendra sur plus de 4 mois.

Triste réalité…

Je m’ennuie du nationalisme de la fin des années soixante. Le mouvement indépendantiste était en pleine effervescence avec mon idole de toujours, René Lévesque, qui nous promettait un pays et de réaliser le rêve de Jean Lesage en quelque sorte; « Maître chez-nous ».

Cinquante années plus tard c’est triste de constater comme les temps ont changé. Le référendum de 1995, perdu par la peau des fesses, a sonné le glas dans la population. Il aura eu l’effet d’un violent coup de massue qui sonnait le réveil des fédéralistes, décidés par tous les moyens, a enterré définitivement le mouvement souverainiste. On connaît la suite. Le mouvement s’effrite et au lieu de s’unir, on continue de se diviser.

Mardi dernier, Josée Legault en a fait le sujet de sa chronique dans le Journal de Montréal, qui me rejoint et que je partage avec vous. Elle fait une énumération très juste des cinquante dernières années de l’action politique au Québec. Et c’est la triste réalité…

UNE NATION EN DÉSARROI

1968 – l’année de tous les possibles. Ici, et partout en occident. Au Québec, un nationalisme nouveau prend un air festif et espérant. Les artistes sont à l’avant-garde d’une société en devenir qui se modernise rapidement. Les intellectuels foisonnent d’idées audacieuses. On découvre le monde et le monde nous découvre.

La justice sociale devient une valeur collective. On lutte pour que le français s’installe enfin comme le socle principal d’un peuple de plus en plus diversifié. À l’automne, la fondation du Parti québécois fait rêver d’un Québec pays. Chez les fédéralistes québécois, le nationalisme est l’objet de fierté et de revendications.

2018 – 50 ans à peine plus tard, on a beau se faire optimiste pour la galerie, il n’en reste pas moins que cette nation en construction prometteuse patauge depuis des années dans un désarroi dont elle refuse de prendre la pleine mesure.

POINT DE BASCULE

Sur presque tous les plans, le descriptif de 1968 est aujourd’hui renversé. Lorsqu’au sein du seul État francophone d’Amérique, la congestion automobile et le débat sur le hijab occupent autant l’espace politique, c’est que l’âme de ce peuple s’est réfugiée dans le vide occupationnel.

Quel fut le point de bascule? Le référendum de 1995 et ses tristes suites. Après la quasi-victoire du Oui, les élites politiques du Québec, tous partis confondus, souverainistes et fédéralistes, se sont mises en mode déni.

La chasse obsessionnelle au déficit zéro a pris des dimensions quasi religieuses. La corruption s’est remise de la partie. On décapite les services sociaux pour mieux gaver les médecins spécialistes. À nos risques et périls, on néglige même l’école publique.

Sans broncher, Philippe Couillard se permet de traîner ses adversaires dans la boue gluante d’une « xénophobie » imaginaire. Du jamais vu pour un premier ministre du Québec. Quant aux rêves d’un pays pour les uns et d’une province autonome pour les autres, ils volent en éclats sans faire de bruits.

SURSAUT?

Sous Martine Ouellet, la pénible agonie du Bloc québécois depuis la vague orange de 2011 se poursuit. Au PQ, depuis le dernier référendum, le vaisseau amiral prend l’eau. Comme le rappelait souvent Jacques Parizeau, sans le ciment de son projet politique, la famille souverainiste est condamnée à se disloquer. La CAQ rêvant du moment où elle pourrait enfin remplacer le PQ comme alternative aux libéraux.

Pendant ce temps, marcher dans le centre-ville de Montréal, c’est se soumettre au son écorchant d’un franglais informe et inculte. « Bonjour! Hi! » n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une langue nationale esseulée.

Cette vision des choses, certains la trouveront déconnectée ou inutilement pessimiste. Elle est pourtant factuelle. Et l’avenir? Heureusement, il recommence chaque matin…

Malgré la déroute ambiante, qui sait en effet ce qui pourrait naître ou renaître après le scrutin du 1er octobre. Y aura-t-il ou non une prise de conscience essentielle pour retrouver notre chemin perdu? Ne reste plus qu’à l’espérer et, surtout, à y travailler très fort.

Des dépenses « secrètes » mais qui viennent de notre fric!

