L’anéantissement des francophones au Québec ne date pas d’hier

Incendie du Parlement (Photo JdeM)

On l’a vu, il y a quelques jours à Washington, ce que l’insurrection peut provoquer. La colère sans limite de fanatiques assoiffés de vengeance et encouragés par les propos d’un débile, président d’une nation, alimente le feu, comme le raconte Normand Lester dans le texte qui suit, publié dans le Journal de Montréal d’hier, et racontant les tragiques événements envers les francophones, à Montréal en 1849.

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LE JOUR OÙ DES ANGLOPHONES ONT BRÛLÉ LE PARLEMENT À MONTRÉAL

L’incendie de 1849 rappelle l’assaut des insurgés trumpistes contre le Capitole cette semaine à Washington.

L’invasion insurrectionnelle du Congrès américain à Washington est l’occasion de rappeler les tragiques événements de la soirée du 25 avril 1849, quand les Anglos, à l’exhortation du quotidien The Gazette, ont mis le feu au Parlement du Canada, qui était alors à Montréal.

L’Union du Haut et du Bas-Canada avait été réalisée pour assimiler la majorité francophone, selon les recommandations du rapport Durham.

L’objectif de l’Union était de mettre en minorité les francophones encore majoritaires dans un Parlement dominé par les Anglo-saxons, qui étaient surreprésentés par une carte électorale inique.

La première loi votée par le nouveau gouvernement Lafontaine-Baldwin vise à dédommager les francophones victimes de représailles brutales de la soldatesque britannique assistée par les milices racistes anglo-montréalaises lors de la rébellion de 1937-38. Une loi semblable venait d’être adoptée pour indemniser les victimes de saccages au Haut-Canada sans que cela provoque la moindre controverse.

La loi est avalisée par le gouverneur Lord Elgin, qui en a plus indisposé les Anglos en rétablissant l’usage du français au Parlement. Son geste courageux va mettre le feu aux poudres. C’est le cas de le dire.

Le Montreal Gazette lance un appel au « soulèvement racial », pour reprendre l’expression de l’historien américain Mason Wade. Je cite l’appel aux armes du journal : « Anglo-saxons, vous devez vivre pour l’avenir; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême si vous êtes vrais à vous-mêmes ! […] La foule doit s’assembler sur la Place d’Armes, ce soir à huit heures. Au combat, c’est le moment ! »

Les vociférations bellicistes du journal amènent entre 1200 et 5000 Anglos, dépendant des comptes-rendus à la Place d’Armes. La foule d’anglophones en colère s’enivre en écoutant des orateurs odieux qui crachent des injures contre les Canadiens français. Soudain, un pompier anglo du nom d’Alfred Perry proclame que le temps du verbiage est terminé et entraîne la meute de soulards anglais vers le Parlement, qui est en pleine session !

Caricature d’Alfred Perry (Photo JdeM)

La canaille rugissante, avec à sa tête le pompier pyromane, arrive rapidement devant le Parlement, situé où se trouve maintenant la place d’Youville. Perry pénètre dans l’enceinte et allume l’incendie. Il connaît son affaire ! Le feu se répand rapidement (l’éclairage est au gaz) et le gigantesque brasier illumine la nuit montréalaise. Aux acclamations d’anglophones saouls d’alcool et d’autosatisfaction, le Parlement et sa bibliothèque brûlent. Aves 25 000 volumes, elle constituait alors la plus riche collection de livres du Canada. Bravo, The Gazette !

Dès le lendemain, 26 avril, on tente de tuer le premier ministre Louis-Hyppolite Lafontaine, alors sous la protection de l’armée. Les Anglos enragés se dirigent alors vers sa résidence et la saccagent, s’acharnant en particulier contre sa bibliothèque.

Le Parlement détruit, les élus siègent au marché Bonsecours sous protection militaire. Trois jours après l’incendie, l’Assemblée adopte une résolution exprimant au gouvernement Elgin son indignation devant ces excès. L’historien Mason Wade écrit : « Quand les représentants de l’Assemblée se rendirent au Château de Ramezay, qui servait de maison du Gouvernement, pour présenter cette résolution, il fut nécessaire de lire l’Acte d’émeute et de dégager les rues à la baïonnette. Elgin fut lapidé quand il sortit pour retourner à sa résidence de Monkland (l’actuelle école Villa-Maria sur Décarie) ».

Les Anglos déchaînés, maîtres de Montréal, vont y imposer un régime de terreur pendant des semaines. Malheur aux Canadiens français qui s’aventurent dans l’Ouest de la ville : ils sont sauvagement battus. Ces crimes restent impunis, l’armée et la police, dominées par des Orangistes, sympathisent ouvertement avec les factieux.

Le gouvernement a tellement perdu le contrôle de la situation qu’il ne peut assurer la protection du gouvernement Elgin, qui envisage de se réfugier au fort de l’Île Sainte-Hélène. Il n’ose plus se rendre au Château de Ramezay, le siège du gouvernement. Des hommes proches du premier ministre Lafontaine décident de former une milice. On arme de pistolets et de coutelas des Canadiens français et des Irlandais catholiques.

La colère des Anglos-Montréalais ne s’apaise pas. Quatre mois plus tard, un groupe armé de 200 Anglos tente d’envahir la nouvelle résidence de Lafontaine, alors isolée dans un verger (elle vient d’être restaurée au coin d’Overdale et de Lucien-L’Allier). Ils apportent avec eux une corde pour le pendre. Lafontaine n’est pas chez lui. Sa maison est sous la garde d’amis armés. Des coups de feu accueillent les assaillants, qui battent en retraite. Sept sont blessés, dont un grièvement. Il mourra le lendemain matin après avoir admis que l’intention du gang d’Anglos était de mettre le feu à la maison et de s’emparer de Lafontaine pour le pendre à un arbre de son verger, et ensuite traîner son cadavre dans les rues.

Les incendiaires du Parlement, les auteurs de l’incitation à l’émeute de la Montreal Gazette, de même que ceux qui participèrent aux ratonnades contre les Canadiens français qui suivirent, ne furent jamais punis. Ils avaient l’appui presque unanime des Anglo-Montréalais. Trente-huit ans après les faits, Alfred Perry, le pompier pyromane, se vantera de son forfait. La communauté anglophone de Montréal est tellement fière du rôle joué par Perry dans la destruction du parlement du Canada qu’un pavillon de l’hôpital Douglas, de Verdun, commémore encore aujourd’hui la mémoire de ce vaillant défenseur du « sang et de la race anglo-saxonne » contre la « French domination ». Moi, il me semble qu’un changement de nom s’impose ici.

Il est encore plus mérité que la chasse iconoclaste qu’on mène actuellement à l’instigation des étudiants de McGill et de Concordia et des autochtones contre tout ce qui rappelle John A. McDonald.

La journée du 25 avril 1849 est la plus noire de l’histoire démocratique du Québec et du canada. Dans les médias du Canada anglais, on occulte ce soulèvement raciste, trop occupé qu’on est à recenser et à dénoncer l’intolérance et la xénophobie des Québécois. Imaginez comment l’événement serait médiatisé et commémoré s’il avait été fait de Canadiens français. Et, chaque année, la page éditoriale de la Gazette prendrait un malin plaisir à tourner le fer dans la plaie.

Le fantôme Oscar de la place Hammond

La pandémie n’a pas d’emprise sur les fantômes. C’est l’Halloween ! C’est la soirée de l’année où les monstres, sans peur et sans reproche, sillonnent les rues en toute quiétude, pour leur subsistance. Des morts-vivants en décomposition avancée et maculés de sang, des fantômes et même des héros s’affairent de maison en maison à quémander les friandises qui assureront leur survie pour les douze prochains mois.

On pourrait même voir, cette année, des déguisements anticovides… question de faire fuir le virus.

Soyez généreux envers les tout-petits qui passeront vous voir. L’enfance passe tellement vite qu’il faut partager leur bonheur.

Mais pour se mettre dans l’ambiance, j’ai trouvé sur Internet, une histoire à faire frémir, à Val-d’Or au Québec, sur un fantôme qui se manifesterait de temps à autres dans un bâtiment de la place Hammond. Une histoire ou une légende, allez savoir, mais je veux la partager avec vous.

Je ne vous conseille pas de la lire seul à la maison et dans la noirceur de votre chambre à coucher… Vous pourriez souffrir d’insomnie ou de voir votre sommeil très perturbé, votre sang se glacer et provoquer de terribles cauchemars…

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L’histoire du bâtiment de la place Hammond remonte à loin. Ce fût le centre administratif de la mine Siscoe au début des années 30 avant d’avoir été sectionné en trois et déménagé à Bourlamaque* pour devenir l’hôtel de ville en 1954. Les locaux étaient également occupés par le bureau de poste ainsi que les services de police.

