Promouvoir ses objectifs sans réserve

Que vous soyez séparatistes, indépendantistes, nationalistes ou souverainistes, le papier de Mathieu Bock-Côté publié dans les pages du Journal de Montréal du 12 juin dernier vous a sûrement fait grand plaisir.

Mon allégeance politique étant un secret de Polichinelle, j’ai la même opinion de ce que devrait être le Parti québécois si nous voulons, un jour, jouir de notre autonomie complète. Je le répète depuis des lunes; montrez-nous notre vision nationaliste en commentant les nouvelles politiques des autres, dans un environnement vraiment indépendant. Et les sujets ne manquent pas.

Pas besoin de se renouveler, de sonder, de se questionner… simplement de nous dire ce que ces politiques seraient dans un environnement souverainiste. C’est ça qu’on veut savoir. Changer de nom ne résout rien. Le Parti québécois doit demeurer fier de ses origines et continuer le combat de ceux et celles qui nous regardent de là-haut.

C’est cet article que je vous propose aujourd’hui

UNE RENAISSANCE PÉQUISTE ? Mathieu Bock-Côté

Après sa dégelée du 1er octobre dernier, le PQ a décidé de s’engager dans une grande entreprise de refondation. Les militants seront consultés. Le public aussi. Au terme de l’exercice, on peut être à peu près certain que le PQ nous dira qu’il est jeune, vert, progressiste et ouvert à la diversité.

Il s’inventera de nouvelles raisons pas trop identitaires de vouloir la souveraineté. Il accompagnera le tout d’une vague promesse référendaire. En gros, il n’aura pas changé.

Appelons ça une opération de marketing politique. Comment ne pas être pris d’une immense envie de bâiller ? Ce film, on l’a vu cent fois.

ÉCHEC

Détachons-nous de l’actualité.

L’effondrement du PQ aux dernières élections était plus que probable. Depuis le 30 octobre 1995, il a accumulé les défaites. À l’échelle de l’histoire, le PQ a échoué. Il était censé réaliser l’indépendance et il a perdu ses deux référendums. Les Québécois en sont venus à vouloir tourner la page d’une question nationale n’en finissant plus d’avorter politiquement.

Pire encore : alors qu’il devait défendre l’identité québécoise, il s’est montré timoré, comme s’il craignait de subir les foudres médiatiques du multiculturalisme radio-canadien.

Peu à peu, la CAQ a remplacé le PQ comme principal parti nationaliste. Et depuis son élection, sans toujours éblouir, elle ne déçoit pas.

Il se pourrait toutefois que dans les prochains temps, un certain espace se dégage pour le PQ.

D’ici peu, la CAQ adoptera le projet de loi 21. Ce sera un geste d’affirmation nationale remarquable. Mais si la question de la laïcité continuera d’occuper de la place dans l’opinion, elle laissera de la place pour d’autres dimensions de la question identitaire. Parmi celles-là, la question de la langue et celle de l’immigration.

Sur ces deux questions, la CAQ manque de vigueur. On l’apprenait il y a quelques jours, elle n’a pas encore ramené la baisse des seuils d’immigration, qu’elle pense déjà à les remonter, comme si elle voulait se faire excuser son audace sur la laïcité.

De même, sur le plan linguistique, la CAQ n’annonce aucune mesure susceptible de renverser l’anglicisation de Montréal.

En plaidant pour une baisse significative des seuils d’immigration, comme l’y invite Jacques Houle dans son livre Disparaître (Liber, 2019), et pour un renforcement de la loi 101, le PQ pourrait s’emparer à nouveau de la question identitaire.

Il devra l’imposer clairement au cœur du débat politique. Mais pour cela, il devra rompre avec le politiquement correct et avec cette fausse modération qui n’est souvent qu’une vraie lâcheté.

INDÉPENDANCE

Le PQ n’a pas besoin d’un énième sondage pour se refaire une beauté. Il doit faire preuve de leadership politique.

À quoi sert un parti nationaliste et indépendantiste s’il ne cesse de fuir le nationalisme et l’indépendance ?

Le PQ devra chercher à convaincre la population de la justesse de son objectif fondamental. Indépendance, affirmation de l’identité, promotion de la langue française, baisse de l’immigration, critique du gouvernement des juges, défense de la liberté d’expression, nationalisme économique : ces thèmes devraient être au cœur de sa renaissance.

Routes : mais où va l’argent ?

