Un navire de guerre ressuscite des restes d’acier du World Trade Center

C’est aujourd’hui un triste anniversaire. Le 18e de l’attentat terroriste du World Trade Center. Les restes d’acier des deux tours ont servi, dès 2003, à la construction de ce navire de guerre ultra moderne de nouvelle génération. En voici une brève présentation.

Quel beau bateau amphibien de type San Antonio. C’est le USS New York. Belle initiative en mémoire des disparus de ce terrible attentat dont le monde se souvient comme si c’était arrivé hier. Leurs âmes vogueront sur la mer parce que l’Amérique ne baisse pas les bras.

Remarquez les deux tours symboliques !

La proue du USS New York a été construite avec 7,5 tonnes de ferraille provenant des décombres du World Trade Center.

C’est le cinquième d’une nouvelle classe de navires de guerre dessinés spécialement pour des missions antiterroristes. Il est en service depuis le 19 décembre 2007.

Il transportera un équipage de 360 marins et 700 Marines prêts au combat, déposés au sol par hélicoptères avec des barges d’assaut. L’acier du World Trade Center a été fondu dans une fonderie à Amite, en Louisiane, afin de mouler la proue du navire.

Quand il fut coulé dans les moules le 9 septembre 2003, les rudes travailleurs ont traité l’acier avec le plus grand respect comme l’a souligné le capitaine du navire Kevin Wensing qui était là sur place.

« Ce fut un moment spirituel pour chacun de ceux qui étaient présents. »

Junior Chavers, gérant des opérations de la fonderie, dit que lorsque l’acier du World Trade Center arriva en premier, il le toucha avec sa main en disant : « Les cheveux se sont dressés sur ma tête. » Cela avait une grande signification pour nous tous. « Ils nous ont mis à genoux. Ils ne pourront pas nous garder ainsi. Nous allons nous relever. »

La devise du navire : « Never Forget ». Jamais oublié.

Sa première mission s’est déroulée le 10 juin 2012 sur le détroit d’Ormuz, dans la région du golfe persique où ont été déployés des marines de trois unités. Ils sont retournés en décembre 2012, avec le USS Iwo Jima et le USS Gunston Hall avec d’autres marines attachés aux trois navires.

Il y a 50 ans aujourd’hui, l’homme foulait la lune

C’est fou comme le temps passe. Il y a 50 ans aujourd’hui, l’homme foulait la lune pour la première fois. Un événement historique que je ne peux effacer de ma mémoire alors que je me revois, devant notre téléviseur noir et blanc, très attentionné à visionner ces images quelque peu floues, ce que la race humaine tentait de conquérir depuis toujours.

La terre était à l’écoute de ce moment exceptionnel. Ce que les bandes dessinées, dont Les aventures de Tintin avec « Objectif Lune » et « On a marché sur la lune » nous avaient fait rêver, devenait réalité !

Mais, saviez-vous qu’il y avait un peu de nous autres là-dedans? Eh oui, l’entreprise Héroux-Devtek de Longueuil, où mon père a travaillé, a fabriqué les pattes du module lunaire. Toute une fierté du génie québécois que vous découvrirez.

Pour souligner la conquête de la lune, La Presse + a publié un excellent reportage sur le sujet le 13 juillet dernier, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui, pour rafraîchir vos mémoires.

EXPLORATION SPATIALE

LA LUNE, 50 ANS PLUS TARD Philippe Mercure et Mathieu Perreault

Samedi prochain, cela fera 50 ans que Neil Armstrong a fait ses premiers pas sur la Lune. Quel est le bilan du programme Apollo ? Et pourquoi la Lune suscite-t-elle un regain d’intérêt depuis quelques années ?

TOUJOURS LE MÊME RÊVE

Impossible de surestimer la force du symbole. Il y a 50 ans, l’être humain a foulé pour la première fois le sol d’un autre monde que la Terre, marquant un jalon de l’histoire humaine. Si bien qu’un demi-siècle plus tard, on rêve de rééditer l’exploit.

La conquête de la Lune est une prouesse technologique indéniable. Elle a servi de catalyseur scientifique à toute une nation. Elle a tellement frappé l’imagination qu’elle fait encore rêver aujourd’hui.

Mais quand Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune, le 20 juillet 1969, c’est un geste ni scientifique ni même purement symbolique qu’il a accompli. C’était avant tout une déclaration politique.

« La science a fait du pouce sur la conquête de la Lune. On a découvert plusieurs choses très intéressantes et utiles. Mais ce n’était pas l’objectif. Le mandat était d’atteindre la Lune pour battre les Russes », rappelle Roger Launius, historien de l’espace et auteur du livre Apollo’s Legacy – Perspectives on the Moon Landings (« L’héritage d’Apollo – Perspectives sur les atterrissages sur la Lune »).

Au début des années 60, les Américains se font en effet outrageusement dominer dans la course à l’espace. En 1957, l’URSS lance Spoutnik 1, le premier satellite à entrer en orbite autour de la Terre. En 1961, le Soviétique Iouri Gagarine devient le premier homme dans l’espace. John F. Kennedy réplique l’année suivante avec son fameux discours dans lequel il annonce que des Américains iront sur la Lune.

« Nous avons choisi d’aller sur la Lune au cours de cette décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile », dit le président américain de l’époque.

Le 20 juillet 1969 marque donc une victoire des États-Unis sur l’Union soviétique en pleine guerre froide.

« En 1969, le message des États-Unis, c’est : je suis le plus gros, je suis le plus fort. C’est « Make America Great Again ». »

— Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM

Pour l’historien de l’espace Roger Launius, c’est en fait « la culmination de l’histoire à succès classique américaine ».

« C’est exactement l’histoire que nous adorons raconter, dit-il. C’est comme l’attaque de Pearl Harbor pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons été surpris, nous avons tiré profit de l’occasion pour montrer le meilleur de nous-mêmes et nous avons gagné la guerre. »

Quand il porte sa casquette de scientifique rationnel, Robert Lamontagne, astrophysicien et coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec, ne peut que déplorer cette démonstration de force.

« On est allés sur la Lune en grande partie pour les mauvaises raisons », dit-il. M. Lamontagne, est pourtant le premier à reconnaître l’irrésistible puissance symbolique de ce premier pas fait sur un autre astre que la Terre. Un geste qui a changé sa vie… et celle de milliers d’autres personnes.

L’ÉTINCELLE

Robert Lamontagne a 12 ans lorsqu’il voit Neil Armstrong descendre du module lunaire d’Apollo 11 pour marcher dans la poussière lunaire.

« Quand on les a vus débarquer, à la télévision, à travers ces images un peu fantomatiques… Je suis convaincu que je ne suis pas le seul à être sorti dehors pour regarder la Lune et me dire : il y a quelqu’un là, maintenant ! », raconte-t-il.

Il évoque une « sensation qu’on est promis à des choses plus grandes, que l’humanité peut quitter son berceau ». À cette époque, le jeune Lamontagne joue avec les figurines de Major Matt Mason, jouet-astronaute fabriqué par Mattel. Ce n’est pas un hasard si, plus tard, il se retrouve à étudier les étoiles et à diriger un observatoire astronomique, l’Observatoire du Mont-Mégantic.

« L’étincelle [s’est produite] à ce moment-là, témoigne-t-il. Et je ne suis pas le seul : j’ai des collègues de mon âge et on a tous vécu à peu près les mêmes choses. Il y a toute une flopée de carrières scientifiques qui ont germé dans les années 70. »

UN CATALYSEUR

C’est sans doute le grand paradoxe de la conquête lunaire : si celle-ci a été motivée par des raisons politiques, elle a été un véritable catalyseur pour les sciences et les technologies. Il faut dire que les Américains ont mis le paquet.

En 1966, trois ans avant l’alunissage d’Apollo 11, la NASA monopolisait une proportion astronomique de 4,41 % du PIB américain, contre environ 0,5 % aujourd’hui.

Panneaux solaires, défibrillateurs, outils sans fil, ordinateurs de bord, montres au quartz : le développement de nombreuses innovations a été propulsé par les besoins du programme Apollo. Yves Gingras, historien des sciences, souligne à quel point le lancement de Spoutnik par les Soviétiques, en 1957, a été un « coup de tonnerre » qui a amené le gouvernement américain à bonifier l’enseignement des sciences aux enfants.

« Ça a changé l’éducation scientifique aux États-Unis », affirme-t-il.

UN RETOUR ?

En science et en technologies, les avancées d’il y a 50 ans paraissent habituellement ridiculement désuètes aujourd’hui. La conquête de la Lune fait exception. En 2019, tant les Américains que les Chinois échafaudent des plans pour ramener des êtres humains sur la Lune. Et, malgré les progrès technologiques réalisés depuis, c’est loin d’être simple.

« Dans les années 70, aller sur la Lune, c’était devenu la routine. On y était allés six fois. Aujourd’hui, il faut pratiquement repartir à zéro parce que l’expertise s’est perdue. Il y a plein de savoir-faire non codifié qui n’est plus là. »

— Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM

Selon lui, ce retour sur la Lune est motivé par les mêmes raisons que celles qui avaient provoqué la course à l’espace dans les années 50 et 60. « Les Chinois viennent d’aller sur la face cachée de la Lune et les Américains sont obligés de réagir en montrant à nouveau leur puissance », analyse l’historien.

Il se montre personnellement très critique du projet. « Sur le plan scientifique, il n’y a aucune maudite raison d’aller sur la Lune. C’est pour se péter les bretelles. C’est un symbole, mais quand on y réfléchit, c’est un symbole de déclin. Parce qu’il s’agit pour les Américains de refaire ce qu’ils ont fait il y a 50 ans », dit-il. Même l’idée d’utiliser la Lune comme base pour conquérir Mars ne convainc pas l’historien des sciences, qui juge qu’on devrait envoyer des robots et non des humains dans l’espace.

