Langue française écrite : le passé simple

Amant de la langue française comme je suis, tout ce qui s’y rattache m’intéresse. Une belle langue riche de mots que malheureusement, on tente de simplifier. Mes cours de français sont loin derrière moi, mais quelquefois je reçois des textes comportant des verbes conjugués à différents temps. La conjugaison étant l’action de conjuguer un verbe, celui-ci change de forme avec le mode, le temps, la personne et le nombre.

Une connaissance m’a fait parvenir le texte qui suit relatif aux verbes, avec la particularité qu’ils sont tous au passé simple, qui exprime une action achevée du passé, le plus souvent une action brève. Bonne lecture en espérant que vos souvenirs des bancs d’école refassent surface.

Non! Ce n’était pas chose évidente que cette conversation toute en langue morte. Et pourtant je la tins. (Tenir)

Hier, nous achetâmes le DVD d’un spectacle de Marcel Marceau et tout de suite nous le mîmes. (Acheter et mettre)

Comment? Vous avez mis à la casse votre vieille Volkswagen? C’est bien dommage! Tiens! Vous souvient-il qu’un jour vous me la passâtes? (Passer)

Bien que vous ayez laissé passer votre chance de cesser d’être une prostituée, un jour, vous le pûtes. (Pouvoir)

Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent : – Te rappelles-tu notre premier film… ce western dans lequel nous jouions les indiens? – Oui! Et je sais que nous nous y plûmes. (Plaire)

Vous saviez que ce manteau était tout pelé… alors pourquoi le mîtes-vous pour la réception d’hier soir? (Mettre)

C’est dans ce tonneau que notre vieux vin fut. (Être)

On nous offrit une augmentation et, bien sûr, nous la prîmes. (Prendre)

Les moines brassèrent la bière et la burent. (Boire)

C’est bien parce que vous m’avez invité à goûter votre Beaujolais que je vins. (Venir)

Pour les prochaines vacances, ils émirent l’idée d’aller en Arabie Saoudite. (Émettre)

Heureusement que vous avez retrouvé des capitaux! Car mettre la clé sous la porte et déposer le bilan vous faillîtes! (Faillir)

Est-ce dans le but de lui subtiliser quelques pommes de terre que, jouant de votre charme vous l’appâtâtes? Et que par votre beauté vous lépatâtes…! (Appâter et épater)

Un autre pas vers l’assimilation

La langue française continue d’en prendre un bon coup en s’engageant, lentement mais sûrement, vers l’assimilation. Le texte qui suit est l’article d’hier de Mathieu Bock-Côté dans les pages d’opinion du Journal de Montréal, et qui me rejoint beaucoup. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui. C’est une autre triste preuve du déclin de la langue française au quotidien et principalement par la génération montante pour qui l’histoire est loin d’être une priorité. Au temps de la mondialisation sous toutes ses formes, c’est notre langue qui écopera le plus. Pour moi, le mouvement est irréversible.

Le syndrome I want to pogne

En 1969, Rock et Belles Oreilles, le groupe humoristique phare de sa génération, lançait une chanson qui allait devenir un classique instantané de la culture populaire québécoise : I want to pogne.

Guy A. Lepage et sa bande s’y moquaient de ces Québécois qui se mettent à chanter maladroitement en anglais dans l’espoir de percer aux États-Unis et de conquérir le marché international. Près de 30 ans plus tard, cette chanson demeure d’une brûlante actualité. Guy A. Lepage en est certainement lui-même conscient.

ANGLICISATION

Jeudi dernier, le 1er juin, il publiait un tweet qui mérite d’être rappelé : «Sur Instagram, pourquoi des francophones, avec des abonnés francophones, écrivent leur état d’âme en anglais? Manque de vocabulaire?» Cette excellente question aurait pu s’adresser aux utilisateurs de tous les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de Facebook ou de Twitter.

