C’est de l’auto assimilation

Alexandre Des Roches! Y a-t-il plus francophone et québécois que « Alexandre Des Roches », un Québécois pure laine qui a eu une crampe à son cerveau de colonisé pour faire un affront de la sorte à la langue française au Québec, lors de la réouverture de la nouvelle boutique Adidas en plein centre-ville de Montréal. Un accommodement raisonnable envers la communauté francophone d’avoir placé quelques mots de français pour les journalistes présents. C’est de l’auto assimilation.

Pourtant, le français est la langue officielle du Québec depuis 40 ans. Malheureusement elle perd de plus en plus de plume au profit de l’anglais et l’actuel gouvernement qui règne depuis 15 ans ne fait rien ou très peu. Les commerçants ont jusqu’à la fin de 2019 pour franciser leur affichage extérieur et croyez-moi, les inspecteurs chargés de faire appliquer cette loi auront du pain sur la planche. Autre recul; la francisation des immigrants qui s’avère un fiasco monumental. On constate et c’est tout. On dénonce ce désastre du bout des lèvres.

Dès qu’un petit Québécois devient bilingue, son réseau social adopte l’anglais; ses amis, ses fréquentations, ses habitudes télévisuelles et radiophoniques s’assimilent. Constatez comment Netflix envahi le Québec, avec son contenu à 95% anglais et son exemption de taxes. Il n’en faut pas plus pour assimiler la population. Et le fédéral cautionne tout ça? Pathétique! En bref, on court à notre propre perte, conduit par notre propre peuple.

Dans le Journal de Montréal, Pierre Couture y est allé récemment d’un article assez évocateur de la situation du français à Montréal. Je partage avec vous ce texte très intéressant.

Des Québécois résignés

Pendant que certains commerces peinent toujours à servir des clients en français à Montréal, des organismes n’hésitent pas à dénoncer l’inertie des Québécois à revendiquer leurs droits.

L’an dernier, sur les 2973 plaintes reçues à l’Office québécois de la langue française (OQLF), seulement 18% concernaient la langue de service des commerçants. « Ce n’est pas la faute des immigrants, mais bien celle des francophones », déplore le porte-parole du Mouvement Québec français, Éric Bouchard.

Selon ce dernier, certains francophones « qui ont développé le complexe du colonisé » auraient tout simplement peur de déplaire en revendiquant leur droit de se faire servir en français au Québec. « Résultat : le français dans l’affichage commercial recule depuis 25 ans », soutien M. Bouchard.

Or, pour le mouvement Impératif français, « cette arrogance exprimée par un petit gérant francophone d’une boutique Adidas est éloquente », indique le président Jean-Paul Perreault. Même les francophones en sont rendus à s’excuser de parler français. Il faut le faire », ajoute-t-il.

ENCORE DEUX ANS

À l’OQLF, on soutient que le dossier de l’affichage en français retient toujours l’attention. Les commerçants ont encore deux ans pour se conformer à la nouvelle réglementation sur l’affichage extérieur. « Dès novembre 2019, les entreprises devront avoir un message en français sur leurs affiches sans être obligées de changer leur marque de commerce », indique le porte-parole de l’OQLF, Jean-Pierre Leblanc.

L’an dernier, plus de 70% des plaintes déposées à l’OQLF relevaient de l’affichage public et commercial ainsi que de la langue de documentation de produits sur le web. L’OQLF soutient que 7 plaintes sur 10 enregistrées proviennent de la région de Montréal.

Or, malgré des milliers de plaintes, seulement sept entreprises ont été trouvées coupables depuis le début de l’année de ne pas avoir respecté la loi sur l’affichage en français, et elles ont été condamnées à des amendes totalisant 14 000$

Un autre exemple d’assimilation pernicieuse du français

Image

francais2-e1510635573845.jpgAutre preuve du déclin de la langue française chez nous; le test d’évaluation des connaissances en français pour les immigrants. Une évaluation en ligne qui peut être complétée par n’importe qui et qui fausse les données. À ce sujet, Denise Bombardier signait sa chronique d’hier dans le Journal de Montréal. Un article intéressant qui lève le voile sur une pratique et des manières de faire très discutables au ministère de l’Immigration. Un texte que je partage avec vous.

