Nos cousins, démolisseurs de la langue française

Les Français sont passés maîtres dans l’art de massacrer la langue française. Ils sont les rois des anglicismes à outrance dans leurs paroles et leur affichage. La langue de Molière n’a jamais été autant défigurée. Le berceau de la langue française agonise.

Et au Québec, le même phénomène s’accélère. À la radio, tous les jours, des animateurs se servent d’anglicismes aux quarts d’heure. Des mots et expressions simples en français qu’ils anglicisent sans oublier d’ajouter fièrement : « comme on dit en français ». Ça me met le feu au derrière.

Au cours d’un récent voyage en France, Sophie Durocher nous racontait comment nos cousins s’anglicisaient au point de ressembler à n’importe ville anglophone du monde. Malheureusement, c’est ce qui risque d’arriver au Québec à moyen terme… si nous n’y voyons pas très sérieusement.

Voici d’ailleurs son texte qu’elle publiait dans sa chronique du Journal de Montréal du 26 juillet dernier.


LE SPEAK WHITE DES FRANÇAIS

Depuis que je suis arrivée à Paris, je suis découragée. L’anglais est partout ! Je n’étais pas venue en France depuis l’été 2019, pandémie oblige, et en deux ans, la situation du Français, loin de s’améliorer, a empiré.

Alors que vient de mourir Michèle Lalonde, l’auteur de Speak White, j’ai l’impression que les Français ont bien besoin qu’un de leurs artistes leur serve une œuvre coup de poing pour les réveiller !

Allo, les cousins, vous vous laissez écrabouiller par le rouleau compresseur de l’anglais !

PARLEZ-VOUS FRANGLAIS ?

Partout, les restaurants et les commerces annoncent qu’on peut commander en ligne et venir chercher sur place. Comment s’appelle cette pratique en France ? « Click and collect ».

Vous aimez les jeux d’évasion ? Allez à « The Game » ou « You’ve got sixty minutes ». Au centre des sciences de La Villette, la section pour enfants s’appelle « Little Villette », et les ateliers de bricolage sont des « Ateliers maker ».

Une publicité pour les paris de sport de la Française des jeux (l’équivalent de Loto-Québec) proclame : « Bet de jeux ».

Les restos affichent « Street Food », « Juice Lab », « Take Away », « Fish Brasserie », « Feel Healthy, Feel Good, Feel Beautiful, ou Feel Green », « Organic Coffee », « Natural Food ». « Eat-in Take out », « Greek Street Food ».

Devant un magasin de lunettes, je vois ce slogan : « You are hotter than July ». Une pâtisserie propose des gâteaux sur mesure « Cake Customize ». Et la meilleure, un caviste très franco-français qui s’appelle « Le Wine Shop ».

Même les institutions nationales s’y mettent. La poste annonce ses « Solutions Business ». Sur les vélos électriques, le slogan « Take the reins ». J’ai même vu dans un restaurant de poisson sympa le slogan « Huguette, the place where drinking champagne is cooler & cheaper ».

Il y a des tas de choses que j’adore de la France, au point de vue culturel.

1- Le fait que partout en ville des plaques commémoratives sur les murs nous rappellent que « Molière est mort ici », « Malher a vécu ici », « Cet hôtel accueillit Erik Satie, Louis Aragon, Rainer Maria Rilke », « Chopin a composé ici », « Camille Claudel a sculpté ici » et même, à côté de mon hôtel, une plaque rappelle que Félix Leclerc y a vécu à son arrivée à Paris.

2- Le fait que les films en langue étrangère sont présentés avec des sous-titres au lieu d’être doublés.

3- Le fait que n’importe quel jour de l’année, on peut voir sur grand écran des films de répertoire. Tenez, ce soir, à Paris j’ai le choix entre La mort aux trousses de Hitchcock, Les Moissons du ciel de Terrence Malick, ou L’avventura d’Antonioni, ou une rétrospective Rossellini…

Bref, il y a tout un tas d’idées dont le Québec pourrait s’inspirer. Mais pour ce qui est de l’anglais, ce sont vraiment les Français qui devraient s’inspirer de nous.

Je suis allée voir l’extraordinaire exposition consacrée à Napoléon à La Villette. On y décrit entre autres comment la France a combattu les Anglais. Pauvre Napoléon.

Avec ce « tout à l’anglais », cette prolifération « english » partout et tout le temps, il frappe son Waterloo.

EN FRANÇAIS, S’IL-VOUS-PLAIT

Par contre, une seule chose me rassure.

Même si l’anglais est omniprésent, jamais, à aucun moment, dans aucun musée, dans aucun commerce, dans cette ville éminemment touristique, personne ne m’a accueillie avec un « Bonjour Hi ».

Encore un affront

L’ami Justin n’en est pas à un affront près. La récente nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale en est un bel exemple. Une Autochtone qui, mis a part l’inuktitut et l’anglais… ne sait rien du français ! La routine canadienne quoi, dans ce pays qui a deux langues officielles !

