La Loi 101, version 2, tarde.

Depuis le temps que le ministre Simon Jolin-Barrette planche sur cette nouvelle version, il attend quoi pour nous la faire découvrir ? Promise pour l’automne dernier, puis cet hiver et plus particulièrement en février, aucun mot, aucune annonce, rien !

Avec toute cette attente, j’ai bien hâte de quoi il va accoucher. Il ne doit pas se tromper et nous décevoir. Cette loi doit revivre et prendre toute la place qui lui revient, comme l’avait fait feu Camille Laurin.

Josée Legault traitait de ce sujet chaud, dans sa chronique du 10 février dernier dans le Journal de Montréal. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

—————————————————————

CAMILLE LAURIN, VOUS CONNAISSEZ ?

Dans la grande région métropolitaine, le français recule depuis plus de vingt ans déjà. Spécialisée à l’université sur la question linguistique, j’en ai souvent fait depuis l’analyse détaillée sur diverses tribunes. Ici et à l’étranger.

Après deux décennies de déni, tant chez la classe politique que dans les médias, le phénomène crève maintenant tellement les yeux que même les libéraux fédéraux s’en rendent compte.

C’est dire l’ampleur colossale du désastre qui, à force d’inaction des gouvernements, toutes couleurs confondues, commande un redressement majeur de la situation.

Cette tâche titanesque, le gouvernement Legault en a cependant hérité à son corps défendant. La réforme de la loi 101 préparée par Simon Jolin-Barrette, ministre responsable du dossier, est attendue depuis longtemps.

S’il fallait que l’éléphant accouche d’une souris sur le plan législatif, le rendez-vous manqué affaiblirait d’autant plus une langue « nationale » déjà amplement fragilisée.

INCERTITUDES ET ATTENTES

C’est dans ce même contexte d’incertitude et de grandes attentes que Richard Campeau, député caquiste de Bourget, suggère de remplacer le nom de sa circonscription montréalaise par celui de Camille Laurin.

Décédé le 11 mars 1999 à l’âge de 76 ans, le Dr Laurin, brillant psychiatre de profession, fut député de Bourget sous René Lévesque, et, surtout, ministre responsable de l’élaboration de la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de loi 101.

Pour mieux comprendre la grande intelligence, la finesse stratégique et la vision humaniste inaltérable de Camille Laurin, il faut lire sa biographie époustouflante, rédigée par Jean-Claude Picard, lui-même décédé l’an dernier. (Camille Laurin. L’homme debout. Boréal, 2003).

Pour qu’il puisse arriver à une version finale de la loi 101 en juillet 1977, on y prend la pleine mesure des nombreux obstacles qui jalonnaient la route de Camille Laurin. Un à un, il les a surmontés avec courage et détermination.

OBSTACLES

Rappelons que le milieu des affaires, les leaders anglo-québécois et fédéraux le conspuaient continuellement. Avec stoïcisme, il encaissait les insultes les plus viles, dont la comparaison odieuse avec Joseph Goebbels, propagandiste en chef du nazisme et d’Adolf Hitler.

Même au sein du gouvernement Lévesque, il devait se confronter à des collègues opposés à son projet. Fin tacticien, il réussira à les convaincre presque tous. Résultat : hormis pour la minorité historique anglophone, la loi 101 consacrerait le français comme langue nationale de tous les Québécois.

Au Québec, le français serait la langue d’intégration, de partage, du travail, de culture, de communication, d’éducation, d’affichage, de commerce, d’administration publique, etc. Un exploit historique.

Une fois adoptée, la loi 101 subira toutefois les assauts des tribunaux. Ses adversaires en ont fait grand usage pour mieux s’y attaquer. Pis encore, à de rares exceptions près, les gouvernements du Québec refuseraient à leur tour de la renforcer à nouveau.

Aujourd’hui, l’état des lieux est à l’avenant. D’où la « mission » de Simon Jolin-Barrette de lui redonner ses muscles perdus. Les difficultés se dressant devant lui sont d’ailleurs nettement plus atténuées qu’au temps de Camille Laurin.

La morale de cette histoire ? Honorer le legs exceptionnel de Camille Laurin en renommant son ancien comté est certes bienvenu. Redonner enfin vie à la Charte de la langue française serait beaucoup mieux encore.

Pour les sceptiques sur l’assimilation

Le 30 octobre 1995, l’illégalité des traîtres a fait pencher la balance du mauvais côté, par la peau des fesses. Au moment de « célébrer » ce douloureux 25e anniversaire, aujourd’hui, je veux partager avec vous l’excellent article de Joseph Facal, paru le 24 octobre dernier dans les pages du Journal de Montréal. Les effets dévastateurs du NON.

L’APRES-1995 OU LE SUICIDE JOYEUX

Le poids des francophones au Québec baisse à une vitesse alarmante.

Celui des anglophones se maintient ou augmente, alors qu’il n’y a que 8,1 % de la population du Québec dont c’est la langue maternelle.

Vous devinez l’explication : près la moitié des immigrants dont la langue de naissance n’est ni le français ni l’anglais font ensuite leur vie en anglais.

Trouvez-moi une autre société au monde où une petite minorité possède un pouvoir d’attraction aussi fort, infiniment plus fort en réalité que celui de la majorité en proportion de son poids.

TURPITUDES

Dans 16 ans à peine, en 2036, les francophones seront minoritaires dans toute la région métropolitaine. Ils ne seront que 69 % de la population du Québec.

Le parti libéral du Québec (PLQ) n’a qu’à se croiser les bras et à patienter. Dans la dynamique actuelle, l’immigration est une machine à fabriquer des électeurs libéraux.

Les immigrants qui ne parlent pas le français avant leur arrivée au Québec s’inscrivent dans des cégeps et des universités anglophones à hauteur de… 90 % !!

Devinez dans quelle langue ils élèveront leurs enfants…

La loi 101 n’aura servi qu’à faire du français la langue seconde d’une bonne partie des nouveaux arrivants… et c’est tout… et c’est trop peu… et il sera bientôt trop tard.

Quelle est la brillante idée trouvée par les universités et les cégeps francophones pour tenter de freiner leur déclassement ?

