Un chaos social appréhendé

Les élections présidentielles américaines de novembre n’augurent rien de bon. Trump sera-t-il défait ? Sera-t-il reporté au pouvoir ? Peu importe le résultat, les experts prédisent un prochain mandat tumultueux allant même jusqu’à provoquer un climat social destructeur.

Avec un fou comme Trump, les Américains ne sont pas sortis du bois. Qu’on le veuille ou non, les États-Unis sont nos voisins et on pourrait en ressentir les effets.

Je vous propose aujourd’hui l’excellent article de Normand Lester, dans le Journal de Montréal du 19 septembre dernier. Spécialiste de la politique américaine, il expose sa vision de l’élection présidentielle 2020. Selon lui, la suite sera sans précédent.

VERS UNE PRÉSIDENTIELLE DE TOUS LES DANGERS

Une période extrêmement sombre de l’histoire des États-Unis s’ouvre devant nous. Leur Constitution est bafouée et leur démocratie menacée par un président mentalement troublé dans sa quête de pouvoir absolu.

Les élections de novembre se dérouleront dans un environnement juridique et politique sans précédent. Quoi qu’il arrive, Quels en soient les résultats, Trump est déterminé à rester au pouvoir.

S’il perd, il avertit déjà qu’il va refuser de concéder sa défaite alléguant une fraude massive dans le vote par correspondance.

Les graves dysfonctionnements qui fissurent le système politique américain le rendent particulièrement vulnérable à un effondrement catastrophique en 2020. Les causes du chaos qui menace les États-Unis sont plus profondes que Trump. Il en est simplement le symptôme le plus flagrant et le plus immédiat.

L’écart est grandissant entre la ploutocratie blanche et les pauvres, où dominent les Noirs et les Hispaniques. Ces derniers n’ont aucune perspective de voir leur situation s’améliorer dans un avenir prévisible. Au contraire, elle va s’aggraver avec la dégradation du contexte économique engendré par la pandémie et l’incompétence de Trump à la gérer.

TURBULENCES

Les confrontations armées, entre la police et des Noirs, avec les bavures inévitables que cela va produire, ne peuvent que s’amplifier.

De graves désordres sociaux et politiques sont à craindre. Ces turbulences vont se poursuivre et peut-être même prendre de l’ampleur une fois les résultats du vote connus. La police aura peine à les contenir, ce qui ouvrira la voie aux milices d’extrême droite et aux partisans armés de Trump, qui menace déjà de faire appel à l’armée sous prétexte d’une insurrection appréhendée. Comme Trudeau en 1970.

VERS UNE DYNASTIE ?

Vraiment extraordinaire : on redoute aux États-Unis des troubles comme ceux qui se déroulent à l’heure actuelle en Biélorussie. Qui aurait cru ?

Une victoire de Biden, encore incertaine, sauvera, temporairement, la démocratie aux États-Unis. Elle ne fera pas disparaître les dysfonctionnements qui affligent la société et le système politique dans son ensemble.

Trump rêve d’être un nouveau Poutine, d’un amendement à la Constitution lui permettant de se présenter de nouveau en 2024. Et qui sait ? De lancer sa dynastie avec sa fille Ivanka.

Ce qu’il faut aux États-Unis, c’est une révision – hautement improbable – de leur Constitution, une refondation, une deuxième république. La France en est à sa cinquième.

Trump, trumpettes, trumperies, coronavirus, réchauffement planétaire : nous vivons une époque intéressante, dans le sens de l’antique malédiction chinoise.

Un vrai travail de moine

C’est le qualificatif qui répond le mieux à la tâche de premier ministre du Québec. Heureusement, il n’est pas donné à tout le monde. Il faut y être dévoué sans compter les heures, être disponible en tout temps, satisfaire toute la population, essuyer les critiques, bref, c’est une vocation pleine et entière comme l’est le sacerdoce.

Si on la compare à tous les dirigeants d’entreprise multimillionnaires, voire multimilliardaires, sa rémunération équivaut à l’assistance sociale. On aura beau être le meilleur homme de la situation, tôt ou tard, on lui montrera la porte de sortie. Il faut être fait très fort pour passer à travers toutes les fonctions, représentations et disponibilités sans réserve que la fonction exige. Et ce, sans égard à la formation politique.

Ne devient pas premier ministre qui veut, il faut quasi être surhumain. Il doit accepter la critique pour les citoyens qui ne sont là que pour critiquer, quelques soient les projets bénéfiques pour sa société.

Malheureusement, une partie de cette collectivité est malade et débile. Recevoir des menaces, vicieuses et allant jusqu’à lui souhaiter la mort est très grave. C’est ce que François Legault vit présentement par des insanités sur les réseaux de poubelles sociales. C’est inacceptable dans une société démocratique comme la nôtre d’agir de la sorte. Dans certaines dictatures, ces gestes seraient gravement condamnés à la peine capitale, dans des souffrances extrêmes.

Se cachant souvent sous des pseudonymes, ces monstres à la plume perverse doivent être dénoncés et punis. La Sûreté du Québec possédant des moyens informatiques avancés, s’apprête à intervenir pour traduire les ignobles individus devant la justice. Heureusement, certains juges sensibles à l’opinion publique, commencent à imposer des peines plus que sévères pour ceux qui brisent la vie sociale par des propos et/ou des gestes dégueulasses.

Souhaiter la mort de quelqu’un c’est le comble des injures et menaces qu’on peut proférer.

Notre premier ministre a droit au plus grand des respects pour son implication sans limites à servir la population et lui proposer ce qu’il y a de mieux en matière de qualité de vie, dans ce pays du Québec incomparable socialement sur toute la planète. On doit continuer de dénoncer avec véhémence les déchets jetés partout sur les réseaux sociaux. On devrait les censurer, les bannir.

On ferait quoi à sa place ? Je n’ose l’imaginer.

Merci monsieur Legault. La majorité des Québécois sont derrière vous pour le travail que vous faites dans une situation pandémique unique depuis la nuit des temps. Continuez votre excellent travail. Vous avez toujours la cote.

Trump, le menteur

Chaque fois que Donald Trump apparait dans un bulletin de nouvelles, j’ai une éruption cutanée. Je ne peux plus supporter sa face de « beu » et son sourire de conquérant et d’arrogant devant n’importe qui.

