L’emploi du pronom indéfini…

Il était une fois 4 individus qu’on appelait Tout le monde, Quelqu’un, Chacun et Personne.

Il y avait un important travail à faire, et on a demandé à Tout le monde de le faire.

Tout le monde était persuadé que Quelqu’un le ferait. Chacun pouvait l’avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.

Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de Tout le monde !

Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire et Personne ne doutait que Quelqu’un le ferait.

En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun parce que Personne n’avait fait ce que Quelqu’un aurait pu faire.

MORALITÉ

Sans vouloir le reprocher à Tout le monde, il serait bon que Chacun fasse ce qu’il doit sans nourrir l’espoir que Quelqu’un le fera à sa place. Car l’expérience montre que là où on attend Quelqu’un, généralement on ne trouve Personne !

Trois gouttes de lumière…

INSPIRANT

Sur une montagne, un paysan pauvre et sa femme luttaient pour survivre, alors le fermier a décidé de quitter sa maison pour trouver un meilleur travail. Avant de partir, il a dit à sa femme :

– Je vais peut-être partir pour longtemps, mais je te serais toujours fidèle. Peux-tu me promettre la même chose ?

– Oui, je t’attendrai et je te serais toujours fidèle, a dit sa femme en l’embrassant.

Après plusieurs jours de marche, l’homme est arrivé dans une petite ville et a trouvé un emploi. Il a demandé à son patron de garder tout son salaire jusqu’à ce qu’il soit prêt à rentrer chez lui, et son patron a accepté.

Vingt ans plus tard, l’homme a dit à son patron :

– Il est temps pour moi de partir, donnez-moi l’argent que j’ai gagné.

Le patron lui a dit :

– Vous avez travaillé dur et gagné une grosse somme d’argent. Cependant, je veux vous faire une offre. Soit vous prenez l’argent, soit je vous donne TROIS précieux conseils. Vous ne pouvez avoir que l’un ou l’autre. Réfléchissez-y avant de me donner une réponse.

L’homme y a réfléchi pendant deux jours, puis a dit à son patron :

– J’ai décidé de ne pas prendre l’argent, donnez-moi les trois conseils.

Le patron a souri :

– Premièrement, ne prenez pas de RACCOURCIS dans la vie car cela peut être très coûteux et même mettre fin à votre vie. Deuxièmement, ne soyez pas trop curieux, la CURIOSITÉ dans le mal sera votre fin. Et enfin, ne prenez jamais de DÉCISION lorsque vous êtes en colère ou blessé, ou vous allez subir un REGRET sans fin.

Le patron lui donna alors trois miches de pain et dit :

– Les deux premiers pains sont pour votre voyage, et le troisième est pour quand vous rentrerez chez vous.

L’homme a remercié le patron et est parti.

Le premier jour, il a rencontré un voyageur lui demandant où il allait.

L’homme a répondu :

– Je rentre chez moi après 20 ans de travail, je dois marcher sur cette route pendant 20 jours.

L’inconnu a dit :

– Je vais vous montrer un raccourci qui est beaucoup plus rapide, et qui ne vous prendra que CINQ jours.

L’homme a donc pris le raccourci. L’homme pris donc le raccourci, mais soudainement il se souvint du premier conseil, alors il se retourna pour continuer sur la plus longue route. Il évita ainsi une EMBUSCADE.

La nuit, il arriva dans un village et demanda s’il pouvait rester dans une cabane pour y dormir. Pendant qu’il dormait, un rugissement puissant l’a réveillé. Curieux, il se leva d’un bond et faillit ouvrir la porte, mais il se souvint ensuite du second conseil et est retourné dormir. Le lendemain matin, le propriétaire lui a dit :

– Un TIGRE vient parfois dans notre village la nuit, tout le monde garde ses portes verrouillées. Je suis heureux que vous soyez resté en sécurité dans la cabane,

Après 20 jours et nuits épuisants, l’homme arriva à la maison. C’était le soir, et il y avait une lumière par la fenêtre. Rempli d’une anticipation heureuse, il se dirigea vers la fenêtre. Mais sa joie se transforma en colère et il fut choqué en voyant sa femme proche d’un autre homme. La haine a rempli son cœur et il voulait les affronter et les tuer tous les deux. Mais alors il se souvint du troisième conseil et s’est retenu. Cette nuit-là, il resta dans la grange.

