Vers l’indépendance ?

Et pourquoi pas ? C’est fou comme cette option revient dans l’actualité. Même l’Alberta y songe, parce que, voyez-vous, ils nous trouvent exigeants, arrogants et aimeraient beaucoup qu’on fiche le camp. La Colombie-Britannique y songe également depuis belle lurette. La péréquation en fait chier plusieurs.

En fait, nous sommes en longue et interminable instance de divorce avec le reste du Canada. Le mariage ne peut plus durer et même un conciliateur ne saurait réparer les pots cassés. N’oublions jamais que la constitution canadienne nous a été rentrée de force dans la gorge en hypocrites, comme le reste du Canada se définit. Et les mascarades en autobus bondés des deux derniers référendums étaient assez évidentes à cet égard.

Toujours est-il que le 10 novembre dernier, Richard Martineau publiait un article intéressant dans le Journal de Montréal, sur l’« amour » inconditionnel que nous portent les Canadiens. C’est vous dire ce qu’ils pensent de nous, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE QUÉBEC, CETTE TUMEUR CANCÉREUSE Richard Martineau

Après le Globe ans Mail, qui a publié un éditorial affirmant que la loi 21 est une « tache sur le Canada », c’est au tour du National Post de tirer à boulets rouges sur le Québec.

Mercredi dernier, le commentateur Chris Selly a pris la plume pour dénoncer « l’intolérance » et « le racisme » des Québécois.

« BON DÉBARRAS ! »

Ce n’est pas la première fois que Selly tient de tels propos. Le 15 août 2012, il écrivait : « C’est fini de marcher sur des œufs. Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »

Cette semaine, le chroniqueur du National Post est allé plus loin.

Choqué par la décision du gouvernement Legault d’offrir des services uniquement en français aux nouveaux arrivants, Chris Selly a écrit que le principal danger, avec le Québec, n’est pas que la province finisse un jour par quitter le Canada… c’est qu’elle décide de rester !

En effet, nous sommes tellement racistes et tellement intolérants que nous représentons un véritable danger pour la fédération canadienne !

Selon Selly, la meilleure chose qui pourrait arriver au Canada si le Québec continue de maltraiter ses minorités et ses immigrants de la sorte est que nous sacrions notre camp !

UNE CICATRICE

« Les limites que le Québec impose à la liberté d’expression sous prétexte de défendre la langue française sont tellement ancrées dans l’inconscient collectif national et sont tellement acceptées par l’ensemble des partis politiques du pays qu’on ne s’aperçoit même plus que ce sont des attaques contre une liberté fondamentale », écrit Selly.

En d’autres mots, la fermeture d’esprit des Québécois est en train de gangréner le reste du pays.

Pour sauver le Canada, il faudrait nous extirper de la fédération, comme si nous étions une tumeur cancéreuse ! Et c’est nous qu’on traite de racistes ! Tout juste si on ne nous dit pas que nous sommes indignes d’être Canadiens ! Que nous faisons honte au pays ! Que nous sommes une anomalie, un affront, une cicatrice sur le visage du plus beau pays du monde !

MESSAGES D’AMOUR

Il faut lire les commentaires en bas du texte de Selly…

« Les Québécois se sentent supérieurs aux autres Canadiens. »

« Avec vos lois, vous tentez de protéger artificiellement une langue et une culture qui, naturellement, devraient être reléguées aux oubliettes de l’histoire… »

« Le temps est venu de mettre le Québec à sa place… »

« Les francophones veulent imposer leur culture aux autres. »

« Pourquoi le Canada ne se sépare-t-il pas du Québec ? On leur laissera Justin et on pourra enfin vivre heureux… »

« Les Québécois agissent envers leurs minorités comme un enfant qui utilise une loupe pour faire brûler une fourmilière. »

« Les Québécois qui vont en Floride l’hiver ont même exigé d’avoir des noms de rues en français ! »

« Le problème est que le Canada donne au Québec tout ce qu’il veut… »

« Le Québec est une tache sur notre pays. S’il vous plaît, partez ! Vous vivez aux crochets de la péréquation ! »

« Mon mari et moi avons déménagé au Québec en avril 2017 et le regrettons. Leurs politiques sont malsaines. »

« Les Québécois veulent préserver leur culture, mais empêchent les minorités de préserver la leur… »

« Grâce au Québec, j’ai étudié gratuitement. Et dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai sacré le camp. »

C’est beau, non ?