Depuis quelques jours, le Journal de Montréal publie un gros dossier de plusieurs articles intéressants sur l’état des routes au Québec. Jamais, les routes n’ont été aussi en décrépitude que ce printemps.

Dès qu’une nouvelle route est opérationnelle, les paris sont ouverts sur la date de l’apparition des premiers nids-de-poule. On ne cause pas en termes d’années, mais en nombre de mois avant l’apparition des trous.

Samedi dernier, toujours dans les pages du Journal de Montréal, Michel Girard dévoilait les milliards de dollars qu’Ottawa mais surtout le Québec, viennent chercher dans nos poches d’automobilistes. Cette somme devrait servir pour le réseau routier et si c’était le cas, nous roulerions sur les plus belles routes du monde.

Les taxes devraient servir à ça, du moins dans une forte proportion. Annuellement, aux automobilistes québécois, Ottawa nous arrache 2,48 milliards $ alors que Québec, plus gourmand, nous siphonne de 7,2 milliards $. Imaginez les routes qu’on pourrait se payer avec ce magot !

À tout événement, je veux partager le texte suivant pour vous rendre compte de notre phénoménale contribution monétaire, année après année, et qui abouti finalement où ?

L’AUTOMOBILISTE PLUMÉ EN TAXES ET TARIFS Michel Girard

Qu’ils roulent en bazou ou en voiture de luxe, les automobilistes se font plumer le portefeuille en taxes, droits et permis. De combien ? Un peu plus de 9 milliards $ par année.

Les calculs du Journal sont basés sur des données tirées de diverses sources : Comptes publics du gouvernement du Québec, Statistique Canada, CAA-Québec, Régie de l’énergie, etc.

Des deux gouvernements, c’est le gouvernement du Québec le plus gourmand. Alors que Québec ne siphonne rien de moins que 7,2 milliards $ aux automobilistes québécois, Ottawa se « contente » de leur soutirer 2,48 milliards.

Avec une telle ponction d’argent, les automobilistes sont en droit de s’attendre à circuler sur des routes de meilleure qualité, et surtout sans nids-de-poule. La circulation n’en sera que plus fluide.

Moins d’accidents surviendront. Les voitures subiront moins de dommages, Le niveau de pollution baissera, etc., etc.

Bref, le bilan routier ne pourra que s’améliorer…

Et cela n’enlève absolument rien aux efforts (financiers et environnementaux) qu’il faut absolument continuer de déployer pour motiver le plus de gens possible à utiliser davantage le transport en commun.

Chers lecteurs, soyez rassurés : cette chronique ne veut aucunement promouvoir l’usage de l’automobile.

Cela dit, je crois tour de même pertinent de rappeler à nos élus la somme faramineuse qu’ils vont chercher annuellement dans les poches des automobilistes en taxes, droits et permis. Question de leur demander ce qu’ils font avec tous ces milliards…

CE QU’ON PAYE… À QUÉBEC

Le gouvernement du Québec squeeze l’automobiliste de multiples façons. Voici la répartition des 7,2 milliards $ qu’il leur soutire annuellement.

CAA-Québec a répertorié des taxes et droits provinciaux pour la somme de 3,93 milliards :

  • Taxe provinciale sur les carburants : 2,23 milliards
  • Droits sur l’immatriculation et les permis de conduire : 1,17 milliards
  • Taxe supplémentaire de 45$ dans Montréal : 35 millions
  • Financement du transport en commun : 111 millions
  • Financement du Fonds vert : 379 millions

À cela s’ajoutent des recettes de 3,27 milliards $ provenant de la taxe de vente provinciale que les automobilistes payent :

  • TVQ sur l’essence : 970 millions
  • Taxe sur l’assurance dommage auto : 320 millions
  • TVQ sur l’entretien de l’auto : 375 millions
  • TVQ sur l’achat de véhicules neufs : 1,6 milliard

CE QU’ON PAYE… À OTTAWA

De son côté, le gouvernement fédéral va chercher dans les poches des automobilistes québécois des recettes de 2,48 milliards :

  • Taxe d’accise par litre (10 cents sur l’essence et 4 cents sur le diesel) : 980 millions
  • TPS sur l’essence : 492 millions
  • TPS sur l’entretien de l’auto : 188 millions
  • TPS sur la vente de véhicules neufs : 820 millions

Chose certaine, à voir la déroute de nos chemins, il y a de quoi avoir de la suspicion envers l’utilisation des 9 milliards de dollars que Québec et Ottawa pompent annuellement des poches des automobilistes.