Quand le soleil se leva, il s’était calmé et a pensé :

« Je vais demander à mon patron de me reprendre et je ne tuerai pas ma femme et son amant, mais avant de partir je dois lui dire que je suis resté fidèle tout ce temps. »

Il a frappé à la porte, et quand sa femme l’a ouverte elle s’est précipitée dans ses bras, mais il l’a durement repoussée et a dit en larmes :

– Je te suis resté fidèle toutes ces années, mais tu m’as trahi !

– Non, je n’ai pas…

– Je t’ai vu avec un homme hier soir ! s’exprima l’homme.

– Il est notre fils, a-t-elle répondu. J’étais enceinte quand tu es pari, et notre garçon a eu 20 ans aujourd’hui.

Et avec cela, ils se sont étreint joyeusement. Puis les trois s’assirent pour partager ensemble la dernière miche de pain donnée par le patron. Et quand l’homme a brisé le pain, il a découvert que son patron y avait placé la totalité de l’argent qu’il avait gagné au cours de ces 20 dernières années, plus les intérêts.

La vie est remplie de difficultés et de tentations, et la seule chose qui nous protège de la ruine sont les bonnes valeurs et la retenue. L’un des tests les plus difficiles auxquels nous devons tous faire face dans nos vies est d’être patient.

Souvent, nous devons faire des sacrifices qui testeront notre foi et notre confiance dans notre bonté, notre véritable bonne nature et dans les Divinités compatissantes. Nos choix peuvent s’avérer compliqués, mais si nous parvenons à suivre la véritable étincelle de bonté en nous, le résultat est sûr d’être positif.

Source : The Epoch Times

Le temps qui passe…

Le temps file et passe à la vitesse grand V…

À peine la journée commencée et … il est déjà six heures du soir.

À peine arrivé le lundi et c’est déjà vendredi.

…et le mois est déjà fini.

…et l’année est presque écoulée.

…et déjà 40, 50 ou 60 et 70 ans de nos vies sont passés.

…et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.

…et on se rend compte qu’il est trop tard pour revenir en arrière.

Alors… Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste.

N’arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent.

Mettons de la couleur dans notre grisaille.

Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.

N’hésitons pas à accueillir un nouveau compagnon avec qui partager nos derniers rêves.

Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste.

Essayons d’éliminer les « après » …

Je le fais après…

Je dirai après…

J’y penserai après…

On laisse tout pour plus tard comme si « après » était à nous.

Car ce qu’on ne comprend pas, c’est qu’ :

après, le café se refroidit…

après, les priorités changent…

après, le charme est rompu…

après, la santé passe…

après, les enfants grandissent…

après, les parents vieillissent…

après, les promesses sont oubliées…

après, le jour devient la nuit ..

après, la vie se termine…

Et après c’est souvent trop tard….

Alors, ne laissons rien pour plus tard.

Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre :

les meilleurs moments,

les meilleures expériences,

les meilleurs amis,

la meilleure famille.

Le jour est aujourd’hui ! L’instant est maintenant !

Nous ne sommes plus à l’âge où nous pouvons nous permettre de reporter à demain ce qui doit être fait tout de suite.

7 choses à se rappeler tous les matins

1- Fais la paix avec ton passé pour qu’il ne dérange pas ton présent.

2- Ce que les autres pensent de toi n’est pas ton problème.

3- Le temps soigne presque tout. Sois patient.

4- Personne n’est en charge de ton bonheur. Sauf toi.

5- Ne compare pas ta vie à celle des autres. Et ne les juges pas. Tu ne connais pas leurs épreuves.

6- Arrête de trop penser. Les réponses arriveront quand tu t’y attendras le moins.

7- Souris. Tu ne portes pas tous les problèmes du monde.

Trois gouttes de lumière.

LE VIEUX PROF.

Il était une fois un groupe d’anciens élèves qui décidèrent d’aller visiter un de leurs anciens professeurs. Très vite, ils se mirent à se plaindre du stress de leur vie et dans leur travail.

Le vieux professeur alla à la cuisine et revint avec une cafetière pleine et des tasses, certaines en plastiques, d’autres plus chères (en verre), d’autres très précieuses (en porcelaine ou en cristal).