Francisation des immigrants : échec

Mais n’avons-nous donc que des incompétents au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion? En découvrant dans La Presse d’hier que le test du ministère pour évaluer les connaissances en français des nouveaux arrivants est non seulement un échec mais une fraude, l’on comprend que tant d’entre eux se découragent et quittent les cours d’apprentissage du français.

Les professeurs de français, interdits par le ministère de parler aux journalistes, ont devant eux des gens incapables de comprendre des phrases telles que « comment ça va? » ou d’écrire « je voudrais un rendez-vous », alors qu’on les a classés dans un groupe avancé au-dessus de leur capacité. Cela résulte du fait qu’on les soumet à une évaluation en ligne, une mesure découlant des coupures de personnel. Or, remplir un questionnaire en ligne peut être fait par n’importe qui. Et à l’évidence, cela se vérifie.

INCURIE

Cette incurie est à l’image de notre politique d’immigration alors que le premier ministre Couillard ne parle d’inclusion tout en traitant d’intolérants ceux qui osent s’interroger sur l’incapacité ou le refus d’une partie importante des immigrants d’apprendre le français. Nous sommes fiers de notre loi 101, qui francise les enfants issus des communautés culturelles, mais nous devrions savoir qu’à l’avenir ces jeunes choisiront en plus grand nombre encore le cégep anglais.

J’ai traversé ma vie à aimer la langue française, à l’imposer et à la défendre chez nous et partout dans la francophonie. Je me suis insurgée contre l’anglicisation en France, un tic snobinard des branchés complexés devant les États-Unis qu’ils méprisent par ailleurs. Et cela bien avant l’avènement de Trump, l’unilingue anglais, au vocabulaire limité et à la parole vulgaire.

Mais l’indifférence actuelle des Québécois qui parlent désormais les deux langues en même temps, et ce, sans s’en apercevoir, est une autre raison de découragement. Les immigrants arrivés au Québec depuis la Révolution tranquille ont longtemps donné des leçons aux Québécois de souche en parlant un français standardisé, voire soutenu, de quoi nous complexer, nous les francophones.

FAUX BILINGUES

Mais l’on n’arrête pas le progrès. Nous avons un premier ministre, Justin Trudeau, bilingue et biculturel, mais il faut souvent comprendre l’anglais pour décortiquer son français, un calque de l’anglais. Pour ne pas parler de Mélanie la jolie et de certains autres ministres anglophones qui estiment parler français, mais qui le baragouinent sans que cela nous importune.

Et que dire du nombre de ministres du gouvernement Couillard, qui usent d’un français parfois stupéfiant et souvent atterrant? Avons-nous besoin de les nommer?

La désorganisation des cours d’apprentissage du français, un moyen essentiel pour l’intégration des immigrants, présage de nouveaux conflits entre la majorité francophone et une partie des allophones dont il n’est pas erroné de croire qu’ils seront emportés dans le courant d’anglicisation généralisée. Entre-temps, au Québec certaines élites baissent les bras ou se propulsent dans le monde postnational, mondialisé, sans autre identité culturelle que de n’en pas avoir.

La loi 101 encore baffouée

Vous savez comment j’ai la langue française à cœur et combien je trouve déplorable qu’on la laisse aller. Hier matin, j’ai lu avec grand intérêt le billet d’un autre grand défenseur de la langue de Molière; Gilles Proulx, qui décrivait la triste réalité de Montréal dans son affichage de plus en plus anglophone. C’est ce texte que je veux vous offrir aujourd’hui…

101 façons de s’aplatir

Lorsque je me promène dans l’aéroport Trudeau, je peux me repaître en attendant l’avion chez les restaurateurs Pork & Pickle et Urban Crave, ces beaux noms évocateurs du Québec.

Si je me balade sur la rue Ontario dans Hochelaga, je peux prendre un verre au bar Blind Pig non loin duquel ouvrira bientôt une pizzeria nommée Heirloom, par ironie peut-être puisque heirloom, signifie patrimoine ou héritage… celui que nous liquidons.

Lorsque TVA Nouvelles m’apprend que le Canadien de Montréal fait la promotion de la phase 3 de sa Tour en envoyant des brochures en anglais et en cantonais, je me scandalise : Ils ont donc oublié le Mandarin!

LES LOSERS

Suis-je étonné que Jean-François Gosselin, aspirant maire de Québec, ne parle qu’en anglais à ses enfants à la maison depuis leur naissance (si j’en crois François Bourque du Soleil)? Non. À Rivière-du-Loup, on est fier d’imposer aux hockeyeurs du secondaire un entraîneur, Andrew Randazzo, unilingue anglais.

