Que faut-il de plus… pour comprendre ?

Aujourd’hui tu es sorti de chez toi,
Sereinement, comme si je n’existais pas.
Être confiné c’est compliqué,
Quelle perte de temps d’être enfermé…
Tu vas croiser des connaissances,
Ils ne toussent pas, ils vont bien,
Il n’y a pas de mal à serrer leurs mains.
Quelques accolades, tu plaisantes,
Puis tu t’en vas retrouver les tiens.

Tu ne me vois pas, tu ne me sens pas,
Pourtant tu m’as ramené avec toi.
Au milieu de ta famille,
Je choisis tranquillement mon nid…

J’attaque au bout de quelques jours,
Ta femme est épuisée, son corps est lourd.
R
ien d’alarmant penses-tu,
C’est un coup de froid rien de plus.

J’ai lancé la fièvre et la toux,
Mais tu restes aveugle et sourd.
De l’intérieur je contrôle tout,
Comme un magicien je vais te faire un tour…
Regarde-la, elle suffoque, elle s’étouffe,
Elle panique, elle souffre,
Tu contactes les secours,
Sans comprendre que c’est son tour !

À l’hôpital je suis un Roi,
Ici, on ne parle que de moi,
Ils me craignent tous, je le sais,
Soignants, soignés, je les ai tous terrorisés !

Ta femme est de plus en plus faible,
Mais pas de moyens, pas de places,
Pas de respirateurs, pas de masques.
Pas de soutien, pas de famille
Elle gît seule au fond de son lit.

Je sens bien qu’elle a peur, elle pleure,
Elle a froid, elle se sent seule,
Il fait noir, elle vous dit qu’elle vous aime.
Elle s’endort,
J’attaque plus fort !

Tout s’enchaîne,
Cent battements, cinquante, vingt et puis plus rien….
J’ai décidé, pour elle aussi, le sommeil sera éternel.

Tu n’as pas pu lui dire au revoir,
Comme tous les autres, je l’ai emportée dans le noir.
I
l n’y aura plus jamais de prochaine fois,
Tu étais pourtant prévenu, tu crois pas ?

Je m’appelle Covid-19 et ce soir avec ton aide j’ai tué ta moitié!
Toi, il ne te reste que tes yeux pour pleurer…

Poème d’Elodie Schultz

Que sera demain, à Venise

NDLR. : À l’origine, ce texte a été publié par Paule Baillargeon, comédienne québécoise. Il lui était parvenu d’un ami qui habite à Venise en Italie, qui l’avait lui-même reçu d’un autre ami.

L’Italie demeure le pays de la planète le plus dévasté par le Coronavirus. À ce jour, plus de 10 000 personnes y ont trouvé la mort. Voici la réflexion d’un Vénitien sur ce qui se passe là-bas.

LE BEAU CÔTÉ D’UN VIRUS

Je vous écris d’une ville coupée du monde. Nous vivons ici dans une parfaite solitude qui n’est pas le vide. Nous prêtons chaque jour un peu moins attention à ce que nous ne pouvons plus faire car Venise, en ces jours singuliers, nous ramène à l’essentiel. La nature a repris le dessus. L’eau des canaux est redevenue claire et poissonneuse. Des milliers d’oiseaux se sont installés en ville et le ciel, limpide, n’est plus éraflé par le passage des avions.

Dans les rues, à l’heure de la spesa, les Vénitiens sont de nouveau chez eux, entre eux. Ils observent les distances, se parlent de loin mais il semble que se ressoude ces jours-ci une communauté bienveillante que l’on avait crue à jamais diluée dans le vacarme des déferlements touristiques. Le tourisme, beaucoup l’ont voulu, ont cru en vivre, ont tout misé sur lui jusqu’à ce que la manne se retourne contre eux, leur échappe pour passer entre des mains plus cupides et plus grandes, faisant de leur paradis un enfer.

Venise, en ces jours singuliers, m’apparaît comme une métaphore de notre monde. Nous étions embarqués dans un train furieux que nous ne pouvions plus arrêter alors que nous étions si nombreux à crever de ne pouvoir en descendre! À vouloir autre chose que toutes les merveilles qu’elle avait déjà à leur offrir, les hommes étaient en train de détruire Venise. À confondre l’essentiel et le futile, à ne plus savoir regarder la beauté du monde, l’humanité était en train de courir à sa perte.

