Une grosse plaisanterie

Dimanche soir dernier, alors que j’écoutais bien campé dans mon fauteuil Tout Le Monde En Parle, est apparue Mélanie Joly venu nous parler de son projet de loi sur la sauvegarde de la langue française au pays. J’ai failli m’étouffer. En anglais, on dirait bullshit. Un qualificatif que comprend facilement le reste du Canada.

Soudainement, le gouvernement de Justin venait de se rendre compte qu’on existait, nous, les francophones. Il veut faire parler de lui comme un ardent défenseur de la langue française avant que la CAQ se décide à présenter sa réforme de la loi 101 promise depuis des lunes. Il faut avoir voyagé au pays pour se rendre compte que le français est très loin dans leurs préoccupations.

Si ce n’est déjà fait, je vous propose de lire l’intéressant article de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal du 23 février dernier. Ça résume très bien la question.

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MÉLANIE JOLY NOUS RACONTE DES HISTOIRES

Mélanie Joly est en tournée de promotion. Elle cherche à nous faire croire qu’elle vient de monter sur son destrier pour se porter à la défense du français, dont le gouvernement fédéral découvre tout juste la fragilité !

Et naturellement, c’est Ottawa qui le sauvera !

Reprenons urgemment nos esprits.

FRANÇAIS

Partout au Canada, le français régresse.

Et c’est une vue de l’esprit qu’on le sauvera dans les provinces anglaises où les communautés de langue française sont déjà condamnées à vivoter en misant sur l’immigration francophone. N’ayons aucune illusion : en l’espace de quelques années, elle s’anglicisera. Faut-il rappeler qu’au Québec, elle s’anglicise aussi ?

L’histoire du français au Canada est pourtant simple : d’une décennie à l’autre, il pèse de moins en moins dans la composition du pays.

Au Canada, il est en voie d’extinction, même si des parents anglophones de Colombie-Britannique rêvent d’offrir des cours d’immersion française à leur progéniture. Il y a quand même des limites à se payer d’illusions et à se faire croire que le sursaut viendra de Vancouver !

On retrouve alors une évidence : il n’y a d’avenir pour le français que là où il est en nette prépondérance démographique. Et cet endroit, c’est au Québec. Le seul geste qu’Ottawa puisse vraiment faire pour le français consiste à reconnaître sur ce sujet les pleins pouvoirs au gouvernement du Québec sur son territoire.

INDÉPENDANCE

Mais pour l’instant, Mélanie Joly profite de l’inaction du gouvernement caquiste qui ne cesse d’annoncer une réforme de la loi 101 qui ne vient pas. Elle occupe un terrain vacant.

Le simple bon sens en vient à nous échapper : ne devrait-il pas aller de soi que le Québec devrait être le seul maître de son destin sur le plan linguistique, sans avoir de permission à demander au Canada anglais ?

Ne devrions-nous pas être maîtres chez nous ? Ne devrions-nous pas être un pays indépendant ?

On ne dénoncera jamais assez

La reconnaissance du français est une bataille de tous les instants au Québec. Une invraisemblance ! Est-ce qu’on va se réveiller comme peuple ? Est-ce qu’on va se laisser faire ? Est-ce qu’on veut donner aux générations futures une image de conquis ?

J’attends avec impatience la nouvelle loi 101 du ministre Jolin-Barrette. Elle doit frapper fort, avec les dents acérées pour montrer à la communauté anglophone que nous sommes maîtres chez nous et que s’ils ne sont pas satisfaits, il reste 9 autres provinces pour leur éviter les contraintes linguistiques.

Ce ne sont pas les politiciens qui le disent, qui le crient, qui vous parlent… c’est moi, un simple CONtribuable intolérant et radical qui en a assez, même si vous êtes incapable de me lire.

J’ai bien aimé l’article de Josée Legault, publié dans le Journal de Montréal du 17 novembre dernier. Cette personne cosignait en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101. C’est son article que je veux vous partager aujourd’hui.

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SORRY, I WON’T SPEAK FRENCH

« Sorry, I don’t speak French. » Née à Montréal avec la Révolution tranquille, j’ai passé mes deux premières décennies à entendre cette phrase dans les commerces du centre-ville. Du mépris à l’état pur.

Pour que ça change, il aura fallu des manifs et des luttes politiques. Surtout, l’adoption en 1977 de la loi 101 par le gouvernement Lévesque. Dès les années 90, le français recommencerait néanmoins à reculer.

Affaiblie par les tribunaux au fil des ans, la loi 101 perdait déjà son tonus. À de rares exceptions près, les gouvernements successifs ont cependant refusé de la renforcer. Une grave erreur.

Je le sais d’expérience. Spécialisée sur la question linguistique, je cosignais en 1996 le premier rapport sur la situation de la langue française au Québec depuis l’adoption de la loi 101.

VOYANTS JAUNES

Il avait été commandé en 1995 par Jacques Parizeau. Le premier ministre désirait avoir l’« heure juste ». Ce rapport avait documenté certains reculs du français qui, dans plusieurs domaines, s’installaient déjà. Or, dans la classe politique du jour et des médias, on l’a qualifié d’« alarmiste ». La suite des choses montrerait qu’il avait pourtant signalé d’importants voyants jaunes, qu’on aurait mieux fait de ne pas ignorer.

Un quart de siècle plus tard, l’état des lieux le confirme. Samedi, notre bureau d’enquête en donnait une énième illustration. Sur 31 commerces visités au centre-ville de Montréal, 16 proposaient un accueil unilingue en anglais. Cette fois-ci, on croirait entendre « Sorry, I won’t speak french ».