Il est temps qu’il subisse un cuisant revers le 3 novembre pour qu’il disparaisse de la joute politique. Malheureusement, sa base électorale déborde de gens ordinaires, souvent illettrés et qui ne comprennent rien à la politique. C’est un despote, un profiteur, un hautain et un fieffé menteur.

À preuve, cet article de Joseph Facal, dans les pages du Journal de Montréal du 29 août dernier, où il faisait état de ses mensonges qu’on ne compte plus. Ce président « Trump » tout le monde.

Jugez par vous-même…

ET IL NE FAIT QUE SE RÉCHAUFFER…

On dit que Trump déteste les journalistes.

Non, il déteste ceux qui font leur travail, donc ceux qui vérifient et informent au lieu de le flatter.

Il a donc une détestation particulière pour le Washington Post, qui a compilé toutes les faussetés et les entourloupettes dans son discours d’investiture du 27 août.

MENSONGES

Les États-Unis, dit Trump, ont fait davantage de test pour la COVID-19 que tous les pays d’Europe ensemble.

Trompeur. Ce qui compte, c’est le nombre de tests en pourcentage de votre population, puisque c’est ainsi que vous pouvez avoir un portrait relativement juste de la situation dans votre pays.

Les États-Unis, dit-il, ont un des taux de décès les plus faible parmi les pays majeurs.

Faux. Avec 3,1 % de décès chez les infectés, ils sont au 11e rang parmi les 20 pays les plus touchés.

Trump dit avoir fait plus pour la communauté afro-américaine qu’aucun autre président depuis Abraham Lincoln.

Faut-il répondre à cela ?

Les démocrates, dit-il, m’ont espionné en 2016 et se sont fait prendre.

Faux. Obama s’inquiétait que le lieutenant-général retraité Michael Flynn, très engagé dans la campagne de Trump, puisse donner des informations sensibles à la Russie.

Nommé conseiller à la sécurité nationale par Trump, Flynn démissionne après 24 jours… pour n’avoir pas dit toute la vérité sur ses échanges avec la Russie.

Biden, dit Trump, est resté silencieux pendant que des émeutiers saccageaient tout après les décès de Floyd et Blake aux mains de la police.

Faux. Biden a dit qu’il pouvait comprendre la colère, mais qu’elle ne justifiait pas la violence.

Biden, dit Trump, veut définancer la police.

Faux. Il veut que le financement soit accompagné d’un réexamen de ses façons de faire.

« Personne, dit-il, ne sera en sécurité dans l’Amérique de Biden ». Personne ? Sérieusement…

Biden, dit Trump, veut démanteler le mur à la frontière du Mexique.

Faux. Il garderait les sections existantes, mais ne les prolongerait pas.

Biden, dit Trump, veut stopper la production pétrolière et gazière dans les États où ces industries sont cruciales.

Faux. Il vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre étalée sur des décennies.

Biden, dit Trump, a voté pour la guerre en Irak.

Vrai, mais Trump l’appuyait aussi, sauf qu’il n’avait pas à voter puisqu’il n’était pas un élu.

Trump dit avoir introduit les plus importantes baisses d’impôt de l’histoire américaine.

Faux, elles équivalent à 0,9 % du PIB américain. À elle seule, la baisse d’impôt de Ronald Reagan en 1981 représentait 2,9 % du PIB.

Mensonges, mensonges, mensonges.

APPUIS

Et tout cela est dit dans les jardins de la Maison-Blanche, donc en utilisant une institution publique pour une activité partisane.

Et c’est sans parler du refus de dévoiler ses impôts, des 25 femmes (au dernier décompte) qui l’accusent d’inconduites sexuelles, de l’usage de la présidence pour promouvoir les affaires familiales, etc.

Et il s’en trouve encore des millions pour le soutenir.

Les mots finissent par nous manquer.

Un triste anniversaire pour le Québec : l’échec du lac Meech !

Il y a trente ans aujourd’hui, très exactement, c’était la mort de l’accord du lac Meech, approuvé trois ans plus tôt et qui devait être accepté à l’unanimité par les provinces. Un triste anniversaire pour le Québec à qui on lui aurait reconnu le statut de « société distincte » au Canada.

Le journaliste Antoine Robitaille en a traité dans son article du 20 juin dernier, dans les pages du Journal de Montréal et que je vous propose aujourd’hui.

UN ÉCHEC FONDATEUR POUR LA SUITE

LES FAMEUSES CINQ CONTITIONS

  1. « La reconnaissance de ce que le Québec forme au sein du Canada une société distincte. »
  2. Garantie de la représentation québécoise à la Cour suprême du Canada par la présence de trois juges du Québec. Au Sénat, la nomination d’un sénateur se ferait à partir d’une liste soumise par la province concernée.
  3. Droit de véto sur toute modification constitutionnelle et le droit de se retirer avec compensation d’un programme fédéral à frais partagés dans une compétence des provinces.
  4. Protection constitutionnelle des ententes Québec-Canada en matière d’immigration.
  5. Garantir la tenue d’une conférence constitutionnelle annuelle et où la réforme globale du Sénat serait à l’ordre du jour.

La mort de l’accord du lac Meech, en 1990, eut d’énormes conséquences politiques au Québec et au Canada.

L’accord du lac Meech, signé en 1987 par Ottawa et les 10 provinces, dégénéra en un profond désaccord, il y a 30 ans.

Ce fut un échec, mais qui eut d’énormes conséquences.

« Jusqu’à la toute dernière minute, on croyait pouvoir le sauver », se souvient John Parisella, à l’époque chef du cabinet de Robert Bourassa.

Pour ce premier ministre libéral, comme pour son vis-à-vis fédéral, le progressiste-conservateur Brian Mulroney, l’échec est très difficile à encaisser.

Il s’agissait après tout de réintégrer le Québec dans la famille constitutionnelle d’où il avait été exclu en 1982.

Mulroney, dans ses Mémoires (Les Éditions de l’Homme, 2007), raconte avoir vécu l’événement comme « un deuil dans la famille ».

MÉCANIQUE CONSTITUTIONNELLE

Pourquoi dit-on que Meech est « mort » ?

Parce qu’il s’agissait d’un amendement constitutionnel soumis aux règles prévues par la constitution.

Or, pour les changements proposés dans Meech (voir les cinq conditions plus haut), notamment celui, capital, que le Québec constitue une « société distincte », l’unanimité est requise. En clair, le Parlement fédéral et chacun des parlements des provinces doivent adopter une résolution ratifiant l’accord. Ils avaient trois années pour le faire.