Je fais le pari que, lorsque nous pourrons de nouveau sortir de nos maisons, aucun Vénitien ne souhaitera retrouver la Venise d’avant. Et j’espère de tout mon cœur que, lorsque le danger sera passé, nous serons nombreux sur cette Terre à refuser de réduire nos existences à des fuites en avant. Nous sommes ce soir des millions à ignorer quand nous retrouverons notre liberté de mouvement. Soyons des millions à prendre la liberté de rêver un autre monde. Nous avons devant nous des semaines, peut-être des mois pour réfléchir à ce qui compte vraiment, à ce qui nous rend heureux.

La nuit tombe sur la Sérénissime. Le silence est absolu. Cela suffit pour l’instant à mon bonheur.

Andrà tutto bene.

Trois gouttes de lumière…

Décidément, ce coronavirus, tout petit micro-organisme, aura bouleversé la planète tout entière. Partout, on doit décider, réorganiser, revoir, ce qu’on a l’habitude de faire. Nous découvrons de nouvelles façons d’exister, de vivre plongés dans l’incertitude du lendemain. Ce qui était la norme auparavant, devient l’obscur à apprivoiser.

Est-ce que cette calamité devait arriver afin de nous conscientiser aux vraies valeurs qui devraient dorénavant nous guider ?

À cet égard, Moustapha Dahleb, la plus belle plume tchadienne, a écrit…

L’HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen… ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…). Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak a pris fin).

Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales…).

Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques…).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l’Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre « humanité » dans cette « mondialité » à l’épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

Notre Sodome et Gomorrhe ?

Tôt ou tard, cette crise du Coronavirus sera chose du passé. Il nous faudra cependant en tirer des conclusions pour en ressortir dans un monde meilleur. Est-ce que cette calamité serait due à nos propres comportements ? À notre insouciance face à l’environnement, à la nature ?

La Bible rapporte l’histoire légendaire de la destruction de Sodome et Gomorrhe (Genèse, XIX), dont elle fait une punition de Dieu à l’encontre des habitants de ces villes, infidèles et immoraux. « La clameur qui s’élève de Sodome et Gomorrhe est immense et leurs péchés sont énormes… » Il anéantit les villes et toute la contrée et tous les habitants des villes et la végétation du sol. L’épouse de Lot qui avait regardé en arrière devint une colonne de sel… Il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d’une fournaise. » (Genèse, XVIII, 19.)

Vous vous souvenez de cette histoire ? Les plus jeunes non, mais ceux et celles de ma génération, oui.

C’est un peu à ce que je pensais en réfléchissant à ce qui nous arrive. Serait-ce un signal ? Un avertissement du pire ?

À tout événement, Gilles Proulx signait un article récemment dans le Journal de Montréal qui rejoignait mes pensées. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui, en cette période de confinement. Un bon moment pour y réfléchir.

LA VENGEANCE DE DAME NATURE

À force de multiplier les humanoïdes sur notre boule de terre qui sert de buffet à nos affamés du progrès, à force de tolérer un État chinois totalitaire où des marchés à la viande de tout et n’importe quoi desservent une population indigente, ça devait arriver tôt ou tard : les microbes s’avèrent plus intelligents que les bipèdes affairistes.

Évidemment que ces foires fourre-tout où l’on vend de l’ours polaire, du requin, du chien, du pangolin, de la poudre de corne de rhinocéros s’avèrent des viviers à virus !

Soudain, la marche triomphale du progrès piétine. Nous voilà forcés de payer la note pour un siècle de mégalomanie. Dame Nature se venge.

AVERTISSEMENT

Le principal avertissement venait de La guerre des mondes écrit par H. G. Wells en 1898 et adapté plus tard à la radio par Ourson Welles. Des envahisseurs extraterrestres supérieurs au point de faire une bouchée de nos armées s’arrêtent subitement de combattre et meurent comme des mouches… Car ils n’avaient pas prévu l’existence des microbes.

Dans la réalité, les terriens de La guerre des mondes, ce sont les animaux « surchassés » et les ressources naturelles surexploitées… Et les monstrueux extraterrestres tout puissants arrêtés par des micro-organismes, c’est nous !

EXPÉRIENCE INUTILE

Comme un émule d’Elvis Presley à la fin de sa vie, je suis en quasi-réclusion depuis au moins dix ans. Je ne veux pas voir le monde, je déteste l’humanoïde. Bref, terré chez moi, ma routine n’a pas vraiment changé, mais de ma fenêtre, je vois désormais une Montréal presque endormie.

