Un triste anniversaire pour le Québec : l’échec du lac Meech !

Il y a trente ans aujourd’hui, très exactement, c’était la mort de l’accord du lac Meech, approuvé trois ans plus tôt et qui devait être accepté à l’unanimité par les provinces. Un triste anniversaire pour le Québec à qui on lui aurait reconnu le statut de « société distincte » au Canada.

Le journaliste Antoine Robitaille en a traité dans son article du 20 juin dernier, dans les pages du Journal de Montréal et que je vous propose aujourd’hui.

UN ÉCHEC FONDATEUR POUR LA SUITE

LES FAMEUSES CINQ CONTITIONS

  1. « La reconnaissance de ce que le Québec forme au sein du Canada une société distincte. »
  2. Garantie de la représentation québécoise à la Cour suprême du Canada par la présence de trois juges du Québec. Au Sénat, la nomination d’un sénateur se ferait à partir d’une liste soumise par la province concernée.
  3. Droit de véto sur toute modification constitutionnelle et le droit de se retirer avec compensation d’un programme fédéral à frais partagés dans une compétence des provinces.
  4. Protection constitutionnelle des ententes Québec-Canada en matière d’immigration.
  5. Garantir la tenue d’une conférence constitutionnelle annuelle et où la réforme globale du Sénat serait à l’ordre du jour.

La mort de l’accord du lac Meech, en 1990, eut d’énormes conséquences politiques au Québec et au Canada.

L’accord du lac Meech, signé en 1987 par Ottawa et les 10 provinces, dégénéra en un profond désaccord, il y a 30 ans.

Ce fut un échec, mais qui eut d’énormes conséquences.

« Jusqu’à la toute dernière minute, on croyait pouvoir le sauver », se souvient John Parisella, à l’époque chef du cabinet de Robert Bourassa.

Pour ce premier ministre libéral, comme pour son vis-à-vis fédéral, le progressiste-conservateur Brian Mulroney, l’échec est très difficile à encaisser.

Il s’agissait après tout de réintégrer le Québec dans la famille constitutionnelle d’où il avait été exclu en 1982.

Mulroney, dans ses Mémoires (Les Éditions de l’Homme, 2007), raconte avoir vécu l’événement comme « un deuil dans la famille ».

MÉCANIQUE CONSTITUTIONNELLE

Pourquoi dit-on que Meech est « mort » ?

Parce qu’il s’agissait d’un amendement constitutionnel soumis aux règles prévues par la constitution.

Or, pour les changements proposés dans Meech (voir les cinq conditions plus haut), notamment celui, capital, que le Québec constitue une « société distincte », l’unanimité est requise. En clair, le Parlement fédéral et chacun des parlements des provinces doivent adopter une résolution ratifiant l’accord. Ils avaient trois années pour le faire.

Après l’entente, conclue le 30 avril 1987 dans la Maison Wilson au bord du fameux lac, Québec, pour marquer son enthousiasme, s’empresse de bouger.

Le 23 juin suivant, l’Assemblée nationale le ratifie (95 oui, 18 non). Cela lance le compte à rebours de trois ans, pour toutes les autres assemblées législatives.

« On aurait préféré leur donner seulement six mois », se souvient Gil Rémillard, à l’époque ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes de Bourassa.

RÉSISTANCE

D’ailleurs rapidement, comme c’est le cas pour tout texte du genre, l’accord est critiqué. Notamment par l’ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau.

Avec ses disciples, il mènera un inlassable travail de sape pour convaincre les assemblées législatives de ne pas ratifier Meech.

Le gouvernement Mulroney ne ménagera aucun effort pour faire adopter l’entente.

Début juin 1990, une conférence constitutionnelle de la dernière chance sera organisée en catastrophe.

À son terme, tous les premiers ministres promettent de signer l’accord. Deux provinces ne le feront toutefois pas avant l’échéance du 23 juin : la Manitoba et Terre Neuve. Le glas a sonné pour Meech.

« BOMBE À FRAGMENTATION »

Ce décès et les trois ans de querelles qui ont précédé ont l’effet d’une « bombe à fragmentation », selon l’expression du journaliste-biographe Pierre Duchesne. Les partis perdent des morceaux; certains éclatent.

Brian Mulroney fit face à plusieurs défections, dont celle, majeure, de son ami et ministre de l’Environnement, Lucien Bouchard.

Ce dernier, avec d’autres ex-conservateurs et libéraux, allait créer le Bloc québécois en 1991.

Le PLC perdit aussi des députés, dont Jean Lapierre, ainsi qu’une masse de militants québécois, dont l’actuel député de la CAQ Jean-François Simard, alors président des jeunes de l’aile québécoise du PLC.

Dans l’Ouest, en réaction au prétendu favoritisme à l’égard du Québec, Preston Manning créa le Reform Party, qui phagocytera le Parti progressiste-conservateur et mènera à sa quasi-disparition.

Au Québec, une frange nationaliste du PLQ interprète les réticences à l’égard de Meech, puis sa mort, comme un rejet du Québec. Ils rompent les rangs rouges et créeront l’Action démocratique du Québec (une des bases sur lesquelles François Legault construira sa CAQ).

CINQ CONDITIONS

Même mort, Meech aura des effets, insiste Gil Rémillard.

« Ça valait la peine : les cinq conditions ont été mises à l’avant-plan. On a semé, et on a récolté dans plusieurs secteurs. »

Il y a en effet eu des changements en immigration, dont le Québec obtiendra la gestion, par exemple. Ce qui n’est toutefois pas gravé dans le marbre constitutionnel.

Même destin pour le « caractère distinct » du Québec, reconnu en 1995 par la Chambre des communes dans une motion. Puis la nation québécoise en 2006.

Reconnaissance qui eut des effets dans certains jugements de la Cour suprême, croit Rémillard.

Selon l’ancien conseiller constitutionnel de Bourassa, Jean-Claude Rivest, la reconnaissance constitutionnelle que Meech prévoyait aurait été beaucoup plus puissante tant sur le plan juridique que symbolique. « Ça nommait le Québec. Et ça, il faudra bien le faire un jour. »

La varlope pour Justin

Wow ! Inutile de vous dire que je suis un fan de Richard Martineau. Dans l’édition du 20 juin dernier du Journal de Montréal, il était dangereusement en forme dans son analyse du bon Justin Trudeau, résultant du refus du Canada d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il faisait une rétrospective amusante des agissements de notre ami Justin, depuis le début de son arrivée en politique et principalement depuis qu’il est premier ministre du Canada, un pays sans âme et sans vision sous sa gouverne.