René doit sûrement se retourner dans sa tombe

Je l’ai toujours dit et je le répète encore et encore; René Lévesque, notre Moïse national, était 25 ans en avant de tout le monde. C’était le prophète et le Messie.

Celui qui allait sauver son peuple pour lui donner tous les pouvoirs de se prendre en main et de prospérer tout seul dans une mer anglophone. Le seul moyen de gérer sa destinée. On connaît la suite !

Hier matin, dans le Journal de Montréal, Joseph Facal y est allé d’un excellent article qui m’a rappelé la bonne parole que René prêchait sur toutes les tribunes. Du bonbon que je veux partager avec vous aujourd’hui.

Pensez à ce bon vieux René, comme un père qui veut protéger les siens. Le geste que vous poserez ce lundi, sera une étape vers notre autonomie future. Le temps d’affirmer au Canada notre fierté nationale francophone. Un pas de plus dans la bonne direction. Qu’on se fasse le plus grand des plaisirs en votant massivement pour le BLOC et lancer un puissant message d’affirmation aux fédéraux. Qu’est-ce qu’on a à perdre ?

PÉTARDS MOUILLÉS Joseph Facal

À quatre jours du vote, les chefs fédéraux tirent leurs dernières salves.

Finies les grandes promesses, finis les cadres financiers, on réduit le message à sa plus simple expression et on vise les électeurs indécis ou vacillants.

Quand les chefs appellent à voter « stratégiquement », c’est que l’élection est extraordinairement serrée.

BILAN

Trudeau et Scheer martèlent tous les deux que le Québec serait gagnant si des Québécois participent à un gouvernement fédéral dirigé par leur formation.

Logique à première vue, mais de la bouillie pour les chats.

L’important n’est pas d’où vous venez, mais pour qui vous travaillez.

Vite, nommez-moi une retombée concrète et positive pour le Québec d’avoir eu au conseil des ministres du gouvernement Trudeau les Joly, Duclos, Champagne, Bibeau, Garneau et Rodriguez.

Oui, il y a eu des quelques décisions positives pour nous, comme la bonification de l’allocation pour enfants.

Mais c’était une mesure pour tous les Canadiens. Que des Québécois soient ou non au conseil des ministres n’y changeait rien.

Quelle mesure fut prise, qui ne l’aurait pas été autrement, parce que des Québécois étaient autour de la table ?

Aucune.

Trudeau avait même Philippe Couillard comme interlocuteur à Québec, le premier ministre le plus inconditionnellement canadian de toute notre histoire.

Leur complicité nous a valu quels bénéfices ?

Plus fort s’il vous plaît, je ne vous ai pas bien entendu.

Historiquement, le Parti libéral fédéral – avec Trudeau père, Lalonde, Chrétien, Dion et cie – a surtout utilisé les Québécois pour donner au Québec des coups de pied au cul et le tenir tranquille.

Les ministres québécois actuels de Trudeau fils font d’ailleurs campagne sur une plateforme remplie de promesses qui sont des intrusions dans les responsabilités de l’Assemblée nationale du Québec.

Quand un Québécois devient ministre du gouvernement canadien, il sert les intérêts canadiens. Aussi simple que cela.

Ce n’est pas nécessairement par mauvaise foi. Le système est ainsi fait : le Canada anglais, très majoritaire, ne laissera pas un ministre québécois tirer la couverture vers les siens.

Dans le cas d’un gouvernement conservateur, la participation québécoise a failli donner des fruits du temps des Brian Mulroney, Lucien Bouchard, Benoît Bouchard et cie, au début des années 1990.

La fin du film fut amère. Vous le raconterez aux jeunes. Ils n’ont pas trop l’air de vouloir le regarder eux-mêmes.

ILLUSION

Permettez-moi de me répéter au sujet du vote « stratégique ».

