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Histoire

La Première Guerre mondiale a débuté en 1914 avec l’invasion allemande de la Belgique et de la France.
Des affrontements sanglants comme ceux de la Somme et de Verdun ont marqué l’horreur d’une guerre qui fera vivre les plus grandes souffrances à des hommes qui étaient partis à la fin de l’été 1914, la fleur au fusil, en pensant que l’aventure serait terminée pour la fête de Noël.
Rapidement, les mouvements militaires se sont figés. Les soldats se sont terrés dans des tranchées boueuses et les champs de bataille sont devenus les plus déshumanisés des « no man’s land » de l’histoire.
Ils ont vite déchanté, les conditions de vie des soldats de première ligne sont devenues insoutenables et les stratégies militaires, inefficaces; la guerre s’est enlisée. De 1914 à 1917, les pertes humaines se comptaient par millions et les quelques gains territoriaux n’étaient en rien représentatifs des efforts de troupes au front.
En 1917, l’entrée des États-Unis sur le terrain militaire a apporté des efforts cruciaux aux Alliés. Puis, graduellement. Le vent a tourné à leur avantage. On appelle cette période « l’offensive des Cent-Jours ». On parle peu au Québec de cet épisode décisif qui s’est étendu du 8 août au 11 novembre 1918 et qui a changé le cours de la Grande Guerre.
EFFONDREMENT DES LIGNES ALLEMANDES

Au printemps 1918, les Allemands surprennent en lançant une série d’attaques qui font progresser leurs troupes à moins de 70 km de Paris. Cette menaçante percée pourrait être perçue comme positive pour le clan allemand, mais elle aura le défaut d’éparpiller et d’épuiser les faibles ressources des forces militaires du général Erich Ludendorff.
L’élan allemand est freiné en juillet, les Alliés ripostent le 8 août. Ils mettent alors en branle une vaste offensive du côté d’Amiens, dans le nord de la France.
Lors de ce déploiement qui change l’histoire de la guerre, des petits gars de chez nous sont au front. Dans les trois premiers jours de la bataille, le Canada est à la tête d’une offensive surprise qui repousse les Allemands sur 20 km.
La stratégie des forces alliées est spectaculaire, les lignes allemandes sont brisées et le moral des troupes germanophones également. Plus tard, les Allemands appelleront ce 8 août le « Jour noir ».
À partir de l’été 1918, les Alliés intègrent de nouvelles tactiques offensives lors des attaques, notamment en combinant en synchronicité l’infanterie, l’artillerie et ses blindés et l’aviation. Cette approche coordonnée ainsi que l’élément de surprise leur permettent de percer les tranchées et les défenses allemandes, auparavant presque insurmontables.
ÉPUISEMENT DES RESSOURCES
À ce stade de la guerre, l’Allemagne est épuisée économiquement et humainement. Les blocages navals alliés limitent sévèrement les approvisionnements, et les pertes humaines deviennent insoutenables.
À l’opposé, les Alliés bénéficient d’un soutien logistique et de renforts, notamment des troupes coloniales, des Canadiens ainsi que des soldats américains qui débarquent en pleine forme et surtout très bien équipés.
EFFONDREMENT DES ALLIANCES
Au printemps 1918, plusieurs parlementaires militaires de l’Allemagne capitulent. La Bulgarie se rend le 29 septembre, suivie de l’Empire ottoman le 30 octobre et de l’Autriche-Hongrie le 3 novembre.
Cet isolement militaire et les succès alliés pendant ces 100 jours ont un effet dévastateur sur le moral des troupes et de la population allemandes. La perte de terrains stratégiques et la capture de milliers de soldats allemands vont convaincre les dirigeants allemands de l’inévitabilité de la défaite.

Le 9 novembre, deux jours avant l’armistice, le Kaiser Guillaume II abdique, marquant ainsi la fin de l’Empire allemand.
L’armistice du 11 novembre 1918 met fin aux hostilités sur le front occidental, scellant la victoire des Alliés et préparant le terrain pour les négociations de paix qui suivront à Versailles.
LES CANADIENS AU FRONT
Durant ces 100 jours, 100 000 Canadiens on fait des perçées sur au moins 130 km et ont capturé environ 32 000 prisonniers. Au cours de cette période d’un peu plus de trois mois, 30 militaires du Canada et de Terre-Neuve ont reçu la prestigieuse Croix de Victoria.
Les succès militaires des Canadiens pendant ces 100 jours comportent cependant des conséquences humaines tragiques. Pas moins de 6800 Canadiens (ce chiffre inclus les soldats de Terre-Neuve qui n’ont pas encore intégré le Dominion du Canada) ont perdu la vie et environ 39 000 ont été blessés.
Le soldat George Lawrence Price est le dernier Canadien à mourir au front, il a été tué seulement deux minutes avant la fin officielle du conflit.
À la fin de la guerre, on a répertorié plus de 650 000 hommes et femmes qui ont servi dans les forces canadiennes, un chiffre plutôt étonnant, sachant que le pays ne compte à l’époque que 8 millions de citoyens.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier Weekend, 17 août 2024, p73