Ce n’est pas dégueulasse toutes les dépenses exagérées et cachées des membres du gouvernement, principalement parce qu’ils ne veulent pas en divulguer une seule ligne, le moindre de NOS dollars que nous leur donnons comme CONtribuables?

Mais heureusement que les bureaux d’enquête de l’Agence QMI sont là pour veiller au grain et ne chance qu’ils s’occupent de dénoncer les abus. On a entendu parler des extravagantes et somptueuses dépenses du président de l’Assemblée nationale, monsieur Chagnon, pour qui le vin n’a pas de limite quant aux prix et aux quantités. Pris dans les poches des autres, mine de rien, c’est plus facile.

Mais, revirement de situation, les élus ont voté unanimement la transparence pour l’avenir. Une mouche les a piqués probablement, à moins que ce soit les élections qu’on peut sentir facilement et qui se traduit soudainement par une générosité qu’on ne leur connaissait pas.

Quoi qu’il en soit, Rémi Nadeau, journaliste et Chef du bureau parlementaire a pondu un bijou de texte, hier, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal, et qui résume très bien cette volte-face. Je ne peux m’empêcher de le partager avec vous, pour votre bon plaisir…

ILS ONT VU LA LUMIÈRE!

Il s’est passé quelque chose de spectaculaire à l’Assemblée nationale. Après des années de noirceur, les élus ont voté unanimement pour que les dépenses détaillées de leurs missions interparlementaires à travers le monde soient rendues publiques.

Tout un revirement. Sans la série de reportages du Journal sur le manque de transparence, ces derniers jours, les députés en seraient-ils arrivés là? On leur a forcé la main, un peu!

Exaspéré par l’aura de mystère autour des dépenses liées aux voyages, le député de Québec solidaire Amir Khadir a déposé hier la motion à ce sujet. Et, oh surprise! Les autres partis d’opposition et même le gouvernement libéral ont choisi de l’appuyer. Comme ça, sans débat. Après que le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon (photo), eut obstinément refusé les demandes répétées des médias depuis des années, avec la bénédiction des partis.

Il faut dire que les langues ont commencé à se délier.

LES BONNES BOUTEILLES

Dans nos pages lundi, un élu soutenait que « Jacques exagère, ça n’a pas de bon sang », affirmant que deux à trois bouteilles de vin par personne avaient été commandées par le président lors d’une mission l’été dernier au Luxembourg.

Récemment, un autre député me confiait aussi que « Jacques ne se contente pas de bouteilles de vin à 40$ », pour décrire le présumé rythme de vie princier du président, qui a participé à douze missions en 2016-2017 seulement.

Au cours de cette année, plus de 800 000$ ont été dépensés par les élus dans ces voyages, sans que l’on puisse savoir de quelle façon,

Le budget de l’Assemblée n’étant pas assujetti à la loi d’accès à l’information, ce qui est un non-sens, le président refusait systématiquement de détailler les dépenses et de les justifier.

On dit qu’il a paru moins affable qu’à l’habitude et qu’il a rapidement quitté un événement auquel il a pris part à la bibliothèque de l’Assemblée hier, probablement déjà au fait de la motion qui serait déposée plus tard en après-midi.

« Honnêtement, je ne pensais pas que le gouvernement appuierait [la motion] », a confié le solidaire Khadir, qui y voit « l’admission d’un problème ». Reste à savoir jusqu’à quel point on détaillera les dépenses, et quand.

UN PRÉSIDENT PRÈS DE LA SORTIE?

Certains élus de l’opposition ont l’impression que le gouvernement libéral a choisi de larguer le président Chagnon, qui est aussi député de Westmount-Saint-Louis.

Le vétéran de l’Assemblée n’a pas encore annoncé s’il sollicitera un nouveau mandat et le parti aimerait probablement pouvoir offrir son comté sûr à un candidat vedette.

« La caricature dans votre Journal va possiblement confirmer sa décision de se retirer », a évoqué un de ses collègues libéraux selon qui, « s’il n’est pas à l’aise avec la décision pour plus de transparence, c’est son problème ».

Une autre source signale que la décision a été prise assez rapidement au caucus libéral, hier, après une brève discussion. « C’était un no brainer. La population demande plus de transparence », confie-t-on.