L’historien américain Roger Launius admet qu’il y a de la « gloire et de la géopolitique » dans l’idée de retourner sur la Lune. Il estime toutefois que la possibilité d’extraire un jour des ressources joue un rôle. Il compare le projet à la conquête des Amériques, au XVIe siècle, alors que les nations européennes exploitaient les richesses des colonies conquises.

M. Launius observe également que la symbolique a changé depuis 1969. La NASA a déjà annoncé qu’une femme foulerait le sol lunaire en 2024, et il s’attend à ce que les minorités visibles soient représentées. « Vous pouvez être sûr que les astronautes qui seront choisis seront représentatifs de tous les Américains », dit-il.

En remettant sa casquette de scientifique, Robert Lamontagne estime, comme Yves Gingras, que les missions habitées ne sont pas essentielles à la science. Mais il ne peut s’empêcher de se rappeler le gamin qu’il était et qui a vu Armstrong faire son fameux « pas de géant pour l’humanité » sur la Lune.

« D’un point de vue social, de l’image qu’ils véhiculent, les humains dans l’espace ont leur rôle parce qu’ils sont des ambassadeurs, dit-il. Quand ces gens-là parlent, ils ont un vernis qu’aucun robot n’aura jamais. »

LE DESTIN DES 12 ASTRONAUTES QUI ONT MARCHÉ SUR LA LUNE Mathieu Perreault

Des 24 astronautes qui ont atteint la Lune avec le programme Apollo, 12 en ont foulé le sol. Voici qui ils étaient et ce qu’ils ont fait après ces pas historiques.

NEIL ARMSTRONG – Apollo 11 – 21 juillet 1969

« Un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité. » Cette phrase de Neil Armstrong, le premier homme à fouler le sol lunaire, est passée à la postérité. Par la suite, il a participé aux enquêtes sur les accidents d’Apollo 13 et de la navette Challenger en 1986. À sa mort en 2012, sa famille l’a qualifié de « héros américain malgré lui » (reluctant) en raison de sa réserve.

BUZZ ALDRIN – Apollo 11 – 21 juillet 1969

Contrairement à son confrère, Buzz Aldrin a été très actif sur la scène publique après son retour. Il est le seul astronaute à avoir communié sur la Lune. À partir des années 80, il a fait la promotion de missions habitées vers Mars, appuyant le concept d’une navette circulaire se rendant en continu de l’orbite terrestre à l’orbite martienne.

PETE CONRAD – Apollo 12 – Novembre 1969

Après sa mission lunaire, Pete Conrad a été l’un des neuf astronautes qui ont séjourné dans la station spatiale Skylab, en 1973. Il est mort en 1999 dans un accident de moto et, depuis, la NASA respecte ses dernières volontés en décorant de lumières multicolores un sapin de Noël en son honneur, chaque année à Houston.

ALAN BEAN – Apollo 12 – Novembre 1969

Alan Bean a lui aussi séjourné dans Skylab. Il a pris sa retraite tôt de la NASA, à 49 ans, pour se consacrer à la peinture de scènes spatiales. Sa spécialité était de peindre la Lune en couleur, notamment en utilisant de la poussière lunaire rapportée dans le cadre d’Apollo. Il est mort l’an dernier.

ALAN SHEPARD – Apollo 14 – Février 1971

Premier Américain dans l’espace en 1961, Alan Shepard a été le plus âgé des astronautes d’Apollo – il est né en 1923. Sa vie personnelle, professionnelle et publique est digne d’une hagiographie. Il est mort en 1998 d’une leucémie.

EDGAR MITCHELL – Apollo 14 – Février 1971

Deux ans après sa mission lunaire, Edgar Mitchell a fondé un institut de parapsychologie qui a miné sa réputation. Elle a souffert encore davantage peu avant sa mort en 2016, quand la NASA l’a poursuivi pour avoir mis aux enchères une caméra utilisée sur Apollo 14.

DAVID SCOTT – Apollo 15 – Juillet-Août 1971

La carrière de David Scott a été entachée par plusieurs décisions d’affaires malheureuses, à commencer par sa décision d’emmener avec lui vers la Lune des lettres affranchies qu’un commerçant allemand a par la suite vendues à prix d’or. La NASA l’a puni, et il a par la suite eu maille à partir avec des partenaires d’affaires en cour. En 2015, il a vendu pour 1,6 million US sa montre Bulova qu’il avait apportée sur la Lune en secret.

JAMES IRWIN – Apollo 15 – Juillet-Août 1971

Le séjour sur la Lune de James Irwin l’a mené vers un retour à la foi et il a consacré une bonne partie de sa vie par la suite à la recherche des restes de l’arche de Noé sur le mont Ararat, en Turquie. Il est mort d’une crise cardiaque en 1991.

JOHN YOUNG – Apollo 16 – Avril 1972

John Young est l’astronaute d’Apollo qui a été le plus fidèle à la NASA, volant deux fois à bord de la navette spatiale et ne prenant sa retraite qu’en 2004, à l’âge de 74 ans. Il est mort en 2018.

CHARLES DUKE – Apollo 16 – Avril 1972

L’un des astronautes les plus secrets du programme Apollo, Charles Duke est devenu par la suite pasteur, affirmant que la foi avait sauvé son mariage après ses années d’astronaute. Il devait participer à la mission Apollo 13, qui n’a pas pu se poser sur la Lune, mais a attrapé la rubéole juste avant le décollage. Il a aussi posé sur le sol lunaire une photo de famille avec sa femme et ses deux fils, qu’il a ensuite photographiée.

HARRISON SCHMITT – Apollo 17 – Décembre 1972

Seul astronaute du programme Apollo ayant eu une carrière politique, Harrison Schmitt a été sénateur fédéral du Nouveau-Mexique de 1976 à 1982. Il a ensuite fait carrière en aérospatiale, travaillant notamment sur l’exploitation minière de la Lune, et s’est illustré à plusieurs reprises comme climatosceptique en mettant en doute le lien entre les activités humaines et le réchauffement de la planète.

EUGENE CERNAN – Apollo 17 – Décembre 1972

Dernier homme à avoir marché sur la Lune, il a connu du succès dans les affaires dans le pétrole avant de militer, dans la décennie qui a précédé sa mort en 2017, pour un retour des missions lunaires.

SOURCES : NASA, BBC, CNN

LE QUÉBEC, PREMIER SUR LA LUNE Philippe Mercure

« Thanks for your beautiful legs. » C’est en ces mots coquins que Buzz Aldrin a remercié des artisans québécois sans qui la mission Apollo 11 n’aurait pas été possible. En effet, ce premier contact historique entre l’homme et la Lune du 20 juillet 1969 a une dimension québécoise : les pattes du module, techniquement les premières à toucher le sol lunaire, avaient été fabriquées à Longueuil par l’entreprise Héroux (aujourd’hui Héroux-Devtek).

Gaston Bernier se souvient très bien des pièces d’aluminium en question. À l’époque, il était inspecteur chez Héroux.

« On ne savait rien de tout ça. Quand je les ai inspectées, je ne savais même pas ce que c’était », raconte l’homme, aujourd’hui âgé de 84 ans. M. Bernier confie que des rumeurs selon lesquelles l’entreprise avait décroché un important contrat relié à un voyage sur la Lune circulaient bel et bien au sein de l’entreprise. Mais les employés croyaient à une blague.

« Aller sur la Lune ! Voyons donc. On ne croyait pas à ça. Pour nous, c’était une affaire impossible. Ça ne nous rentrait pas dans la tête », raconte M. Bernier.

Gaston Bernier a néanmoins joué un rôle dans le succès du premier pas de l’être humain sur la Lune. Car les premiers morceaux qu’on lui a soumis, il les a rejetés ! Il s’agissait de tiges d’aluminium faisant 8 pouces de diamètre (environ 20 cm) et environ 170 cm de long.

« Il y avait des tolérances très strictes. Les cylindres devaient être parfaitement ronds. Sauf qu’à cause de la façon dont ils avaient été fabriqués, ils avaient des faiblesses et étaient un peu ovales. J’ai dit : « Ils ne sont pas bons, ils ne sont pas dans les tolérances » », raconte M. Bernier.

INGÉNIOSITÉ

Éric Therrien, gestionnaire de projet chez Héroux-Devtek, n’était pas là à l’époque. Mais il confirme qu’il a fallu bien des essais-erreurs pour accoucher de pattes parfaites. Le problème est que lors des premiers essais, on couchait les pièces à l’horizontale pour les usiner. Or, comme les parois d’aluminium étaient très minces, le poids de l’outil utilisé déformait légèrement les pièces. « Il a fallu changer la machine pour faire un usinage vertical », explique M. Therrien.

Fernand Michon, surintendant de l’outillage et de la machinerie chez Héroux, et responsable de cette délicate opération d’usinage, a trouvé la solution.

« Son rôle était de concevoir les machines servant à fabriquer les pièces qui leur était commandées. […] Il avait remarqué qu’un des problèmes était que le tour qui usinait les pattes réchauffait le métal et le déformait. Pour éviter le réchauffement, il a imaginé un système avec un simple engrenage de vélo qui contrôlait la vitesse de rotation de la patte, réduisait la chaleur, et évitait la déformation », raconte avec fierté Jacques Michon, le fils de Fernand Michon, disparu en 2008.

Cette réussite a valu à l’équipe de Héroux la gratitude des astronautes d’Apollo 11 lors d’une cérémonie en décembre 1969, au pavillon Hélène-de-Champlain à Montréal.

DE BELLES JAMBES

« Ma mère, qui accompagnait mon père à cette réception, avait un petit carnet d’autographes. Armstrong et Collins l’ont signé, mais Aldrin, qui avait plus d’humour, y a inscrit un message à l’intention non pas de ma mère, mais de mon père », rigole Jacques Michon.

« Thanks for your beautiful legs (merci pour vos très belles jambes) », y lit-on, en référence aux pattes du module lunaire. Un précieux document conservé dans les archives de la famille Michon.