Sophie Durocher a publié un article intéressant sur le sujet dans les pages du Journal de Montréal du 7 juillet et je veux le partager avec vous.


LE FRANÇAIS, WHO CARES ?

Je n’ai aucun intérêt pour la fonction de gouverneure générale.

C’est un poste de plante certes, de potiche, de représentant d’une monarchie désuète.

Mais comme ce poste (salaire et pension à vie) est payé grassement avec mes impôts, je m’y intéresse.

Quand j’ai appris que la prochaine gouverneure générale ne parlerait pas un mot de français, j’ai vu rouge. Comme le drapeau du « plusse meilleur pays du monde ». Si on doit payer des centaines de milliers de dollars pour une fonction de petits fours et de coupeurs de cordons lors de cérémonies officielles, que la personne qui occupe ce poste superfétatoire me parle au moins dans ma langue !

ROYALEMENT IGNORÉE

Mary Simon parle l’inuktitut et l’anglais. Elle a appris l’anglais dans un externat fédéral où le français n’était pas enseigné.

Je ne blâme pas Mme Simon… mais je blâme ceux qui n’ont pas mis comme critère d’embauche que le chef d’État d’un pays bilingue devait être… bilingue !

Je comprends la symbolique de nommer une femme et de nommer une Autochtone, bien sûr, dans le contexte actuel. Mais aux dernières nouvelles, il y avait deux langues officielles dans ce pays. Impossible de ne pas voir dans cette nomination de Justin Trudeau un aveu que pour les libéraux, la notion de « diversité » n’inclut pas la diversité linguistique.

Madame Simon n’avait qu’une phrase en français dans son discours officiel. Elle nous a dit qu’elle « pré trèze au sério » son rôle de « défenseur de la diversité culturelle et linguistique »… Personne au gouvernement n’a trouvé que c’était une gifle au visage des francophones, « a mari usque ad mare », d’un océan à l’autre ?

On sent de moins en moins que le français et les francophones sont respectés dans ce pays.

Vous voulez un autre exemple ? Radio-Canada a publié le 18 juin un texte de Daniel Leblanc intitulé : « Un PDG unilingue au Musée canadien de l’histoire ? »

On y apprenait que « Le candidat qui est favorisé par le gouvernement Trudeau pour prendre les rênes du Musée canadien de l’histoire à Gatineau suscite la controverse à l’interne, notamment en raison de craintes quant à sa connaissance du français. […] Le candidat favorisé par le gouvernement est loin d’avoir impressionné le CA du conseil d’administration du Musée en ce qui a trait à son niveau de bilinguisme ».

Et ce n’est pas tout.

Daniel Leblanc nous rappelait aussi qu’en 2019, le gouvernement avait choisi Sasha Suda (une unilingue anglophone) pour diriger le Musée des beaux-arts du Canada. Elle avait bien sûr promis qu’elle allait apprendre la français. « Mais l’an dernier, elle a suscité de nombreuses critiques en offrant une visite virtuelle du Musée des beaux-arts uniquement en anglais », nous dit Daniel Leblanc.

Quel beau pays que le Canada… Gouverneure générale ? Pas de français. Musée des beaux-arts ? In English only. Musée de l’histoire ? I don’t speak french !

Et vous voulez nous faire croire que l’on est des citoyens à part entière ? On s’en souviendra aux prochaines élections…

LA LANGUE DE CHEZ NOUS

Mme Simon, la nouvelle gouverneure générale, a déclaré : « Je me suis engagé à apprendre le français et je suis prête à commencer n’importe quand après mon installation à Rideau Hall ».

On salue l’effort. Mais pourquoi ai-je comme le sentiment que le français, encore une fois, est vu non pas comme une langue seconde mais comme une langue… de seconde classe ?

Metro ou Métro ?

En y regardant l’enseigne de plus près, j’ai remarqué que l’accent aigue n’était pas là. Depuis combien de temps ? Peut-être toujours et ça m’a beaucoup déçu. Je veux parler de l’épicerie metro, dont je suis client depuis longtemps.

Une entreprise québécoise qui sert tout le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, avec une excellente qualité de produits et est aussi propriétaire des marques Super C, Marché Adonis et Metro Richelieu entre autres.

J’ai toujours écrit Métro, parce que selon moi, c’est de cette façon qu’elle doit s’écrire, du moins au Québec. De cette même façon qu’on le prononce. C’est français !

Mais voilà que la raison sociale est metro… sans l’accent. Pourquoi ?

Pourquoi cette raison sociale prend-t-elle une forme anglaise ?

Pourquoi c’est le « é » qu’on entend dans sa phonétique?

J’aimerais bien qu’on m’explique la raison de cette calligraphie.

Au moment où les raisons sociales anglaises pullulent dans notre marché francophone, il n’était pas nécessaire d’embarquer dans la parade.

Métro est une entreprise et un fleuron québécois avec des revenus annuels de plus de 16 milliards $, 90 000 employés dans 950 succursales et un PDG francophone en la personne de Éric Richer La Flèche.