Après l’entente, conclue le 30 avril 1987 dans la Maison Wilson au bord du fameux lac, Québec, pour marquer son enthousiasme, s’empresse de bouger.

Le 23 juin suivant, l’Assemblée nationale le ratifie (95 oui, 18 non). Cela lance le compte à rebours de trois ans, pour toutes les autres assemblées législatives.

« On aurait préféré leur donner seulement six mois », se souvient Gil Rémillard, à l’époque ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes de Bourassa.

RÉSISTANCE

D’ailleurs rapidement, comme c’est le cas pour tout texte du genre, l’accord est critiqué. Notamment par l’ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau.

Avec ses disciples, il mènera un inlassable travail de sape pour convaincre les assemblées législatives de ne pas ratifier Meech.

Le gouvernement Mulroney ne ménagera aucun effort pour faire adopter l’entente.

Début juin 1990, une conférence constitutionnelle de la dernière chance sera organisée en catastrophe.

À son terme, tous les premiers ministres promettent de signer l’accord. Deux provinces ne le feront toutefois pas avant l’échéance du 23 juin : la Manitoba et Terre Neuve. Le glas a sonné pour Meech.

« BOMBE À FRAGMENTATION »

Ce décès et les trois ans de querelles qui ont précédé ont l’effet d’une « bombe à fragmentation », selon l’expression du journaliste-biographe Pierre Duchesne. Les partis perdent des morceaux; certains éclatent.

Brian Mulroney fit face à plusieurs défections, dont celle, majeure, de son ami et ministre de l’Environnement, Lucien Bouchard.

Ce dernier, avec d’autres ex-conservateurs et libéraux, allait créer le Bloc québécois en 1991.

Le PLC perdit aussi des députés, dont Jean Lapierre, ainsi qu’une masse de militants québécois, dont l’actuel député de la CAQ Jean-François Simard, alors président des jeunes de l’aile québécoise du PLC.

Dans l’Ouest, en réaction au prétendu favoritisme à l’égard du Québec, Preston Manning créa le Reform Party, qui phagocytera le Parti progressiste-conservateur et mènera à sa quasi-disparition.

Au Québec, une frange nationaliste du PLQ interprète les réticences à l’égard de Meech, puis sa mort, comme un rejet du Québec. Ils rompent les rangs rouges et créeront l’Action démocratique du Québec (une des bases sur lesquelles François Legault construira sa CAQ).

CINQ CONDITIONS

Même mort, Meech aura des effets, insiste Gil Rémillard.

« Ça valait la peine : les cinq conditions ont été mises à l’avant-plan. On a semé, et on a récolté dans plusieurs secteurs. »

Il y a en effet eu des changements en immigration, dont le Québec obtiendra la gestion, par exemple. Ce qui n’est toutefois pas gravé dans le marbre constitutionnel.

Même destin pour le « caractère distinct » du Québec, reconnu en 1995 par la Chambre des communes dans une motion. Puis la nation québécoise en 2006.

Reconnaissance qui eut des effets dans certains jugements de la Cour suprême, croit Rémillard.

Selon l’ancien conseiller constitutionnel de Bourassa, Jean-Claude Rivest, la reconnaissance constitutionnelle que Meech prévoyait aurait été beaucoup plus puissante tant sur le plan juridique que symbolique. « Ça nommait le Québec. Et ça, il faudra bien le faire un jour. »

La varlope pour Justin

Wow ! Inutile de vous dire que je suis un fan de Richard Martineau. Dans l’édition du 20 juin dernier du Journal de Montréal, il était dangereusement en forme dans son analyse du bon Justin Trudeau, résultant du refus du Canada d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il faisait une rétrospective amusante des agissements de notre ami Justin, depuis le début de son arrivée en politique et principalement depuis qu’il est premier ministre du Canada, un pays sans âme et sans vision sous sa gouverne.

De plus, le fils à PET étant minoritaire, il prend l’actuelle pandémie pour se faire du capital politique en dépensant comme un débile pour aller chercher des votes.

Quoi qu’il en soit, le texte de Martineau m’a beaucoup fait sourire. Si vous ne l’avez pas lu, le voici dans son intégralité.

UNE GIFLE POUR JUSTIN

Non, mais quel scandale ! Le Canada boudé par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui lui a préféré la Norvège et l’Irlande !

C’est comme si le géant Ferré se faisait mettre K.-O. par Little Beaver et Sky Low Low !

UNE VALLÉE DE LARMES

Vous en connaissez, vous, des premiers ministres ou des présidents qui ont consacré autant de temps et d’énergie que Justin Trudeau à charmer la communauté internationale ?

Il n’y en a pas !

Aucun leader n’a fait montre d’autant de compassion pour les déshérités du monde entier !

L’homme a pleuré l’équivalent de 3675 gallons de larmes devant les caméras !

Il parlait des femmes ? Il pleurait ! Il parlait des autochtones ? Il pleurait ! Il parlait des pauvres ? Il pleurait !

Il a tellement pleuré que la ville de Niagara l’a nommé citoyen honoraire !

Dans un tweet qui passera à l’histoire, notre PM a invité tous les miséreux de la planète à se pointer à nos frontières !

Venez, amenez vos parents et amis, il y aura de la bière et des sandwichs pour tout le monde !

On aurait dit le film Project X, dans lequel un jeune de 17 ans profite de l’absence de ses parents pour organiser un party dans la maison familiale !

Il lance une invitation sur Craiglist, et il se retrouve débordé !

Il perd tellement le contrôle qu’il a besoin de l’aide de la police pour arrêter l’afflux d’invités et foutre tout le monde dehors !

Si c’est pas de la générosité, je ne sais pas ce que c’est…

DUPOND ET DUPONT

Et puis il y a le respect de l’autre.

Quand monsieur Trudeau voyage dans un pays étranger, il ne se contente pas d’apprendre quelques mots de la langue locale, non.

Il adopte les coutumes du pays !

Il se déguise en fakir ! En maharaja ! En derviche tourneur !

Et pas seulement lui ! La famille au complet ! Allez, hop, on ne regarde pas à la dépense ! Par ici les saris ! Les turbans ! Les tuniques ! Les babouches !

Et hop, une photo en faisant du yoga ! En priant devant le temple !