Notre système ne donne pas la victoire à celui qui a le plus de votes, mais plus de sièges.

Vous devez donc regarder la situation dans votre circonscription.

Pour que votre vote « stratégique » ait une micro-chance, il faut d’abord que le candidat de votre cœur n’ait aucune chance, ce qui exclut toutes les circonscriptions où il y a des luttes à trois.

Il faut ensuite que la lutte entre les deux meneurs soit serrée au point que le déplacement d’une poignée de votes fasse une vraie différence, ce qui est rarissime dans un Québec où chaque parti concentre ses appuis dans des régions spécifiques.

Faites-vous donc plaisir.

Promouvoir ses objectifs sans réserve

Que vous soyez séparatistes, indépendantistes, nationalistes ou souverainistes, le papier de Mathieu Bock-Côté publié dans les pages du Journal de Montréal du 12 juin dernier vous a sûrement fait grand plaisir.

Mon allégeance politique étant un secret de Polichinelle, j’ai la même opinion de ce que devrait être le Parti québécois si nous voulons, un jour, jouir de notre autonomie complète. Je le répète depuis des lunes; montrez-nous notre vision nationaliste en commentant les nouvelles politiques des autres, dans un environnement vraiment indépendant. Et les sujets ne manquent pas.

Pas besoin de se renouveler, de sonder, de se questionner… simplement de nous dire ce que ces politiques seraient dans un environnement souverainiste. C’est ça qu’on veut savoir. Changer de nom ne résout rien. Le Parti québécois doit demeurer fier de ses origines et continuer le combat de ceux et celles qui nous regardent de là-haut.

C’est cet article que je vous propose aujourd’hui

UNE RENAISSANCE PÉQUISTE ? Mathieu Bock-Côté

Après sa dégelée du 1er octobre dernier, le PQ a décidé de s’engager dans une grande entreprise de refondation. Les militants seront consultés. Le public aussi. Au terme de l’exercice, on peut être à peu près certain que le PQ nous dira qu’il est jeune, vert, progressiste et ouvert à la diversité.

Il s’inventera de nouvelles raisons pas trop identitaires de vouloir la souveraineté. Il accompagnera le tout d’une vague promesse référendaire. En gros, il n’aura pas changé.

Appelons ça une opération de marketing politique. Comment ne pas être pris d’une immense envie de bâiller ? Ce film, on l’a vu cent fois.

ÉCHEC

Détachons-nous de l’actualité.

L’effondrement du PQ aux dernières élections était plus que probable. Depuis le 30 octobre 1995, il a accumulé les défaites. À l’échelle de l’histoire, le PQ a échoué. Il était censé réaliser l’indépendance et il a perdu ses deux référendums. Les Québécois en sont venus à vouloir tourner la page d’une question nationale n’en finissant plus d’avorter politiquement.

Pire encore : alors qu’il devait défendre l’identité québécoise, il s’est montré timoré, comme s’il craignait de subir les foudres médiatiques du multiculturalisme radio-canadien.

Peu à peu, la CAQ a remplacé le PQ comme principal parti nationaliste. Et depuis son élection, sans toujours éblouir, elle ne déçoit pas.

Il se pourrait toutefois que dans les prochains temps, un certain espace se dégage pour le PQ.

D’ici peu, la CAQ adoptera le projet de loi 21. Ce sera un geste d’affirmation nationale remarquable. Mais si la question de la laïcité continuera d’occuper de la place dans l’opinion, elle laissera de la place pour d’autres dimensions de la question identitaire. Parmi celles-là, la question de la langue et celle de l’immigration.

Sur ces deux questions, la CAQ manque de vigueur. On l’apprenait il y a quelques jours, elle n’a pas encore ramené la baisse des seuils d’immigration, qu’elle pense déjà à les remonter, comme si elle voulait se faire excuser son audace sur la laïcité.

De même, sur le plan linguistique, la CAQ n’annonce aucune mesure susceptible de renverser l’anglicisation de Montréal.

En plaidant pour une baisse significative des seuils d’immigration, comme l’y invite Jacques Houle dans son livre Disparaître (Liber, 2019), et pour un renforcement de la loi 101, le PQ pourrait s’emparer à nouveau de la question identitaire.