De plus, le fils à PET étant minoritaire, il prend l’actuelle pandémie pour se faire du capital politique en dépensant comme un débile pour aller chercher des votes.

Quoi qu’il en soit, le texte de Martineau m’a beaucoup fait sourire. Si vous ne l’avez pas lu, le voici dans son intégralité.

UNE GIFLE POUR JUSTIN

Non, mais quel scandale ! Le Canada boudé par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui lui a préféré la Norvège et l’Irlande !

C’est comme si le géant Ferré se faisait mettre K.-O. par Little Beaver et Sky Low Low !

UNE VALLÉE DE LARMES

Vous en connaissez, vous, des premiers ministres ou des présidents qui ont consacré autant de temps et d’énergie que Justin Trudeau à charmer la communauté internationale ?

Il n’y en a pas !

Aucun leader n’a fait montre d’autant de compassion pour les déshérités du monde entier !

L’homme a pleuré l’équivalent de 3675 gallons de larmes devant les caméras !

Il parlait des femmes ? Il pleurait ! Il parlait des autochtones ? Il pleurait ! Il parlait des pauvres ? Il pleurait !

Il a tellement pleuré que la ville de Niagara l’a nommé citoyen honoraire !

Dans un tweet qui passera à l’histoire, notre PM a invité tous les miséreux de la planète à se pointer à nos frontières !

Venez, amenez vos parents et amis, il y aura de la bière et des sandwichs pour tout le monde !

On aurait dit le film Project X, dans lequel un jeune de 17 ans profite de l’absence de ses parents pour organiser un party dans la maison familiale !

Il lance une invitation sur Craiglist, et il se retrouve débordé !

Il perd tellement le contrôle qu’il a besoin de l’aide de la police pour arrêter l’afflux d’invités et foutre tout le monde dehors !

Si c’est pas de la générosité, je ne sais pas ce que c’est…

DUPOND ET DUPONT

Et puis il y a le respect de l’autre.

Quand monsieur Trudeau voyage dans un pays étranger, il ne se contente pas d’apprendre quelques mots de la langue locale, non.

Il adopte les coutumes du pays !

Il se déguise en fakir ! En maharaja ! En derviche tourneur !

Et pas seulement lui ! La famille au complet ! Allez, hop, on ne regarde pas à la dépense ! Par ici les saris ! Les turbans ! Les tuniques ! Les babouches !

Et hop, une photo en faisant du yoga ! En priant devant le temple !

Après tout, à Rome, on fait comme les Romains !

Quand il est allé en Inde, notre PM a même poussé la délicatesse jusqu’à amener un chef indien avec lui pour servir des mets indiens aux Indiens qu’il rencontrait en Inde !

C’est pas le roi de la Norvège qui ferait ça !

DES CHAUSSONS AVEC ÇA ?

Et puis, il y a ses talents de diplomate !

L’homme sait comment passer ses messages sans offenser ses vis-à-vis !

Un pied de fer dans un bas de velours !

Chaque fois qu’il s’assoyait avec un leader, il portait des chaussettes appropriées !

Des chaussettes avec des canards à Davos ! Des chaussettes avec la face de Chewbacca au forum Bloomberg à New York !

Des chaussettes arc-en-ciel au Gay Pride !

Parlez-moi d’un homme d’action ! Qui aurait cru qu’il suffisait de porter des bas funky pour changer le monde ?

Ce n’est pas De Gaulle qui aurait eu le courage de faire ça ! Ou Churchill, que non !

Et malgré tous ces efforts, l’ONU a boudé le Canada ?

J’espère que la prochaine fois que monsieur Trudeau ira à l’ONU, il sera pieds nus dans des Crocs.

En guise de protestation.

Des chefs, des chefs, et peu d’indiens

C’est ça le monstrueux organigramme de la Santé au Québec. Le ménage doit commencer par sa démolition. Les médecins doivent soigner et les administrateurs d’expérience doivent gérer. On l’a déjà vu avec les Barrette, Couillard et Bolduc. Des médecins plus préoccupés de leur avenir financier que du bien-être de leur population. L’avez-vous regardé attentivement cette tour de Babel ? On s’écœure après avoir pris connaissance de quelques boîtes qu’on ne peut s’expliquer.

Dans l’édition du Journal de Montréal du 10 mai, Richard Martineau y va d’une analyse qui me rejoint complètement sur la Santé et les Services sociaux au Québec. Et son propos est tellement juste que pendant la présente pandémie, il n’est pas rare que l’équipe Legault officialise ses décisions et que deux jours plus tard, la base opérationnelle n’est même pas au courant. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

ÉCRASÉS SOUS UN ÉTAT OBÈSE

Question quiz du jour… Qui a dit que l’État est un « effroyable corps parasite qui recouvre comme une membrane le corps de la société et en bouche tous les pores » ?

Qui a comparé l’État à un boa constrictor » ?

Un libertarien de droite ? Un conservateur ? Un Trumpiste ?

Non. Karl Marx.

LE RETOUR DU JEDI

Pour moi, s’il y a une image qui représente parfaitement la crise dans laquelle nous sommes plongés, c’est l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Vous vous demandez pourquoi il y a une telle dichotomie entre ce que les autorités de la santé disent et ce qui se passe sur le terrain.

Pourquoi le système tarde tant à réagir ? Pourquoi ça craque de partout ?

Allez sur Internet, ou regardez cet organigramme,

Ça vaut le coup ! Tout est là.

Ai fil des ans et des gouvernements, on a construit un État tellement gros, tellement obèse, tellement dilaté, tellement massif, un mastodonte tellement corpulent, bouffi et empâté que sa tête ne voit plus ses pieds.

Vous vous souvenez de Jabba le Hutt dans Le Retour du Jedi ? Le monstre adipeux qui retenait captive la princesse Leia ?

C’est notre État.

Il était censé nous protéger. Mais on l’a tellement nourri, il est devenu tellement gros qu’il n’est plus capable de bouger.

Tout juste s’il peut respirer.

UNE PARTIE DE PACHINKO

Notre système de santé est devenu un labyrinthe, un enchevêtrement confus de structures qui s’empilent les unes sur les autres, étouffant de leur poids les travailleurs de la santé qui s’activent, tout en bas.

C’est une jungle, un écheveau rempli de dédales qui ne mènent nulle part.