C’est pourquoi une prison avait été installée au sous-sol de la bâtisse, prison qui y est toujours. Par contre, l’espace est converti en voûte pour y ranger des documents et des archives. Jusqu’à ce jour, différents ministères et organisations ont logé dans ces bureaux. À présent, ce sont les bureaux administratifs de la MRC de La Vallée-de-l’Or qui occupent la place Hammond.

Hôtel de ville Bourlamaque* (archive). Déménagé de la mine Siscoe en 1954, ce bâtiment deviendra à compter de 1958, l’hôtel de ville et le bureau de poste de Bourlamaque. Fonds Armand Beaudoin

Depuis plusieurs années, les employés qui travaillent dans ce bâtiment sont témoins de bruits inquiétants et d’ombres. Après maintes manifestations hors de l’ordinaire, ceux-ci en sont venus à en déduire qu’un personnage occupe les lieux depuis bien longtemps. Il s’appellerait Oscar.

Autrefois, il aurait été détenu dans la prison au sous-sol de la place Hammond et aurait fini par se pendre dans sa cellule. Cela pourrait sembler d’un fantôme effrayant, mais en dehors de faire peur et inquiéter de temps à autre, celui-ci n’a jamais fait de mal à personne, rassure-toi.

Il y a près de 25 ans, une employée du nom de Denise a été témoin du passage d’Oscar. Elle raconte que c’était lors d’un matin où elle était allée travailler très tôt. Elle était seule sur les lieux. Elle est entrée dans son bureau et à peine s’était-elle installée qu’elle a vu quelqu’un passer furtivement devant sa porte pour entrer dans le bureau juste à côté du sien.

Elle s’est empressée d’aller voir qui avait bien pu passer si vite. Elle n’a trouvé personne aux alentours. Elle était toujours seule dans le bâtiment. Était-ce le fruit de son imagination encore endormie ou Oscar s’était bien montré ce jour-là ?

Une autre situation semblable s’est produite le 9 décembre 2005 pour être exacte. C’était lors du party de Noël annuel du bureau. Tous les employés ainsi que leurs conjoints étaient réunis au sous-sol dans la salle du conseil de la MRC. Plus tard dans la soirée, ils ont commencé à jouer à des jeux de société. Alors que tout le monde avait bien du plaisir, ils ont tous entendu des pas dans l’escalier aussi fort que si quelqu’un courait.

À ce moment, ils ont arrêté de jouer et leur réflexe fut de regarder si tout le monde était bien présent. C’était bien le cas. Quelqu’un d’autre ou quelque chose avait donc causé ce tel vacarme. Des employés sont remontés et ont commencé à faire le tour pour voir si une porte avait pu être déverrouillée pour que quelqu’un s’introduise par effraction. Après vérification, tout semblait dans l’ordre. Ils n’ont trouvé personne et aucun objet n’était tombé.

Ce soir-là, y avait une belle couche de neige nouvellement tombée qui aurait certainement trahi l’introduction d’un dans le bâtiment. Mais il n’y avait absolument aucune trace de pas à l’extérieur. Peut-être que c’était Oscar alors qui regardait avec envie les employés avoir autant de plaisir…

* Bourlamaque nommé d’après François Charles de Bourlamaque est un secteur de la ville de Val-d’Or au Québec, dans la municipalité régionale de comté de La Vallée-de-l’Or de la région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue.

Source : Christine Dulude, site Web https://tourismevaldor.com/

Statistiques effarantes sur le pays de l’Oncle Sam

Normand Lester, journaliste et spécialiste de la politique américaine, vient de publier un livre « Stupides et dangereux – Les États-Unis à l’ère de Trump » qui révèle des données intéressantes sur cette puissance mondiale qui perd de plus en plus de plumes.

Quand on affirme que c’est sûrement mieux chez le voisin, ce n’est pas toujours la vérité. En voilà quelques-unes :

– George Washington a été complice dans l’assassinat d’un Québécois de Verchères envoyé en ambassade auprès de lui.

– La moitié des délégués à la Convention constitutionnelle, qui proclame que « tous les hommes sont égaux », étaient propriétaires d’esclaves, dont Washington lui-même.

– Les États-Unis ont vendu à Saddam Hussein les précurseurs chimiques et les souches biologiques pour des armes utilisées contre les Iraniens et les Kurdes.

– Joan Quigley, l’astrologue de la Maison-Blanche devait déterminer quand Ronald Reagan allait prononcer des discours, faire des conférences de presse et voyager à l’étranger.

– Plus de citoyens aux États-Unis, 43 millions, souffrent de troubles mentaux que dans tous les autres pays du monde, et ce chiffre ne cesse d’augmenter.

– 80 % des opioïdes consommés dans le monde le sont aux États-Unis, qui ne représentent que 5 % de la population de la planète.

– Les Américains possèdent individuellement plus de 383 millions d’armes à feu. C’est 67 millions de plus que la population totale du pays.

– Symptôme de l’épidémie de désespoir qui frappe l’Amérique blanche, 82% des personnes décédées de surdoses d’opioïdes en 2015 sont blanches.

– Les États-Unis se classent au 26e rang en termes d’espérance de vie sur les 34 pays de l’OCDE.

– Le taux d’incarcération aux États-Unis est 5 à 10 fois plus élevé que dans les autres démocraties. Plus élevé même qu’en Chine et en Russie.

– Les États-Unis se comparent à l’Arabie saoudite quant au mariage des enfants. Des parents forcent des fillettes de 10,11 et 12 ans à se marier.

– 273 milices d’extrême droite comptant quelque 100 000 membres s’entraînent dans plus de 40 États américains. Aucun autre pays ne tolère de telles organisations paramilitaires privées.

Les 100 ans de l’insuline

En 1921, une des plus grandes découvertes de l’histoire de la médecine était faite : celle de l’insuline par une équipe de chercheurs à l’Université de Toronto. Cent ans plus tard, nous rendons hommage à : Frederick Banting, Charles Herbert Best, James Bertram Collip et John James Rickard Macleod.

L’IDÉE OU POURQUOI UN CALEPIN DE NOTES EST TOUJOURS UTILE DURANT LES NUITS D’INSOMNIE

Le chirurgien, Frederick Banting, arrive à Toronto quelques mois après son service militaire durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il travaille dans deux hôpitaux pendant quelques mois avant de quitter la ville pour s’installer à London (en 1920), une ville dans le sud-ouest de l’Ontario.

Il se rapproche de sa fiancée et souhaite commencer à recevoir et traiter des patients dans son nouveau cabinet. Mais les débuts sont beaucoup plus difficiles qu’il ne l’anticipait. Pour arrondir ses fins de mois, Banting accepte de travailler à temps partiel (pour un salaire de 8 à 10 $ par semaine) comme prosecteur de chirurgie et d’anatomie à la faculté de médecine de la Western University d’Ontario en octobre 1920. Ce travail consiste à préparer les cadavres pour les cours donnés par le Dr F. R. Miller, son patron. Il lui arrive même de l’assister durant quelques cours.

À la demande du professeur Miller, Banting doit donner une conférence sur le métabolisme des glucides aux étudiants en médecine. C’est un sujet avec lequel il est moins familier et, pour se préparer, il emprunte donc quelques articles et livres sur le sujet avant de retourner chez lui. Une fois la préparation terminée, Banting apporte dans sa chambre le numéro de novembre de la revue Surgery, Gynecology and Obstretrics comme lecture avant de s’endormir.

L’article principal est signé par Moses Barron, un pathologiste américain, et s’intitule Les liens entre les îlots de Langerhans et le diabète : le cas de lithiase pancréatique.

Il était loin de d’imaginer et de mesurer l’impact que cette lecture allait avoir.

La nuit du 31 octobre est l’une de ces nuits sans sommeil. Les soucis d’argent, les débuts difficiles de sa pratique médicale et la conférence à faire le tiennent éveillé. Le Dr Banting le racontera dans The story of the discovery of insulin :

« C’était un de ces soirs où j’étais agité et où je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Je repensais à mon cours et à l’article; je ressassais mes difficultés, tout en songeant à quel point j’aurais aimé ne plus avoir de dettes et être libre de tout souci.

Finalement, vers deux heures du matin, alors que mon cours et l’article se bousculaient dans mon esprit depuis déjà un long moment, l’idée me vint que si on ligaturait à titre expérimental le canal de Wirsung, il y aurait dégénérescence d’une partie du pancréas et on pourrait ainsi isoler la sécrétion interne de la sécrétion externe. Je me levai, notai cette idée et passai presque tout le reste de la nuit à y réfléchir. »

Cette idée s’écrit en 25 mots (29 en français). Des mots qui vont changer sa vie (et celles de millions de personnes) à jamais :

DIABÈTE
Ligaturer canaux pancréatiques de chiens. Garder chiens en vie jusqu’à dégénérescence des acineuses et libération des insulaires. Essayer d’isoler la sécrétion interne de celles-ci pour soulager la glycosurie.

DIABETUS
Ligate pancreatic ducts of dogs. Keep dogs alive till acini degenerate leaving islets. Try to isolate the internal secretion of these to relieve glycosuria.