Le journaliste de Radio-Canada dit que c’est avantageux, car dans la ligue de hockey junior majeure du Québec, presque tout ne se passe qu’en anglais. Les entraîneurs québécois francophones prépareraient ainsi leurs ouailles à la LNH ou plutôt la NHL. Comment dit-on « perdants » en anglais? Ah oui! Losers!

INUTILE OQLF

Sur la rue Notre-Dame Ouest, je tombe sur une boutique appelée Stockmarkt qui affiche ses heures et jours d’ouverture et de fermeture en anglais seulement. La vitrine comporte des noms de marques plus anglicisants les uns que les autres. Aucun mot en français (à part boutique).

J’en ai avisé l’Office québécois de la langue française qui, bien sûr, m’a répondu ne rien pouvoir faire. À quoi set cet organisme dont la nouvelle ministre responsable, Marie Montpetit, milite pour effacer le nom du grand poète Octave Crémazie de sa circonscription. Elle veut plutôt celui de Maurice Richard qui se faisait gueuler des ordres en anglais dans le vestiaire… exactement comme le hockeyeur adolescent d’aujourd’hui.

Encore des données alarmantes

L’ambiguïté des québécois francophones sur la préservation de leur langue maternelle ne cessera de nous surprendre. Quand je parle d’assimilation et du fait que notre langue est déjà en phase terminale, je ne suis pas tellement loin de la vérité.

Le malheureux fait que les jeunes libéraux aient voulu qu’on ouvre toutes grandes les portes des écoles anglaises aux francophones et aux allophones est là pour le prouver… À petite dose, le peuple francophone mourra! Un triste sort. Mathieu Bock-Coté en a fait l’objet de son article d’hier, dans les pages du Journal de Montréal, qu’il me fait plaisir de partager avec vous.

La tentation de la mort

60% : selon un récent sondage paru pour marquer les 40 ans de la loi 101, c’est le pourcentage de Québécois souhaitant ouvrir l’école anglaise aux francophones et aux allophones. Et 53% des francophones sont d’accord.

En d’autres mots, les Québécois ont beau faire semblant de tenir à leur langue, ils désirent ouvertement ébrécher son noyau et renient son principe. C’est probablement la nouvelle politique la plus importante de l’année. Elle n’est pas vraiment surprenante non plus. Elle est conforme à la tendance des dernières années.

FRANÇAIS

Ceux qui relativisent tout nous expliquent de ne pas nous en faire et répètent qu’apprendre l’anglais ne veut pas dire qu’on désapprendra le français. C’est une pirouette.

Dans les faits, lorsqu’on espère éduquer ses enfants dans une autre langue que la sienne, c’est qu’on considère déjà qu’elle appartient au passé, qu’elle est folklorique et qu’elle n’ouvre plus les portes de l’avenir. Au Québec, quand l’anglais progresse, c’est que le français régresse. Le Québec bilingue, c’est un Québec anglais.

Les Québécois, au fond d’eux-mêmes, sont peut-être fatigués d’exister. Jean Bouthillette est un essayiste malheureusement oublié. Il a pourtant publié un livre essentiel, en 1972. Le titre : Le Canadien français et son double. Il nous aide à penser le paradoxe de l’identité québécoise.

D’un côté, on trouve un peuple qui a survécu à travers les siècles et qui a lutté pour conserver sa culture. D’un autre, ce peuple ne cesse de douter de lui-même. Parler français, vivre en français, espérer en français, en Amérique, est-ce que ça vaut vraiment la peine?

Est-ce que notre culture n’est pas un fardeau dont il faudrait se délivrer et une prison dont il faudrait s’évader? Pourquoi résister à l’Amérique anglophone alors qu’elle représente la puissance de notre temps. Être Québécois, n’est-ce pas trop exigeant?

C’est ce que Jean Bouthillette appelait la tentation de la mort. Cette tentation est revenue nous hanter à plusieurs reprises dans notre histoire. Elle est particulièrement vive quand le peuple québécois doute de son avenir. Et elle est de retour aujourd’hui. Mais elle se maquille en empruntant les traits d’une modernité flamboyante.