Connaissez-vous le pachinko ?

C’est un jeu fort prisé des Japonais.

C’est comme une machine à sous, mais verticale, et sans flipper.

Vous insérez des biles métalliques tout en haut, et vous les voyez descendre jusqu’en bas.

Tout le long de leurs parcours, ces billes frappent des clous. Et chaque fois qu’elles frappent un clou, elles changent de direction. On ne sait jamais où elles vont aboutir.

Notre État fonctionne de cette façon.

Les gens en haut accouchent de belles idées, de beaux concepts, de belles directives.

Ils lancent ces directives dans la machine, en espérant qu’elles vont se rendre à bon port en bas.

Mais en chemin, ces idées frappent des structures.

Hop, une structure ! Hop, une autre structure ! Un organisme ! Un CISSS ! Un CIUSSS ! Un établissement ! Un centre intégré ! Une coordination interrégionale !

À la fin, la belle directive que les gens d’en haut avaient lancée dans la machine se retrouve… à cent mille lieux de l’endroit où elle devait aboutir.

Si elle n’est pas tombée dans un trou avant.

VIRUS CONTRE VIRUS

En fait, lorsqu’on y pense, notre État est comme un virus.

Tout ce qu’il veut, c’est se multiplier. Plus de bureaux, plus de structures, plus de fonctionnaires, plus de pouvoirs !

Envahir un corps sain jusqu’à ce que celui-ci ne puisse plus fonctionner.

C’est bien beau, investir toujours plus d’argent dans le système de santé. Mais si cet argent ne se rend pas en bas, à quoi ça sert ?

De connivence…

Quand on a à gérer l’argent des autres, on est peut-être un tantinet moins restrictif quant à la dépense. Mon grand-père disait; « On sait bien, c’est toujours plus facile avec l’argent des autres. »

Je me suis souvent demandé pourquoi on subventionnait des multinationales alors que leurs dirigeants sont déjà multimilliardaires ? Par exemple, Bombardier et jadis Pratt & Whitney, pour ne nommer que ceux-là.

Des millions de dollars de subventions avec des menaces de perte d’emploi et voilà que les gouvernements délient des cordons de nos bourses, nous les CONtribuables, pour tenter de satisfaire des conseils d’administration qui, bizarrement, ne font pas l’effort de diminuer leur rémunération. Ils continuent de rouler le gros carrosse et de grossir leur pactole personnel.

Y aurait-il connivence entre les protagonistes ?

Récemment, le même scénario s’est répété avec Martin Cauchon du temps qu’il dirigeait le Groupe Capitales Médias (GCM). Le 8 décembre dernier, Richard Martineau a publié un article très intéressant dans le Journal de Montréal. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

COPAIN COMME CAUCHON Richard Martineau

Ainsi, Martin Cauchon se serait versé un salaire de 500 000 $ par année alors que l’entreprise qu’il dirigeait, Groupe Capitales Médias, quémandait de l’argent au gouvernement pour éponger ses dettes de 27 millions de dollars.

C’est ce qu’on appelle « rouler carrosse ».

DU FRONT TOUT LE TOUR DE LA TÊTE

« Non seulement Québec a prêté 10 millions $ à GCM, mais après le départ de Martin Cauchon, Investissement Québec a volé au secours de la compagnie avec un prêt d’urgence de cinq millions pour que les employés puissent être payés, tellement les coffres étaient à sec », écrivait notre journaliste Francis Halin vendredi.

Vous imaginez le culot que ça prend pour se payer un demi-million de dollars par année alors que l’entreprise qu’on dirige est en train de couler ?

Le front de bœuf ?

L’indécence, l’effronterie ?

L’absence totale de gêne ?

Remarquez, l’ex-ministre Cauchon n’est pas le seul homme d’affaires à s’être rempli les poches tout en demandant de l’aide financière au gouvernement.

Les dirigeants de Bombardier ont fait la même chose. En 2016, la rémunération des six hauts dirigeants de Bombardier a bondi de 48 %, malgré les milliers de mises à pied et l’aide financière de plusieurs milliards de dollars consentie par Québec et Ottawa.

Ils tendaient la main gauche pour quêter alors qu’avec la main droite, ils se donnaient de généreux bonis.

Y a rien de trop beau pour la classe dominante…

La question à se poser est celle-ci…

Ça ne tentait pas au gouvernement de demander à Monsieur Cauchon de se serrer la ceinture avant de lui donner un gros gâteau à la crème ?

UNE VIEILLE VACHE

« Avant de nous demander de l’aide, faites un effort, mettez l’épaule à la roue et prouvez-nous que vous êtes sérieux. »

Martin Cauchon (qui a acheté GCM on ne sait comment, n’ayant pas une grosse fortune personnelle) n’a jamais rien fait pour sortir ses journaux de la vase où ils s’enfonçaient.

Il n’a rien proposé de nouveau.

Il n’a pris aucun virage.

Il n’a pas changé le modèle d’affaires.

La seule chose qu’il faisait est de se donner 500 000 $ par année en salaire.

On dirait un fermier qui a une vieille vache, une vache malade, chétive et toute maigre, et qui se dit : « Elle, je vais la traire jusqu’à ce qu’elle crève, je vais lui tirer tout le lait que je peux puis je vais la balancer dans le ruisseau lorsqu’elle ne sera plus capable de tenir sur ses pattes… »

Il a « débarrassé » les Desmarais de ces journaux encombrants qui plombaient leurs résultats financiers, puis il a regardé l’entreprise couler en buvant du champagne.

Pendant que les employés, eux, perdaient 30 % de leur fonds de retraite…

PAR ICI LES MILLIARDS

Vous vous rappelez ce qui s’est passé au lendemain de la crise de 2008 ?

Barack Obama est venu à la rescousse des banques qui avaient causé cette crise.

Les neuf plus importantes institutions financières des États-Unis ont profité des 175 milliards $ d’aide qu’elles ont reçue du gouvernement pour accorder des bonis de 33 milliards $ à ses hauts dirigeants !

C’est beau, la solidarité…

Vers l’indépendance ?

Et pourquoi pas ? C’est fou comme cette option revient dans l’actualité. Même l’Alberta y songe, parce que, voyez-vous, ils nous trouvent exigeants, arrogants et aimeraient beaucoup qu’on fiche le camp. La Colombie-Britannique y songe également depuis belle lurette. La péréquation en fait chier plusieurs.