On nous dit que c’est passager – la faute de pénurie de main-d’œuvre crée par la pandémie. C’est lui faire le dos bien large.

Si le français est accessoire dans autant de commerces, c’est que l’accueil en français seulement a pris le bord depuis longtemps. Et qu’on s’y habitue. Le « Bonjour-Hi », c’est ça.

Selon un sondage Léger/Le Journal, 58 % des répondants montréalais de 18 à 34 ans jugent en effet que d’être accueilli en français n’est PAS important. Chez les francophones du même âge, ce chiffre baisse toutefois à 26 %.

Le quart des jeunes francophones, c’est néanmoins inquiétant pour l’avenir. Car plus le temps passera, plus cette indifférence au français risque d’augmenter si rien n’est fait pour renverser la tendance.

Chez les non-francophones de 18-34 ans, c’est encore pire. Malgré qu’ils soient des « enfants de la loi 101 », 84 % jugent qu’il n’est PAS important d’être accueilli en français. La régression est monumentale.

HÂTE DE VOIR ÇA

Étonnant ? Non. Depuis le référendum de 1995, l’effervescence des grands débats nationaux s’est éteinte. Les moins de 35 ans en sont les premiers orphelins politiques. Leur désintérêt gagne inévitablement du terrain.

Le fait est qu’à la fin des années 90, un fossé intergénérationnel s’est ouvert sur les questions nationale et linguistique. Il se creuse depuis. Inutile, par contre, de blâmer les nouvelles générations d’être rendues « ailleurs ».

Si une part importante d’entre elles ne sait pas distinguer le multilinguisme individuel, hautement souhaitable, d’un bilinguisme institutionnel néfaste pour la pérennité du français, c’est qu’on ne leur a jamais appris la différence. Étonnant ? Non. Les gouvernements sous lesquels elles ont grandi ont oublié leur propre devoir de protéger activement le français. Le gouvernement Legault promet maintenant un plan « costaud » pour lui redonner du muscle. Bien hâte de voir ça.

Un irrespectueux du français

Olivier Primeau, ce Québécois pure laine qui, malgré ce qu’il prétend, fait beaucoup de tort à la langue française au Québec tout en faisant fi de le loi 101.

Propriétaire du Beach Club de Pointe-Calumet, il prend plaisir à défier la loi 101 en anglicisant ses repas, et ses comptes sur les réseaux sociaux.

Dans le dossier pour préserver le français au Québec, c’est inacceptable qu’un Québécois francophone, soit délinquant comme lui.

Dans son article du 18 novembre, publié dans le Journal de Montréal, Sophie Durocher ne se gêne pas pour le ramasser d’aplomb. Article que j’endosse complètement et que je vous propose aujourd’hui.

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OLIVIER PRIMEAU : THINK BIG, STI !

Quand j’ai vu Olivier Primeau défendre ses noms de commerce en anglais, en disant : « C’est 100 % du marketing », la première chose qui m’est venue en tête, c’est la réplique célèbre d’Alexis Martin dans Les Boys 3 sur le « marke TTT ting ».

Puis j’ai pensé à Elvis Gratton et sa fameuse réplique « Ils l’ont-tu l’affaire, les Américains ! », mais surtout son célèbre « Think big, sti ».

LE KING DES KINGS

C’est parce qu’il « think big » qu’Olivier Primeau appelle sa chaîne de pizzérias « Slice Gang Pizza » avec le slogan « Slice to meet you », qu’il appelle ses mets congelés : « Poutine time » et « Burger Every day », qu’il appelle « Beach Peach » sa nouvelle boisson alcoolisée de la série « Beach day every day » et que son site internet s’intitule « Beach news everyday ».

Mais il a l’audace de nous dire sur son site : « Je suis à 100 % pour la préservation du français au Québec ».

Interviewé hier dans Le Journal, Olivier Primeau avait ceci à dire au sujet des gens offusqués par ses marques en anglais : « Le monde qui chiale fait 12 fautes par phrase en français ».

Je suis allé faire un petit tour sur son compte Twitter.

Voici ce qu’il écrivait le 18 octobre : « Pour le fun je fais un podcast à toutes les semaines avec mes chum (sic) pour les prédictions NFL… on es (sic) pourri mais on a ben du fun ».

Le 12 octobre : « C’est nice tu peux pas aller chez personne mais tu peux caller un Party au carrefour Laval dans le line up du Starbucks ».

Le 6 octobre : « Petit tweet comme ça on the side… vous croyez que le CH va faire un trade aujourd’hui ? ».

Le 7 août : « J’ai rêvé que le CH allait peu être (sic) éliminé (sic) Pittsburgh ».

Le 7 juillet, il parlait des « retombé économique (sic) » du Beachclub.

Je suis allée faire un tour sur son compte Instagram, où il se décrit en anglais seulement : « Doing everything well and new meme god ».

Son compte est rempli de : « Follow, like la photo et tag un(e) ami(e) ».

Pour annoncer son futur burger congelé, il écrit : « Tag une personne et si elle te répond pas en 5 minutes elle te dois (sic) un Burger. Après ma poutine congelé (sic), mon burger congelé arrive très bientôt. Nouveau format familiale (sic) ».

Oh, est-ce que quelqu’un pourrait dire à Olivier Primeau que sur sa page olivierprimeau.com il y a une grosse faute ?

On n’écrit pas « M’abonnez » mais plutôt « M’abonner ».

Monsieur Primeau haït bien ça, les gens qui font des fautes…

DE KESSÉ

Sur son site, Olivier Primeau a écrit hier un texte pour clarifier sa position sur les marques de commerce en anglais.