La situation actuelle ne se compare à rien de ce que j’ai connu. J’espère que le régime chinois détestable et impénitent recevra une monumentale claque sur la gueule, de la part de tous les autres pays du monde, pour ce qui est la pire négligence criminelle de l’histoire de la civilisation !

Une belle réflexion sur la jeunesse récalcitrante

Malheureusement, on le constate, des jeunes se foutent des consignes de la crise du Coronavirus. Ils se sentent toujours invincibles et n’en n’ont rien à cirer des ordres des autorités. Est-ce nouveau ? Est-ce une réaction normale à l’autorité ? N’est-ce pas le portrait de la réalité de notre jeunesse comme elle a toujours été ?

Quoi qu’il en soit, Joseph Facal en a fait une excellente analogie hier dans le Journal de Montréal, que je veux partager avec vous aujourd’hui, dans cet épisode de confinement sans précédent.

QUAND J’AVAIS 20 ANS

Le premier ministre Legault s’est senti obligé d’aborder ouvertement la difficulté de convaincre les jeunes de respecter les consignes d’isolement.

Pourquoi, vous pensez ?

Parce qu’il reçoit des informations à ce sujet. Il suffit d’ailleurs de regarder autour de nous.

Conscient que le messager influence le message, positivement ou négativement, le premier ministre a même demandé de l’aide aux personnalités que les jeunes suivent plus que lui.

Certes, « les jeunes », cela n’existe pas davantage que « les vieux ».

Il y a toutes sortes de jeunes, et Dieu sait que les aînés peuvent aussi être incroyablement têtus quand ils s’imaginent qu’on veut les infantiliser.

MOI ET MOI

Comment nier cependant qu’à 20 ans, comme le dit publiquement François Legault, « on écoute moins » ?

Quand j’avais 20 ans, j’avais toutes les misères du monde à m’oublier et à penser aux autres.

Quand j’avais 20 ans, je me croyais invulnérable.

Quand j’avais 20 ans, je trouvais un peu niaiseux ceux qui ne pensaient pas comme moi.

Quand j’avais 20 ans, je pensais que je savais tout ou que ce que je savais était ce qui comptait vraiment.

Quand j’avais 20 ans, je confondais le droit de chacun à son opinion avec le fait que certaines opinions sont plus solides que d’autres parce que mieux documentées.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais trouvé difficilement tolérable que mes parents me disent de rester à la maison et de téléphoner à mes amis.

Quand j’avais 20 ans, si mon père m’avait dit de m’écraser sur le divan, j’aurais pensé que je m’écraserais sur le divan au moment où je le déciderais.

Quand j’avais 20 ans, le mot « solidarité » aurait probablement provoqué un petit ricanement intérieur.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais mis en doute les informations gouvernementales.

Quand j’avais 20 ans, pour être exact, je ne prêtais pas attention aux annonces gouvernementales.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais peut-être accordé autant de crédibilité à des médias alternatifs, sauf que, oups, il n’y en avait pas.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais suspecté un grand complot ourdi par je ne sais qui pour faire de l’argent avec la crise.

LES DEUX

Quand j’avais 20 ans, si on m’avait dit qu’on peut ne rien ressentir et transmettre quand même le virus à autrui, j’aurais soupiré d’exaspération devant ce petit cours de morale.

Quand j’avais 20 ans, si on m’avait dit que parce qu’à mon âge on a la bougeotte, je suis un facteur de risque accru, j’y aurais vu une sorte d’insulte à toute ma génération.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais levé les yeux au plafond, vu de la condescendance partout et, peut-être, envoyé chier du monde.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais trouvé que les « adultes » capotent, exagèrent, perdent leur calme et sont devenus paranos.

Quand j’avais 20 ans, j’étais à la fois très brillant et très con.

Et vous savez quoi ? Il m’a fallu près de 40 ans pour comprendre que les deux étaient compatibles.

Trois gouttes de lumière…

L’HISTOIRE DE PÉPÉ

Pépé était ce type de personne que tout le monde aimerait être. Toujours de bonne humeur, il avait toujours quelque chose de positif à dire. Quand quelqu’un lui demandait comment il allait, il répondait toujours : « impossible d’aller mieux ! »

Il avait changé plusieurs fois de travail et plusieurs des ses collaborateurs l’avaient suivi. La raison pour laquelle ils le suivaient était son attitude : c’était un leader né. Si un ses employés était dans un mauvais jour, Pépé était là pour lui faire voir le côté positif de la situation.