En fait, nous sommes en longue et interminable instance de divorce avec le reste du Canada. Le mariage ne peut plus durer et même un conciliateur ne saurait réparer les pots cassés. N’oublions jamais que la constitution canadienne nous a été rentrée de force dans la gorge en hypocrites, comme le reste du Canada se définit. Et les mascarades en autobus bondés des deux derniers référendums étaient assez évidentes à cet égard.

Toujours est-il que le 10 novembre dernier, Richard Martineau publiait un article intéressant dans le Journal de Montréal, sur l’« amour » inconditionnel que nous portent les Canadiens. C’est vous dire ce qu’ils pensent de nous, et c’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE QUÉBEC, CETTE TUMEUR CANCÉREUSE Richard Martineau

Après le Globe ans Mail, qui a publié un éditorial affirmant que la loi 21 est une « tache sur le Canada », c’est au tour du National Post de tirer à boulets rouges sur le Québec.

Mercredi dernier, le commentateur Chris Selly a pris la plume pour dénoncer « l’intolérance » et « le racisme » des Québécois.

« BON DÉBARRAS ! »

Ce n’est pas la première fois que Selly tient de tels propos. Le 15 août 2012, il écrivait : « C’est fini de marcher sur des œufs. Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »

Cette semaine, le chroniqueur du National Post est allé plus loin.

Choqué par la décision du gouvernement Legault d’offrir des services uniquement en français aux nouveaux arrivants, Chris Selly a écrit que le principal danger, avec le Québec, n’est pas que la province finisse un jour par quitter le Canada… c’est qu’elle décide de rester !

En effet, nous sommes tellement racistes et tellement intolérants que nous représentons un véritable danger pour la fédération canadienne !

Selon Selly, la meilleure chose qui pourrait arriver au Canada si le Québec continue de maltraiter ses minorités et ses immigrants de la sorte est que nous sacrions notre camp !

UNE CICATRICE

« Les limites que le Québec impose à la liberté d’expression sous prétexte de défendre la langue française sont tellement ancrées dans l’inconscient collectif national et sont tellement acceptées par l’ensemble des partis politiques du pays qu’on ne s’aperçoit même plus que ce sont des attaques contre une liberté fondamentale », écrit Selly.

En d’autres mots, la fermeture d’esprit des Québécois est en train de gangréner le reste du pays.

Pour sauver le Canada, il faudrait nous extirper de la fédération, comme si nous étions une tumeur cancéreuse ! Et c’est nous qu’on traite de racistes ! Tout juste si on ne nous dit pas que nous sommes indignes d’être Canadiens ! Que nous faisons honte au pays ! Que nous sommes une anomalie, un affront, une cicatrice sur le visage du plus beau pays du monde !

MESSAGES D’AMOUR

Il faut lire les commentaires en bas du texte de Selly…

« Les Québécois se sentent supérieurs aux autres Canadiens. »

« Avec vos lois, vous tentez de protéger artificiellement une langue et une culture qui, naturellement, devraient être reléguées aux oubliettes de l’histoire… »

« Le temps est venu de mettre le Québec à sa place… »

« Les francophones veulent imposer leur culture aux autres. »

« Pourquoi le Canada ne se sépare-t-il pas du Québec ? On leur laissera Justin et on pourra enfin vivre heureux… »

« Les Québécois agissent envers leurs minorités comme un enfant qui utilise une loupe pour faire brûler une fourmilière. »

« Les Québécois qui vont en Floride l’hiver ont même exigé d’avoir des noms de rues en français ! »

« Le problème est que le Canada donne au Québec tout ce qu’il veut… »

« Le Québec est une tache sur notre pays. S’il vous plaît, partez ! Vous vivez aux crochets de la péréquation ! »

« Mon mari et moi avons déménagé au Québec en avril 2017 et le regrettons. Leurs politiques sont malsaines. »

« Les Québécois veulent préserver leur culture, mais empêchent les minorités de préserver la leur… »

« Grâce au Québec, j’ai étudié gratuitement. Et dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai sacré le camp. »

C’est beau, non ?

René doit sûrement se retourner dans sa tombe

Je l’ai toujours dit et je le répète encore et encore; René Lévesque, notre Moïse national, était 25 ans en avant de tout le monde. C’était le prophète et le Messie.

Celui qui allait sauver son peuple pour lui donner tous les pouvoirs de se prendre en main et de prospérer tout seul dans une mer anglophone. Le seul moyen de gérer sa destinée. On connaît la suite !

Hier matin, dans le Journal de Montréal, Joseph Facal y est allé d’un excellent article qui m’a rappelé la bonne parole que René prêchait sur toutes les tribunes. Du bonbon que je veux partager avec vous aujourd’hui.

Pensez à ce bon vieux René, comme un père qui veut protéger les siens. Le geste que vous poserez ce lundi, sera une étape vers notre autonomie future. Le temps d’affirmer au Canada notre fierté nationale francophone. Un pas de plus dans la bonne direction. Qu’on se fasse le plus grand des plaisirs en votant massivement pour le BLOC et lancer un puissant message d’affirmation aux fédéraux. Qu’est-ce qu’on a à perdre ?

PÉTARDS MOUILLÉS Joseph Facal

À quatre jours du vote, les chefs fédéraux tirent leurs dernières salves.

Finies les grandes promesses, finis les cadres financiers, on réduit le message à sa plus simple expression et on vise les électeurs indécis ou vacillants.

Quand les chefs appellent à voter « stratégiquement », c’est que l’élection est extraordinairement serrée.

BILAN

Trudeau et Scheer martèlent tous les deux que le Québec serait gagnant si des Québécois participent à un gouvernement fédéral dirigé par leur formation.

Logique à première vue, mais de la bouillie pour les chats.

L’important n’est pas d’où vous venez, mais pour qui vous travaillez.

Vite, nommez-moi une retombée concrète et positive pour le Québec d’avoir eu au conseil des ministres du gouvernement Trudeau les Joly, Duclos, Champagne, Bibeau, Garneau et Rodriguez.

Oui, il y a eu des quelques décisions positives pour nous, comme la bonification de l’allocation pour enfants.

Mais c’était une mesure pour tous les Canadiens. Que des Québécois soient ou non au conseil des ministres n’y changeait rien.

Quelle mesure fut prise, qui ne l’aurait pas été autrement, parce que des Québécois étaient autour de la table ?

Aucune.

Trudeau avait même Philippe Couillard comme interlocuteur à Québec, le premier ministre le plus inconditionnellement canadian de toute notre histoire.