La maison où résidait Banting et où il recevait ses patients est maintenant un lieu historique national. Les visiteurs peuvent se promener dans la maison et s’asseoir sur le lit qu’occupait Banting la nuit du 31 octobre 1920. Dans cette chambre, on trouve un bureau sur lequel est posé une pile de fiches blanches où il est possible de laisser un message. Il y a même une boîte de papiers-mouchoirs mise à la disposition des visiteurs. Elle est d’ailleurs changée fréquemment.

LE LIEU DE NAISSANCE DE L’INSULINE : LA MAISON BANTING

Le lieu de naissance de l’insuline, la maison Banting, a été désignée comme site historique national le 23 novembre 1997 après plusieurs décennies de travail. C’est dans la chambre à l’étage que Banting a eu l’idée qui l’a mené vers la découverte de l’insuline en 1921.

Le Dr Frederick Banting, achète la maison en juillet 1920 pour 7 800 $. Il y installe son bureau au rez-de-chaussée et sa chambre en haut. Il vendra la maison à la fin de l’année 1921 alors qu’il réside à Toronto depuis le début de ses recherches au printemps.

La maison se transforme en musée entre 1984 et 1989. Les pièces sont aménagées en galerie où les visiteurs découvrent tous les aspects de la vie du Cr Frederick Banting : le médecin, le chercheur, le militaire et l’artiste. Le musée possède une réplique officielle du prix Nobel de physiologie attribué à Banting et Macleod en 1923 pour la découverte de l’insuline.

À côté de la maison se trouve une place publique aménagée au fil du temps qui abrite un jardin et trois œuvres : une statue de Banting, un globe et la Flamme de l’espoir. C’est à cet endroit qu’est célébrée chaque année la Journée mondiale du diabète

LA FLAMME DE L’ESPOIR

La Flamme de l’espoir, allumée le 7 juillet 1989 par Sa Majesté la reine mère, Elizabeth Bowes-Lyon, rend hommage à tous ceux et celles qui vivent avec le diabète dans le monde. Elle sert également de symbole rappelant que le remède pour guérir cette maladie n’existe pas. La vasque de la flamme est déposée sur un énorme bloc de granite et d’onyx de plus de deux mètres de haut. Le monument a été conçu pour résister aux intempéries (vent, neige, pluie) et aux pluies acides.

La flamme sera éteinte par les chercheurs qui découvriront le remède pour guérir le diabète.

Source : Revue Plein Soleil, hiver 2020

Un navire de guerre ressuscite des restes d’acier du World Trade Center

C’est aujourd’hui un triste anniversaire. Le 18e de l’attentat terroriste du World Trade Center. Les restes d’acier des deux tours ont servi, dès 2003, à la construction de ce navire de guerre ultra moderne de nouvelle génération. En voici une brève présentation.

Quel beau bateau amphibien de type San Antonio. C’est le USS New York. Belle initiative en mémoire des disparus de ce terrible attentat dont le monde se souvient comme si c’était arrivé hier. Leurs âmes vogueront sur la mer parce que l’Amérique ne baisse pas les bras.

Remarquez les deux tours symboliques !

La proue du USS New York a été construite avec 7,5 tonnes de ferraille provenant des décombres du World Trade Center.

C’est le cinquième d’une nouvelle classe de navires de guerre dessinés spécialement pour des missions antiterroristes. Il est en service depuis le 19 décembre 2007.

Il transportera un équipage de 360 marins et 700 Marines prêts au combat, déposés au sol par hélicoptères avec des barges d’assaut. L’acier du World Trade Center a été fondu dans une fonderie à Amite, en Louisiane, afin de mouler la proue du navire.

Quand il fut coulé dans les moules le 9 septembre 2003, les rudes travailleurs ont traité l’acier avec le plus grand respect comme l’a souligné le capitaine du navire Kevin Wensing qui était là sur place.

« Ce fut un moment spirituel pour chacun de ceux qui étaient présents. »

Junior Chavers, gérant des opérations de la fonderie, dit que lorsque l’acier du World Trade Center arriva en premier, il le toucha avec sa main en disant : « Les cheveux se sont dressés sur ma tête. » Cela avait une grande signification pour nous tous. « Ils nous ont mis à genoux. Ils ne pourront pas nous garder ainsi. Nous allons nous relever. »

La devise du navire : « Never Forget ». Jamais oublié.

Sa première mission s’est déroulée le 10 juin 2012 sur le détroit d’Ormuz, dans la région du golfe persique où ont été déployés des marines de trois unités. Ils sont retournés en décembre 2012, avec le USS Iwo Jima et le USS Gunston Hall avec d’autres marines attachés aux trois navires.

Il y a 50 ans aujourd’hui, l’homme foulait la lune

C’est fou comme le temps passe. Il y a 50 ans aujourd’hui, l’homme foulait la lune pour la première fois. Un événement historique que je ne peux effacer de ma mémoire alors que je me revois, devant notre téléviseur noir et blanc, très attentionné à visionner ces images quelque peu floues, ce que la race humaine tentait de conquérir depuis toujours.

La terre était à l’écoute de ce moment exceptionnel. Ce que les bandes dessinées, dont Les aventures de Tintin avec « Objectif Lune » et « On a marché sur la lune » nous avaient fait rêver, devenait réalité !

Mais, saviez-vous qu’il y avait un peu de nous autres là-dedans? Eh oui, l’entreprise Héroux-Devtek de Longueuil, où mon père a travaillé, a fabriqué les pattes du module lunaire. Toute une fierté du génie québécois que vous découvrirez.

Pour souligner la conquête de la lune, La Presse + a publié un excellent reportage sur le sujet le 13 juillet dernier, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui, pour rafraîchir vos mémoires.

EXPLORATION SPATIALE

LA LUNE, 50 ANS PLUS TARD Philippe Mercure et Mathieu Perreault

Samedi prochain, cela fera 50 ans que Neil Armstrong a fait ses premiers pas sur la Lune. Quel est le bilan du programme Apollo ? Et pourquoi la Lune suscite-t-elle un regain d’intérêt depuis quelques années ?

TOUJOURS LE MÊME RÊVE

Impossible de surestimer la force du symbole. Il y a 50 ans, l’être humain a foulé pour la première fois le sol d’un autre monde que la Terre, marquant un jalon de l’histoire humaine. Si bien qu’un demi-siècle plus tard, on rêve de rééditer l’exploit.

La conquête de la Lune est une prouesse technologique indéniable. Elle a servi de catalyseur scientifique à toute une nation. Elle a tellement frappé l’imagination qu’elle fait encore rêver aujourd’hui.

Mais quand Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune, le 20 juillet 1969, c’est un geste ni scientifique ni même purement symbolique qu’il a accompli. C’était avant tout une déclaration politique.

« La science a fait du pouce sur la conquête de la Lune. On a découvert plusieurs choses très intéressantes et utiles. Mais ce n’était pas l’objectif. Le mandat était d’atteindre la Lune pour battre les Russes », rappelle Roger Launius, historien de l’espace et auteur du livre Apollo’s Legacy – Perspectives on the Moon Landings (« L’héritage d’Apollo – Perspectives sur les atterrissages sur la Lune »).

Au début des années 60, les Américains se font en effet outrageusement dominer dans la course à l’espace. En 1957, l’URSS lance Spoutnik 1, le premier satellite à entrer en orbite autour de la Terre. En 1961, le Soviétique Iouri Gagarine devient le premier homme dans l’espace. John F. Kennedy réplique l’année suivante avec son fameux discours dans lequel il annonce que des Américains iront sur la Lune.

« Nous avons choisi d’aller sur la Lune au cours de cette décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile », dit le président américain de l’époque.

Le 20 juillet 1969 marque donc une victoire des États-Unis sur l’Union soviétique en pleine guerre froide.

« En 1969, le message des États-Unis, c’est : je suis le plus gros, je suis le plus fort. C’est « Make America Great Again ». »

— Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM

Pour l’historien de l’espace Roger Launius, c’est en fait « la culmination de l’histoire à succès classique américaine ».

« C’est exactement l’histoire que nous adorons raconter, dit-il. C’est comme l’attaque de Pearl Harbor pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons été surpris, nous avons tiré profit de l’occasion pour montrer le meilleur de nous-mêmes et nous avons gagné la guerre. »

Quand il porte sa casquette de scientifique rationnel, Robert Lamontagne, astrophysicien et coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec, ne peut que déplorer cette démonstration de force.

« On est allés sur la Lune en grande partie pour les mauvaises raisons », dit-il. M. Lamontagne, est pourtant le premier à reconnaître l’irrésistible puissance symbolique de ce premier pas fait sur un autre astre que la Terre. Un geste qui a changé sa vie… et celle de milliers d’autres personnes.

L’ÉTINCELLE

Robert Lamontagne a 12 ans lorsqu’il voit Neil Armstrong descendre du module lunaire d’Apollo 11 pour marcher dans la poussière lunaire.