Après tout, à Rome, on fait comme les Romains !

Quand il est allé en Inde, notre PM a même poussé la délicatesse jusqu’à amener un chef indien avec lui pour servir des mets indiens aux Indiens qu’il rencontrait en Inde !

C’est pas le roi de la Norvège qui ferait ça !

DES CHAUSSONS AVEC ÇA ?

Et puis, il y a ses talents de diplomate !

L’homme sait comment passer ses messages sans offenser ses vis-à-vis !

Un pied de fer dans un bas de velours !

Chaque fois qu’il s’assoyait avec un leader, il portait des chaussettes appropriées !

Des chaussettes avec des canards à Davos ! Des chaussettes avec la face de Chewbacca au forum Bloomberg à New York !

Des chaussettes arc-en-ciel au Gay Pride !

Parlez-moi d’un homme d’action ! Qui aurait cru qu’il suffisait de porter des bas funky pour changer le monde ?

Ce n’est pas De Gaulle qui aurait eu le courage de faire ça ! Ou Churchill, que non !

Et malgré tous ces efforts, l’ONU a boudé le Canada ?

J’espère que la prochaine fois que monsieur Trudeau ira à l’ONU, il sera pieds nus dans des Crocs.

En guise de protestation.

Des chefs, des chefs, et peu d’indiens

C’est ça le monstrueux organigramme de la Santé au Québec. Le ménage doit commencer par sa démolition. Les médecins doivent soigner et les administrateurs d’expérience doivent gérer. On l’a déjà vu avec les Barrette, Couillard et Bolduc. Des médecins plus préoccupés de leur avenir financier que du bien-être de leur population. L’avez-vous regardé attentivement cette tour de Babel ? On s’écœure après avoir pris connaissance de quelques boîtes qu’on ne peut s’expliquer.

Dans l’édition du Journal de Montréal du 10 mai, Richard Martineau y va d’une analyse qui me rejoint complètement sur la Santé et les Services sociaux au Québec. Et son propos est tellement juste que pendant la présente pandémie, il n’est pas rare que l’équipe Legault officialise ses décisions et que deux jours plus tard, la base opérationnelle n’est même pas au courant. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

ÉCRASÉS SOUS UN ÉTAT OBÈSE

Question quiz du jour… Qui a dit que l’État est un « effroyable corps parasite qui recouvre comme une membrane le corps de la société et en bouche tous les pores » ?

Qui a comparé l’État à un boa constrictor » ?

Un libertarien de droite ? Un conservateur ? Un Trumpiste ?

Non. Karl Marx.

LE RETOUR DU JEDI

Pour moi, s’il y a une image qui représente parfaitement la crise dans laquelle nous sommes plongés, c’est l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Vous vous demandez pourquoi il y a une telle dichotomie entre ce que les autorités de la santé disent et ce qui se passe sur le terrain.

Pourquoi le système tarde tant à réagir ? Pourquoi ça craque de partout ?

Allez sur Internet, ou regardez cet organigramme,

Ça vaut le coup ! Tout est là.

Ai fil des ans et des gouvernements, on a construit un État tellement gros, tellement obèse, tellement dilaté, tellement massif, un mastodonte tellement corpulent, bouffi et empâté que sa tête ne voit plus ses pieds.

Vous vous souvenez de Jabba le Hutt dans Le Retour du Jedi ? Le monstre adipeux qui retenait captive la princesse Leia ?

C’est notre État.

Il était censé nous protéger. Mais on l’a tellement nourri, il est devenu tellement gros qu’il n’est plus capable de bouger.

Tout juste s’il peut respirer.

UNE PARTIE DE PACHINKO

Notre système de santé est devenu un labyrinthe, un enchevêtrement confus de structures qui s’empilent les unes sur les autres, étouffant de leur poids les travailleurs de la santé qui s’activent, tout en bas.

C’est une jungle, un écheveau rempli de dédales qui ne mènent nulle part.

Connaissez-vous le pachinko ?

C’est un jeu fort prisé des Japonais.

C’est comme une machine à sous, mais verticale, et sans flipper.

Vous insérez des biles métalliques tout en haut, et vous les voyez descendre jusqu’en bas.

Tout le long de leurs parcours, ces billes frappent des clous. Et chaque fois qu’elles frappent un clou, elles changent de direction. On ne sait jamais où elles vont aboutir.

Notre État fonctionne de cette façon.

Les gens en haut accouchent de belles idées, de beaux concepts, de belles directives.

Ils lancent ces directives dans la machine, en espérant qu’elles vont se rendre à bon port en bas.

Mais en chemin, ces idées frappent des structures.

Hop, une structure ! Hop, une autre structure ! Un organisme ! Un CISSS ! Un CIUSSS ! Un établissement ! Un centre intégré ! Une coordination interrégionale !

À la fin, la belle directive que les gens d’en haut avaient lancée dans la machine se retrouve… à cent mille lieux de l’endroit où elle devait aboutir.

Si elle n’est pas tombée dans un trou avant.

VIRUS CONTRE VIRUS

En fait, lorsqu’on y pense, notre État est comme un virus.

Tout ce qu’il veut, c’est se multiplier. Plus de bureaux, plus de structures, plus de fonctionnaires, plus de pouvoirs !

Envahir un corps sain jusqu’à ce que celui-ci ne puisse plus fonctionner.

C’est bien beau, investir toujours plus d’argent dans le système de santé. Mais si cet argent ne se rend pas en bas, à quoi ça sert ?

De connivence…

Quand on a à gérer l’argent des autres, on est peut-être un tantinet moins restrictif quant à la dépense. Mon grand-père disait; « On sait bien, c’est toujours plus facile avec l’argent des autres. »

Je me suis souvent demandé pourquoi on subventionnait des multinationales alors que leurs dirigeants sont déjà multimilliardaires ? Par exemple, Bombardier et jadis Pratt & Whitney, pour ne nommer que ceux-là.

Des millions de dollars de subventions avec des menaces de perte d’emploi et voilà que les gouvernements délient des cordons de nos bourses, nous les CONtribuables, pour tenter de satisfaire des conseils d’administration qui, bizarrement, ne font pas l’effort de diminuer leur rémunération. Ils continuent de rouler le gros carrosse et de grossir leur pactole personnel.

Y aurait-il connivence entre les protagonistes ?