L’hôte dit à ses invités de se servir. Les étudiants prirent les plus belles tasses et, quand tous se furent servis, le professeur leur dit :

« Avez-vous remarqué que les tasses précieuses ont toutes été choisies ? La tasse n’ajoute rien au goût du café c’est juste qu’elle est plus chère. En fait, vous vouliez tous du café, pas une tasse. Pourtant, vous avez choisi les plus belles tasses et puis, vous avez regardé les autres pour voir qui avait la plus belle. En fait, la vie est comme le café : les travaux, l’argent et la position sociale sont des tasses. Ils sont les outils justes pour tenir et contenir la vie. Et le genre de tasse que nous avons ne définit ni ne change pas la qualité de notre vie. Parfois, si on ne se focalise que sur la tasse, on oublie d’apprécier le café. Alors, savourez le café, pas la tasse ! »

Les gens les plus heureux ne possèdent pas les meilleures choses, mais tirent le meilleur de chaque chose.

Vivez simplement, parlez gentiment, souciez-vous profondément des autres, aimez-les généreusement.

Nous sommes des êtres merveilleux, plus précieux que tout, et cela ne dépend de rien de ce monde. Alors, ne nous laissons pas emporter par la tasse (le monde et toutes ses convoitises).

Le dérapage d’une union foutue

Une séparation ou un divorce demeure toujours une déchirure importante dans la vie d’un couple. Si des enfants sont nés de cette union au fil du temps, c’est encore plus fragile pour la suite. Heureusement cette brisure familiale se fait dans l’harmonie et la bonne entente à plusieurs occasions. Mais dans le cas contraire, la vie prend une toute autre tangente, souvent dramatique, et laisse assurément des blessures profondes qui tardent à guérir.

Pour bien comprendre la portée de ces drames, je veux partager avec vous la triste histoire qui suit, racontée par Patrick Lagacé, dans l’édition de La Presse + du 5 janvier. J’ajouterai que je partage entièrement sa conclusion.

TON PÈRE, XXX Patrick Lagacé

Assis dans son bureau, un grand bureau avec mur de briques, dossiers éparpillés un peu partout et secrétaire à la porte, l’entrepreneur a les yeux pleins d’eau.

Nous sommes à quelques heures du congé des Fêtes.

« Excuse-moi. Je veux pas pleurer. »

Et pourtant, c’est ce qu’il fait.

Je le connais, de loin.

On peut dire que c’est un homme qui a « réussi ». Sa pratique professionnelle est florissante. Il est impliqué dans sa communauté. Je vous dirais son nom, et ce nom vous dirait vaguement quelque chose. Il est modérément médiatisé.

Il a réussi. Mais une de ses deux filles ne lui parle plus. Silence radio, incommunicado, elle l’a bloqué sur Facebook, ne répond ni aux courriels ni aux appels.

Elle a 21 ans.

Il me raconte son divorce, il y a 15 ans. Une séparation impliquant des enfants n’est jamais facile, mais celle-ci fut une longue bataille de Stalingrad conjugale, dont les premières victimes furent les enfants. Les armes de cette bataille – classique – furent : avocats, DPJ, conflits de loyauté…

Il est encore en contact avec sa plus jeune, K., un contact qu’il me décrit comme étroit, chaleureux.

Mais la plus vieille, D., a coupé les ponts. Pas juste avec lui, en fait. Avec toute la famille. Ses grands-parents, sa mère, sa sœur, K.

Il a continué à payer, même quand D. a franchi le seuil de l’âge adulte, même quand elle a terminé ses études. Ma job de père, se disait-il.

Son avocate a contacté D., récemment, pour lui demander où envoyer le chèque. Réponse : « Vous direz à votre client que je ne veux plus d’argent de lui. Je ne veux plus de contacts. »

Il me regarde, dans son grand bureau qui donne sur une rue passante du Vieux-Montréal : « Elle a utilisé les mots « votre client », elle n’est même pas capable de dire « mon père », ou mon nom… »

Il pleure.

« Autant j’ai l’impression d’avoir réussi ma vie professionnelle, autant j’ai l’impression d’avoir gâché ma vie personnelle. »

Je lui dis qu’il s’en met pas mal gros sur les épaules.