Sur la bonne voie

Je l’avoue, depuis que j’ai l’âge de voter, j’ai toujours voté Parti québécois. Je suis un indépendantiste convaincu. Lors du dernier scrutin, malgré la baisse de popularité évidente de ce parti, il a encore eu mon vote. Même si j’étais contre l’idée de mettre la souveraineté en veilleuse, à mon humble avis, c’est tout le contraire qu’il faut préconiser. Il faut constamment faire la promotion de l’indépendance.

Puis est arrivé François Legault, ex-péquiste que je crois toujours nationaliste, qui prend les bonnes décisions, les bonnes orientations et qui apporte la vivacité que le peuple québécois doit retrouver. Je suis enchanté de ce que je vois et, indirectement, sa fibre nationaliste renaît. L’article de Mathieu Bock-Côté dans les pages du Journal de Montréal d’hier, rejoint beaucoup mon opinion sur le sujet, ma fierté d’être québécois et surtout, d’espérer la réalisation du projet, amorcé il y a cinquante ans, par le prophète René Lévesque qui était en avance sur tout le monde pour l’avenir du Québec.

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

LE RETOUR DE LA FIERTÉ QUÉBÉCOISE Mathieu Bock-Côté

Dans un mois exactement, nous commencerons la célébration de la fête nationale. Comme d’habitude, nous sortirons les drapeaux et les radios diffuseront des chansons québécoises. Nous redécouvrirons la richesse incroyable de notre patrimoine musical.

Peut-être nous rappellerons-nous un peu notre histoire, aussi belle que tragique, aussi inspirante que déprimante.

Comme d’habitude, nous dirons notre fierté d’appartenir à ce peuple si particulier, qui s’entête à vivre dans sa langue et à faire rayonner sa culture sur un continent qu’il a déjà exploré de mille manières, mais qui, aujourd’hui, le voit mieux comme une nation excentrique, et au pire, comme une tribu anachronique.

FIERTÉ

Nous rappellerons, chacun le faisant à sa manière, que nous ne céderons pas, et nous proclamerons que dans un siècle, nous poursuivrons encore la belle aventure de l’Amérique française.

Mais il y aura une différence majeure, cette fois avec les années précédentes : tout cela ne sonnera pas faux. Pour la première fois depuis longtemps, cette fierté ne sera pas artificielle. Elle ne viendra plus au terme d’un long exercice d’optimiste forcé, mais de manière assez spontanée.

Car quelque chose s’est passé au Québec depuis un an : nous avons rompu avec un régime libéral qui, fondamentalement, s’était retourné contre la nation.

Nous avions à Québec un gouvernement au service d’Ottawa, qui cherchait de toutes les manières possibles à neutraliser notre différence, pour faire de nous des Canadiens un peu plus originaux que les autres. Le régime libéral version Couillard nous humiliait collectivement.

L’élection de la CAQ, le 1er octobre dernier, a changé quelque chose dans l’atmosphère politique.

En gros, les Québécois francophones, qui se divisaient entre eux exagérément depuis vingt ans, et se condamnaient ainsi à l’impuissance politique dans leur propre pays, ont repris le contrôle de leur destin.

Ce retour à la normale a réanimé notre identité, comme en témoigne la résolution tranquille du gouvernement dans le dossier sur la laïcité.

Ceux qui me lisent le savent : je suis un indépendantiste « à la vie, à la mort ». Le rêve qui m’habite, la cause de ma vie, c’est que le Québec devienne un pays, qui existera dans le monde en son nom et qui ne portera plus son identité comme un fardeau, mais comme un trésor.

Pour le travail, je traverse souvent l’Atlantique et je ne cesse d’expliquer à nos cousins français que le Québec deviendra un jour un pays, car tel est son destin. Je ne veux pas que le monde oublie le bel appel du Québec libre.

INDÉPENDANCE

De ce point de vue, le présent gouvernement, avec son autonomisme, ne va pas assez loin. Son nationalisme ne va pas assez loin non plus.

Mais globalement, il va dans la bonne direction. Depuis quelques mois, j’ai vu notre peuple se redire qu’il avait le droit d’exister. Pour le dire avec les mots d’un autre, cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi fier d’être Québécois.

La lune de miel a-t-elle déjà existé ?