Un jour, je suis allé voir Pépé et je lui ai demandé :

– Je ne comprends pas… ce n’est pas possible d’être positif tout le temps. Comment fais-tu ?

Pépé me répondit :

– Chaque matin, je me réveille et je me dis : « Pépé, tu as deux options aujourd’hui : tu peux choisir d’être de bonne ou de mauvaise humeur. Je choisis d’être de bonne humeur. Chaque fois que quelque chose de désagréable m’arrive, je peux choisir de me comporter en victime ou d’apprendre de l’expérience. Je choisis d’apprendre. »

« Chaque fois que quelqu’un vient se plaindre, je peux accepter sa remarque ou lui montrer le côté positif de la vie. Je choisis de lui montrer le côté positif de la vie. »

– Oui, bien sûr, mais ce n’est pas si facile, lui ai-je répondu.

– Si, ce l’est, répondit Pépé. Tout, dans la vie, est une question de choix. Si tu simplifies, toute situation se résume à un choix. Tu choisis la façon dont les autres influencent tes états d’âme, tu choisis d’être de bonne ou de mauvaise humeur. En résumé, tu choisis comment vivre ta vie.

J’ai longuement réfléchi à ce que Pépé m’avait dit…

Pour des questions de résidence, nous avions perdu le contact, mais je pensais souvent à Pépé quand je devais faire un choix.

Plusieurs années plus tard, j’appris que Pépé avait fait une chose qu’il ne faut jamais faire. Il avait laissé une porte ouverte et un matin, trois voleurs armés vinrent cambrioler sa société. Quand Pépé, tremblant de peur, essayait d’ouvrir le coffre-fort, sa main glissa. Les voleurs pris de panique, lui tirèrent dessus.

On trouva Pépé relativement rapidement, on l’emmena d’urgence à l’hôpital. Après huit longues heures d’opération et des semaines de réhabilitation intensive, Pépé sortit de l’hôpital avec encore quelques fragments de balle dans le corps.

Six mois plus tard, je retrouvais Pépé et quand je lui demandais comment il allait, la réponse restait invariablement : « Impossible d’aller mieux ! »

Quand je lui ai demandé ce qui lui était passé par la tête le jour du cambriolage, il m’a répondu :

– Quand j’étais blessé, allongé par terre, je me suis souvenu que j’avais deux options, je pouvais vivre ou mourir. J’ai choisi de vivre.

– Tu n’as pas eu peur ? lui ai-je demandé.

Pépé poursuivit :

– Les médecins ont été fantastiques, il ne se lassaient pas de me dire que tout allait bien se passer. Pourtant, quand ils m’ont emmené au bloc opératoire, quand j’ai vu l’expression sur leurs visages, j’ai vraiment pris peur. Je pouvais lire dans leur regard « Cet homme est un homme mort… ». J’ai alors su que je devais prendre une décision.

– Qu’as-tu fait ? lui ai-je demandé.

Pépé me répondit :

– Quand un des médecins m’a demandé si j’étais allergique à quelque chose, prenant une profonde respiration, j’ai crié : « Si, aux balles ! » pendant qu’ils riaient, et je leur ai dit : « Je choisis de vivre, opérez-moi comme si j’étais vivant, par comme si j’étais mort. »

Pépé a survécut grâce aux médecins mais surtout grâce à sa surprenante attitude. Il avait appris que chaque jour, nous avons le choix de vivre pleinement ou non. En fin de compte, l’attitude, c’est tout ce qui importe.

Finalement, dans tout ce que tu es, comment tu te sens, comment les autres te voient et comment tu vis, toi seul prend la décision !

Ceux qui se frustrent sont ceux qui n’ont pas su voir le côté positif de leurs résultats et de leur vie…

Bons choix !

Je continuerai…

Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.

Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.

Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.

Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.

Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité,

Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.

Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.

Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.

Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.

Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.

J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…

Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés.

Car au milieu de la désolation, il y aura toujours un enfant qui nous regardera, plein d’espoir, attendant quelque chose de notre part et même si nous sommes au milieu de la tourmente, le soleil surgira toujours de quelque part et au milieu du désert poussera une plante.

