Une triste évidence pour le français.

Une vérité vraie pour les décennies à venir, et pas des tonnes. À l’intérieur d’une vingtaine d’années, le français aura régressé. Mercredi dernier, Sophie Durocher en a fait le sujet de son article dans les pages du Journal de Montréal. J’endosse tellement son propos que c’est la lecture que je vous propose aujourd’hui. Une triste évidence qui ne ment pas.

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LA SWITCH EST A BITCHE

Le 19 mars, Facebook a supprimé la page d’une petite ville française de 5000 habitants parce qu’elle était « en violation des conditions applicables ». C’est que, voyez-vous, cette ville de la Moselle s’appelle Bitche et qu’en anglais, « bitche » c’est un mot très vilain qui consiste à traiter quelqu’un de chienne.

Sous la pression, Facebook s’est rendu compte de son erreur et hier, la page était restaurée.

Le plus drôle, c’est que le maire de la ville a invité Mark Zuckerberg à visiter sa petite municipalité. Il a aussi rappelé que la ville avait été libérée par des Américains, en 1945, et que ces soldats s’étaient eux-mêmes appelés « Sons of Bitche ».

Je sais, c’est anecdotique. Mais je vois dans cette histoire le signe que de plus en plus, sur les réseaux sociaux, c’est l’anglais qui mène.

JE BITCHE, TU BITCHES

Ici au Québec, où on parle de plus en plus franglais, combien de personnes se traitent de bitche ? On conjugue même le verbe bitcher à tous les temps.

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que je suis tombée sur une série de publicités de la Fondation pour la langue française qui m’ont vraiment fait réfléchir à la présence de plus en plus insidieuse de l’anglais dans notre vocabulaire.

Dans le cadre de sa campagne Ne perds pas ton français, cette Fondation diffuse sur les médias sociaux une série de capsules qui montrent l’évolution de notre « vocabulaire » au fil des décennies…

Premier exemple : « 2000 : Ça m’a déplu. 2010 : Ça m’a turné off. 2020 : Ça m’a turn off. 2030 : Ça turned me off. 2040 : That turned me off

Voici un deuxième exemple de publicité de la Fondation.

« 2000 : J’ai échappé mon téléphone. 2010 : J’ai dropé mon téléphone. 2020 : J’ai drop mon phone. 2030 : J’ai drop my phone. 2040 : I dropped my phone. »

On doit tous reconnaître qu’on se laisse aller à un relâchement. Ça commence par un mot, par-ci, par-là. Un titre d’émission de télé. Un animateur qui parle de « show » au lieu de « spectacle ». On s’habitue. Notre oreille s’y fait.

On entend une animatrice parler de « tattoo » au lieu de « tatouage ». On s’y fait. On s’habitue.

Je ne jette pas la pierre aux autres. Je m’inclus dans ce ramollissement collectif.

Mais c’est pour ça que je trouve la petite pub de 15 secondes de la Fondation pour la langue française aussi percutante. On se rappelle tous l’époque pas si lointaine où on faisait des phrases complètes en français sans recourir à la béquille de l’anglais.

Mais avec les médias sociaux, l’influence de l’anglais est décuplée.

C’est une chanteuse hyper connue qui écrit sur Instagram : « Le printemps à Montréal is upon us

C’est une chroniqueuse d’un journal montréalais qui se décrit sur Instagram comme « Business columnist, Serious foodista, wannabe fashionista, unapologetic feminista » (pas un mot en francista).

C’est une animatrice qui écrit : « Smiling inside and out ! Bon dimanche tout l’monde ! Full chixée, 1 fois par semaine ».

Je ne veux bitcher personne, mais si on continue comme ça, en 2040, we’ll all be speaking la langue de Sugar Sammy.

Parlons mieux

En parcourant mon Journal de Montréal d’hier, je suis tombé sur un texte, la lettre ouverte de Martine Delsemme, Ph. D. Conseillère pédagogique retraitée et ex-enseignante de français langue seconde au secondaire. Également rédactrice pour le programme de francisation de la SOFAD.

Curieusement et agréablement surpris, j’ai fait le parallèle avec mes petites capsules; ET SI ON DISAIT, que je publie régulièrement sur Facebook depuis un bon moment.

Celles qui proposent le bon mot français pour remplacer les détestables et désagréables anglicismes. C’est ma modeste contribution à ma langue, et j’entends récidiver souvent.

Dans son article elle traite de ce mouvement qui devrait faire boule de neige. Évidemment ça demande un effort mental, mais ça en vaut la peine pour conserver et promouvoir notre merveilleuse langue française. Je vous propose donc cet article aujourd’hui.

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ET SI ON DONNAIT UN COUP DE POUCE À SIMON JOLIN-BARRETTE ?

Plusieurs chroniqueurs et éditorialistes soulignent régulièrement le relâchement de la langue française, l’avancée d’un bilinguisme bancal, voire le désintéressement des Québécois envers la protection du français. Et ce, au profit de l’anglais.

Dans sa démarche de réformer la loi 101, notre jeune ministre Simon Jolin-Barrette n’a encore rien présenté officiellement, mais on se doute bien de sa vulnérabilité face à ce combat de titans.

N’est-il pas injuste de faire porter à un seul homme le poids de cette responsabilité incommensurable ? On sait aussi que la coercition rebute les esprits et qu’on obtient de meilleurs résultats avec la persuasion, voire la « séduction ».

