La leçon de français (5)

LES SONS [ s ] et [ z ]

Règles

Le son [ s ] peut s’écrire :

– « s » devant toutes les lettres et en fin de mot : un sapin, verser, tonus.

– « ss » seulement entre deux voyelles : pousser, le tissu, une tasse.

– « c » seulement devant les voyelles « e », « i », « y » : lancer, un citron, un cyprès.

– « ç » seulement devant les voyelles « a », « o », « u » : un commerçant, une balançoire, un aperçu.

– « sc » seulement devant les voyelles « e » et « i » : descendre, la sciure.

– « t » seulement devant la voyelle « i » : patient, une répétition, l’acrobatie.

Attention ! Tous les noms terminés par le son « -sion » ne s’écrivent pas « -tion » : la passion, une pension, la connexion.

Le son [ z ] peut s’écrire :

– « s » seulement entre deux voyelles : une prison, une ruse, une dose.

– « z » en début, en milieu ou en fin de mot : zigzaguer, le bazar, le gaz.

Attention ! Dans certains mots, la lettre « z » peut être doublée : une mezzanine, le blizzard.

Exercices

1- Quelle écriture complète le nom en gras ?

Ce comédien s’efforce de calculer sa cal… sous une perruque.

A) vicie – B) vitie

2- Dans quel nom la lettre « s » est-elle muette ?

A) un hibiscus – B) un rhinocéros – C) le pancréas – D) un rubis

3- Quelle écriture complète le mot en gras ?

Après son opération, Nathan est parti en conva…

A) lescence – B) lescense

4- Avec quel groupe de lettres peut-on former le mot manquant ?

Un bruit … provient du sous-sol : que se passe-t-il ?

A) b-z-a-r-i-e-r – B) i-r-b-z-e-z-a – C) a-i-b-z-e-r-z – D) s-i-r-e-r-b-a

5- Quelles écritures du son [ z ] complètent successivement les mots en gras ?

Le …èbre de ce …oo possède plu…ieurs rayures gri…es.

A) z / z / s / s – B) s / z / s / z – C) z / s / s / s – D) s / s / z / s

6- Quelles écritures des sons [ s ] et [ z ] complètent successivement les mots en gras ?

L’a…en…ion du gla…ier est interrompue : les creva…es sont trop nombreu…es.

A) ss / t / ç / ss / s – B) sc / s / c / ss / s – C) s / s / c / c / s – D) sc / t / ss / ss / s

7- Quelles écritures des sons [ s ] et [ z ] complètent successivement les mots en gras?

Le nouveau tron…on d’autoroute, inauguré ré…emment, fa…ilitera la liai…on entre les communes de l’aggloméra…ion toulou…aine

A) ç / c / c / s / t / s – B) s / c / s / s / ss / z – C) c / ç / ss / z / c / s

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthgraphe.

Réponses : 1) B – 2) D – 3) A – 4) A – 5) A – 6) B – 7) A

La leçon de français (4)

LES NOMS TERMINÉS PAR LE SON [ -oir ]

Règles

Tous les noms féminins [ oir ] s’écrivent « -oire ».

Une histoire, la gloire, une baignoire.

La plupart des noms masculins terminés par le son [ oir ] s’écrivent « -oir ».  : Un trottoir, le désespoir, un devoir.

Mais il y a des exceptions qui se terminent par « -oire ». Il faut bien connaître les noms les plus courants : Le laboratoire, un interrogatoire, un réfectoire.

On hésite souvent quant au genre de quelques mots terminés par « -oire ».

– Noms masculins : un ivoire, un prétoire.

– Noms féminins : une écritoire, une échappatoire.

Attention ! Le nom mémoire peut être masculin (rédiger un mémoire sur les abeilles) ou féminin (avoir une mémoire d’éléphant).

Exercices

1- Quel syllabe complète le mot en gras ?

L’explorateur raconte ses aventures et l’audi… est sous le charme.

A) toire – B) toir

2- Quel nom complète cette phrase ?

Le prisonnier attend de se rendre au … pour rencontrer son avocat.

A) parloir – B) perchoir – C) lavoir

3- Avec quel groupe de lettres peut-on former le nom qui complète cette phrase ?