Récemment, le même scénario s’est répété avec Martin Cauchon du temps qu’il dirigeait le Groupe Capitales Médias (GCM). Le 8 décembre dernier, Richard Martineau a publié un article très intéressant dans le Journal de Montréal. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

COPAIN COMME CAUCHON Richard Martineau

Ainsi, Martin Cauchon se serait versé un salaire de 500 000 $ par année alors que l’entreprise qu’il dirigeait, Groupe Capitales Médias, quémandait de l’argent au gouvernement pour éponger ses dettes de 27 millions de dollars.

C’est ce qu’on appelle « rouler carrosse ».

DU FRONT TOUT LE TOUR DE LA TÊTE

« Non seulement Québec a prêté 10 millions $ à GCM, mais après le départ de Martin Cauchon, Investissement Québec a volé au secours de la compagnie avec un prêt d’urgence de cinq millions pour que les employés puissent être payés, tellement les coffres étaient à sec », écrivait notre journaliste Francis Halin vendredi.

Vous imaginez le culot que ça prend pour se payer un demi-million de dollars par année alors que l’entreprise qu’on dirige est en train de couler ?

Le front de bœuf ?

L’indécence, l’effronterie ?

L’absence totale de gêne ?

Remarquez, l’ex-ministre Cauchon n’est pas le seul homme d’affaires à s’être rempli les poches tout en demandant de l’aide financière au gouvernement.

Les dirigeants de Bombardier ont fait la même chose. En 2016, la rémunération des six hauts dirigeants de Bombardier a bondi de 48 %, malgré les milliers de mises à pied et l’aide financière de plusieurs milliards de dollars consentie par Québec et Ottawa.

Ils tendaient la main gauche pour quêter alors qu’avec la main droite, ils se donnaient de généreux bonis.

Y a rien de trop beau pour la classe dominante…

La question à se poser est celle-ci…

Ça ne tentait pas au gouvernement de demander à Monsieur Cauchon de se serrer la ceinture avant de lui donner un gros gâteau à la crème ?

UNE VIEILLE VACHE

« Avant de nous demander de l’aide, faites un effort, mettez l’épaule à la roue et prouvez-nous que vous êtes sérieux. »

Martin Cauchon (qui a acheté GCM on ne sait comment, n’ayant pas une grosse fortune personnelle) n’a jamais rien fait pour sortir ses journaux de la vase où ils s’enfonçaient.

Il n’a rien proposé de nouveau.

Il n’a pris aucun virage.

Il n’a pas changé le modèle d’affaires.

La seule chose qu’il faisait est de se donner 500 000 $ par année en salaire.

On dirait un fermier qui a une vieille vache, une vache malade, chétive et toute maigre, et qui se dit : « Elle, je vais la traire jusqu’à ce qu’elle crève, je vais lui tirer tout le lait que je peux puis je vais la balancer dans le ruisseau lorsqu’elle ne sera plus capable de tenir sur ses pattes… »

Il a « débarrassé » les Desmarais de ces journaux encombrants qui plombaient leurs résultats financiers, puis il a regardé l’entreprise couler en buvant du champagne.

Pendant que les employés, eux, perdaient 30 % de leur fonds de retraite…

PAR ICI LES MILLIARDS

Vous vous rappelez ce qui s’est passé au lendemain de la crise de 2008 ?

Barack Obama est venu à la rescousse des banques qui avaient causé cette crise.

Les neuf plus importantes institutions financières des États-Unis ont profité des 175 milliards $ d’aide qu’elles ont reçue du gouvernement pour accorder des bonis de 33 milliards $ à ses hauts dirigeants !

C’est beau, la solidarité…

Vers l’indépendance ?

Et pourquoi pas ? C’est fou comme cette option revient dans l’actualité. Même l’Alberta y songe, parce que, voyez-vous, ils nous trouvent exigeants, arrogants et aimeraient beaucoup qu’on fiche le camp. La Colombie-Britannique y songe également depuis belle lurette. La péréquation en fait chier plusieurs.

En fait, nous sommes en longue et interminable instance de divorce avec le reste du Canada. Le mariage ne peut plus durer et même un conciliateur ne saurait réparer les pots cassés. N’oublions jamais que la constitution canadienne nous a été rentrée de force dans la gorge en hypocrites, comme le reste du Canada se définit. Et les mascarades en autobus bondés des deux derniers référendums étaient assez évidentes à cet égard.

Toujours est-il que le 10 novembre dernier, Richard Martineau publiait un article intéressant dans le Journal de Montréal, sur l’« amour » inconditionnel que nous portent les Canadiens. C’est vous dire ce qu’ils pensent de nous, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE QUÉBEC, CETTE TUMEUR CANCÉREUSE Richard Martineau

Après le Globe ans Mail, qui a publié un éditorial affirmant que la loi 21 est une « tache sur le Canada », c’est au tour du National Post de tirer à boulets rouges sur le Québec.

Mercredi dernier, le commentateur Chris Selly a pris la plume pour dénoncer « l’intolérance » et « le racisme » des Québécois.

« BON DÉBARRAS ! »

Ce n’est pas la première fois que Selly tient de tels propos. Le 15 août 2012, il écrivait : « C’est fini de marcher sur des œufs. Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »

Cette semaine, le chroniqueur du National Post est allé plus loin.

Choqué par la décision du gouvernement Legault d’offrir des services uniquement en français aux nouveaux arrivants, Chris Selly a écrit que le principal danger, avec le Québec, n’est pas que la province finisse un jour par quitter le Canada… c’est qu’elle décide de rester !

En effet, nous sommes tellement racistes et tellement intolérants que nous représentons un véritable danger pour la fédération canadienne !

Selon Selly, la meilleure chose qui pourrait arriver au Canada si le Québec continue de maltraiter ses minorités et ses immigrants de la sorte est que nous sacrions notre camp !

UNE CICATRICE

« Les limites que le Québec impose à la liberté d’expression sous prétexte de défendre la langue française sont tellement ancrées dans l’inconscient collectif national et sont tellement acceptées par l’ensemble des partis politiques du pays qu’on ne s’aperçoit même plus que ce sont des attaques contre une liberté fondamentale », écrit Selly.

En d’autres mots, la fermeture d’esprit des Québécois est en train de gangréner le reste du pays.