Offrir plus de cours en anglais ! La concurrence, disent-ils. « If you can’t beat them, joint them. »

L’État du Québec n’a qu’une langue officielle, le français ? Sérieusement…

Dans le réseau de la santé, dans les universités, dans la fonction publique, l’anglais est disponible sur demande, quand le bilinguisme systématique n’est pas carrément installé dans les faits, y compris dans les régions où le nombre d’anglophones est minime.

Tous les prétextes sont bons : c’est plus « pratique », c’est pour la « sécurité », faut être « fins », soyez « ouverts », c’est quoi le problème ? etc.

Le Québec français travaille activement à son propre enterrement sous le leadership enthousiasme du patronat, du PLQ, de Valérie Plante, des multiculturalistes, de tous ceux qui déguisent l’intérêt, le mépris ou l’inconscience en élévation morale, en lucidité ou en « nécessité ».

Si vous trouvez que j’exagère, si les lectures fortes ne vous font pas peur, allez lire immédiatement l’ouvrage de Frédéric Lacroix tout juste paru : Pourquoi la loi 101 est un échec (Boréal).

Ce ne sont pas des états d’âme ou des jérémiades, mais des chiffres, des faits, des preuves, accompagnés d’une dissection magistrale de toutes les manipulations statistiques inventées pour dissimuler une réalité dramatique.

SI…

Le Journal nous invite à souligner les 25 ans du référendum de 1995. Quel lien entre le recul du français et la défaite du Oui en 1995 ?

Si nous étions devenus un pays, nous contrôlerions 100 % de notre immigration.

Les nouveaux arrivants n’auraient pas le libre choix de la langue.

Les tribunaux canadiens n’y pourraient rien.

L’immigrant vient d’abord au Canada, ensuite au Québec. Il a le choix de rallier la majorité ou la minorité.

Il fera quoi, vous pensez ?

Cré Justin va !

Est-ce que ça vous tente de vous payer une pinte de bon sang ? D’en rire un bon coup en cette période pandémique ? De pouvoir vous dilater la rate ? Gardez-vous des papiers-mouchoirs près de vous car ils pourraient être utiles si une larme de crocodile venait à glisser sur votre joue.

Alors, sans plus tarder, je vous propose cette parodie de Justin Trudeau… vous savez, l’ami Justin, déguisé en guichet automatique depuis mars dernier, pondue par nul autre que Richard Martineau dans sa chronique journalière dans le Journal de Montréal.

C’est ce que je partage avec vous en cette période de grande noirceur sociale.

Place au monologue à la « Yvon… »

JUSTIN : LE SENS DE LA FAMILLE

On a beau dire ce qu’on veut de Justin, il faut lui reconnaître une grande qualité.

Cet homme prend soin de sa famille et de ses amis !

Il les soigne aux petits oignons. Pas un jour sans qu’il les bichonne, les chouchoute, les dorlote !

LE ROUGE ET LE VERT

Regardez la légalisation du pot, dont on célèbre ces temps-ci – dans un grand nuage de fumée – le deuxième anniversaire.

Qui s’enrichit avec cette légalisation ? Qui retrouve-t-on dans les organigrammes des gros joueurs de cette nouvelle industrie ?

Des membres de la grande famille libérale.

Ça c’est de la générosité !

On imagine notre beau Justin, au téléphone avec ses acolytes. « Ça vous tente de mettre du beurre sur les deux côtés de votre rôtie, les amis ? Eh bien, j’ai un mot pour vous. Juste un. Pot. Placez bien vos pions, j’arrive avec un projet de loi qui va vous permettre de passer GO en récoltant la cagnotte… »

D’un côté, tu permets aux jeunes de se geler la bine en toute légalité pendant que tu les endettes pour le reste de leurs jours.

De l’autre, tu gâtes tes chums !

C’est pas beau, ça ?

SEUL SUR SON ÎLE

Autre exemple de la magnanimité de notre PM : l’Aga Khan.

Le bonhomme est tout seul sur son île et s’ennuie pour mourir. Il appelle son chum Justin pour lui demander s’il ne viendrait pas faire un tour.

Justin aurait pu lui répondre :

« Voyons, Aga, je suis premier ministre du pays, tu sais bien que je n’ai pas le temps ! »

En bien non !

Notre PM n’a pas hésité deux secondes, et lui a dit : « Tu t’ennuies, Aga ? Ne crains rien, je prends mon jeu de Mille Bornes et j’arrive avec toute ma famille ! On envoie la facture aux CONtribuables ! »

Ça, c’est un ami fidèle !

Et quand est venu le temps d’accorder un contrat de 43 millions de dollars à un organisme pour gérer l’un de ses nombreux programmes d’aide, qui notre beau Justin a-t-il choisi, hein ? Qui ?

Le premier venu ?

Non !

Ses amis de WE Charity, qui avaient donné des contrats à sa mère, à son frère et à sa femme !

Ça, c’est avoir de la mémoire ! Ça, c’est se montrer reconnaissant !

LES COPAINS D’ABORD

Et hier, notre Bureau d’enquête nous a appris que le gouvernement de Justin a aidé un autre membre de la grande famille libérale en accordant un contrat de 237 millions de dollars à un ancien député.

Sans appel d’offres !

Justin aurait pu accorder ce contrat lucratif à une autre entreprise qui aurait fabriqué des ventilateurs médicaux à moindre prix. Le Canada aurait pu ainsi économiser 100 millions de dollars !

Notre PM l’a-t-il fait ? Non !

Il a préféré avantager l’entreprise de son ami !

Même si ça nous coûtera plus cher !

Au diable les dépenses : les copains d’abord !

Avec des amis comme Justin, on n’est jamais dans le trouble !

HONTE AUX CONSERVATEURS

Et que font les conservateurs, pendant ce temps ?

Ils critiquent Justin ! Ils lui demandent des comptes !

Alors que notre PM est peut-être le politicien le plus généreux de toute notre histoire !

Monsieur O’Toole, vous devriez avoir honte !

On rêve tous d’avoir un ami comme Justin !

NDLR. : Vous avez ri, ou pleurer ??? Moi, j’ai fait les deux !

