La saison tire à sa fin

Étant maintenant caravaniers à plein temps et à mesure que l’automne s’installe en prélude à l’hiver, on voit notre camping prendre ses airs de village abandonné. Dans quelques jours nous quitterons à notre tour, comme des oiseaux migrateurs, vers des cieux plus cléments, où l’été s’étire à longueur d’année.

Le personnel s’affaire à tout ranger. Les arbres morts sont abattus, puis brûlés dans un immense trou fraîchement creusé pour l’occasion. Les sites se vident de leurs véhicules récréatifs, laissant les vestiges d’une belle saison, s’endormir lentement comme pour hiberner. C’est, pour ainsi dire, la toute première fois que nous assistons à ce spectacle qui amène au calme. Il fait plus froid et Louise se charge de conserver l’unité bien au chaud.

Les panneaux indicateurs sont enlevés, laissant pantois les squelettes de leurs armatures, pendant que les saisonniers couvrent les gazébos et les objets qui devront affronter l’hiver, comme pour les protéger des grands froids. Autre signe des temps, le poste d’accueil affiche FERMÉ très tôt en début de soirée. Les visiteurs se font rares et en se promenant aux alentours on y voit de plus en plus loin par temps clair. Le vent glacial fouette un peu, puis prend une pause pour l’été indien de la mi-octobre. Demain ce sera la dernière tonte et le dépouillement de nos ornements de jardin sous un chaud 18° Celcius… Paroles de météorologues.

Je ne suis pas nostalgique parce que l’été a été magnifique au point de mériter le repos qui est maintenant sien, mais c’est la première fois qu’on fait partie des acteurs de ce tableau où les grenouilles et criquets sont partis les premiers. La nature est ainsi faite mais le plus beau de l’histoire est que le printemps la ressuscitera dans toute sa splendeur et le cycle reprendra.

Je dois dire que Louise et moi, même si le froid n’est pas sa tasse de thé, sommes toujours emballés par le choix de vie que nous avons adopté. C’était une décision sagement mûrie et j’en suis plus que satisfait. Au fond de moi-même je sens le renouveau, une nouvelle façon de voir la vie et surtout, de prendre le temps de l’apprécier. Quoi de mieux que vivre en pleine nature, au rythme rural de la campagne et à quelques tous petits kilomètres de la ville. C’est définitivement fait pour nous maintenant et l’automne de notre vie s’annonce serein et calme. C’est sans contredit, le plus beau moment de ma vie de caravanier. Le jour où il faudra nous arrêter, ils restera de merveilleux souvenirs et on pourra toujours dire que nous sommes allés au bout de nos rêves. Il sera alors temps de s’en créer d’autres.

Vous en pensez quoi ?