C’est étrange comme nous étions à 1000 lieux de ce volontarisme touchant, il y a à peine quelques jours. On dirait saint Paul foudroyé sur le chemin de Damas…

Perceptions différentes pour un meurtrier d’enfant

Quelle triste histoire que celle du meurtre de la petite Rosalie Gagnon, survenu cette semaine à Québec, dont le corps a été découvert dans un bac à ordures. Si sa mère n’a pas été accusée formellement d’infanticide, c’est que les policiers sont à amasser la preuve pour porter des accusations officielles.

Tout a été dit et écrit sur cette horreur inqualifiable depuis les événements et dans l’opinion publique, les qualificatifs employés ne sont pas acerbes envers la présumée meurtrière, plusieurs sont même compatissants… Mais si c’était un homme le coupable? Probablement qu’il serait déjà condamné et on exigerait une peine à perpétuité. On n’a qu’à se rappeler l’affaire Guy Turcotte… les propos étaient plus cinglants, sévères et de façon unanime il méritait la peine de mort pour son crime odieux et répugnant, sans autre forme de procès. Bref, il ne méritait pas de vivre.

Hier, dans les pages du Journal de Montréal, Richard Martineau en a fait le sujet de son article et je suis tout à fait de son avis. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui…

MEURTRES D’ENFANTS : DEUX POIDS, DEUX MESURES?

Se pourrait-il que notre réaction face aux parents qui tuent leurs enfants change selon le sexe de la personne qui commet l’irréparable?

Quand c’est un père qui tue ses enfants, on dit – avec raison – que c’est un monstre, un salaud.

Mais quand c’est une mère – comme Sonia Blanchette, qui a noyé ses trois enfants –, on la prend en pitié en disant qu’elle était épuisée, dépressive, laissée à elle-même…

UN RÉFLEXE SEXISTE

On parle beaucoup de sexisme, par les temps qui courent. Eh bien, cette modulation de notre indignation est sexiste. Un meurtre est un meurtre.

Les enfants de Sonia Blanchette sont aussi morts que ceux de Guy Turcotte. Le fait qu’ils ont été tués par leur mère plutôt que par leur père ne change rien à leur triste sort.

Leur mort est aussi scandaleuse, impardonnable et révoltante. Autre cas de sexisme : le magazine L’Actualité consacre la page couverture de sa plus récente édition au « burn-out parental ».

Or, qu’est-ce qu’on voit sur la photo? Une mère épuisée devant ses deux enfants. Les pères épuisés, ça n’existe pas? Des papas monoparentaux, qui sont au bout du rouleau? Qui sont dépressifs, qui ne savent plus quoi faire?

Pourtant, dans son touchant récit Dérives, Biz de Loco Locass a parlé en long et en large de la dépression qui l’a foudroyé après la naissance de son premier enfant.

« Dans mes bras, mon pauvre fils était exténué d’avoir trop pleuré. J’allais le bercer dans le salon à la lueur d’un réverbère. La pluie laissait de longues traînées tristes sur les vitres et, malgré tout, j’étais incapable de compassion pour mon propre bébé, pourtant si vulnérable dans la noirceur, le silence et la solitude. »

Le burn-out parental frappe tout le monde. Les hommes comme les femmes.

UN CRIME CRAPULEUX

Ou l’on devrait se montrer aussi indulgents envers les pères qui commettent l’irréparable qu’envers les mères.

Ou l’on devrait se montrer aussi sévères envers les mères qui tuent leurs enfants qu’envers les pères.

On dit que les hommes tuent leurs enfants pour se venger, alors que les mères tuent leurs enfants par « compassion », pour ne pas qu’ils souffrent…

Dites ça à Patrick Desautels, l’ex-conjoint de Sonia Blanchette, pour voir. Pas sûr que ça va soulager sa souffrance… Cet homme est autant une victime qu’Isabelle Gaston, l’ex de Guy Turcotte. Les parents doivent protéger leurs enfants, point. Tu sens que tu es sur le point de péter les plombs? Va chercher de l’aide ou laisse ton enfant dans le hall d’entrée d’un hôpital, avec une note accrochée à la poussette. Il n’y a rien qui justifie, explique ou excuse le meurtre d’un enfant. C’est un crime crapuleux. Le pire qu’on puisse commettre.

MESSAGE DE SOLIDARITÉ

Actuellement, un « message de solidarité » circule sur les médias sociaux.