« Pour ce qui est de la bannière Slice gang pizza et de tous mes autres produits, je vois plus ça comme un slogan, et il se doit d’être à l’image de ce qu’il représente ».

Vous comprenez quelque chose là-dedans, vous ?

La mollesse d’un peuple

Très décevant de constater que 58 % des jeunes, au Québec, ne voient aucun problème à se faire servir en anglais ici. Ça donne encore la meilleure indication que l’assimilation est débutée. Imaginez la génération future qui subira l’influence et l’indifférence de leurs parents face à la langue française.

Et ce n’est pas que sur cet aspect que nous sommes un peuple de mous, d’influençables. Se faire donner une bonne tape sur la joue et montrer l’autre.

Richard Martineau, dans le Journal de Montréal récemment, décrivait le visage désolant du peuple québécois, comment il se laisse rabaisser sans la moindre résistance. Il conteste l’euthanasie des cerfs de Longueuil, mais pour défendre sa langue, il s’agenouille. Il n’hésite jamais à critiquer sans réserve la vision et les décisions de son propre gouvernement, quand il est question de défendre nos droits et nos distinctions. C’est le déclin de l’empire « québécois ».

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

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PEUPLE À GENOUX

Pourquoi les propriétaires de commerces situés Québec n’hésitent pas une seconde à embaucher des vendeurs qui ne parlent pas un mot de français ? Parce qu’ils savent que les Québécois ne se plaindront pas.

Pourquoi un travailleur anglophone ne fait pas le moindre effort pour parler français quand il prend un verre avec huit collègues francophones ? Parce qu’il sait que ses collègues vont se mettre à lui parler en anglais pour qu’il se sente accepté.

Ils vont même se parler en anglais entre eux pour qu’il puisse comprendre ce qu’ils se disent !

CIRCUS OF THE SUN

Pourquoi une unilingue anglophone qui travaille dans un commerce ayant pignon sur rue dans une ville du Québec n’éprouvera aucune gêne à s’adresser aux clients francophones en anglais ?

Parce qu’elle sait qu’elle n’aura qu’à dire qu’elle vient de Toronto et qu’elle travaille avec le public justement pour apprendre le français pour que les clients francophones trouvent ça super charmant.

Ils vont même la féliciter pour son ouverture !

Pourquoi les lobbys religieux contestent la loi 21 devant les tribunaux ?

Parce qu’ils savent que les Québécois n’aiment pas la chicane et qu’ils vont probablement accepter que leur gouvernement modifie cette loi pour acheter la paix.

Pourquoi, en octobre 1995, des Canadiens anglais sont venus au Québec nous donner des bisous, quelques jours avant le référendum ?

Parce qu’ils savaient que les Québécois sont très émotifs, qu’ils veulent être aimés et qu’ils fondent comme neige au soleil devant la moindre petite marque d’affection.

Pourquoi les entrepreneurs francophones donnent des noms anglais à leur commerce et à leur entreprise ?

Parce qu’ils se disent que pour percer à l’étranger, ça prend un nom anglais, même si le Cirque du Soleil a connu un succès international avec un nom français.

C’est aussi pour cette raison qu’ils donnent des noms à consonnance anglaise à leurs enfants : Kevin, Steve, etc.

BLACK LIVES MATTER

Pourquoi autant d’éditorialistes et de chroniqueurs francophones qui travaillent pour des médias francophones pourfendent la loi 21 ?

Parce qu’ils pensent que cette loi n’est pas bonne pour l’image du Québec dans le reste du pays, qu’elle fait passer les Québécois pour une bande de racistes. « Regardez à Toronto, c’est beaucoup plus multiculturel… »

Comme Justin Trudeau, ils associent – à tort – le rejet du multiculturalisme au rejet de la diversité.

Pourquoi les militants antiracistes de McGill et de Concordia ne prennent même pas la peine de brandir ne serait-ce qu’une seule pancarte en français lors de leurs manifestations ?

Parce que pour eux, le français, au Québec, est la langue des oppresseurs.

Et parce qu’ils se disent que les Québécois, qui aiment tant les States, trouvent probablement le slogan « Black Lives Matter »
pas mal plus cool que « La vie des Noirs est importante ».

C’est important, pour un mouvement de protestation porté par la jeunesse, d’être cool, non ? Et la langue cool, c’est la langue anglaise, comme tous les jeunes francophones le savent…

ON EST FIN

Pourquoi le gouvernement Legault va faire du collège Dawson le plus gros cégep du pays ?

Pour montrer que malgré la loi 101 et la loi 21, au Québec, on est gentils et ouvert.

Comme disait Étienne de la Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux… »

Allons voir ce qui se passe en Alberta

C’est curieux mais dès que je fais la promotion du français au Québec, les commentaires ne pleuvent pas. Au fait, ils sont inexistants. Pourquoi ?

Dois-je en conclure que j’ai raison et que je rejoins les francophones québécois ou ils ont déjà abdiqué et acceptent d’emblée le recul de notre langue ? Ils dorment profondément ou s’en foutent carrément.

C’est cette question existentielle que je me pose.

Quoi qu’il en soit, la minorité anglophone au Québec est la plus choyée en Amérique et probablement aussi à l’échelle planétaire. On les enveloppe dans la ouate et leur moindre demande est exaucée rapidement et sans aucune objection. Contrairement au reste du Canada, où nos francophones hors-Québec, n’ont pas le même succès. On les ignore totalement jusqu’à couper sans raison, le minimum pour subsister et s’éduquer.