DISPARAÎTRE

On ne dit plus : ce Québécois est un assimilé. On dit : c’est un citoyen du monde. On ne dit plus : il renie son identité. On dit : il est ouvert à l’autre. On ne dit plus : il s’écrase devant le Canada anglais. On dit : il a une approche constructive avec nos partenaires canadiens.

On ne dit plus : notre peuple, peu à peu va disparaître. On dit : notre peuple évolue et s’adapte à la diversité.

De la commémoration de la visite du général de Gaulle à celle de la loi 101, ces derniers mois ont été consacrés à la célébration de pages glorieuses de notre histoire. Nous nous sommes rappelés les moments où notre peuple était plein de vie et conquérant. Le contraste avec les années présentes était absolument violent. Peut-être que, dans un siècle, on dira des premières décennies des années 2000 qu’elles ont été l’époque de la disparition tranquille.

Encore le franglais!

Pas que je sois fanatique du duo Richard Martineau et Sophie Durocher, mais très souvent je partage leurs opinions sur les différents sujets d’actualités qui meublent leurs articles. Alors pourquoi ne pas en profiter à l’occasion et partager avec vous leurs écrits qu’ils publient dans le Journal de Montréal.

Alors cette fois-ci, je veux partager l’article de Sophie, publié mercredi dernier et qui traite de la « franglicisation ». Moi aussi je trouve très désolant qu’on en soit rendu à utiliser des mots et expressions anglaises dans nos conversations. À la radio, à la télé, on ne se gêne plus pour « frangliciser », et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Alors justement, en fin de semaine dernière, j’écoutais un entretien à Salut Bonjour, avec la chanteuse Ima. À au moins deux reprises, elle a mentionné le mot challenge, alors que « défi » aurait été plus approprié et indiqué. C’est ça qui m’agace, parce que ça détériore et rabaisse ma belle langue française riche de mots.

English non stop

À Historia, on nous propose une série originale québécoise sur les courses de poids lourds intitulée… Truck Non Stop.

Sur toutes les plateformes internet de TV5, la télé de la francophonie (sic), on nous propose une minisérie documentaire sur l’intégration des Français de France au Québec, intitulée… French PQ.

Kim Rusk, Philo Lirette se joignent à Jonathan Roberge et vont maintenant animer, à Énergie, l’émission matinale qui va s’appeler… Boost.

Mais non, ne vous en faites pas, on n’est pas du tout, du tout, en train de glisser lentement vers la « franglicisation. » Tout va très bien, Madame la marquise. « Everything is fine ».

C’EST COZY!

Le magazine Elle Québec et Lise Watier, le géant québécois de la cosmétique, lancent une collection de maquillage exclusive intitulée… « Weekender ». Une collection, nous dit-on, qui « nous convie à un moment cozy ».

Le 12 août dernier, la compagnie montréalaise de vêtements de sport Löle organisait à nouveau son évènement rassemblant des milliers de femmes faisant du yoga ensemble, habillées en blanc. C’était le « Löle White Tour » de « LöleWomen ».

Le bâtonnier de Montréal a écrit un message s’adressant aux membres, avec un paragraphe en français et un paragraphe en anglais. Pas une traduction, non, juste chaque paragraphe écrit dans sa propre langue. Un bel exemple de franglais à la Trudeau/Joly. Quand l’avocat Pierre-Marc Boyer lui en a fait le reproche, le bâtonnier a répondu à Droit inc. : « C’est un de mes devoirs de célébrer la diversité et c’est la position de la majorité des membres. J’ai envie de dire : « Wake up and smell the coffee, Montreal has changed ». » Parler franglais, en 2017, il paraît que c’est une façon de « célébrer la diversité… »

SMELL THE COFFEE

Vous me direz que la langue du commerce, la langue pour se faire connaître à l’international, est l’anglais. J’ai trois mots pour vous : Cirque. Du. Soleil. Quand les échassiers de Baie-Saint-Paul ont fondé ce qui allait devenir un empire culturel essaimant sur les cinq continents, ils ne se sont pas dit : « On devrait choisir un nom anglais, facilement prononçable par les Ricains et par tous les habitants de la planète qui baragouinent l’anglais ». Ils ont choisi un nom français, hyper dur à prononcer. Essayez de prononcer le mot « cirque » quand vous habitez le fin fond du Midwest, vous.

Mais les circassiens n’ont pas bougé depuis. Est-ce que quelqu’un à New York, à Shanghaï ou à Cancun a déjà dit : « My God, why don’t you have an English name? » I don’t think so.