Pour sauver le Canada, il faudrait nous extirper de la fédération, comme si nous étions une tumeur cancéreuse ! Et c’est nous qu’on traite de racistes ! Tout juste si on ne nous dit pas que nous sommes indignes d’être Canadiens ! Que nous faisons honte au pays ! Que nous sommes une anomalie, un affront, une cicatrice sur le visage du plus beau pays du monde !

MESSAGES D’AMOUR

Il faut lire les commentaires en bas du texte de Selly…

« Les Québécois se sentent supérieurs aux autres Canadiens. »

« Avec vos lois, vous tentez de protéger artificiellement une langue et une culture qui, naturellement, devraient être reléguées aux oubliettes de l’histoire… »

« Le temps est venu de mettre le Québec à sa place… »

« Les francophones veulent imposer leur culture aux autres. »

« Pourquoi le Canada ne se sépare-t-il pas du Québec ? On leur laissera Justin et on pourra enfin vivre heureux… »

« Les Québécois agissent envers leurs minorités comme un enfant qui utilise une loupe pour faire brûler une fourmilière. »

« Les Québécois qui vont en Floride l’hiver ont même exigé d’avoir des noms de rues en français ! »

« Le problème est que le Canada donne au Québec tout ce qu’il veut… »

« Le Québec est une tache sur notre pays. S’il vous plaît, partez ! Vous vivez aux crochets de la péréquation ! »

« Mon mari et moi avons déménagé au Québec en avril 2017 et le regrettons. Leurs politiques sont malsaines. »

« Les Québécois veulent préserver leur culture, mais empêchent les minorités de préserver la leur… »

« Grâce au Québec, j’ai étudié gratuitement. Et dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai sacré le camp. »

C’est beau, non ?

René doit sûrement se retourner dans sa tombe

Je l’ai toujours dit et je le répète encore et encore; René Lévesque, notre Moïse national, était 25 ans en avant de tout le monde. C’était le prophète et le Messie.

Celui qui allait sauver son peuple pour lui donner tous les pouvoirs de se prendre en main et de prospérer tout seul dans une mer anglophone. Le seul moyen de gérer sa destinée. On connaît la suite !

Hier matin, dans le Journal de Montréal, Joseph Facal y est allé d’un excellent article qui m’a rappelé la bonne parole que René prêchait sur toutes les tribunes. Du bonbon que je veux partager avec vous aujourd’hui.

Pensez à ce bon vieux René, comme un père qui veut protéger les siens. Le geste que vous poserez ce lundi, sera une étape vers notre autonomie future. Le temps d’affirmer au Canada notre fierté nationale francophone. Un pas de plus dans la bonne direction. Qu’on se fasse le plus grand des plaisirs en votant massivement pour le BLOC et lancer un puissant message d’affirmation aux fédéraux. Qu’est-ce qu’on a à perdre ?

PÉTARDS MOUILLÉS Joseph Facal

À quatre jours du vote, les chefs fédéraux tirent leurs dernières salves.

Finies les grandes promesses, finis les cadres financiers, on réduit le message à sa plus simple expression et on vise les électeurs indécis ou vacillants.

Quand les chefs appellent à voter « stratégiquement », c’est que l’élection est extraordinairement serrée.

BILAN

Trudeau et Scheer martèlent tous les deux que le Québec serait gagnant si des Québécois participent à un gouvernement fédéral dirigé par leur formation.

Logique à première vue, mais de la bouillie pour les chats.

L’important n’est pas d’où vous venez, mais pour qui vous travaillez.

Vite, nommez-moi une retombée concrète et positive pour le Québec d’avoir eu au conseil des ministres du gouvernement Trudeau les Joly, Duclos, Champagne, Bibeau, Garneau et Rodriguez.

Oui, il y a eu des quelques décisions positives pour nous, comme la bonification de l’allocation pour enfants.

Mais c’était une mesure pour tous les Canadiens. Que des Québécois soient ou non au conseil des ministres n’y changeait rien.

Quelle mesure fut prise, qui ne l’aurait pas été autrement, parce que des Québécois étaient autour de la table ?

Aucune.

Trudeau avait même Philippe Couillard comme interlocuteur à Québec, le premier ministre le plus inconditionnellement canadian de toute notre histoire.

Leur complicité nous a valu quels bénéfices ?

Plus fort s’il vous plaît, je ne vous ai pas bien entendu.

Historiquement, le Parti libéral fédéral – avec Trudeau père, Lalonde, Chrétien, Dion et cie – a surtout utilisé les Québécois pour donner au Québec des coups de pied au cul et le tenir tranquille.

Les ministres québécois actuels de Trudeau fils font d’ailleurs campagne sur une plateforme remplie de promesses qui sont des intrusions dans les responsabilités de l’Assemblée nationale du Québec.

Quand un Québécois devient ministre du gouvernement canadien, il sert les intérêts canadiens. Aussi simple que cela.

Ce n’est pas nécessairement par mauvaise foi. Le système est ainsi fait : le Canada anglais, très majoritaire, ne laissera pas un ministre québécois tirer la couverture vers les siens.

Dans le cas d’un gouvernement conservateur, la participation québécoise a failli donner des fruits du temps des Brian Mulroney, Lucien Bouchard, Benoît Bouchard et cie, au début des années 1990.

La fin du film fut amère. Vous le raconterez aux jeunes. Ils n’ont pas trop l’air de vouloir le regarder eux-mêmes.

ILLUSION

Permettez-moi de me répéter au sujet du vote « stratégique ».

Notre système ne donne pas la victoire à celui qui a le plus de votes, mais plus de sièges.

Vous devez donc regarder la situation dans votre circonscription.

Pour que votre vote « stratégique » ait une micro-chance, il faut d’abord que le candidat de votre cœur n’ait aucune chance, ce qui exclut toutes les circonscriptions où il y a des luttes à trois.

Il faut ensuite que la lutte entre les deux meneurs soit serrée au point que le déplacement d’une poignée de votes fasse une vraie différence, ce qui est rarissime dans un Québec où chaque parti concentre ses appuis dans des régions spécifiques.

Faites-vous donc plaisir.

Promouvoir ses objectifs sans réserve

Que vous soyez séparatistes, indépendantistes, nationalistes ou souverainistes, le papier de Mathieu Bock-Côté publié dans les pages du Journal de Montréal du 12 juin dernier vous a sûrement fait grand plaisir.