Autrefois, les élèves internes dormaient dans d’immenses ,,,

A) t-d-o-o-r-i-e – B) o-r-d-t-o-e-i-r-s – C) o-t-d-o-r-i-s – D) r-i-o-t-r-o-d-s

4- Quel est le seul nom de genre masculin ?

A) écritoire – B) échappatoire – C) exutoire – D) écumoire

5- Quels sont les deux mots qui n’appartiennent pas à la même famille ?

A) désespérer / le désespoir – B) bouger / un bougeoir – C) planter / un plantoir – D) balancer / une balançoire

6- Quel nom, terminé par le son [ -oir ], correspond à cette définition ?

Texte qui accuse quelqu’un en énumérant ses fautes ou ses erreurs.

A) un oratoire – B) un purgatoire – C) un réquisitoire – D) un encensoir

7- À partir de quel verbe peut-on former un nom par l’écriture « oire » ?

A) encenser – B) repousser – C) démêler – D) déambuler

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthgraphe.

Réponses : 1) A – 2) A – 3) D – 4) C – 5) B – 6) C – 7) D* un déambulatoire

La leçon de français (3)

LES NOMS TERMINÉS PAR LE SON [ é ]

Règles

De nombreux noms féminins terminés par le son [ é ] s’écrivent « -ée » : l’arrivée, la purée, une idée.

Attention ! Il y a des exceptions : la clé (que l’on peut écrire également la clef) et les noms terminés par « -té » ou « -tié ».

Les noms féminins terminés par « -té » ou « -tié » s’écrivent donc sans « e » : la vérité, la liberté, l’amitié.

Attention ! Il y a des exceptions :

– la dictée, la montée, la portée, la jetée, la butée, la pâtée.

– les noms exprimant un contenu : une potée, une pelletée.

De nombreux noms masculins terminés par le son [ é ] s’écrivent « -er ».

– un glacier, le plancher, un panier.

Mais il existe aussi d’autres terminaisons : le café, un pied, un nez, le lycée.

Parmi les noms masculins terminés par « -er », on retrouve de nombreux noms :

– de métiers : un boucher, un épicier, un menuisier, un jardinier.

– d’arbres : un pêcher, un abricotier, un noyer, un prunier.

Exercices

1- Quelle syllabe complète tous ces noms ?

Un céta… Un tra… Un émin… un énon…

A) cée – B) ssé – C) cé – D) sé

2- Quelle syllabe complète le nom en gras ?

Les ailes du scara… doré sont absolument magnifiques.

A) bé – B) bée – C) ber – D) bet

3- Quelle syllabe complète le nom en gras ?

Frédéric prépare la pâ… de son chien.

A) tée – B) té – C) ter

4- Avec quel groupe de lettres peut-on former le nom qui complète cette phrase ?

Sur cette plage, à … basse, on ramasse de nombreux coquillages.

A) r-r-a-é-m – B) a-r-é-e-m – C) t-m-r-a-e – D) a-é-r-m

5- Quel est le seul nom de genre masculin ?

A) panacée – B) échauffourée – C) onomatopée – D) apogée

6- Quelles écritures du son [ é ] complètent successivement les noms en gras ?

Le palefreni… soigne son cheval en vue de la course du quint…

A) er / é – B) é / é – C) er / er – D) é / er

7- Avec quel groupe de lettres peut-on former le nom qui complète cette phrase ?

Vous devez consulter le … de cet exercice, car il y a quelques erreurs.

A) o-r-e-c-g-i-r-é – B) r-o-r-i-c-g-r-e – C) r-i-r-c-é-o-g – D) g-o-é-i-r-c-é

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthgraphe.

Réponses : 1) C – 2) B – 3) A – 4) B – 5) D – 6) A – 7) C *Le sens de la phrase et la présence des lettres « c » et « o » permettent de trouver le nom dont il ne reste plus qu’à arrêter la bonne orthographe.

La leçon de français (2)

LES NOMS TERMINÉS PAR LE SON [ O ]

Règles

De nombreux noms terminés par le son [ O ] s’écrivent « -eau » : le tableau, le bateau, un chameau, un caniveau.