UNE LANGUE VALORISÉE DANS LE MONDE

On parle beaucoup de l’attractivité de l’anglais, mais est-il utile de rappeler que la langue française est la plus belle et, avouons-le, la plus « sexy » de toutes ?

Sa richesse n’a certainement rien à envier à l’anglais. Elle aussi sait s’imposer dans des domaines aussi diversifiés que l’économie, la fiscalité, l’électronique, les sciences, et j’en passe. Tout, absolument tout ce qui se dit en anglais peut être dit en français.

Alors, je me suis dit… Et si on pouvait un peu aider notre jeune et valeureux ministre collectivement ? Je m’explique. Pourquoi ne pas se servir des médias les plus populaires – télé, radio, journal – pour publier des capsules pédagogiques ludiques au quotidien ?

Notre colonie artistique regorge de talents pour donner du piquant à ces capsules. Évidemment, il faudrait partir du contre-exemple (la faute) et proposer la forme correcte. Une petite capsule ludique qu’on entend à répétition – tout comme n’importe quelle publicité, d’ailleurs –, ce n’est pas trop exigeant et ça ne bourre pas le crâne indûment comme pourrait le faire un chapitre de grammaire, par exemple.

UNE PRISE DE CONSCIENCE S’IMPOSE

Si je dis à mon garagiste : « J’ai dû faire booster mon char », je sais que je pourrais formuler cette affirmation avec un peu plus d’élégance. La prise de conscience est multiple.

1) Est-ce que je change de niveau de langue parce que je parle à un garagiste qui n’a rien à cirer de la langue ? Faire l’équation entre un français relâché et le type de travail qu’exerce un individu relève peut-être du préjugé…

2) Est-ce que j’utilise un anglicisme parce que je ne connais pas le mot juste en français ? Si je me force un peu, je dois reconnaître que je peux troquer le mot « booster » pour « recharger la batterie ».

3) Est-ce que c’est plus facile de dire le premier mot qui me passe par la tête ? Oui, c’est plus facile et souvent moins long d’utiliser un anglicisme, et ça prend un effort pour trouver le mot juste.

4) Est-ce que c’est important de parler mieux ? Oui, oui et oui, car notre façon de parler dit qui nous sommes. Et dans tous les cas, quand on hésite pour le mot juste ou la bonne tournure, Google peut venir à notre rescousse par le biais de l’OQLF.

Alors, je crois que ces capsules pédagogiques et ludiques auraient le mérite de favoriser l’apprentissage ou le réapprentissage d’un français correct et plus élégant.

Sans s’engager dans une voie de saturation, pourquoi ne pas sélectionner les fautes de syntaxe ou encore les anglicismes les plus courants et sensibiliser la population à leur correction ?

Comprenons qu’il ne tient qu’à nous de progresser dans notre façon de nous exprimer sans nécessairement avoir à retourner à l’école pour y arriver.

Réaffirmer la fierté de notre langue, c’est l’affaire de tout le monde.

Anglicismes : on ne s’en sortira pas

Il existe encore des dinosaures comme moi qui ne cessent de dénoncer le massacre de la langue française par des anglicismes à la mode, « plaisants », de « bon goût », selon leur dire.

Partout c’est la tendance. Dans une conversation, ça s’insère bien ! Ça prouve nos préférences pour l’anglais, quoi qu’on en dise. Les émissions de sport, les entrevues, tant à la radio qu’à la télévision… ça pullule d’anglicismes.

Quand je les regarde ou les écoute, le peu de cheveux qui me reste sur la tête se dressent et spontanément, je sors son pendant français. C’est plus fort que moi et croyez-moi, l’abondance est là sans oublier les sacres qui commencent à faire leur apparition. Dimanche dernier Guy A. Lepage s’est permis un juron… à Radio-Canada, qui l’aurait cru ?

Depuis quelques mois, je publie des capsules « Et si on disait » sur Facebook pour démontrer aux internautes que la langue française est assez riche pour éviter les anglicismes. Je reçois quelques approbations et commentaires, sans plus. À l’usage, je me rends bien compte que nous sommes à l’agonie linguistique.

Sur le même réseau social, j’en publie d’autres dans lesquels je m’interroge sur l’anglicisation des raisons sociales, des marques de commerce. Personne ne se casse la tête pour trouver des noms français qui, au moins, dévoilerait au grand jour le fait français au Québec.

Ce ne sont pas les exemples qui manquent !

En ne respectant pas ce minimum de reconnaissance à une majorité de plus en plus fragile, on va au plus facile.

Pour illustrer mon propos, récemment, je suis tombé sur la revue Plein Soleil, de Diabète Québec. Dans un reportage qui parlait d’activité physique, on suggérait quatre applications et sites Web pour inciter les gens à se choisir un programme d’entraînement. Sur les quatre sites proposés, avec un contenu francophone, un seul portait un titre français : MON YOGA VIRTUEL. Les trois autres étaient en anglais : MOVE 50 +, MA ZONE FIT, de Josée Lavigueur et NIKE TRAINING CLUB. Qui dit mieux. Et c’est comme ça partout.

Comment voulez-vous démontrer le cachet français de notre province si son affichage ne l’est pas ? Un minimum d’effort s’il-vous-plaît.

Je ramène toujours le même exemple mais il en fait foi. En 1977, après l’application de la loi 101, existait un commerce qui s’appelait Color Your World. L’imposition de la loi 101 a obligé les raisons sociales de se franciser. Le nom est devenu La couleur au foyer. Avec de la bonne volonté, tout est possible.

