Mettre sa patience à l’épreuve

Qu’y a-t’il de plus extraordinaire pour mettre sa patience à l’épreuve qu’une salle d’urgence d’un hôpital ? Rien, absolument rien d’autre ! C’est dans ce merveilleux environnement qu’on a terminé notre soirée, hier, après une belle fête en l’honneur de Francine et Gaston, pour souligner leur noce d’émeraude. La sœur de Louise ne se sentant pas très bien, nous avons fait un détour vers l’hôpital Charles LeMoyne. Sitôt introduit dans la salle des pas perdus, la machine distributrice nous remet notre billet numéroté et dès lors, débute l’interminable attente.

Heureusement, la salle de l’urgence n’est pas bondée et ça semble une soirée calme. Tout le monde doit être aux feux d’artifices de La Ronde, dont on entend les pétarades au loin. Curieusement, il y a plusieurs écrans de télévision suspendus qui sont tous éteints, peut être pour ne pas nous divertir et faire en sorte qu’on apprécie l’attente. Finalement, au bout d’une longue demi-heure, nous passons au triage (quel vilain mot qui relève plus du bétail que de l’humain), puis à l’inscription avant de revenir à la salle d’attente, pour attendre encore.

On voit le personnel défiler, machinalement, et vaquer à leur travail sans un sourire, comme si tous les patients présents étaient des statues. En fait, voilà pourquoi on les appelle patients… Il faut en avoir beaucoup. En tout cas, j’ai passé mon temps à observer le va et vient du personnel pour voir si je pouvais y trouver un semblant d’indice pour essayer de percer leur identité ou leur occupation. De toute façon, j’avais tout mon temps, alors autant en profiter.

Je me suis toujours demandé à quoi servaient tous ces sarraus que le personnel porte. Hormis les employés d’entretien, avec leurs chariots de produits nettoyants et leurs gants qui sont facile à identifier, les autres portent des sarraus de différentes couleurs; des gris, des verts, des bleus, des plus pâles, des plus foncés, bref, impossible de trouver leur occupation. Ils ont cependant un point en commun; aucun signe de compassion ne se lit sur leur visage. Des automates qui accomplissent une tâche routinière dans un certain sens et rien ne semblent les émouvoir. Je peux facilement comprendre qu’ils sont habitués mais un sourire, une attention ferait sûrement plaisir à une personne malade qui n’est pas équipée pour le camping mais qui est restreinte à en faire bien malgré elle.

En regardant tout autour, on peut lire sur les visages l’exaspération, la souffrance et la résignation des patients devant la lourdeur de cette grosse machine qu’est la santé. Il suffit de se rendre aux toilettes pour constater la malpropreté des lieux. Le papier qui traîne par terre, quelques gants d’examen, des souillures sur le plancher. Même si l’entretien se fait régulièrement, il devrait l’être plus souvent.

Dès qu’un patient se retrouve en cabine d’examen, débute un long processus où plusieurs employés se succèderont pour vérifier vos signes vitaux, examens et branchement quelconques avant l’arrivée du toubib. Encore là, très peu de compassion. Ils font leur travail poliment, sans plus. Il y a tellement d’intervenants que ce n’est même pas assuré que vous allez les revoir. Enfin, lorsque le médecin arrive, même s’il a votre dossier bien en main, il faut de nouveau raconter votre histoire. C’est à se demander s’ils parcourent votre dossier avant de vous voir. Après son examen, il repart sans mot dire. Si vous ne posez pas toutes les questions, tant pis pour vous parce qu’après ça, il est très difficile à trouver, surtout s’il a terminé son quart de garde et qu’il a transféré le dossier à un confrère.

J’ai vu, à un certain moment, une partie d’un pansement oublié sur le plancher de la cabine, sans que personne ne se penche pour le ramasser et le mettre aux poubelles. C’est tout dire. Pire encore, j’ai vu un médecin dire à un patient qu’il ne pouvait le garder à l’hôpital parce qu’il y avait un risque de contamination et qu’il vaudrait mieux qu’il revienne en clinique externe. Wow! On est dans un hôpital, je vous le rappelle…

Justement sur ce dernier point, j’observais les employés du quart de nuit qui arrivaient au travail. Ils venaient du stationnement et était déjà costumés avec leurs vêtements de travail, leur grosse bouteille isolante de café et leur sac à lunch. Est-ce qu’ils venaient d’un endroit aseptisé ? Propre ? Non contaminé ? Pourquoi ne les oblige-t-on pas à se changer dans un vestiaire de l’hôpital pour éviter d’apporter toutes sortes de cochonneries, de parasites et de microbes. Certains portent des espadrilles tellement crasseuses qu’on serait porté à les jeter aux ordures. C’est un hôpital, pas une shop ! La plus élémentaire des règles d’hygiène doit être appliquée rigoureusement.

Loin de moi l’idée de dénigrer le personnel de l’urgence mais, au prix que nous coûtent les soins de santé et surtout la promptitude de la médecine privée, on est en doit d’obtenir un service de haute qualité, dans un environnement agréable, avec du personnel dévoué et compatissant qui a à cœur le service aux patients. Sans en avoir la preuve, je suis à penser qu’il y a une énorme perte de temps et d’organisation du travail aux urgences des hôpitaux. Les patients sont laissés sans réponses, sauf s’ils osent poser des questions. Il faut que le personnel soignant qualifié comprenne la situation des malades en les traitants comme ils voudraient l’être eux-mêmes. Curieusement, mon expérience m’a montré que seuls les ambulanciers, ou paramédics comme on les appelle, affichent une chaleureuse compassion au moment et tout au long de leur intervention. Ils agissent avec diligence, sans perte de temps. Le reste des soins devrait suivre le même empressement.

Lorsqu’on quitte finalement après plusieurs heures à bailler aux corneilles et à ne plus savoir comment s’asseoir sur une chaise, on se dit que c’est terminé en souhaitant que notre prochaine visite ne se produise jamais, à moins que ça ne change pour le mieux.

3 commentaires sur “Mettre sa patience à l’épreuve

  1. Bonjour Normand,
    Toute une épreuve de se présenter aux urgences.
    Mais ta soeur comment va-t-elle
    Salut Gilles

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  2. Pour avoir vécu cette indifférence et ce manque de compassion je compatise avec tous ceux qui ont le malheur d’aller a cet hôpital. Pire le médecin traitant que j’ai eu, avait des problèmes personnel et son attitude arrogante a fait que durant les cinq mois de soi-disant suivi médical après mon accident, il a refusé de reconnaître que j’avais subi d’autres blessures à la colonne, au cou et au bassin. Vu la négligence de leur confrère, Robert Filiatrault MD a choisi de faire des diagnostics farfelu et différent à chaque visite pour ne pas dénoncer ce collègue . Même avec des RX et lettres du privé il a nié la possibilité d’existence de ces blessures. Par son abus de pouvoir il a influencé d’autres médecins a ne pas intervenir de peur de dénoncer leur façon de se protéger entre eux. Le patient qui souffre n’est rien à leur yeux et devient une menace si il constate une faute médicale envers celui-ci. L’argent semble prioritaire plutôt que le bien-être du patient. Handicapé à vie par leur amour aveugle de l’argent. Et quand on m’informe que mes blessures étaient facile à reconnaître et soignées, je ne pardonne pas cette cruauté gratuite. Prenez garde votre vie en dépend.

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