Comment une entreprise canadienne s’est-elle retrouvée impliquée dans la course à la Lune ? M. Therrien explique que c’est l’entreprise américaine Northrop Grumman qui avait confié cet important contrat à la boîte de Longueuil. « On avait déjà des contrats d’entretien de trains d’atterrissage avec Northrop Grumman. Les sous-traitants qu’ils avaient utilisés n’avaient pas réussi à construire les pattes du module lunaire, alors ils se sont tournés vers nous », explique M. Therrien.

En tout, 60 pattes ont été construites pour l’ensemble du projet Apollo. Aujourd’hui, 24 de ces pattes se trouvent encore sur la Lune (celles des missions Apollo 11 à 17 à l’exception d’Apollo 13, qui a connu des problèmes et n’a jamais touché la Lune). Une patte est actuellement exposée au Centre des sciences de Montréal.

FIERTÉ

Gaston Bernier affirme ressentir une certaine fierté en pensant que les pièces qu’il a inspectées ont joué un rôle dans ce moment historique.

« Elles ont fait la job ! Elles n’ont pas cassé et il n’y avait pas de défauts », dit-il, précisant du même coup qu’il n’en fait pas grand cas. « Ce sont les gens qui m’en parlent, dit-il. Quand tu as vu de gros trains d’atterrissage, des pièces comme ça, c’est une affaire de rien. »

Chez Héroux-Devtek, en tout cas, on ne se prive pas de brandir encore aujourd’hui ce prestigieux contrat. « C’est une carte de visite assez importante qu’on met toujours au premier plan à chacune de nos présentations marketing, dit Éric Therrien. On dit un peu à la blague qu’on a été les premiers à toucher la Lune et ça fait rire beaucoup de gens. Mais il reste que c’est une entreprise du Québec qui a fabriqué ces pattes. »

— Avec la collaboration de David Santerre

LA COURSE À LA LUNE Philippe Mercure

À la fin des années 50 et tout au long des années 60, l’URSS et les États-Unis se livrent une course de tous les instants pour conquérir notre satellite naturel. Les Soviétiques dominent les premières manches. Mais ce sont finalement les Américains qui frapperont le coup de circuit qui marquera l’histoire quand Neil Armstrong posera le pied sur la Lune, le 20 juillet 1969.

JANVIER 1959

La sonde soviétique Luna 1, destinée à s’écraser sur la Lune, rate sa cible, mais devient le premier engin à atteindre les environs de l’astre.

SEPTEMBRE 1959

Quelques mois après le demi-échec de Luna 1, la sonde soviétique Luna 2 se fracasse sur la Lune, établissant le tout premier contact d’un engin construit par l’être humain avec le sol lunaire.

OCTOBRE 1959

La sonde soviétique Luna 3 envoie les premières photos de la face cachée de la Lune.

AVRIL 1961

Le Soviétique Iouri Gagarine devient le premier homme dans l’espace.

MAI 1961

Moins d’un moins après le vol de Gagarine, les Américains répliquent en envoyant l’astronaute Alan Shepard dans l’espace.

AVRIL 1962

La sonde américaine Ranger 4 est la première à se fracasser sur le côté sombre de la Lune.

FÉVRIER 1966

La sonde soviétique Luna 9 est la première à se poser sur la Lune sans s’y écraser.

AVRIL 1966

La sonde soviétique Luna 10 est la première à se placer en orbite autour de la Lune.

DÉCEMBRE 1968

La mission Apollo 8 envoie les premiers êtres humains en orbite autour de la Lune.

JUILLET 1969

Dans le cadre de la mission Apollo 11, Neil Armstrong devient le premier homme à poser le pied sur la Lune.

Vivre le Québec, libre !

Et si on se remémorait le fameux discours de Charles de Gaulle du 24 juillet 1967, du haut du balcon de l’Hôtel de ville de Montréal. Un discours qui allait déclencher une importante crise politique entre le Canada et la France, mais qui revigora notre flamme nationaliste. Une allocution qui réveilla tout un peuple (réactions en italique).

52 ans plus tard, le gouvernement Legault vient de poser deux gestes nationalistes, par l’adoption des lois 9 sur l’immigration, et 21 sur la laïcité. L’heure est aux célébrations de fierté.

Le voici…

Le 24 juillet 1967, à 19 h 30, 15 000 personnes attendent de Gaulle devant l’hôtel de ville de Montréal, où il arrive avec un peu de retard. Jean Drapeau l’accueille à l’entrée puis, après les hymnes nationaux, les dignitaires entrent dans le bâtiment. Il est prévu que le président français aille saluer la foule au balcon, mais aucun discours ne doit y être prononcé, même si la foule le réclame. Le général demande tout de même à dire quelques mots et son garde du corps Paul Comiti, qui a repéré des micros, les fait installer et brancher. Charles de Gaulle prononce alors son discours historique, sans que l’on sache s’il a été prémédité ou, emporté par l’émotion, non préparé.

Lors de son discours à l’hôtel de ville le 24 juillet 1967, Charles de Gaulle s’exprime en ces mots :

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal … française. (ovation du public) Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur ! Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas, (rires de la foule) ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération. (longue ovation de la foule)

Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d’affranchissement (ovation) vous accomplissez ici, et c’est à Montréal qu’il faut que je le dise, (ovation) parce que, s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre! (ovation) Je dis c’est la vôtre et je me permets d’ajouter, c’est la nôtre. (ovation)

Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d’immenses épreuves, porte maintenant vers vous. Si vous saviez quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada, (ovation), et si vous saviez à quel point elle se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C’est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson (ovation), des accords pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française. (ovation)

Et, d’ailleurs, le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous et qui, un jour, j’en suis sûr, vous permettront d’aider la France. (ovation)

Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal ! Vive le Québec ! (ovation)

Vive le Québec… libre ! (très longue ovation)

Vive le Canada français ! Et vive la France ! (ovation) »

« En ce 24 juin 2019, Bonne Fête Nationale, Québécoises et Québécois ! »

Source : Wikipedia

Quand l’horreur émeut les plus durs

Hier, partout sur la planète on commémorait le sacrifice humain du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944. 75 ans se sont passés depuis et c’est toujours avec une émotion bien sentie qu’on peut voir nos vétérans encore vivants, replonger dans de douloureux souvenirs, comme si c’était arrivé hier, et les larmes coulent toujours sur leur visage. Revivre en silence.

Dans ce combat historique qui allait libérer l’Europe et devenir le prélude à la capitulation des nazis, 14 000 soldats canadiens, des adolescents pour la plupart, sont débarqués sur la plage Juno et 359 y ont trouvé la mort en quelques secondes. De la vraie chair à canons ! Foudroyés par les tirs ennemis.

Je suis né 7 ans après cette date historique mais j’en entendais parler année après année. Ayant servi deux années dans la réserve canadienne, je me suis toujours imaginé ce que ça devait être, au front, ce jour-là. Terrible !

L’article de Richard Martineau, dans l’édition d’hier du Journal de Montréal, m’a beaucoup ému et principalement la réaction de ce vétéran. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui. Est-ce que notre jeunesse actuelle serait prête au même sacrifice ? J’en doute !

LA DERNIÈRE GUERRE JUSTE Richard Martineau

Je suis allé deux fois faire le pèlerinage sur les plages du Débarquement, en Normandie.

Deux fois, à Courseulles-sur-Mer, j’ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d’imaginer – en vain, bien sûr – ce que pouvaient ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.

Deux fois, je suis allé sur le pont Pegasus, à Bénouville, lieu de la première opération militaire des alliés (des parachutistes britanniques se sont emparés du pont dans la nuit du 5 au 6 juin 1944).

Et deux fois, je me suis promené en silence parmi les tombes du cimetière des soldats canadiens à Bény-sur-Mer, en calculant l’âge des victimes : 18 ans, 19 ans, 20 ans…

JOHN WAYNE EST UNE MAUVIETTE

La deuxième fois, en août 2010, dans le cadre de l’émission Les Francs-Tireurs, j’ai eu l’immense privilège d’être accompagné d’un ancien combattant québécois qui a participé au Débarquement.

Cet homme, qui n’était jamais retourné en Normandie avant ce jour, aurait fait passer John Wayne pour une mauviette.

Un véritable mur de briques.

Le visage buriné comme un vieux sac en cuir, des yeux perçants, une gueule carrée qui ne laissait échapper aucun son.

On aurait dit une caricature. Tout juste si le bonhomme a prononcé deux mots pendant les huit heures qu’on a passées ensemble.

À la lumière de ce que sa fille me racontait, l’homme n’était visiblement pas commode.

Dur, sévère.

« The strong silent type », comme disent les Américains.

Mais lorsqu’il a foulé la plage où tant de camarades ont été abattus comme des bêtes 66 ans plus tôt, il s’est mis à sangloter silencieusement.

En tenant la main de sa petite fille.

UN VRAI COMBAT ANTIFASCISTE

Si vous n’avez jamais fait ce pèlerinage (et si vous en avez les moyens, bien sûr), ne remettez pas ça aux calendes grecques.

Allez-y cet été, ou l’été prochain.

Avec vos enfants.

Ce n’est pas une leçon d’histoire.

C’est une leçon d’humanité.

Depuis, chaque fois que j’entends quelqu’un parler de « masculinité toxique », j’ai le goût de vomir.

De jeunes hommes qui n’avaient jamais voyagé sont allés à l’autre bout du monde défendre des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés.

Qui ferait ça, aujourd’hui ?

Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses ?

Les chroniqueurs comme moi ?

La solidarité, autre mot du jargon humanitaire dont se gargarisent les militants altermondialistes, c’est aussi ça.

Prendre les armes et faire couler le sang au nom d’un idéal.

Défendre les valeurs démocratiques bec et ongles.

Et non se contenter de publier un slogan creux sur sa page Facebook.

UNE BOUSSOLE DÉRÉGLÉE

Pas étonnant qu’on ne cesse de tourner des films sur la Deuxième Guerre.

C’était la dernière guerre « juste ». Avec des enjeux clairs.

Depuis, tout est flou, équivoque, ambigu.