La langue française écope encore

Encore et toujours, notre gouvernement nous fait reculer dans le maintien et dans la sauvegarde de la langue française au Québec. François Legault recule. Un fait unique au Canada.

Mathieu Bock-Côté en a fait le sujet de son article dans le Journal de Montréal du 24 septembre dernier. Une opinion que je partage amplement et que je veux partager avec vous aujourd’hui.

UNE TRAHISON LINGUISTIQUE

Collège Dawson

Il y a quelques semaines encore, la CAQ passait pour un parti nationaliste. Cette illusion vient de se dissiper.

La CAQ, avec le nouveau projet de loi 61, vient de classer l’agrandissement de Dawson comme un projet prioritaire.

En gros, le gouvernement de François Legault décide d’accélérer l’anglicisation du système collégial à Montréal, qui travaille déjà à notre assimilation.

ANGLICISATION

Le gouvernement connaît les chiffres. Il sait que la croissance de Dawson repose essentiellement sur le transfert des Québécois francophones et des immigrés dans le système anglophone.

Pourtant, il fait ce choix.

On ne s’attendait évidemment pas à ce que la CAQ impose la loi 101 au collégial. On lui demandait simplement de ne pas mimer le PLQ. Mais ne pas faire de mal était trop demander.

C’est consciemment qu’elle finance l’anglicisation de notre peuple à même les fonds publics. Son aile affairiste et fédéraliste triomphe.

Comment ne pas y voir une humiliation pour Simon Jolin-Barrette, transformé en ministre junior d’un gouvernement qui ne veut plus entendre parler d’identité ? Il ne méritait pas ce sort. Les grandes phrases sur une prochaine loi 101 deviennent d’un coup, ridicules.

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, on peut dire que François Legault réserve à l’excellent Simon Jolin-Barrette le sort que Jean-Jacques Bertrand avait réservé à Jean-Guy Cardinal au moment du bill 63, en 1969.

Il faut ajouter que la CAQ a décidé de financer aussi l’agrandissement de McGill sur le site du Royal Victoria. Un projet de 700 millions de dollars. Au diable la dépense !

McGill se prend pour une université de classe mondiale perdue dans une province de ploucs et nous lui reconnaissons ce rôle. Pendant ce temps, le réseau universitaire francophone se prolétarisera.

Dès qu’il est question des grandes infrastructures façonnant les paramètres institutionnels de Montréal, la CAQ se couche à la manière d’un gouvernement provincial docile, prenant son trou pour ne pas vexer la bourgeoisie anglaise et les soumis colonisés rêvant de l’intégrer.

Il faut aussi ajouter qu’elle avait déjà renoncé à baisser les seuils d’immigration tout récemment. C’était aussi une décision anglicisante absolument irresponsable.

La CAQ croit masquer sa capitulation en finançant avec sa petite monnaie l’embauche d’inspecteurs pour l’OLFQ, qui pourront constater qu’en effet, Montréal s’anglicise. Elle enquêtera sur les conséquences funestes de ses propres politiques. Ajoutons que même ces mesurettes nous valent l’hostilité d’une partie de la bourgeoisie anglo à la Mitch Garber, qui retrouve son réflexe colonial.

SOS !

Petit détour par le PLQ. Hier, Dominique Anglade faisait son mot d’ouverture en bilingue à l’Assemblée nationale. Elle ne fait même plus semblant de respecter le principe du français comme langue officielle et s’étonne qu’on le lui fasse remarquer, Les fédéralistes québécois ne font même plus semblant de croire à la loi 101.

Y a-t-il encore des hommes et des femmes politiques pour défendre notre peuple ?

Les Québécois qui ne veulent pas mourir comme peuple appellent à l’aide.

Un chaos social appréhendé

Les élections présidentielles américaines de novembre n’augurent rien de bon. Trump sera-t-il défait ? Sera-t-il reporté au pouvoir ? Peu importe le résultat, les experts prédisent un prochain mandat tumultueux allant même jusqu’à provoquer un climat social destructeur.

Avec un fou comme Trump, les Américains ne sont pas sortis du bois. Qu’on le veuille ou non, les États-Unis sont nos voisins et on pourrait en ressentir les effets.

Je vous propose aujourd’hui l’excellent article de Normand Lester, dans le Journal de Montréal du 19 septembre dernier. Spécialiste de la politique américaine, il expose sa vision de l’élection présidentielle 2020. Selon lui, la suite sera sans précédent.

VERS UNE PRÉSIDENTIELLE DE TOUS LES DANGERS

Une période extrêmement sombre de l’histoire des États-Unis s’ouvre devant nous. Leur Constitution est bafouée et leur démocratie menacée par un président mentalement troublé dans sa quête de pouvoir absolu.

Les élections de novembre se dérouleront dans un environnement juridique et politique sans précédent. Quoi qu’il arrive, Quels en soient les résultats, Trump est déterminé à rester au pouvoir.

S’il perd, il avertit déjà qu’il va refuser de concéder sa défaite alléguant une fraude massive dans le vote par correspondance.

Les graves dysfonctionnements qui fissurent le système politique américain le rendent particulièrement vulnérable à un effondrement catastrophique en 2020. Les causes du chaos qui menace les États-Unis sont plus profondes que Trump. Il en est simplement le symptôme le plus flagrant et le plus immédiat.

L’écart est grandissant entre la ploutocratie blanche et les pauvres, où dominent les Noirs et les Hispaniques. Ces derniers n’ont aucune perspective de voir leur situation s’améliorer dans un avenir prévisible. Au contraire, elle va s’aggraver avec la dégradation du contexte économique engendré par la pandémie et l’incompétence de Trump à la gérer.

TURBULENCES

Les confrontations armées, entre la police et des Noirs, avec les bavures inévitables que cela va produire, ne peuvent que s’amplifier.

De graves désordres sociaux et politiques sont à craindre. Ces turbulences vont se poursuivre et peut-être même prendre de l’ampleur une fois les résultats du vote connus. La police aura peine à les contenir, ce qui ouvrira la voie aux milices d’extrême droite et aux partisans armés de Trump, qui menace déjà de faire appel à l’armée sous prétexte d’une insurrection appréhendée. Comme Trudeau en 1970.