En anglicisant ses marques de commerce et maison, Selection, elle impose l’anglais canadien sans se conformer à la langue d’affichage prédominante en français, au Québec, comme l’exige la loi 101.

Autre preuve du déclin

« On l’oublie souvent, mais la recherche, ça peut aussi faire partie de la culture d’une population. C’est pour ça que c’est important que ça puisse se faire davantage en français. »

C’est la déclaration de Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM, au journaliste Olivier Faucher du Journal de Montréal. Une autre évidence du recul de la langue française. Voici la suite de l’article.


LE FRANÇAIS EN DÉCLIN DANS LES THÈSES ET MÉMOIRES

De plus en plus d’étudiants choisissent l’anglais pour leur travail final, au Québec.

La proportion d’étudiants au doctorat qui choisissent de rédiger leur travail final en anglais a presque doublé en 15 ans dans les universités francophones du Québec.

C’est ce que révèle une étude du professeur à l’école des médias de l’UQAM Jean-Hugues Roy.

En 2006, les thèses de doctorat réalisées en anglais dans les établissements francophonesreprésentaient autour de 15 %. En 2019, cette proportion avait presque doublé.

Pour les mémoires de maîtrise, une légère hausse est observée pour la même période, pour atteindre 10 % en 2019.

« La production scientifique, ça fait partie de la culture d’une nation. […] Que la recherche se fasse en anglais, c’est aussi préoccupant que si c’était le cinéma ou la musique. Mais la recherche s’adresse aussi au monde entier et à la communauté de chercheurs », pense M. Roy.

C’est dans les sciences pures que l’anglais est le plus attractif. Les données les « plus frappantes » selon l’auteur se retrouvent d’ailleurs dans des universités spécialisées dans les sciences pures, comme l’École de technologie supérieure, où 72 % des thèses de doctorat rédigées en 2019 étaient en anglais, et HEC Montréal, où cette proportion a atteint 80 % lors de la même année.

AUSSI EN SCIENCES HUMAINES

Dans les sciences humaines, la progression est plus timide, mais tout de même présente.

« À McGill et à Concordia, il avait une tradition où on retrouvait beaucoup de thèses en français et il y a une diminution là aussi », ajoute M. Roy ».

Ces chiffres ne sont pas étonnants et concordent avec un rapport publié en début juin par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) qui a observé une chute importante du français dans le monde de la recherche au Canada, soutient Sophie Montreuil, directrice générale de l’ACFAS.

LA LANGUE DU « PRESTIGE »

Cela est surtout lié à la course au prestige international qui s’est accélérée dans le domaine scientifique, croit Vincent Larivière, professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante à l’Université de Montréal.

« Les revues en français sont considérées moins prestigieuses, explique-t-il. Faire une carrière dans le domaine des sciences sociales et humaines en français, c’est encore possible. Dans le domaine des sciences médicales et naturelles, si vous ne publiez pas en anglais, on peut dire que vous n’existerez pas. »

« Il faut vraiment s’inquiéter de ce phénomène, pense Mme Montreuil. Les populations locales et nationales, si elles n’ont pas accès à des résultats de recherche parce qu’elles ne lisent pas la langue, c’est un frein à la diffusion de connaissances à l’échelle planétaire.

Une triste évidence pour le français.

Une vérité vraie pour les décennies à venir, et pas des tonnes. À l’intérieur d’une vingtaine d’années, le français aura régressé. Mercredi dernier, Sophie Durocher en a fait le sujet de son article dans les pages du Journal de Montréal. J’endosse tellement son propos que c’est la lecture que je vous propose aujourd’hui. Une triste évidence qui ne ment pas.

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LA SWITCH EST A BITCHE

Le 19 mars, Facebook a supprimé la page d’une petite ville française de 5000 habitants parce qu’elle était « en violation des conditions applicables ». C’est que, voyez-vous, cette ville de la Moselle s’appelle Bitche et qu’en anglais, « bitche » c’est un mot très vilain qui consiste à traiter quelqu’un de chienne.

Sous la pression, Facebook s’est rendu compte de son erreur et hier, la page était restaurée.

Le plus drôle, c’est que le maire de la ville a invité Mark Zuckerberg à visiter sa petite municipalité. Il a aussi rappelé que la ville avait été libérée par des Américains, en 1945, et que ces soldats s’étaient eux-mêmes appelés « Sons of Bitche ».

Je sais, c’est anecdotique. Mais je vois dans cette histoire le signe que de plus en plus, sur les réseaux sociaux, c’est l’anglais qui mène.

JE BITCHE, TU BITCHES

Ici au Québec, où on parle de plus en plus franglais, combien de personnes se traitent de bitche ? On conjugue même le verbe bitcher à tous les temps.

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que je suis tombée sur une série de publicités de la Fondation pour la langue française qui m’ont vraiment fait réfléchir à la présence de plus en plus insidieuse de l’anglais dans notre vocabulaire.