La guerre du Vietnam était un bourbier moral. Celle de l’Irak, un mensonge.

On renverse des dictateurs, comme on l’a fait en Lybie en octobre 2011, et on se retrouve avec une situation encore plus explosive.

Aujourd’hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième Guerre.

On pleure le dérèglement de notre boussole morale.

Bernard Landry, un vrai patriote

Hier, on célébrait la Journée nationale des patriotes. Le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) remettait, à titre posthume, sa plus haute distinction ; la médaille René-Lévesque. L’engagement patriotique de Bernard Landry fut le travail de toute une vie. Parti le 6 novembre dernier, il aura marqué le Québec jusqu’à la fin de sa vie. Je me souviens d’une entrevue qu’il donnait à la télévision quelque temps avant sa mort. Affaibli par la maladie, ses convictions étaient toujours là. Pour se rappeler son parcours, voici le texte que le MNQ publiait hier dans les pages du Journal de Montréal. Je veux le partager avec vous.

L’ENGAGEMENT PATRIOTE À LA MANIÈRE DE BERNARD LANDRY (1937-2018)

Les Papineau, Chénier et De Lorimier ont écrit en 1837-1838 une page d’histoire mémorable et conféré au mot patriote une portée bien plus grande que le simple amour de la patrie. Un patriote chez nous est celui ou celle qui fait don de soi pour le bien de ses compatriotes et qui met son talent au service de toute la nation, au point d’y sacrifier ses intérêts particuliers.

Depuis, chaque moment historique et chaque région du Québec ont fourni leur lot de patriotes, de pionniers, d’entrepreneurs, de chercheurs, d’institutrices rurales ou de valeureuses mères de famille. Le nom de la plupart d’entre eux est tombé dans l’oubli, mais leur survit aujourd’hui un héritage, un patrimoine tangible, des œuvres, des institutions et des communautés dynamiques fières de leurs racines. Il arrive cependant que le talent de certains soit tel qu’il confine au génie et que leur parcours patriotique soit à ce point exemplaire qu’il confine à l’héroïsme. Ce sont ces quelques libérateurs du peuple du Québec que le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) compte commémorer par la médaille René-Lévesque, sa plus haute distinction.

Le parcours de Bernard Landry se confond pratiquement avec chacune des grandes avancées du Québec depuis sa Révolution tranquille. Dès sa prime jeunesse, il se déclare « présent » partout où il peut servir, à la tête des premières associations étudiantes, puis dans l’antichambre de la nationalisation de l’électricité, dans nos rapports privilégiés avec la France ou lors de la mise sur pied du système d’éducation.

Sa longue marche vers le pouvoir s’accélère en 1976 alors qu’il se joint au premier cabinet du gouvernement Lévesque; le seul ministre économique à pouvoir tenir tête à Jacques Parizeau. Il rédige alors Bâtir le Québec, véritable programme économique d’un pays souverain. Dès 1985, il se dit prêt à succéder à René Lévesque ! S’il cède de bonne grâce la place de premier ministre du Québec à Lucien Bouchard en 1996, il ne manque pas sa chance en mars 2001 avec pour objectif, bille en tête, de faire au plus tôt du Québec un pays. Son bref passage à la tête de l’état est remarquable. Il organisa d’abord une direction collégiale, accordant une large place aux poids lourds de son cabinet; les Pauline Marois, Guy Chevrette ou François Legault. Affrontant la crise du début du siècle, il multiplie les initiatives économiques : sauvetage de l’usine Packard-Bell à Sainte-Thérèse, tarifs d’électricité préférentiels pour les créateurs d’emploi et fondation à Montréal de la Cité du multimédia, un héritage inestimable qui ouvrait la porte à l’économie du savoir. Finalement, le 7 février 2002, le gouvernement Landry conclut avec le peuple Cris une entente historique, la paix des braves, qui marque une nouvelle ère dans les relations avec les Autochtones donnant une envergure internationale à ce pacte entre nations amies.

Après la politique, l’autre passion de Landry fut l’enseignement, notamment pour y transmettre ses valeurs cardinales en matière économique : le libre-échange, le nationalisme économique, le rôle stratégique de l’État du Québec et l’importance de diversifier l’économie autour d’entreprises de chez nous. Jamais le partenariat fécond entre l’État québécois et les entreprises francophones, « Québec inc. », n’aura eu de promoteur aussi constant, enthousiaste et efficace.

En décidant de conférer sa plus haute distinction à titre posthume à Monsieur Bernard Landry, le MNQ souhaite souligner sa contribution exceptionnelle e unique à l’édification du Québec moderne, à son enrichissement, à son affirmation et à son rayonnement international. On le sait, la modestie et la pudeur sont aussi l’apanage d’un bon patriote. Faisons donc en sorte que leur contribution ne sombre pas dans l’indifférence, car c’est bien par la reconnaissance accordée aux meilleurs d’entre nous que notre nation saura se rendre digne d’entrer dans l’Histoire.

Combien coûte un miracle

Un jour, un petit garçon cassa sa tirelire, prit la monnaie et compta soigneusement. Trois fois même.

Je ne dois pas me tromper ici, pensa-t-il.

Il plaça les pièces de monnaie dans un pot, ferma le bouchon et s’échappa discrètement par la porte de derrière.

Après s’être rendu dans une pharmacie, le garçon attendit patiemment que la pharmacienne lui prête attention.

– Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? demanda la pharmacienne au petit garçon devant son comptoir.

– Je veux acheter un miracle, répondit le garçon.

– Je te demande pardon ? lui dit la pharmacienne.

– Ma sœur est vraiment malade et mon père dit que seul un miracle peut la guérir. Alors je veux un miracle pour elle. Combien coûte un miracle ?

– Je suis désolée, lui dit la pharmacienne en sentant son cœur se briser un peu. Nous ne vendons pas de miracles ici, dit-elle doucement.

– J’ai de l’argent pour le payer. Si ce n’est pas assez… Dites-moi combien ça coûte.

À côté du petit garçon, il y avait un grand homme bien habillé. Il l’a regardé et a demandé :

– De quel genre de miracle ta sœur a besoin ?

– Je ne sais pas, répondit le garçon.

Les larmes ont commencé à rouler sur ses joues.

– Je sais juste qu’elle est très malade et qu’elle a quelque chose de mauvais qui grandit dans sa tête. Le docteur a dit qu’elle avait besoin d’une opération. Mais papa ne peut pas payer, alors on a besoin d’un miracle pour la sauver. S’il vous plaît, je peux utiliser tout mon argent pour sauver ma sœur.

– Combien as-tu ? demanda l’homme.

– 1 euro et 12 centimes, répondit le garçon, à peine audible. C’est tout ce que j’ai maintenant, mais je peux en obtenir un peu plus si besoin, ajouta-t-il rapidement.

– Hé bien, quelle coïncidence, sourit l’homme. 1 euro et 12 centimes, c’est le prix exact d’un miracle pour une petite sœur.

Il prit l’argent du garçon dans une main et, avec l’autre, il prit doucement la main et lui dit :

– Amène-moi ta sœur. Voyons si j’ai le miracle dont elle a besoin.

Cet homme était le directeur d’un hôpital réputé. C’était la bonne personne pour sauver la vie de la petite fille. L’opération s’est achevée sans problème et il ne fallut pas longtemps avant que la sœur du petit garçon ne soit de retour à la maison et se porte bien.

– Cette opération, murmura sa maman, c’était un vrai miracle. Je me demande combien ça aurait coûté ?

Le petit garçon sourit car il savait exactement combien coûte un miracle. 1 euro et 12 centimes. Plus la foi et la bonté d’un enfant !

Source : The Epoch Times

Hommage aux femmes du Québec

C’est aujourd’hui le 110e anniversaire de la Journée nationale des femmes mais, le 8 mars 1977, l’ONU officialisait à l’échelle mondiale La journée internationale des femmes.

C’est aujourd’hui votre journée, mesdames. Pour souligner cette journée spéciale qui vous est consacrée, quoi de mieux que vous faire connaître l’existence du monument en hommage aux femmes en politique, sur les parterres de l’Assemblée nationale à Québec.

UN GESTE SYMBOLIQUE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Si les femmes ont aujourd’hui les mêmes droits politiques que les hommes au Québec, elles les ont acquis au prix de nombreuses luttes tout au long d’un parcours difficile.

C’est pour rappeler la dureté de ces luttes que l’Assemblée nationale a autorisé la création du Monument en hommage aux femmes en politique.

Dévoilée le 5 décembre 2012, cette œuvre de Jules Lasalle montre 4 femmes d’exception qui, chacune à leur manière, n’ont cessé de réclamer davantage de droits politiques pour les femmes.

Il s’agit de Marie Lacoste Gérin-Lajoie, d’Idola Saint-Jean, de Thérèse Casgrain et de Claire Kirkland-Casgrain, figures emblématiques de la lutte des femmes pour toutes les Québécoises.

UN DÉVOILEMENT HISTORIQUE

L’inauguration du monument a été effectuée par Pauline Marois, première femme de l’histoire du Québec à exercer la fonction de première ministre. Cet événement a de plus coïncidé avec le 50e anniversaire de l’élection de Marie-Claire Kirkland.

UN EMPLACEMENT DE CHOIX

Situé du côté sud de l’hôtel du Parlement sur les parterres de l’Assemblée nationale, le Monument en hommage aux femmes en politique s’offre au regard des Québécois et touristes qui parcourent la Grande Allée, l’une des artères les plus fréquentées de la ville de Québec.

Fait intéressant, ce monument est placé entre les statues de Maurice Duplessis et de Louis-Joseph Papineau, deux des plus farouches adversaires du droit de vote des femmes. La statue d’Adélard Godbout, dont le gouvernement a voté en 1940 la loi donnant le droit de vote et d’éligibilité aux femmes, est également à proximité.

COMMENT SYMBOLISER LA LUTTE DES FEMMES

Quel visage donner à un monument qui doit symboliser la lutte de milliers de femmes? Quels personnages choisir? Sur quels critères? Doit-on créer un monument avec un ou plusieurs personnages ou se diriger vers l’art abstrait?