Antoine Robitaille a écrit un article intéressant, dans le Journal de Montréal d’hier, sur le traitement récent en éducation, réservé à la minorité francophone en Alberta, citant même des problèmes similaires vécus en Ontario en l’an dernier. Leur traitement est pas mal plus indécent que nos anglos d’ici. Jugez-en par vous-même. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

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INJUSTICE POUR LES FRANCOPHONES

Il y a dans notre Dominion des injustices si gênantes entre francophones et anglophones qu’on semble préférer les ignorer.

La disparité de traitement entre les anglophones au Québec et les minorités francophones ailleurs au Canada, en matière de financement universitaire, est un de ces cas choquants.

EN ALBERTA

Dernier exemple en date : le Campus Saint-Jean, à Edmonton, est une des petites institutions francophones – avec une autre au Manitoba – qui assurent un peu d’enseignement universitaire en français dans les Prairies.

En 2015-2016, il y avait 822 étudiants. On y forme de nombreux professeurs de français qui iront enseigner dans les écoles d’immersion.

Or, le gouvernement albertain a décidé de sabrer les budgets des universités, amputant celui du Campus Saint-Jean de quelque 12 % en 2020. Une véritable saignée.

Tellement que la ministre fédérale des langues officielles, Mélanie Joly, fin octobre, a cru bon d’écrire à Jason Kenney pour lui proposer de financer en partie cette institution que certains jugent vitale pour la survie du français en Alberta.

Au micro de Qub, Mme Joly a dressé un parallèle avec le cas du gouvernement Ford en Ontario en 2019 qui, sous le même prétexte de compressions budgétaires, avait décidé de sabrer le projet d’université francophone en Ontario. Combat qu’elle a remporté.

Le jour de l’entrevue, le 28 octobre à Qub, Jason Kenney n’avait pas répondu à la ministre fédérale. Rien n’indiquait hier qu’il l’avait fait.

Lui qu’on croyait francophile. Lui qui s’exprime très bien en français. Espérons que le nouveau chef conservateur Erin O’Toole, que Kenney a appuyé lors de la course, le rappellera à ses devoirs à l’égard de la minorité franco-albertaine. L’éducation est de compétence provinciale après tout. Pas besoin d’Ottawa pour bien faire les choses.

LES PRIVILÉGIÉS

D’ailleurs, pendant ce temps, au Québec, le gouvernement Legault, – pourtant présenté dans la communauté anglophone comme dangereusement nationaliste – cédera à McGill un important actif, l’ancien hôpital Royal-Victoria. Et compte agrandir rapidement le cégep Dawson.

La proportion des fonds qui va aux universités anglophones au Québec connaît « une tendance à la hausse dans les 20 dernières années », m’écrit le chercheur Frédéric Lacroix (auteur de « Pourquoi la loi 101 est un échec » chez Boréal)

Depuis le dernier discours du trône à Ottawa, le gouvernement Trudeau reconnaît que le français a besoin d’aide même au Québec, en raison de « l’océan » anglophone que représente ce continent. (Il était temps.)

Pourtant, c’est cette seule province (qui a le français comme langue officielle, langue évidemment minoritaire sur le continent) qui « surfinance » les institutions post-secondaires de sa prétendue minorité (dont la langue est ultra puissante dans le monde actuel).

Le faible subventionne le fort, si vous me permettez de schématiser.

Au Québec, selon les calculs de M. Lacroix, les McGill, Concordia, Bishop récoltent 30 % des fonds destinés aux universités, soit 3,7 fois plus que le poids démographique des anglophones.

Si les franco-albertains étaient financés en proportion semblable, combien, selon M. Lacroix toujours, faudrait-il ajouter aux maigres 9,5 millions $ qu’ils ont reçus en 2015-2016 ? 177,2 millions !

Au contraire, on les a coupés.

Je ne saurais dire si c’est « systémique ». Mais c’est assurément injuste et scandaleux.

Que faut-il de plus pour agir ?

La protection de la langue française au Québec devient une urgence, une priorité absolue, suite aux récentes statistiques négatives.

Les chiffres ne mentent pas; le français est en déclin à Montréal. Les chiffres fournis par Léger sont sans équivoques. 63% des répondants se disent très ou assez préoccupés par la situation du français. Alors on attend quoi ?

Du côté du Mouvement national des Québécois, cette inquiétude grimpe de 17 % par rapport à 2018, soit 71 %. Que faut-il de plus ?

Hier, au bulletin de nouvelles, le journaliste voulait connaître le degré de connaissance du français en interrogeant quelques personnes qui attendaient en ligne, devant un magasin affichant une raison sociale en anglais. Eh bien, les trois premières personnes à qui il s’est adressé ont carrément répondu : I don’t speak french !

C’est beau, n’est-ce pas. On se serait cru dans un quartier de New York. Ils déambulent sans se préoccuper de se faire servir convenablement dans LEUR langue.

Voilà la réalité de Montréal et principalement dans l’ouest où la gangrène linguistique règne en roi et maître.

Pendant ce temps, à Québec, on attend toujours ce que le ministre Simon Jolin-Barrette nous prépare pour renforcer la loi 101. Promis pour le début de l’automne, il se fait attendre.

La rumeur veut que cette réforme ait du mordant. Attendons voir !

D’abord, comment voulez-vous faire refléter que Montréal est la deuxième ville française en importance au monde après Paris, quand on déambule dans l’ouest de la ville et que tout ce qui se lit est de prédominance anglophone ?