FLEUR DE LYS EN BERNE

Cet aplaventrisme devant l’anglais, dans nos institutions, à la télé, à la radio, dans les magazines, me décourage.

Comment s’étonner après que les jeunes libéraux réunis en congrès aient évoqué la possibilité d’une brèche dans la loi 101?

C’est Félix Leclerc, qui parlait un excellent français, qui doit se retourner dans sa tombe. Lui qui chantait dans Le Tour de l’île : « Imaginons l’Île d’Orléans/Un dépotoir/Un cimetière/ Parcs à vidanges/Boîte à déchets/U. S. parkings/On veut la mettre en minijupe/And speak English/Faire ça à elle/L’Île d’Orléans/Notre fleur de lys. »

Voilà ce que devrait être la vision du PQ

Mercredi dernier, Mathieu Bock-Côté publiait dans les pages du Journal de Montréal, son « programme » pour sauver le français au Québec. Il me rejoint totalement dans son exposé et ça fait longtemps que j’ai la même idée. Je n’ai pas peur d’affirmer que je suis encore et toujours un nationaliste convaincu et depuis quelque temps je m’ennuie de la belle époque des années 1976 à 1985 où tous les espoirs étaient permis d’obtenir notre souveraineté rapidement.

Hélas, le Fédéral s’est appliqué par deux fois à s’imposer sournoisement et faire pencher la balance du mauvais côté, et de justesse pour la dernière fois. Avec l’entrée massive d’immigrants pour qui l’anglais est LA priorité, jumelé au recul du français, il faudra que le PQ redevienne le parti du changement, celui qui faisait tellement peur aux Québécois anglophones et même certains francophones, qu’ils menaçaient de s’exiler en Ontario advenant la victoire du PQ en 1976. D’ailleurs, lors de cette élection historique, le PQ avait lancé un macaron où on pouvait y retrouver un balai. Sa raison d’être, d’agir et de tout balayer!

Alors voici ce texte dans son intégralité, pour sauver notre belle et riche langue française… et pour des siècles à venir.

Mon programme pour sauver le français

Dans notre société où le cycle médiatique va trop vite, il arrive qu’une nouvelle importante n’occupe l’actualité que quelques jours, avant d’être déclassée par d’autres, bien moins importantes.

C’est ce qui vient d’arriver avec les résultats du recensement. On les a commentés pendant quelques jours, avant de les oublier. Ils annonçaient pourtant quelque chose de bouleversant : la progressive disparition du peuple québécois. Pour cela, on nous pardonnera d’y revenir, même si plus personne n’en parle.

QUÉBEC

Il faut dire que certains médias ont travaillé fort pour nous dire que rien ne se passait. On a voulu nous faire croire que tous les indicateurs alarmants ne sont pas des indicateurs pertinents. La langue maternelle? Interdit d’y réfléchir! La langue parlée à la maison? S’en préoccuper serait une forme d’intrusion odieuse dans la vie privée.

Poussons plus loin : est-il encore permis de se questionner sur les liens entre l’immigration massive et l’anglicisation du Québec? Non. Et si on s’entête à le faire, on se fera accuser de racisme. Comme d’habitude.

Parlons franchement : dans un monde normal, ces résultats devraient lancer un signal d’alarme.

Une question devrait s’imposer : voulons-nous encore, dans un siècle, dans deux siècles, et pour très longtemps, être un peuple de langue et de culture française? Si oui, il faut replacer cette question au cœur de notre vie publique.

Cela impliquera bien des choses. La première sera de nous percevoir à nouveau comme une nation et non seulement comme une collection d’individus dispersés. Il faut savoir qu’on existe pour vouloir survivre.

Au quotidien, il faudra aussi cesser d’accepter de se faire traiter comme des étrangers chez nous. Le bonjour/hi montréalais représente un manque de respect effrayant envers le peuple québécois et son histoire.

Mais politiquement, des mesures s’imposent. J’évoque les plus importantes.

Il faudrait imposer la loi 101 au niveau collégial. Comment peut-on accepter qu’un si grand nombre de jeunes issus de l’immigration rejettent le système francophone dès qu’ils en ont l’occasion? La loi 101 au cégep, c’est le minimum vital. Il faudrait en finir avec le bilinguisme institutionnel des services publics. La minorité historique anglaise a droit à des services dans sa langue, c’est évident.