Il devra l’imposer clairement au cœur du débat politique. Mais pour cela, il devra rompre avec le politiquement correct et avec cette fausse modération qui n’est souvent qu’une vraie lâcheté.

INDÉPENDANCE

Le PQ n’a pas besoin d’un énième sondage pour se refaire une beauté. Il doit faire preuve de leadership politique.

À quoi sert un parti nationaliste et indépendantiste s’il ne cesse de fuir le nationalisme et l’indépendance ?

Le PQ devra chercher à convaincre la population de la justesse de son objectif fondamental. Indépendance, affirmation de l’identité, promotion de la langue française, baisse de l’immigration, critique du gouvernement des juges, défense de la liberté d’expression, nationalisme économique : ces thèmes devraient être au cœur de sa renaissance.

Routes : mais où va l’argent ?

Depuis quelques jours, le Journal de Montréal publie un gros dossier de plusieurs articles intéressants sur l’état des routes au Québec. Jamais, les routes n’ont été aussi en décrépitude que ce printemps.

Dès qu’une nouvelle route est opérationnelle, les paris sont ouverts sur la date de l’apparition des premiers nids-de-poule. On ne cause pas en termes d’années, mais en nombre de mois avant l’apparition des trous.

Samedi dernier, toujours dans les pages du Journal de Montréal, Michel Girard dévoilait les milliards de dollars qu’Ottawa mais surtout le Québec, viennent chercher dans nos poches d’automobilistes. Cette somme devrait servir pour le réseau routier et si c’était le cas, nous roulerions sur les plus belles routes du monde.

Les taxes devraient servir à ça, du moins dans une forte proportion. Annuellement, aux automobilistes québécois, Ottawa nous arrache 2,48 milliards $ alors que Québec, plus gourmand, nous siphonne de 7,2 milliards $. Imaginez les routes qu’on pourrait se payer avec ce magot !

À tout événement, je veux partager le texte suivant pour vous rendre compte de notre phénoménale contribution monétaire, année après année, et qui abouti finalement où ?

L’AUTOMOBILISTE PLUMÉ EN TAXES ET TARIFS Michel Girard

Qu’ils roulent en bazou ou en voiture de luxe, les automobilistes se font plumer le portefeuille en taxes, droits et permis. De combien ? Un peu plus de 9 milliards $ par année.

Les calculs du Journal sont basés sur des données tirées de diverses sources : Comptes publics du gouvernement du Québec, Statistique Canada, CAA-Québec, Régie de l’énergie, etc.

Des deux gouvernements, c’est le gouvernement du Québec le plus gourmand. Alors que Québec ne siphonne rien de moins que 7,2 milliards $ aux automobilistes québécois, Ottawa se « contente » de leur soutirer 2,48 milliards.

Avec une telle ponction d’argent, les automobilistes sont en droit de s’attendre à circuler sur des routes de meilleure qualité, et surtout sans nids-de-poule. La circulation n’en sera que plus fluide.

Moins d’accidents surviendront. Les voitures subiront moins de dommages, Le niveau de pollution baissera, etc., etc.

Bref, le bilan routier ne pourra que s’améliorer…

Et cela n’enlève absolument rien aux efforts (financiers et environnementaux) qu’il faut absolument continuer de déployer pour motiver le plus de gens possible à utiliser davantage le transport en commun.

Chers lecteurs, soyez rassurés : cette chronique ne veut aucunement promouvoir l’usage de l’automobile.

Cela dit, je crois tour de même pertinent de rappeler à nos élus la somme faramineuse qu’ils vont chercher annuellement dans les poches des automobilistes en taxes, droits et permis. Question de leur demander ce qu’ils font avec tous ces milliards…

CE QU’ON PAYE… À QUÉBEC

Le gouvernement du Québec squeeze l’automobiliste de multiples façons. Voici la répartition des 7,2 milliards $ qu’il leur soutire annuellement.