Mais il existe d’autres terminaisons moins courantes : « -au » : un boyau, « -aud » : le cabillaud, « -aut » : un artichaut, « -o » : un ghetto, « -os » : un héros, « -ot » : un sanglot.

Enfin, on trouve quelques terminaisons plus rares : « -oc » : un escroc, « -op » : le sirop, « -ôt » : un impôt. « -aux » : une faux, « -oh » : l’interjection, « -ow » : un bungalow.

On peut parfois trouver la lettre finale muette avec un mot de la même famille dans lequel la consonne est prononcée : tricoter > un tricot; un dossier > le dos.

Attention ! Il faut se méfier des exceptions : numéroter, mais un numéro.

Il n’y a jamais de lettre muette après la terminaison « -eau », sauf lorsque le nom est au pluriel : des poireaux, des escabeaux, des tonneaux.

Exercice 1

1- Quel syllabe complète le nom en gras ?

Le blai… est un mammifère carnivore.

A) reau – B) ro – C) rau

2- Complétez la phrase avec le seul mot qui convient ?

La viande de … est souvent plus tendre que celle du bœuf.

A) vos – B) vaut – C) vaux – D) veau

3- Quel est la terminaison des noms de cette liste ?

Un réch…, un bad…, un échaf…, un nig…

A) eau – B) aud – C) au – D) ot

4- Quelle syllabe complète le nom en gras ?

Les ennemis de Napoléon 1er ont fomenté plusieurs compl… contre lui.

A) ots – B) eaux – C) os – D) aux

5- Quelle suite de syllabes complète les noms en gras ?

Au gal… un cheval va plus vite qu’au tr… .

A) op /ot – B) ot / op – C) op / op – D) ot / ot

6- Quelle est la terminaison des noms de cette liste ?

Un sopran…, un casin…, un kimon…, un quiproqu…

A) os – B) ot – C) au – D) o

7- Quel nom peut-on reconstituer avec ces lettres ?

p-a-e-a-l-t-u

A) plumeau – B) pruneau – C) carpeau – D) plateau

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthgraphe.

Réponses : 1) A – 2) D – 3) B – 4) A – 5) A – 6) D – 7) D

La leçon de français

Vous connaissez mon amour de la langue française écrite. Ça ne date pas d’hier et il en a toujours été ainsi depuis ma première année du secondaire, alors que mon professeur de français avait exercé une très grande influence sur cette matière académique. J’aime que le français, qu’il soit écrit dans une forme simple ou élaborée, le soit correctement et surtout sans fautes.

Inutile de vous dire que Facebook, à ce chapitre, m’horripile beaucoup. De la phonétique douteuse aux abréviations incompréhensibles, il faut souvent relire pour en découvrir le sens. Avec les outils de traitements de textes d’aujourd’hui, il est facile de se corriger en prêtant attention à ce qu’on frappe. Ça ne prend que quelques secondes pour en faire toute la différence.

Donc, à compter de maintenant, je vous proposerai à l’occasion, « La leçon de français »; des articles sur quelques exercices d’orthographe, de grammaire et de conjugaison, puisés à même les bouquins de LAROUSSE sur la question. Rien de fastidieux, mais court et simple. À vous d’en profiter. Si par vos commentaires l’engouement est là, j’augmenterai légèrement la fréquence. On débute…

LES ACCENTS, LE TRÉMA, L’ÉLISION

Règles

L’accent aigu se place seulement sur la lettre « e » qui devient : Téléphoner, la santé, un médecin.

L’accent grave se place sur la lettre « e » qui devient : une pièce, une lèvre, un mètre. On trouve parfois un accent grave sur « a » et « u » : déjà, où (le lieu).

L’accent circonflexe se place sur la lettre « e » qui devient : la fête, même, une arête. On trouve un accent circonflexe sur les autres voyelles : un gâteau, bientôt, le dîner, brûler.

Astuce! Il n’y a jamais d’accent devant deux consonnes : un bâtiment mais battre; un hôtel mais une hotte.

Le tréma indique que l’on doit prononcer séparément la voyelle qui le précède immédiatement : la faïence, héroïque, Noël.

L’élision permet de remplacer une voyelle par une apostrophe devant un mot débutant par une voyelle : Larbre, souvrir, quelquun, lillusion.

