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Histoire
La Banque Laurentienne, dont on a annoncé l’acquisition récente par la banque Fairstone, a marqué l’histoire bancaire du Québec, entamée à l’initiative des patriotes il y a 190 ans.
« Les premières banques québécoises ont été créées pour permettre aux gens de mettre leurs épargnes en sécurité afin de se préparer aux mauvais jours », résume l’historien Marc Vallières, qui a écrit deux livres sur l’histoire des banques au Québec, chez Septentrion.

Jusqu’à l’arrivée de la Banque du peuple, créée en 1835, les Canadiens français avaient en effet tendance à mettre leurs économies sous leur matelas, car ils ne faisaient guère confiance aux institutions bancaires.
Leurs maigres économies allaient pourtant être nécessaires pour faire face aux difficultés des travailleurs : pertes d’emploi, maladies, incendies et autres mauvais coups du sort.
PREMIÈRE BANQUE CANADIENNE-FRANÇAISE
« Il faut dire que les premières banques majeures sur le territoire étaient surtout destinées aux hommes d’affaires, elles étaient tournées vers le commerce », reprend M. Vallières.
Même l’Église était peu encline à encourager les épargnants à mettre leur pécule à l’abri, car elles le lorgnait pour ses bonnes œuvres et la dîme.
Tout cela va changer quand le chapelier américain devenu farouche patriote Jacob De Witt (1785-1859) s’associe à l’avocat montréalais Louis-Michel Viger (1785-1855) pour créer la première banque canadienne-française, la Banque du peuple, qui durera 60 ans.
C’est une initiative économique, mais aussi politique, car cette banque donne aux francophones un premier outil de développement dans un milieu dominé par les banques anglophones.

La Banque Laurentienne, née moins d’une décennie plus tard (1846), sous le nom de « Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal », marquera un autre jalon dans cette histoire.
Elle offre aux familles francophones modestes un outil pour mettre quelques dollars de côté en sécurité. Les fondateurs se nomment Louis-Joseph Papineau et Louis-Hippolyte La Fontaine, mais ils ont l’appui d’Ignace Bourget, l’évêque de Montréal.
M. Vallières n’a pas été surpris d’apprendre que la Banque Laurentienne était démantelée et avalée par la Fairstone. « C’est le destin d’une banque d’être tôt ou tard intégrée dans une plus grosse », résume-t-il.
DEUX INSTITUTIONS MAJEURES
Inévitables dans un contexte de sélection naturelle, les acquisitions et les fusions marquent l’histoire des banques, mais le Québec peut compter sur deux institutions majeures : le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale.
Fondée en 1900, à Lévis, le Mouvement Desjardins a aujourd’hui des actifs de 400 G$, une somme comparable à celle de la BN, fondée en 1859, à Québec. Celle-ci est la sixième en importance au Canada.
Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 13 décembre 2025, p52