J’espère et je souhaite ardemment que la réforme fera en sorte d’obliger l’affichage FRANCOPHONE partout, sans passe-droit. Que Montréal respire la francophonie par son affichage. La diversité culturelle fait en sorte que Montréal est un vrai bordel linguistique et qu’il faut y mettre un terme.

L’éducation aussi. Arrêter de subventionner les institutions anglophones avec l’argent de la majorité des CONtribuables francophones.

Il faut revenir à la loi 101 originale. Elle protégeait tellement le fait français que les tribunaux, surtout fédéraux, ne se sont acharnés à la combattre et à la charcuter.

Monsieur Jolin-Barrette, vous n’avez pas le droit de nous décevoir.

Le fait français, prise 2

Malheureusement, pour les raisons sociales anglophones, la Charte leur donne la permission de l’utiliser à une seule condition, qui n’est pas souvent respectée et qui se lit comme suit : que le Règlement sur la langue du commerce et des affaires, qui découle de la Charte, permet aux entreprises d’utiliser un nom qui n’est pas en français à condition que celui-ci soit accompagné d’un « générique », comme le fait, par exemple, Marché Goodfood.

Par ailleurs, vous constaterez la mauvaise foi de Philippe Telio quand il francise simultanément les raisons sociales, sans faire le moindre effort de trouver un nom francophone. À cet égard, je lui rappellerai qu’au début de l’application de la loi 101, existait un commerce de peinture qui s’appelait Color your world, qui a été francisé pour « La couleur au foyer ». Il faut y mettre un minimum de volonté.

Source: Journal de Montréal

LES JEUNES POUSSES PRIVILÉGIENT L’ANGLAIS

Des entreprises reçoivent des millions de dollars en fonds publics même si leur raison sociale n’est pas en français. Même si Alimentation Couche-Tard, Cascades et le Cirque du Soleil ont conquis le monde avec des noms en français, les jeunes entrepreneurs québécois préfèrent souvent adopter des noms en anglais, ce qui ne les empêche pas de recevoir des fonds publics.

Au cours des derniers mois, Investissement Québec (IQ) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ont investi dans des entreprises comme Hopper, Hivestack, Breathe Life, Classcraft et Busbud. Des sites web de firmes comme Hivestack et Breathe Life ne sont pratiquement en anglais, en contravention flagrante avec la Charte de la langue française.

Sur les 61 entreprises québécoises du récent palmarès des 400 sociétés avec la plus forte croissance au pays, 22 ont des raisons sociales in English, soit 36 %. La proportion est encore plus élevée pour les jeunes entreprises axées sur les technologies.

« C’est bon qu’on en parle, d’attirer le regard sur cet enjeu-là », reconnaît Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Mais ce que je ne ferais pas, c’est de lancer la pierre à des entrepreneurs qui, de bonne foi, se sont dit : comment je peux, avec une marque, avec un nom, illustrer ce que je fais à l’international ? », ajoute-t-il.

Guillaume Caudron, PDG de Réseau Capital, ne soit pas de problème.

« Nos membres investissent dans les entreprises en fonction de leurs compétences et de leur potentiel et non pas en fonction de leur nom », tranche-t-il.

LE FRANÇAIS POUR LES INTIMES

Cet été, Investissement Québec a investi dans BuyBack Booth, la présentant comme une entreprise « basée à Montréal ».

Son chef de la technologie, Dominique Dion, affirme cependant que BuyBack Booth est une entreprise américaine et que sa société mère porte un nom en français : À la carte média.

Judith Fetzer, PDG de Cook it, une entreprise de repas livrés à domicile, explique avoir choisi ce nom afin d’« inclure le mot kit, pour kit à cuisiner ».

« Avec le recul, si je n’avais pas réfléchi à ça toute seule dans mon salon, j’aurais sûrement pu trouver un mot comme Google. Mais du haut de mon très peu d’expérience, ç’a donné ça », confesse-t-elle.

Pour se conformer à la Charte de la langue française, Daniel Kudish a modifié le nom de l’entreprise de photographie qu’il a cofondée. The Image Salon est ainsi devenu Image Salon, « ce qui nous a donné un nom bilingue », dit-il.

ASSOUPLISSEMENT ET RÉALISME

Mais selon lui, Québec devrait assouplir la loi 101.

« Nous sommes entièrement pour la préservation du français au Québec et au Canada, mais l’approche n’est pas toujours la meilleure, à mon avis, soutient M. Kudish.

Le fondateur de Startupfest, Philippe Telio, ne croit pas qu’il soit réaliste de traduire en français
les noms de toutes les jeunes entreprises québécoises.

« Lumino Vite au lieu de Lightspeed, PasseBoîte plutôt que PasswordBox ou RespiVie pour Breathe Life, ça ne serait pas facilement compréhensible pour les anglophones, qui sont souvent la clientèle cible ou les acquéreurs des startups québécoises. Mais en revanche, si la Starups cible le Québec, elle ne devrait pas utiliser un nom anglo-saxon. »

Sylvain Larocque et Francis Halin

Le fait français, prise 1

Le journal de Montréal publiait récemment, deux intéressants articles sur l’anglicisation fulgurante des marques de commerce ainsi que les désignations des entreprises œuvrant au Québec.

On observe le phénomène dans une foule de produits de consommation, et même chez les albums musicaux de certains artistes. En voici le premier de deux articles.

UNE QUESTION DE DIGNITÉ

Un pilier du monde de l’investissement québécois estime que les entreprises financées par l’État qui tournent le dos au français avec un nom anglophone devraient rendre des comptes aux Québécois.