VERS UNE DYNASTIE ?

Vraiment extraordinaire : on redoute aux États-Unis des troubles comme ceux qui se déroulent à l’heure actuelle en Biélorussie. Qui aurait cru ?

Une victoire de Biden, encore incertaine, sauvera, temporairement, la démocratie aux États-Unis. Elle ne fera pas disparaître les dysfonctionnements qui affligent la société et le système politique dans son ensemble.

Trump rêve d’être un nouveau Poutine, d’un amendement à la Constitution lui permettant de se présenter de nouveau en 2024. Et qui sait ? De lancer sa dynastie avec sa fille Ivanka.

Ce qu’il faut aux États-Unis, c’est une révision – hautement improbable – de leur Constitution, une refondation, une deuxième république. La France en est à sa cinquième.

Trump, trumpettes, trumperies, coronavirus, réchauffement planétaire : nous vivons une époque intéressante, dans le sens de l’antique malédiction chinoise.

Un vrai travail de moine

C’est le qualificatif qui répond le mieux à la tâche de premier ministre du Québec. Heureusement, il n’est pas donné à tout le monde. Il faut y être dévoué sans compter les heures, être disponible en tout temps, satisfaire toute la population, essuyer les critiques, bref, c’est une vocation pleine et entière comme l’est le sacerdoce.

Si on la compare à tous les dirigeants d’entreprise multimillionnaires, voire multimilliardaires, sa rémunération équivaut à l’assistance sociale. On aura beau être le meilleur homme de la situation, tôt ou tard, on lui montrera la porte de sortie. Il faut être fait très fort pour passer à travers toutes les fonctions, représentations et disponibilités sans réserve que la fonction exige. Et ce, sans égard à la formation politique.

Ne devient pas premier ministre qui veut, il faut quasi être surhumain. Il doit accepter la critique pour les citoyens qui ne sont là que pour critiquer, quelques soient les projets bénéfiques pour sa société.

Malheureusement, une partie de cette collectivité est malade et débile. Recevoir des menaces, vicieuses et allant jusqu’à lui souhaiter la mort est très grave. C’est ce que François Legault vit présentement par des insanités sur les réseaux de poubelles sociales. C’est inacceptable dans une société démocratique comme la nôtre d’agir de la sorte. Dans certaines dictatures, ces gestes seraient gravement condamnés à la peine capitale, dans des souffrances extrêmes.

Se cachant souvent sous des pseudonymes, ces monstres à la plume perverse doivent être dénoncés et punis. La Sûreté du Québec possédant des moyens informatiques avancés, s’apprête à intervenir pour traduire les ignobles individus devant la justice. Heureusement, certains juges sensibles à l’opinion publique, commencent à imposer des peines plus que sévères pour ceux qui brisent la vie sociale par des propos et/ou des gestes dégueulasses.

Souhaiter la mort de quelqu’un c’est le comble des injures et menaces qu’on peut proférer.

Notre premier ministre a droit au plus grand des respects pour son implication sans limites à servir la population et lui proposer ce qu’il y a de mieux en matière de qualité de vie, dans ce pays du Québec incomparable socialement sur toute la planète. On doit continuer de dénoncer avec véhémence les déchets jetés partout sur les réseaux sociaux. On devrait les censurer, les bannir.

On ferait quoi à sa place ? Je n’ose l’imaginer.

Merci monsieur Legault. La majorité des Québécois sont derrière vous pour le travail que vous faites dans une situation pandémique unique depuis la nuit des temps. Continuez votre excellent travail. Vous avez toujours la cote.

Trump, le menteur

Chaque fois que Donald Trump apparait dans un bulletin de nouvelles, j’ai une éruption cutanée. Je ne peux plus supporter sa face de « beu » et son sourire de conquérant et d’arrogant devant n’importe qui.

Il est temps qu’il subisse un cuisant revers le 3 novembre pour qu’il disparaisse de la joute politique. Malheureusement, sa base électorale déborde de gens ordinaires, souvent illettrés et qui ne comprennent rien à la politique. C’est un despote, un profiteur, un hautain et un fieffé menteur.

À preuve, cet article de Joseph Facal, dans les pages du Journal de Montréal du 29 août dernier, où il faisait état de ses mensonges qu’on ne compte plus. Ce président « Trump » tout le monde.

Jugez par vous-même…

ET IL NE FAIT QUE SE RÉCHAUFFER…

On dit que Trump déteste les journalistes.

Non, il déteste ceux qui font leur travail, donc ceux qui vérifient et informent au lieu de le flatter.

Il a donc une détestation particulière pour le Washington Post, qui a compilé toutes les faussetés et les entourloupettes dans son discours d’investiture du 27 août.

MENSONGES

Les États-Unis, dit Trump, ont fait davantage de test pour la COVID-19 que tous les pays d’Europe ensemble.

Trompeur. Ce qui compte, c’est le nombre de tests en pourcentage de votre population, puisque c’est ainsi que vous pouvez avoir un portrait relativement juste de la situation dans votre pays.

Les États-Unis, dit-il, ont un des taux de décès les plus faible parmi les pays majeurs.

Faux. Avec 3,1 % de décès chez les infectés, ils sont au 11e rang parmi les 20 pays les plus touchés.

Trump dit avoir fait plus pour la communauté afro-américaine qu’aucun autre président depuis Abraham Lincoln.

Faut-il répondre à cela ?

Les démocrates, dit-il, m’ont espionné en 2016 et se sont fait prendre.

Faux. Obama s’inquiétait que le lieutenant-général retraité Michael Flynn, très engagé dans la campagne de Trump, puisse donner des informations sensibles à la Russie.

Nommé conseiller à la sécurité nationale par Trump, Flynn démissionne après 24 jours… pour n’avoir pas dit toute la vérité sur ses échanges avec la Russie.

Biden, dit Trump, est resté silencieux pendant que des émeutiers saccageaient tout après les décès de Floyd et Blake aux mains de la police.

Faux. Biden a dit qu’il pouvait comprendre la colère, mais qu’elle ne justifiait pas la violence.

Biden, dit Trump, veut définancer la police.

Faux. Il veut que le financement soit accompagné d’un réexamen de ses façons de faire.