Il secoue la tête : « Non, non. Réussir ça… »

Il s’interrompt et désigne son bureau d’un geste large, puis il reprend : « Et rater l’essentiel. »

***

Il m’avait contacté en me disant qu’une connaissance avait un sujet de chronique pour moi. Il voulait m’en parler devant un café. Un rendez-vous fut convenu et il m’a donné une lettre, une simple feuille pliée en quatre, intitulée « Lettre à ma fille… ».

« X octobre 1997, le plus beau jour de ma vie, le jour où je suis devenu père pour la première fois, où je me croyais invincible, où tout était possible. Dans cette chambre d’hôpital où je t’ai prise pour la première fois, j’imaginais déjà ton avenir et je t’ai alors fait une promesse : je serai toujours là pour toi… »

Une lettre de 13 paragraphes, écrite à l’occasion du 21e anniversaire de D., où il est aussi question de la naissance de sa sœur, des « conflits d’adultes » qui ont creusé « un fossé d’une façon sournoise », où il lui dit cet amour paternel en déplorant « ces années perdues », où il décrit la lente érosion de leur relation : « Petit à petit, tu as commencé à couper les communications jusqu’au jour où tu as mis fin à tout contact… »

Rappelez-vous, il m’avait dit qu’il me contactait pour quelqu’un d’autre.

J’ai fini de lire la lettre, qui prenait fin sur « Ton père, xxx ».

Je savais déjà la réponse, mais j’ai quand même posé la question :

« C’est qui ?

— C’est moi. »

***

Aliénation parentale ?

Je ne sais pas, il faudrait être psychiatre pour conclure. Mais quelque chose en banlieue de l’aliénation parentale. En tout cas, certainement quelque chose comme les blessures à vie qui fuckent les enfants quand un divorce dérape, quand des « conflits d’adultes » deviennent des guerres mondiales de bungalows qu’on brûle au napalm métaphorique.

Classique, comme je disais. Tous les divorces ne finissent pas comme ça. Ça se « réussit », une séparation. Mais quand ça dérape, quand ça dégénère, ni papa ni maman ne gagnent, il n’y a que des enfants qui grandissent avec des blessures invisibles…

« Je donnerais TOUT, me dit-il en séchant ses larmes, pour retourner en arrière, pour voir où j’ai raté le bateau. »

Je vous parle de ce gars-là, mais des pères comme lui, des mères comme lui, il y en a des milliers à se demander ce qu’ils auraient pu faire autrement, à Stalingrad.

Il me raconte que quand il a décidé de vendre la maison où ses filles avaient grandi, il y a quelques années, il a contacté D. pour lui dire que si elle voulait passer voir la maison une dernière fois, si elle voulait venir récupérer ses souvenirs de jeunesse…

Eh bien, si elle voulait faire ça, la porte était grande ouverte.

Pas de réponse.

Il a mis les souvenirs de D. dans une boîte, il a entreposé la boîte. On ne sait jamais.

Bonne année, tout le monde, parlons-nous un peu plus.

Trois gouttes de lumière

L’AMOUR DANS CE QU’IL A DE PLUS PROFOND

Tôt un matin, un homme âgé est venu à l’hôpital. Il venait pour retirer les points de suture de son pouce. Une infirmière l’a reçu, elle a vérifié ses signes vitaux et lui dit d’attendre :

– Il faudra plus d’une heure avant que le médecin puisse vous voir.

L’infirmière lui a dit d’attendre mais l’homme âgé lui a demandé de se dépêcher si possible. Alors qu’ils commençaient à parler, l’infirmière lui a demandé :

– Avez-vous un rendez-vous avec un médecin comme vous semblez être pressé…?

Le vieil homme a répondu :

– Non, mais je dois aller à la maison de retraite pour prendre le petit déjeuner avec ma femme. Elle souffre de la maladie d’Alzheimer et vit dans une maison de retraite…

L’infirmière a demandé :

– Serait-elle inquiète si vous arriviez en retard ?

Le vieil homme a répondu :

– Non… Elle ne se souvient plus de qui je suis et ne m’a pas reconnu depuis les cinq dernières années…

L’infirmière était surprise et a demandé :

– Elle ne vous reconnaît plus, mais vous allez prendre le petit déjeuner avec elle tous les matins ?