Partout, l’assimilation se fait à petites doses. On intègre graduellement les termes et expressions anglophones, comme une maladie lente, très lente mais au final, mortelle. On le voit au Québec par les statistiques qui le démontrent. Les chiffres sont révélateurs. Nous sommes condamnés à mourir, comme le Manitoba qui regorge de citoyens et d’endroits avec des noms francophones, et qui n’en parlent pas un traître mot. C’est là qu’on se dirige. Je ne pense pas vivre ça mais nos descendants oui.

C’est triste d’assister à la mort d’un peuple.

Je suis impatient de voir la nouvelle version de la loi 101. Il faut qu’elle soit drastique, incisive, à la manière d’un Camille Laurin, de ce qu’il a donné au Québec et que d’autres ont massacré. Le français doit dominer le Québec dans son image et dans ses lois et dans ses valeurs fondamentales. Ce doit être un minimum acceptable.

Inacceptable !

Une manchette dans le Journal de Montréal du 20 mars dernier, sous la plume d’Étienne Paré, vient ajouter du poids au déclin du français au Québec.

L’épilogue est renversant !

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UN FRANCOPHONE DE GATINEAU EXPULSÉ D’UN COMMERCE

Un homme de Gatineau s’est fait montrer la porte d’une brûlerie du secteur Aylmer, en début de semaine, après avoir insisté pour être servi en français.

Christian Lafleur ne remettra pas les pieds de sitôt à la Brûlerie artisanale Brown Bag Coffee Roasters, qui a un nom de commerce déjà plus bilingue que certains de ses employés.

« Le seul employé qui était là ne parlait pas un mot de français. Il a fini par comprendre que je voulais du café en lui pointant ce que je voulais », dénonce M. Lafleur, qui baragouine à peine la langue de Shakespeare,

Il tenait tout de même à l’informer que la loi 101 garantit le droit d’avoir une réponse en français au Québec.

« Son attitude, c’était : je ne parle pas français, donc c’est à toi de parler en anglais. Pour lui, c’était normal qu’au Canada, la langue de travail soit l’anglais », relate le jeune retraité de l’enseignement, qui assure être resté poli, même s’il était profondément contrarié.

Le ton a rapidement monté entre le client et l’employé. Ce dernier aurait fini par tirer les sacs de café au bout de ses bras, avant d’expulser M. Lafleur de la brûlerie.

« Il a paniqué », excuse Benjamin Lefebvre, responsable du marketing en ligne de l’entreprise.

« C’est un employé qui vient d’Afrique du Sud et c’est vrai que le français n’est pas sa force, reconnaît-il. D’habitude, il y a toujours des employés bilingues, sauf que ce jour-là. Personne n’a pu venir. »

FRANÇAIS ÉCORCHÉ SUR INTERNET

Ce commerce agit dans la vie de tous les comme s’il avait pignon sur rue moyens de l’autre côté de la rivière des Outaouais, au mépris de la Charte de la langue française.

Sur la page Facebook de l’entreprise, les communications se font d’abord en anglais, parfois uniquement. Le français est également malmené sur le site internet de la brûlerie, qui a pourtant ouvert en 2017.

« C’est une petite business, créée par deux anglophones qui n’ont pas beaucoup de moyens », défend M. Lefebvre, avant d’ajouter que les propriétaires travaillent depuis février à traduire leur site pour se conformer à la loi.

D’ici-là, l’Office québécois de la langue française analyse les plaintes qui lui ont été adressées à ce sujet dans les derniers jours.

« Nous avons communiqué aujourd’hui avec la Brûlerie artisane Brown Bag afin de l’informer des plaintes reçues. Les vérifications nécessaires seront réalisées et, le cas échéant, des demandes de corrections seront faites à l’entreprise », a-t-on précisé par courriel hier.

ANGLICISATION

Selon M. Lafleur, le fait français est de plus en plus menacé en Outaouais.

« À Ottawa, on va toujours nous répondre en anglais, ce qui est correct parce qu’on est en Ontario. Mais ici, on peut très bien être unilingue anglophone, car de toute façon, tout le monde finit par s’adapter et parler en anglais », déplore-t-il.

Des juges parfaitement bilingues, obligatoire au Québec

Est-ce que Simon Jolin-Barrette sortira enfin de son mutisme et nous servir sa vision et le fruit de son travail pour la protection espérée de la langue française au Québec; la loi 101.

Vous n’avez pas idée combien j’ai hâte qu’elle devienne réalité. Je suis comme l’enfant à la veille de déballer ses cadeaux de Noël. Et je souhaite que cette réforme ait les dents acérées d’un prédateur, et non édentée.

Gilles Proulx en a fait son texte dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 11 mars dernier. Opinion que je partage sans réserve.

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IL FAUT SAUVER LE SOLDAT JOLIN-BARRETTE

Pour défendre le français, comme langue d’usage au Québec, une question vitale, le d’Artagnan de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, bataille souvent seul, fin seul, contre l’hydre fédéraliste. Aucun collègue-mousquetaire de son parti pseudo-nationaliste ne daigne sortir l’épée du fourreau pour lui prêter main-forte.

Récemment, la juge en chef de la Cour du Québec insiste pour imposer la maîtrise de l’anglais obligatoire pour les juges afin de respecter le sacro-saint droit d’avoir un procès en anglais qui devrait primer, bien sûr, celui d’avoir le français pour langue d’usage. « Que non ! », lui a dit Simon Jolin-Barrette.

