La Régie de l’assurance maladie du Québec régresse

La Une

En 1970, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) était en vigueur pour que les Québécois puissent se faire soigner, pauvres comme riches, dans un système de santé universel. Elle comblait un vide et un besoin de se faire soigner peu importe ses revenus.

Fini le temps où l’argent était le nerf de la guerre. Mais voilà que les journaux nous dévoilaient le petit jeu à la mode, malheureusement légal, de se détacher de la RAMQ temporairement, pour faire payer les patients au privé.

Josée Legault, en a fait le sujet de sa chronique d’hier dans le Journal de Montréal. Elle reflète très bien ma pensée et mon opinion sur cette régression qui nous fait vivre le retour en arrière de notre régime de santé, redevenu à deux vitesses. C’est le texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

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QUAND LES MÉDECINS DEVIENNENT DES COMMERÇANTS

Eh oui ! On se parle de santé parce qu’il le faut bien. Le sujet n’est pas très estival, j’en conviens. Mais que voulez-vous, la maladie, elle, contrairement aux élus et aux médecins, ne prend jamais de vacances.

Le Journal confirmait hier à quel point au Québec, le privé en santé continue de gagner du terrain. Le phénomène n’est pas nouveau. Ce qui l’est est la rapidité avec laquelle il s’étend.

Comprenons-nous bien. On parle ici de ce que j’appelle le privé-privé. Le pur et dur. Celui qu’on paie de sa carte de crédit dans une clinique complètement privée et non pas celui d’un GMF où notre carte d’assurance maladie suffit.

« On devient des commerçants. Il y a une dérive au Québec ! » Ce sont les mots non pas d’un dangereux communiste, mais d’un médecin inquiet du virage accéléré vers le privé-privé. Cité par Le Journal, il met le doigt sur un véritable problème éthique, social et politique. Voire moral.

Si « pas moins de 150 médecins sont passés du public au privé l’an dernier » et que le « réseau public devient une plateforme de recrutement » pour le privé, c’est parce que la chose est tout à fait légale.

C’est légal parce que nos gouvernements le permettent. Un médecin n’a qu’à se désaffilier temporairement de la Régie de l’assurance maladie du Québec pour aller au privé-privé. Il peut même le faire plusieurs fois par année.

C’est légal aussi parce que depuis bien avant la pandémie, le temps opératoire offert aux spécialistes dans nos hôpitaux ne suffit pas à la tâche.

Nous payons pourtant déjà nos impôts pour un réseau de santé censé d’être « public, universel et gratuit ». Cherchez l’erreur.

DES PATIENTS « INVITÉS » À PAYER LE GROS PRIX

Un exemple parmi d’autres : Le Journal rapporte que « 36 507 patients attendent une chirurgie orthopédique, dont 4584 depuis plus d’un an. Il s’agit de la plus longue attente au Québec. »

Résultat : pour aller plus vite, des médecins ne se gênent plus pour « inviter » leurs patients à débourser des dizaines de milliers de dollars pour être opérés rapidement au privé-privé. Soit par eux, soit par un de leurs collègues.

C’est du « tourisme médical », mais sans quitter le Québec. Inévitablement, cela crée deux classes de patients. Les minoritaires capables de payer et les majoritaires incapables de le faire.

Toujours parce qu’au public, c’est trop lent, on voit aussi un recours accru au privé-privé pour simplement voir un médecin de famille ou un spécialiste. Idem pour des examens diagnostiques importants – échographies, scans, coloscopies, prélèvements, etc. Des factures qui montent vite…

Cinquante ans après la création de l’assurance maladie, c’est une régression sociale majeure.

COMME UN CHIEN QUI SE MORD LA QUEUE

Évidemment, puisque c’est « légal », mais socialement inéquitable, personne n’ose « encourager » ouvertement la marchandisation de la santé des Québécois. Ni les fédérations de médecins ni le gouvernement.

En même temps, comme personne non plus ne se bat dans les autobus sur le sujet – le peuple québécois est parfois d’une docilité désespérante –, la pratique n’est pas interdite.

Le tout, remarquez bien, était écrit dans le ciel depuis un bail. Pour son déficit zéro, le gouvernement Bouchard avait sabré durement en santé. Le gouvernement Couillard a fait dans l’austérité.

La recette est simple. Appelons ça du néolibéralisme 101. Plus on affaiblit le système public de santé par des compressions et des réformes débilitantes, plus le privé-privé prend le relais.

Plus il prend le relais, plus il vampirise du même coup une partie du personnel médical su public. Ce qui, par ricochet, affaiblit encore plus le réseau public. La tempête parfaite, quoi.

Bref, c’est le chien qui se mord la queue tout en faisant semblant de ne pas s’en rendre compte.


189e jour de l’année

Samedi, 8 juillet 2023

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Victoria Geoffrion

Bon anniversaire !


On jase là…

À compter du 20 juillet, les trottinettes électriques, envahiront le paysage urbain. Elles auront le droit de circuler dans les zones de moins de 50 km/h, ainsi que sur les pistes cyclables protégées, sur des rues où la vitesse maximale est de 50 km/h. Autres obligations : la vitesse maximale de la trottinette, à la sortie de l’usine est limitée à 25 km/h. De plus, le port du casque est obligatoire. Alors, les automobilistes, il vous faudra redoubler de prudence… les trottinettistes aussi !


Pensée et citation du jour

Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons, durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.

Marc Chagall


Ça s’est passé un 8 juillet…

(1881) Un client du Edward Berner’s drug store à Two Rivers au Wisconsin s’assoit au comptoir et demande un ice cream soda. Le patron ne pouvant servir ce délice un dimanche en vertu de la loi de l’époque fit un compromis. Il lui sert de la crème glacée à laquelle il ajouta du sirop de chocolat qu’il ne servait que dans un ice cream soda. Cette collation fut appréciée du client qui en redemanda sous le nom de sundae parce qu’il lui fut servi pour la première fois un dimanche (sunday).

(1944) Début de l’Opération Charnwood planifiée par le général Montgomery. L’offensive du 1er Corps anglais est précédée d’un bombardement massif de Caen dans la nuit du 7 au 8 juillet : 450 bombardiers Halifax et Lancaster décollent et larguent près de 6000 tonnes de bombes sur la partie nord de la ville qui est réduite à un état de cendre, propice aux tireurs isolés allemands.

(1998) L’ancien premier ministre Brian Mulroney ainsi que les ex-hockeyeurs Maurice Richard et Jean Béliveau sont nommés Compagnons de l’Ordre du Canada, le plus haut échelon de l’Ordre. Le chanteur Bryan Adams accède au rang d’Officier.


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