Ce à quoi le vieil homme a répondu :

– Elle ne me connaît plus mais je sais toujours qui elle est…

Pour les amoureux, le temps, la distance ou la santé n’ont pas d’importance… La seule chose qui compte, c’est l’amour et le soin envers votre partenaire malgré toutes les difficultés sur le chemin de la vie.

Le temps…

Dans le temps…

On avait le temps

De prendre son temps

Le temps de grandir

Le temps de marcher

Le temps de sourire

Le temps de prier

Et de réfléchir

Le temps de conter

Tant de souvenirs

Le temps de chanter

Le temps de vieillir

Le temps de s’aimer

Le temps de mourir

À présent…

L’homme, tout le temps

Court après le temps

Il n’a plus le temps

De perdre son temps

Et pourtant

Il arrive à temps… où la mort l’attend

Trois gouttes de lumière

Quelquefois, la réaction de nos enfants à travers nos soucis et obligations, nous laisse sans mot…

ENTRETIEN D’UN FILS AVEC SON PÈRE

Un homme arrive chez lui un soir, fatigué après une dure journée de travail, pour trouver son petit garçon de 10 ans assis sur les marches du perron.

– Papa, est-ce que je peux te poser une question ?

– Bien sûr !

– Combien gagnes-tu de l’heure ?

– Mais ça ne te regarde pas fiston !

– Je veux juste savoir. Je t’en prie, dis-le-moi !

– Bon, si tu veux absolument savoir; 35$ l’heure.

Le petit garçon s’en retourne dans la maison avec un air triste. Il revient vers son père et lui demande :

– Papa, pourrais-tu me prêter 10$ ?

– Bon, c’est pour ça que tu voulais savoir. Pour m’emprunter de l’argent ! Va dans ta chambre et couche-toi. J’ai eu une journée éprouvante, je suis fatigué et je n’ai pas le goût de me faire déranger avec des niaiseries semblables.

Une heure plus tard, le père qui avait eu le temps de décompresser un peu se demande s’il n’avait pas réagi trop fort à la demande de son fils. Peut-être bien qu’il voulait s’acheter quelque chose d’important… Il décide donc d’aller dans la chambre du petit.

– Dors-tu fiston ?

– Non, papa !

– Écoute, j’ai réfléchi et voici le $10.00 que tu m’as demandé.

– Oh merci papa !

Le petit gars fouille sous son oreiller et en sort 25$. Le père, en voyant l’argent, devient encore irrité.

– Mais pourquoi voulais-tu 10$ ?

– Tu en as $25.00 ! Qu’est-ce que tu veux faire avec cet argent ?

– C’est que… il m’en manquait. Mais maintenant, j’en ai juste assez. Papa… est-ce que je pourrais t’acheter une heure de ton temps ? Demain soir, arrive à la maison plus tôt, j’aimerais dîner avec toi !!!

Prenez toujours le temps de vous rapprocher de ceux que vous aimez !

Parler de la mort

Parler de la mort demeure encore aujourd’hui un sujet tabou. On n’ose pas en parler, de peur de tenter la fatalité. Il nous reste trop de choses à faire pour envisager notre fin et même-là, on aime mieux parler d’autres choses. C’est stressant, angoissant et on est maladroit devant un tel scénario.

Mais il faut en parler parce qu’un jour, on devra y faire face. Le destin nous fera passer dans l’au-delà. Il existe des ressources qui peuvent nous aider à mieux l’affronter ou s’y préparer. On fait bien nos préarrangements, alors… Et comme l’a dit Bernard Landry, dans sa dernière entrevue à la télé, sur la question ; avez vous peur de la mort ? Il a sereinement répondu « Non, parce que personne n’y échappe. »

Alexandre Vigneault en a fait le sujet de son reportage dans l’édition électronique de La Presse, du 3 novembre. En voici le contenu.

ADIEU TABOUS ! Alexandre Vigneault

Les anglophones l’appellent le death positive movement (mouvement positif de la mort), un mouvement social qui encourage les vivants à parler ouvertement de la mort. Peu à peu, des gens brisent ce tabou avec deux espoirs : mieux mourir et, d’ici là, vivre mieux.