CAA-Québec a répertorié des taxes et droits provinciaux pour la somme de 3,93 milliards :

  • Taxe provinciale sur les carburants : 2,23 milliards
  • Droits sur l’immatriculation et les permis de conduire : 1,17 milliards
  • Taxe supplémentaire de 45$ dans Montréal : 35 millions
  • Financement du transport en commun : 111 millions
  • Financement du Fonds vert : 379 millions

À cela s’ajoutent des recettes de 3,27 milliards $ provenant de la taxe de vente provinciale que les automobilistes payent :

  • TVQ sur l’essence : 970 millions
  • Taxe sur l’assurance dommage auto : 320 millions
  • TVQ sur l’entretien de l’auto : 375 millions
  • TVQ sur l’achat de véhicules neufs : 1,6 milliard

CE QU’ON PAYE… À OTTAWA

De son côté, le gouvernement fédéral va chercher dans les poches des automobilistes québécois des recettes de 2,48 milliards :

  • Taxe d’accise par litre (10 cents sur l’essence et 4 cents sur le diesel) : 980 millions
  • TPS sur l’essence : 492 millions
  • TPS sur l’entretien de l’auto : 188 millions
  • TPS sur la vente de véhicules neufs : 820 millions

Chose certaine, à voir la déroute de nos chemins, il y a de quoi avoir de la suspicion envers l’utilisation des 9 milliards de dollars que Québec et Ottawa pompent annuellement des poches des automobilistes.

Sur la bonne voie

Je l’avoue, depuis que j’ai l’âge de voter, j’ai toujours voté Parti québécois. Je suis un indépendantiste convaincu. Lors du dernier scrutin, malgré la baisse de popularité évidente de ce parti, il a encore eu mon vote. Même si j’étais contre l’idée de mettre la souveraineté en veilleuse, à mon humble avis, c’est tout le contraire qu’il faut préconiser. Il faut constamment faire la promotion de l’indépendance.

Puis est arrivé François Legault, ex-péquiste que je crois toujours nationaliste, qui prend les bonnes décisions, les bonnes orientations et qui apporte la vivacité que le peuple québécois doit retrouver. Je suis enchanté de ce que je vois et, indirectement, sa fibre nationaliste renaît. L’article de Mathieu Bock-Côté dans les pages du Journal de Montréal d’hier, rejoint beaucoup mon opinion sur le sujet, ma fierté d’être québécois et surtout, d’espérer la réalisation du projet, amorcé il y a cinquante ans, par le prophète René Lévesque qui était en avance sur tout le monde pour l’avenir du Québec.

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE RETOUR DE LA FIERTÉ QUÉBÉCOISE Mathieu Bock-Côté

Dans un mois exactement, nous commencerons la célébration de la fête nationale. Comme d’habitude, nous sortirons les drapeaux et les radios diffuseront des chansons québécoises. Nous redécouvrirons la richesse incroyable de notre patrimoine musical.

Peut-être nous rappellerons-nous un peu notre histoire, aussi belle que tragique, aussi inspirante que déprimante.

Comme d’habitude, nous dirons notre fierté d’appartenir à ce peuple si particulier, qui s’entête à vivre dans sa langue et à faire rayonner sa culture sur un continent qu’il a déjà exploré de mille manières, mais qui, aujourd’hui, le voit mieux comme une nation excentrique, et au pire, comme une tribu anachronique.

FIERTÉ

Nous rappellerons, chacun le faisant à sa manière, que nous ne céderons pas, et nous proclamerons que dans un siècle, nous poursuivrons encore la belle aventure de l’Amérique française.

Mais il y aura une différence majeure, cette fois avec les années précédentes : tout cela ne sonnera pas faux. Pour la première fois depuis longtemps, cette fierté ne sera pas artificielle. Elle ne viendra plus au terme d’un long exercice d’optimiste forcé, mais de manière assez spontanée.

Car quelque chose s’est passé au Québec depuis un an : nous avons rompu avec un régime libéral qui, fondamentalement, s’était retourné contre la nation.

Nous avions à Québec un gouvernement au service d’Ottawa, qui cherchait de toutes les manières possibles à neutraliser notre différence, pour faire de nous des Canadiens un peu plus originaux que les autres. Le régime libéral version Couillard nous humiliait collectivement.