« Personne, dit-il, ne sera en sécurité dans l’Amérique de Biden ». Personne ? Sérieusement…

Biden, dit Trump, veut démanteler le mur à la frontière du Mexique.

Faux. Il garderait les sections existantes, mais ne les prolongerait pas.

Biden, dit Trump, veut stopper la production pétrolière et gazière dans les États où ces industries sont cruciales.

Faux. Il vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre étalée sur des décennies.

Biden, dit Trump, a voté pour la guerre en Irak.

Vrai, mais Trump l’appuyait aussi, sauf qu’il n’avait pas à voter puisqu’il n’était pas un élu.

Trump dit avoir introduit les plus importantes baisses d’impôt de l’histoire américaine.

Faux, elles équivalent à 0,9 % du PIB américain. À elle seule, la baisse d’impôt de Ronald Reagan en 1981 représentait 2,9 % du PIB.

Mensonges, mensonges, mensonges.

APPUIS

Et tout cela est dit dans les jardins de la Maison-Blanche, donc en utilisant une institution publique pour une activité partisane.

Et c’est sans parler du refus de dévoiler ses impôts, des 25 femmes (au dernier décompte) qui l’accusent d’inconduites sexuelles, de l’usage de la présidence pour promouvoir les affaires familiales, etc.

Et il s’en trouve encore des millions pour le soutenir.

Les mots finissent par nous manquer.

Un triste anniversaire pour le Québec : l’échec du lac Meech !

Il y a trente ans aujourd’hui, très exactement, c’était la mort de l’accord du lac Meech, approuvé trois ans plus tôt et qui devait être accepté à l’unanimité par les provinces. Un triste anniversaire pour le Québec à qui on lui aurait reconnu le statut de « société distincte » au Canada.

Le journaliste Antoine Robitaille en a traité dans son article du 20 juin dernier, dans les pages du Journal de Montréal et que je vous propose aujourd’hui.

UN ÉCHEC FONDATEUR POUR LA SUITE

LES FAMEUSES CINQ CONTITIONS

  1. « La reconnaissance de ce que le Québec forme au sein du Canada une société distincte. »
  2. Garantie de la représentation québécoise à la Cour suprême du Canada par la présence de trois juges du Québec. Au Sénat, la nomination d’un sénateur se ferait à partir d’une liste soumise par la province concernée.
  3. Droit de véto sur toute modification constitutionnelle et le droit de se retirer avec compensation d’un programme fédéral à frais partagés dans une compétence des provinces.
  4. Protection constitutionnelle des ententes Québec-Canada en matière d’immigration.
  5. Garantir la tenue d’une conférence constitutionnelle annuelle et où la réforme globale du Sénat serait à l’ordre du jour.

La mort de l’accord du lac Meech, en 1990, eut d’énormes conséquences politiques au Québec et au Canada.

L’accord du lac Meech, signé en 1987 par Ottawa et les 10 provinces, dégénéra en un profond désaccord, il y a 30 ans.

Ce fut un échec, mais qui eut d’énormes conséquences.

« Jusqu’à la toute dernière minute, on croyait pouvoir le sauver », se souvient John Parisella, à l’époque chef du cabinet de Robert Bourassa.

Pour ce premier ministre libéral, comme pour son vis-à-vis fédéral, le progressiste-conservateur Brian Mulroney, l’échec est très difficile à encaisser.

Il s’agissait après tout de réintégrer le Québec dans la famille constitutionnelle d’où il avait été exclu en 1982.

Mulroney, dans ses Mémoires (Les Éditions de l’Homme, 2007), raconte avoir vécu l’événement comme « un deuil dans la famille ».

MÉCANIQUE CONSTITUTIONNELLE

Pourquoi dit-on que Meech est « mort » ?

Parce qu’il s’agissait d’un amendement constitutionnel soumis aux règles prévues par la constitution.

Or, pour les changements proposés dans Meech (voir les cinq conditions plus haut), notamment celui, capital, que le Québec constitue une « société distincte », l’unanimité est requise. En clair, le Parlement fédéral et chacun des parlements des provinces doivent adopter une résolution ratifiant l’accord. Ils avaient trois années pour le faire.

Après l’entente, conclue le 30 avril 1987 dans la Maison Wilson au bord du fameux lac, Québec, pour marquer son enthousiasme, s’empresse de bouger.

Le 23 juin suivant, l’Assemblée nationale le ratifie (95 oui, 18 non). Cela lance le compte à rebours de trois ans, pour toutes les autres assemblées législatives.

« On aurait préféré leur donner seulement six mois », se souvient Gil Rémillard, à l’époque ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes de Bourassa.

RÉSISTANCE

D’ailleurs rapidement, comme c’est le cas pour tout texte du genre, l’accord est critiqué. Notamment par l’ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau.

Avec ses disciples, il mènera un inlassable travail de sape pour convaincre les assemblées législatives de ne pas ratifier Meech.

Le gouvernement Mulroney ne ménagera aucun effort pour faire adopter l’entente.

Début juin 1990, une conférence constitutionnelle de la dernière chance sera organisée en catastrophe.

À son terme, tous les premiers ministres promettent de signer l’accord. Deux provinces ne le feront toutefois pas avant l’échéance du 23 juin : la Manitoba et Terre Neuve. Le glas a sonné pour Meech.

« BOMBE À FRAGMENTATION »

Ce décès et les trois ans de querelles qui ont précédé ont l’effet d’une « bombe à fragmentation », selon l’expression du journaliste-biographe Pierre Duchesne. Les partis perdent des morceaux; certains éclatent.

Brian Mulroney fit face à plusieurs défections, dont celle, majeure, de son ami et ministre de l’Environnement, Lucien Bouchard.

Ce dernier, avec d’autres ex-conservateurs et libéraux, allait créer le Bloc québécois en 1991.

Le PLC perdit aussi des députés, dont Jean Lapierre, ainsi qu’une masse de militants québécois, dont l’actuel député de la CAQ Jean-François Simard, alors président des jeunes de l’aile québécoise du PLC.

Dans l’Ouest, en réaction au prétendu favoritisme à l’égard du Québec, Preston Manning créa le Reform Party, qui phagocytera le Parti progressiste-conservateur et mènera à sa quasi-disparition.