Leur complicité nous a valu quels bénéfices ?

Plus fort s’il vous plaît, je ne vous ai pas bien entendu.

Historiquement, le Parti libéral fédéral – avec Trudeau père, Lalonde, Chrétien, Dion et cie – a surtout utilisé les Québécois pour donner au Québec des coups de pied au cul et le tenir tranquille.

Les ministres québécois actuels de Trudeau fils font d’ailleurs campagne sur une plateforme remplie de promesses qui sont des intrusions dans les responsabilités de l’Assemblée nationale du Québec.

Quand un Québécois devient ministre du gouvernement canadien, il sert les intérêts canadiens. Aussi simple que cela.

Ce n’est pas nécessairement par mauvaise foi. Le système est ainsi fait : le Canada anglais, très majoritaire, ne laissera pas un ministre québécois tirer la couverture vers les siens.

Dans le cas d’un gouvernement conservateur, la participation québécoise a failli donner des fruits du temps des Brian Mulroney, Lucien Bouchard, Benoît Bouchard et cie, au début des années 1990.

La fin du film fut amère. Vous le raconterez aux jeunes. Ils n’ont pas trop l’air de vouloir le regarder eux-mêmes.

ILLUSION

Permettez-moi de me répéter au sujet du vote « stratégique ».

Notre système ne donne pas la victoire à celui qui a le plus de votes, mais plus de sièges.

Vous devez donc regarder la situation dans votre circonscription.

Pour que votre vote « stratégique » ait une micro-chance, il faut d’abord que le candidat de votre cœur n’ait aucune chance, ce qui exclut toutes les circonscriptions où il y a des luttes à trois.

Il faut ensuite que la lutte entre les deux meneurs soit serrée au point que le déplacement d’une poignée de votes fasse une vraie différence, ce qui est rarissime dans un Québec où chaque parti concentre ses appuis dans des régions spécifiques.

Faites-vous donc plaisir.

Promouvoir ses objectifs sans réserve

Que vous soyez séparatistes, indépendantistes, nationalistes ou souverainistes, le papier de Mathieu Bock-Côté publié dans les pages du Journal de Montréal du 12 juin dernier vous a sûrement fait grand plaisir.

Mon allégeance politique étant un secret de Polichinelle, j’ai la même opinion de ce que devrait être le Parti québécois si nous voulons, un jour, jouir de notre autonomie complète. Je le répète depuis des lunes; montrez-nous notre vision nationaliste en commentant les nouvelles politiques des autres, dans un environnement vraiment indépendant. Et les sujets ne manquent pas.

Pas besoin de se renouveler, de sonder, de se questionner… simplement de nous dire ce que ces politiques seraient dans un environnement souverainiste. C’est ça qu’on veut savoir. Changer de nom ne résout rien. Le Parti québécois doit demeurer fier de ses origines et continuer le combat de ceux et celles qui nous regardent de là-haut.

C’est cet article que je vous propose aujourd’hui

UNE RENAISSANCE PÉQUISTE ? Mathieu Bock-Côté

Après sa dégelée du 1er octobre dernier, le PQ a décidé de s’engager dans une grande entreprise de refondation. Les militants seront consultés. Le public aussi. Au terme de l’exercice, on peut être à peu près certain que le PQ nous dira qu’il est jeune, vert, progressiste et ouvert à la diversité.

Il s’inventera de nouvelles raisons pas trop identitaires de vouloir la souveraineté. Il accompagnera le tout d’une vague promesse référendaire. En gros, il n’aura pas changé.

Appelons ça une opération de marketing politique. Comment ne pas être pris d’une immense envie de bâiller ? Ce film, on l’a vu cent fois.

ÉCHEC

Détachons-nous de l’actualité.

L’effondrement du PQ aux dernières élections était plus que probable. Depuis le 30 octobre 1995, il a accumulé les défaites. À l’échelle de l’histoire, le PQ a échoué. Il était censé réaliser l’indépendance et il a perdu ses deux référendums. Les Québécois en sont venus à vouloir tourner la page d’une question nationale n’en finissant plus d’avorter politiquement.

Pire encore : alors qu’il devait défendre l’identité québécoise, il s’est montré timoré, comme s’il craignait de subir les foudres médiatiques du multiculturalisme radio-canadien.

Peu à peu, la CAQ a remplacé le PQ comme principal parti nationaliste. Et depuis son élection, sans toujours éblouir, elle ne déçoit pas.

Il se pourrait toutefois que dans les prochains temps, un certain espace se dégage pour le PQ.

D’ici peu, la CAQ adoptera le projet de loi 21. Ce sera un geste d’affirmation nationale remarquable. Mais si la question de la laïcité continuera d’occuper de la place dans l’opinion, elle laissera de la place pour d’autres dimensions de la question identitaire. Parmi celles-là, la question de la langue et celle de l’immigration.

Sur ces deux questions, la CAQ manque de vigueur. On l’apprenait il y a quelques jours, elle n’a pas encore ramené la baisse des seuils d’immigration, qu’elle pense déjà à les remonter, comme si elle voulait se faire excuser son audace sur la laïcité.

De même, sur le plan linguistique, la CAQ n’annonce aucune mesure susceptible de renverser l’anglicisation de Montréal.

En plaidant pour une baisse significative des seuils d’immigration, comme l’y invite Jacques Houle dans son livre Disparaître (Liber, 2019), et pour un renforcement de la loi 101, le PQ pourrait s’emparer à nouveau de la question identitaire.

Il devra l’imposer clairement au cœur du débat politique. Mais pour cela, il devra rompre avec le politiquement correct et avec cette fausse modération qui n’est souvent qu’une vraie lâcheté.

INDÉPENDANCE

Le PQ n’a pas besoin d’un énième sondage pour se refaire une beauté. Il doit faire preuve de leadership politique.

À quoi sert un parti nationaliste et indépendantiste s’il ne cesse de fuir le nationalisme et l’indépendance ?

Le PQ devra chercher à convaincre la population de la justesse de son objectif fondamental. Indépendance, affirmation de l’identité, promotion de la langue française, baisse de l’immigration, critique du gouvernement des juges, défense de la liberté d’expression, nationalisme économique : ces thèmes devraient être au cœur de sa renaissance.

Routes : mais où va l’argent ?

Depuis quelques jours, le Journal de Montréal publie un gros dossier de plusieurs articles intéressants sur l’état des routes au Québec. Jamais, les routes n’ont été aussi en décrépitude que ce printemps.