Où sont les Pierre Fitzgibbon, les Nathalie Roy, les Caroline Proulx, les François Bonnardel et les Danielle McCann pour appuyer leur cadet qui se démène comme un poisson dans un bocal ?

ATTENTISME

Avec son audace initiale dans le dossier de la laïcité, le gouvernement de François Legault a su, d’un côté, bannir les signes religieux chez les représentants de l’État pendant leur service, et, d’un autre, retirer le fameux crucifix.

On se disait que le régime de la CAQ avait compris que les causes raisonnables, populaires et nécessaires l’emportent toujours sur les hurlements et les menaces vides des multiculturalistes; il suffit de les ignorer pour aller de l’avant.

Pourtant, dans le dossier de la langue, cette audace est disparue… sauf chez Simon Jolin-Barrette !

ANGLICISATION

Pensez-vous qu’en Colombie-Britannique ou en Saskatchewan, on exige des juges bilingues ? Bien sûr que non. Si un francophone est traduit en justice, il peut demander le service d’un interprète. Ça devrait être ça au Québec… et non pas une obligation totalement aberrante pour les juges du Québec de maîtriser l’anglais à la perfection ! Sur ce point, Jolin-Barrette a mille fois raison !

Je me pose la question : ce ministre fougueux est-il toujours à sa place au sein de la CAQ qui demeure la spectatrice passive de son combat ? Un pour tous et… tous croisent les bras ?

Un franglais dégradant

De plus en plus de d’ex-joueurs de hockey deviennent analystes à la radio ou à la télévision et, par le fait même, dégradent la langue française avec une montagne d’anglicismes, résultat de leur carrière respective. Les back check, les fore check, stop and go, et j’en passe. Ils traînent avec eux un franglais désagréable qui, bien souvent, est incompréhensible.

Les plus vieux se souviendront de René Lecavalier, ce descripteur des parties du Canadiens de Montréal de jadis, qui a redonné ses lettres de noblesse en utilisant et même en enrichissant un vocabulaire francophone exemplaire. Un précurseur très peu imité.

Le plus bizarre dans tout ça, c’est que la jeune génération phonétique d’analystes sportifs utilise des anglicismes tellement compliqués, incompréhensibles par leurs définitions, qu’ils doivent les expliquer en français la seconde suivante. Je déteste quand on dit une expression anglaise en ajoutant « …comme on dit en bon français. »

C’est rabaisser la langue française. C’est hautain ! C’est prendre les francophones pour des colonisés. De plus, ce sont les idoles des jeunes.

Denise Bombardier a abordé le sujet plus général de la population, en parlant de maltraitance, un mot à la mode, dans le Journal de Montréal du 9 mars dernier que je veux partager avec vous aujourd’hui.

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LA LANGUE MALTRAITÉE

Je ne suis pas à la mode de notre époque. Je ne truffe pas mes conversations d’anglicismes. Je ne dis pas « salle à dîner » (dining room) pour « salle à manger » et le « Bon matin ! » (Good morning !) m’écorche les oreilles.

Autrement dit, je suis « baveuse », comme on dit, parce que je rétorque : « Vous voulez dire BONJOUR ? » « Ben, c’est pareil ! », me réplique-t-on souvent.

Eh bien, non. Parler un français calqué sur l’anglais, ce n’est pas parler français. La tendance à dire « çala », qu’on entend cent fois par jour, même dans la bouche de ceux qu’on désigne sous le nom d’élite, est généralisée. Le mot « çala » est devenu l’usage. Les linguistes qui n’échappent pas au discours idéologique rétorquent que l’usage généralisé d’un mot est une acquisition. Donc, la langue s’effiloche.

Est-ce normal que des professeurs d’université, qui possèdent plus de 17 ans de scolarité, massacrent le français pour faire « peuple » ? Où ont-ils réussi à traverser leur scolarité sans respecter les règles, sans connaître la grammaire et sans se soucier du vocabulaire indigent qui est le leur ?

RELÂCHEMENT

Comment peut-on accepter que des enseignants pratiquent devant leurs élèves une langue relâchée, triviale, voire grossière ? Cela existe et ne soulève souvent que des réactions catastrophées des professeurs de français qui incarnent le dernier bastion de défenseurs de la langue dans le système d’éducation.

Je sympathise avec ces résistants qui dans un dernier recours demandent aux journalistes que nous sommes de les soutenir. Je reçois des témoignages émouvants d’enseignants tentés d’abandonner le métier qu’ils ont choisi par amour de la langue, mais toujours guidés par la mission de transmettre le désir de culture et de dépassement intellectuel aux jeunes.

Nous ne cessons de vanter la qualité de nos séries télévisées, qui n’ont rien à envier à celles dont on nous inonde les écrans à travers les Netflix et autres plateformes, qui imposent d’autres valeurs culturelles à la terre entière.

Cependant, dans un grand nombre de séries québécoises, la langue subit tous les outrages. C’est souvent une langue intraduisible, une langue clanique, truffée d’expressions vulgaires, où la syntaxe est éclatée, une langue qui n’est plus le français. Ni le joual, d’ailleurs, une langue qui violente le français. C’est une langue qui, à l’évidence, ne fait pas faiblir les cotes d’écoute, ce qui est plus triste de l’affaire.

INDIFFÉRENCE

Non, le plus triste, c’est l’indifférence des Québécois à ce lent, mais inéluctable détachement collectif face à cet héritage des ancêtres venus du Nouveau Monde au dix-septième siècle.