Mais… si un jour tu vois que je ne marche pas, que je ne souris pas ou que je me tais, alors approche-toi seulement de moi et donne-moi un baiser, tiens-moi dans tes bras ou offre-moi un sourire. Ce sera suffisant, car j’aurai sûrement oublié que la vie m’a accablé et m’a surpris pendant un moment.

Il y aura toujours un oiseau qui chantera pour nous, un enfant qui nous sourira et un papillon qui nous fera cadeau de sa beauté.

Seulement un geste de ta part me fera retourner à mon chemin. Ne l’oublie jamais…

Siqueir.’.

Trois gouttes de lumière…

LE POINT NOIR

Un jour, un professeur entra dans sa classe et demanda à ses élèves de se préparer à une interrogation surprise. Les élèves, étonnés, attendaient que le contrôle commence.

Le professeur distribua les feuilles d’interrogation face vers le bas, comme d’habitude. Lorsqu’il les eut toutes distribuées, il demanda aux élèves de retourner leur feuille.

À la surprise générale, il n’y avait aucune question. Juste un point noir au centre de la feuille. En voyant l’expression des visages des élèves, le professeur leur dit :

– Je voudrais que vous écriviez ce que vous voyez ici…

Les étudiants, un peu confus, commencèrent ce devoir inexplicable.

À la fin du temps imparti, le professeur ramassa les copies et commença à les lire à haute voix devant toute la classe. Tous les étudiants avaient défini le point noir, en essayant d’expliquer sa position au centre de la feuille. Après que toutes les copies eurent été lues, le professeur commença à expliquer :

– Je ne vais pas vous noter là-dessus. Je voulais juste que vous réfléchissiez. Personne n’a rien écrit au sujet de la partie blanche de la feuille. Tout le monde s’est focalisé sur le point noir. Et la même chose arrive dans nos vies. On a tendance à se focaliser seulement sur le point noir.

Le problème de santé qui nous embête, le manque d’argent, une relation compliquée avec un membre de la famille, une déception avec un ami… Les points noirs sont très petits quand on les compare avec tout ce que nous avons dans nos vies, mais c’est eux qui polluent notre vie.

Éloignez vos yeux des points noirs de votre vie et prenez conscience de tout ce que vous avez.

Profitez de chacune de vos satisfactions, de chaque moment positif que la vie vous donne.

Voyez l’abondance autour de vous et vivez heureux !

Trois gouttes de lumière…

RETROUVER SA DIGNITÉ

Ne laisse plus personne te dire ce que tu as à faire.

Connecte-toi le plus souvent possible avec les personnes qui t’encouragent et t’aident à surmonter tes expériences de vie.

Quitte ceux qui te rendent triste, te font pleurer, te diminuent et te font douter de toi, sabotent ton moral et sont satisfaits de te voir affligé/e.

Le temps est venu pour toi, comme pour nous tous, de te reconnecter à ton essence profonde.

Tes anciennes mémoires sont en train de remonter en ce moment à la surface afin que tu leur dises « Merci pour tout et au revoir ».

Laisse tes émotions sortir, trouve une personne qui sache t’écouter avec son cœur.

Les autres sont là pour te montrer où tu en es avec toi-même. Sers-toi d’eux pour travailler par l’effet-miroir et ensuite fais du tri sur ce que tu sens, qui sape ton intégrité vitale, physique, émotionnelle ou mentale.

Tout est en place pour que tu apprennes à t’aimer, à t’accueillir tel/le que tu es. Rien n’est l’effet du hasard et au plus profond de toi tu le sais.

Redresse ta colonne, fixe tes yeux sur ton but, chasses tes peurs et avances le cœur libre et l’esprit heureux d’aller vers le chemin de ton Âme.

Tout est maintenant en place pour que tu retrouves ta dignité, ta fierté de femme et d’homme libre, et que tu montres au monde toute ta splendeur, toute ta lumière et toute ta Divinité.

En toute confiance

Voici quelques paroles de sages sur la confiance.