« Quand on les a vus débarquer, à la télévision, à travers ces images un peu fantomatiques… Je suis convaincu que je ne suis pas le seul à être sorti dehors pour regarder la Lune et me dire : il y a quelqu’un là, maintenant ! », raconte-t-il.

Il évoque une « sensation qu’on est promis à des choses plus grandes, que l’humanité peut quitter son berceau ». À cette époque, le jeune Lamontagne joue avec les figurines de Major Matt Mason, jouet-astronaute fabriqué par Mattel. Ce n’est pas un hasard si, plus tard, il se retrouve à étudier les étoiles et à diriger un observatoire astronomique, l’Observatoire du Mont-Mégantic.

« L’étincelle [s’est produite] à ce moment-là, témoigne-t-il. Et je ne suis pas le seul : j’ai des collègues de mon âge et on a tous vécu à peu près les mêmes choses. Il y a toute une flopée de carrières scientifiques qui ont germé dans les années 70. »

UN CATALYSEUR

C’est sans doute le grand paradoxe de la conquête lunaire : si celle-ci a été motivée par des raisons politiques, elle a été un véritable catalyseur pour les sciences et les technologies. Il faut dire que les Américains ont mis le paquet.

En 1966, trois ans avant l’alunissage d’Apollo 11, la NASA monopolisait une proportion astronomique de 4,41 % du PIB américain, contre environ 0,5 % aujourd’hui.

Panneaux solaires, défibrillateurs, outils sans fil, ordinateurs de bord, montres au quartz : le développement de nombreuses innovations a été propulsé par les besoins du programme Apollo. Yves Gingras, historien des sciences, souligne à quel point le lancement de Spoutnik par les Soviétiques, en 1957, a été un « coup de tonnerre » qui a amené le gouvernement américain à bonifier l’enseignement des sciences aux enfants.

« Ça a changé l’éducation scientifique aux États-Unis », affirme-t-il.

UN RETOUR ?

En science et en technologies, les avancées d’il y a 50 ans paraissent habituellement ridiculement désuètes aujourd’hui. La conquête de la Lune fait exception. En 2019, tant les Américains que les Chinois échafaudent des plans pour ramener des êtres humains sur la Lune. Et, malgré les progrès technologiques réalisés depuis, c’est loin d’être simple.

« Dans les années 70, aller sur la Lune, c’était devenu la routine. On y était allés six fois. Aujourd’hui, il faut pratiquement repartir à zéro parce que l’expertise s’est perdue. Il y a plein de savoir-faire non codifié qui n’est plus là. »

— Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM

Selon lui, ce retour sur la Lune est motivé par les mêmes raisons que celles qui avaient provoqué la course à l’espace dans les années 50 et 60. « Les Chinois viennent d’aller sur la face cachée de la Lune et les Américains sont obligés de réagir en montrant à nouveau leur puissance », analyse l’historien.

Il se montre personnellement très critique du projet. « Sur le plan scientifique, il n’y a aucune maudite raison d’aller sur la Lune. C’est pour se péter les bretelles. C’est un symbole, mais quand on y réfléchit, c’est un symbole de déclin. Parce qu’il s’agit pour les Américains de refaire ce qu’ils ont fait il y a 50 ans », dit-il. Même l’idée d’utiliser la Lune comme base pour conquérir Mars ne convainc pas l’historien des sciences, qui juge qu’on devrait envoyer des robots et non des humains dans l’espace.

L’historien américain Roger Launius admet qu’il y a de la « gloire et de la géopolitique » dans l’idée de retourner sur la Lune. Il estime toutefois que la possibilité d’extraire un jour des ressources joue un rôle. Il compare le projet à la conquête des Amériques, au XVIe siècle, alors que les nations européennes exploitaient les richesses des colonies conquises.

M. Launius observe également que la symbolique a changé depuis 1969. La NASA a déjà annoncé qu’une femme foulerait le sol lunaire en 2024, et il s’attend à ce que les minorités visibles soient représentées. « Vous pouvez être sûr que les astronautes qui seront choisis seront représentatifs de tous les Américains », dit-il.

En remettant sa casquette de scientifique, Robert Lamontagne estime, comme Yves Gingras, que les missions habitées ne sont pas essentielles à la science. Mais il ne peut s’empêcher de se rappeler le gamin qu’il était et qui a vu Armstrong faire son fameux « pas de géant pour l’humanité » sur la Lune.

« D’un point de vue social, de l’image qu’ils véhiculent, les humains dans l’espace ont leur rôle parce qu’ils sont des ambassadeurs, dit-il. Quand ces gens-là parlent, ils ont un vernis qu’aucun robot n’aura jamais. »

LE DESTIN DES 12 ASTRONAUTES QUI ONT MARCHÉ SUR LA LUNE Mathieu Perreault

Des 24 astronautes qui ont atteint la Lune avec le programme Apollo, 12 en ont foulé le sol. Voici qui ils étaient et ce qu’ils ont fait après ces pas historiques.

NEIL ARMSTRONG – Apollo 11 – 21 juillet 1969

« Un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité. » Cette phrase de Neil Armstrong, le premier homme à fouler le sol lunaire, est passée à la postérité. Par la suite, il a participé aux enquêtes sur les accidents d’Apollo 13 et de la navette Challenger en 1986. À sa mort en 2012, sa famille l’a qualifié de « héros américain malgré lui » (reluctant) en raison de sa réserve.

BUZZ ALDRIN – Apollo 11 – 21 juillet 1969

Contrairement à son confrère, Buzz Aldrin a été très actif sur la scène publique après son retour. Il est le seul astronaute à avoir communié sur la Lune. À partir des années 80, il a fait la promotion de missions habitées vers Mars, appuyant le concept d’une navette circulaire se rendant en continu de l’orbite terrestre à l’orbite martienne.

PETE CONRAD – Apollo 12 – Novembre 1969

Après sa mission lunaire, Pete Conrad a été l’un des neuf astronautes qui ont séjourné dans la station spatiale Skylab, en 1973. Il est mort en 1999 dans un accident de moto et, depuis, la NASA respecte ses dernières volontés en décorant de lumières multicolores un sapin de Noël en son honneur, chaque année à Houston.

ALAN BEAN – Apollo 12 – Novembre 1969

Alan Bean a lui aussi séjourné dans Skylab. Il a pris sa retraite tôt de la NASA, à 49 ans, pour se consacrer à la peinture de scènes spatiales. Sa spécialité était de peindre la Lune en couleur, notamment en utilisant de la poussière lunaire rapportée dans le cadre d’Apollo. Il est mort l’an dernier.

ALAN SHEPARD – Apollo 14 – Février 1971

Premier Américain dans l’espace en 1961, Alan Shepard a été le plus âgé des astronautes d’Apollo – il est né en 1923. Sa vie personnelle, professionnelle et publique est digne d’une hagiographie. Il est mort en 1998 d’une leucémie.

EDGAR MITCHELL – Apollo 14 – Février 1971

Deux ans après sa mission lunaire, Edgar Mitchell a fondé un institut de parapsychologie qui a miné sa réputation. Elle a souffert encore davantage peu avant sa mort en 2016, quand la NASA l’a poursuivi pour avoir mis aux enchères une caméra utilisée sur Apollo 14.

DAVID SCOTT – Apollo 15 – Juillet-Août 1971

La carrière de David Scott a été entachée par plusieurs décisions d’affaires malheureuses, à commencer par sa décision d’emmener avec lui vers la Lune des lettres affranchies qu’un commerçant allemand a par la suite vendues à prix d’or. La NASA l’a puni, et il a par la suite eu maille à partir avec des partenaires d’affaires en cour. En 2015, il a vendu pour 1,6 million US sa montre Bulova qu’il avait apportée sur la Lune en secret.

JAMES IRWIN – Apollo 15 – Juillet-Août 1971

Le séjour sur la Lune de James Irwin l’a mené vers un retour à la foi et il a consacré une bonne partie de sa vie par la suite à la recherche des restes de l’arche de Noé sur le mont Ararat, en Turquie. Il est mort d’une crise cardiaque en 1991.

JOHN YOUNG – Apollo 16 – Avril 1972

John Young est l’astronaute d’Apollo qui a été le plus fidèle à la NASA, volant deux fois à bord de la navette spatiale et ne prenant sa retraite qu’en 2004, à l’âge de 74 ans. Il est mort en 2018.

CHARLES DUKE – Apollo 16 – Avril 1972

L’un des astronautes les plus secrets du programme Apollo, Charles Duke est devenu par la suite pasteur, affirmant que la foi avait sauvé son mariage après ses années d’astronaute. Il devait participer à la mission Apollo 13, qui n’a pas pu se poser sur la Lune, mais a attrapé la rubéole juste avant le décollage. Il a aussi posé sur le sol lunaire une photo de famille avec sa femme et ses deux fils, qu’il a ensuite photographiée.