Nous avons reçu du français, cette langue universelle, notre identité. Nous l’avons protégée des assauts des Anglais. Durant des siècles, c’est en français que nous avons bâti le pays, que nos écrivains et poètes ont raconté notre histoire, c’est en français que nous nous sommes aimés ou battus, que nous avons résisté, que nous avons prié, que nous nous sommes ouverts au monde.

Notre langue s’affaiblit. Peu de gens la chérissent de nos jours. En maltraitant le français en en réduisant le vocabulaire, c’est nous-mêmes que nous rapetissons. Et ainsi, nous nous condamnons à bafouiller notre avenir incertain.

Subtilités du français écrit

LE REDOUBLEMENT DES CONSONNES

UN OU DEUX « L » ?

Le balai ne prend qu’un seul « L » car il n’a qu’un manche, mais le ballet en prend deux, car il faut deux jambes pour danser !

Une hirondelle a besoin de ses deux « L » pour voler. Une enveloppe ne prend qu’un « L » puisqu’on envoie une seule lettre par enveloppe, mais deux « P » parce qu’elle est en PaPier !

On écrit « une balade » si c’est une promenade, mais une ballade lorsqu’il s’agit d’un poème.

Enfin, rendons hommage à la libellule qui, pour voler, possède quatre « L ».

UN OU DEUX « R » ?

Nourrir prend deux « R », car on s’alimente deux ou trois fois par jour… Alors que mourir n’en prend qu’un seul, puisqu’on ne meurt qu’une fois !

Courir aussi, car, essoufflé, on manque d’« R » !

Merci Lise

Une grosse plaisanterie

Dimanche soir dernier, alors que j’écoutais bien campé dans mon fauteuil Tout Le Monde En Parle, est apparue Mélanie Joly venu nous parler de son projet de loi sur la sauvegarde de la langue française au pays. J’ai failli m’étouffer. En anglais, on dirait bullshit. Un qualificatif que comprend facilement le reste du Canada.

Soudainement, le gouvernement de Justin venait de se rendre compte qu’on existait, nous, les francophones. Il veut faire parler de lui comme un ardent défenseur de la langue française avant que la CAQ se décide à présenter sa réforme de la loi 101 promise depuis des lunes. Il faut avoir voyagé au pays pour se rendre compte que le français est très loin dans leurs préoccupations.

Si ce n’est déjà fait, je vous propose de lire l’intéressant article de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal du 23 février dernier. Ça résume très bien la question.

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MÉLANIE JOLY NOUS RACONTE DES HISTOIRES

Mélanie Joly est en tournée de promotion. Elle cherche à nous faire croire qu’elle vient de monter sur son destrier pour se porter à la défense du français, dont le gouvernement fédéral découvre tout juste la fragilité !

Et naturellement, c’est Ottawa qui le sauvera !

Reprenons urgemment nos esprits.

FRANÇAIS

Partout au Canada, le français régresse.

Et c’est une vue de l’esprit qu’on le sauvera dans les provinces anglaises où les communautés de langue française sont déjà condamnées à vivoter en misant sur l’immigration francophone. N’ayons aucune illusion : en l’espace de quelques années, elle s’anglicisera. Faut-il rappeler qu’au Québec, elle s’anglicise aussi ?

L’histoire du français au Canada est pourtant simple : d’une décennie à l’autre, il pèse de moins en moins dans la composition du pays.

Au Canada, il est en voie d’extinction, même si des parents anglophones de Colombie-Britannique rêvent d’offrir des cours d’immersion française à leur progéniture. Il y a quand même des limites à se payer d’illusions et à se faire croire que le sursaut viendra de Vancouver !

On retrouve alors une évidence : il n’y a d’avenir pour le français que là où il est en nette prépondérance démographique. Et cet endroit, c’est au Québec. Le seul geste qu’Ottawa puisse vraiment faire pour le français consiste à reconnaître sur ce sujet les pleins pouvoirs au gouvernement du Québec sur son territoire.

INDÉPENDANCE

Mais pour l’instant, Mélanie Joly profite de l’inaction du gouvernement caquiste qui ne cesse d’annoncer une réforme de la loi 101 qui ne vient pas. Elle occupe un terrain vacant.

Le simple bon sens en vient à nous échapper : ne devrait-il pas aller de soi que le Québec devrait être le seul maître de son destin sur le plan linguistique, sans avoir de permission à demander au Canada anglais ?

Ne devrions-nous pas être maîtres chez nous ? Ne devrions-nous pas être un pays indépendant ?

On ne dénoncera jamais assez

La reconnaissance du français est une bataille de tous les instants au Québec. Une invraisemblance ! Est-ce qu’on va se réveiller comme peuple ? Est-ce qu’on va se laisser faire ? Est-ce qu’on veut donner aux générations futures une image de conquis ?

J’attends avec impatience la nouvelle loi 101 du ministre Jolin-Barrette. Elle doit frapper fort, avec les dents acérées pour montrer à la communauté anglophone que nous sommes maîtres chez nous et que s’ils ne sont pas satisfaits, il reste 9 autres provinces pour leur éviter les contraintes linguistiques.

Ce ne sont pas les politiciens qui le disent, qui le crient, qui vous parlent… c’est moi, un simple CONtribuable intolérant et radical qui en a assez, même si vous êtes incapable de me lire.

J’ai bien aimé l’article de Josée Legault, publié dans le Journal de Montréal du 17 novembre dernier. Cette personne cosignait en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101. C’est son article que je veux vous partager aujourd’hui.