La question a été tranchée en choisissant 4 figures qui ont marqué les étapes de cette lutte.

Chacune à leur façon, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Idola Saint-Jean, Thérèse Casgrain et Marie-Claire Kirkland ont fait avancer la cause des femmes à leur époque.

MARIE-LACOSTE-GÉRIN-LAJOIE (1867-1945)

Dès son jeune âge, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie réalise les inégalités de droits envers les femmes. Toute sa vie, elle va lutter pour l’égalité des sexes, bien servie par ses talents de pédagogue, d’organisatrice et ses convictions inébranlables.

Militant à partir de 1893 au sein du Conseil national des femmes du Canada, elle publie en 1902 son Traité de droit usuel. Le succès de cet ouvrage qui informe les femmes sur leurs droits juridiques lui vaut d’être réédité et traduit en anglais.

En 1907, Lacoste-Gérin-Lajoie participe à la fondation de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, un regroupement féministe francophone et catholique. Devenue présidente en 1913, elle en fait une véritable organisation militante dotée d’un journal ─ La Bonne Parole ─ qui donne de l’ampleur au discours féministe.

En 1908, elle participe activement à la fondation de l’École d’enseignement supérieur pour les jeunes filles. Jusque-là, aucun établissement francophone au Québec ne décernait aux filles le diplôme nécessaire à l’admission aux études supérieures.

En 1922, Lacoste-Gérin-Lajoie est l’une des fondatrices du Comité provincial pour le suffrage féminin. L’année suivante, elle est à la tête d’une délégation de 400 militantes qui se rend à Québec pour demander le droit de vote et d’éligibilité des femmes. C’est aussi en grande partie grâce à elle si l’Assemblée législative modifie le Code civil, en 1931, pour donner à la femme mariée le plein contrôle de ses avoirs et de son salaire.

Véritable pionnière, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie inspirera toute une génération de féministes : son action amorce les luttes des décennies suivantes.

IDOLA SAINT-JEAN (1880-1945)

Le parcours d’Idola Saint-Jean est original à plusieurs égards au sein du mouvement féministe.

Professeure de français à l’Université McGill, elle est secrétaire du Comité provincial pour le suffrage féminin à partir de 1922.

Cinq ans plus tard, elle fonde l’Alliance canadienne pour le vote des femmes, l’une des deux plus importantes associations féministes du Québec. En 1930, elle se présente comme candidate aux élections générales fédérales dans le comté de Saint-Denis. Elle ne remporte pas la victoire, mais récolte 1732 voix grâce à des discours centrés sur des thèmes électoraux résolument suffragistes.

Pour Saint-Jean, le vote des femmes est la clé pour corriger les injustices sociales dont elles sont victimes. Indépendante, elle réclame notamment l’égalité juridique entre les sexes et l’autonomie financière pour les femmes. Elle mène ses combats sur de nombreuses tribunes, dont La Sphère féminine, revue qu’elle rédige et publie jusqu’à son décès.

Véritable franc-tireuse, Saint-Jean est souvent en rupture avec les autres militantes féministes quant aux moyens à utiliser pour faire triompher leur cause. Elle n’en demeure pas moins l’une des figures dominantes de la lutte pour les droits des femmes au Québec.

THÉRÈSE CASGRAIN (1896-1981)

Fille de Rodolphe Forget, grand financier et homme politique, Thérèse Casgrain fait sa marque en consacrant sa vie à l’avancement de la cause féministe et à l’aide aux démunis.

Très tôt, elle participe activement à la lutte du Comité provincial pour le suffrage féminin. En 1927, le Comité se divise en deux mouvements distincts et l’un des deux, la Ligue des droits de la femme, est dirigé par Casgrain jusqu’en 1942.

Le réseau social et politique de Casgrain fait d’elle une militante influente qui ouvre aux féministes les portes des cénacles du pouvoir.

Son époux, Pierre Casgrain, est vice-président de la Chambre des communes à Ottawa. Membre du club des femmes libérales, elle convainc Adélard Godbout, en 1938, d’inviter 40 femmes au congrès du Parti libéral et elle réussit à inscrire le suffrage féminin au programme de ce parti. Puis elle encourage le nouveau premier ministre Godbout à tenir tête au cardinal qui, en 1940, s’oppose toujours à l’adoption de cette mesure.

Casgrain fait ensuite le saut en politique active. Bien qu’elle ne réussisse pas à se faire élire aux élections fédérales et provinciales, elle devient la première femme à diriger un parti politique au Canada, le Parti social-démocrate (1951-1957).

Tout au long de sa vie, l’esprit d’initiative et l’implication sociale de Thérèse Casgrain la poussent à fonder plusieurs associations et organismes à caractère politique. Elle participe notamment à la fondation, en 1966, de la Fédération des femmes du Québec et siège comme sénatrice indépendante en 1970 et en 1971 au Parlement d’Ottawa.

MARIE-CLAIRE KIRKLAND (1924-2016)

Marie-Claire Kirkland est née en 1924. Elle est avocate lorsqu’elle est élue députée de la circonscription de Jacques-Cartier en 1961, succédant ainsi à son père dans cette fonction.

C’est la première femme de l’histoire du Québec élue au Parlement québécois. Le 5 décembre 1962, elle accède au cabinet de Jean Lesage comme ministre.

À ce titre, elle réalise une importante réforme du Code civil en 1964 qui met fin à l’incapacité juridique des femmes mariées. Celles-ci peuvent désormais exercer une profession, gérer leurs propres biens, intenter des actions en justice et conclure des contrats comme la signature d’un bail pour un logement.

Toujours en 1964, Kirkland est nommée ministre des Transports et des Communications. Juste avant de quitter la politique active, elle présente le projet de loi créant le Conseil du statut de la femme, en 1973. Elle est ensuite nommée juge à la Cour provinciale du Québec, fonction qu’elle occupe jusqu’en 1991.

Par sa contribution unique à la société et sa brillante carrière, Kirkland demeure un véritable symbole de la cause féministe au Québec.

Bonne journée internationale des femmes

Source : paricilademocratie.com

L’histoire de la Première Guerre Mondiale

En condensé bien sûr, voici l’histoire de la Première Grande Guerre Mondiale 1914-1918, du moins ses grandes étapes, dont on célèbre le centenaire cette année. Cent ans se sont écoulés depuis ce premier conflit qui a fait 18,6 millions de morts dont près de 9 millions de civils.

Il ne reste plus de survivants de ce conflit, mais pour les férus d’histoire, c’est un article rempli d’intérêt pour un événement qu’on a qualifié de « boucherie », et qu’il faut se rappeler.

Source: Journal de Montréal, 10 novembre 2018.

COMMENT TOUT A DÉBUTÉ

L’Autriche-Hongrie, avec son allié allemand, pose un ultimatum au Royaume de Serbie. Ses exigences incluent de laisser l’Autriche enquêter en Serbie, et supprimer toute association serbe faisant de la propagande contre l’Autriche-Hongrie. Les Serbes refusent.

Et ce qui a commencé comme une guerre locale se transforme en conflit mondial par le jeu des alliances entre les différents pays. Le conflit finit par s’étendre sur une grande partie du globe pendant cinq ans, sur terre, dans les airs et en mer.

LES CANADIENS À VIMY

Les Canadiens y sont automatiquement impliqués, en tant que dominion de l’Empire britannique. Ils s’y font remarquer lors de la bataille de Vimy en avril 1917. Au nord de la France, les quatre divisions canadiennes contraignent les Allemands à battre en retraite, sur une crête jugée imprenable.

Un an plus tard, l’Autriche-Hongrie rend les armes le 4 novembre 1918, et l’Allemagne signe elle aussi un armistice le 11 novembre. On espère alors que cette grande guerre mondiale sera la dernière, « la Der des Ders ».

1914

28 juin : Assassinat de l’archiduc François Ferdinand d’Autriche Hongrie à Sarajevo.

5-10 septembre : Première bataille de la Marne (France, front de l’Ouest). L’invasion de la France par les Allemands est repoussée.

15 septembre : Premières tranchées creusées sur le front de l’Ouest.

25 décembre : Trêve de Noël non officielle déclarée par des soldats dans les tranchées du front de l’Ouest. Soldats allemands et britanniques jouent au soccer dans le No Man’s Land, la bande de terre entre les tranchées des deux camps.

1915

4 février : Blocus sous-marin de l’Angleterre par l’Allemagne. Le 7 mai, un U-boat coule le paquebot RMS Lusitania, tuant 1198 civils.

21 avril – 25 mai : Deuxième bataille d’Ypres (Belgique, front de l’Ouest). Première utilisation massive de gaz toxique (le dichlore) par l’Allemagne.

25 avril : Début de la bataille des Dardanelles. Les Alliés tenteront pendant neuf mois de ravir la péninsule turque de Gallipoli. Les Ottomans les repoussent à 300 000 contre 500 000.

1916

21 février – 18 décembre : La bataille de Verdun (France, front de l’Ouest), la plus longue de la guerre, aboutit à une impasse. Un million de morts français et allemands.

31 mai : Bataille du Jutland en mer du Nord. Les Britanniques, au prix de lourdes pertes, frappent durement les forces navales des Allemands, qui garderont leur flotte à quai pour le reste de la guerre.

1er juillet – 18 novembre : La bataille de Somme (France, front de l’Ouest) fait un million de victimes, sans aucune percée alliée, malgré les chars d’assaut britanniques (une nouveauté).

1917

19 janvier : L’Angleterre intercepte et décrypte un télégramme où l’Allemagne demande au Mexique d’entrer en guerre contre les États-Unis (ce qui n’arrivera pas).

6 avril : Les États-Unis entrent en guerre, ce qui inquiète l’Allemagne.

9 – 12 avril : Les Canadiens prennent la crête de Vimy en France.

19 décembre : L’Empire britannique et les troupes arabes capturent Jérusalem, après 400 ans de régime ottoman.