HARRISON SCHMITT – Apollo 17 – Décembre 1972

Seul astronaute du programme Apollo ayant eu une carrière politique, Harrison Schmitt a été sénateur fédéral du Nouveau-Mexique de 1976 à 1982. Il a ensuite fait carrière en aérospatiale, travaillant notamment sur l’exploitation minière de la Lune, et s’est illustré à plusieurs reprises comme climatosceptique en mettant en doute le lien entre les activités humaines et le réchauffement de la planète.

EUGENE CERNAN – Apollo 17 – Décembre 1972

Dernier homme à avoir marché sur la Lune, il a connu du succès dans les affaires dans le pétrole avant de militer, dans la décennie qui a précédé sa mort en 2017, pour un retour des missions lunaires.

SOURCES : NASA, BBC, CNN

LE QUÉBEC, PREMIER SUR LA LUNE Philippe Mercure

« Thanks for your beautiful legs. » C’est en ces mots coquins que Buzz Aldrin a remercié des artisans québécois sans qui la mission Apollo 11 n’aurait pas été possible. En effet, ce premier contact historique entre l’homme et la Lune du 20 juillet 1969 a une dimension québécoise : les pattes du module, techniquement les premières à toucher le sol lunaire, avaient été fabriquées à Longueuil par l’entreprise Héroux (aujourd’hui Héroux-Devtek).

Gaston Bernier se souvient très bien des pièces d’aluminium en question. À l’époque, il était inspecteur chez Héroux.

« On ne savait rien de tout ça. Quand je les ai inspectées, je ne savais même pas ce que c’était », raconte l’homme, aujourd’hui âgé de 84 ans. M. Bernier confie que des rumeurs selon lesquelles l’entreprise avait décroché un important contrat relié à un voyage sur la Lune circulaient bel et bien au sein de l’entreprise. Mais les employés croyaient à une blague.

« Aller sur la Lune ! Voyons donc. On ne croyait pas à ça. Pour nous, c’était une affaire impossible. Ça ne nous rentrait pas dans la tête », raconte M. Bernier.

Gaston Bernier a néanmoins joué un rôle dans le succès du premier pas de l’être humain sur la Lune. Car les premiers morceaux qu’on lui a soumis, il les a rejetés ! Il s’agissait de tiges d’aluminium faisant 8 pouces de diamètre (environ 20 cm) et environ 170 cm de long.

« Il y avait des tolérances très strictes. Les cylindres devaient être parfaitement ronds. Sauf qu’à cause de la façon dont ils avaient été fabriqués, ils avaient des faiblesses et étaient un peu ovales. J’ai dit : « Ils ne sont pas bons, ils ne sont pas dans les tolérances » », raconte M. Bernier.

INGÉNIOSITÉ

Éric Therrien, gestionnaire de projet chez Héroux-Devtek, n’était pas là à l’époque. Mais il confirme qu’il a fallu bien des essais-erreurs pour accoucher de pattes parfaites. Le problème est que lors des premiers essais, on couchait les pièces à l’horizontale pour les usiner. Or, comme les parois d’aluminium étaient très minces, le poids de l’outil utilisé déformait légèrement les pièces. « Il a fallu changer la machine pour faire un usinage vertical », explique M. Therrien.

Fernand Michon, surintendant de l’outillage et de la machinerie chez Héroux, et responsable de cette délicate opération d’usinage, a trouvé la solution.

« Son rôle était de concevoir les machines servant à fabriquer les pièces qui leur était commandées. […] Il avait remarqué qu’un des problèmes était que le tour qui usinait les pattes réchauffait le métal et le déformait. Pour éviter le réchauffement, il a imaginé un système avec un simple engrenage de vélo qui contrôlait la vitesse de rotation de la patte, réduisait la chaleur, et évitait la déformation », raconte avec fierté Jacques Michon, le fils de Fernand Michon, disparu en 2008.

Cette réussite a valu à l’équipe de Héroux la gratitude des astronautes d’Apollo 11 lors d’une cérémonie en décembre 1969, au pavillon Hélène-de-Champlain à Montréal.

DE BELLES JAMBES

« Ma mère, qui accompagnait mon père à cette réception, avait un petit carnet d’autographes. Armstrong et Collins l’ont signé, mais Aldrin, qui avait plus d’humour, y a inscrit un message à l’intention non pas de ma mère, mais de mon père », rigole Jacques Michon.

« Thanks for your beautiful legs (merci pour vos très belles jambes) », y lit-on, en référence aux pattes du module lunaire. Un précieux document conservé dans les archives de la famille Michon.

Comment une entreprise canadienne s’est-elle retrouvée impliquée dans la course à la Lune ? M. Therrien explique que c’est l’entreprise américaine Northrop Grumman qui avait confié cet important contrat à la boîte de Longueuil. « On avait déjà des contrats d’entretien de trains d’atterrissage avec Northrop Grumman. Les sous-traitants qu’ils avaient utilisés n’avaient pas réussi à construire les pattes du module lunaire, alors ils se sont tournés vers nous », explique M. Therrien.

En tout, 60 pattes ont été construites pour l’ensemble du projet Apollo. Aujourd’hui, 24 de ces pattes se trouvent encore sur la Lune (celles des missions Apollo 11 à 17 à l’exception d’Apollo 13, qui a connu des problèmes et n’a jamais touché la Lune). Une patte est actuellement exposée au Centre des sciences de Montréal.

FIERTÉ

Gaston Bernier affirme ressentir une certaine fierté en pensant que les pièces qu’il a inspectées ont joué un rôle dans ce moment historique.

« Elles ont fait la job ! Elles n’ont pas cassé et il n’y avait pas de défauts », dit-il, précisant du même coup qu’il n’en fait pas grand cas. « Ce sont les gens qui m’en parlent, dit-il. Quand tu as vu de gros trains d’atterrissage, des pièces comme ça, c’est une affaire de rien. »

Chez Héroux-Devtek, en tout cas, on ne se prive pas de brandir encore aujourd’hui ce prestigieux contrat. « C’est une carte de visite assez importante qu’on met toujours au premier plan à chacune de nos présentations marketing, dit Éric Therrien. On dit un peu à la blague qu’on a été les premiers à toucher la Lune et ça fait rire beaucoup de gens. Mais il reste que c’est une entreprise du Québec qui a fabriqué ces pattes. »

— Avec la collaboration de David Santerre

LA COURSE À LA LUNE Philippe Mercure

À la fin des années 50 et tout au long des années 60, l’URSS et les États-Unis se livrent une course de tous les instants pour conquérir notre satellite naturel. Les Soviétiques dominent les premières manches. Mais ce sont finalement les Américains qui frapperont le coup de circuit qui marquera l’histoire quand Neil Armstrong posera le pied sur la Lune, le 20 juillet 1969.

JANVIER 1959

La sonde soviétique Luna 1, destinée à s’écraser sur la Lune, rate sa cible, mais devient le premier engin à atteindre les environs de l’astre.

SEPTEMBRE 1959

Quelques mois après le demi-échec de Luna 1, la sonde soviétique Luna 2 se fracasse sur la Lune, établissant le tout premier contact d’un engin construit par l’être humain avec le sol lunaire.

OCTOBRE 1959

La sonde soviétique Luna 3 envoie les premières photos de la face cachée de la Lune.

AVRIL 1961

Le Soviétique Iouri Gagarine devient le premier homme dans l’espace.

MAI 1961

Moins d’un moins après le vol de Gagarine, les Américains répliquent en envoyant l’astronaute Alan Shepard dans l’espace.

AVRIL 1962

La sonde américaine Ranger 4 est la première à se fracasser sur le côté sombre de la Lune.

FÉVRIER 1966

La sonde soviétique Luna 9 est la première à se poser sur la Lune sans s’y écraser.

AVRIL 1966

La sonde soviétique Luna 10 est la première à se placer en orbite autour de la Lune.

DÉCEMBRE 1968

La mission Apollo 8 envoie les premiers êtres humains en orbite autour de la Lune.

JUILLET 1969

Dans le cadre de la mission Apollo 11, Neil Armstrong devient le premier homme à poser le pied sur la Lune.

Vivre le Québec, libre !

Et si on se remémorait le fameux discours de Charles de Gaulle du 24 juillet 1967, du haut du balcon de l’Hôtel de ville de Montréal. Un discours qui allait déclencher une importante crise politique entre le Canada et la France, mais qui revigora notre flamme nationaliste. Une allocution qui réveilla tout un peuple (réactions en italique).

52 ans plus tard, le gouvernement Legault vient de poser deux gestes nationalistes, par l’adoption des lois 9 sur l’immigration, et 21 sur la laïcité. L’heure est aux célébrations de fierté.