Mais pour le reste de la population, la langue commune devrait être le français, point final. Il ne devrait pas suffire de faire press nine pour la contourner comme c’est le cas actuellement. Le français ne devrait pas être optionnel au Québec.

MESURES

Poursuivons : il faudrait réduire significativement l’immigration. Dans le cadre actuel, nous n’avons pas les moyens de recevoir autant de gens et de réussir leur francisation et leur intégration à la culture québécoise.

De même, il faudrait rendre la francisation obligatoire pour les immigrants. Mieux encore : il faudrait rendre la maîtrise du français et la connaissance des grands repères de l’histoire québécoise obligatoires pour ceux qui veulent s’installer ici avant même qu’ils n’arrivent.

Il faudrait aussi faire l’indépendance du Québec. Mais ça, ce n’est apparemment pas pour demain. N’en demandons pas trop à un peuple endormi.

Des chiffres révélateurs

On nous apprend que le français régresse au Québec. Surpris? Moi, pas du tout! L’assimilation à petite dose fait son bonhomme de chemin. On n’a qu’à écouter les gens pour se rendre compte qu’ils massacrent leur langue avec des anglicismes à répétition. Pour l’écrit, c’est exactement la même chose. Comment peut-on protéger une langue quand on ne la respecte pas. À ce chapitre, les Québécois francophones en sont largement responsables.

Par hasard, je suis tombé sur l’article de Sophie Durocher, dans le Journal de Montréal du 4 août dernier. Il rejoint tellement ma position que je m’empresse de le partager avec vous

Est-ce qu’on « love » vraiment le français?

Vous avez vu les chiffres du recensement 2016 de Statistique Canada? Est-ce assez déprimant à votre goût? Les grands titres donnent froid dans le dos : l’usage du français recule!

Mais je me pose une question : si nous aimons le français, comme nous prétendons l’aimer, pourquoi le massacrons-nous? Il n’y a pas de pire ennemi du français que les francophones eux-mêmes. Pourquoi, en plus d’être francophones, ne sommes-nous pas aussi des francophiles?

DO YOU SPEAK FRANÇAIS?

Si nous nous inquiétons autant de l’anglicisation, pourquoi ponctuons-nous nos discours de mots et de tournures anglaises? Pourquoi personne ne dit un mot quand un chef connu appelle son nouveau resto Foodchain?

Pourquoi célèbre-t-on à chaque Saint-Jean la beauté de la langue française si c’est pour la piétiner les 364 autres jours de l’année? Vous vous souvenez, il y a quelques années, quand le groupe La Chicane dans sa chanson Calvaire, chantait « mes erreurs les plus pires »? Ils avaient fait rire d’eux.

Dans sa chanson Au 1036, le beau chanteur Claude Bégin (qu’on voit en petite tenue dans Cheval-Serpent) fredonne : « Mais où ce qu’on va se sauver ? […] Quessé qu’on fait encore là? Juste à cause que nous on change pas? » Personne, à aucune étape de la production de l’album, ne lui a signalé qu’on ne disait pas « à cause que », mais « parce que »?

Pourquoi Yulorama, ce sympathique blogue qui nous fait découvrir des bonnes adresses montréalaises, me propose-t-il sa nouvelle section « Dans mon hood, les crèmes glacées de nos quartiers »? Si le mot « quartier » existe, pourquoi utiliser le mot « hood »? Si les mots « meilleur ami » existent, pourquoi dire « BFF »? Si les mots « Oh mon Dieu » existent, pourquoi dire « OMG »?

Pourquoi personne ne dit un mot quand un salon de barbier dans mon quartier s’appelle Scotch and Scissors? Pourquoi quand la préposée de mon concessionnaire automobile m’appelle pour une vidange d’huile me dit-elle toujours : « On va céduler un rendez-vous. Appelez-moi si vous devez canceller ».

Pourquoi le compte Twitter d’une grande créatrice de mode québécoise est-il majoritairement en anglais et pourquoi m’a-t-on souhaité une bonne Saint-Jean… en anglais cette année? Pourquoi tant de personnalités québécoises ont-elles recours à l’anglais sur leurs médias sociaux? Comme cette jeune féministe, qui fait carrière au Québec, mais met toutes ses notes biographiques en anglais sur ses comptes Twitter et Instagram (Candidate, writer, documentarist, co-host, author)? A-t-elle besoin de « love »?

