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La Une
Un texte de Mathieu Bock-Côté
De retour à Montréal pour l’été, j’ai constaté, à l’épicerie où j’ai mes habitudes, quelque chose d’agaçant, sans que cela soit nécessairement étonnant.

À cette épicerie, donc, je l’avais compris depuis longtemps, les jeunes hommes responsables du placement des produits sur les tablettes ne parlent pas un mot de français. Lorsqu’on leur parle français, ils nous regardent avec un regard hagard, au mieux, exaspéré, au pire, comme s’ils nous demandaient : « Pourquoi me déranges-tu avec cette langue que je ne parle évidemment pas ? »
Quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques jours, de voir que certaines caissières ne parlaient plus français ! Au mieux, la caissière s’adressait à nous d’abord en anglais, puis, si nous insistions pour avoir un service en français, elle baragouinait péniblement le montant de la facture.
ÉPICERIE
Je ne dis pas que c’est le cas de chaque caissière et que cela arrive chaque fois.
Mais que c’est arrivé assez souvent pour que cela dépasse le stade de l’anecdote.
J’en conclus donc que les patrons de ce commerce jugent désormais qu’ils n’ont même plus à faire l’effort nécessaire pour offrir un service minimal en français à leurs clients. Il n’est même plus nécessaire de sauver les apparences.
Je l’avais aussi noté lors d’un autre passage, au printemps. Avec un ami qui prenait un verre à la maison, nous décidons de nous commander une pizza. Le livreur arrive. Il me tend le tout en me disant combien je lui dois en anglais.
Je fais semblant de ne pas comprendre, et lui demande de me servir en français.
Il refuse. Agressivement, même. J’insiste. Il refuse encore. Je dis, comme j’en ai pris l’habitude : « No French, no tips ». Alors, conscient de son intérêt économique, il essaie au moins de placer un mot de français, de mauvaise foi.
Je le constate encore une fois : ce n’est pas seulement que le livreur ne parle pas français, ce qui est déjà un problème. C’est qu’il ne veut pas parler, et se montre hostile aux gens de ce pays pour qui leur langue n’est pas optionnelle.
Autre exemple : un café, près de chez moi. L’ambiance est bonne, le personnel sympathique. Le service, ici, est toujours en français. Rien à redire.
ANGLICISATION
Sauf que les employés ont comme langue commune l’anglais, même si la moitié d’entre eux, je crois, sont des Québécois « de souche ». Autrement dit, ce sont les francophones qui s’intègrent au quotidien aux anglophones, pas l’inverse.
Autrement, pour la jeune génération montréalaise, l’anglais est souvent la langue commune, même si on accorde sans hésiter aux francophones cet accommodement raisonnable consistant à se faire servir dans sa langue.
Même si tout cela vient avec le sourire, cela participe à l’anglicisation au jour le jour de la métropole.
On pourrait en tirer une morale simple : les Québécois francophones ne devraient plus capituler au quotidien. Mais en ont-ils encore la force ?
219e jour de l’année
Lundi, 7 août 2023
Une année de plus sur le chemin de la vie pour…
Serge Gagnon – Rollande Labelle – Lise Roussil
Bon anniversaire !
Pensée et citation du jour
Ce n’est pas la violence, mais le bien qui supprime le mal.
Léon Tolstoï
Ça s’est passé un 7 août…
(1858) La reine Victoria avait pris la décision d’établir la capitale du pays à Ottawa qui avait l’avantage d’être à la frontière du Bas-Canada et du Haut-Canada. La décision finale est prise en ce jour. La construction du parlement prendra plus de 15 ans; ce n’est qu’en 1866 qu’Ottawa accueillera sa première session parlementaire dans un édifice encore inachevé. Le Canada-Uni fera place au Canada le 1er juillet 1867 et Ottawa en sera désormais la capitale.
(1940) Adoption par la Chambre des communes de la Loi de l’Assurance-chômage. Le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King fait adopter la loi de l’assurance-chômage, un mois après le passage de l’amendement constitutionnel qui la rend possible. Elle a été soumise à d’importantes révisions en 1955 et en 1971.
(2015) La plus petite grenouille de la province a obtenu en après-midi un coup de pouce de la Cour supérieure du Québec. Le tribunal a ordonné un arrêt temporaire et partiel des travaux d’un projet immobilier (Symbiocité) estimé à 300 millions de dollars à La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal.
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Merci pour tous ces textes qui sont toujours très pertinents!
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