Je m’ennuie du baseball professionnel à Montréal

La Une

Les Expos sont partis depuis presque 20 ans et je ne peux qu’espérer leur retour. Combien de belles sorties passées avec mon fils pour aller les voir jouer au Stade olympique. C’est nostalgique ! Ça fait aussi quelques années qu’un projet de les ramener fait les manchettes, mais on attend toujours. Entretemps, comment se fait-il que Montréal ait délaissé ce sport des belles soirées d’été ?

Jean-Nicolas Blanchet a fait sa chronique de jeudi dernier, dans la section sports du Journal de Montréal, sur ce sujet. Son article est tellement pertinent que je vous le propose aujourd’hui. Je suis de son avis à 150 % et sur toute la ligne.

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VOUS AVEZ TELLEMENT MANQUÉ LE BATEAU

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi il y a du baseball professionnel depuis 20 ans à Québec et pas à Montréal ?

Stade Canac à Québec

Je comprends un peu. Après les Expos, ça aurait été un peu insultant d’accueillir une équipe d’un niveau inférieur. Comme si tu te faisais offrir une boulette de steak haché après avoir toujours reçu le filet mignon.

C’est un peu pour ça qu’à Québec, au hockey, ça n’a pas été un succès les Rafales et les Citadelles qui sont arrivées pas longtemps après les Nordiques.

Mais là, ça fait presque 20 ans que les Expos sont partis et j’ai bien beau passer souvent par Sainte-Anne-de-Beaupré, ils ne reviendront pas bientôt et visiblement pas plus tard non plus.

Pour l’instant, la plupart du monde semble n’en avoir rien à cirer du retour des Expos.

Et je comprends que notre pays, c’est l’hiver, mais le baseball a une très longue et riche histoire au Québec. C’est profond le baseball au Québec.

À l’époque, les équipes du baseball majeur avaient des clubs-écoles à Sherbrooke, Drummondville, Granby, Trois-Rivières, Thetford Mines, Saint-Jean, Québec, Saint-Hyacinthe et Farnham, notamment. À l’époque tout le Québec vibrait au rythme du baseball durant l’été.

Et à Montréal, c’était le royaume à partir des années 20, avec les Royaux et ensuite les Expos. Montréal, c’est Jackie Robinson, Dawson, Raines, Vladimir, etc.

LE BASEBALL NE PEUT ÊTRE MORT

Oui, ça fait longtemps. Mais je ne peux pas croire que Montréal est passée d’une solide ville de baseball à une ville qui s’en torche complètement, du baseball.

Je l’ai écrit plus haut. C’est clair que la plupart du monde semble n’en avoir rien à cirer du baseball professionnel à Montréal. Mais la plupart du monde, ce n’est pas tout le monde.

Oui, plusieurs ont décroché après le départ des Expos. Mais il y a encore beaucoup d’amoureux de ce sport qui sont amers et qui aimeraient tellement aller voir du baseball pro quelques soirs par été.

Et avec l’agonie du projet d’un retour des Expos, ils n’en demandent sûrement pas tant que ça.

Ils ne demandent pas un nouveau stade de 30 000 places au centre-ville.

Voir grand, ça peut être inspirant et des politiciens peuvent penser que ça peut les aider à gagner des élections.

Mais la réalité, c’est que pour le baseball, à Montréal, il faut arrêter de rêver en grand et se résigner à se dire qu’il faut copier Québec.

Désolé, chers Montréalais, pour ce coup-ci, Québec est clairement à imiter et Montréal l’a échappé depuis trop longtemps.

Les Capitales de Québec sont arrivées en 1999. En 24 ans, ça n’a pas été toujours facile. Les administrateurs triment dur et les propriétaires ont fait d’énormes sacrifices.

Mais durant l’été, maintenant, Québec respire le baseball. C’est plus de 4000 personnes chaque soir depuis quelques jours. Ça joue à guichet fermé.

C’est du gros baseball.

Il y a des joueurs d’ici. Il y a d’anciens joueurs du baseball majeur. Il y a des joueurs qui sont passés ici qui sont ensuite allés dans le baseball majeur. C’est une terrasse gigantesque où les gens de Québec accourent. C’est la bière à 4 $ au lieu de 12 $ comme au Centre Bell. Ce sont les hot-dogs à 1 $ le samedi. C’est devenu un événement. Et pour les puristes, c’est du méchant beau baseball.

Et imaginez les retombées et le rayonnement pour Québec. Évidemment, les inscriptions au baseball mineur ont explosé.