Il ne faut pas craindre d’assumer avec confiance son propre destin. Il y a autant d’honneur et de gloire à cultiver des pommes de terre qu’à gouverner un royaume.
Guy de Larigaudie

La confiance est comme un château de sable. Elle est difficile à construire, mais si facile à détruire.
Antoine de Salins

La confiance en soi consiste à exprimer ses idées, sans hésitation, même si elles diffèrent de celles des autres. Les grandes œuvres naissent toujours dans la pluralité des idées.
Lyauley

On peut, par la confiance et la volonté de caractère, mettre quelqu’un dans l’impossibilité de nous tromper.
Joseph Joubert

Le plus difficile n’est pas d’avoir confiance dans les autres, mais en soi-même.
Guy Thevenot

Les gens proches de la terre comprennent d’instinct avec leur cœur et ils ont confiance en la nature.
Alice Parizeau

Avoir la confiance de quelqu’un est probablement encore plus important que d’être aimé.
George MacDonald

Il y a toujours de la grandeur et du courage dans la confiance que l’on donne à ceux qui nous la demandent, et cela ne peut inspirer que l’estime et la clémence.
Napoléon Bourassa

Être confiant, c’est croire qu’un océan existe parce qu’on a vu un ruisseau.
Saint Exupéry

La fin du monde, c’est lorsqu’on cesse d’avoir confiance.
Madeleine Ouellette-Michalska

Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent, et une confiance inébranlable dans l’avenir.
Jean Jaurès

Lorsqu’on a confiance en soi-même, on inspire confiance aux autres.
Goethe

Source : Florimage

Trois gouttes de lumière…

Francine Christophe

Une histoire touchante et vraie d’un épisode de la vie des prisonniers des camps de concentration nazis, lors de la dernière guerre mondiale.

Preuve vivante que les miracles existent vraiment. Ancienne déportée, Francine Christophe raconte l’extraordinaire histoire d’un bébé né dans un camp de concentration.

ENFANT DES CAMPS

Il s’est passé dans mon camp de Bergen-Belsen quelque chose d’extraordinaire.

Je rappelle que nous étions des enfants prisonniers de guerre, donc privilégiés. Nous avions eu le droit d’emporter de France un petit sac avec deux, trois petites choses. Une femme, un bout de chocolat. Une femme, un morceau de sucre. Une femme, une poignée de riz.

Maman avait emporté deux petits morceaux de chocolat. Elle me disait :

– On garde ça pour le jour où je te verrai vraiment, complètement par terre, fichue. Je te donnerai ce chocolat. Il t’aidera à remonter.

Il y avait parmi nous une femme déportée alors qu’elle était enceinte. Ça ne se voyait pas, elle était si maigre. Mais le jour de l’accouchement est arrivé. Elle est partie au revier (NDLR : quartier des malades, dans un camp de concentration) avec ma mère qui était notre chef de baraque. Avant de partir, ma mère me dit :

– Tu te souviens, je garde un morceau de chocolat ?

– Oui, maman.

– Comment te sens-tu ?

– Bien, maman. Ça peut aller.

– Alors, si tu me le permets, ce morceau de chocolat, je l’apporterai à notre amie Hélène. Un accouchement ici… elle va peut-être mourir. Et si je lui donne le chocolat, ça l’aidera peut-être.

– Oui, maman. Tu le prends.

Hélène a accouché. Elle a accouché d’un bébé… Une toute petite chose malingre. Elle a mangé le chocolat. Elle n’est pas morte. Elle est revenue dans la baraque.

Il fallait nourrir l’enfant. Hélène n’avait pas de lait. On a payé une autre déportée. Dans un camp, tout se paye, tout est passible de la peine de mort immédiate.

Comment paye-t-on dans un camp ? En donnant son pain ou sa soupe. Donc, à plusieurs, nous avons payé une femme avec un peu de soupe ou de pain, qui devait nettoyer le bureau des SS, les chefs de camp, pour qu’elle aille voler du lait en poudre dans la cuisine des SS. Ce qu’elle a fait.

Nous avons donné ce lait en poudre au petit bébé.

Quand il n’y a plus de lait en poudre, Hélène mâchait… du rutabaga, l’horrible navet de la soupe, dont elle faisait une bouillie qu’elle mettait dans le bec de son bébé.

Ça semble incroyable, mais cette histoire a duré 6 mois. 6 mois après, nous étions libérés. Le bébé a tenu jusqu’à la libération avec ce régime-là.

Pour l’habiller, on n’avait rien. Nous avons toutes donné un bout de chiffon, qui sa poche, qui sa ceinture, qui l’ourlet de sa blouse… On l’a attaché comme on a pu. On l’a attaché sur la poitrine de sa mère, qui avait une poitrine si maigre…, en mettant la blouse par-dessus. Elle allait travailler. Le chef ne voyait pas qu’il y avait un bébé.