À la lumière du dernier sondage Angus Reid et surtout à la lecture des données, on peut constater que le reste du Canada nous hait, pas à peu près. Pourtant en 1980 et en 1995, ils agitaient les nombreux drapeaux du Canada en nous exprimant leur amour, et de rester ensemble dans ce grand Canada. Et nous nous sommes fait prendre deux fois à ce petit jeu d’hypocrites.

La dernière débandade du PQ aux dernières élections est une preuve sans équivoque que le fait d’avoir mis de côté son option souverainiste a été désastreuse. Depuis plusieurs années je le dis; ce ne sera pas le Parti québécois qui fera la souveraineté un jour, mais bien un autre parti nationaliste comme la CAQ actuelle. Nous n’aurons pas le choix d’y accéder un jour, puisque le Canada ne nous veut pas. Voilà !

La blogueuse Lise Ravary a déjà écrit un article intéressant dans les pages du Journal de Montréal en janvier dernier sur le sujet, et c’est ce que je me propose de partager avec vous.

CANADA-QUÉBEC : C’EST TERMINÉ Lise Ravary

Pendant que le Parti québécois cherche son souffle. Les Canadiens nous annoncent, via un sondage Angus Reid, qu’ils ne nous aiment pas. Plus on se déplace vers l’ouest, pire c’est.

L’amour des provinces des Prairies – Alberta, Saskatchewan et Manitoba – pour le Québec oscille entre 1% et 3%. Il semble même que 81% des Albertains perçoivent les Québécois comme étant hostile. L’amalgame « pétrole sale et péréquation » n’a pas agrandi notre cercle d’amis dans la confédération.

Je n’arrive pas à expliquer précisément ce sentiment qui m’habite depuis les élections du 1er octobre, mais j’ai l’impression que nous sommes en train de remettre la table pour un retour de la souveraineté dans le paysage politique. Nous l’avons peut-être enterrée trop tôt.

Elle pourrait renaître en version 2.0, moins revancharde. Les traîtres et les fédérastes, ça suffit. Le mépris canadien aussi.

C’EST CHIEN

Mon expérience du Canada anglais est tout autre, mais les temps changent. Il ne comprend ni ne respecte notre vision du monde, en commençant par la laïcité.

Pour les anglophones, y compris du Québec, l’interdiction des signes religieux est un geste raciste, et non pas la simple concrétisation de la séparation de l’Église et de l’État.

De notre côté, nous sommes rebutés par la sacralisation par le Canada anglais de la Charte des droits, dont voici un exemple ahurissant.

Hier, un avocat de Colombie-Britannique a invoqué l’article 8 de la Charte portant sur les perquisitions abusives pour faire acquitter un homme en possession de 27 500 comprimés de fentanyl. La chienne renifleuse de la police, Doodz, gênée par la chaîne de trottoir, n’a posé qu’une fesse par terre pour indiquer la présence, pourtant confirmée, de la drogue dans la camionnette. Il faut deux fesses sur le sol, paraît-il.

Plus le temps passe, moins nous avons de choses en commun.

L’hypocrisie des chefs d’États

Vous vous souvenez de Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien qui a été massacré le 2 octobre dernier, avant d’être démembré puis disposé on ne sait où ni comment ? Nos politiciens du Canada et des autres pays ont crié vivement au meurtre ignoble et dénoncé ses assassins.

Puis, plus rien, l’affaire est terminée et les transactions financières avec l’Arabie Saoudite ont recommencé comme si de rien n’était. Une vraie bande d’hypocrites. Dans l’édition du Journal de Montréal du 29 novembre dernier, Joseph Facal en a fait le sujet de son article que je partage avec vous. Un papier très intéressant et révélateur.

KHASHOGGI : C’EST DÉJÀ FINI.

Le nom de Jamal Khashoggi vous est maintenant familier.

Le journaliste saoudien avait rendez-vous au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie, pour des formalités administratives en vue de son mariage. Il était « attendu » par les services secrets saoudiens. On l’a drogué, torturé, tué, démembré et dissous. Son « crime » ? Il critiquait le régime saoudien dans le Washington Post.

LE « CASH »

Tous les signes pointent vers une opération ordonnée par le prince héritier en personne. Riyad a d’abord multiplié les dénégations, toutes les plus absurdes les unes que les autres.