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SORRY, I WON’T SPEAK FRENCH

« Sorry, I don’t speak French. » Née à Montréal avec la Révolution tranquille, j’ai passé mes deux premières décennies à entendre cette phrase dans les commerces du centre-ville. Du mépris à l’état pur.

Pour que ça change, il aura fallu des manifs et des luttes politiques. Surtout, l’adoption en 1977 de la loi 101 par le gouvernement Lévesque. Dès les années 90, le français recommencerait néanmoins à reculer.

Affaiblie par les tribunaux au fil des ans, la loi 101 perdait déjà son tonus. À de rares exceptions près, les gouvernements successifs ont cependant refusé de la renforcer. Une grave erreur.

Je le sais d’expérience. Spécialisée sur la question linguistique, je cosignais en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101.

VOYANTS JAUNES

Il avait été commandé en 1995 par Jacques Parizeau. Le premier ministre désirait avoir l’« heure juste ». Ce rapport avait documenté certains reculs du français qui, dans plusieurs domaines, s’installaient déjà. Or, dans la classe politique du jour et des médias, on l’a qualifié d’« alarmiste ». La suite des choses montrerait qu’il avait pourtant signalé d’importants voyants jaunes, qu’on aurait mieux fait de ne pas ignorer.

Un quart de siècle plus tard, l’état des lieux le confirme. Samedi, notre bureau d’enquête en donnait une énième illustration. Sur 31 commerces visités au centre-ville de Montréal, 16 proposaient un accueil unilingue en anglais. Cette fois-ci, on croirait entendre « Sorry, I won’t speak french ».

On nous dit que c’est passager – la faute de pénurie de main-d’œuvre crée par la pandémie. C’est lui faire le dos bien large.

Si le français est accessoire dans autant de commerces, c’est que l’accueil en français seulement a pris le bord depuis longtemps. Et qu’on s’y habitue. Le « Bonjour-Hi », c’est ça.

Selon un sondage Léger/Le Journal, 58 % des répondants montréalais de 18 à 34 ans jugent en effet que d’être accueilli en français n’est PAS important. Chez les francophones du même âge, ce chiffre baisse toutefois à 26 %.

Le quart des jeunes francophones, c’est néanmoins inquiétant pour l’avenir. Car plus le temps passera, plus cette indifférence au français risque d’augmenter si rien n’est fait pour renverser la tendance.

Chez les non-francophones de 18-34 ans, c’est encore pire. Malgré qu’ils soient des « enfants de la loi 101 », 84 % jugent qu’il n’est PAS important d’être accueilli en français. La régression est monumentale.

HÂTE DE VOIR ÇA

Étonnant ? Non. Depuis le référendum de 1995, l’effervescence des grands débats nationaux s’est éteinte. Les moins de 35 ans en sont les premiers orphelins politiques. Leur désintérêt gagne inévitablement du terrain.

Le fait est qu’à la fin des années 90, un fossé intergénérationnel s’est ouvert sur les questions nationale et linguistique. Il se creuse depuis. Inutile, par contre, de blâmer les nouvelles générations d’être rendues « ailleurs ».

Si une part importante d’entre elles ne sait pas distinguer le multilinguisme individuel, hautement souhaitable, d’un bilinguisme institutionnel néfaste pour la pérennité du français, c’est qu’on ne leur a jamais appris la différence. Étonnant ? Non. Les gouvernements sous lesquels elles ont grandi ont oublié leur propre devoir de protéger activement le français. Le gouvernement Legault promet maintenant un plan « costaud » pour lui redonner du muscle. Bien hâte de voir ça.

Un irrespectueux du français

Olivier Primeau, ce Québécois pure laine qui, malgré ce qu’il prétend, fait beaucoup de tort à la langue française au Québec tout en faisant fi de le loi 101.

Propriétaire du Beach Club de Pointe-Calumet, il prend plaisir à défier la loi 101 en anglicisant ses repas, et ses comptes sur les réseaux sociaux.

Dans le dossier pour préserver le français au Québec, c’est inacceptable qu’un Québécois francophone, soit délinquant comme lui.

Dans son article du 18 novembre, publié dans le Journal de Montréal, Sophie Durocher ne se gêne pas pour le ramasser d’aplomb. Article que j’endosse complètement et que je vous propose aujourd’hui.

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OLIVIER PRIMEAU : THINK BIG, STI !

Quand j’ai vu Olivier Primeau défendre ses noms de commerce en anglais, en disant : « C’est 100 % du marketing », la première chose qui m’est venue en tête, c’est la réplique célèbre d’Alexis Martin dans Les Boys 3 sur le « marke TTT ting ».

Puis j’ai pensé à Elvis Gratton et sa fameuse réplique « Ils l’ont-tu l’affaire, les Américains ! », mais surtout son célèbre « Think big, sti ».

LE KING DES KINGS

C’est parce qu’il « think big » qu’Olivier Primeau appelle sa chaîne de pizzérias « Slice Gang Pizza » avec le slogan « Slice to meet you », qu’il appelle ses mets congelés : « Poutine time » et « Burger Every day », qu’il appelle « Beach Peach » sa nouvelle boisson alcoolisée de la série « Beach day every day » et que son site internet s’intitule « Beach news everyday ».

Mais il a l’audace de nous dire sur son site : « Je suis à 100 % pour la préservation du français au Québec ».

Interviewé hier dans Le Journal, Olivier Primeau avait ceci à dire au sujet des gens offusqués par ses marques en anglais : « Le monde qui chiale fait 12 fautes par phrase en français ».

Je suis allé faire un petit tour sur son compte Twitter.