Exercice 1

1- Quel est l’accent oublié sur le mot gras ?

Juliette vient d’acheter un nouveau tube de rouge à levres.

A) accent aigu – B) accent grave – C) pas d’oubli

2- Quelle est la lettre manquante de ce nom ?

Une extr…mité.

A) é – B) è – C) ê – D) e

3- Quel est l’accent oublié sur le mot gras ?

Un orage de grele s’abat sur le vignoble bordelais.

A) accent aigu – B) accent circonflexe – C) accent grave – D) pas d’oubli

4- Quel est l’accent oublié sur le mot gras ?

Le médecin prescrit un nouveau médicament au malade.

A) accent aigu – B) accent grave – C) pas d’oubli

5- Quel est le signe oublié sur le mot en gras ?

Maman déclare que la chambre de Lilou est un vrai capharnaum.

A) tréma sur le deuxième « a » – B) tréma sur le troisième « a » – C) tréma sur le « u » – D) pas d’oubli

6- Combien manque-t-il d’accents dans la phrase suivante ?

Pour regler la facture du demenagement, Cleopatre a hativement signe un cheque.

A) six – B) sept – C) huit – D) neuf

7- Combien manque-t-il d’accents et de trémas dans la phrase suivante ?

La fievre thyphoide survient lorsque les regles d’hygiene ne sont pas respectees.

A) deux accents aigus / deux accents graves / un tréma – B) un accent aigu / trois accents graves / un tréma

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthgraphe.

Réponses : 1) B – 2) A – 3) B – 4) C – 5) C – 6) C – 7) B

Subtilité de la langue française

Curieux notre français, n’est-ce pas? Et si on jetait un coup d’œil aux « homographes non homophones »… pour désigner des mots qui s’écrivent de la même façon, mais se prononcent autrement suivant le sens.

En français : deux mots composés des mêmes lettres se prononce toujours de la même façon! En êtes-vous bien sûr?

Voici quelques exemples d’homographes de prononciations différentes (homographes non homophones)!

Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis.

Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils.

Je suis content qu’ils vous content cette histoire.

Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier, ils n’ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses, leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent.

Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent.

Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions.

Voyons aussi quelques exemples d’homographes de même prononciation

Cette dame qui dame le sol Je vais d’abord te dire qu’elle est d’abord agréable.

À Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue. On ne badine pas avec une badine en mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs.

En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché, je ne pense pas qu’il faille relever la faille de mon raisonnement.

Voici l’exemple le plus extraordinaire de la langue française (mot de sens différents mais de prononciation identique) !

Le ver allait vers le verre vert

Mais comment pourrait-on écrire cette phrase:

Dans une main, j’ai un VER de terre et dans l’autre, un VERRE d’eau. J’ouvre les deux mains et… les deux VER tombent.

Comment faudrait-il écrire: « VER », à votre avis?

C’est de l’auto assimilation

Alexandre Des Roches! Y a-t-il plus francophone et québécois que « Alexandre Des Roches », un Québécois pure laine qui a eu une crampe à son cerveau de colonisé pour faire un affront de la sorte à la langue française au Québec, lors de la réouverture de la nouvelle boutique Adidas en plein centre-ville de Montréal. Un accommodement raisonnable envers la communauté francophone d’avoir placé quelques mots de français pour les journalistes présents. C’est de l’auto assimilation.

Pourtant, le français est la langue officielle du Québec depuis 40 ans. Malheureusement elle perd de plus en plus de plume au profit de l’anglais et l’actuel gouvernement qui règne depuis 15 ans ne fait rien ou très peu. Les commerçants ont jusqu’à la fin de 2019 pour franciser leur affichage extérieur et croyez-moi, les inspecteurs chargés de faire appliquer cette loi auront du pain sur la planche. Autre recul; la francisation des immigrants qui s’avère un fiasco monumental. On constate et c’est tout. On dénonce ce désastre du bout des lèvres.