Le voici…

Le 24 juillet 1967, à 19 h 30, 15 000 personnes attendent de Gaulle devant l’hôtel de ville de Montréal, où il arrive avec un peu de retard. Jean Drapeau l’accueille à l’entrée puis, après les hymnes nationaux, les dignitaires entrent dans le bâtiment. Il est prévu que le président français aille saluer la foule au balcon, mais aucun discours ne doit y être prononcé, même si la foule le réclame. Le général demande tout de même à dire quelques mots et son garde du corps Paul Comiti, qui a repéré des micros, les fait installer et brancher. Charles de Gaulle prononce alors son discours historique, sans que l’on sache s’il a été prémédité ou, emporté par l’émotion, non préparé.

Lors de son discours à l’hôtel de ville le 24 juillet 1967, Charles de Gaulle s’exprime en ces mots :

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal … française. (ovation du public) Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur ! Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas, (rires de la foule) ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération. (longue ovation de la foule)

Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d’affranchissement (ovation) vous accomplissez ici, et c’est à Montréal qu’il faut que je le dise, (ovation) parce que, s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre! (ovation) Je dis c’est la vôtre et je me permets d’ajouter, c’est la nôtre. (ovation)

Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d’immenses épreuves, porte maintenant vers vous. Si vous saviez quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada, (ovation), et si vous saviez à quel point elle se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C’est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson (ovation), des accords pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française. (ovation)

Et, d’ailleurs, le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous et qui, un jour, j’en suis sûr, vous permettront d’aider la France. (ovation)

Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal ! Vive le Québec ! (ovation)

Vive le Québec… libre ! (très longue ovation)

Vive le Canada français ! Et vive la France ! (ovation) »

« En ce 24 juin 2019, Bonne Fête Nationale, Québécoises et Québécois ! »

Source : Wikipedia

Quand l’horreur émeut les plus durs

Hier, partout sur la planète on commémorait le sacrifice humain du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944. 75 ans se sont passés depuis et c’est toujours avec une émotion bien sentie qu’on peut voir nos vétérans encore vivants, replonger dans de douloureux souvenirs, comme si c’était arrivé hier, et les larmes coulent toujours sur leur visage. Revivre en silence.

Dans ce combat historique qui allait libérer l’Europe et devenir le prélude à la capitulation des nazis, 14 000 soldats canadiens, des adolescents pour la plupart, sont débarqués sur la plage Juno et 359 y ont trouvé la mort en quelques secondes. De la vraie chair à canons ! Foudroyés par les tirs ennemis.

Je suis né 7 ans après cette date historique mais j’en entendais parler année après année. Ayant servi deux années dans la réserve canadienne, je me suis toujours imaginé ce que ça devait être, au front, ce jour-là. Terrible !

L’article de Richard Martineau, dans l’édition d’hier du Journal de Montréal, m’a beaucoup ému et principalement la réaction de ce vétéran. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui. Est-ce que notre jeunesse actuelle serait prête au même sacrifice ? J’en doute !

LA DERNIÈRE GUERRE JUSTE Richard Martineau

Je suis allé deux fois faire le pèlerinage sur les plages du Débarquement, en Normandie.

Deux fois, à Courseulles-sur-Mer, j’ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d’imaginer – en vain, bien sûr – ce que pouvaient ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.

Deux fois, je suis allé sur le pont Pegasus, à Bénouville, lieu de la première opération militaire des alliés (des parachutistes britanniques se sont emparés du pont dans la nuit du 5 au 6 juin 1944).

Et deux fois, je me suis promené en silence parmi les tombes du cimetière des soldats canadiens à Bény-sur-Mer, en calculant l’âge des victimes : 18 ans, 19 ans, 20 ans…

JOHN WAYNE EST UNE MAUVIETTE

La deuxième fois, en août 2010, dans le cadre de l’émission Les Francs-Tireurs, j’ai eu l’immense privilège d’être accompagné d’un ancien combattant québécois qui a participé au Débarquement.

Cet homme, qui n’était jamais retourné en Normandie avant ce jour, aurait fait passer John Wayne pour une mauviette.

Un véritable mur de briques.

Le visage buriné comme un vieux sac en cuir, des yeux perçants, une gueule carrée qui ne laissait échapper aucun son.

On aurait dit une caricature. Tout juste si le bonhomme a prononcé deux mots pendant les huit heures qu’on a passées ensemble.

À la lumière de ce que sa fille me racontait, l’homme n’était visiblement pas commode.

Dur, sévère.

« The strong silent type », comme disent les Américains.

Mais lorsqu’il a foulé la plage où tant de camarades ont été abattus comme des bêtes 66 ans plus tôt, il s’est mis à sangloter silencieusement.

En tenant la main de sa petite fille.

UN VRAI COMBAT ANTIFASCISTE

Si vous n’avez jamais fait ce pèlerinage (et si vous en avez les moyens, bien sûr), ne remettez pas ça aux calendes grecques.

Allez-y cet été, ou l’été prochain.

Avec vos enfants.

Ce n’est pas une leçon d’histoire.

C’est une leçon d’humanité.

Depuis, chaque fois que j’entends quelqu’un parler de « masculinité toxique », j’ai le goût de vomir.

De jeunes hommes qui n’avaient jamais voyagé sont allés à l’autre bout du monde défendre des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés.

Qui ferait ça, aujourd’hui ?

Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses ?

Les chroniqueurs comme moi ?

La solidarité, autre mot du jargon humanitaire dont se gargarisent les militants altermondialistes, c’est aussi ça.

Prendre les armes et faire couler le sang au nom d’un idéal.

Défendre les valeurs démocratiques bec et ongles.

Et non se contenter de publier un slogan creux sur sa page Facebook.

UNE BOUSSOLE DÉRÉGLÉE

Pas étonnant qu’on ne cesse de tourner des films sur la Deuxième Guerre.

C’était la dernière guerre « juste ». Avec des enjeux clairs.

Depuis, tout est flou, équivoque, ambigu.

La guerre du Vietnam était un bourbier moral. Celle de l’Irak, un mensonge.

On renverse des dictateurs, comme on l’a fait en Lybie en octobre 2011, et on se retrouve avec une situation encore plus explosive.

Aujourd’hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième Guerre.

On pleure le dérèglement de notre boussole morale.

Bernard Landry, un vrai patriote

Hier, on célébrait la Journée nationale des patriotes. Le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) remettait, à titre posthume, sa plus haute distinction ; la médaille René-Lévesque. L’engagement patriotique de Bernard Landry fut le travail de toute une vie. Parti le 6 novembre dernier, il aura marqué le Québec jusqu’à la fin de sa vie. Je me souviens d’une entrevue qu’il donnait à la télévision quelque temps avant sa mort. Affaibli par la maladie, ses convictions étaient toujours là. Pour se rappeler son parcours, voici le texte que le MNQ publiait hier dans les pages du Journal de Montréal. Je veux le partager avec vous.

L’ENGAGEMENT PATRIOTE À LA MANIÈRE DE BERNARD LANDRY (1937-2018)

Les Papineau, Chénier et De Lorimier ont écrit en 1837-1838 une page d’histoire mémorable et conféré au mot patriote une portée bien plus grande que le simple amour de la patrie. Un patriote chez nous est celui ou celle qui fait don de soi pour le bien de ses compatriotes et qui met son talent au service de toute la nation, au point d’y sacrifier ses intérêts particuliers.

Depuis, chaque moment historique et chaque région du Québec ont fourni leur lot de patriotes, de pionniers, d’entrepreneurs, de chercheurs, d’institutrices rurales ou de valeureuses mères de famille. Le nom de la plupart d’entre eux est tombé dans l’oubli, mais leur survit aujourd’hui un héritage, un patrimoine tangible, des œuvres, des institutions et des communautés dynamiques fières de leurs racines. Il arrive cependant que le talent de certains soit tel qu’il confine au génie et que leur parcours patriotique soit à ce point exemplaire qu’il confine à l’héroïsme. Ce sont ces quelques libérateurs du peuple du Québec que le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) compte commémorer par la médaille René-Lévesque, sa plus haute distinction.

Le parcours de Bernard Landry se confond pratiquement avec chacune des grandes avancées du Québec depuis sa Révolution tranquille. Dès sa prime jeunesse, il se déclare « présent » partout où il peut servir, à la tête des premières associations étudiantes, puis dans l’antichambre de la nationalisation de l’électricité, dans nos rapports privilégiés avec la France ou lors de la mise sur pied du système d’éducation.