L’auteure s’adresse aux « mamans de ce monde » à qui il peut arriver « de baisser les bras » et « de ne plus savoir quoi faire » parce qu’elles sont épuisées.

Pas sûr qu’on se serait montré aussi « compréhensif » si la petite Rosalie Gagnon avait été tuée par son père…

Pour en revenir au voile

Décidément, ce débat n’est pas près de se terminer au Québec. À prendre connaissance des différents sondages d’opinion sur le sujet, on se rend bien compte que beaucoup de gens n’en mesurent pas toute la portée. Ils sont prêts à mettre de côté leurs propres valeurs au détriment d’un signe religieux qui en est un de soumission.

Hier, dans les pages du Journal de Montréal, Richard Martineau a écrit un texte qui me rejoint sur le sujet et que je me fais le plaisir de partager avec vous; la futilité du voile. À la lecture de son article on voit bien toute la portée de ce bout de vêtement qui a une si grande importance pour les musulmans et qui devrait être à des années lumières de la futilité pour nous. Au contraire, il est temps une fois pour toute de régler cette question qui traîne depuis Bouchard-Taylor. Faudra-t-il attendre le prochain gouvernement?

LE VOILE, UN DÉBAT FUTILE?

Les gens qui affirment que la question du voile est futile me font rire.

Partout en Occident, la religion revient en force. Et partout, on s’interroge sur les limites que l’on devrait imposer à la religion sur la place publique. Et on ne devrait pas en parler au Québec sous prétexte que les routes sont en mauvais état et que les urgences débordent?

C’est quoi, on ne peut pas marcher et mâcher de la gomme en même temps? On ne pourra parler de ce sujet que le jour où tout fonctionnera bien au Québec?

LES FONDEMENTS D’UNE SOCIÉTÉ

Une société n’est pas qu’un gros centre commercial, c’est d’abord et avant tout un ensemble de valeurs. S’interroger sur nos valeurs n’est pas futile, au contraire. C’est essentiel.

Dans quelle société voulons-nous vivre? Quelles valeurs nous paraissent fondamentales? Quelles valeurs voulons-nous transmettre à nos enfants, aux nouveaux arrivants?

Futile, la question du voile? Allez dire ça aux autorités iraniennes ou saoudiennes. Allez dire ça aux femmes qui pourrissent en prison parce qu’elles refusent de le porter.

Si le voile est si futile, pourquoi des femmes comme la future policière de 17 ans sont-elles prêtes à monter aux barricades pour l’imposer? S’il est si futile, pourquoi des femmes préfèrent ne pas travailler plutôt que de l’enlever? Pourquoi des hommes l’imposent à leur épouse, à leurs fillettes?

Pourquoi la question revient sans cesse? Pourquoi des groupes se battent pour le faire accepter dans la fonction publique, dans les corps policiers, à l’école, dans les garderies, à la piscine, à la plage, au gym, à l’Assemblée nationale, dans les prisons, dans les cours de justice et sur les terrains de soccer?

Je suis désolé, mais la question du voile ne semble pas futile du tout pour les musulmans. Ça semble plutôt important. Très important.

LE « VIVRE-ENSEMBLE »

C’est le Québec tout craché, ça. On n’aime pas la chicane, les débats… Vite, acceptons le voile partout, qu’on passe à autre chose! Surtout, n’imposons pas nos valeurs, c’est méchant. Le PM l’a dit, c’est raciste, xénophobe. (En passant, monsieur Couillard a vécu en Arabie saoudite. Trouvait-il les Saoudiens racistes lorsqu’ils imposaient leurs valeurs aux étrangers qui, comme lui, allaient travailler dans leur pays?)

Tous les peuples ont le droit d’imposer leurs valeurs, sauf nous. D’ailleurs, ici, « nous » est devenu un mot tabou, interdit, radioactif. Tout le monde peut dire « nous » sauf nous. On ne cesse de parler du « vivre-ensemble », depuis quelques années. Moi, je veux bien qu’on vive ensemble. Mais pour que ça fonctionne, ça prend des compromis. De la part de TOUT LE MONDE.

Tous les groupes de la société doivent mettre de l’eau dans leur vin. Un groupe ne peut pas toujours exiger. Il doit aussi parfois concéder. Pour le bien de la société en général. C’est ça, le vrai « vivre-ensemble ».