L’élection de la CAQ, le 1er octobre dernier, a changé quelque chose dans l’atmosphère politique.

En gros, les Québécois francophones, qui se divisaient entre eux exagérément depuis vingt ans, et se condamnaient ainsi à l’impuissance politique dans leur propre pays, ont repris le contrôle de leur destin.

Ce retour à la normale a réanimé notre identité, comme en témoigne la résolution tranquille du gouvernement dans le dossier sur la laïcité.

Ceux qui me lisent le savent : je suis un indépendantiste « à la vie, à la mort ». Le rêve qui m’habite, la cause de ma vie, c’est que le Québec devienne un pays, qui existera dans le monde en son nom et qui ne portera plus son identité comme un fardeau, mais comme un trésor.

Pour le travail, je traverse souvent l’Atlantique et je ne cesse d’expliquer à nos cousins français que le Québec deviendra un jour un pays, car tel est son destin. Je ne veux pas que le monde oublie le bel appel du Québec libre.

INDÉPENDANCE

De ce point de vue, le présent gouvernement, avec son autonomisme, ne va pas assez loin. Son nationalisme ne va pas assez loin non plus.

Mais globalement, il va dans la bonne direction. Depuis quelques mois, j’ai vu notre peuple se redire qu’il avait le droit d’exister. Pour le dire avec les mots d’un autre, cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi fier d’être Québécois.

La lune de miel a-t-elle déjà existé ?

À la lumière du dernier sondage Angus Reid et surtout à la lecture des données, on peut constater que le reste du Canada nous hait, pas à peu près. Pourtant en 1980 et en 1995, ils agitaient les nombreux drapeaux du Canada en nous exprimant leur amour, et de rester ensemble dans ce grand Canada. Et nous nous sommes fait prendre deux fois à ce petit jeu d’hypocrites.

La dernière débandade du PQ aux dernières élections est une preuve sans équivoque que le fait d’avoir mis de côté son option souverainiste a été désastreuse. Depuis plusieurs années je le dis; ce ne sera pas le Parti québécois qui fera la souveraineté un jour, mais bien un autre parti nationaliste comme la CAQ actuelle. Nous n’aurons pas le choix d’y accéder un jour, puisque le Canada ne nous veut pas. Voilà !

La blogueuse Lise Ravary a déjà écrit un article intéressant dans les pages du Journal de Montréal en janvier dernier sur le sujet, et c’est ce que je me propose de partager avec vous.

CANADA-QUÉBEC : C’EST TERMINÉ Lise Ravary

Pendant que le Parti québécois cherche son souffle. Les Canadiens nous annoncent, via un sondage Angus Reid, qu’ils ne nous aiment pas. Plus on se déplace vers l’ouest, pire c’est.

L’amour des provinces des Prairies – Alberta, Saskatchewan et Manitoba – pour le Québec oscille entre 1% et 3%. Il semble même que 81% des Albertains perçoivent les Québécois comme étant hostile. L’amalgame « pétrole sale et péréquation » n’a pas agrandi notre cercle d’amis dans la confédération.

Je n’arrive pas à expliquer précisément ce sentiment qui m’habite depuis les élections du 1er octobre, mais j’ai l’impression que nous sommes en train de remettre la table pour un retour de la souveraineté dans le paysage politique. Nous l’avons peut-être enterrée trop tôt.

Elle pourrait renaître en version 2.0, moins revancharde. Les traîtres et les fédérastes, ça suffit. Le mépris canadien aussi.

C’EST CHIEN

Mon expérience du Canada anglais est tout autre, mais les temps changent. Il ne comprend ni ne respecte notre vision du monde, en commençant par la laïcité.

Pour les anglophones, y compris du Québec, l’interdiction des signes religieux est un geste raciste, et non pas la simple concrétisation de la séparation de l’Église et de l’État.

De notre côté, nous sommes rebutés par la sacralisation par le Canada anglais de la Charte des droits, dont voici un exemple ahurissant.