Dans le cadre de sa campagne Ne perds pas ton français, cette Fondation diffuse sur les médias sociaux une série de capsules qui montrent l’évolution de notre « vocabulaire » au fil des décennies…

Premier exemple : « 2000 : Ça m’a déplu. 2010 : Ça m’a turné off. 2020 : Ça m’a turn off. 2030 : Ça turned me off. 2040 : That turned me off

Voici un deuxième exemple de publicité de la Fondation.

« 2000 : J’ai échappé mon téléphone. 2010 : J’ai dropé mon téléphone. 2020 : J’ai drop mon phone. 2030 : J’ai drop my phone. 2040 : I dropped my phone. »

On doit tous reconnaître qu’on se laisse aller à un relâchement. Ça commence par un mot, par-ci, par-là. Un titre d’émission de télé. Un animateur qui parle de « show » au lieu de « spectacle ». On s’habitue. Notre oreille s’y fait.

On entend une animatrice parler de « tattoo » au lieu de « tatouage ». On s’y fait. On s’habitue.

Je ne jette pas la pierre aux autres. Je m’inclus dans ce ramollissement collectif.

Mais c’est pour ça que je trouve la petite pub de 15 secondes de la Fondation pour la langue française aussi percutante. On se rappelle tous l’époque pas si lointaine où on faisait des phrases complètes en français sans recourir à la béquille de l’anglais.

Mais avec les médias sociaux, l’influence de l’anglais est décuplée.

C’est une chanteuse hyper connue qui écrit sur Instagram : « Le printemps à Montréal is upon us

C’est une chroniqueuse d’un journal montréalais qui se décrit sur Instagram comme « Business columnist, Serious foodista, wannabe fashionista, unapologetic feminista » (pas un mot en francista).

C’est une animatrice qui écrit : « Smiling inside and out ! Bon dimanche tout l’monde ! Full chixée, 1 fois par semaine ».

Je ne veux bitcher personne, mais si on continue comme ça, en 2040, we’ll all be speaking la langue de Sugar Sammy.

Parlons mieux

En parcourant mon Journal de Montréal d’hier, je suis tombé sur un texte, la lettre ouverte de Martine Delsemme, Ph. D. Conseillère pédagogique retraitée et ex-enseignante de français langue seconde au secondaire. Également rédactrice pour le programme de francisation de la SOFAD.

Curieusement et agréablement surpris, j’ai fait le parallèle avec mes petites capsules; ET SI ON DISAIT, que je publie régulièrement sur Facebook depuis un bon moment.

Celles qui proposent le bon mot français pour remplacer les détestables et désagréables anglicismes. C’est ma modeste contribution à ma langue, et j’entends récidiver souvent.

Dans son article elle traite de ce mouvement qui devrait faire boule de neige. Évidemment ça demande un effort mental, mais ça en vaut la peine pour conserver et promouvoir notre merveilleuse langue française. Je vous propose donc cet article aujourd’hui.

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ET SI ON DONNAIT UN COUP DE POUCE À SIMON JOLIN-BARRETTE ?

Plusieurs chroniqueurs et éditorialistes soulignent régulièrement le relâchement de la langue française, l’avancée d’un bilinguisme bancal, voire le désintéressement des Québécois envers la protection du français. Et ce, au profit de l’anglais.

Dans sa démarche de réformer la loi 101, notre jeune ministre Simon Jolin-Barrette n’a encore rien présenté officiellement, mais on se doute bien de sa vulnérabilité face à ce combat de titans.

N’est-il pas injuste de faire porter à un seul homme le poids de cette responsabilité incommensurable ? On sait aussi que la coercition rebute les esprits et qu’on obtient de meilleurs résultats avec la persuasion, voire la « séduction ».

UNE LANGUE VALORISÉE DANS LE MONDE

On parle beaucoup de l’attractivité de l’anglais, mais est-il utile de rappeler que la langue française est la plus belle et, avouons-le, la plus « sexy » de toutes ?

Sa richesse n’a certainement rien à envier à l’anglais. Elle aussi sait s’imposer dans des domaines aussi diversifiés que l’économie, la fiscalité, l’électronique, les sciences, et j’en passe. Tout, absolument tout ce qui se dit en anglais peut être dit en français.

Alors, je me suis dit… Et si on pouvait un peu aider notre jeune et valeureux ministre collectivement ? Je m’explique. Pourquoi ne pas se servir des médias les plus populaires – télé, radio, journal – pour publier des capsules pédagogiques ludiques au quotidien ?

Notre colonie artistique regorge de talents pour donner du piquant à ces capsules. Évidemment, il faudrait partir du contre-exemple (la faute) et proposer la forme correcte. Une petite capsule ludique qu’on entend à répétition – tout comme n’importe quelle publicité, d’ailleurs –, ce n’est pas trop exigeant et ça ne bourre pas le crâne indûment comme pourrait le faire un chapitre de grammaire, par exemple.