« Il faudrait que l’entreprise, dans sa reddition de compte, fasse rapport de son comportement et de ses pratiques d’affaires à l’égard de la langue », pense Léopold Beaulieu. Ex-PDG et fondateur de Fondaction CSN.

Pour le bâtisseur de l’un des plus importants fonds québécois, dont l’actif net frôle aujourd’hui les 2,3 milliards $, c’est une question de respect,

« Quand on importe des produits ici, c’est la qualité qui nous intéresse, le nom de l’entreprise, qu’il soit allemand, espagnol, français ou anglais, est d’un importance secondaire », poursuit l’ex-syndicaliste.

Léopold Beaulieu ne comprend donc pas pourquoi cela devrait être différent quand c’est l’inverse qui se produit.

Il insiste : au Québec, la langue officielle, c’est le français. Il en va de la dignité même du peuple québécois, selon lui.

RELÂCHEMENT

« Il y a une dérive qui peut s’expliquer par une certaine négligence, un certain relâchement, explique l’ex-numéro 1 de Fondaction. C’est une question de respect, d’affirmation et de dignité ».

Quand on lui demande ce qu’il pense du discours 100 % en anglais de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, prononcé il y a deux ans pour accueillir des entreprises britanniques, il en appelle à la responsabilité.

« Le français, langue officielle, comporte des exigences. Il y a un rôle de pouvoirs publics, qui doit pouvoir s’exprimer. Il y a du soutien aux entreprises, Le français doit être la langue du travail et des affaires », résume M. Beaulieu.

François Halin

ANGLICISMES MALHEUREUX AU QUÉBEC

– Album TRAVELLING de Daniel Bélanger

– Home staging

– UBER Eats

– DOORDASH

– Vintage

– Door Doctor

– Home Hardware

– Mile Public House

– Crest 3D White

– Bounce Wrinkleguard

– Zoombombing

La loi du moindre effort et le non-respect d’une langue unique dans toutes les Amériques.

À suivre…

Montréal s’appellera bientôt « Montreal »

L’anglais prend de plus en plus de place dans le quotidien de Montréal et ses environs. Le gouvernement de la CAQ ne fait rien pour protéger la langue française et on le voit avec ses investissements au Collège Dawson et à l’Université McGill.

La réforme de la loi 101, par Simon Jolin-Barrette, a besoin d’avoir des dents sinon, ce sera un coup d’épée dans l’eau.

À ce sujet, je vous propose la chronique de Denise Bombardier, publiée dans le Journal de Montréal du 28 septembre dernier.

LA DÉRIVE DE LA CAQ

J’avoue que l’annonce du gouvernement du Québec, la semaine dernière, de financer à hauteur de dizaines de millions le Collège Dawson a été un choc, qui m’a laissé coite.

Donc, en pleine pandémie, alors qu’on s’apprête à passer de l’orange au rouge, c’est-à-dire à retourner dans l’enfer d’un confinement total, le gouvernement du Québec confirme l’agrandissement du cégep anglophone Dawson, auquel avait consenti le gouvernement Couillard.

Cet agrandissement s’explique par l’engouement des étudiants francophones pour s’inscrire dans le système anglais. La CAQ rejette l’idée de modifier la loi 101 afin d’obliger tous les étudiants francophones et immigrants à étudier en français jusqu’à la fin du collégial.

Devant le recul du français, nombre de nationalistes auraient souhaité le renforcement de la loi 101 sur cette question fondamentale pour assurer notre survivance en tant que peuple. Car à Montréal, désormais, les francophones sont minoritaires.

François Legault, le nationaliste, a-t-il oublié qu’il demeure le seul protecteur de la majorité francophone du Québec grâce à laquelle il caracole dans les sondages ?

Comment peut-il accepter d’accentuer l’anglicisation du Québec en cautionnant l’agrandissement du collège Dawson où s’engouffrent des étudiants francophones et des immigrants libérés des exigences de la loi 101 qu’on leur a imposée au primaire et au secondaire ?

RÊVE BRISÉ

L’anglicisation de Montréal est galopante. Bientôt la ville revendiquera le bilinguisme – faisons confiance à la mairesse-sourire – sur un territoire désormais dominé par une majorité anglophone. Le reste du Québec deviendra peut-être le territoire folklorique des nationalistes jurassiques.

La pandémie actuelle engourdit les réflexes. Elle repousse tous les combats, dont celui de la langue, au second rang.

L’avenir du français et des institutions francophones est menacé par Justin Trudeau et son désir d’envahir les compétences provinciales et par toutes les minorités culturelles, raciales et religieuses qui se réclament du multiculturalisme canadien, ce dynamiteur de la loi 101. Comment François Legault peut-il gouverner de la sorte ?

Lettre ouverte du ministre responsable de la langue française

La loi 101 : une source de fierté

Il y a, dans l’histoire d’une nation, des moments qui marquent la conscience collective. Nous soulignons aujourd’hui (hier) l’un de ces moments. Il y a 43 ans, soit le 26 août 1977, l’Assemblée nationale adoptait la Charte de la langue française.

L’adoption de la loi 101, à la suite de débats d’une intensité rarement observée au Québec, a su nous unir. Cette union sacrée porte tous les accents de la langue française. Et avec elle, notre histoire, notre culture, nos espoirs, nos traditions nos institutions, nos réussites et, surtout, notre avenir.

Cette loi est fondamentale pour le Québec. Le premier ministre de l’époque, René Lévesque, savait bien qu’il fallait agir. Le 26 août 1977, lors des débats menant à l’adoption de la loi 101 à l’Assemblée nationale, il se prononçait ainsi : « C’était non seulement notre droit, mais c’est notre devoir, dans le contexte où nous avons à vivre, de penser à la défense et à l’illustration de l’instrument essentiel de notre identité, qui est la langue française. »

Ainsi, le Québec était, est et devra être francophone. Il s’agit d’un principe non négociable.