Dès qu’un petit Québécois devient bilingue, son réseau social adopte l’anglais; ses amis, ses fréquentations, ses habitudes télévisuelles et radiophoniques s’assimilent. Constatez comment Netflix envahi le Québec, avec son contenu à 95% anglais et son exemption de taxes. Il n’en faut pas plus pour assimiler la population. Et le fédéral cautionne tout ça? Pathétique! En bref, on court à notre propre perte, conduit par notre propre peuple.

Dans le Journal de Montréal, Pierre Couture y est allé récemment d’un article assez évocateur de la situation du français à Montréal. Je partage avec vous ce texte très intéressant.

Des Québécois résignés

Pendant que certains commerces peinent toujours à servir des clients en français à Montréal, des organismes n’hésitent pas à dénoncer l’inertie des Québécois à revendiquer leurs droits.

L’an dernier, sur les 2973 plaintes reçues à l’Office québécois de la langue française (OQLF), seulement 18% concernaient la langue de service des commerçants. « Ce n’est pas la faute des immigrants, mais bien celle des francophones », déplore le porte-parole du Mouvement Québec français, Éric Bouchard.

Selon ce dernier, certains francophones « qui ont développé le complexe du colonisé » auraient tout simplement peur de déplaire en revendiquant leur droit de se faire servir en français au Québec. « Résultat : le français dans l’affichage commercial recule depuis 25 ans », soutien M. Bouchard.

Or, pour le mouvement Impératif français, « cette arrogance exprimée par un petit gérant francophone d’une boutique Adidas est éloquente », indique le président Jean-Paul Perreault. Même les francophones en sont rendus à s’excuser de parler français. Il faut le faire », ajoute-t-il.

ENCORE DEUX ANS

À l’OQLF, on soutient que le dossier de l’affichage en français retient toujours l’attention. Les commerçants ont encore deux ans pour se conformer à la nouvelle réglementation sur l’affichage extérieur. « Dès novembre 2019, les entreprises devront avoir un message en français sur leurs affiches sans être obligées de changer leur marque de commerce », indique le porte-parole de l’OQLF, Jean-Pierre Leblanc.

L’an dernier, plus de 70% des plaintes déposées à l’OQLF relevaient de l’affichage public et commercial ainsi que de la langue de documentation de produits sur le web. L’OQLF soutient que 7 plaintes sur 10 enregistrées proviennent de la région de Montréal.

Or, malgré des milliers de plaintes, seulement sept entreprises ont été trouvées coupables depuis le début de l’année de ne pas avoir respecté la loi sur l’affichage en français, et elles ont été condamnées à des amendes totalisant 14 000$

Un autre exemple d’assimilation pernicieuse du français

Image

francais2-e1510635573845.jpgAutre preuve du déclin de la langue française chez nous; le test d’évaluation des connaissances en français pour les immigrants. Une évaluation en ligne qui peut être complétée par n’importe qui et qui fausse les données. À ce sujet, Denise Bombardier signait sa chronique d’hier dans le Journal de Montréal. Un article intéressant qui lève le voile sur une pratique et des manières de faire très discutables au ministère de l’Immigration. Un texte que je partage avec vous.

Francisation des immigrants : échec

Mais n’avons-nous donc que des incompétents au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion? En découvrant dans La Presse d’hier que le test du ministère pour évaluer les connaissances en français des nouveaux arrivants est non seulement un échec mais une fraude, l’on comprend que tant d’entre eux se découragent et quittent les cours d’apprentissage du français.

Les professeurs de français, interdits par le ministère de parler aux journalistes, ont devant eux des gens incapables de comprendre des phrases telles que « comment ça va? » ou d’écrire « je voudrais un rendez-vous », alors qu’on les a classés dans un groupe avancé au-dessus de leur capacité. Cela résulte du fait qu’on les soumet à une évaluation en ligne, une mesure découlant des coupures de personnel. Or, remplir un questionnaire en ligne peut être fait par n’importe qui. Et à l’évidence, cela se vérifie.

INCURIE

Cette incurie est à l’image de notre politique d’immigration alors que le premier ministre Couillard ne parle d’inclusion tout en traitant d’intolérants ceux qui osent s’interroger sur l’incapacité ou le refus d’une partie importante des immigrants d’apprendre le français. Nous sommes fiers de notre loi 101, qui francise les enfants issus des communautés culturelles, mais nous devrions savoir qu’à l’avenir ces jeunes choisiront en plus grand nombre encore le cégep anglais.