UNE PRISE DE CONSCIENCE S’IMPOSE

Si je dis à mon garagiste : « J’ai dû faire booster mon char », je sais que je pourrais formuler cette affirmation avec un peu plus d’élégance. La prise de conscience est multiple.

1) Est-ce que je change de niveau de langue parce que je parle à un garagiste qui n’a rien à cirer de la langue ? Faire l’équation entre un français relâché et le type de travail qu’exerce un individu relève peut-être du préjugé…

2) Est-ce que j’utilise un anglicisme parce que je ne connais pas le mot juste en français ? Si je me force un peu, je dois reconnaître que je peux troquer le mot « booster » pour « recharger la batterie ».

3) Est-ce que c’est plus facile de dire le premier mot qui me passe par la tête ? Oui, c’est plus facile et souvent moins long d’utiliser un anglicisme, et ça prend un effort pour trouver le mot juste.

4) Est-ce que c’est important de parler mieux ? Oui, oui et oui, car notre façon de parler dit qui nous sommes. Et dans tous les cas, quand on hésite pour le mot juste ou la bonne tournure, Google peut venir à notre rescousse par le biais de l’OQLF.

Alors, je crois que ces capsules pédagogiques et ludiques auraient le mérite de favoriser l’apprentissage ou le réapprentissage d’un français correct et plus élégant.

Sans s’engager dans une voie de saturation, pourquoi ne pas sélectionner les fautes de syntaxe ou encore les anglicismes les plus courants et sensibiliser la population à leur correction ?

Comprenons qu’il ne tient qu’à nous de progresser dans notre façon de nous exprimer sans nécessairement avoir à retourner à l’école pour y arriver.

Réaffirmer la fierté de notre langue, c’est l’affaire de tout le monde.

Anglicismes : on ne s’en sortira pas

Il existe encore des dinosaures comme moi qui ne cessent de dénoncer le massacre de la langue française par des anglicismes à la mode, « plaisants », de « bon goût », selon leur dire.

Partout c’est la tendance. Dans une conversation, ça s’insère bien ! Ça prouve nos préférences pour l’anglais, quoi qu’on en dise. Les émissions de sport, les entrevues, tant à la radio qu’à la télévision… ça pullule d’anglicismes.

Quand je les regarde ou les écoute, le peu de cheveux qui me reste sur la tête se dressent et spontanément, je sors son pendant français. C’est plus fort que moi et croyez-moi, l’abondance est là sans oublier les sacres qui commencent à faire leur apparition. Dimanche dernier Guy A. Lepage s’est permis un juron… à Radio-Canada, qui l’aurait cru ?

Depuis quelques mois, je publie des capsules « Et si on disait » sur Facebook pour démontrer aux internautes que la langue française est assez riche pour éviter les anglicismes. Je reçois quelques approbations et commentaires, sans plus. À l’usage, je me rends bien compte que nous sommes à l’agonie linguistique.

Sur le même réseau social, j’en publie d’autres dans lesquels je m’interroge sur l’anglicisation des raisons sociales, des marques de commerce. Personne ne se casse la tête pour trouver des noms français qui, au moins, dévoilerait au grand jour le fait français au Québec.

Ce ne sont pas les exemples qui manquent !

En ne respectant pas ce minimum de reconnaissance à une majorité de plus en plus fragile, on va au plus facile.

Pour illustrer mon propos, récemment, je suis tombé sur la revue Plein Soleil, de Diabète Québec. Dans un reportage qui parlait d’activité physique, on suggérait quatre applications et sites Web pour inciter les gens à se choisir un programme d’entraînement. Sur les quatre sites proposés, avec un contenu francophone, un seul portait un titre français : MON YOGA VIRTUEL. Les trois autres étaient en anglais : MOVE 50 +, MA ZONE FIT, de Josée Lavigueur et NIKE TRAINING CLUB. Qui dit mieux. Et c’est comme ça partout.

Comment voulez-vous démontrer le cachet français de notre province si son affichage ne l’est pas ? Un minimum d’effort s’il-vous-plaît.

Je ramène toujours le même exemple mais il en fait foi. En 1977, après l’application de la loi 101, existait un commerce qui s’appelait Color Your World. L’imposition de la loi 101 a obligé les raisons sociales de se franciser. Le nom est devenu La couleur au foyer. Avec de la bonne volonté, tout est possible.

Partout, l’assimilation se fait à petites doses. On intègre graduellement les termes et expressions anglophones, comme une maladie lente, très lente mais au final, mortelle. On le voit au Québec par les statistiques qui le démontrent. Les chiffres sont révélateurs. Nous sommes condamnés à mourir, comme le Manitoba qui regorge de citoyens et d’endroits avec des noms francophones, et qui n’en parlent pas un traître mot. C’est là qu’on se dirige. Je ne pense pas vivre ça mais nos descendants oui.

C’est triste d’assister à la mort d’un peuple.