Il y a maintenant un dôme l’hiver au stade Canac pour permettre aux jeunes de jouer au baseball à longueur d’année. Un de ceux-là, Édouard Julien, est même le meilleur frappeur des Twins du Minnesota par les temps qui courent.

Vous attendez quoi à Montréal ? C’est évident qu’une équipe dans la même ligue que les Capitales, la ligue Frontier, ce serait un gros succès. Un stade de 4000 ou 5000 personnes serait plein chaque soir. Ça deviendrait la meilleure foule de la ligue. C’est évident.

Il manque quoi ? Un nouveau stade, bien sûr.

Un stade de quelques milliers de personnes et le tour est joué.

UN STADE ET C’EST RÉGLÉ

C’est facile à dire que ça prend un beau petit stade. Ça va prendre environ 30 millions de dollars. Ça va prendre un promoteur qui avance des millions et qui réussit à aller chercher des fonds publics.

Quand j’écris sur le retour des Expos, je reçois plusieurs courriels de lecteurs qui me soulignent à quel point ils ne veulent rien savoir de la possibilité que l’argent public serve des joueurs de baseball multimillionnaires qui passent leur temps à manger des graines de tournesol.

Mais on n’est pas là du tout. À Québec, pensez-vous que le stade sert uniquement les Capitales ? L’équipe l’utilise 12 % du temps.

Avec une surface synthétique et un dôme l’hiver, l’infrastructure est donc accessible à beaucoup plus qu’une équipe de baseball professionnel. Il n’y a pas de problème à user du gazon synthétique.

On peut donc diviser le terrain en trois pour faire des matchs de baseball mineur.

On peut jouer à longueur d’année avec le dôme.

Il y a des ligues de softball, de soccer et de frisbee, par exemple.

Le stade peut même devenir un formidable endroit pour présenter des spectacles.

Ça devient un investissement qui va bien au-delà de servir des joueurs de baseball professionnel.

D’ailleurs, pour ceux qui ne sont pas au courant. Les joueurs dans cette ligue sont loin d’être riches avec le baseball. Certains gagnent environ 1000 $ par mois.

C’est triste que Montréal n’ait jamais embarqué dans tout ça. Et si un petit stade avait été construit il y a 20 ans après le départ des Expos, et qu’une équipe professionnelle avait attiré 5000 personnes par soir durant toutes ces années, je ne suis pas certain qu’ils ne seraient pas revenus, les Expos.


212e jour de l’année

À la douce mémoire de…

JEANNE MOREAU 1928-2017 – Actrice, chanteuse et réalisatrice française

JOHNNY FARAGO 1944-1997 – Chanteur pop québécois.


Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Alain Ali MekhaëlJohanne Grandmaison

Bon anniversaire !


On jase là…

Enfin, le REM roule à compter d’aujourd’hui, avec monsieur et madame tout le monde dans un moyen de transport ultra moderne. Je demeure convaincu que ce moyen de transport recevra un appui inconditionnel de ses usagers. J’avais expérimenté le skytrain à Vancouver et c’était magique, surtout, que dans cette ville tout le transport en commun est regroupé, trains, autobus, métro, traversier vers Vancouver Nord, bref l’agglomération totale était intégrée. C’est ce que je souhaite dans et autour de Montréal pour un futur pas si lointain.


Pensée et citation du jour

La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir.

Paulo Coelho


Ça s’est passé un 30 juillet…

(1928) Le célèbre lion de la MGM surnommé « Leo » rugit pour la première fois à l’écran. Il présente le film « White Shadows on the South Seas« . Par la suite, il sera présent dans tous les génériques de la compagnie MGM.

(1944) Antoine de Saint-Exupéry est disparu en vol. Son avion s’écrasa dans la Méditerranée alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance. Des morceaux de son appareil ont été retrouvés en 2000 et formellement identifiés le 7 avril 2004 grâce à son numéro de série.

(1944) Le convoi n’°77 est parti aujourd’hui de Drancy, emmenant 1300 déportés vers le camp d’Auschwitz, dont plus de 700 seront gazés dès leur arrivée et seulement 200 seront sauvés l’année suivante.
C’est le dernier convoi de Drancy vers ce camp d’extermination nazi. Le dernier en partance de Lyon sera organisé le 11 août, avec 430 déportés à son bord.

Le 17 août, 51 personnes partiront de Drancy vers Buchenwald qui seront les tous derniers déportés de France. Au total, 75 853 déportés juifs sont partis de France (70 921 vers Auschwitz), dont plus de 40 000 ont été gazés dès leur arrivée et seulement 2190 seront retrouvés vivants en 1945.


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