J’ai traversé ma vie à aimer la langue française, à l’imposer et à la défendre chez nous et partout dans la francophonie. Je me suis insurgée contre l’anglicisation en France, un tic snobinard des branchés complexés devant les États-Unis qu’ils méprisent par ailleurs. Et cela bien avant l’avènement de Trump, l’unilingue anglais, au vocabulaire limité et à la parole vulgaire.

Mais l’indifférence actuelle des Québécois qui parlent désormais les deux langues en même temps, et ce, sans s’en apercevoir, est une autre raison de découragement. Les immigrants arrivés au Québec depuis la Révolution tranquille ont longtemps donné des leçons aux Québécois de souche en parlant un français standardisé, voire soutenu, de quoi nous complexer, nous les francophones.

FAUX BILINGUES

Mais l’on n’arrête pas le progrès. Nous avons un premier ministre, Justin Trudeau, bilingue et biculturel, mais il faut souvent comprendre l’anglais pour décortiquer son français, un calque de l’anglais. Pour ne pas parler de Mélanie la jolie et de certains autres ministres anglophones qui estiment parler français, mais qui le baragouinent sans que cela nous importune.

Et que dire du nombre de ministres du gouvernement Couillard, qui usent d’un français parfois stupéfiant et souvent atterrant? Avons-nous besoin de les nommer?

La désorganisation des cours d’apprentissage du français, un moyen essentiel pour l’intégration des immigrants, présage de nouveaux conflits entre la majorité francophone et une partie des allophones dont il n’est pas erroné de croire qu’ils seront emportés dans le courant d’anglicisation généralisée. Entre-temps, au Québec certaines élites baissent les bras ou se propulsent dans le monde postnational, mondialisé, sans autre identité culturelle que de n’en pas avoir.

La loi 101 encore baffouée

Vous savez comment j’ai la langue française à cœur et combien je trouve déplorable qu’on la laisse aller. Hier matin, j’ai lu avec grand intérêt le billet d’un autre grand défenseur de la langue de Molière; Gilles Proulx, qui décrivait la triste réalité de Montréal dans son affichage de plus en plus anglophone. C’est ce texte que je veux vous offrir aujourd’hui…

101 façons de s’aplatir

Lorsque je me promène dans l’aéroport Trudeau, je peux me repaître en attendant l’avion chez les restaurateurs Pork & Pickle et Urban Crave, ces beaux noms évocateurs du Québec.

Si je me balade sur la rue Ontario dans Hochelaga, je peux prendre un verre au bar Blind Pig non loin duquel ouvrira bientôt une pizzeria nommée Heirloom, par ironie peut-être puisque heirloom, signifie patrimoine ou héritage… celui que nous liquidons.

Lorsque TVA Nouvelles m’apprend que le Canadien de Montréal fait la promotion de la phase 3 de sa Tour en envoyant des brochures en anglais et en cantonais, je me scandalise : Ils ont donc oublié le Mandarin!

LES LOSERS

Suis-je étonné que Jean-François Gosselin, aspirant maire de Québec, ne parle qu’en anglais à ses enfants à la maison depuis leur naissance (si j’en crois François Bourque du Soleil)? Non. À Rivière-du-Loup, on est fier d’imposer aux hockeyeurs du secondaire un entraîneur, Andrew Randazzo, unilingue anglais.

Le journaliste de Radio-Canada dit que c’est avantageux, car dans la ligue de hockey junior majeure du Québec, presque tout ne se passe qu’en anglais. Les entraîneurs québécois francophones prépareraient ainsi leurs ouailles à la LNH ou plutôt la NHL. Comment dit-on « perdants » en anglais? Ah oui! Losers!

INUTILE OQLF

Sur la rue Notre-Dame Ouest, je tombe sur une boutique appelée Stockmarkt qui affiche ses heures et jours d’ouverture et de fermeture en anglais seulement. La vitrine comporte des noms de marques plus anglicisants les uns que les autres. Aucun mot en français (à part boutique).

