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Louise et moi, assistions ce matin, aux funérailles de Marie-Berthe et comme à chacune des fois où je me retrouve dans une église à cette occasion, le calme et une certaine sérénité m’envahissent. Je me questionne sur le vrai sens de la vie autant que celui de la mort. Je vois tous ces gens qui se sont déplacés dans un dernier au revoir au défunt et qui, dans certains cas ne s’étaient pas revus depuis longtemps. La mort fait qu’on se donne ce moment de réflexion et de recueillement comme si on se disait intérieurement J’aurais donc dû la visiter, lui parler, lui dire combien je l’aimais. Il est maintenant trop tard, sous sa forme physique.
Moi, je viens de cette génération où un homme devait masquer ses émotions et sentiments. Il ne devait jamais pleurer ou du moins, le faire en cachette et croyez-moi, je vis toujours avec ce blocage dont j’ai peine à me débarrasser. Envers mon épouse, je réussi tant bien que mal à lui dire que je l’aime. À mon fils, c’est une autre histoire. Même si mes gestes envers lui le démontrent, lorsque le moment vient de lui dire que je l’aime, les mots ne viennent pas. Je lui ai déjà dit une ou deux fois. Il en est resté bouche bée. Même chose pour mes parents, mon frère et mes sœurs et tous les amis et ceux et celles que j’aime et que j’apprécie. J’aimerais le crier. Je sais que c’est fou, mais c’est comme ça.
Heureusement aujourd’hui, les temps ont bien changé et mes petits-enfants ne cessent de me dire à tout moment Je t’aime grand-papa et à chaque fois, ça me chavire. Je leur réponds que moi aussi je les aime parce que je trouve que c’est plus facile avec des enfants. Je les envie de s’exprimer ainsi tout naturellement. Je réussi beaucoup mieux à passer mes émotions par l’écriture et j’en profite, comme maintenant.
Ce qui me fascine aussi dans un service funèbre, c’est cette facilité qu’ont les célébrants de nous faire accepter la perte d’un être cher par sa résurrection et son passage à la vie éternelle. Souvent cette homélie nous fait prendre conscience que dans l’au-delà, il y a une vie sans souffrances qui elle, ne s’éteint pas. Que la personne décédée sera toujours là pour nous guider. Alors dans ces moments, ma tristesse se transforme en quelque chose de grand et de paisible. Parce que, qu’on le veuille ou non, notre tour viendra un jour de percer ce grand mystère.
Dans cette église, j’y ai rencontré des cousins, oncles et tantes et de la parenté que nous côtoyons rarement et des enfants devenus tellement grands, qu’on a peine à reconnaître. On est heureux de se revoir. Instinctivement ou machinalement, on se dit qu’on devrait se voir plus souvent et qu’on regrette ce laps de temps où on ne s’est pas retrouvé. Chacun y va de ses explications et on s’en retourne dans notre trépidante vie de tous les jours, oubliant que le temps passe trop vite. Finalement, on se retrouve à nouveau, au moment de pleurer un autre proche parti trop tôt.
Il faut prendre le temps. Et si nous n’en avons pas, il faut en trouver parce que, comme le dit la merveilleuse chanson de Luc De La Rochelière; La Vie est si Fragile. Aujourd’hui nous sommes là, mais pour combien de temps ? Raison de plus pour ne pas attendre.
C’est cette réflexion que je voulais partager avec vous aujourd’hui. Et au terme de la rédaction de cet article, j’éprouve le même sentiment de calme et de sérénité, comme chacune des fois où je quitte une église. Ce lieu de recueillement me libère le cœur et l’âme.
salut Normand
tout ce que tu as ecrit est tellement vrai et s`applique a moi aussi
bonne soiree
Andre
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