Voici ce qu’il écrivait le 18 octobre : « Pour le fun je fais un podcast à toutes les semaines avec mes chum (sic) pour les prédictions NFL… on es (sic) pourri mais on a ben du fun ».

Le 12 octobre : « C’est nice tu peux pas aller chez personne mais tu peux caller un Party au carrefour Laval dans le line up du Starbucks ».

Le 6 octobre : « Petit tweet comme ça on the side… vous croyez que le CH va faire un trade aujourd’hui ? ».

Le 7 août : « J’ai rêvé que le CH allait peu être (sic) éliminé (sic) Pittsburgh ».

Le 7 juillet, il parlait des « retombé économique (sic) » du Beachclub.

Je suis allée faire un tour sur son compte Instagram, où il se décrit en anglais seulement : « Doing everything well and new meme god ».

Son compte est rempli de : « Follow, like la photo et tag un(e) ami(e) ».

Pour annoncer son futur burger congelé, il écrit : « Tag une personne et si elle te répond pas en 5 minutes elle te dois (sic) un Burger. Après ma poutine congelé (sic), mon burger congelé arrive très bientôt. Nouveau format familiale (sic) ».

Oh, est-ce que quelqu’un pourrait dire à Olivier Primeau que sur sa page olivierprimeau.com il y a une grosse faute ?

On n’écrit pas « M’abonnez » mais plutôt « M’abonner ».

Monsieur Primeau haït bien ça, les gens qui font des fautes…

DE KESSÉ

Sur son site, Olivier Primeau a écrit hier un texte pour clarifier sa position sur les marques de commerce en anglais.

« Pour ce qui est de la bannière Slice gang pizza et de tous mes autres produits, je vois plus ça comme un slogan, et il se doit d’être à l’image de ce qu’il représente ».

Vous comprenez quelque chose là-dedans, vous ?

La mollesse d’un peuple

Très décevant de constater que 58 % des jeunes, au Québec, ne voient aucun problème à se faire servir en anglais ici. Ça donne encore la meilleure indication que l’assimilation est débutée. Imaginez la génération future qui subira l’influence et l’indifférence de leurs parents face à la langue française.

Et ce n’est pas que sur cet aspect que nous sommes un peuple de mous, d’influençables. Se faire donner une bonne tape sur la joue et montrer l’autre.

Richard Martineau, dans le Journal de Montréal récemment, décrivait le visage désolant du peuple québécois, comment il se laisse rabaisser sans la moindre résistance. Il conteste l’euthanasie des cerfs de Longueuil, mais pour défendre sa langue, il s’agenouille. Il n’hésite jamais à critiquer sans réserve la vision et les décisions de son propre gouvernement, quand il est question de défendre nos droits et nos distinctions. C’est le déclin de l’empire « québécois ».

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

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PEUPLE À GENOUX

Pourquoi les propriétaires de commerces situés Québec n’hésitent pas une seconde à embaucher des vendeurs qui ne parlent pas un mot de français ? Parce qu’ils savent que les Québécois ne se plaindront pas.

Pourquoi un travailleur anglophone ne fait pas le moindre effort pour parler français quand il prend un verre avec huit collègues francophones ? Parce qu’il sait que ses collègues vont se mettre à lui parler en anglais pour qu’il se sente accepté.

Ils vont même se parler en anglais entre eux pour qu’il puisse comprendre ce qu’ils se disent !

CIRCUS OF THE SUN

Pourquoi une unilingue anglophone qui travaille dans un commerce ayant pignon sur rue dans une ville du Québec n’éprouvera aucune gêne à s’adresser aux clients francophones en anglais ?

Parce qu’elle sait qu’elle n’aura qu’à dire qu’elle vient de Toronto et qu’elle travaille avec le public justement pour apprendre le français pour que les clients francophones trouvent ça super charmant.

Ils vont même la féliciter pour son ouverture !

Pourquoi les lobbys religieux contestent la loi 21 devant les tribunaux ?

Parce qu’ils savent que les Québécois n’aiment pas la chicane et qu’ils vont probablement accepter que leur gouvernement modifie cette loi pour acheter la paix.

Pourquoi, en octobre 1995, des Canadiens anglais sont venus au Québec nous donner des bisous, quelques jours avant le référendum ?

Parce qu’ils savaient que les Québécois sont très émotifs, qu’ils veulent être aimés et qu’ils fondent comme neige au soleil devant la moindre petite marque d’affection.

Pourquoi les entrepreneurs francophones donnent des noms anglais à leur commerce et à leur entreprise ?

Parce qu’ils se disent que pour percer à l’étranger, ça prend un nom anglais, même si le Cirque du Soleil a connu un succès international avec un nom français.

C’est aussi pour cette raison qu’ils donnent des noms à consonnance anglaise à leurs enfants : Kevin, Steve, etc.

BLACK LIVES MATTER

Pourquoi autant d’éditorialistes et de chroniqueurs francophones qui travaillent pour des médias francophones pourfendent la loi 21 ?

Parce qu’ils pensent que cette loi n’est pas bonne pour l’image du Québec dans le reste du pays, qu’elle fait passer les Québécois pour une bande de racistes. « Regardez à Toronto, c’est beaucoup plus multiculturel… »

Comme Justin Trudeau, ils associent – à tort – le rejet du multiculturalisme au rejet de la diversité.

Pourquoi les militants antiracistes de McGill et de Concordia ne prennent même pas la peine de brandir ne serait-ce qu’une seule pancarte en français lors de leurs manifestations ?