« N’est-ce pas ironique ? On met des fantômes et des crânes dans les jardins, mais on ne parle pas de la mort dans notre société », regrette Robin. On est la veille de l’Halloween. Plutôt que d’accrocher un squelette dans l’entrée et de préparer des sacs de bonbons, sept femmes et un homme ont choisi de s’attabler en privé dans un resto rue Saint-Denis. Sur la porte, l’affiche dit : « Death Café ».

Robin est arrivé avec son amie Michaela, d’autres seuls. Certains se connaissent, la plupart non. Ce qu’ils ont en commun ? Une envie de parler de la mort. Sans filtre. « Un Death Café n’est pas une thérapie, mais y participer peut être thérapeutique », explique Marie-France Privyk, organisatrice de la soirée. Aucun sujet n’y est tabou. Pas même le suicide.

Personne n’a une mine d’enterrement. Il sera question d’acharnement thérapeutique, du temps qu’on a – ou pas – pour dire au revoir à un proche, de la mystérieuse présence d’un être cher disparu, un peu de la peur de mourir et… pas du tout de religion. L’atmosphère n’est pas lourde. Intime, plutôt. Une mystérieuse complicité s’installe vite et les éclats de rire ne sont pas rares. Au fond, le sujet du Death Café, c’est la vie.

« J’ai plus peur de ne pas vivre que de mourir », dit Robin, qui a frôlé la mort il y a deux ans. Il a changé de vie depuis : quitté le confort de son Écosse natale pour aller à Montréal se plonger dans une culture et une langue qu’il ne connaissait pas.

« Je veux participer à ma communauté, je veux vivre. Je ne vais pas partir l’âme vide, je veux la remplir. »

— Rona, participante du Death Café

LA MORT CHANGE

Signe que les manières d’envisager la fin de la vie changent, un premier Salon de la mort s’ouvre aujourd’hui à Montréal. Son organisatrice, Phoudsady Vanny, estime que le débat sur l’aide médicale à mourir a brisé un tabou et incité les gens à réfléchir à ce qu’ils voulaient pour leur propre mort. Marie-France Privyk y voit surtout quelque chose de générationnel. « Après avoir réinvité la jeunesse et la vieillesse, les baby-boomers veulent maintenant aborder la mort à leur façon », pense-t-elle.

« Il y a peut-être un changement qui s’opère, mais très lentement, estime pour sa part Josée Jacques, psychologue spécialiste du deuil qui enseigne notamment aux futurs thanatologues. Les gens sont encore dans la culture du contrôle, du bonheur. » On veut une « bonne » mort, résume-t-elle, souci qui découlerait d’un mélange d’ouverture, de marketing et d’égocentrisme.

En juin dernier, le New York Times évoquait cette transformation en assistant à la célébration funéraire d’une excentrique dame de 88 ans, présente et bien portante, qui avait organisé elle-même ses funérailles. Ou plutôt ses « FUNérailles ». Cette fête, au cours de laquelle ses proches pouvaient notamment peindre un cercueil en mangeant des petites bouchées, se voulait divertissante et pleine d’amour.

Phoudsady Vanny souhaite aussi créer un effet « wow » avec son premier Salon de la mort. Elle ne parle pas d’explosions de confettis, plutôt de rencontres humaines et de réflexion. Katia, l’une des participantes au Death Café, ira à cet événement où les salons funéraires côtoieront des professionnels de la mort « nouveau genre » comme Hélène Giroux, accompagnante de fin de vie.

ALLER À L’ESSENTIEL

« Apprivoiser la mort, c’est donner un autre sens à la vie », estime la femme de Granby, qui offre depuis 18 ans écoute et soins à des personnes mourantes. Le métier d’accompagnante de fin de vie n’existe pas officiellement. Hélène Giroux s’y est d’abord engagée « pour éveiller sa conscience » et se préparer au départ de ses propres parents.

« C’est un contexte très particulier, la fin de vie. On est dans l’essentiel. Je voulais travailler avec les humains, pas sur une chaîne de montage, ce qui est souvent le cas dans le système de santé », dit celle qui a été brièvement préposée aux bénéficiaires. Elle fait un travail de contact physique, émotif et spirituel avec la personne mourante, mais aussi avec ses proches, qui ont souvent besoin d’être rassurés, compris et… préparés à la fin.