Portrait : ils sont Québécois francophones. 95% de leurs abonnés le sont aussi. Et pourtant, ils écrivent en anglais et s’écrivent en anglais. On peut croire aussi qu’ils sont atteints de la version 2017 du syndrome I want to pogne.

En s’anglicisant, ils ont l’impression de se grandir, de devenir des humains plus évolués. On avait un mot pour parler de ces gens autrefois : on le traitait de colonisés. On présentait ainsi ceux qui méprisent leur propre identité et qui croient nécessaire d’adopter cette du dominant pour se hisser socialement.

Le mot est passé de mode et on préfère croire qu’il appartient à une lointaine histoire, vieille de quelques générations. Erreur. La réalité est toujours là. Elle est partout visible, mais on ne la voit plus. Toutefois, le colonisé n’est plus moqué. Il est valorisé.

Combien sont-ils, sur Facebook, à décrire leur vie en anglais? Amazing! Enjoy! Nice! Good night! Love it! Y a-t-il une sensualité supérieure de la langue anglaise? Combien sont-ils à Montréal à frangliser de manière décomplexée, comme s’ils se hissaient ainsi à un stade supérieur d’humanité.

C’est une chose d’être bilingue. C’en est une autre d’être bilingue dans la même phrase. Quand un Touchette parle anglais à un Tremblay, il n’a pas l’air supérieurement intelligent, il a l’air ti-coune.

FACEBOOK

Il y avait autrefois une fierté québécoise. C’était celle d’un peuple qui avait résisté à l’assimilation et qui voulait désormais vivre dans sa langue et se projeter dans le monde sans renier son identité. Il y a désormais, chez les plus jeunes, une fierté à ne plus avoir l’air québécois, comme s’il s’agissait d’une identité diminuée dont on devrait s’arracher pour devenir citoyen du monde.

Derrière cette anglomanie débilitante, il y a deux échecs référendaires. L’échec de l’indépendance a blessé intimement notre psychologie collective. Il a marqué d’un signe négatif notre identité. Les plus jeunes sont nés dans un monde où le Québec était une référence perdante et où l’on confondait l’ouverture à l’autre avec le reniement de soi. Alors ils renient joyeusement. Parce que they want to pogne.

La lente agonie irréversible du français

Mathieu Bock-Côté a publié un excellent article dans le Journal de Montréal d’hier, qui traite du franglais, un dialecte de la langue française de plus en plus répandu chez nos jeunes, ceux-là même qui nous succéderont dans quelques années. Un pas de plus vers la lente agonie d’une langue moribonde, dont on avait la chance de sauver lors du dernier référendum perdu par la peau des fesses. Je vous le partage.

Comment le français meurt

Dimanche, 13h environ, je lis dans un café de mon quartier. C’est une vieille habitude à laquelle je suis fidèle. J’apporte ma pile de magazines (oui, en format papier!) et je m’installe.

De temps en temps, je tends l’oreille, mais pas trop. C’est l’avantage
des lieux publics.
Les dizaines de conversations s’annulent dans un bruit de fond, et finalement, chacun peut s’isoler dans sa bulle pour un moment.

FRANGLAIS

Mais cette fois, ça ne fonctionne pas. À côté de moi, deux charmantes jeunes femmes. Je les remarque à cause de leur étrange dialecte. Elles parlent français. Puis l’anglais. Puis français. Puis anglais encore. Au total, le français a sa place, mais l’anglais domine. En gros, elles parlent franglais.

Silencieusement, je m’exaspère. Car comment ne pas y voir une manifestation parmi d’autres de notre régression identitaire. Surtout que la jeunesse aime le franglais. Je devine ce que me dirait un bon relativiste: vivre et laisser vivre! Elles ont bien le droit de faire ce qu’elles veulent!

Ainsi posé, le problème semble insignifiant. Mais il ne faut pas le poser ainsi. Tout ne se réduit pas à la logique des droits individuels. Qu’on le veuille ou non, rien n’est plus collectif qu’une langue. La langue est politique. Le franglais révèle un rapport de force: dans la bataille des langues, l’anglais gagne du terrain. Autrement dit, l’anglais mange le français.