J’en ai avisé l’Office québécois de la langue française qui, bien sûr, m’a répondu ne rien pouvoir faire. À quoi set cet organisme dont la nouvelle ministre responsable, Marie Montpetit, milite pour effacer le nom du grand poète Octave Crémazie de sa circonscription. Elle veut plutôt celui de Maurice Richard qui se faisait gueuler des ordres en anglais dans le vestiaire… exactement comme le hockeyeur adolescent d’aujourd’hui.

Encore des données alarmantes

L’ambiguïté des québécois francophones sur la préservation de leur langue maternelle ne cessera de nous surprendre. Quand je parle d’assimilation et du fait que notre langue est déjà en phase terminale, je ne suis pas tellement loin de la vérité.

Le malheureux fait que les jeunes libéraux aient voulu qu’on ouvre toutes grandes les portes des écoles anglaises aux francophones et aux allophones est là pour le prouver… À petite dose, le peuple francophone mourra! Un triste sort. Mathieu Bock-Coté en a fait l’objet de son article d’hier, dans les pages du Journal de Montréal, qu’il me fait plaisir de partager avec vous.

La tentation de la mort

60% : selon un récent sondage paru pour marquer les 40 ans de la loi 101, c’est le pourcentage de Québécois souhaitant ouvrir l’école anglaise aux francophones et aux allophones. Et 53% des francophones sont d’accord.

En d’autres mots, les Québécois ont beau faire semblant de tenir à leur langue, ils désirent ouvertement ébrécher son noyau et renient son principe. C’est probablement la nouvelle politique la plus importante de l’année. Elle n’est pas vraiment surprenante non plus. Elle est conforme à la tendance des dernières années.

FRANÇAIS

Ceux qui relativisent tout nous expliquent de ne pas nous en faire et répètent qu’apprendre l’anglais ne veut pas dire qu’on désapprendra le français. C’est une pirouette.

Dans les faits, lorsqu’on espère éduquer ses enfants dans une autre langue que la sienne, c’est qu’on considère déjà qu’elle appartient au passé, qu’elle est folklorique et qu’elle n’ouvre plus les portes de l’avenir. Au Québec, quand l’anglais progresse, c’est que le français régresse. Le Québec bilingue, c’est un Québec anglais.

Les Québécois, au fond d’eux-mêmes, sont peut-être fatigués d’exister. Jean Bouthillette est un essayiste malheureusement oublié. Il a pourtant publié un livre essentiel, en 1972. Le titre : Le Canadien français et son double. Il nous aide à penser le paradoxe de l’identité québécoise.

D’un côté, on trouve un peuple qui a survécu à travers les siècles et qui a lutté pour conserver sa culture. D’un autre, ce peuple ne cesse de douter de lui-même. Parler français, vivre en français, espérer en français, en Amérique, est-ce que ça vaut vraiment la peine?

Est-ce que notre culture n’est pas un fardeau dont il faudrait se délivrer et une prison dont il faudrait s’évader? Pourquoi résister à l’Amérique anglophone alors qu’elle représente la puissance de notre temps. Être Québécois, n’est-ce pas trop exigeant?

C’est ce que Jean Bouthillette appelait la tentation de la mort. Cette tentation est revenue nous hanter à plusieurs reprises dans notre histoire. Elle est particulièrement vive quand le peuple québécois doute de son avenir. Et elle est de retour aujourd’hui. Mais elle se maquille en empruntant les traits d’une modernité flamboyante.

DISPARAÎTRE

On ne dit plus : ce Québécois est un assimilé. On dit : c’est un citoyen du monde. On ne dit plus : il renie son identité. On dit : il est ouvert à l’autre. On ne dit plus : il s’écrase devant le Canada anglais. On dit : il a une approche constructive avec nos partenaires canadiens.

On ne dit plus : notre peuple, peu à peu va disparaître. On dit : notre peuple évolue et s’adapte à la diversité.

De la commémoration de la visite du général de Gaulle à celle de la loi 101, ces derniers mois ont été consacrés à la célébration de pages glorieuses de notre histoire. Nous nous sommes rappelés les moments où notre peuple était plein de vie et conquérant. Le contraste avec les années présentes était absolument violent. Peut-être que, dans un siècle, on dira des premières décennies des années 2000 qu’elles ont été l’époque de la disparition tranquille.