Un pan de notre histoire : Un charlatan et un tueur en série parmi les médecins les plus célèbres du Québec

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Si Québec est aujourd’hui une ville reconnue pour ses apports au domaine médical et pour sa recherche de pointe, ce n’est peut-être pas un hasard. De nombreux médecins ont séjourné ou exercé dans la Vieille Capitale à différents moments de son histoire. Certains de ces disciples d’Esculape ont marqué favorablement les mémoires, d’autres y ont laissé une marque moins honorable.

WAKEFIELD ET LE « MAGNÉTISME ANIMAL »

Faisons une petite entorse pour parler non pas d’un médecin, mais d’un pseudomédecin. Au 19e siècle, il est courant, pour les membres de l’élite, de voyager accompagnés de personnel soignant.

Lorsque lord Durham est nommé gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique après les Rébellions de 1837-1838, il séjourne pendant un certain temps au Bas-Canada et notamment à Québec, Son entourage inclut son médecin personnel ainsi qu’un certain Wakefield, possiblement Edward Gibbon Wakefield.

Ce dernier, qui se fait connaître en Angleterre grâce à ses prouesses de magnétiseur, est ce qu’on pourrait considérer comme un aventurier.

Wakefield est donc présent aux côtés de lord Durham lorsque ce dernier réside à Québec à la fin des années 1830. Bien que n’étant pas diplômé d’une école de médecine, il est traité avec égards par les médecins de la ville. Il fait connaître le magnétisme animal, aussi appelé mesmérisme ou hypnotisme, à la bonne société à l’occasion de quelques soirées et démonstrations publiques.

Le magnétisme suppose l’existence d’un fluide invisible animant le corps des êtres vivants et pouvant être canalisé pour modifier le comportement, les pensées, etc. Puisqu’il pouvait « suggérer » aux patients de ne pas ressentir la douleur, le magnétiseur exerçait souvent son art avec les médecins.

JAMES BARRY (VERS 1789-1865), UN MÉDECIN TRANS ?

Détenteur d’un doctorat en médecine obtenu en 1812 et membre du Royal College of Surgeons dès l’année suivante, James Barry exerce comme médecin militaire aux quatre coins de l’Empire britannique. Il arrive à Québec en 1857 en tant qu’inspecteur général des hôpitaux militaires britanniques du Haut et du Bas-Canada.

En plus de faire preuve d’une exceptionnelle habileté chirurgicale, le Dr Barry s’illustre par son souci d’améliorer les conditions de vie des militaires. Par exemple, il s’inquiète du piètre état du réseau d’aqueduc et d’égout de la caserne de Québec.

Il recommande aussi une alimentation plus équilibrée pour les militaires ainsi que l’établissement de bibliothèques et de lieux pour qu’ils puissent faire de l’exercice physique.

Le Dr Barry se mêle toutefois peu à la vie en société. Dépourvu de barbe et de favoris (à l’encontre de la mode à l’époque), il explique sa stature délicate par le fait qu’il est végétarien et qu’il ne boit pas.

Des contemporains notent qu’il porte des chaussures à semelles compensées et que les épaules de ses vêtements sont rembourrées de coton. En 1859, supportant mal les hivers canadiens et souffrant de brochite chronique, le Dr Barry repart pour Londres.

À son décès en 1865, l’autopsie révèle que celui qui a vécu et pratiqué la médecine pendant toute sa vie sous une identité masculine possédait en fait, un corps féminin. Diverses recherches ont montré qu’il est apparemment né en Irlande en tant que Margaret Anne Bulkley.

THOMAS NEILL CREAM (1850-1892), D’AVORTEUR À TUEUR EN SÉRIE

Si les médecins respectent scrupuleusement le serment d’Hippocrate (« Surtout, ne pas nuire »), quelques tristes individus profitent de leurs connaissances médicales pour donner la mort.

Le Dr Thomas Neill Cream, né à Glasgow, en Écosse, en 1850, immigre à Québec avec sa famille alors qu’il n’a que quatre ans.

Après avoir travaillé dans le domaine du bois pendant quelques années, Cream part à Montréal afin d’étudier la médecine : il fréquente l’Université McGill et obtient son diplôme en 1876.

Le Dr Cream mène une vie désordonnée : il séduit une jeune femme et, lorsque celle-ci tombe enceinte, il lui fait subir un avortement, s’enfuit, est retrouvé, se marie… puis se sauve en Angleterre au lendemain du mariage !

Il poursuit ses études médicales à l’hôpital St. Thomas, à Londres, jusqu’en 1878, profitant de son travail au service d’obstétrique pour séduire des femmes.

Dans les années qui suivent, Cream s’établit successivement à London (Ontario), à Chicago, puis à Londres. Dans son sillage, plusieurs décès suspects de jeunes femmes commencent à soulever des soupçons… Il est finalement épinglé, jugé et condamné à la pendaison.

NOTE : Un texte préparé par Catherine Ferland, historienne pour les Rendez-vous d’histoire de Québec (RVHQC). Vous pourrez en apprendre plus sur le Dr James Barry l’été prochain, lors des 6e RVHQC, qui se tiendront du 9 au 13 août 2023. Pour plus d’infos, voir la chaîne YouTube, la page facebook.com/rvhqc et le site rhvqc.com.


149e jour de l’année

Lundi, 29 mai 2023

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES CASQUES BLEUS DES NATIONS UNIES


Pensées et citation du jour

Je ne connais pas la clé du succès, mais je sais que la clé de l’échec, c’est d’essayer de plaire à tout le monde.

Bill Cosby


Ça s’est passé un 29 mai…

(1914) L’Empress of Ireland était un paquebot de la Canadian Pacific Railway Company. Son naufrage dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent le 29 mai 1914 fit 1012 victimes parmi les 1477 personnes embarquées.

(1942) White Christmas est une chanson de Noël écrite au début des années 40 par le compositeur américain Irving Berlin. Crosby chanta White Christmas la première fois en décembre 1941, à l’occasion de son émission de radio « The Kraft Music Hall », sur les ondes de NBC. Bing Crosby enregistra une première version le 29 mai 1942 avec le John Scott Trotter Orchestra et les Ken Darby Singers dans les studios de Decca. La chanson fut incluse dans le film « Holiday Inn » (1942).

Le 3 octobre 1942, la chanson entrait dans les palmarès. Le 31 octobre elle était #1. Vers la fin de la guerre, « White Christmas » est devenu le simple le plus vendu de tous les temps, battant tous les records. Revenant à plusieurs reprises dans les palmarès, elle en a atteint de nouveau le sommet en 1945 et 1947. Une nouvelle version fut enregistrée le 19 mars 1947 avec les mêmes accompagnateurs, la bande originale de 1942 ayant été endommagée. C’est la version la plus récente que l’on peut entendre aujourd’hui. On estime les ventes du simple à plus de 50 millions d’exemplaires.

(2007) L’ex-juge Bernard Grenier n’a pu déterminer la provenance de l’argent qui a permis d’organiser le grand rassemblement fédéraliste tenu à Montréal trois jours avant le référendum du 30 octobre 1995. Des fédéralistes ont dépensé illégalement plus d’un demi-million de dollars lors du référendum de 1995 et le Parti libéral du Québec a manqué de vigilance à cet égard ; telles sont les principales conclusions à laquelle en arrive l’ex-juge Bernard Grenier dans un rapport explosif rendu public par le Directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet.


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