Au Québec, une frange nationaliste du PLQ interprète les réticences à l’égard de Meech, puis sa mort, comme un rejet du Québec. Ils rompent les rangs rouges et créeront l’Action démocratique du Québec (une des bases sur lesquelles François Legault construira sa CAQ).

CINQ CONDITIONS

Même mort, Meech aura des effets, insiste Gil Rémillard.

« Ça valait la peine : les cinq conditions ont été mises à l’avant-plan. On a semé, et on a récolté dans plusieurs secteurs. »

Il y a en effet eu des changements en immigration, dont le Québec obtiendra la gestion, par exemple. Ce qui n’est toutefois pas gravé dans le marbre constitutionnel.

Même destin pour le « caractère distinct » du Québec, reconnu en 1995 par la Chambre des communes dans une motion. Puis la nation québécoise en 2006.

Reconnaissance qui eut des effets dans certains jugements de la Cour suprême, croit Rémillard.

Selon l’ancien conseiller constitutionnel de Bourassa, Jean-Claude Rivest, la reconnaissance constitutionnelle que Meech prévoyait aurait été beaucoup plus puissante tant sur le plan juridique que symbolique. « Ça nommait le Québec. Et ça, il faudra bien le faire un jour. »

La varlope pour Justin

Wow ! Inutile de vous dire que je suis un fan de Richard Martineau. Dans l’édition du 20 juin dernier du Journal de Montréal, il était dangereusement en forme dans son analyse du bon Justin Trudeau, résultant du refus du Canada d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il faisait une rétrospective amusante des agissements de notre ami Justin, depuis le début de son arrivée en politique et principalement depuis qu’il est premier ministre du Canada, un pays sans âme et sans vision sous sa gouverne.

De plus, le fils à PET étant minoritaire, il prend l’actuelle pandémie pour se faire du capital politique en dépensant comme un débile pour aller chercher des votes.

Quoi qu’il en soit, le texte de Martineau m’a beaucoup fait sourire. Si vous ne l’avez pas lu, le voici dans son intégralité.

UNE GIFLE POUR JUSTIN

Non, mais quel scandale ! Le Canada boudé par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui lui a préféré la Norvège et l’Irlande !

C’est comme si le géant Ferré se faisait mettre K.-O. par Little Beaver et Sky Low Low !

UNE VALLÉE DE LARMES

Vous en connaissez, vous, des premiers ministres ou des présidents qui ont consacré autant de temps et d’énergie que Justin Trudeau à charmer la communauté internationale ?

Il n’y en a pas !

Aucun leader n’a fait montre d’autant de compassion pour les déshérités du monde entier !

L’homme a pleuré l’équivalent de 3675 gallons de larmes devant les caméras !

Il parlait des femmes ? Il pleurait ! Il parlait des autochtones ? Il pleurait ! Il parlait des pauvres ? Il pleurait !

Il a tellement pleuré que la ville de Niagara l’a nommé citoyen honoraire !

Dans un tweet qui passera à l’histoire, notre PM a invité tous les miséreux de la planète à se pointer à nos frontières !

Venez, amenez vos parents et amis, il y aura de la bière et des sandwichs pour tout le monde !

On aurait dit le film Project X, dans lequel un jeune de 17 ans profite de l’absence de ses parents pour organiser un party dans la maison familiale !

Il lance une invitation sur Craiglist, et il se retrouve débordé !

Il perd tellement le contrôle qu’il a besoin de l’aide de la police pour arrêter l’afflux d’invités et foutre tout le monde dehors !

Si c’est pas de la générosité, je ne sais pas ce que c’est…

DUPOND ET DUPONT

Et puis il y a le respect de l’autre.

Quand monsieur Trudeau voyage dans un pays étranger, il ne se contente pas d’apprendre quelques mots de la langue locale, non.

Il adopte les coutumes du pays !

Il se déguise en fakir ! En maharaja ! En derviche tourneur !

Et pas seulement lui ! La famille au complet ! Allez, hop, on ne regarde pas à la dépense ! Par ici les saris ! Les turbans ! Les tuniques ! Les babouches !

Et hop, une photo en faisant du yoga ! En priant devant le temple !

Après tout, à Rome, on fait comme les Romains !

Quand il est allé en Inde, notre PM a même poussé la délicatesse jusqu’à amener un chef indien avec lui pour servir des mets indiens aux Indiens qu’il rencontrait en Inde !

C’est pas le roi de la Norvège qui ferait ça !

DES CHAUSSONS AVEC ÇA ?

Et puis, il y a ses talents de diplomate !

L’homme sait comment passer ses messages sans offenser ses vis-à-vis !

Un pied de fer dans un bas de velours !

Chaque fois qu’il s’assoyait avec un leader, il portait des chaussettes appropriées !

Des chaussettes avec des canards à Davos ! Des chaussettes avec la face de Chewbacca au forum Bloomberg à New York !

Des chaussettes arc-en-ciel au Gay Pride !

Parlez-moi d’un homme d’action ! Qui aurait cru qu’il suffisait de porter des bas funky pour changer le monde ?

Ce n’est pas De Gaulle qui aurait eu le courage de faire ça ! Ou Churchill, que non !

Et malgré tous ces efforts, l’ONU a boudé le Canada ?

J’espère que la prochaine fois que monsieur Trudeau ira à l’ONU, il sera pieds nus dans des Crocs.

En guise de protestation.

Des chefs, des chefs, et peu d’indiens

C’est ça le monstrueux organigramme de la Santé au Québec. Le ménage doit commencer par sa démolition. Les médecins doivent soigner et les administrateurs d’expérience doivent gérer. On l’a déjà vu avec les Barrette, Couillard et Bolduc. Des médecins plus préoccupés de leur avenir financier que du bien-être de leur population. L’avez-vous regardé attentivement cette tour de Babel ? On s’écœure après avoir pris connaissance de quelques boîtes qu’on ne peut s’expliquer.

