De la poudre aux yeux

ALENALe Journal de Montréal nous apprenait récemment que le prix des produits et denrées courants sont de beaucoup supérieurs chez nous, que chez nos voisins du sud. C’est loin d’être étonnant quand on voyage un tant soit peu aux États-Unis. Avec une taxe de vente également moindre que celles du Québec, ça amplifie le phénomène.

On attribut cette différence notamment aux droits de douane à payer, mais ce que je trouve particulièrement bizarre c’est qu’au moment de l’entrée en vigueur tant vantée de l’Accord de Libre Échange Nord Américain (ALÉNA) en 1994, on nous annonçait une nouvelle ère en matière de commerce entre le Canada, et les États-Unis et le Mexique. Même si cet accord a été bénéfique pour les commerçants, les consommateurs sont loin d’y avoir trouvé leur compte. Les prix ne se sont pas alignés, loin de là, et les irritants continuent de l’empêcher. C’est aussi difficile à expliquer que les multiples raisons qui poussent le prix de l’essence vers des sommets jamais atteints.

Même chose avec le dollar canadien. Il a beau être au pair avec le dollar américain, il nous en coûte toujours un petit deux cents de plus à cause de frais qu’on s’explique très mal en ces temps de haute technologie où tout se fait par automatiquement par ordinateurs. Pour obtenir une vraie parité, il faut que notre dollar se situe à plus ou moins 1,02 $ américain. Pourquoi on ne reflète pas le vrai prix, lorsqu’on parle de parité ? Ce qu’on nous présente, ne veut absolument rien dire.

À titre d’exemple, je regardais dans une circulaire locale, ici en Floride, le prix d’une imprimante à jet d’encre qui se vend 69,99 dollars américain. Additionné à une taxe de 6%, on s’en tire pour 73,14 $. Le même produit est offert au Québec chez Bureau en gros pour 99,95$. Ajouté les deux taxes et la taxe sur le recyclage de 8,75 $ et on arrive à plus de 123 $, soit 50 dollars net de différence. On comprend mieux pourquoi il est tentant de franchir la frontière pour s’approvisionner.

On aura beau nous vanter l’ALÉNA, les taux de change déguisés, la mondialisation ou n’importe laquelle patente à gosse du genre, ça restera toujours de la poudre aux yeux, qui profite aux fabricants et manufacturiers, tout en épurant le marché de l’emploi manufacturier local.

Vous en pensez quoi ?