Sa longue marche vers le pouvoir s’accélère en 1976 alors qu’il se joint au premier cabinet du gouvernement Lévesque; le seul ministre économique à pouvoir tenir tête à Jacques Parizeau. Il rédige alors Bâtir le Québec, véritable programme économique d’un pays souverain. Dès 1985, il se dit prêt à succéder à René Lévesque ! S’il cède de bonne grâce la place de premier ministre du Québec à Lucien Bouchard en 1996, il ne manque pas sa chance en mars 2001 avec pour objectif, bille en tête, de faire au plus tôt du Québec un pays. Son bref passage à la tête de l’état est remarquable. Il organisa d’abord une direction collégiale, accordant une large place aux poids lourds de son cabinet; les Pauline Marois, Guy Chevrette ou François Legault. Affrontant la crise du début du siècle, il multiplie les initiatives économiques : sauvetage de l’usine Packard-Bell à Sainte-Thérèse, tarifs d’électricité préférentiels pour les créateurs d’emploi et fondation à Montréal de la Cité du multimédia, un héritage inestimable qui ouvrait la porte à l’économie du savoir. Finalement, le 7 février 2002, le gouvernement Landry conclut avec le peuple Cris une entente historique, la paix des braves, qui marque une nouvelle ère dans les relations avec les Autochtones donnant une envergure internationale à ce pacte entre nations amies.

Après la politique, l’autre passion de Landry fut l’enseignement, notamment pour y transmettre ses valeurs cardinales en matière économique : le libre-échange, le nationalisme économique, le rôle stratégique de l’État du Québec et l’importance de diversifier l’économie autour d’entreprises de chez nous. Jamais le partenariat fécond entre l’État québécois et les entreprises francophones, « Québec inc. », n’aura eu de promoteur aussi constant, enthousiaste et efficace.

En décidant de conférer sa plus haute distinction à titre posthume à Monsieur Bernard Landry, le MNQ souhaite souligner sa contribution exceptionnelle e unique à l’édification du Québec moderne, à son enrichissement, à son affirmation et à son rayonnement international. On le sait, la modestie et la pudeur sont aussi l’apanage d’un bon patriote. Faisons donc en sorte que leur contribution ne sombre pas dans l’indifférence, car c’est bien par la reconnaissance accordée aux meilleurs d’entre nous que notre nation saura se rendre digne d’entrer dans l’Histoire.

Combien coûte un miracle

Un jour, un petit garçon cassa sa tirelire, prit la monnaie et compta soigneusement. Trois fois même.

Je ne dois pas me tromper ici, pensa-t-il.

Il plaça les pièces de monnaie dans un pot, ferma le bouchon et s’échappa discrètement par la porte de derrière.

Après s’être rendu dans une pharmacie, le garçon attendit patiemment que la pharmacienne lui prête attention.

– Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? demanda la pharmacienne au petit garçon devant son comptoir.

– Je veux acheter un miracle, répondit le garçon.

– Je te demande pardon ? lui dit la pharmacienne.

– Ma sœur est vraiment malade et mon père dit que seul un miracle peut la guérir. Alors je veux un miracle pour elle. Combien coûte un miracle ?

– Je suis désolée, lui dit la pharmacienne en sentant son cœur se briser un peu. Nous ne vendons pas de miracles ici, dit-elle doucement.

– J’ai de l’argent pour le payer. Si ce n’est pas assez… Dites-moi combien ça coûte.

À côté du petit garçon, il y avait un grand homme bien habillé. Il l’a regardé et a demandé :

– De quel genre de miracle ta sœur a besoin ?

– Je ne sais pas, répondit le garçon.

Les larmes ont commencé à rouler sur ses joues.

– Je sais juste qu’elle est très malade et qu’elle a quelque chose de mauvais qui grandit dans sa tête. Le docteur a dit qu’elle avait besoin d’une opération. Mais papa ne peut pas payer, alors on a besoin d’un miracle pour la sauver. S’il vous plaît, je peux utiliser tout mon argent pour sauver ma sœur.

– Combien as-tu ? demanda l’homme.

– 1 euro et 12 centimes, répondit le garçon, à peine audible. C’est tout ce que j’ai maintenant, mais je peux en obtenir un peu plus si besoin, ajouta-t-il rapidement.

– Hé bien, quelle coïncidence, sourit l’homme. 1 euro et 12 centimes, c’est le prix exact d’un miracle pour une petite sœur.

Il prit l’argent du garçon dans une main et, avec l’autre, il prit doucement la main et lui dit :

– Amène-moi ta sœur. Voyons si j’ai le miracle dont elle a besoin.

Cet homme était le directeur d’un hôpital réputé. C’était la bonne personne pour sauver la vie de la petite fille. L’opération s’est achevée sans problème et il ne fallut pas longtemps avant que la sœur du petit garçon ne soit de retour à la maison et se porte bien.

– Cette opération, murmura sa maman, c’était un vrai miracle. Je me demande combien ça aurait coûté ?

Le petit garçon sourit car il savait exactement combien coûte un miracle. 1 euro et 12 centimes. Plus la foi et la bonté d’un enfant !

Source : The Epoch Times

Hommage aux femmes du Québec

C’est aujourd’hui le 110e anniversaire de la Journée nationale des femmes mais, le 8 mars 1977, l’ONU officialisait à l’échelle mondiale La journée internationale des femmes.

C’est aujourd’hui votre journée, mesdames. Pour souligner cette journée spéciale qui vous est consacrée, quoi de mieux que vous faire connaître l’existence du monument en hommage aux femmes en politique, sur les parterres de l’Assemblée nationale à Québec.

UN GESTE SYMBOLIQUE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Si les femmes ont aujourd’hui les mêmes droits politiques que les hommes au Québec, elles les ont acquis au prix de nombreuses luttes tout au long d’un parcours difficile.

C’est pour rappeler la dureté de ces luttes que l’Assemblée nationale a autorisé la création du Monument en hommage aux femmes en politique.

Dévoilée le 5 décembre 2012, cette œuvre de Jules Lasalle montre 4 femmes d’exception qui, chacune à leur manière, n’ont cessé de réclamer davantage de droits politiques pour les femmes.

Il s’agit de Marie Lacoste Gérin-Lajoie, d’Idola Saint-Jean, de Thérèse Casgrain et de Claire Kirkland-Casgrain, figures emblématiques de la lutte des femmes pour toutes les Québécoises.

UN DÉVOILEMENT HISTORIQUE

L’inauguration du monument a été effectuée par Pauline Marois, première femme de l’histoire du Québec à exercer la fonction de première ministre. Cet événement a de plus coïncidé avec le 50e anniversaire de l’élection de Marie-Claire Kirkland.

UN EMPLACEMENT DE CHOIX

Situé du côté sud de l’hôtel du Parlement sur les parterres de l’Assemblée nationale, le Monument en hommage aux femmes en politique s’offre au regard des Québécois et touristes qui parcourent la Grande Allée, l’une des artères les plus fréquentées de la ville de Québec.

Fait intéressant, ce monument est placé entre les statues de Maurice Duplessis et de Louis-Joseph Papineau, deux des plus farouches adversaires du droit de vote des femmes. La statue d’Adélard Godbout, dont le gouvernement a voté en 1940 la loi donnant le droit de vote et d’éligibilité aux femmes, est également à proximité.

COMMENT SYMBOLISER LA LUTTE DES FEMMES

Quel visage donner à un monument qui doit symboliser la lutte de milliers de femmes? Quels personnages choisir? Sur quels critères? Doit-on créer un monument avec un ou plusieurs personnages ou se diriger vers l’art abstrait?

La question a été tranchée en choisissant 4 figures qui ont marqué les étapes de cette lutte.

Chacune à leur façon, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Idola Saint-Jean, Thérèse Casgrain et Marie-Claire Kirkland ont fait avancer la cause des femmes à leur époque.

MARIE-LACOSTE-GÉRIN-LAJOIE (1867-1945)

Dès son jeune âge, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie réalise les inégalités de droits envers les femmes. Toute sa vie, elle va lutter pour l’égalité des sexes, bien servie par ses talents de pédagogue, d’organisatrice et ses convictions inébranlables.

Militant à partir de 1893 au sein du Conseil national des femmes du Canada, elle publie en 1902 son Traité de droit usuel. Le succès de cet ouvrage qui informe les femmes sur leurs droits juridiques lui vaut d’être réédité et traduit en anglais.

En 1907, Lacoste-Gérin-Lajoie participe à la fondation de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, un regroupement féministe francophone et catholique. Devenue présidente en 1913, elle en fait une véritable organisation militante dotée d’un journal ─ La Bonne Parole ─ qui donne de l’ampleur au discours féministe.

En 1908, elle participe activement à la fondation de l’École d’enseignement supérieur pour les jeunes filles. Jusque-là, aucun établissement francophone au Québec ne décernait aux filles le diplôme nécessaire à l’admission aux études supérieures.

En 1922, Lacoste-Gérin-Lajoie est l’une des fondatrices du Comité provincial pour le suffrage féminin. L’année suivante, elle est à la tête d’une délégation de 400 militantes qui se rend à Québec pour demander le droit de vote et d’éligibilité des femmes. C’est aussi en grande partie grâce à elle si l’Assemblée législative modifie le Code civil, en 1931, pour donner à la femme mariée le plein contrôle de ses avoirs et de son salaire.

Véritable pionnière, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie inspirera toute une génération de féministes : son action amorce les luttes des décennies suivantes.