Dès qu’une nouvelle route est opérationnelle, les paris sont ouverts sur la date de l’apparition des premiers nids-de-poule. On ne cause pas en termes d’années, mais en nombre de mois avant l’apparition des trous.

Samedi dernier, toujours dans les pages du Journal de Montréal, Michel Girard dévoilait les milliards de dollars qu’Ottawa mais surtout le Québec, viennent chercher dans nos poches d’automobilistes. Cette somme devrait servir pour le réseau routier et si c’était le cas, nous roulerions sur les plus belles routes du monde.

Les taxes devraient servir à ça, du moins dans une forte proportion. Annuellement, aux automobilistes québécois, Ottawa nous arrache 2,48 milliards $ alors que Québec, plus gourmand, nous siphonne de 7,2 milliards $. Imaginez les routes qu’on pourrait se payer avec ce magot !

À tout événement, je veux partager le texte suivant pour vous rendre compte de notre phénoménale contribution monétaire, année après année, et qui abouti finalement où ?

L’AUTOMOBILISTE PLUMÉ EN TAXES ET TARIFS Michel Girard

Qu’ils roulent en bazou ou en voiture de luxe, les automobilistes se font plumer le portefeuille en taxes, droits et permis. De combien ? Un peu plus de 9 milliards $ par année.

Les calculs du Journal sont basés sur des données tirées de diverses sources : Comptes publics du gouvernement du Québec, Statistique Canada, CAA-Québec, Régie de l’énergie, etc.

Des deux gouvernements, c’est le gouvernement du Québec le plus gourmand. Alors que Québec ne siphonne rien de moins que 7,2 milliards $ aux automobilistes québécois, Ottawa se « contente » de leur soutirer 2,48 milliards.

Avec une telle ponction d’argent, les automobilistes sont en droit de s’attendre à circuler sur des routes de meilleure qualité, et surtout sans nids-de-poule. La circulation n’en sera que plus fluide.

Moins d’accidents surviendront. Les voitures subiront moins de dommages, Le niveau de pollution baissera, etc., etc.

Bref, le bilan routier ne pourra que s’améliorer…

Et cela n’enlève absolument rien aux efforts (financiers et environnementaux) qu’il faut absolument continuer de déployer pour motiver le plus de gens possible à utiliser davantage le transport en commun.

Chers lecteurs, soyez rassurés : cette chronique ne veut aucunement promouvoir l’usage de l’automobile.

Cela dit, je crois tour de même pertinent de rappeler à nos élus la somme faramineuse qu’ils vont chercher annuellement dans les poches des automobilistes en taxes, droits et permis. Question de leur demander ce qu’ils font avec tous ces milliards…

CE QU’ON PAYE… À QUÉBEC

Le gouvernement du Québec squeeze l’automobiliste de multiples façons. Voici la répartition des 7,2 milliards $ qu’il leur soutire annuellement.

CAA-Québec a répertorié des taxes et droits provinciaux pour la somme de 3,93 milliards :

  • Taxe provinciale sur les carburants : 2,23 milliards
  • Droits sur l’immatriculation et les permis de conduire : 1,17 milliards
  • Taxe supplémentaire de 45$ dans Montréal : 35 millions
  • Financement du transport en commun : 111 millions
  • Financement du Fonds vert : 379 millions

À cela s’ajoutent des recettes de 3,27 milliards $ provenant de la taxe de vente provinciale que les automobilistes payent :

  • TVQ sur l’essence : 970 millions
  • Taxe sur l’assurance dommage auto : 320 millions
  • TVQ sur l’entretien de l’auto : 375 millions
  • TVQ sur l’achat de véhicules neufs : 1,6 milliard

CE QU’ON PAYE… À OTTAWA

De son côté, le gouvernement fédéral va chercher dans les poches des automobilistes québécois des recettes de 2,48 milliards :

  • Taxe d’accise par litre (10 cents sur l’essence et 4 cents sur le diesel) : 980 millions
  • TPS sur l’essence : 492 millions
  • TPS sur l’entretien de l’auto : 188 millions
  • TPS sur la vente de véhicules neufs : 820 millions

Chose certaine, à voir la déroute de nos chemins, il y a de quoi avoir de la suspicion envers l’utilisation des 9 milliards de dollars que Québec et Ottawa pompent annuellement des poches des automobilistes.

Sur la bonne voie

Je l’avoue, depuis que j’ai l’âge de voter, j’ai toujours voté Parti québécois. Je suis un indépendantiste convaincu. Lors du dernier scrutin, malgré la baisse de popularité évidente de ce parti, il a encore eu mon vote. Même si j’étais contre l’idée de mettre la souveraineté en veilleuse, à mon humble avis, c’est tout le contraire qu’il faut préconiser. Il faut constamment faire la promotion de l’indépendance.

Puis est arrivé François Legault, ex-péquiste que je crois toujours nationaliste, qui prend les bonnes décisions, les bonnes orientations et qui apporte la vivacité que le peuple québécois doit retrouver. Je suis enchanté de ce que je vois et, indirectement, sa fibre nationaliste renaît. L’article de Mathieu Bock-Côté dans les pages du Journal de Montréal d’hier, rejoint beaucoup mon opinion sur le sujet, ma fierté d’être québécois et surtout, d’espérer la réalisation du projet, amorcé il y a cinquante ans, par le prophète René Lévesque qui était en avance sur tout le monde pour l’avenir du Québec.

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE RETOUR DE LA FIERTÉ QUÉBÉCOISE Mathieu Bock-Côté

Dans un mois exactement, nous commencerons la célébration de la fête nationale. Comme d’habitude, nous sortirons les drapeaux et les radios diffuseront des chansons québécoises. Nous redécouvrirons la richesse incroyable de notre patrimoine musical.

Peut-être nous rappellerons-nous un peu notre histoire, aussi belle que tragique, aussi inspirante que déprimante.

Comme d’habitude, nous dirons notre fierté d’appartenir à ce peuple si particulier, qui s’entête à vivre dans sa langue et à faire rayonner sa culture sur un continent qu’il a déjà exploré de mille manières, mais qui, aujourd’hui, le voit mieux comme une nation excentrique, et au pire, comme une tribu anachronique.

FIERTÉ

Nous rappellerons, chacun le faisant à sa manière, que nous ne céderons pas, et nous proclamerons que dans un siècle, nous poursuivrons encore la belle aventure de l’Amérique française.

