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Changer quatre trente-sous pour une piasse, ce n’est guère payant. On ne perd rien, je veux bien, mais on ne gagne rien. Où est l’économie ? Si on s’y arrête, on constate que, dans une piastre, il y a quatre 25 sous et non pas quatre 30 sous.
La méprise vient du fait que la piastre a déjà valu 120 cents. On pouvait donc la diviser en quatre tranches de 30 sous chacune. Ce qui a ajouté de la crédibilité à l’expression, c’est que pendant un temps il a effectivement existé des 30 sous en papier, imprimés par des compagnies ferroviaires.
Une piastre ou un dollar ? En fait, le mot piastre (prononcé piasse) est presque universellement répandu dans le milieu francophone partout en Amérique du Nord. Les Étatsuniens, quant à eux, utilisaient davantage le mot dollar. Que ce soit au Québec, en Acadie, en Ontario, au Manitoba et même en Louisiane, quand on parle d’argent, on parle de piasses, au moins dans le langage de tous les jours. Le fait n’est pas nouveau et remonte à l’arrivée des premiers colons français, au XVIIe siècle. Déjà sous le régime français, les Canadiens parlent de piastres lorsqu’il est question du louis français et ils feront de même avec la couronne anglaise.
C’est en 1858 que le gouvernement décide de créer le dollar canadien, de même que les pièces de 25 cents. Ce qui n’empêche pas les Canadiens d’utiliser le nom trente sous comme surnom familier et folklorique de la pièce de 25 cents.
Source : Denys Bergeron, La source des mots, revue Quoi de neuf, magazine de l’AREQ.