Un pan de notre histoire : L’hiver québécois en quelques tempêtes historiques

La Une

Alors que nous vivons l’un des hivers les plus doux de l’histoire, il reste encore quelques semaines pour voir se déchaîner les éléments… et nous rappeler que, toute printanière qu’elle soit, la météo est bien imprévisible ! Dame Nature a le chic pour nous asséner des épisodes de neige abondante, de pluie verglaçante ou de vent à « écorner les bœufs ».

LES GROSSES « BORDÉES » DU 19e SIÈCLE

S’il n’y a pas encore au 19e siècle de données météorologiques compilées méthodiquement, certaines tempêtes se démarquent toutefois suffisamment pour faire l’objet de rapports et d’articles de presse.

C’est le cas de celle qui s’abat sur la région de Montréal les 17 et 18 janvier 1827. Près de deux mètres (183 cm) de neige s’accumulent sur la ville et sur les villages alentour en à peine 48 heures !

On rapporte même qu’à cause des vents violents, des bancs de neige « de douze à quinze pieds de haut » se sont formés à certains endroits.

LA « TEMPÊTE DU SIÈCLE » DE 1971

L’année 1971 marque la création du ministère de l’Environnement du Canada et cela tombe bien : c’est cette année-là que survient une bombe météo qu’on a surnommée la « tempête du siècle ».

Tout commence dans la soirée du 3 mars 1971, alors que la neige se met à tomber sur l’ensemble du Québec. Les choses s’enveniment rapidement et les précipitations s’intensifient au cours des heures qui suivent. En moins de 24 heures, plus d’une quarantaine de centimètres de neige recouvrent les villes et villages.

Dans certaines régions, comme dans les Laurentides, c’est pratiquement le double. La poudrerie et les rafales à plus de 100 km/h rendent les routes dangereuses, voire impraticables.

Bien des établissements scolaires, des édifices publics et des commerces doivent se résigner à fermer leurs portes. On dénombre, hélas, une trentaine de décès à l’échelle de la province.

La tempête s’avère particulièrement puissante à Montréal. L’accumulation rapide d’environ 50 cm de neige, piège certaines personnes dans leur résidence, leur véhicule ou leur lieu de travail. Les ponts sont fermés. Certains doivent se résigner à dormir à l’hôtel, au boulot… ou même sur le plancher des autobus paralysés par la météo déchaînée.

Des motoneigistes aident les autorités à secourir les gens en difficulté, en leur apportant des vivres ou en les amenant à l’hôpital.

Seul le métro fonctionne : on le laisse exceptionnellement ouvert pendant toute la nuit afin d’aider les gens à rentrer chez eux.

LA CRISE DU VERGLAS DE 1998

4 janvier 1998. À peine vient-on de ranger la vaisselle des Fêtes que commence une tempête d’un autre genre. En raison des températures anormalement douces, ce ne sont pas des flocons, mais bien des gouttes verglacées qui tombent sur le sud et le centre du Québec. Elles affectent un « corridor » allant de l’Ontario jusqu’au Nouveau-Brunswick.

Puisque la température avoisine le point de congélation, ce mélange de pluie et de grésil gèle à mesure. Pendant environ 80 heures, de 50 à 100 mm de verglas s’accumulent sur les bâtiments, les rues et les trottoirs, la végétation, les voitures… La pluie verglaçante ne cessera complètement de tomber que le 9 janvier.

Le poids de la glace sur les branches d’arbres, les fils et les pylônes a raison du réseau électrique. Plus d’un million de foyers sont privés d’énergie, les pannes perdurent plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans certains secteurs.

À un certain moment, plus de 200 collectivités du Québec sont déclarées zones sinistrées. En plus des équipes d’urgence de la Croix-Rouge, 12 000 militaires de l’armée canadienne sont déployés au Québec.

On estime que 1000 pylônes de transmission ont été endommagés, ainsi que 30 000 poteaux. Des millions d’arbres de toutes tailles, lourdement abîmés, devront être abattus.

On déplore 35 victimes, près de 1000 blessés et 17 800 personnes évacuées, essentiellement dans la région de Montréal et en Montérégie, une zone surnommée le « Triangle noir ». Le bilan s’avère lourd en Ontario également.

Pour ces raisons, la crise du verglas est considérée comme l’une des plus importantes catastrophes naturelles dans l’histoire du Canada.