Quelqu’un qui parle franglais nous envoie un signal, sans même peut-être s’en rendre compte: le français ne lui suffit pas pour exprimer sa pensée et ses émotions. Il a besoin de passer à une autre langue pour s’exprimer pleinement. C’est un symptôme de colonialisme linguistique. Ce n’est pas un bilinguisme enrichissant, mais celui d’un peuple qui ne parvient plus à dire le monde dans sa propre langue. Aujourd’hui, on parle franglais, demain, on se convertira pour de bon à l’anglais.

Il faut penser historiquement. Dans la deuxième moitié du 20e siècle, les Québécois se sont battus pour franciser leur métropole, qui était encore marquée par la Conquête. Ils ont fait d’immenses progrès jusqu’aux années 1990. Il s’agissait de faire du français la langue commune d’un peuple.

COMBAT

La loi 101, dont nous célébrerons cette année le 50e anniversaire, nous a permis de faire d’immenses progrès. Mais manifestement, elle a atteint depuis longtemps son efficacité maximale. Il faut dire qu’en refusant la souveraineté en 1995, nous avons renoncé au seul cadre qui aurait pu pérenniser le français. Chaque fois qu’on nous accueille dans un commerce en nous disant bonjour-hi, c’est l’esprit de la loi 101 qu’on piétine.

Le français n’est qu’une langue sur deux. La langue pauvre. La langue vaincue. Celle qu’un jour, on ne parlera plus. On se suicidera culturellement au nom de la modernité. À moins de reprendre le combat. Encore une fois. Ce combat qui ne finira jamais. Si nous voulons vivre comme peuple, du moins. Le voulons-nous encore?

Un hommage à la langue française

Jean D’Ormesson

C’est aujourd’hui la Journée internationale de la francophonie. Et pour souligner cette journée spéciale, je vous offre ce billet d’humour de Jean Lefèvre d’Ormesson (parfois surnommé Jean d’O), né le 16 juin 1925 dans le 7e arrondissement de Paris, qui est un écrivain, chroniqueur, journaliste, acteur et philosophe français. Il est également membre de l’Académie française depuis 1973.

Que vous soyez fier comme un coq
Fort comme un bœuf
Têtu comme un âne
Malin comme un singe
Ou simplement un chaud lapin
Vous êtes tous, un jour ou l’autre
Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche

Vous arrivez à votre premier rendez-vous
Fier comme un paon
Et frais comme un gardon
Et là … Pas un chat !
Vous faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin
Il y a anguille sous roche
Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard
La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l’a certifié

Cette poule a du chien
Une vraie panthère !
C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois
Quand finalement la fine mouche arrive
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard
Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard

Sauf que la fameuse souris
Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en fait aussi plate qu’une limande
Myope comme une taupe
Elle souffle comme un phoque
Et rit comme une baleine
Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat
Vous roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes rouge comme une écrevisse
Mais vous restez muet comme une carpe
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous sautez du coq à l’âne
Et finissez par noyer le poisson
Vous avez le cafard

L’envie vous prend de pleurer comme un veau
(ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon)
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous inventer une fièvre de cheval
Qui vous permet de filer comme un lièvre
C’est pas que vous êtes une poule mouillée
Vous ne voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez beau être doux comme un agneau
Sous vos airs d’ours mal léché

Faut pas vous prendre pour un pigeon
Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis, ç’aurait servi à quoi
De se regarder comme des chiens de faïence
Après tout, revenons à nos moutons
Vous avez maintenant une faim de loup
L’envie de dormir comme un loir
Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Un scénario apocalyptique pour la langue française

la-langue-francaiseRécemment, j’affirmais que l’assimilation des francophones au Québec aurait lieu au tournant des années 2050, devant la montée de l’utilisation de la langue anglaise dans la belle province. Et bien, selon les divers scénarios étudiés par Statistiques Canada, il semble qu’avant 2036, la langue maternelle française connaîtra un important déclin. Les détails de ce scénario apocalyptique noircissant la page 10 du Journal de Montréal d’hier matin.