NOTRE IDENTITÉ

Cette loi a changé nos vies à bien des égards. Elle a permis au Québec de s’affirmer, de viser haut et de se tenir droit, en faisant du français l’instrument l’amenant à s’inscrire dans l’Histoire et d’assurer sa cohésion sociale.

Pour la première fois au Québec, une loi proclamait que toute personne a le droit de travailler et de s’instruire en français, d’être informée et servie en français, de s’exprimer en français, dans toute assemblée délibérante, d’exiger que l’Administration, les services de santé et les services sociaux ainsi que les diverses entreprises communiquent avec elle en français.

Des gains, la loi 101 en a permis plusieurs. Le visage français de l’affichage commercial s’est amélioré. Les consommateurs québécois ont pu obtenir des services en français. L’usage du français au travail a connu un élan sans précédent. La fréquentation de l’école française primaire et secondaire par les enfants néo-Québécois est devenue la norme.

Depuis 43 ans, parler du Québec, c’est aussi parler de sa langue, de notre langue. De cette langue française qui nous caractérise et qui est au cœur de notre identité depuis des siècles. De cette langue française qui nous permet de dire qui nous sommes – partout dans le monde – et, surtout, qui nous voulons être; ce symbole d’affirmation d’une culture qui s’est édifiée avec l’apport de tous ceux et celles qui la partagent, Québécoises et Québécois de naissance ou d’adoption.

Quarante-trois ans ont passé, mais…

Mais.

Le profil du Québec et ses besoins ont évolué. Pensons à la mondialisation des marchés et de l’économie du savoir. À la démocratisation de l’éducation supérieure. À l’interconnectivité des populations. À la transformation des milieux de travail et de leur organisation.

Comme beaucoup d’autres Québécoises et Québécois, je suis préoccupé par les données récentes sur la langue française. Au travail. Dans les choix que nous faisons pour nous instruire ou pour nous divertir. Dans notre environnement visuel et sonore, Dans nos échanges publics. Dans la francisation des immigrants, malgré une nette amélioration l’an passé.

La ferveur qui, en 1977, animait nos gains a cédé tranquillement le pas à la tiédeur et aux hésitations, en particulier dans la métropole.

Le temps des « mais » est révolu. Il est temps d’agir. Nous y arriverons.

LE COURAGE

Il y a fort à parier que le Québec d’aujourd’hui ne serait pas le même sans l’anniversaire que nous soulignons. Cet anniversaire, il est aussi celui du courage du gouvernement Lévesque qui aura su répondre positivement au défi de son époque :

« Nos enfants se rappelleront toujours ce moment privilégié, ce moment de mutation et de cristallisation où notre peuple s’est à la fois retrouvé et transformé, où il a pris conscience de sa singularité au moment même où il l’affirmait avec sérénité et assurance, où il a repris possession à la fois de sa langue et de son pays, où il a vibré collectivement à l’évocation d’un passé où il se racine et d’un avenir où il se projette. » – Camille Laurin

Quarante-trois ans plus tard, ces mots résonnent encore, empreints d’actualité. La langue française est un instrument de notre développement, de notre fierté. Défendre et promouvoir notre langue est – depuis – une responsabilité historique du Québec. Votre gouvernement agira en ce sens.

Nous serons à la hauteur de cette responsabilité définie il y a maintenant 43 ans; « un Québec vivant en français, où il sera normal que les Québécois, quelle que soit leur origine ethnique et culturelle, puissent s’exprimer en français, participer de plein droit à une société française, admettre que le français est ici la langue commune à tous ».

Au Québec, la langue française n’est pas un problème, mais une solution.

Cette langue est notre force. Ce qui nous distingue et ce qui nous rassemble.

Soyons-en fiers.

Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice, ministre responsable de la langue française

Priorité à la protection du français

Il y a exactement 43 ans aujourd’hui, la loi 101 était officiellement adoptée. Par le fait même, le Québec officialisait le français et en assumait sa primauté dans l’affichage, l’éducation et au travail. 

Voici un texte de circonstance.

Jamais je n’abandonnerai les occasions d’écrire sur la langue française qui se meurt à Montréal. C’est ma croisade. Je suis de ceux qui préconise des mesures drastiques du gouvernement du Québec pour renforcer la loi 101, déjà abondamment charcutée depuis son adoption. Toutes les publicités qui transmettent des mots anglais ou même des descriptions prononcées à l’anglaise me donnent des éruptions cutanées.

Et pendant ce temps nos jeunes se bilinguisent et dès lors choisissent l’anglais. On n’a qu’à leur demander ce qu’ils écoutent : Netflix et toutes les séries anglaises. Ils écrivent le français tout croche, comme ils le parle de temps en temps.

En complément de ce que je pense, je fais la promotion des articles que les journalistes et auteurs écrivent sur le sujet. Le 24 août dernier, Denise Bombardier en faisait le désolant constat du recul du Français à Montréal. C’est l’article que je veux partager avec vous aujourd’hui.

LE RECUL DU FRANÇAIS ?

Simon Jolin-Barrette, le ministre responsable de la langue française, nous annonce un plan « costaud » pour la protéger, qui consisterait entre autres à assujettir les entreprises de compétence fédérale à la loi 101.

