Contre la libération anticipée de Stéphanie Meunier

Opinion

Cette femme qui a tué un petit garçon de 4 ans après des mois à le battre sauvagement, pourra demander à un jury de la libérer plus tôt que prévu en raison de ses progrès « importants et méritoires » en détention, a tranché le juge Mario Longpré, au palais de Justice de Montréal récemment.

Elle a déjà bénéficié de 300 sorties avec escorte, depuis 2017.

La possible libération anticipée de Stéphanie Meunier, reconnue coupable du meurtre du petit Jérémy Bastien, soulève un profond malaise. Pour plusieurs citoyens — et j’en fais partie — l’idée même qu’une personne condamnée à la prison à vie puisse retrouver la liberté bien avant d’avoir purgé l’intégralité de sa peine heurte le sens de justice le plus élémentaire.

Lorsqu’un tribunal impose une peine à vie, ce n’est pas un geste banal. C’est la reconnaissance que le crime commis dépasse les limites de ce que la société peut tolérer. Dans cette affaire, un enfant de quatre ans a perdu la vie dans des circonstances d’une gravité extrême. La peine reflète non seulement la responsabilité criminelle de la coupable, mais aussi la nécessité de protéger le public et d’affirmer la valeur que nous accordons à la vie humaine.

Accorder une libération anticipée dans un cas aussi grave envoie un message troublant. Cela donne l’impression que les peines les plus sévères peuvent être négociées, révisées ou allégées, même lorsque les faits démontrent une violence irréparable. La société a le devoir de faire preuve de compassion, mais elle a aussi le devoir de maintenir la cohérence et la crédibilité de son système judiciaire.

Certains diront que la réhabilitation doit toujours rester possible. Je suis d’accord — mais la réhabilitation ne signifie pas automatiquement un retour dans la communauté. Dans des cas où la confiance du public est irrémédiablement brisée, où la gravité du geste dépasse l’entendement, la seule façon de préserver la justice et la sécurité collective est de faire respecter la peine telle qu’elle a été prononcée.

La justice n’est pas seulement une question de procédures : à l’heure où les sentences prises à domicile, dans le confort absolu font légion, c’est aussi une question de respect envers les victimes, leurs familles et la société dans son ensemble. Pour ces raisons, je demeure fermement opposé à toute libération anticipée dans cette affaire. Une peine à vie doit signifier ce qu’elle dit. C’est une question de cohérence, de responsabilité et de respect pour la mémoire d’un enfant qui n’a jamais eu la chance de grandir.



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