Respect et autorité

respect1Très malheureux ce suicide de l’adolescente de Jonquière. À quatorze ans, la vie s’ouvre devant nous et nos rêves les plus fous sont à notre portée. On a la jeunesse, l’ambition et l’énergie pour aller loin. On nous apprend que l’intimidation dont elle fut victime, y est pour quelque chose dans cette fin dramatique, de même qu’un historique de vie perturbée. mais pour poser le geste sans lendemain, il ne faut pas voir la lumière au bout du tunnel. Elle seule sait ce qu’on ne soupçonne même pas.

Les statistiques sont effarantes et le taux de suicides liés à l’intimidation est en nette progression. Malgré toutes les interventions humanitaires à dénoncer et à alerter l’opinion publique, rien n’y fait. Les réseaux sociaux sont montrés du doigts comme étant un des outils de destruction de la dignité humaine. Si, à quelques égards ils sont une belle façon de communiquer et de s’exprimer, ils permettent également aux vipères de cracher leur venin sous le couvert d’un pseudonyme ou d’un alias. C’est tellement facile de briser des réputations sur la toile et de porter des jugements sans fondement, qu’il ne faut qu’une victime fragile pour sombrer.

Les écoles, lieux du savoir et de l’éducation, malgré leur bonne volonté, préfèrent régler ces cas à l’interne, en vase clos. Hélas, ils n’ont pas les ressources pour faire face à ce fléau, pas plus qu’ils ne sont habilités à le faire. Leur devoir est de dénoncer à la police tout geste d’intimidation, ce geste criminel, sanctionné par le Code criminel canadien. Quand on est victime d’un acte criminel, c’est le travail des policiers de traduire les délinquants en justice. La délation est plus persuasive que les belles paroles, en ce sens qu’elles portent à conséquences.

Mais à la base, qu’est-ce qui pousse quelqu’un à l’intimidation ? C’est la société et tout le monde a sa part de responsabilité dans ce monde ou le respect et l’autorité sont inexistant. Entre humains, on ne se respecte plus. On s’invective à la moindre contrariété. On se tutoie sans distinction et discernement. Nous sommes devenus égocentriques et axés uniquement sur notre petite personne. On accuse pour blesser, on vexe allègrement et on écrase les autres pour faire son chemin. Il y a des exceptions mais ils font partie de la majorité silencieuse.

Quant est-t-il maintenant de l’autorité ? On s’offusque dès qu’on ose mettre des balises dans cette société où on s’écrase à la moindre contestation. On défie l’autorité, on conteste tout, au point de paralyser nos institutions, notre avenir, ceux et celles qu’on porte au pouvoir pour nous faire progresser. Pas étonnant que notre société soit corrompue à l’os. C’est désolant d’entendre ce que les bulletins de nouvelles nous font découvrir de négatif. On y voit des politiciens qui s’engueulent sans cesse, pour se faire du capital politique et envier la chaise d’en face, pour finalement faire exactement la même chose une fois installé dedans. Que de projets on pourrait régler si on mettait la partisannerie de côté pour faire progresser la société. Encore là c’est un manque total de respect qui nous anime.

Je suis d’une génération d’autorité, où les limites à ne pas dépasser étaient évidentes. Du temps où la faute avouée d’un écolier était sanctionnée par quelques coups de «strappe» qui avait tôt fait de ramollir les plus durs. Croyez-moi, ça faisait son effet. Un certain moment, un «sage» (Dieu ait son âme) s’est imposé avec sa Charte des droits et libertés, pour foutre le bordel partout. Nous y sommes maintenant embourbés depuis 30 ans. Et c’est pas fini…! Quand un ti-cul de 10 ans, traite son professeur de vache devant tout le monde, on a une maudite côte à remonter.

Vous en pensez quoi ?