1918

3 mars : 5 mois après le coup d’État de Lénine en Russie, le nouveau régime bolchévique signe un traité de paix avec les empires centraux. Trois millions de Russes sont morts pendant la guerre. L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie n’ont plus besoin de combattre sur le front de l’Est.

27 mai – 6 août : Deuxième bataille de la Marne (France, front de l’Ouest). Les Allemands, pressés d’en finir depuis l’entrée en guerre des Américains, concentrent leurs troupes en France et attaquent. Mais ils sont pris au piège par une contre-offensive française impliquant des centaines de chars et avions, qui leur inflige un revers sans précédent et décisif.

11 novembre : Signature de l’armistice, la 11e heure du 11e jour du 11e mois. Le traité de Versailles du 28 juin 1919 détermine les sanctions de l’Allemagne et de ses alliés, un traité qui nourrira la frustration d’un certain Adolf Hitler.

Source : « En 5 minutes », Journal de Montréal du 10 novembre 2018

Bouillon de culture…

BON ANNIVERSAIRE MONTRÉAL

Aujourd’hui, en ce 17 mai nous célébrons la Fondation de Montréal par Paul Chomedey, Sieur de Maisonneuve, en 1642. En ce 376e anniversaire de cette grande métropole, et déniché sur le Web, je vous offre l’apport des personnages qui suivent, dans le décor montréalais, depuis sa fondation, et que le Métro de Montréal a honoré en baptisant de leurs noms, plusieurs stations du réseau souterrain.

Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay (1626-1685)
Militaire, commerçant et seigneur français. Maîtrisant les langues amérindiennes, il devient interprète à la garnison de Trois-Rivières. En 1646, il s’établit à Ville-Marie, dont il est l’un des chefs militaires. Jusqu’à sa mort, il participe activement aux guerres franco-iroquoises. En 1657, il reçoit un fief, sur la rive sud de Montréal, qui deviendra la seigneurie de Longueuil. Il est le père de d’Iberville, fondateur de la Louisiane.

Jean Drapeau (1916-1999)
Avocat et homme politique, il est maire de Montréal de 1954 à 1957, puis, sans interruption, de 1960 à 1986. Ses projets grandioses, qu’il défend avec une volonté opiniâtre, le rendent populaire auprès des Québécois. On lui doit le métro, l’Expo 67 et les Jeux olympiques de 1976. Durant cette période, il est l’incarnation de Montréal sur les scènes nationale et internationale.

René-Robert Cavelier de LaSalle (1643-1687)
Explorateur, fondateur de Lachine, figure controversée du régime français, il est, en 1682, le premier Européen à descendre le Mississippi jusqu’à son embouchure ; il revendique alors la « Louisiane » au nom du roi de France. En 1684, il dirige une nouvelle expédition afin d’atteindre par la mer les bouches du fleuve, mais est assassiné par son équipage avant d’y parvenir.

Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761)
Jésuite, voyageur et historien français, il explore, entre 1720 et 1722, l’intérieur du continent nord-américain et atteint la Louisiane et l’embouchure du Mississippi. Auteur d’une monumentale Histoire et description générale de la Nouvelle-France (1744), qui puise notamment dans ses observations, il est souvent présenté comme le premier véritable historien de la Nouvelle-France. Son œuvre, marquante en son siècle, influence les générations ultérieures d’historiens québécois.

Lionel Groulx (1878-1967)
Prêtre, éducateur, historien, écrivain, maître à penser du nationalisme québécois au XXe siècle. Professeur à l’Université de Montréal, il y instaure l’enseignement de l’histoire nationale. En 1946, il fonde l’Institut d’histoire de l’Amérique française, et sa revue l’année suivante. Afin de soutenir ses recherches, des amis de l’historien créent, en 1956, la Fondation Lionel-Groulx. Son œuvre, monumentale, lui vaut le qualificatif d’« historien national », cent ans après François-Xavier Garneau.

Georges Vanier (1888-1967)
Avocat, militaire, diplomate, premier Québécois à assumer la fonction de gouverneur général du Canada (1959-1967). Il participe avec distinction à la Première Guerre mondiale au sein du Royal 22e Régiment, dont il est l’un des fondateurs, et qu’il commande plus tard (1925-1928). Sa nomination comme premier ambassadeur canadien en France (1944-1953) vient couronner sa carrière diplomatique.

Edwin Atwater (1808-1874)
Homme d’affaires et politicien, il est une figure marquante de la vie publique montréalaise au XIXe siècle. Il participe à la fondation de la Compagnie du télégraphe et de la Banque d’épargne de la cité et du district de Montréal. Il est aussi échevin du quartier Saint-Antoine et dirige la Commission de l’aqueduc et le Bureau de commerce de la ville.

Lucien L’Allier (1909-1978)
Ingénieur et fonctionnaire, il supervise, à partir de 1961, à titre de directeur du Service des travaux publics de Montréal, la construction du réseau initial du métro, puis l’aménagement des îles Notre-Dame et Sainte-Hélène en vue de l’Expo 67. De 1964 à sa retraite en 1974, il est président de la Commission de transport de Montréal.

James McGill (1744-1813)
Marchand, propriétaire foncier, homme politique et philanthrope écossais, qui fait fortune grâce au commerce des fourrures. Intéressé à la vie publique, il assume plusieurs fonctions importantes à Montréal et est député (1792 et 1800) à la Chambre d’assemblée. Préoccupé d’éducation, il lègue à sa mort une somme d’argent et une terre afin qu’y soit fondée l’université qui porte aujourd’hui son nom.

John Coape Sherbrooke (1764-1830)
Militaire et administrateur colonial. Il est désigné (1811) au poste de lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Les qualités dont il fait preuve lui valent d’être nommé, en 1816, gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, fonction qu’il occupe jusqu’en 1818. Fin diplomate, il sait se ménager l’appui de chefs canadiens-français comme Louis-Joseph Papineau, ce qui vaut à la colonie une période d’accalmie.

Joseph Papineau (1752-1841)
Arpenteur, notaire, seigneur et homme politique, père du célèbre patriote Louis-Joseph Papineau. Bourgeois fortuné, il acquiert en 1803 la seigneurie de la Petite-Nation (Outaouais). Député de Montréal à l’Assemblée législative, ardent défenseur de la langue française, il joue un rôle déterminant, en 1793, lors du débat sur la langue de la législation et des délibérations parlementaires.

Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698)
Militaire, gouverneur de la Nouvelle-France (1672-1682 ; 1689-1698). Personnage controversé, Frontenac donne une impulsion décisive à la création d’un empire français en Amérique et s’affirme comme un rempart efficace contre les attaques des Iroquois et des colonies anglaises. Son attitude héroïque face aux troupes de l’amiral Phips, lors de la bataille de Québec en 1690, le fait entrer dans la légende.

Raymond Préfontaine (1850-1905)
Avocat et homme politique, maire de Montréal (1898-1902) qui a le souci de la modernisation de la ville. Président du Comité des chemins (1889-1898), il améliore les infrastructures urbaines, introduit l’éclairage électrique et le tramway. Maire, il adopte un mode de gouvernance plus efficace. Député libéral fédéral depuis 1886, il termine sa carrière comme ministre de la Marine et des Pêcheries de Wilfrid Laurier.

Barthélemy Joliette (1789-1850)
Notaire, seigneur, entrepreneur et homme politique. Député à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, il est ensuite membre du Conseil législatif, où il siège jusqu’à sa mort. Il épouse Marie-Charlotte de Lanaudière, dont la famille possède la seigneurie de Lavaltrie ; il en devient l’administrateur, puis le coseigneur, et assure son développement grâce à l’industrie du bois. Il y fonde, au milieu des années 1820, le village d’Industrie, aujourd’hui Joliette.

Charles-Théodore Viau (1843-1898)
Homme d’affaires montréalais, dont le patronyme évoque une marque populaire de biscuits. En 1867, il ouvre une boulangerie, qui devient rapidement florissante, et crée le biscuit Village qui fera sa renommée. Propriétaire foncier à Maisonneuve et à Longue-Pointe, il conçoit le projet d’y bâtir une ville modèle. Les façades de pierre grise (une condition imposée par lui) de l’actuel quartier Viauville rappellent ce rêve inabouti.

Antoine Laumet, dit de Lamothe Cadillac (1658-1730)
Militaire et explorateur français, il est l’un des personnages les plus colorés et controversés de la Nouvelle-France. Commandant de Michillimakinac en 1694, il fonde en 1701 le fort Pontchartrain, où est édifiée aujourd’hui la ville de Détroit, Michigan. Rentré en France après avoir été gouverneur de la Louisiane (1713-1716), il est, jusqu’à son décès, gouverneur de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne).

François-Charles-Stanislas Langelier (1838-1915)
Avocat, professeur, journaliste et homme politique, il est commissaire des Terres et trésorier provincial, maire de Québec (1882-1890), juge en chef et lieutenant-gouverneur de la province (1911-1915). Il enseigne à la Faculté de droit de l’Université Laval (1863-1915), dont il est aussi le doyen. En 1908, il préside les fêtes du tricentenaire de la ville de Québec.

Pierre-Esprit Radisson (1636-1710)
Explorateur, coureur des bois, trafiquant, interprète, personnage controversé de la Nouvelle-France, plus grand que nature, opportuniste et sans scrupule, changeant fréquemment d’allégeance, mais aussi habile et courageux. De 1657 à 1687, il organise, avec Médard Chouart Des Groseilliers, d’innombrables expéditions aux Grands Lacs et à la baie d’Hudson pour la France et l’Angleterre. Les deux compagnons participent à la fondation de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Honoré Beaugrand (1848-1906)
Militaire, journaliste, propriétaire de journaux, homme politique et écrivain, il est maire de Montréal (1885-1887) au moment de l’affaire Riel et d’une grave épidémie de variole. Tout jeune, il combat au Mexique dans l’armée de l’empereur Maximilien. À son retour, il fonde le journal La Patrie (1879). Reconnu avant tout comme écrivain, il reste, pour la postérité, l’auteur de La Chasse galerie : légendes canadiennes.