Pourquoi cette boutique de mode en plein cœur d’Outremont écrit-elle uniquement en anglais sur son compte Instagram? Le jour où Justin Trudeau a fait la une du magazine Rolling Stone, ils ont écrit : « We love you #styleiseverything #proudlycanadian ».

En 2017, c’est ça, « être fier d’être canadien »?

LA QUESTION QUI TUE

Pourquoi, quand vient le temps de défendre le français, parle-t-on des deux côtés de la bouche?

Amour, ponctuation et subtilité

Voici qui résume bien la petite histoire qui suit sur la richesse de la langue française écrite. Avec toute sa virtuosité on voit bien combien elle peut être jolie et raffinée…

Mademoiselle la VIRGULE et Monsieur le TRÉMA devaient se marier… Mais voilà qu’elle apprend que son futur, l’infâme, est épris d’une autre femme!

Elle le fait venir. Ils sont dans le salon. Très nerveuse, elle sonne. Un serviteur fidèle entre, son nom est GUILLEMET. Ayant besoin d’air, montrant au serviteur les fenêtres, elle lui dit :

– Ouvre-les, GUILLEMET!

Et GUILLEMET les ouvrit.

Alors, calmée un peu par les odeurs champêtres, de nouveau, montrant au serviteur les fenêtres :

– Ferme-les, GUILLEMETS!

GUILLEMET les ferma.

Madame la VIRGULE et Monsieur TRÉMA restèrent seuls.

– J’étais, lui dit-elle, fort aise, mon cher monsieur, d’entrer dans votre PARENTHÈSE. Mais puisqu’une autre femme est mieux à votre goût que moi, ne niez pas Monsieur, car je sais tout, elle est jeune et jolie. Elle se nomme CÉDILLE, danseuse à l’Opéra, dans le premier quadrille. Restons-en là! (tout ça dit d’un ACCENT AIGU).

Le pauvre du TRÉMA piteux, mais convaincu qu’on se sort toujours d’affaire en étant brave, s’expliqua d’un air digne avec un ACCENT GRAVE. Mademoiselle la VIRGULE l’interrompit :

– Assez Monsieur, POINT D’EXCLAMATION! Je ne souffrirai POINT D’INTERROGATION! Adieu!

Du TRÉMA, certes était philosophe, mais vraiment, sous le coup d’une telle APOSTROPHE et comprenant le faux de la situation, il renonça soudain à tout TRAIT D’UNION. Prenant l’air pincé de quelqu’un qui se vexe, il fronça les sourcils en ACCENT CIRCONFLEXE. Et se sentant coupable sur plusieurs POINTS, il sortit brusquement en serrant les DEUX POINGS.

Une femme frappée d’un coup si traître, c’est affreux! C’est humiliant! Et vous croyez peut-être que madame VIRGULE en mourut?

Ah que nenni! Elle s’éprit d’un autre, un certain monsieur POINT. Et bientôt eut lieu sans que ce fut ridicule, le mariage très sélect de POINT et VIRGULE. Ils eurent des enfants POINT À LA LIGNE.

D.-F.

En plein dans l’mille!

Assez percutant le dernier article de Joseph Facal dans les pages du Journal de Montréal de samedi dernier, qui faisait suite aux propos de Sophie Durocher rapportés lors de la cérémonie de remise des Prix du gouverneur général canadien et de la piètre, voire très piètre qualité du français, sur les gazouillis rédigés sur Twitter par les responsables des communications et reliés à l’événement. Je ne peux faire autrement que le partager avec vous dans son intégralité.

Histoire de cul

Je vous parle souvent de petits incidents porteurs de grandes significations.

Sophie Durocher suit sur Twitter la cérémonie de remise des Prix du gouverneur général, la plus haute distinction décernée par les autorités canadiennes pour une œuvre d’art.

Elle remarque que les gazouillis émis par les responsables des communications de l’événement martyrisent la langue française. Quand elle demande des explications, on lui répond d’abord, très sérieusement, que cela illustre… les limites des logiciels de traduction automatique. Puis, voulant la jouer « cool », la personne s’excuse d’être anglophone, pour enfin tenter de sauver les meubles avec de l’humour épais.

TANNANTS

Si l’affaire vous étonne, vous sortez d’un long coma. Ces incidents sont si récurrents qu’on se demande si le communiqué de presse pour s’en excuser n’est pas prêt d’avance. Que la langue française soit méprisée et bafouée dans ce beau grand pays officiellement bilingue, cela ne relève plus de la nouvelle. C’est comme la nuit qui succède naturellement au jour.