Peut-on imaginer un escadron de tortionnaires et d’assassins, montant à bord d’un avion dans leur pays, pour aller faire ce bulot à l’étranger, sans que l’opération n’ait été autorisée au plus haut niveau ?

Riyad va sans doute exécuter quelques-uns de ces sbires pour blanchir le jeune tyran. Que feront nos dirigeants ? Des bulles. Ils se diront « préoccupés ». On votera des motions indignées.

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros importateur d’armes au monde. Son premier fournisseur ? Les États-Unis. L’an dernier, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé des accords commerciaux d’une valeur de 380 milliards US sur 10 ans, dont 110 milliards d’armement américain.

Son second fournisseur ? La France. Ses contrats d’armement avec Riyad ont totalisé 11 milliards d’euros entre 208 et 2017. Emmanuel Macron a donc estimé que toute remise en question de ce pactole serait faire prévaloir « l’emportement, l’émotion, la confusion ».

L’Arabie saoudite est le 2e plus gros acheteur de matériel militaire canadien. Notre beau Justin trouvera moins compliqué d’aller pleurer devant un pensionnat autochtone.

Les gros pays ne feront rien parce que des contrats valant des milliards sont en jeu. Les petits pays ne feront rien parce qu’ils ont l’espoir de ramasser quelques miettes.

Ce sera « business as usual »: nous continuerons à vendre des armes au régime pour qu’il réprime sa population, liquide ses opposants et poursuive ses bombardements au Yémen. Nous fermerons les yeux sur les décapitations, les droits bafoués et l’infantilisation des femmes.

La puissance saoudienne ne tient pas seulement aux contrats militaires et au pétrole, mais aussi à ce qu’on appelle, en science politique, son « soft power ».

Quand Ottawa s’est excité, au mois d’août, à la suite de l’arrestation de militantes des droits de la personne dans ce charmant pays, Riyad a menacé de rapatrier tous les étudiants saoudiens au Canada. Parmi eux, 229 étudient la médecine à McGill, et Riyad paie les 100 000$ par année que coûte leur formation.

Leur départ, confiait David Eidelman, doyen de la faculté de médecine, provoquerait « un manque de liquidité massif », Il avouait piteusement : « Nous dépendons désormais d’eux. »

FRANCHISE

Avec sa subtilité coutumière, Trump ‘est réjoui de la vigueur du commerce américain avec les Saoudiens et de la baisse des prix à la pompe. Amazing !

Reconnaissons-lui le « mérite » d’avoir dit tout haut ce que les autres chefs d’État chuchotent.

Trump… et on n’a encore rien vu.

On pense connaître Donald Trump et pourtant l’avenir nous réserve bien des surprises si on prend connaissance de l’article de Richard Martineau, du 14 octobre, dans le Journal de Montréal. Il traite de sa lecture du livre Fear : Trump in the White-House, écrit et publié récemment par le journaliste d’enquête Bob Woodward sur la présidence de Donald Trump. Et comme excellente nouvelle, les Éditions du Seuil, en France, ont obtenu les droits de traduction de ce livre choc, qui devrait paraître sous peu en français. Pour vous donner un avant-goût de son contenu, voici l’article de Richard Martineau.

PEUR BLEUE À LA MAISON BLANCHE Richard Martineau

Je suis en train de lire Fear, l’ouvrage du journaliste d’enquête Bob Woodward sur la présidence de Trump, et c’est pire que tout ce que j’imaginais.

Je savais que l’homme avait un comportement erratique… Mais à ce point-là ? Jamais.

ZÉRO EN ÉCONOMIE

Un exemple parmi tant d’autres… Vingt-deux jours après son élection, Donald Trump rencontre Gary Cohn, le grand patron de la banque d’investissements Goldman Sachs, pour parler d’économie avec lui.

(Ses rendez-vous ne durent jamais plus de 10 minutes, car après ce temps, il n’est plus capable de se concentrer. L’homme a la capacité de concentration d’un écureuil sur un « trip » de coke.)

Après trois minutes de conversation, Cohn se rend compte que le président des États-Unis ne sait pas comment l’économie fonctionne.

Il croit que le gouvernement peut imprimer de l’argent quand ça lui tente ! Il ignore qu’une loi empêche le gouvernement de creuser le déficit ! Il ne sait pas comment fonctionne la Réserve fédérale !

Cohn est abasourdi… Comment les républicains ont-ils pu choisir un tel ignare pour les diriger ? Leur parti n’est-il pas censé être le parti de l’économie ?