Le bébé n’a jamais pleuré. Jamais ! Pas même geint.

Au bout de six mois, la libération est arrivée. On a défait tous ces chiffons. Le bébé a crié. C’était là, sa naissance.

Nous l’avons ramené en France. Un tout petit truc de 6 mois, minuscule.

Il y a quelques années, ma fille me dit :

– Maman, si vous aviez eu des psychologues ou des psychiatres à votre retour, ça se serait mieux passé pour vous.

Je lui dis :

– Sûrement, mais il n’y en avait pas. Personne n’y aurait pensé, s’il y en avait eu. Mais tu me donnes une bonne idée. On va faire une conférence là-dessus.

J’ai organisé une conférence sur le thème : « Et s’il y avait eu des psys en 1945, à notre retour des camps, comment cela se serait passé ? »

J’ai eu beaucoup de monde. Des anciens, des survivants, des curieux et puis beaucoup de psychologues, psychiatres, psychothérapeutes… Très intéressant. Chacun avait son idée. C’était très bien.

Puis il y a eu une femme qui est arrivée et qui a dit :

– Moi, j’habite Marseille. Je suis médecin psychiatre. Et avant de vous faire ma communication, j’ai quelque chose à donner à Francine Christophe.

C’est-à-dire à moi.

Elle fouille dans sa poche. Elle sort un morceau de chocolat. Elle me le donne. Et elle me dit :

– Je suis le bébé !

Trois gouttes de lumières

L’ENFANT ET LE PAPILLON

Un papillon voletait de fleurs en fleurs, quand soudain il se posa sur une petite main. L’enfant surpris dans sa rêverie tenta d’attraper le papillon, mais celui-ci se mit à tourner autour de lui.

– Pourquoi ne te laisses-tu pas prendre, demanda l’enfant. J’aime les papillons et je voudrais t’avoir comme ami.

Le papillon se mit à rire :

– Tu ne me connais pas, comment puis-je devenir ton ami ?

– Et bien, si je t’attrape c’est sûr que tu seras mon ami, répondit l’enfant.

Le papillon rit à nouveau :

– Tu sais dans la vie cela ne marche pas comme cela, il faut d’abord apprendre à se connaître, il faut s’apprécier, se faire confiance.

– C’est quoi se faire confiance ? demanda l’enfant.

– Se faire confiance c’est pouvoir compter l’un sur l’autre, c’est ne jamais faire quelque chose de mal contre son ami, ne jamais se mentir. Tu vois, tu as déjà voulu me posséder alors que tu ne me connaissais pas, dit le papillon.

– Je ne voulais pas te faire de mal, je voulais juste t’avoir pour moi, répondit l’enfant.

– On ne peut pas posséder un papillon, il est fait pour voler, pour vivre sa vie de papillon.

– Je t’aurais mis dans une jolie boîte pour t’avoir toujours près de moi, expliqua l’enfant.

– Tu sais, aimer ce n’est pas enfermer l’autre dans une boîte, c’est au contraire lui apprendre à voler de ses propres ailes. Personne n’appartient à quelqu’un, n’essaie jamais de posséder quelqu’un, ce n’est pas une preuve d’amour, c’est de l’égoïsme.

– C’est quoi l’égoïsme, demanda l’enfant ?

– C’est ce que tu voulais faire avec moi, me mettre dans une boîte pour te garder rien que pour toi. Mais un papillon ne t’appartient pas, il a d’autres amis papillons vers qui il doit voler.

– Donc, si je comprends bien, je ne peux pas avoir un ami pour moi tout seul ?

– Si ton ami ne veut pas d’autres amis que toi, alors tu es son seul ami mais cela ne veut pas dire qu’il t’appartient. Tout comme le papillon, un ami n’appartient à personne. C’est une grande preuve d’amitié de laisser un ami partir quand il doit partir, cela ne veut pas dire qu’il ne t’aime plus, c’est seulement qu’il doit vivre sa vie. Un ami revient toujours vers son ami, comme moi, je reviendrai près de toi.

– C’est vrai, tu reviendras sur ma main ?

– Bien sûr, dit le papillon, tout comme j’irai me déposer sur la main d’autres enfants, car tous les enfants aiment les papillons.

Cette nuit-là, l’enfant rêva que des milliers de papillons venaient se poser sur lui. Au matin, un papillon se posa un instant sur la fenêtre puis s’envola dans le ciel.

© Maribel, le 1er juin 2013