Depuis des décennies, tous les commissaires fédéraux aux langues officielles font le même constat. Leur propos est traité comme ceux des illuminés au coin des rues qui parlent dans le vide, ou qui nous crient de nous repentir vite, car le Jugement dernier approche.

J’imagine d’ici cet employé de la Fondation des Prix du gouverneur général, sans doute pas un mauvais bougre, levant les yeux au ciel et trouvant que les Québécois sont donc susceptibles, qu’ils grimpent aux rideaux pour rien. Que Mélanie Joly, qui parle pour ne rien dire et parle mal, soit chargée des langues officielles est puissamment révélateur de l’importance accordée à cette question.

Pourtant, le plus triste n’est pas où l’on croit dans cette affaire. Le plus triste est dans les têtes de tous les Québécois qui n’y voient rien de grave, qui trouvent que c’est une tempête dans un verre d’eau, qui ne voient pas le rapport de force PO-LI-TI-QUE, entre les deux langues.

ELVIS GRATTON

Ils voyagent au Canada anglais, ils y connaissent du monde, donc ils croient savoir de quoi ils parlent. Ils trouvent les anglophones « ben fins », comme si c’était la question. Ils sont de ces gens dont le niveau de réflexion politique ne va pas au-delà du : « On est-tu ben au Kanadâââ! »

Ils sont de ceux qui passent automatiquement à l’anglais devant un anglophone pour être « gentil », pour montrer qu’ils le parlent ou parce que c’est « plus pratique ». Le colonisé authentique ne voit plus les barreaux de sa prison mentale.

Dans les plantations, les esclaves qui travaillaient comme domestiques dans les maisons des maîtres finissaient par croire qu’ils faisaient partie de la famille et méprisaient les esclaves qui travaillaient dans les champs.

Pierre Bourgault disait jadis que certains Québécois trouvent tellement normal de recevoir des coups de pied au cul qu’ils ne les remarquent même plus.

Langue française écrite : le passé simple

Amant de la langue française comme je suis, tout ce qui s’y rattache m’intéresse. Une belle langue riche de mots que malheureusement, on tente de simplifier. Mes cours de français sont loin derrière moi, mais quelquefois je reçois des textes comportant des verbes conjugués à différents temps. La conjugaison étant l’action de conjuguer un verbe, celui-ci change de forme avec le mode, le temps, la personne et le nombre.

Une connaissance m’a fait parvenir le texte qui suit relatif aux verbes, avec la particularité qu’ils sont tous au passé simple, qui exprime une action achevée du passé, le plus souvent une action brève. Bonne lecture en espérant que vos souvenirs des bancs d’école refassent surface.

Non! Ce n’était pas chose évidente que cette conversation toute en langue morte. Et pourtant je la tins. (Tenir)

Hier, nous achetâmes le DVD d’un spectacle de Marcel Marceau et tout de suite nous le mîmes. (Acheter et mettre)

Comment? Vous avez mis à la casse votre vieille Volkswagen? C’est bien dommage! Tiens! Vous souvient-il qu’un jour vous me la passâtes? (Passer)

Bien que vous ayez laissé passer votre chance de cesser d’être une prostituée, un jour, vous le pûtes. (Pouvoir)

Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent : – Te rappelles-tu notre premier film… ce western dans lequel nous jouions les indiens? – Oui! Et je sais que nous nous y plûmes. (Plaire)

Vous saviez que ce manteau était tout pelé… alors pourquoi le mîtes-vous pour la réception d’hier soir? (Mettre)

C’est dans ce tonneau que notre vieux vin fut. (Être)

On nous offrit une augmentation et, bien sûr, nous la prîmes. (Prendre)

Les moines brassèrent la bière et la burent. (Boire)

C’est bien parce que vous m’avez invité à goûter votre Beaujolais que je vins. (Venir)

Pour les prochaines vacances, ils émirent l’idée d’aller en Arabie Saoudite. (Émettre)

Heureusement que vous avez retrouvé des capitaux! Car mettre la clé sous la porte et déposer le bilan vous faillîtes! (Faillir)

Est-ce dans le but de lui subtiliser quelques pommes de terre que, jouant de votre charme vous l’appâtâtes? Et que par votre beauté vous lépatâtes…! (Appâter et épater)