Trois gouttes de lumière…

Le « je, me, moi »

JeMeMoiLorsque je circule en auto, que je magasine ou que je suis dans un endroit achalandé, j’aime bien observer les gens, voir et analyser leurs comportements et certaines de leurs réactions ou habitudes. C’est assez révélateur de notre société et il faut se rendre à l’évidence ; nous sommes à l’ère du « je, me, moi ». Le nombrilisme, l’égocentrisme et tout ce qui se rapporte à sa propre personne prend le dessus au détriment des autres. Les gens déambulent dans leurs pensées, comme des automates, sans même prendre le temps de contempler leur environnement ou simplement le regarder avec les yeux. Ils marchent droit en regardant, mais sans voir. Du moment que leur intérêt est comblé, c’est tout ce qui compte. Ils sont dans leur bulle. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Dans un Walmart, les portes du commerce affichent en très grosses lettres ENTRÉE et SORTIE… Plus évident que ça, tu meurs. Et bien, beaucoup entrent par la sortie et quittent par l’entrée. C’est banal vous me direz mais c’est assez évocateur du regarder sans voir. Même constat en automobile. Des conducteurs franchissent allègrement les lignes continues et doubles, pour se frayer un chemin à travers les autres et se tailler une place effrontément dans une file. D’autres suivent de trop près et s’ils pouvaient sauter par-dessus votre voiture, ils le feraient. Il y a aussi ceux et celles qui ne s’arrêtent pas lorsque des piétons s’engagent dans une traverse qui leur est pourtant réservée.

Les paniers d’épicerie deviennent les souffre-douleurs de gens pressés de déguerpir. Ils laissent leur panier en plein milieu du stationnement et très souvent, à proximité des endroits prévus pour les rapporter. Pourtant, ils n’avaient que quelques pas à faire… Pourquoi ne se sont-ils pas stationnés près d’une station de retour des paniers à leur arrivée ?

L’autre jour, toujours au Walmart, je m’apprête à croiser la traverse de piétons, lorsque je suis attiré par une dame qui, à la sortie du magasin, prend rapidement ses deux gros sacs avec elle et abandonne le panier en plan, juste là, puis se dirige à sa voiture en marchant d’un bon pas. Pendant ce temps, le panier dévale lentement la petite pente et traverse complètement la voie carrossable pour aboutir dans la plate-bande de végétaux. Heureusement, aucun impact malheureux, même s’il y avait beaucoup de clients qui déambulaient. Plusieurs l’on vu, sans réagir.

Je me stationne quelques ilots plus loin et constate qu’au moment de rentrer dans le magasin, le panier est toujours dans la plate-bande. Je l’ai pris et choisi pour faire mes courses. Est-ce que je suis le seul à l’avoir vu ? Je ne pense pas. Il n’intéressait personne ! On pourrait en ajouter d’autres, mais l’important c’est de se demander si on accepterait soi-même les conséquences de tels comportements égoïstes alors que la courtoisie pourrait faire une énorme différence. Quand on fume et qu’on secoue sa cigarette au gré du vent, ou qu’on vide littéralement son cendrier d’auto par terre dès qu’on en sent le besoin, il faut se demander si on tolérerait une telle attitude.

L’égoïsme, c’est l’attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels. C’est un comportement contradictoire dans une société civilisée. L’autre jour, un policier a été cité en exemple parce qu’il interceptait les conducteurs courtois dans leur conduite. Ils les valorisait. Il donnait une importance à ce simple geste d’altruisme. Le vidéo a fait le tour de la planète le temps de le dire et a fait sourire. Quand une personne vous cède le passage, vous ouvre la porte, vous souhaite une bonne journée, ou vous simplifie la vie dans ce qu’il y a de plus ordinaire et qu’on est réceptif à ces simples actions, il ne faut pas hésiter à remercier, faire un signe d’appréciation et y ajouter un sourire. Vous sentirez alors une sensation de bien-être, comme si vous donniez au suivant. Une attitude qui fait baisser la tension et anéanti les colères.

Une vie heureuse est faite de petites choses, de petites intentions, de gestes du cœur qu’il faut partager à outrance. Collectivement, on ne s’en portera que mieux. Changer le « je, me, moi » en « nous, vous, ils », n’est-ce pas là un beau défi ?

Un commentaire sur “Trois gouttes de lumière…

  1. Très bon observateur. Comme j’observe les mêmes comportements, il est normal que j’aie à peu près les mêmes réactions que vous.
    Je crois que c’est une question d’éducation, comment on a été élevé, quels exemples nos parents nous ont-ils donnés?
    Avez-vous été chez les scouts? Parce que personnellement, chez les guides, j’ai appris à faire plaisir, à rendre service, à penser aux autres. Je continue encore aujourd’hui, j’aime ça, ça me rend fière de qui je suis.
    Je trouve l’attitude des Américains très paradoxale: ils sont généreux dans leur pourboire, ils sont vite sur leurs patins pour aider quelqu’un qui est tombé, ils enlèvent leurs souliers avant de monter dans leur VR, mais ils laissent traîner leurs canettes et leur boites de vers le long des rivières, ils laissent leur chariot, eux aussi, dans les espaces de stationnement.

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