Mais il y aura une différence majeure, cette fois avec les années précédentes : tout cela ne sonnera pas faux. Pour la première fois depuis longtemps, cette fierté ne sera pas artificielle. Elle ne viendra plus au terme d’un long exercice d’optimiste forcé, mais de manière assez spontanée.

Car quelque chose s’est passé au Québec depuis un an : nous avons rompu avec un régime libéral qui, fondamentalement, s’était retourné contre la nation.

Nous avions à Québec un gouvernement au service d’Ottawa, qui cherchait de toutes les manières possibles à neutraliser notre différence, pour faire de nous des Canadiens un peu plus originaux que les autres. Le régime libéral version Couillard nous humiliait collectivement.

L’élection de la CAQ, le 1er octobre dernier, a changé quelque chose dans l’atmosphère politique.

En gros, les Québécois francophones, qui se divisaient entre eux exagérément depuis vingt ans, et se condamnaient ainsi à l’impuissance politique dans leur propre pays, ont repris le contrôle de leur destin.

Ce retour à la normale a réanimé notre identité, comme en témoigne la résolution tranquille du gouvernement dans le dossier sur la laïcité.

Ceux qui me lisent le savent : je suis un indépendantiste « à la vie, à la mort ». Le rêve qui m’habite, la cause de ma vie, c’est que le Québec devienne un pays, qui existera dans le monde en son nom et qui ne portera plus son identité comme un fardeau, mais comme un trésor.

Pour le travail, je traverse souvent l’Atlantique et je ne cesse d’expliquer à nos cousins français que le Québec deviendra un jour un pays, car tel est son destin. Je ne veux pas que le monde oublie le bel appel du Québec libre.

INDÉPENDANCE

De ce point de vue, le présent gouvernement, avec son autonomisme, ne va pas assez loin. Son nationalisme ne va pas assez loin non plus.

Mais globalement, il va dans la bonne direction. Depuis quelques mois, j’ai vu notre peuple se redire qu’il avait le droit d’exister. Pour le dire avec les mots d’un autre, cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi fier d’être Québécois.

La lune de miel a-t-elle déjà existé ?

À la lumière du dernier sondage Angus Reid et surtout à la lecture des données, on peut constater que le reste du Canada nous hait, pas à peu près. Pourtant en 1980 et en 1995, ils agitaient les nombreux drapeaux du Canada en nous exprimant leur amour, et de rester ensemble dans ce grand Canada. Et nous nous sommes fait prendre deux fois à ce petit jeu d’hypocrites.

La dernière débandade du PQ aux dernières élections est une preuve sans équivoque que le fait d’avoir mis de côté son option souverainiste a été désastreuse. Depuis plusieurs années je le dis; ce ne sera pas le Parti québécois qui fera la souveraineté un jour, mais bien un autre parti nationaliste comme la CAQ actuelle. Nous n’aurons pas le choix d’y accéder un jour, puisque le Canada ne nous veut pas. Voilà !

La blogueuse Lise Ravary a déjà écrit un article intéressant dans les pages du Journal de Montréal en janvier dernier sur le sujet, et c’est ce que je me propose de partager avec vous.

CANADA-QUÉBEC : C’EST TERMINÉ Lise Ravary

Pendant que le Parti québécois cherche son souffle. Les Canadiens nous annoncent, via un sondage Angus Reid, qu’ils ne nous aiment pas. Plus on se déplace vers l’ouest, pire c’est.

L’amour des provinces des Prairies – Alberta, Saskatchewan et Manitoba – pour le Québec oscille entre 1% et 3%. Il semble même que 81% des Albertains perçoivent les Québécois comme étant hostile. L’amalgame « pétrole sale et péréquation » n’a pas agrandi notre cercle d’amis dans la confédération.

Je n’arrive pas à expliquer précisément ce sentiment qui m’habite depuis les élections du 1er octobre, mais j’ai l’impression que nous sommes en train de remettre la table pour un retour de la souveraineté dans le paysage politique. Nous l’avons peut-être enterrée trop tôt.

Elle pourrait renaître en version 2.0, moins revancharde. Les traîtres et les fédérastes, ça suffit. Le mépris canadien aussi.

C’EST CHIEN

Mon expérience du Canada anglais est tout autre, mais les temps changent. Il ne comprend ni ne respecte notre vision du monde, en commençant par la laïcité.

Pour les anglophones, y compris du Québec, l’interdiction des signes religieux est un geste raciste, et non pas la simple concrétisation de la séparation de l’Église et de l’État.

De notre côté, nous sommes rebutés par la sacralisation par le Canada anglais de la Charte des droits, dont voici un exemple ahurissant.

Hier, un avocat de Colombie-Britannique a invoqué l’article 8 de la Charte portant sur les perquisitions abusives pour faire acquitter un homme en possession de 27 500 comprimés de fentanyl. La chienne renifleuse de la police, Doodz, gênée par la chaîne de trottoir, n’a posé qu’une fesse par terre pour indiquer la présence, pourtant confirmée, de la drogue dans la camionnette. Il faut deux fesses sur le sol, paraît-il.

Plus le temps passe, moins nous avons de choses en commun.

L’hypocrisie des chefs d’États

Vous vous souvenez de Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien qui a été massacré le 2 octobre dernier, avant d’être démembré puis disposé on ne sait où ni comment ? Nos politiciens du Canada et des autres pays ont crié vivement au meurtre ignoble et dénoncé ses assassins.

Puis, plus rien, l’affaire est terminée et les transactions financières avec l’Arabie Saoudite ont recommencé comme si de rien n’était. Une vraie bande d’hypocrites. Dans l’édition du Journal de Montréal du 29 novembre dernier, Joseph Facal en a fait le sujet de son article que je partage avec vous. Un papier très intéressant et révélateur.

KHASHOGGI : C’EST DÉJÀ FINI.

Le nom de Jamal Khashoggi vous est maintenant familier.

Le journaliste saoudien avait rendez-vous au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie, pour des formalités administratives en vue de son mariage. Il était « attendu » par les services secrets saoudiens. On l’a drogué, torturé, tué, démembré et dissous. Son « crime » ? Il critiquait le régime saoudien dans le Washington Post.

LE « CASH »

Tous les signes pointent vers une opération ordonnée par le prince héritier en personne. Riyad a d’abord multiplié les dénégations, toutes les plus absurdes les unes que les autres.