Je suis impatient de voir la nouvelle version de la loi 101. Il faut qu’elle soit drastique, incisive, à la manière d’un Camille Laurin, de ce qu’il a donné au Québec et que d’autres ont massacré. Le français doit dominer le Québec dans son image et dans ses lois et dans ses valeurs fondamentales. Ce doit être un minimum acceptable.

Inacceptable !

Une manchette dans le Journal de Montréal du 20 mars dernier, sous la plume d’Étienne Paré, vient ajouter du poids au déclin du français au Québec.

L’épilogue est renversant !

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UN FRANCOPHONE DE GATINEAU EXPULSÉ D’UN COMMERCE

Un homme de Gatineau s’est fait montrer la porte d’une brûlerie du secteur Aylmer, en début de semaine, après avoir insisté pour être servi en français.

Christian Lafleur ne remettra pas les pieds de sitôt à la Brûlerie artisanale Brown Bag Coffee Roasters, qui a un nom de commerce déjà plus bilingue que certains de ses employés.

« Le seul employé qui était là ne parlait pas un mot de français. Il a fini par comprendre que je voulais du café en lui pointant ce que je voulais », dénonce M. Lafleur, qui baragouine à peine la langue de Shakespeare,

Il tenait tout de même à l’informer que la loi 101 garantit le droit d’avoir une réponse en français au Québec.

« Son attitude, c’était : je ne parle pas français, donc c’est à toi de parler en anglais. Pour lui, c’était normal qu’au Canada, la langue de travail soit l’anglais », relate le jeune retraité de l’enseignement, qui assure être resté poli, même s’il était profondément contrarié.

Le ton a rapidement monté entre le client et l’employé. Ce dernier aurait fini par tirer les sacs de café au bout de ses bras, avant d’expulser M. Lafleur de la brûlerie.

« Il a paniqué », excuse Benjamin Lefebvre, responsable du marketing en ligne de l’entreprise.

« C’est un employé qui vient d’Afrique du Sud et c’est vrai que le français n’est pas sa force, reconnaît-il. D’habitude, il y a toujours des employés bilingues, sauf que ce jour-là. Personne n’a pu venir. »

FRANÇAIS ÉCORCHÉ SUR INTERNET

Ce commerce agit dans la vie de tous les comme s’il avait pignon sur rue moyens de l’autre côté de la rivière des Outaouais, au mépris de la Charte de la langue française.

Sur la page Facebook de l’entreprise, les communications se font d’abord en anglais, parfois uniquement. Le français est également malmené sur le site internet de la brûlerie, qui a pourtant ouvert en 2017.

« C’est une petite business, créée par deux anglophones qui n’ont pas beaucoup de moyens », défend M. Lefebvre, avant d’ajouter que les propriétaires travaillent depuis février à traduire leur site pour se conformer à la loi.

D’ici-là, l’Office québécois de la langue française analyse les plaintes qui lui ont été adressées à ce sujet dans les derniers jours.

« Nous avons communiqué aujourd’hui avec la Brûlerie artisane Brown Bag afin de l’informer des plaintes reçues. Les vérifications nécessaires seront réalisées et, le cas échéant, des demandes de corrections seront faites à l’entreprise », a-t-on précisé par courriel hier.

ANGLICISATION

Selon M. Lafleur, le fait français est de plus en plus menacé en Outaouais.

« À Ottawa, on va toujours nous répondre en anglais, ce qui est correct parce qu’on est en Ontario. Mais ici, on peut très bien être unilingue anglophone, car de toute façon, tout le monde finit par s’adapter et parler en anglais », déplore-t-il.

Des juges parfaitement bilingues, obligatoire au Québec

Est-ce que Simon Jolin-Barrette sortira enfin de son mutisme et nous servir sa vision et le fruit de son travail pour la protection espérée de la langue française au Québec; la loi 101.

Vous n’avez pas idée combien j’ai hâte qu’elle devienne réalité. Je suis comme l’enfant à la veille de déballer ses cadeaux de Noël. Et je souhaite que cette réforme ait les dents acérées d’un prédateur, et non édentée.

Gilles Proulx en a fait son texte dans les pages d’opinions du Journal de Montréal du 11 mars dernier. Opinion que je partage sans réserve.

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IL FAUT SAUVER LE SOLDAT JOLIN-BARRETTE

Pour défendre le français, comme langue d’usage au Québec, une question vitale, le d’Artagnan de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, bataille souvent seul, fin seul, contre l’hydre fédéraliste. Aucun collègue-mousquetaire de son parti pseudo-nationaliste ne daigne sortir l’épée du fourreau pour lui prêter main-forte.

Récemment, la juge en chef de la Cour du Québec insiste pour imposer la maîtrise de l’anglais obligatoire pour les juges afin de respecter le sacro-saint droit d’avoir un procès en anglais qui devrait primer, bien sûr, celui d’avoir le français pour langue d’usage. « Que non ! », lui a dit Simon Jolin-Barrette.