Édouard Montpetit (1881-1954)
Avocat, économiste et universitaire, il fonde, en 1920, l’École des sciences sociales, économiques et politiques, qui devient en 1942 une faculté de l’Université de Montréal. Il occupe plusieurs postes au sein de cette institution, dont celui de secrétaire général. En 1930, il préside une commission d’enquête gouvernementale visant à poser les jalons d’un système québécois de sécurité sociale.

Wilfrid Laurier (1841-1919)
Avocat, journaliste et homme politique, chef du Parti libéral du Canada (1887-1919), il est le premier Québécois à accéder au poste de premier ministre fédéral (1896-1911). Figure qui transcende son époque, Laurier fait entrer le Canada dans le XXe siècle. Partisan de la « bonne entente » entre francophones et anglophones, il a, selon ses adversaires nationalistes, trop souvent sacrifié les intérêts des premiers au nom de l’unité nationale.

Jean Talon (1626-1694)
Administrateur français, premier intendant de la Nouvelle-France (1665-1668 ; 1670-1672) chargé de mettre en place le gouvernement royal et de développer la colonie. Il met tout en œuvre pour diversifier l’économie, réorganiser la justice, accroître la population et faciliter les communications. Avisé et énergique tout autant que visionnaire, il transforme la Nouvelle-France : jusqu’alors colonie-comptoir dirigée par une compagnie, elle devient une véritable colonie de peuplement.

Édouard-Charles Fabre (1827-1896)
Troisième évêque et premier archevêque de Montréal (1886). Succédant à Ignace Bourget, il met bon ordre aux finances du diocèse, ce qui lui permet de compléter l’imposante cathédrale Saint-Jacques, devenue Marie-Reine-du-Monde. Durant son épiscopat, il développe le réseau éducatif, accueille plusieurs communautés religieuses européennes et fonde de nombreuses paroisses. En 1889, il persuade Rome d’accorder à l’Université de Montréal, alors rattachée à l’Université Laval, une autonomie accrue.

Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville (1661-1706)
Navigateur, militaire et explorateur, d’Iberville est l’homme de guerre le plus illustre de l’histoire québécoise. Ses exploits les plus fameux contre les Anglais ont pour théâtres la baie d’Hudson et Terre-Neuve. Il fonde la Louisiane (1700), dont il est le premier gouverneur. Surnommé le « Cid canadien », il est le premier véritable héros de la Nouvelle-France.

Octave Crémazie (1827-1879)
Libraire et poète, il est l’un des fondateurs de l’Institut canadien de Québec. En 1858, la publication de son poème Le drapeau de Carillon, évoquant la victoire éclatante de Montcalm sur les Anglais un siècle plus tôt, le consacre « poète national » du Canada français. Après la faillite de sa librairie, en 1862, il s’exile en France et y meurt quelques années plus tard.

Henri Bourassa (1868-1952)
Homme politique et journaliste, tribun célèbre, il fonde le quotidien nationaliste montréalais Le Devoir, qu’il dirige de 1910 à 1932. Esprit libre, il rompt avec le Parti libéral de Wilfrid Laurier au moment de la guerre des Boers. Son nationalisme est basé sur la promotion de la dualité culturelle du Canada et la défense de l’autonomie de ce dernier face à la Grande-Bretagne.

George-Étienne Cartier (1814-1873)
Avocat et homme politique qui domine la scène publique québécoise pendant toute une génération. Il participe, dans sa jeunesse, à la Rébellion de 1837-1838. Sa carrière prend par la suite une tournure moins radicale. Chef du Parti conservateur pendant 25 ans, co-premier ministre du Canada-Uni avec John A. Macdonald (1857-1862), il est l’un des Pères de la Confédération canadienne.

François-Xavier de Montmorency-Laval (1623-1708)
Vicaire apostolique en Nouvelle-France, premier évêque de Québec (1674–1688). Louis XIV lui confie en 1658 le diocèse de Québec qui couvre alors presque toute l’Amérique du Nord. Il y organise la vie religieuse, favorisant grandement l’essor de l’Église. Retiré à Québec, il se consacre à la prière et au Séminaire qu’il a fondé. Il est canonisé par le pape François en 2014.

24 faits, sur Montréal

Connaissez-vous vraiment Montréal? Voici 24 fait sur cette belle ville qui vous la feront redécouvrir et dévoilant quelques révélations… jusqu’en 2015.

1- Quel est le record de froid pour Montréal?
Le 15 janvier 1957, Montréal a connu une journée glaciale, à -37,8°C.

2- Quel est le record de chaleur ressenti à Montréal?
La température la plus élevée qu’ont connu les Montréalais a été de 37,6°C, le 1er août 1975.

3- Où se trouve le plus ancien club de golf en Amérique du Nord?
Fondé en 1873, le Royal Montréal est le plus ancien club de golf en Amérique du Nord. C’est un groupe de huit hommes d’affaires qui se réunirent dans un bureau situé sur les rives du fleuve pour former Le Club de Golf Montréal. En 1884, ayant obtenu la permission de la Reine Victoria, le préfixe Royal fut ajouté au nom.

4- Qui a fondé la mafia montréalaise?
Vincent Cotroni, dit Vic l’œuf, est considéré comme le fondateur de la mafia montréalaise. Né à Calabre, il a immigré au Canada en 1924 et est devenu lutteur professionnel, avant de se lancer en affaires. Proche du parti Libéral, il était également propriétaire du Café Royal, un endroit prisé du Red Light de Montréal.

5- Combien d’îles composent le territoire de Montréal?
Le territoire de Montréal est composé de 83 îles. La plus grande est l’Île de Montréal, suivie des Îles Bizard, des Sœurs, Sainte-Hélène et Notre-Dame. Certaines des plus petites îles peuvent disparaître lors de la saison des crues printanières.

6- Quel édifice montréalais a reçu l’autorisation de dépasser le mont Royal?
L’Oratoire Saint-Joseph domine la ville de son imposante silhouette. Le dôme peut être vu de l’extérieur de l’île. Il est le troisième plus grand au monde après celui de la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro et de la basilique Saint-Pierre de Rome. C’est aussi la plus grande église du Québec et du Canada.

7- Quelle fut la première femme blanche à fouler le sol de Ville-Marie?
Jeanne Mance arriva pour la première fois à Montréal le 17 mai 1642. Dès son arrivée, elle fonda avec Maisonneuve la société de Notre-Dame de Montréal. Ses restes reposent dans la crypte de la chapelle de l’actuel Hôtel-Dieu de Montréal.

8- Quelle est la plus grande ville souterraine au monde?
La ville intérieure de Montréal couvre 20 kilomètres de tunnels sous la terre. Ce réseau de galeries, le plus vaste au monde, contiendrait près de 12% de tous les commerces du centre-ville.

9- Quelle est la plus longue rue à Montréal?
Long de 50 kilomètres, le boulevard Gouin est la plus grande artère parmi les 7700 rues de Montréal et l’une des plus anciennes de la ville. Elle traverse l’ensemble de l’île, de la pointe jusqu’au Parc-nature du Cap Saint-Jacques (Pierrefonds).

10- Qui a réalisé la première œuvre d’art dans le métro de Montréal?
Recouvrant entièrement le mur de la mezzanine de la station de métro Place-des-Arts, le vitrail de Frédéric Back retrace l’histoire de la musique à Montréal. La fresque met en vedette les figures marquantes de la vie musicale canadienne entre le 16e et le 20e siècle.

11- À quelles occasions le métro a-t-il déjà roulé toute la nuit?
Le 3 mars 1971, le métro a fonctionné toute la nuit, en raison d’une forte tempête de neige connue du nom de « la tempête du siècle ». Le 31 décembre 1999, dans le cadre des célébrations du passage à l’an 2000, le métro a roulé toute la nuit et l’accès y était gratuit.

12- Que représente le drapeau de Montréal?
Le drapeau de la ville, inauguré en 1939, porte quatre fleurs emblématiques. La fleur de lys représente l’élément français, la rose symbolise l’élément anglais, le chardon est d’origine écossaise et le trèfle de l’Irlande.

13- En quelle année Paul de Chomedey a-t-il planté la première croix au sommet du Mont-Royal?
C’est le 6 janvier 1643 que le sieur de Maisonneuve porta la première croix érigée sur la montagne au sommet du mont Royal. La croix actuelle date de 1924.

14- Quelle est la ville sœur de Montréal?
La ville sœur de Montréal est Hiroshima, Le jumelage des deux villes est une pratique vieille de 2000 ans. Aujourd’hui, la relation de villes de pays différents se concrétise par des échanges socio-culturels.

15- Qui a conçu le parc du mont Royal?
Frederick Law Olmsted est un architecte et paysagiste américain à qui l’on doit la création du parc du mont Royal et du Central Park à New York.

16- Quel titre l’UNESCO a-t-elle donné à Montréal en 2006?
La ville de Montréal a été désignée Ville UNESCO du design le 12 mai 2006. Montréal manifeste un grand potentiel de développement social et économique grâce au dynamisme du design.

17- Qui fut le premier homme pendu dans la Prison du Pied-du-Courant?
Le Pied-du-Courant, situé sur la rue De Lorimier, fut construit entre 1830 et 1836 sous le régime britannique. C’est à cet endroit que furent pendus les patriotes condamnés de 1837 et 1838. Le dernier homme à y être pendu est Francesco Grevola, en 1911. L’ancienne prison est aujourd’hui occupée par la Société des alcools du Québec.

18- Quel est le nom du premier gratte-ciel construit au Canada et érigé à Montréal?
C’est l’édifice New York Life. Il compte huit étages au moment de son inauguration, en 1889. Sa façade principale donne sur la place d’Armes.