IDOLA SAINT-JEAN (1880-1945)

Le parcours d’Idola Saint-Jean est original à plusieurs égards au sein du mouvement féministe.

Professeure de français à l’Université McGill, elle est secrétaire du Comité provincial pour le suffrage féminin à partir de 1922.

Cinq ans plus tard, elle fonde l’Alliance canadienne pour le vote des femmes, l’une des deux plus importantes associations féministes du Québec. En 1930, elle se présente comme candidate aux élections générales fédérales dans le comté de Saint-Denis. Elle ne remporte pas la victoire, mais récolte 1732 voix grâce à des discours centrés sur des thèmes électoraux résolument suffragistes.

Pour Saint-Jean, le vote des femmes est la clé pour corriger les injustices sociales dont elles sont victimes. Indépendante, elle réclame notamment l’égalité juridique entre les sexes et l’autonomie financière pour les femmes. Elle mène ses combats sur de nombreuses tribunes, dont La Sphère féminine, revue qu’elle rédige et publie jusqu’à son décès.

Véritable franc-tireuse, Saint-Jean est souvent en rupture avec les autres militantes féministes quant aux moyens à utiliser pour faire triompher leur cause. Elle n’en demeure pas moins l’une des figures dominantes de la lutte pour les droits des femmes au Québec.

THÉRÈSE CASGRAIN (1896-1981)

Fille de Rodolphe Forget, grand financier et homme politique, Thérèse Casgrain fait sa marque en consacrant sa vie à l’avancement de la cause féministe et à l’aide aux démunis.

Très tôt, elle participe activement à la lutte du Comité provincial pour le suffrage féminin. En 1927, le Comité se divise en deux mouvements distincts et l’un des deux, la Ligue des droits de la femme, est dirigé par Casgrain jusqu’en 1942.

Le réseau social et politique de Casgrain fait d’elle une militante influente qui ouvre aux féministes les portes des cénacles du pouvoir.

Son époux, Pierre Casgrain, est vice-président de la Chambre des communes à Ottawa. Membre du club des femmes libérales, elle convainc Adélard Godbout, en 1938, d’inviter 40 femmes au congrès du Parti libéral et elle réussit à inscrire le suffrage féminin au programme de ce parti. Puis elle encourage le nouveau premier ministre Godbout à tenir tête au cardinal qui, en 1940, s’oppose toujours à l’adoption de cette mesure.

Casgrain fait ensuite le saut en politique active. Bien qu’elle ne réussisse pas à se faire élire aux élections fédérales et provinciales, elle devient la première femme à diriger un parti politique au Canada, le Parti social-démocrate (1951-1957).

Tout au long de sa vie, l’esprit d’initiative et l’implication sociale de Thérèse Casgrain la poussent à fonder plusieurs associations et organismes à caractère politique. Elle participe notamment à la fondation, en 1966, de la Fédération des femmes du Québec et siège comme sénatrice indépendante en 1970 et en 1971 au Parlement d’Ottawa.

MARIE-CLAIRE KIRKLAND (1924-2016)

Marie-Claire Kirkland est née en 1924. Elle est avocate lorsqu’elle est élue députée de la circonscription de Jacques-Cartier en 1961, succédant ainsi à son père dans cette fonction.

C’est la première femme de l’histoire du Québec élue au Parlement québécois. Le 5 décembre 1962, elle accède au cabinet de Jean Lesage comme ministre.

À ce titre, elle réalise une importante réforme du Code civil en 1964 qui met fin à l’incapacité juridique des femmes mariées. Celles-ci peuvent désormais exercer une profession, gérer leurs propres biens, intenter des actions en justice et conclure des contrats comme la signature d’un bail pour un logement.

Toujours en 1964, Kirkland est nommée ministre des Transports et des Communications. Juste avant de quitter la politique active, elle présente le projet de loi créant le Conseil du statut de la femme, en 1973. Elle est ensuite nommée juge à la Cour provinciale du Québec, fonction qu’elle occupe jusqu’en 1991.

Par sa contribution unique à la société et sa brillante carrière, Kirkland demeure un véritable symbole de la cause féministe au Québec.

Bonne journée internationale des femmes

Source : paricilademocratie.com

L’histoire de la Première Guerre Mondiale

En condensé bien sûr, voici l’histoire de la Première Grande Guerre Mondiale 1914-1918, du moins ses grandes étapes, dont on célèbre le centenaire cette année. Cent ans se sont écoulés depuis ce premier conflit qui a fait 18,6 millions de morts dont près de 9 millions de civils.

Il ne reste plus de survivants de ce conflit, mais pour les férus d’histoire, c’est un article rempli d’intérêt pour un événement qu’on a qualifié de « boucherie », et qu’il faut se rappeler.

Source: Journal de Montréal, 10 novembre 2018.

COMMENT TOUT A DÉBUTÉ

L’Autriche-Hongrie, avec son allié allemand, pose un ultimatum au Royaume de Serbie. Ses exigences incluent de laisser l’Autriche enquêter en Serbie, et supprimer toute association serbe faisant de la propagande contre l’Autriche-Hongrie. Les Serbes refusent.

Et ce qui a commencé comme une guerre locale se transforme en conflit mondial par le jeu des alliances entre les différents pays. Le conflit finit par s’étendre sur une grande partie du globe pendant cinq ans, sur terre, dans les airs et en mer.

LES CANADIENS À VIMY

Les Canadiens y sont automatiquement impliqués, en tant que dominion de l’Empire britannique. Ils s’y font remarquer lors de la bataille de Vimy en avril 1917. Au nord de la France, les quatre divisions canadiennes contraignent les Allemands à battre en retraite, sur une crête jugée imprenable.

Un an plus tard, l’Autriche-Hongrie rend les armes le 4 novembre 1918, et l’Allemagne signe elle aussi un armistice le 11 novembre. On espère alors que cette grande guerre mondiale sera la dernière, « la Der des Ders ».

1914

28 juin : Assassinat de l’archiduc François Ferdinand d’Autriche Hongrie à Sarajevo.

5-10 septembre : Première bataille de la Marne (France, front de l’Ouest). L’invasion de la France par les Allemands est repoussée.

15 septembre : Premières tranchées creusées sur le front de l’Ouest.

25 décembre : Trêve de Noël non officielle déclarée par des soldats dans les tranchées du front de l’Ouest. Soldats allemands et britanniques jouent au soccer dans le No Man’s Land, la bande de terre entre les tranchées des deux camps.

1915

4 février : Blocus sous-marin de l’Angleterre par l’Allemagne. Le 7 mai, un U-boat coule le paquebot RMS Lusitania, tuant 1198 civils.

21 avril – 25 mai : Deuxième bataille d’Ypres (Belgique, front de l’Ouest). Première utilisation massive de gaz toxique (le dichlore) par l’Allemagne.

25 avril : Début de la bataille des Dardanelles. Les Alliés tenteront pendant neuf mois de ravir la péninsule turque de Gallipoli. Les Ottomans les repoussent à 300 000 contre 500 000.

1916

21 février – 18 décembre : La bataille de Verdun (France, front de l’Ouest), la plus longue de la guerre, aboutit à une impasse. Un million de morts français et allemands.

31 mai : Bataille du Jutland en mer du Nord. Les Britanniques, au prix de lourdes pertes, frappent durement les forces navales des Allemands, qui garderont leur flotte à quai pour le reste de la guerre.

1er juillet – 18 novembre : La bataille de Somme (France, front de l’Ouest) fait un million de victimes, sans aucune percée alliée, malgré les chars d’assaut britanniques (une nouveauté).

1917

19 janvier : L’Angleterre intercepte et décrypte un télégramme où l’Allemagne demande au Mexique d’entrer en guerre contre les États-Unis (ce qui n’arrivera pas).

6 avril : Les États-Unis entrent en guerre, ce qui inquiète l’Allemagne.

9 – 12 avril : Les Canadiens prennent la crête de Vimy en France.

19 décembre : L’Empire britannique et les troupes arabes capturent Jérusalem, après 400 ans de régime ottoman.

1918

3 mars : 5 mois après le coup d’État de Lénine en Russie, le nouveau régime bolchévique signe un traité de paix avec les empires centraux. Trois millions de Russes sont morts pendant la guerre. L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie n’ont plus besoin de combattre sur le front de l’Est.

27 mai – 6 août : Deuxième bataille de la Marne (France, front de l’Ouest). Les Allemands, pressés d’en finir depuis l’entrée en guerre des Américains, concentrent leurs troupes en France et attaquent. Mais ils sont pris au piège par une contre-offensive française impliquant des centaines de chars et avions, qui leur inflige un revers sans précédent et décisif.

11 novembre : Signature de l’armistice, la 11e heure du 11e jour du 11e mois. Le traité de Versailles du 28 juin 1919 détermine les sanctions de l’Allemagne et de ses alliés, un traité qui nourrira la frustration d’un certain Adolf Hitler.

Source : « En 5 minutes », Journal de Montréal du 10 novembre 2018