Parce que pour eux, le français, au Québec, est la langue des oppresseurs.

Et parce qu’ils se disent que les Québécois, qui aiment tant les States, trouvent probablement le slogan « Black Lives Matter »
pas mal plus cool que « La vie des Noirs est importante ».

C’est important, pour un mouvement de protestation porté par la jeunesse, d’être cool, non ? Et la langue cool, c’est la langue anglaise, comme tous les jeunes francophones le savent…

ON EST FIN

Pourquoi le gouvernement Legault va faire du collège Dawson le plus gros cégep du pays ?

Pour montrer que malgré la loi 101 et la loi 21, au Québec, on est gentils et ouvert.

Comme disait Étienne de la Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux… »

Allons voir ce qui se passe en Alberta

C’est curieux mais dès que je fais la promotion du français au Québec, les commentaires ne pleuvent pas. Au fait, ils sont inexistants. Pourquoi ?

Dois-je en conclure que j’ai raison et que je rejoins les francophones québécois ou ils ont déjà abdiqué et acceptent d’emblée le recul de notre langue ? Ils dorment profondément ou s’en foutent carrément.

C’est cette question existentielle que je me pose.

Quoi qu’il en soit, la minorité anglophone au Québec est la plus choyée en Amérique et probablement aussi à l’échelle planétaire. On les enveloppe dans la ouate et leur moindre demande est exaucée rapidement et sans aucune objection. Contrairement au reste du Canada, où nos francophones hors-Québec, n’ont pas le même succès. On les ignore totalement jusqu’à couper sans raison, le minimum pour subsister et s’éduquer.

Antoine Robitaille a écrit un article intéressant, dans le Journal de Montréal d’hier, sur le traitement récent en éducation, réservé à la minorité francophone en Alberta, citant même des problèmes similaires vécus en Ontario en l’an dernier. Leur traitement est pas mal plus indécent que nos anglos d’ici. Jugez-en par vous-même. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

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INJUSTICE POUR LES FRANCOPHONES

Il y a dans notre Dominion des injustices si gênantes entre francophones et anglophones qu’on semble préférer les ignorer.

La disparité de traitement entre les anglophones au Québec et les minorités francophones ailleurs au Canada, en matière de financement universitaire, est un de ces cas choquants.

EN ALBERTA

Dernier exemple en date : le Campus Saint-Jean, à Edmonton, est une des petites institutions francophones – avec une autre au Manitoba – qui assurent un peu d’enseignement universitaire en français dans les Prairies.

En 2015-2016, il y avait 822 étudiants. On y forme de nombreux professeurs de français qui iront enseigner dans les écoles d’immersion.

Or, le gouvernement albertain a décidé de sabrer les budgets des universités, amputant celui du Campus Saint-Jean de quelque 12 % en 2020. Une véritable saignée.

Tellement que la ministre fédérale des langues officielles, Mélanie Joly, fin octobre, a cru bon d’écrire à Jason Kenney pour lui proposer de financer en partie cette institution que certains jugent vitale pour la survie du français en Alberta.

Au micro de Qub, Mme Joly a dressé un parallèle avec le cas du gouvernement Ford en Ontario en 2019 qui, sous le même prétexte de compressions budgétaires, avait décidé de sabrer le projet d’université francophone en Ontario. Combat qu’elle a remporté.

Le jour de l’entrevue, le 28 octobre à Qub, Jason Kenney n’avait pas répondu à la ministre fédérale. Rien n’indiquait hier qu’il l’avait fait.

Lui qu’on croyait francophile. Lui qui s’exprime très bien en français. Espérons que le nouveau chef conservateur Erin O’Toole, que Kenney a appuyé lors de la course, le rappellera à ses devoirs à l’égard de la minorité franco-albertaine. L’éducation est de compétence provinciale après tout. Pas besoin d’Ottawa pour bien faire les choses.

LES PRIVILÉGIÉS

D’ailleurs, pendant ce temps, au Québec, le gouvernement Legault, – pourtant présenté dans la communauté anglophone comme dangereusement nationaliste – cédera à McGill un important actif, l’ancien hôpital Royal-Victoria. Et compte agrandir rapidement le cégep Dawson.

La proportion des fonds qui va aux universités anglophones au Québec connaît « une tendance à la hausse dans les 20 dernières années », m’écrit le chercheur Frédéric Lacroix (auteur de « Pourquoi la loi 101 est un échec » chez Boréal)

Depuis le dernier discours du trône à Ottawa, le gouvernement Trudeau reconnaît que le français a besoin d’aide même au Québec, en raison de « l’océan » anglophone que représente ce continent. (Il était temps.)

Pourtant, c’est cette seule province (qui a le français comme langue officielle, langue évidemment minoritaire sur le continent) qui « surfinance » les institutions post-secondaires de sa prétendue minorité (dont la langue est ultra puissante dans le monde actuel).

Le faible subventionne le fort, si vous me permettez de schématiser.

Au Québec, selon les calculs de M. Lacroix, les McGill, Concordia, Bishop récoltent 30 % des fonds destinés aux universités, soit 3,7 fois plus que le poids démographique des anglophones.

Si les franco-albertains étaient financés en proportion semblable, combien, selon M. Lacroix toujours, faudrait-il ajouter aux maigres 9,5 millions $ qu’ils ont reçus en 2015-2016 ? 177,2 millions !

Au contraire, on les a coupés.

Je ne saurais dire si c’est « systémique ». Mais c’est assurément injuste et scandaleux.