Mon allégeance politique étant un secret de Polichinelle, j’ai la même opinion de ce que devrait être le Parti québécois si nous voulons, un jour, jouir de notre autonomie complète. Je le répète depuis des lunes; montrez-nous notre vision nationaliste en commentant les nouvelles politiques des autres, dans un environnement vraiment indépendant. Et les sujets ne manquent pas.

Pas besoin de se renouveler, de sonder, de se questionner… simplement de nous dire ce que ces politiques seraient dans un environnement souverainiste. C’est ça qu’on veut savoir. Changer de nom ne résout rien. Le Parti québécois doit demeurer fier de ses origines et continuer le combat de ceux et celles qui nous regardent de là-haut.

C’est cet article que je vous propose aujourd’hui

UNE RENAISSANCE PÉQUISTE ? Mathieu Bock-Côté

Après sa dégelée du 1er octobre dernier, le PQ a décidé de s’engager dans une grande entreprise de refondation. Les militants seront consultés. Le public aussi. Au terme de l’exercice, on peut être à peu près certain que le PQ nous dira qu’il est jeune, vert, progressiste et ouvert à la diversité.

Il s’inventera de nouvelles raisons pas trop identitaires de vouloir la souveraineté. Il accompagnera le tout d’une vague promesse référendaire. En gros, il n’aura pas changé.

Appelons ça une opération de marketing politique. Comment ne pas être pris d’une immense envie de bâiller ? Ce film, on l’a vu cent fois.

ÉCHEC

Détachons-nous de l’actualité.

L’effondrement du PQ aux dernières élections était plus que probable. Depuis le 30 octobre 1995, il a accumulé les défaites. À l’échelle de l’histoire, le PQ a échoué. Il était censé réaliser l’indépendance et il a perdu ses deux référendums. Les Québécois en sont venus à vouloir tourner la page d’une question nationale n’en finissant plus d’avorter politiquement.

Pire encore : alors qu’il devait défendre l’identité québécoise, il s’est montré timoré, comme s’il craignait de subir les foudres médiatiques du multiculturalisme radio-canadien.

Peu à peu, la CAQ a remplacé le PQ comme principal parti nationaliste. Et depuis son élection, sans toujours éblouir, elle ne déçoit pas.

Il se pourrait toutefois que dans les prochains temps, un certain espace se dégage pour le PQ.

D’ici peu, la CAQ adoptera le projet de loi 21. Ce sera un geste d’affirmation nationale remarquable. Mais si la question de la laïcité continuera d’occuper de la place dans l’opinion, elle laissera de la place pour d’autres dimensions de la question identitaire. Parmi celles-là, la question de la langue et celle de l’immigration.

Sur ces deux questions, la CAQ manque de vigueur. On l’apprenait il y a quelques jours, elle n’a pas encore ramené la baisse des seuils d’immigration, qu’elle pense déjà à les remonter, comme si elle voulait se faire excuser son audace sur la laïcité.

De même, sur le plan linguistique, la CAQ n’annonce aucune mesure susceptible de renverser l’anglicisation de Montréal.

En plaidant pour une baisse significative des seuils d’immigration, comme l’y invite Jacques Houle dans son livre Disparaître (Liber, 2019), et pour un renforcement de la loi 101, le PQ pourrait s’emparer à nouveau de la question identitaire.

Il devra l’imposer clairement au cœur du débat politique. Mais pour cela, il devra rompre avec le politiquement correct et avec cette fausse modération qui n’est souvent qu’une vraie lâcheté.

INDÉPENDANCE

Le PQ n’a pas besoin d’un énième sondage pour se refaire une beauté. Il doit faire preuve de leadership politique.

À quoi sert un parti nationaliste et indépendantiste s’il ne cesse de fuir le nationalisme et l’indépendance ?

Le PQ devra chercher à convaincre la population de la justesse de son objectif fondamental. Indépendance, affirmation de l’identité, promotion de la langue française, baisse de l’immigration, critique du gouvernement des juges, défense de la liberté d’expression, nationalisme économique : ces thèmes devraient être au cœur de sa renaissance.

Routes : mais où va l’argent ?

Depuis quelques jours, le Journal de Montréal publie un gros dossier de plusieurs articles intéressants sur l’état des routes au Québec. Jamais, les routes n’ont été aussi en décrépitude que ce printemps.

Dès qu’une nouvelle route est opérationnelle, les paris sont ouverts sur la date de l’apparition des premiers nids-de-poule. On ne cause pas en termes d’années, mais en nombre de mois avant l’apparition des trous.

Samedi dernier, toujours dans les pages du Journal de Montréal, Michel Girard dévoilait les milliards de dollars qu’Ottawa mais surtout le Québec, viennent chercher dans nos poches d’automobilistes. Cette somme devrait servir pour le réseau routier et si c’était le cas, nous roulerions sur les plus belles routes du monde.

Les taxes devraient servir à ça, du moins dans une forte proportion. Annuellement, aux automobilistes québécois, Ottawa nous arrache 2,48 milliards $ alors que Québec, plus gourmand, nous siphonne de 7,2 milliards $. Imaginez les routes qu’on pourrait se payer avec ce magot !

À tout événement, je veux partager le texte suivant pour vous rendre compte de notre phénoménale contribution monétaire, année après année, et qui abouti finalement où ?

L’AUTOMOBILISTE PLUMÉ EN TAXES ET TARIFS Michel Girard

Qu’ils roulent en bazou ou en voiture de luxe, les automobilistes se font plumer le portefeuille en taxes, droits et permis. De combien ? Un peu plus de 9 milliards $ par année.

Les calculs du Journal sont basés sur des données tirées de diverses sources : Comptes publics du gouvernement du Québec, Statistique Canada, CAA-Québec, Régie de l’énergie, etc.

Des deux gouvernements, c’est le gouvernement du Québec le plus gourmand. Alors que Québec ne siphonne rien de moins que 7,2 milliards $ aux automobilistes québécois, Ottawa se « contente » de leur soutirer 2,48 milliards.

Avec une telle ponction d’argent, les automobilistes sont en droit de s’attendre à circuler sur des routes de meilleure qualité, et surtout sans nids-de-poule. La circulation n’en sera que plus fluide.

Moins d’accidents surviendront. Les voitures subiront moins de dommages, Le niveau de pollution baissera, etc., etc.