Après 10 minutes, Trump dit à Cohn : « J’aimerais que tu viennes travailler avec moi.

– À quel titre ? demande Cohn.

– Secrétaire de la défense.

– Non, répond Cohn (qui, en passant, n’a aucune expérience en la matière).

– Alors tu vas être Directeur du renseignement national (l’organisme qui supervise toutes les agences de renseignement, dont la puissante CIA).

– Pas intéressé.

– Ministre de l’Énergie ?

– Non.

– Tu sais quoi ? Je vais te nommer Secrétaire du Trésor ! J’ai déjà nommé un gars Secrétaire du Trésor, mais il n’est pas bon », lui lance Trump… alors que le gars en question (qui est blanc comme un drap) est assis à ses côtés !

Cohn refuse de nouveau.

« Pense au poste que tu veux, et contacte-moi, lui dit Trump. Je vais te le donner ! »

Cohn dit qu’il veut être à la tête du Conseil économique de la Maison-Blanche.

« Parfait, lui dit Trump. C’est à Toi ! »

UNE CATASTROPHE AMBULANTE

Une fois Cohn parti, un conseiller de Trump se tourne vers le président.

« Mais on ne peut pas nommer un homme à un poste aussi important juste après une conversation de 10 minutes, lui dit-il. Surtout un gars qui est un démocrate convaincu et qui a appuyé Hilary Clinton ! Il faut en discuter.

– Bof, lui répond le président. C’est fait, je l’ai embauché. Il va être bon ! »

Gary Cohn ne restera que 15 mois à son poste. Découragé par les décisions mal avisées du président (Trump voulait mettre fin à l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud, ce qui aurait eu des conséquences catastrophiques pour les agents du contre-espionnage américains basés à Séoul et pour la sécurité des États-Unis), il démissionnera avec fracas.

Des anecdotes du genre, il y en a plein dans le livre.

Non seulement Trump n’écoute personne et ne cesse de changer d’idée, mais il ne sait pas comment fonctionne le gouvernement.

C’est bien beau, choisir quelqu’un qui est « hors du système ». Mais le gars doit savoir ce qu’il fait !

Un nouveau Québec prometteur

Très impressionnante l’assermentation des nouveaux ministres du gouvernement Legault, hier après-midi. Avec de nouveaux visages à ces postes prestigieux, exception faite de François Legault et Marguerite Blais qui ont déjà occupés de telles fonctions, on assistera assurément à un changement drastique de l’appareil gouvernemental québécois.

Curieusement et aimablement, j’ai senti beaucoup de similitudes avec le gouvernement de René Lévesque de 1976 et son renouveau historique. S’il fut LE meilleur gouvernement du dernier demi-siècle, j’ai la nette impression qu’on va revivre pareille renaissance.

Le discours de Legault m’a impressionné par sa sincérité à vouloir changer les choses. Avec fierté, il affirmait haut et fort ses priorités et surtout, de rappeler son intention de respecter ses engagements électoraux. Lorsqu’il a parlé de laïcité et de langue française, il a marqué des points bien sentis. Nationaliste, il réalise son rêve de toujours, de devenir premier ministre. Il a promis de gouverner un nouveau Québec qui évoluera dans le bon sens.

Son message à son Conseil des ministres de sortir et d’aller au-devant des Québécois, de les écouter, était sans équivoque et un rafraichissant indice de changement. J’ai un bon sentiment pour cette équipe, paritaire et pleine de gauchers, qui me semble dynamique.

Moment d’émotion, j’ai beaucoup apprécié lorsqu’il a laissé planer l’esprit de René Lévesque, notre héros commun, en citant haut et fort sa célèbre phrase; « Nous sommes quelque chose comme un grand peuple. »

Seul bémol; l’assermentation bilingue de la ministre de la région de Montréal, qui n’avait définitivement pas sa raison d’être, dans une région qui perd de plus en plus sa langue française qui, faut-il le rappeler, demeure LA SEULE langue officielle du Québec.

Je souhaite la meilleure des chances à cette équipe de novices qualifiés et prête à donner le meilleur d’elle-même afin d’amener le Québec à une prospérité inégalée. Avec la majorité que les Québécois leur ont donnée, tout est possible. Et souvenez vous qu’à compter de 1976, le gouvernement Lévesque avait tellement bien performé, que la population lui avait donné un second mandat consécutif.