Hier, un avocat de Colombie-Britannique a invoqué l’article 8 de la Charte portant sur les perquisitions abusives pour faire acquitter un homme en possession de 27 500 comprimés de fentanyl. La chienne renifleuse de la police, Doodz, gênée par la chaîne de trottoir, n’a posé qu’une fesse par terre pour indiquer la présence, pourtant confirmée, de la drogue dans la camionnette. Il faut deux fesses sur le sol, paraît-il.

Plus le temps passe, moins nous avons de choses en commun.

L’hypocrisie des chefs d’États

Vous vous souvenez de Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien qui a été massacré le 2 octobre dernier, avant d’être démembré puis disposé on ne sait où ni comment ? Nos politiciens du Canada et des autres pays ont crié vivement au meurtre ignoble et dénoncé ses assassins.

Puis, plus rien, l’affaire est terminée et les transactions financières avec l’Arabie Saoudite ont recommencé comme si de rien n’était. Une vraie bande d’hypocrites. Dans l’édition du Journal de Montréal du 29 novembre dernier, Joseph Facal en a fait le sujet de son article que je partage avec vous. Un papier très intéressant et révélateur.

KHASHOGGI : C’EST DÉJÀ FINI.

Le nom de Jamal Khashoggi vous est maintenant familier.

Le journaliste saoudien avait rendez-vous au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie, pour des formalités administratives en vue de son mariage. Il était « attendu » par les services secrets saoudiens. On l’a drogué, torturé, tué, démembré et dissous. Son « crime » ? Il critiquait le régime saoudien dans le Washington Post.

LE « CASH »

Tous les signes pointent vers une opération ordonnée par le prince héritier en personne. Riyad a d’abord multiplié les dénégations, toutes les plus absurdes les unes que les autres.

Peut-on imaginer un escadron de tortionnaires et d’assassins, montant à bord d’un avion dans leur pays, pour aller faire ce bulot à l’étranger, sans que l’opération n’ait été autorisée au plus haut niveau ?

Riyad va sans doute exécuter quelques-uns de ces sbires pour blanchir le jeune tyran. Que feront nos dirigeants ? Des bulles. Ils se diront « préoccupés ». On votera des motions indignées.

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros importateur d’armes au monde. Son premier fournisseur ? Les États-Unis. L’an dernier, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé des accords commerciaux d’une valeur de 380 milliards US sur 10 ans, dont 110 milliards d’armement américain.

Son second fournisseur ? La France. Ses contrats d’armement avec Riyad ont totalisé 11 milliards d’euros entre 208 et 2017. Emmanuel Macron a donc estimé que toute remise en question de ce pactole serait faire prévaloir « l’emportement, l’émotion, la confusion ».

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros acheteur de matériel militaire canadien. Notre beau Justin trouvera moins compliqué d’aller pleurer devant un pensionnat autochtone.

Les gros pays ne feront rien parce que des contrats valant des milliards sont en jeu. Les petits pays ne feront rien parce qu’ils ont l’espoir de ramasser quelques miettes.

Ce sera « business as usual »: nous continuerons à vendre des armes au régime pour qu’il réprime sa population, liquide ses opposants et poursuive ses bombardements au Yémen. Nous fermerons les yeux sur les décapitations, les droits bafoués et l’infantilisation des femmes.

La puissance saoudienne ne tient pas seulement aux contrats militaires et au pétrole, mais aussi à ce qu’on appelle, en science politique, son « soft power ».

Quand Ottawa s’est excité, au mois d’août, à la suite de l’arrestation de militantes des droits de la personne dans ce charmant pays, Riyad a menacé de rapatrier tous les étudiants saoudiens au Canada. Parmi eux, 229 étudient la médecine à McGill, et Riyad paie les 100 000$ par année que coûte leur formation.

Leur départ, confiait David Eidelman, doyen de la faculté de médecine, provoquerait « un manque de liquidité massif », Il avouait piteusement : « Nous dépendons désormais d’eux. »

FRANCHISE

Avec sa subtilité coutumière, Trump ‘est réjoui de la vigueur du commerce américain avec les Saoudiens et de la baisse des prix à la pompe. Amazing !

Reconnaissons-lui le « mérite » d’avoir dit tout haut ce que les autres chefs d’État chuchotent.