19- Quel hôtel accueilli le bed-in de John Lennon et Yoko Ono?
Du 26 mai au 2 juin 1969, John Lennon et Yoko Ono revendiquent la paix en pyjama à Montréal. Dans leur suite de l’hôtel Reine Elizabeth, le chanteur des Beatles et sa femme reçoivent des centaines de journalistes pour faire connaître leur point de vue sur la guerre du Vietnam. Le bed-in pour la paix des deux artistes se conclut par l’enregistrement de la chanson « Give Peace a Chance ».

20- Quel maire de Montréal a été confiné dans un camp de concentration pendant 4 ans?
Camilien Houde, dit « Monsieur Montréal », fut suspendu de son poste en 1940 et interné dans le camp de Petawawa pour avoir fait campagne publiquement contre l’enregistrement national.

21- Quel est l’immeuble le plus ancien de Montréal?
Selon le Centre d’histoire de Montréal, le Séminaire de Saint-Sulpice, situé juste à côté de la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, est l’immeuble le plus ancien de Montréal. Il occupe cet espace depuis 1684.

22- Comment s’appelait la mascotte des Jeux olympiques de 1976?
La mascotte des jeux de Montréal se nommait « Amik », terme tiré de la langue algonquine et qui signifie castor. Reconnu pour sa patience et son ardeur au travail, l’animal est également un grand symbole national qu’on retrouve sur les pièces de monnaie et des timbres-poste.

23- Quelle est la première rue de Montréal à être asphaltée?
C’est la rue Saint-Jacques en 1886. Cette rue est le centre névralgique de la finance canadienne à la fin du 19e siècle.

24- Quelle est l’origine du nom du lac des Castors, sur le mont Royal?
En 1937, au moment de creuser l’étang artificiel, on découvre les vestiges de barrages de castor. Des traces révèlent que le site a déjà été naturellement recouvert par de l’eau.

Source : Production M. D. Février 2015

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la maladie de Parkinson

Photo: Michel Chartrand

Pour l’occasion et afin de sensibiliser les gens à ce mal incurable, voici l’histoire de Jean-Marie Charbonneau, un parkinsonien ayant bénéficié de la chirurgie, la stimulation cérébrale profonde.

« En septembre 2008, j’entreprends la Grande Randonnée à Sainte-Thérèse (aujourd’hui le Parcours Parkinson), accompagné… d’un fauteuil roulant. Je ne peux marcher tout le trajet, mes pieds refusent souvent d’avancer et restent collés au sol. Après 15 ans de cohabitation, le tremblement et la rigidité ont pris le dessus dans ma vie de tous les jours. La médication ne suffit plus à contrôler ou atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson. Je suis devenu solitaire, renfermé, angoissé et anxieux devant une simple sortie.

Peu après, mon neurologue Dr Michel Panisset accepte que je sois évalué pour la stimulation cérébrale profonde. Après une série de tests et de rencontres avec des spécialistes, je suis opéré au cerveau, en mars 2009, à l’Institut Neurologique de Montréal, par le neurochirurgien, Dr Abbas Sadikot.

L’implantation de deux électrodes au cerveau n’est pas une partie de plaisir, mais ses bienfaits sont considérables. Sans compter que ma médication a diminué de moitié! L’opération me donne un sursis de 10 ans! J’en suis à ma sixième année. De ma qualité de vie monastique d’avant, j’en suis rendu à défier mes frères au golf!

Plus précisément, mardi matin vers 6h30, c’est l’admission et la paperasse hospitalière. J’entre en salle de travail vers 8h30. Une infirmière me rassure et me réconforte. On anesthésie la peau autour de ma tête à des endroits spécifiques. On m’installe un cadre métallique sur la tête en le vissant jusqu’à la surface du crâne. Ce cadre sera aussi fixé à la table d’intervention, afin que je ne puisse pas bouger la tête pendant les deux chirurgies au cerveau.

Ces interventions se font sous anesthésie locale seulement. Je dois demeurer conscient, car le neurochirurgien doit surveiller mon état neurologique. Il anesthésie le site d’incision et pratique une ouverture dans l’os de la grosseur d’un vingt-cinq sous. J’entends le bruit de la perceuse et je sens des vibrations, mais je n’ai pas de douleur. Le chirurgien m’informe du déroulement de l’opération et me demande de collaborer afin de bien positionner la première électrode dans un des hémisphères du cerveau, insensible à la douleur.

Après plusieurs heures, il termine en refermant la plaie près du fil qui sort de ma tête pour quelques jours. On met des pansements autour de ma tête pour protéger le fil et la plaie. Je conserve le cadre fixé à ma tête pour l’implantation de la deuxième électrode sur l’autre hémisphère du cerveau, le lendemain. Je suis conduit aux soins intensifs vers 17h30, après 9 heures de travail. Le neurochirurgien me prescrit un peu de morphine et des antibiotiques. Ma conjointe me rejoint. Elle remarque que je ne tremble plus. En effet, du seul fait que l’électrode implantée touche la zone sensible au mouvement, cela provoque déjà une stimulation, car le fil au-dessus de ma tête n’est pas encore branché au neurostimulateur électrique! Je suis très fatigué et je ne peux bouger la tête à cause du cadre. J’ai mal au cou et j’essaie de dormir.

Mercredi matin, 8h00, on se prépare pour la deuxième opération. Sachant ce qui m’attend, c’est avec résignation que je coopère à cette deuxième phase interminable. Dans le but de rejoindre le point à stimuler, le neurochirurgien m’oblige à exercer ma patience jusqu’à sa limite. J’en viens même à regretter d’avoir accepté cette chirurgie. Je n’en vois pas la fin, je sens que je vais craquer, je me sens dépendant et dépassé par la situation, mais le neurochirurgien me ramène à l’ordre, afin de terminer la chirurgie adéquatement. Finalement, il enlève le cadre fixé à ma tête.

Quel soulagement. Je retourne aux soins intensifs, vers 14h30, après une intervention ayant duré 6.5 heures. J’ai toujours la tête enrubannée, je suis très épuisé et confus. Mon cerveau est en réaction à l’intrusion des électrodes. Je délire et ne reconnais pas mon épouse. Dans les jours qui suivent, je fais des cauchemars et je ne suis plus dans un monde réel. Je ne me souviens pas de la visite de ma fille. J’ai un langage confus et je suis agité dans mon sommeil. Je suis dans un autre monde, j’hallucine, mais tout ça est temporaire.

Le vendredi matin, vers 8h45, je retourne en salle d’opération pour une troisième intervention, mais cette fois-ci sous anesthésie générale. Le neurochirurgien installe un neurostimulateur muni d’une batterie, sous chacune de mes clavicules. Ensuite, il relie les fils des électrodes sortant de ma tête aux neurostimulateurs, en les passant sous la peau, derrière l’oreille, de chaque côté. Il n’active aucune stimulation électrique, pour l’instant. Je suis conduit en salle de réveil vers 12h30 et aux soins intensifs, par la suite. La fatigue semble avoir pris le dessus, je suis exténué. Le chirurgien vient me rencontrer et mentionne que tout s’est bien déroulé.

Dans les jours qui suivent, je récupère et je fais quelques pas. J’ai une faim de loup à chaque repas, ce qui me causera un surplus de poids. Cela semble normal étant donné la zone stimulée au cerveau.

Le jour précédant mon départ, le chirurgien active la stimulation électrique à une très basse puissance. Ma médication est aussi révisée et diminuée de moitié. Mon temps d’hospitalisation à l’Institut neurologique de Montréal aura été de dix jours. Je rentre à la maison avec le sentiment d’avoir fait le bon choix, malgré l’épreuve que j’ai affrontée.

Il faut environ six mois pour adapter le degré de stimulation selon les besoins de mon corps, afin d’obtenir le meilleur contrôle des symptômes avec le moins d’effets secondaires. On m’informe d’éviter ou de ne pas me tenir trop près des champs électromagnétiques, tels que les détecteurs de vol des magasins, les dispositifs de sécurité des aéroports ou les résonances magnétiques. Ils peuvent arrêter le neurostimulateur ou interférer dans la stimulation. C’est pourquoi, je possède une carte mentionnant que je suis porteur de neurostimulateurs et je détiens un contrôleur à distance pouvant tester l’état de mes neurostimulateurs et les redémarrer, si nécessaire.

Avant la stimulation cérébrale profonde, je devais prendre des médicaments reliés à la maladie de Parkinson, six fois par jour, totalisant 14 pilules. Actuellement, après cinq années, je prends ma médication seulement quatre fois par jour, pour un total de 7 pilules. Donc, une diminution de médicaments de moitié, même après 5 ans, ainsi qu’une baisse considérable de leurs effets secondaires!

Récemment, j’effectuais un voyage de golf en Arizona où j’ai pu jouer avec trois autres golfeurs, chaque jour, sur des parcours renommés. Aussi, je suis inscrit au gym où je m’y rends trois fois par semaine, pour y faire une heure d’exercices, du vélo stationnaire et de la marche sur tapis roulant. De plus, comme à chaque année, je participe à la Grande Randonnée pour la maladie de Parkinson et je suis fier de marcher maintenant pendant tout le trajet.

Pour conclure, selon le neurochirurgien, cette opération est bénéfique pour environ une dizaine d’années, ensuite cette maladie neurologique chronique dégénérative semble prendre le dessus. Effectivement, je dois toujours lutter contre la festination, cette démarche rapide à petits pas qui provoque souvent une perte d’équilibre. Je n’ai plus les réflexes aussi rapides qu’avant. Toutefois, j’en suis à ma sixième année et j’apprécie chaque journée qui m’est offerte.

Je ne peux imaginer ce qu’aurait été mon état réel sans la chirurgie, mais ce dont je suis certain, c’est que cette stimulation cérébrale profonde en vaut la peine et a beaucoup amélioré ma qualité de vie et celle de mon entourage. Enfin, que ce soit par une intervention chirurgicale ou par la découverte de nouveaux médicaments, la recherche nous permet d’avancer plus loin.

Je suis très reconnaissant envers la recherche, merci de l’encourager. »

Source : Parkinson Québec, 2014