Dans l’édition du Journal de Montréal du 10 mai, Richard Martineau y va d’une analyse qui me rejoint complètement sur la Santé et les Services sociaux au Québec. Et son propos est tellement juste que pendant la présente pandémie, il n’est pas rare que l’équipe Legault officialise ses décisions et que deux jours plus tard, la base opérationnelle n’est même pas au courant. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

ÉCRASÉS SOUS UN ÉTAT OBÈSE

Question quiz du jour… Qui a dit que l’État est un « effroyable corps parasite qui recouvre comme une membrane le corps de la société et en bouche tous les pores » ?

Qui a comparé l’État à un boa constrictor » ?

Un libertarien de droite ? Un conservateur ? Un Trumpiste ?

Non. Karl Marx.

LE RETOUR DU JEDI

Pour moi, s’il y a une image qui représente parfaitement la crise dans laquelle nous sommes plongés, c’est l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Vous vous demandez pourquoi il y a une telle dichotomie entre ce que les autorités de la santé disent et ce qui se passe sur le terrain.

Pourquoi le système tarde tant à réagir ? Pourquoi ça craque de partout ?

Allez sur Internet, ou regardez cet organigramme,

Ça vaut le coup ! Tout est là.

Ai fil des ans et des gouvernements, on a construit un État tellement gros, tellement obèse, tellement dilaté, tellement massif, un mastodonte tellement corpulent, bouffi et empâté que sa tête ne voit plus ses pieds.

Vous vous souvenez de Jabba le Hutt dans Le Retour du Jedi ? Le monstre adipeux qui retenait captive la princesse Leia ?

C’est notre État.

Il était censé nous protéger. Mais on l’a tellement nourri, il est devenu tellement gros qu’il n’est plus capable de bouger.

Tout juste s’il peut respirer.

UNE PARTIE DE PACHINKO

Notre système de santé est devenu un labyrinthe, un enchevêtrement confus de structures qui s’empilent les unes sur les autres, étouffant de leur poids les travailleurs de la santé qui s’activent, tout en bas.

C’est une jungle, un écheveau rempli de dédales qui ne mènent nulle part.

Connaissez-vous le pachinko ?

C’est un jeu fort prisé des Japonais.

C’est comme une machine à sous, mais verticale, et sans flipper.

Vous insérez des biles métalliques tout en haut, et vous les voyez descendre jusqu’en bas.

Tout le long de leurs parcours, ces billes frappent des clous. Et chaque fois qu’elles frappent un clou, elles changent de direction. On ne sait jamais où elles vont aboutir.

Notre État fonctionne de cette façon.

Les gens en haut accouchent de belles idées, de beaux concepts, de belles directives.

Ils lancent ces directives dans la machine, en espérant qu’elles vont se rendre à bon port en bas.

Mais en chemin, ces idées frappent des structures.

Hop, une structure ! Hop, une autre structure ! Un organisme ! Un CISSS ! Un CIUSSS ! Un établissement ! Un centre intégré ! Une coordination interrégionale !

À la fin, la belle directive que les gens d’en haut avaient lancée dans la machine se retrouve… à cent mille lieux de l’endroit où elle devait aboutir.

Si elle n’est pas tombée dans un trou avant.

VIRUS CONTRE VIRUS

En fait, lorsqu’on y pense, notre État est comme un virus.

Tout ce qu’il veut, c’est se multiplier. Plus de bureaux, plus de structures, plus de fonctionnaires, plus de pouvoirs !

Envahir un corps sain jusqu’à ce que celui-ci ne puisse plus fonctionner.

C’est bien beau, investir toujours plus d’argent dans le système de santé. Mais si cet argent ne se rend pas en bas, à quoi ça sert ?

De connivence…

Quand on a à gérer l’argent des autres, on est peut-être un tantinet moins restrictif quant à la dépense. Mon grand-père disait; « On sait bien, c’est toujours plus facile avec l’argent des autres. »

Je me suis souvent demandé pourquoi on subventionnait des multinationales alors que leurs dirigeants sont déjà multimilliardaires ? Par exemple, Bombardier et jadis Pratt & Whitney, pour ne nommer que ceux-là.

Des millions de dollars de subventions avec des menaces de perte d’emploi et voilà que les gouvernements délient des cordons de nos bourses, nous les CONtribuables, pour tenter de satisfaire des conseils d’administration qui, bizarrement, ne font pas l’effort de diminuer leur rémunération. Ils continuent de rouler le gros carrosse et de grossir leur pactole personnel.

Y aurait-il connivence entre les protagonistes ?

Récemment, le même scénario s’est répété avec Martin Cauchon du temps qu’il dirigeait le Groupe Capitales Médias (GCM). Le 8 décembre dernier, Richard Martineau a publié un article très intéressant dans le Journal de Montréal. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

COPAIN COMME CAUCHON Richard Martineau

Ainsi, Martin Cauchon se serait versé un salaire de 500 000 $ par année alors que l’entreprise qu’il dirigeait, Groupe Capitales Médias, quémandait de l’argent au gouvernement pour éponger ses dettes de 27 millions de dollars.

C’est ce qu’on appelle « rouler carrosse ».

DU FRONT TOUT LE TOUR DE LA TÊTE

« Non seulement Québec a prêté 10 millions $ à GCM, mais après le départ de Martin Cauchon, Investissement Québec a volé au secours de la compagnie avec un prêt d’urgence de cinq millions pour que les employés puissent être payés, tellement les coffres étaient à sec », écrivait notre journaliste Francis Halin vendredi.

Vous imaginez le culot que ça prend pour se payer un demi-million de dollars par année alors que l’entreprise qu’on dirige est en train de couler ?

Le front de bœuf ?

L’indécence, l’effronterie ?

L’absence totale de gêne ?

Remarquez, l’ex-ministre Cauchon n’est pas le seul homme d’affaires à s’être rempli les poches tout en demandant de l’aide financière au gouvernement.

Les dirigeants de Bombardier ont fait la même chose. En 2016, la rémunération des six hauts dirigeants de Bombardier a bondi de 48 %, malgré les milliers de mises à pied et l’aide financière de plusieurs milliards de dollars consentie par Québec et Ottawa.

Ils tendaient la main gauche pour quêter alors qu’avec la main droite, ils se donnaient de généreux bonis.

