Franco-Amérique : Un vaste héritage encore bien vivant

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Le peuple québécois, c’est l’expression d’un tout beaucoup plus vaste et riche que ce qu’on nous a enseigné à la petite école. L’Amérique francophone n’est pas une seule entité, mais une constellation d’identités culturelles et d’une langue aux mille accents, disséminées aux quatre coins du continent et partageant un même tronc commun historique : Acadiens, Québécois, Franco-Canadiens, Métis et Autochtones, Cajuns et Franco-Étatsuniens qui peuplent le continent depuis plus de quatre cents ans.

Dans cette grande aventure de la langue française d’Amérique du Nord, beaucoup de ces femmes et ces hommes ont préservé l’empreinte de leurs origines dans leurs manières de penser, de parler et d’agir.

De nos jours, le Canada et les États-Unis comptent plus de 20 millions d’individus de souche franco-canadienne, bien qu’une part significative soit aujourd’hui assimilée à la culture anglo-saxonne. Toutefois, l’empreinte la plus tangible de l’histoire canadienne et acadienne nord-américaine est le maintien de nombreuses communautés francophones et métisses toujours vivantes et dynamiques qui, malgré les efforts d’assimilation, ont survécu jusqu’à ce jour dans leur langue et leur culture.

Le Québec abrite la seule communauté francophone qui évolue en milieu majoritaire avec 7,6 millions d’habitants, tandis que le reste du Canada français en rassemble plus de 2,7 millions. Dans l’Acadie des Maritimes, la francophonie représente 450 000 personnes, alors que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario estime à 744 000 le nombre de Franco-Ontariens. Quant aux « Francos de l’Ouest », ils sont plus de 642 000 à se désigner depuis les années 1960-70 selon leur province d’appartenance, au sein de petites enclaves francophones qui luttent pour la protection de leurs droits linguistiques. Finalement, dans la région nordique couvrant le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, on retrouve quelque 10 % de locuteurs de français sur une population totale de 113 000 âmes.

Une francophonie survit également aux États-Unis, où plus de 12 millions de personnes déclarent avoir une origine ethnique franco-canadienne, « cadjine » ou haïtienne. C’est dans l’État de la Louisiane que se trouve aujourd’hui le foyer principal de la francophonie étatsunienne, où l’on n’hésite plus, aujourd’hui, à afficher fièrement son identité historique et linguistique. En Nouvelle-Angleterre, lieu d’une importante immigration, appelée la « Grande Hémorragie », de plus d’un million de Canadiens entre 1840 et 1930, les Franco-Américains retrouvent depuis peu, eux aussi, la fierté de leurs racines. 

Un peu partout dans l’Ouest, nombre de villes ont conservé la mémoire de leurs origines ou leur héritage franco-canadiens qui précèdent souvent de plusieurs décennies, voir plus d’un siècle, l’arrivée en masse des pionniers américains, convaincus de leur « destinée manifeste ». Nommons parmi celles-là Chicago, fondée par le mulâtre franco-haïtien Jean-Baptiste Point du Sable, Détroit, Saint-Louis, Kansas City, Saint Paul-Minneapolis, Los Angeles, la Nouvelle-Orléans, Boise (capitale de l’Idaho), Milwaukee ainsi que la ville de Provo et sa rivière, dans l’Utah, nommées en l’honneur d’Étienne Provost, connu dans la mémoire américaine à titre de « l’Homme des Montagnes ».

À l’échelle du pays étatsunien, cet héritage continue toujours de s’illustrer par des milliers de noms de lieux, transmis jusqu’à nous dans cette poésie aux teintes autochtones, mais propre à ces voyageurs canadiens et métis originaires de la vallée du Saint-Laurent et au-delà, ainsi qu’à leurs descendants : Eau Claire, Bon Air, Isle aux Dames, Baton Rouge, Butte des Morts, Arbre Croche, Grand Marais, Belle Alliance, Prairie du Chien, Grosse Pointe, Grand Portage, la rivière Cache la Poudre, Bellefontaine, Creve Cœur et des milliers d’autres. À noter par ailleurs que, sur le drapeau de l’État du Minnesota, la devise — L’Étoile du Nord — est écrite en français.

L’histoire de la Francophonie d’Amérique du Nord peut être représentée comme celle d’une grandiose épopée continentale marquée par l’ivresse de la liberté, de l’aventure et des grands espaces, l’ouverture à l’Autre et le métissage, mais aussi, depuis 1760, comme celle d’une survivance. Tel que l’a si bien exprimé le chanteur louisianais Zachary Richard : « Que ça soit au Missouri, en Louisiane, ou au Québec, de vivre en français en Amérique est un acte de résistance, voulu ou non, conscient ou non. »

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Publié avec la permission de l’auteur : Marco Wingender


206e jour de l’année

Mercredi, 26 juillet 2023

On célèbre aujourd’hui…

LA FÊTE DE SAINTE-ANNE

LES FÊTES NATIONALES DES MALDIVES ET DU LIBÉRIA


Matière à réflexion…

La guerre est un endroit où les jeunes qui ne se connaissent pas et ne se détestent pas, s’entretuent, sur la base de décisions prises par des vieux qui se connaissent et se détestent, mais ne se tuent pas… Paul Valéry


Pensée et citation du jour

Gémir sur un malheur passé, c’est le plus sûr moyen d’en attirer un autre.

Shakespeare


Ça s’est passé un 26 juillet…

(1915) À la suite des rumeurs de conscription, de nombreux Canadiens français se rassemblent au Champ-de-Mars. Des bagarres éclatent entre les partisans et les opposants à la guerre.

(2008) Petar Stoychev a remporté la Traversée du Lac Saint-Jean pour une huitième année de suite. Le longiligne nageur bulgare a démontré encore une fois, samedi, qu’il était le vrai roi du lac Saint-Jean. Et pour le prouver, il a inscrit une huitième victoire consécutive, en franchissant les 32 km séparant Péribonka de Roberval en 7h39m13s, dans des conditions pour le moins très difficiles.

(2011) Paul McCartney n’était sur scène que depuis une quinzaine de minutes quand, tout de suite après la troisième chanson au programme (All My Loving), le public lui a servi une ovation à rendre jaloux tous les artistes qui ont déjà chanté au Centre Bell; les 16 993 spectateurs qui avaient attendu jusqu’à 20h50 pour voir apparaître le toujours Beatle – le Centre Bell a ouvert ses portes dès la fin de la balance de son à 19h25 – étaient non seulement d’une patience exemplaire, ils étaient aussi d’un enthousiasme rare, sans doute quelque chose à voir avec la musique de Macca.


Merci de votre fidélité. – Passez une excellente journée !

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