C’est une négociation. Une partie de give-and-take. Tu peux porter le voile dans la rue et à l’école. Mais pas si tu travailles dans un corps policier. C’est normal qu’une société impose ses limites. Il n’y a rien de raciste là-dedans.

Quand va-t-on trancher définitivement?

Et voilà, le débat est relancé; madame Sondos Lamrhari veut garder son hijab lorsqu’elle deviendra policière au Québec. Combien nous a coûté Bouchard-Taylor il y a une dizaine d’années? Il me semble que cette commission a été claire; pas de signes religieux pour les personnes en autorité, notamment les policiers. Il me semble que ce soit transparent et surtout l’évidence même.

Les Libéraux n’ont jamais tranché la question… manque de couilles. Et quand j’entends Philippe Couillard mettre au défi les chefs de l’opposition de rencontrer madame dans les yeux pour lui dire qu’elle ne pourra réaliser ses rêves, c’est le démagogue qui parle.

La mairesse de Montréal est d’accord et elle le dit avec son sourire fendu jusqu’aux oreilles. Heureusement pour la CAQ et le PQ c’est clair et c’est NON! Si madame veut exercer sa profession de policière elle n’a qu’à aller voir ailleurs, comme la GRC qui a désavoué son uniforme pour plaire à l’infime diversité canadienne. Ils ont bafoué leur propre image. Il y a aussi Edmonton qui pourrait lui ouvrir ses portes. Aussi bien l’envoyer ailleurs parce que c’est nous qui payons ses études.

Pourquoi en sommes nous rendus là? C’est tellement imbécile que j’ai trouvé sur Facebook, la photo qui accompagne cet article et qui extrapole le conflit. Ces policiers naturistes réclament eux aussi de porter ce qu’ils veulent… Ce n’est pas merveilleux ça, comme projet de société. Ce sont des absurdités de la sorte qui ridiculisent l’existence d’un uniforme quand on se met à le contester.

En conclusion, le Petit Robert défini ce qu’est un uniforme :

1- Costume militaire dont la forme, le tissu, la couleur sont définis par un règlement.

2- Vêtement déterminé, obligatoire pour un groupe.

C’est on ne peut plus clair… sauf pour notre gouvernement et quelques « ouvert d’esprit ».

Fausse modestie

Présentement, se déroule le procès d’Alexandre Bissonnette pour la tuerie de la Mosquée de Québec où, en janvier 2017, 6 personnes y trouvaient la mort.

Durant le procès, une vidéo d’une durée de 1:54 minutes a été présentée en cour avec une interdiction de la rendre publique. Les journalistes chargés de couvrir l’événement y allaient de commentaires du genre « des images insoutenables », ou « des images à glacer le sang » et j’en passe pour décrire toute l’horreur. Même le juge François Huot estimait que « la retraumatisation des victimes et l’effet de contagion » que de telles images pourraient avoir l’emportent grandement sur « la liberté d’expression ».

Sans égard au procès en cours, ces propos et remarques ont soulevé des interrogations. D’abord, les images de caméras de surveillance ne sont pas des modèles de clarté et de haute définition.

Puis, qu’y a-t-il de plus dégueulasse que les films de violence et d’horreur qu’on nous présente à longueur de soirée à la télévision. Aujourd’hui, les effets spéciaux sont reproduits avec tellement de détails et de précisions, que nous y sommes habitués. Personne ne crie haut et fort pour dénoncer cette violence gratuite. Des membres arrachés, des têtes qui explosent sous l’impact des balles et j’en passe, sont-ils nécessaires.

Vous n’avez qu’à regarder les images d’accidents sur Internet pour vous rendre compte de leur popularité. Les images de guerre impliquant des innocentes victimes. On se les arrache, on partage pour montrer toute cette atrocité. Pourtant c’est la mort en direct qu’on nous présente en boucle. L’humain est avide de sensations fortes et si, en plus, on peut diffuser les images à grande échelle, c’est le summum du voyeurisme.

Alors quand on évoque la monstruosité de telles images, comme interdiction de diffusion dans le cadre d’un procès, je trouve que c’est de la fausse modestie. Surtout quand on sait que tôt ou tard et d’une quelconque manière, elles seront diffusées publiquement. En parler pique déjà la curiosité dans l’opinion publique. Et il ne faut pas oublier que la description de ces sept vidéos a déjà été présentée en cour dans le cadre des représentations sur la peine.