Dans ma tendre enfance lorsque j’accompagnais ma mère chez Eaton, rue Sainte-Catherine, je m’adressais à elle en anglais, car j’étais honteuse de révéler ma faiblesse, c’est-à-dire que j’étais francophone. Bien sûr, cela agaçait ma mère. Par contre, à l’adolescence, le français est devenu pour moi un combat définitif.

En 2020, hélas, je dois toujours « radoter » sur le même thème. Aujourd’hui, à Montréal où je suis née, les chiffres démontrent noir sur blanc que le français fout le camp. Il ne recule pas, il régresse. Que cela soit bien clair.

Nous souhaitons que le ministre Jolin-Barrette, qui a subi dans le passé quelques revers en raison de sa fougue entêtée, retrouve sa combativité passionnée pour reprendre le combat même si, à long terme, il s’annonce perdu d’avance.

DÉMOGRAPHIE

La démographie ne joue pas en faveur des francophones. Et ce ne sera pas avec la mairesse Sourire de Montréal, devenue écrivaine d’une bande dessinée à la guimauve gauchiste, qui adore faire des discours en anglais croyant qu’elle parle en français, que le bilinguisme actuel va disparaître.

Le nombre de familles montréalaises qui parlent français à la maison est désormais sous la barre de 50 %. D’ailleurs. Les francophones ne sont plus majoritaires à Montréal. Même des Français immigrés dans le Plateau-Mont-Royal parlent anglais au quotidien. Ça fait branché et vachement nord-américain pour eux.

Il faut davantage qu’un plan gouvernemental « costaud ». Il est impératif de sensibiliser les jeunes générations élevées dans un relativisme qui les amène à croire que la langue française et, par extension, la France sont des réalités qui n’ont plus de poids dans la mondialisation. Car les jeunes croient trouver leur identité diluée dans un planétarisme linguistique où l’anglais est leur mot de passe.

Le français continue de régresser

On n’a qu’à lire les journaux et écouter les différentes émissions d’informations, tant radiophoniques que télévisuelles, pour se rendre à l’évidence; la langue anglaise, internationale, continue de trôner en tête de liste des langues les plus parlées. C’est bien dommage pour nous. Robert Bourassa, Camille Laurin et René Lévesque doivent se retourner dans leur tombe.

Après une lutte de plus de 200 ans, en 1974 sous le gouvernement libéral de Robert Bourassa, le français devenait la langue officielle du Québec avec l’adoption de la loi 22, le 31 juillet. Une loi qui ne plaisait pas à tout le monde et principalement aux anglophones et Italiens qui prétendaient qu’elle allait trop loin. Elle avait tout de même ses faiblesses.

Après le balayage péquiste de 1976, Camille Laurin y allait de la loi 101. Loi qui faisait du français la langue de l’administration publique, de l’enseignement et du travail. Depuis, les différents tribunaux l’ont charcuté abondamment et sans aucun respect pour la majorité québécoise.

L’AFFICHAGE ET LA PUBLICITÉ

Principalement dans la grande région de Montréal, l’affichage s’anglicise partout. De jour en jour, le phénomène prend de l’ampleur. En écoutant la télé, les annonceurs se plaisent donner une prononciation anglaise aux produits qu’ils annoncent, et ce, même si le mot se dit très bien en français. Lentement mais sûrement, on progresse vers l’assimilation. On se promène sur la rue et si on se ferme les yeux, on a l’impression d’être à Toronto ou n’importe autre ville canadienne.

LA RELÈVE

Les jeunes se bilinguisent. Et que font-ils lorsqu’ils sont bilingues ? Ils consomment en anglais. Leur univers est anglophone. La musique, la télé, les séries sur Netflix et aussi sur le câble, et l’internet, ils privilégient la langue de Shakespeare. Le français? Ce n’est pas à la mode, c’est pour les vieux, les dépassés. Même phénomène chez la plupart des nouveaux arrivants. Ils conservent une langue internationale qu’ils connaissent déjà et continuent de la parler sans respect pour la terre d’accueil.

LE TRAVAIL

Le français la langue de travail. Vous voulez rire ? Les employeurs exigent que leurs employés, ou ceux en devenir, soient bilingues dans plus de 60 % des cas. Si tu es anglophone, les portes du travail sont toutes grandes ouvertes. Les unilingues francophones sont mis carrément de côté. Ici, chez-eux ! Au Québec, la communauté anglophones jouît de privilèges que les communautés francophones ailleurs au pays n’ont pas. Ils doivent se conformer à la majorité et celle-ci protège à tout prix sa langue.

On avait l’occasion de faire enfin la même chose en 1977. Au fil du temps c’est la société francophone qui a abdiqué, qui s’est laissée assimilée à petit feu et aujourd’hui, ils s’en balancent parce que le monde s’ouvre à eux et à eux seuls.

L’ÉCOLE

Le comble de l’arrogance est survenu le 10 août dernier, alors que la Cour supérieure du Québec a suspendu temporairement la réforme scolaire du gouvernement Legault pour les districts anglophones. Ceux-ci contestent sa constitutionnalité, comme toutes leurs batailles. Le petit mange le grand ! Ça me fait penser lorsque vous êtes dans votre propre maison et que votre voisin s’invite chez-vous et prend le plein contrôle de votre demeure et que honteusement, des membres de votre propre famille sont heureux de ça et même plus, ils s’amènent pour leur donner un coup de main.

C’est insensé, mais c’est la réalité. Une guerre constante entre les deux communautés. Qui triomphera à ce petit jeu ? Vous avez votre réponse !

D’ici 30 ans, le français sera malheureusement une langue moribonde. On ne dira plus des Québécois, mais des Happy Quebekers !