Où sont les Pierre Fitzgibbon, les Nathalie Roy, les Caroline Proulx, les François Bonnardel et les Danielle McCann pour appuyer leur cadet qui se démène comme un poisson dans un bocal ?

ATTENTISME

Avec son audace initiale dans le dossier de la laïcité, le gouvernement de François Legault a su, d’un côté, bannir les signes religieux chez les représentants de l’État pendant leur service, et, d’un autre, retirer le fameux crucifix.

On se disait que le régime de la CAQ avait compris que les causes raisonnables, populaires et nécessaires l’emportent toujours sur les hurlements et les menaces vides des multiculturalistes; il suffit de les ignorer pour aller de l’avant.

Pourtant, dans le dossier de la langue, cette audace est disparue… sauf chez Simon Jolin-Barrette !

ANGLICISATION

Pensez-vous qu’en Colombie-Britannique ou en Saskatchewan, on exige des juges bilingues ? Bien sûr que non. Si un francophone est traduit en justice, il peut demander le service d’un interprète. Ça devrait être ça au Québec… et non pas une obligation totalement aberrante pour les juges du Québec de maîtriser l’anglais à la perfection ! Sur ce point, Jolin-Barrette a mille fois raison !

Je me pose la question : ce ministre fougueux est-il toujours à sa place au sein de la CAQ qui demeure la spectatrice passive de son combat ? Un pour tous et… tous croisent les bras ?

Un franglais dégradant

De plus en plus de d’ex-joueurs de hockey deviennent analystes à la radio ou à la télévision et, par le fait même, dégradent la langue française avec une montagne d’anglicismes, résultat de leur carrière respective. Les back check, les fore check, stop and go, et j’en passe. Ils traînent avec eux un franglais désagréable qui, bien souvent, est incompréhensible.

Les plus vieux se souviendront de René Lecavalier, ce descripteur des parties du Canadiens de Montréal de jadis, qui a redonné ses lettres de noblesse en utilisant et même en enrichissant un vocabulaire francophone exemplaire. Un précurseur très peu imité.

Le plus bizarre dans tout ça, c’est que la jeune génération phonétique d’analystes sportifs utilise des anglicismes tellement compliqués, incompréhensibles par leurs définitions, qu’ils doivent les expliquer en français la seconde suivante. Je déteste quand on dit une expression anglaise en ajoutant « …comme on dit en bon français. »

C’est rabaisser la langue française. C’est hautain ! C’est prendre les francophones pour des colonisés. De plus, ce sont les idoles des jeunes.

Denise Bombardier a abordé le sujet plus général de la population, en parlant de maltraitance, un mot à la mode, dans le Journal de Montréal du 9 mars dernier que je veux partager avec vous aujourd’hui.

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LA LANGUE MALTRAITÉE

Je ne suis pas à la mode de notre époque. Je ne truffe pas mes conversations d’anglicismes. Je ne dis pas « salle à dîner » (dining room) pour « salle à manger » et le « Bon matin ! » (Good morning !) m’écorche les oreilles.

Autrement dit, je suis « baveuse », comme on dit, parce que je rétorque : « Vous voulez dire BONJOUR ? » « Ben, c’est pareil ! », me réplique-t-on souvent.

Eh bien, non. Parler un français calqué sur l’anglais, ce n’est pas parler français. La tendance à dire « çala », qu’on entend cent fois par jour, même dans la bouche de ceux qu’on désigne sous le nom d’élite, est généralisée. Le mot « çala » est devenu l’usage. Les linguistes qui n’échappent pas au discours idéologique rétorquent que l’usage généralisé d’un mot est une acquisition. Donc, la langue s’effiloche.

Est-ce normal que des professeurs d’université, qui possèdent plus de 17 ans de scolarité, massacrent le français pour faire « peuple » ? Où ont-ils réussi à traverser leur scolarité sans respecter les règles, sans connaître la grammaire et sans se soucier du vocabulaire indigent qui est le leur ?

RELÂCHEMENT

Comment peut-on accepter que des enseignants pratiquent devant leurs élèves une langue relâchée, triviale, voire grossière ? Cela existe et ne soulève souvent que des réactions catastrophées des professeurs de français qui incarnent le dernier bastion de défenseurs de la langue dans le système d’éducation.

Je sympathise avec ces résistants qui dans un dernier recours demandent aux journalistes que nous sommes de les soutenir. Je reçois des témoignages émouvants d’enseignants tentés d’abandonner le métier qu’ils ont choisi par amour de la langue, mais toujours guidés par la mission de transmettre le désir de culture et de dépassement intellectuel aux jeunes.

Nous ne cessons de vanter la qualité de nos séries télévisées, qui n’ont rien à envier à celles dont on nous inonde les écrans à travers les Netflix et autres plateformes, qui imposent d’autres valeurs culturelles à la terre entière.