Y a rien de trop beau pour la classe dominante…

La question à se poser est celle-ci…

Ça ne tentait pas au gouvernement de demander à Monsieur Cauchon de se serrer la ceinture avant de lui donner un gros gâteau à la crème ?

UNE VIEILLE VACHE

« Avant de nous demander de l’aide, faites un effort, mettez l’épaule à la roue et prouvez-nous que vous êtes sérieux. »

Martin Cauchon (qui a acheté GCM on ne sait comment, n’ayant pas une grosse fortune personnelle) n’a jamais rien fait pour sortir ses journaux de la vase où ils s’enfonçaient.

Il n’a rien proposé de nouveau.

Il n’a pris aucun virage.

Il n’a pas changé le modèle d’affaires.

La seule chose qu’il faisait est de se donner 500 000 $ par année en salaire.

On dirait un fermier qui a une vieille vache, une vache malade, chétive et toute maigre, et qui se dit : « Elle, je vais la traire jusqu’à ce qu’elle crève, je vais lui tirer tout le lait que je peux puis je vais la balancer dans le ruisseau lorsqu’elle ne sera plus capable de tenir sur ses pattes… »

Il a « débarrassé » les Desmarais de ces journaux encombrants qui plombaient leurs résultats financiers, puis il a regardé l’entreprise couler en buvant du champagne.

Pendant que les employés, eux, perdaient 30 % de leur fonds de retraite…

PAR ICI LES MILLIARDS

Vous vous rappelez ce qui s’est passé au lendemain de la crise de 2008 ?

Barack Obama est venu à la rescousse des banques qui avaient causé cette crise.

Les neuf plus importantes institutions financières des États-Unis ont profité des 175 milliards $ d’aide qu’elles ont reçue du gouvernement pour accorder des bonis de 33 milliards $ à ses hauts dirigeants !

C’est beau, la solidarité…

Vers l’indépendance ?

Et pourquoi pas ? C’est fou comme cette option revient dans l’actualité. Même l’Alberta y songe, parce que, voyez-vous, ils nous trouvent exigeants, arrogants et aimeraient beaucoup qu’on fiche le camp. La Colombie-Britannique y songe également depuis belle lurette. La péréquation en fait chier plusieurs.

En fait, nous sommes en longue et interminable instance de divorce avec le reste du Canada. Le mariage ne peut plus durer et même un conciliateur ne saurait réparer les pots cassés. N’oublions jamais que la constitution canadienne nous a été rentrée de force dans la gorge en hypocrites, comme le reste du Canada se définit. Et les mascarades en autobus bondés des deux derniers référendums étaient assez évidentes à cet égard.

Toujours est-il que le 10 novembre dernier, Richard Martineau publiait un article intéressant dans le Journal de Montréal, sur l’« amour » inconditionnel que nous portent les Canadiens. C’est vous dire ce qu’ils pensent de nous, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE QUÉBEC, CETTE TUMEUR CANCÉREUSE Richard Martineau

Après le Globe ans Mail, qui a publié un éditorial affirmant que la loi 21 est une « tache sur le Canada », c’est au tour du National Post de tirer à boulets rouges sur le Québec.

Mercredi dernier, le commentateur Chris Selly a pris la plume pour dénoncer « l’intolérance » et « le racisme » des Québécois.

« BON DÉBARRAS ! »

Ce n’est pas la première fois que Selly tient de tels propos. Le 15 août 2012, il écrivait : « C’est fini de marcher sur des œufs. Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »

Cette semaine, le chroniqueur du National Post est allé plus loin.

Choqué par la décision du gouvernement Legault d’offrir des services uniquement en français aux nouveaux arrivants, Chris Selly a écrit que le principal danger, avec le Québec, n’est pas que la province finisse un jour par quitter le Canada… c’est qu’elle décide de rester !

En effet, nous sommes tellement racistes et tellement intolérants que nous représentons un véritable danger pour la fédération canadienne !

Selon Selly, la meilleure chose qui pourrait arriver au Canada si le Québec continue de maltraiter ses minorités et ses immigrants de la sorte est que nous sacrions notre camp !

UNE CICATRICE

« Les limites que le Québec impose à la liberté d’expression sous prétexte de défendre la langue française sont tellement ancrées dans l’inconscient collectif national et sont tellement acceptées par l’ensemble des partis politiques du pays qu’on ne s’aperçoit même plus que ce sont des attaques contre une liberté fondamentale », écrit Selly.

En d’autres mots, la fermeture d’esprit des Québécois est en train de gangréner le reste du pays.

Pour sauver le Canada, il faudrait nous extirper de la fédération, comme si nous étions une tumeur cancéreuse ! Et c’est nous qu’on traite de racistes ! Tout juste si on ne nous dit pas que nous sommes indignes d’être Canadiens ! Que nous faisons honte au pays ! Que nous sommes une anomalie, un affront, une cicatrice sur le visage du plus beau pays du monde !

MESSAGES D’AMOUR

Il faut lire les commentaires en bas du texte de Selly…

« Les Québécois se sentent supérieurs aux autres Canadiens. »

« Avec vos lois, vous tentez de protéger artificiellement une langue et une culture qui, naturellement, devraient être reléguées aux oubliettes de l’histoire… »

« Le temps est venu de mettre le Québec à sa place… »

« Les francophones veulent imposer leur culture aux autres. »

« Pourquoi le Canada ne se sépare-t-il pas du Québec ? On leur laissera Justin et on pourra enfin vivre heureux… »

« Les Québécois agissent envers leurs minorités comme un enfant qui utilise une loupe pour faire brûler une fourmilière. »

« Les Québécois qui vont en Floride l’hiver ont même exigé d’avoir des noms de rues en français ! »

« Le problème est que le Canada donne au Québec tout ce qu’il veut… »

« Le Québec est une tache sur notre pays. S’il vous plaît, partez ! Vous vivez aux crochets de la péréquation ! »

« Mon mari et moi avons déménagé au Québec en avril 2017 et le regrettons. Leurs politiques sont malsaines. »

« Les Québécois veulent préserver leur culture, mais empêchent les minorités de préserver la leur… »

« Grâce au Québec, j’ai étudié gratuitement. Et dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai sacré le camp. »

C’est beau, non ?