« Il est difficile pour une personne en fin de vie de parler de la mort avec ses proches. Elle ne veut pas faire de peine et les proches, eux, ne veulent pas en rajouter. Les gens se protègent entre eux, constate-t-elle. Avec une personne qui n’a pas cette connexion émotive, c’est plus facile. »

« On aide les gens à apprivoiser la mort, à déterminer ce qui est important pour eux et à atteindre les buts qu’ils se fixent pour la fin de leur vie, résume Jennifer Mallmes, accompagnante de fin de vie dans la région de Vancouver. Si les choses se passent bien, la famille s’en souvient pour le restant de ses jours. Ça aide les personnes qui restent à vivre leur deuil et la personne qui va mourir à tirer le meilleur du temps qui lui reste. »

Prendre ce temps précieux pour se parler a un effet « libérateur », selon elle. « On aborde chacune des peurs, chacune des choses qui préoccupent la personne mourante et on ramène ça à ce qu’elle peut faire, dit-elle. Ça peut être écrire des cartes d’anniversaire à son enfant pour les 10 prochaines années ou acheter un cadeau de mariage, si on sait qu’on ne sera pas là pour celui de sa fille. »

« Je crois que tout le monde a peur de la mort. Personne ne veut laisser des gens derrière. »

— Jennifer Mallmes, accompagnante de fin de vie

« On espère que ce sera vécu de manière sereine, dit Hélène Giroux, mais on ne peut pas le faire à la place de la personne en fin de vie. » Elle constate aussi ceci : quand on pense à la mort, on pense d’abord à tout ce qui est négatif et pas assez aux rapprochements, aux conversations intimes et aux « je t’aime ».

Les deux accompagnantes de fin de vie estiment que leur travail devrait être encadré par l’État. Jennifer Mallmes parle à la fois de légitimer ce rôle et de rendre les gens qui le jouent responsables. Les accompagnants de fin de vie pourraient éventuellement travailler de concert avec les travailleurs sociaux et les hôpitaux, selon elle. « Même les personnes qui côtoient la mort dans les hôpitaux et les maisons d’hébergement manquent de formation, déplore Hélène Giroux. Ils ne savent pas accompagner la fin de vie. »

(RE)TROUVER UN SENS

Dire que notre société a perdu le contact avec la mort est un euphémisme. Même les funérailles et les deuils se doivent d’être expéditifs. « On veut des funérailles le samedi pour retourner au bureau lundi », constate Josée Jacques. On fait peut-être fausse route, aussi, en disant à nos proches de ne pas en faire trop à notre mort, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir ceci ou cela, ni même de cérémonie.

« Ce que les gens ne savent pas, c’est que cette volonté est contraignante pour les vivants. S’il n’y a pas de rituel, pas de lieu, s’ils n’ont pas la chance de vivre cette transition, le deuil est plus complexe », explique la psychologue. Avant, la reconnaissance du corps constituait un élément « aidant » du deuil. « Maintenant, les rituels sont courts, au salon c’est une urne et parfois il n’y a même pas de photo, relève-t-elle. La reconnaissance de la perte se fait moins. »

Parler de la mort aide à mieux vivre, croit la psychologue. Il faut « donner un sens » à sa vie, insiste Kit, qui a longtemps organisé les Death Café. Un sens qui fait souvent défaut, croit Michaela, en relevant le vide qu’elle perçoit dans cette quête de bonheur et de performance qui est la nôtre, ce confort censé rendre heureux et qui y parvient si peu. « On n’a pas besoin d’avoir le meilleur de tout », croit d’ailleurs Rona.

« On apprend que le bonheur est un objectif à atteindre, mais le bonheur, c’est des moments », estime Dianne, qui fait du bénévolat en soins palliatifs depuis 15 ans. Robin mesure sa chance chaque matin en ouvrant les yeux. « Je dis merci pour cette autre journée, raconte-t-il, parce que je sais que demain ne viendra peut-être pas. » En fin de vie, les gens n’ont pas peur de la mort, selon Dianne, mais de ne pas avoir vécu. Elle est là, l’angoisse. « Je continue mon bénévolat parce que ça me garde humaine, connectée à ce qui est important, dit-elle encore. Quand j’accompagne les gens, je me sens très, très vivante. »