Cependant, dans un grand nombre de séries québécoises, la langue subit tous les outrages. C’est souvent une langue intraduisible, une langue clanique, truffée d’expressions vulgaires, où la syntaxe est éclatée, une langue qui n’est plus le français. Ni le joual, d’ailleurs, une langue qui violente le français. C’est une langue qui, à l’évidence, ne fait pas faiblir les cotes d’écoute, ce qui est plus triste de l’affaire.

INDIFFÉRENCE

Non, le plus triste, c’est l’indifférence des Québécois à ce lent, mais inéluctable détachement collectif face à cet héritage des ancêtres venus du Nouveau Monde au dix-septième siècle.

Nous avons reçu du français, cette langue universelle, notre identité. Nous l’avons protégée des assauts des Anglais. Durant des siècles, c’est en français que nous avons bâti le pays, que nos écrivains et poètes ont raconté notre histoire, c’est en français que nous nous sommes aimés ou battus, que nous avons résisté, que nous avons prié, que nous nous sommes ouverts au monde.

Notre langue s’affaiblit. Peu de gens la chérissent de nos jours. En maltraitant le français en en réduisant le vocabulaire, c’est nous-mêmes que nous rapetissons. Et ainsi, nous nous condamnons à bafouiller notre avenir incertain.

Subtilités du français écrit

LE REDOUBLEMENT DES CONSONNES

UN OU DEUX « L » ?

Le balai ne prend qu’un seul « L » car il n’a qu’un manche, mais le ballet en prend deux, car il faut deux jambes pour danser !

Une hirondelle a besoin de ses deux « L » pour voler. Une enveloppe ne prend qu’un « L » puisqu’on envoie une seule lettre par enveloppe, mais deux « P » parce qu’elle est en PaPier !

On écrit « une balade » si c’est une promenade, mais une ballade lorsqu’il s’agit d’un poème.

Enfin, rendons hommage à la libellule qui, pour voler, possède quatre « L ».

UN OU DEUX « R » ?

Nourrir prend deux « R », car on s’alimente deux ou trois fois par jour… Alors que mourir n’en prend qu’un seul, puisqu’on ne meurt qu’une fois !

Courir aussi, car, essoufflé, on manque d’« R » !

Merci Lise

Une grosse plaisanterie

Dimanche soir dernier, alors que j’écoutais bien campé dans mon fauteuil Tout Le Monde En Parle, est apparue Mélanie Joly venu nous parler de son projet de loi sur la sauvegarde de la langue française au pays. J’ai failli m’étouffer. En anglais, on dirait bullshit. Un qualificatif que comprend facilement le reste du Canada.

Soudainement, le gouvernement de Justin venait de se rendre compte qu’on existait, nous, les francophones. Il veut faire parler de lui comme un ardent défenseur de la langue française avant que la CAQ se décide à présenter sa réforme de la loi 101 promise depuis des lunes. Il faut avoir voyagé au pays pour se rendre compte que le français est très loin dans leurs préoccupations.

Si ce n’est déjà fait, je vous propose de lire l’intéressant article de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal du 23 février dernier. Ça résume très bien la question.

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MÉLANIE JOLY NOUS RACONTE DES HISTOIRES

Mélanie Joly est en tournée de promotion. Elle cherche à nous faire croire qu’elle vient de monter sur son destrier pour se porter à la défense du français, dont le gouvernement fédéral découvre tout juste la fragilité !

Et naturellement, c’est Ottawa qui le sauvera !

Reprenons urgemment nos esprits.

FRANÇAIS

Partout au Canada, le français régresse.

Et c’est une vue de l’esprit qu’on le sauvera dans les provinces anglaises où les communautés de langue française sont déjà condamnées à vivoter en misant sur l’immigration francophone. N’ayons aucune illusion : en l’espace de quelques années, elle s’anglicisera. Faut-il rappeler qu’au Québec, elle s’anglicise aussi ?

L’histoire du français au Canada est pourtant simple : d’une décennie à l’autre, il pèse de moins en moins dans la composition du pays.

Au Canada, il est en voie d’extinction, même si des parents anglophones de Colombie-Britannique rêvent d’offrir des cours d’immersion française à leur progéniture. Il y a quand même des limites à se payer d’illusions et à se faire croire que le sursaut viendra de Vancouver !

On retrouve alors une évidence : il n’y a d’avenir pour le français que là où il est en nette prépondérance démographique. Et cet endroit, c’est au Québec. Le seul geste qu’Ottawa puisse vraiment faire pour le français consiste à reconnaître sur ce sujet les pleins pouvoirs au gouvernement du Québec sur son territoire.

INDÉPENDANCE

Mais pour l’instant, Mélanie Joly profite de l’inaction du gouvernement caquiste qui ne cesse d’annoncer une réforme de la loi 101 qui ne vient pas. Elle occupe un terrain vacant.

Le simple bon sens en vient à nous échapper : ne devrait-il pas aller de soi que le Québec devrait être le seul maître de son destin sur le plan linguistique, sans avoir de permission à demander au Canada anglais ?

Ne devrions-nous pas être maîtres chez nous ? Ne devrions-nous pas être un pays indépendant ?