Peut-on imaginer un escadron de tortionnaires et d’assassins, montant à bord d’un avion dans leur pays, pour aller faire ce bulot à l’étranger, sans que l’opération n’ait été autorisée au plus haut niveau ?

Riyad va sans doute exécuter quelques-uns de ces sbires pour blanchir le jeune tyran. Que feront nos dirigeants ? Des bulles. Ils se diront « préoccupés ». On votera des motions indignées.

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros importateur d’armes au monde. Son premier fournisseur ? Les États-Unis. L’an dernier, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé des accords commerciaux d’une valeur de 380 milliards US sur 10 ans, dont 110 milliards d’armement américain.

Son second fournisseur ? La France. Ses contrats d’armement avec Riyad ont totalisé 11 milliards d’euros entre 208 et 2017. Emmanuel Macron a donc estimé que toute remise en question de ce pactole serait faire prévaloir « l’emportement, l’émotion, la confusion ».

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros acheteur de matériel militaire canadien. Notre beau Justin trouvera moins compliqué d’aller pleurer devant un pensionnat autochtone.

Les gros pays ne feront rien parce que des contrats valant des milliards sont en jeu. Les petits pays ne feront rien parce qu’ils ont l’espoir de ramasser quelques miettes.

Ce sera « business as usual »: nous continuerons à vendre des armes au régime pour qu’il réprime sa population, liquide ses opposants et poursuive ses bombardements au Yémen. Nous fermerons les yeux sur les décapitations, les droits bafoués et l’infantilisation des femmes.

La puissance saoudienne ne tient pas seulement aux contrats militaires et au pétrole, mais aussi à ce qu’on appelle, en science politique, son « soft power ».

Quand Ottawa s’est excité, au mois d’août, à la suite de l’arrestation de militantes des droits de la personne dans ce charmant pays, Riyad a menacé de rapatrier tous les étudiants saoudiens au Canada. Parmi eux, 229 étudient la médecine à McGill, et Riyad paie les 100 000$ par année que coûte leur formation.

Leur départ, confiait David Eidelman, doyen de la faculté de médecine, provoquerait « un manque de liquidité massif », Il avouait piteusement : « Nous dépendons désormais d’eux. »

FRANCHISE

Avec sa subtilité coutumière, Trump ‘est réjoui de la vigueur du commerce américain avec les Saoudiens et de la baisse des prix à la pompe. Amazing !

Reconnaissons-lui le « mérite » d’avoir dit tout haut ce que les autres chefs d’État chuchotent.

Trump… et on n’a encore rien vu.

On pense connaître Donald Trump et pourtant l’avenir nous réserve bien des surprises si on prend connaissance de l’article de Richard Martineau, du 14 octobre, dans le Journal de Montréal. Il traite de sa lecture du livre Fear : Trump in the White-House, écrit et publié récemment par le journaliste d’enquête Bob Woodward sur la présidence de Donald Trump. Et comme excellente nouvelle, les Éditions du Seuil, en France, ont obtenu les droits de traduction de ce livre choc, qui devrait paraître sous peu en français. Pour vous donner un avant-goût de son contenu, voici l’article de Richard Martineau.

PEUR BLEUE À LA MAISON BLANCHE Richard Martineau

Je suis en train de lire Fear, l’ouvrage du journaliste d’enquête Bob Woodward sur la présidence de Trump, et c’est pire que tout ce que j’imaginais.

Je savais que l’homme avait un comportement erratique… Mais à ce point-là ? Jamais.

ZÉRO EN ÉCONOMIE

Un exemple parmi tant d’autres… Vingt-deux jours après son élection, Donald Trump rencontre Gary Cohn, le grand patron de la banque d’investissements Goldman Sachs, pour parler d’économie avec lui.

(Ses rendez-vous ne durent jamais plus de 10 minutes, car après ce temps, il n’est plus capable de se concentrer. L’homme a la capacité de concentration d’un écureuil sur un « trip » de coke.)

Après trois minutes de conversation, Cohn se rend compte que le président des États-Unis ne sait pas comment l’économie fonctionne.

Il croit que le gouvernement peut imprimer de l’argent quand ça lui tente ! Il ignore qu’une loi empêche le gouvernement de creuser le déficit ! Il ne sait pas comment fonctionne la Réserve fédérale !

Cohn est abasourdi… Comment les républicains ont-ils pu choisir un tel ignare pour les diriger ? Leur parti n’est-il pas censé être le parti de l’économie ?

Après 10 minutes, Trump dit à Cohn : « J’aimerais que tu viennes travailler avec moi.

– À quel titre ? demande Cohn.

– Secrétaire de la défense.

– Non, répond Cohn (qui, en passant, n’a aucune expérience en la matière).

– Alors tu vas être Directeur du renseignement national (l’organisme qui supervise toutes les agences de renseignement, dont la puissante CIA).

– Pas intéressé.

– Ministre de l’Énergie ?

– Non.

– Tu sais quoi ? Je vais te nommer Secrétaire du Trésor ! J’ai déjà nommé un gars Secrétaire du Trésor, mais il n’est pas bon », lui lance Trump… alors que le gars en question (qui est blanc comme un drap) est assis à ses côtés !

Cohn refuse de nouveau.

« Pense au poste que tu veux, et contacte-moi, lui dit Trump. Je vais te le donner ! »

Cohn dit qu’il veut être à la tête du Conseil économique de la Maison-Blanche.

« Parfait, lui dit Trump. C’est à Toi ! »

UNE CATASTROPHE AMBULANTE

Une fois Cohn parti, un conseiller de Trump se tourne vers le président.

« Mais on ne peut pas nommer un homme à un poste aussi important juste après une conversation de 10 minutes, lui dit-il. Surtout un gars qui est un démocrate convaincu et qui a appuyé Hilary Clinton ! Il faut en discuter.

– Bof, lui répond le président. C’est fait, je l’ai embauché. Il va être bon ! »

Gary Cohn ne restera que 15 mois à son poste. Découragé par les décisions mal avisées du président (Trump voulait mettre fin à l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud, ce qui aurait eu des conséquences catastrophiques pour les agents du contre-espionnage américains basés à Séoul et pour la sécurité des États-Unis), il démissionnera avec fracas.

Des anecdotes du genre, il y en a plein dans le livre.

Non seulement Trump n’écoute personne et ne cesse de changer d’idée, mais il ne sait pas comment fonctionne le gouvernement.

C’est bien beau, choisir quelqu’un qui est « hors du système ». Mais le gars doit savoir ce qu’il fait !