PLUS DE 500 CM POUR LE 400e ANNIVERSAIRE DE QUÉBEC EN 2008

Après avoir engendré des tornades dans le sud-est des États-Unis, une « bombe météo » remonte vers le nord du continent. Elle débute pour de bon le 8 mars en après-midi et se termine dans la matinée le lendemain. La région de Québec reçoit alors plus de 50 cm de neige. Des vents de 133 km/h sont même enregistrés à l’île d’Orléans !

Outre les inévitables pannes électriques causées par le poids de la neige qui privent de courant près de 90 000 foyers dans l’est du Québec, on signale des toitures endommagées et une bonne centaine de sorties de route. Un carambolage impliquant plusieurs dizaines de véhicules sur l’autoroute 40 obligera même 125 personnes à passer la nuit à l’hôtel de ville de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Les autorités décident de fermer de nombreuses voies, routes et portions d’autoroute.

Cette tempête est alors la 8e de la saison. En cette année où la Vieille Capitale célèbre le 400e anniversaire de sa fondation, un record est battu : un total de 558 cm de neige sont tombés sur Québec entre novembre 2007 et avril 2008 !

QUAND LA TEMPÊTE VIRE AU CAUCHEMAR AUTOROUTIER EN 2017

Nous sommes le 14 mars 2017. Des nuages chargés d’une neige abondante s’amoncellent dans les cieux surplombant l’Ontario, le Québec et les provinces maritimes. La Montérégie, le Centre-du-Québec, la Chaudière-Appalaches, le sud de la Mauricie et de la Capitale-Nationale ainsi que le Bas-Saint-Laurent n’y échappent pas. À Sutton, en Estrie, on enregistre jusqu’à 119 cm de neige poudreuse.

C’est Montréal qui fait les manchettes. Si cette région ne reçoit « que » 75 cm de neige en quelques heures avec des rafales atteignant 120 km/h, ce sont les conditions épouvantables des routes qui tournent au cauchemar. Plus de 300 véhicules sont coincés sur l’autoroute 13, incapables d’avancer.

Les automobilistes se résignent à passer la nuit du 14 au 15 mars dans leurs véhicules. Ils doivent faire fonctionner le moteur pour se réchauffer, mais après plusieurs heures, alors que le réservoir d’essence se vide, l’hypothermie devient un nouvel enjeu. Il faudra plusieurs heures pour dégager les voies et permettre enfin à chacun de rentrer chez soi.

Source : Catherine Ferland, historienne, Journal de Montréal, cahier Weekend, 24 février 2024, p75


70e jour de l’année

En souvenir de…

KARINE PELLETIER 1979-2002 – Connaissance


On jase là

Dans sa dernière publicité postale, on y présente des produits de McDonalds, entre autres le McMuffin. La symétrie de ce hamburger est si parfaite que je vous mets au défi d’en trouver un aussi exceptionnel et identique à la photo. Mission impossible !


Pensée et citation du jour…

Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.

Khalil Gibran


Ça s’est passé un 10 mars…

(1945) Bombardement de Tokyo. Le bombardement de Tokyo par 334 B-29 américains lachant des bombes incendiaires fait plus de 100 000 morts. Certains équipages ont affirmé avoir eu la nausée à cause de l’odeur de chair brûlée. Ce raid a probablement fait plus de victimes que l’une ou l’autre des deux bombes atomiques larguées en août de la même année sur Hiroshima et Nagasaki.

(1986) Félix Leclerc est nommé Chevalier de la Légion d’honneur, lors d’une cérémonie chez le consul général de France à Québec. Félix Leclerc né le 2 août 1914 à La Tuque, Québec, est un auteur-compositeur-interprète, un chansonnier, un poète, un écrivain et un acteur québécois.

(1992) Plus de 100 ans après sa pendaison, les Communes réhabilitent la mémoire de Louis Riel, qui a mené à l’insurrection un groupe d’autochtones opposés à ce que leurs terres soient cédées aux Blancs. La résolution adoptée à l’unanimité par les trois principaux partis fédéraux reconnaît le rôle unique et historique du leader métis comme fondateur de la province du Manitoba et son entrée subséquente dans la fédération canadienne.


Un commentaire sur “Un pan de notre histoire : L’hiver québécois en quelques tempêtes historiques

Vous en pensez quoi ?