Bref, le bilan routier ne pourra que s’améliorer…

Et cela n’enlève absolument rien aux efforts (financiers et environnementaux) qu’il faut absolument continuer de déployer pour motiver le plus de gens possible à utiliser davantage le transport en commun.

Chers lecteurs, soyez rassurés : cette chronique ne veut aucunement promouvoir l’usage de l’automobile.

Cela dit, je crois tour de même pertinent de rappeler à nos élus la somme faramineuse qu’ils vont chercher annuellement dans les poches des automobilistes en taxes, droits et permis. Question de leur demander ce qu’ils font avec tous ces milliards…

CE QU’ON PAYE… À QUÉBEC

Le gouvernement du Québec squeeze l’automobiliste de multiples façons. Voici la répartition des 7,2 milliards $ qu’il leur soutire annuellement.

CAA-Québec a répertorié des taxes et droits provinciaux pour la somme de 3,93 milliards :

  • Taxe provinciale sur les carburants : 2,23 milliards
  • Droits sur l’immatriculation et les permis de conduire : 1,17 milliards
  • Taxe supplémentaire de 45$ dans Montréal : 35 millions
  • Financement du transport en commun : 111 millions
  • Financement du Fonds vert : 379 millions

À cela s’ajoutent des recettes de 3,27 milliards $ provenant de la taxe de vente provinciale que les automobilistes payent :

  • TVQ sur l’essence : 970 millions
  • Taxe sur l’assurance dommage auto : 320 millions
  • TVQ sur l’entretien de l’auto : 375 millions
  • TVQ sur l’achat de véhicules neufs : 1,6 milliard

CE QU’ON PAYE… À OTTAWA

De son côté, le gouvernement fédéral va chercher dans les poches des automobilistes québécois des recettes de 2,48 milliards :

  • Taxe d’accise par litre (10 cents sur l’essence et 4 cents sur le diesel) : 980 millions
  • TPS sur l’essence : 492 millions
  • TPS sur l’entretien de l’auto : 188 millions
  • TPS sur la vente de véhicules neufs : 820 millions

Chose certaine, à voir la déroute de nos chemins, il y a de quoi avoir de la suspicion envers l’utilisation des 9 milliards de dollars que Québec et Ottawa pompent annuellement des poches des automobilistes.

Sur la bonne voie

Je l’avoue, depuis que j’ai l’âge de voter, j’ai toujours voté Parti québécois. Je suis un indépendantiste convaincu. Lors du dernier scrutin, malgré la baisse de popularité évidente de ce parti, il a encore eu mon vote. Même si j’étais contre l’idée de mettre la souveraineté en veilleuse, à mon humble avis, c’est tout le contraire qu’il faut préconiser. Il faut constamment faire la promotion de l’indépendance.

Puis est arrivé François Legault, ex-péquiste que je crois toujours nationaliste, qui prend les bonnes décisions, les bonnes orientations et qui apporte la vivacité que le peuple québécois doit retrouver. Je suis enchanté de ce que je vois et, indirectement, sa fibre nationaliste renaît. L’article de Mathieu Bock-Côté dans les pages du Journal de Montréal d’hier, rejoint beaucoup mon opinion sur le sujet, ma fierté d’être québécois et surtout, d’espérer la réalisation du projet, amorcé il y a cinquante ans, par le prophète René Lévesque qui était en avance sur tout le monde pour l’avenir du Québec.

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE RETOUR DE LA FIERTÉ QUÉBÉCOISE Mathieu Bock-Côté

Dans un mois exactement, nous commencerons la célébration de la fête nationale. Comme d’habitude, nous sortirons les drapeaux et les radios diffuseront des chansons québécoises. Nous redécouvrirons la richesse incroyable de notre patrimoine musical.

Peut-être nous rappellerons-nous un peu notre histoire, aussi belle que tragique, aussi inspirante que déprimante.

Comme d’habitude, nous dirons notre fierté d’appartenir à ce peuple si particulier, qui s’entête à vivre dans sa langue et à faire rayonner sa culture sur un continent qu’il a déjà exploré de mille manières, mais qui, aujourd’hui, le voit mieux comme une nation excentrique, et au pire, comme une tribu anachronique.

FIERTÉ

Nous rappellerons, chacun le faisant à sa manière, que nous ne céderons pas, et nous proclamerons que dans un siècle, nous poursuivrons encore la belle aventure de l’Amérique française.

Mais il y aura une différence majeure, cette fois avec les années précédentes : tout cela ne sonnera pas faux. Pour la première fois depuis longtemps, cette fierté ne sera pas artificielle. Elle ne viendra plus au terme d’un long exercice d’optimiste forcé, mais de manière assez spontanée.

Car quelque chose s’est passé au Québec depuis un an : nous avons rompu avec un régime libéral qui, fondamentalement, s’était retourné contre la nation.

Nous avions à Québec un gouvernement au service d’Ottawa, qui cherchait de toutes les manières possibles à neutraliser notre différence, pour faire de nous des Canadiens un peu plus originaux que les autres. Le régime libéral version Couillard nous humiliait collectivement.

L’élection de la CAQ, le 1er octobre dernier, a changé quelque chose dans l’atmosphère politique.

En gros, les Québécois francophones, qui se divisaient entre eux exagérément depuis vingt ans, et se condamnaient ainsi à l’impuissance politique dans leur propre pays, ont repris le contrôle de leur destin.

Ce retour à la normale a réanimé notre identité, comme en témoigne la résolution tranquille du gouvernement dans le dossier sur la laïcité.

Ceux qui me lisent le savent : je suis un indépendantiste « à la vie, à la mort ». Le rêve qui m’habite, la cause de ma vie, c’est que le Québec devienne un pays, qui existera dans le monde en son nom et qui ne portera plus son identité comme un fardeau, mais comme un trésor.

Pour le travail, je traverse souvent l’Atlantique et je ne cesse d’expliquer à nos cousins français que le Québec deviendra un jour un pays, car tel est son destin. Je ne veux pas que le monde oublie le bel appel du Québec libre.

INDÉPENDANCE

De ce point de vue, le présent gouvernement, avec son autonomisme, ne va pas assez loin. Son nationalisme ne va pas assez loin non plus.

Mais globalement, il va dans la bonne direction. Depuis quelques mois, j’ai vu notre peuple se redire qu’il avait le droit d’exister. Pour le dire avec les mots d’un autre, cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi fier d’être Québécois.