C’est dramatique et je crois sincèrement que le point de non-retour a été atteint déjà. La mondialisation et l’immigration massive ont créé ce désastre et les Québécois qui veulent conserver notre belle langue française se font de plus en plus rares. Fatalement, la langue de la majorité québécoise s’effrite rapidement. La minorité aura vaincu la majorité. Invraisemblable!

Un petit rappel historique de la fin du 19e siècle alors que le Manitoba bilingue se déclarait unilingue anglophone; « Ainsi en 1890, le Manitoba se déclara province unilingue anglaise, quand bien même sa loi constitutive eût prescrit le bilinguisme des lois et des tribunaux et garanti aux écoles franco-catholiques le soutien du gouvernement provincial.

En 1896, le gouvernement manitobain dut concéder à sa minorité francophone le droit à l’instruction en français ; toutefois, dès 1916, ce droit leur fut retiré et le français disparut des écoles manitobaines. En 1897, l’Ontario fit de l’anglais la seule langue de la justice ; en 1913, il réduisit sévèrement l’enseignement du français dans les écoles confessionnelles catholiques (le Règlement 17), au grand dam des Franco-Ontariens, qui y virent là le signe d’une politique délibérée d’assimilation. »

On écoute les politiciens d’aujourd’hui et la langue n’est même plus une priorité. C’est renversant de voir, même les péquistes s’en désintéresser lamentablement. On se défend que l’anglais soit une langue de travail à l’échelle planétaire et pour le reste, on s’en balance éperdument. Quoi qu’il en soit, voici l’intégral publié de cette mauvaise nouvelle.

D’ici 2036, on parlera moins français au Québec.

OTTAWA | (Agence QMI). La population de langue maternelle française au Québec et au Canada connaîtra un important déclin d’ici 20 ans, selon divers scénarios étudiés par Statistique Canada rendus publics hier.

D’ici 2036, la proportion de ceux qui ont le français comme première langue au Québec devrait chuter d’environ 10%, passant de 79% en 2011 à une fourchette projetée de 69 à 72%.

À l’échelle du Canada, les francophones de langue maternelle passeront sous la barre symbolique des 20%, pour s’établir à 17% ou 18%. Cette proportion était de 21,3% en 2011. À l’extérieur du Québec, le portrait n’est pas plus réjouissant, alors que la proportion de francophones passera de 3,8% à entre 2,7% et 2,8%. Le nombre de personnes ayant le français comme langue d’usage à la maison au Québec connaîtra une baisse importante. Il devrait passer de 82% en 2011 à environ 75% en 2036.

L’ANGLAIS EN PROGRESSION

Pendant ce temps, l’anglais continuera de progresser dans la province. La population de langue d’usage anglaise au foyer grimpera à 13% alors que dans l’ensemble du pays, l’utilisation du français comme principale langue d’usage à la maison connaîtra un recul, avec une baisse de 21% à 18%.

Selon l’étude, « la composition linguistique et ethnoculturelle du pays se verrait modifiée » en raison de l’immigration. On prévoit qu’en 2036, près d’un Canadien sur deux sera un immigrant ou un enfant d’immigrant.

D’ici là, à Montréal, la population immigrante oscillera de 38% à 34%.

On fait quoi d’ici là? On continue de se laisser mourir?

Encore la langue française qui en prend un coup

tournoi-2017-hockey-juniorC’est plus fort que moi, lorsqu’on menace ma langue française au Québec, ça vient toujours me chercher. Lundi dernier, mon article portait justement sur le danger de l’assimilation dont nous serons les victimes d’ici les cinq prochaines décennies par nos propres Canadiens. Certains Québécois, et surtout chez les jeunes, sont inconscients et aussi insensibles à cette menace.

Il y a 25 ans, en visitant Winnipeg, j’ai pu me rendre compte de ce que c’est que de perdre son identité linguistique. Il ne reste plus que les noms de rues et les noms de familles des personnes qui sont francophones, sans plus. Ils sont assimilés depuis plus de 100 ans et c’est une triste fin que je n’ose imaginer pour le Québec. Je défendrai toujours la langue française jusqu’à mon dernier souffle, je m’en fais un devoir de dénoncer ceux qui la méprisent.

On vient d’avoir encore un exemple du traitement réservé par le reste du Canada à la langue française, avec notre Équipe Canada au hockey junior. Parler français entre francophones est interdit à cette équipe et c’est inacceptable. Mathieu Bock-Côté, dans le Journal de Montréal, s’exprimait dans l’édition d’hier sur la question et je ne peux que partager son opinion dans le texte intégral qui suit.

Coucouche le Québécois

Il y a quelques jours, dans une entrevue qu’il accordait à Dave Morissette, Julien Gauthier a confié candidement que les jeunes joueurs francophones d’Équipe Canada n’avaient pas le droit de parler français entre eux.

Au nom de l’esprit d’équipe, apparemment. En parlant français, ils risqueraient de le briser. Pas mal non? Traduisons : dans ce pays bilingue, il y a une langue de trop. Devinez laquelle? La nôtre.

SOUMISSION

Mais on dédramatisera le tout pour ne pas faire de bruit. Les spécialistes du déni nous disent que ce n’est pas si grave. Qu’il faut relativiser. Demeurer prudent. Prendre les choses avec philosophie. Se comporter comme un cocu content. Parce qu’apparemment, c’est dans l’ordre des choses qu’un Québécois cache son identité pour réussir dans le beau grand Canada.

On aura beau nuancer en disant qu’on recommandait fortement de parler anglais sans interdire formellement le français, il y a des limites à rire de nous. À Hockey Canada, le français est tout simplement dominé. Et conséquemment, les Québécois francophones le sont aussi. Si on a un peu de mémoire, une formule reviendra à l’esprit : Speak White. Mais qui a de la mémoire dans une société fière de son amnésie parce qu’elle se croit libérée du passé?

La consigne? Soumettez-vous à la langue dominante et faites-vous une fierté de la parler sans accent, en gommant parfaitement vos origines! Ce qu’on aime, c’est quand le Québécois fait le beau toutou et fait tout pour plaire. Il renonce à sa langue et il espère qu’on va le flatter pour le féliciter de sa domestication. Bon Québécois docile! On t’aime comme ça, discret, soumis, anglicisé. On t’aime quand tu fais l’effort de devenir Canadien, en d’autres mots.

Le Canada n’est pas un pays bilingue. C’est un pays anglais qui fait semblant de tolérer sa minorité française tant qu’il se croit obligé de le faire. Il y a deux langues officielles : l’anglais et le traduit de l’anglais. Un jour, nous ferons un bilan historique : nous aurons échoué l’indépendance, nous ne serons pas parvenus à nous faire reconnaître comme société distincte, nous aurons échoué à faire du Canada un pays bilingue.

FRANÇAIS

Nous serons devenus un gros Nouveau-Brunswick. Il faut dire que le Québécois de base ne se formalise plus de cela. Il se fiche qu’à l’école, ses enfants n’apprennent qu’un français approximatif. Ou qu’ils n’y apprennent rien de l’histoire du monde et du Québec. Mais il doit à tout prix en sortir en parlant parfaitement anglais, sans quoi, il serait voué à l’échec professionnel.

Nous avons intériorisé l’idée que nous avons une langue de perdants et que si on peut la parler entre nous, on ne saurait avoir l’idée de réussir sa vie avec elle. Ce qui s’est passé à Hockey Canada n’est pas un événement isolé. C’est un révélateur de la vraie nature du Canada. Si nous avions un peu de colonne vertébrale, on s’en séparerait. Mais la colonne nous manque. Alors on sort la langue et on espère qu’on nous pardonnera d’avoir jappé.