Du racisme ça ?

Il n’y a pas si longtemps, 25 000 personnes défilaient dans les rues de Montréal pour dénoncer le racisme et la brutalité policière. Et tout ça a débuté aux États-Unis où des milliers de noirs criaient à l’injustice en saccageant tout sur leur passage. Les méchants blancs persécutaient les noirs.

Le racisme n’est pas seulement une affaire « noir et blanc ». Le contraire existe aussi. La vidéo qui suit est pas mal éloquente à ce sujet. Jugez par vous-même.

L’immensément triste réalité

Pas besoin d’écrire un grand préambule pour approuver le texte de Martineau de samedi dernier dans le Journal de Montréal, puisqu’il est le reflet de mes pensées. Comme peuple, nous sommes finis, désavoués, vaincus sans combattre. Les gens de ma génération se sont battus pour qu’on soit reconnus comme une société francophone distincte. Mais voilà, ils passent lentement de vie à trépas sans connaître la suite. Et la relève est déjà assimilée.

Quoi qu’il en soit ce papier résume bien l’immensément triste réalité. Oublier le drapeau à une fête nationale, c’est impardonnable. On n’a pas qu’à combattre la COVID-19, on doit aussi combattre notre propre monde.

LA QUESTION QUI TUE

Je vais vous poser une question difficile, mais qu’on devra tous se poser un jour collectivement.

Une question à laquelle nous devrons tous répondre, franchement et sans faux-fuyants.

Est-ce que ça vous tente encore de survivre en tant que peuple ?

NATION : UN MOT RADIOACTIF

Parce que, lorsque je vois qu’on organise des fêtes nationales sans drapeau national et sans parler de la question nationale.

Quand je vois des artistes abandonner le combat nationaliste pour embrasser goulûment, aveuglément et naïvement le multiculturalisme canadien.

Quand je vois de supposés membres de l’élite québécoise confondre – certains par ignorance, la plupart par mauvaise foi – « diversité » et « multiculturalisme ».

Quand je vois les Québécois voter en masse pour Justin Trudeau, un premier ministre fédéral qui, encore plus que son père, associe le nationalisme à la xénophobie, allant jusqu’à déclarer avec fierté que le Canada est le premier pays « postnational ».

Quand je vois des artistes délaisser le combat du français pour parler une langue bâtarde, qui n’a rien à voir avec ni Molière ni Shakespeare.

Quand je vois les jeunes grincer chaque fois qu’ils entendent les mots « nation », « patrimoine », « histoire », « laïcité », « défense du français » et « fierté nationale ».

Quand je lis que de plus en plus de Québécois croient que c’est tout à fait normal que ces commerçants accueillent leurs clients en disant : « Bonjour, Hi ! »

Quand je vois la mairesse de Montréal « oublier » de parler en français dans une conférence de presse.

Quand j’entends un candidat à la chefferie du PQ (le PQ, bordel !) dire que le Québec devrait revoir les règles de l’affichage commercial pour tenir compte « du caractère multiculturel de Montréal », affirmer qu’on devrait ajouter un symbole anglais sur le drapeau du Québec et déclarer que le combat pour la défense du français est « une querelle du passé ».

Quand je vois des gauchistes nationalistes concevoir l’indépendance non comme une fin en soi, mais comme un moyen de construire un paradis socialiste.

Quand je vois et j’entends tout ça, je me dis : est-ce que ça vous intéresse toujours de survivre comme peuple ?

LA CLÉ DANS LA PORTE

Parce que si ça ne vous tente pas plus que ça, si vous trouvez que c’est trop d’ouvrage pour vos frêles épaules, on va tirer la plogue et mettre la clé sous la porte !

On va tous se mettre à l’anglais, adopter le multiculturalisme et s’agenouiller devant la Chartre !

On va arrêter de garder artificiellement en vie un rêve qui intéresse de moins en moins de personnes !

Quand c’est rendu que le Mouvement national des Québécois ne remarque même pas l’absence du drapeau national dans une fête nationale, je me dis qu’une étape charnière a été franchie, qu’on est au-delà du confort et de l’indifférence, qu’on a avalé et digéré le discours canadian sur la nation, la culture et l’identité.

J’ai écrit il y a 11 jours que la fête de la Saint-Jean ressemblait de plus en plus à la fête du Canada.

Eh bien, le spectacle du 23 juin m’a donné raison.

Les Canadians, qui croient que les Québécois francophones ne constituent rien de plus qu’un groupe ethnique parmi tant d’autres, doivent rire dans leur barbe.

Ils n’ont plus à nous combattre : nous avons laissé tomber les armes.

Des gestes qui n’ont pas leur place ici

Dimanche dernier, une policière, Anabel Benoit, qui compte 15 ans de service, y est allée d’un profond témoignage sur son travail et celui de ses confrères, publié dans les pages du Journal de Montréal, conséquemment aux événements qui se sont produits aux États-Unis récemment.

Un cri du cœur que j’endosse entièrement parce qu’il est criant de vérité, et principalement au Québec. C’est ce témoignage que je veux partager avec vous aujourd’hui.

UNE AGENTE DÉNONCE LA RAGE ENVERS LES POLICIERS

AGENCE QMI | Graffitis haineux, insultes grossières et manque de respect : une policière québécoise dénonce les jugements constants des « gérants d’estrade », qui se sont amplifiés depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd.

« Ça me fait rager de voir comment les gens peuvent se permettre d’être des gérants d’estrade alors qu’ils ne seraient pas capables de passer une seule semaine dans nos bottines », affirme Anabel Benoit, 39 ans, dans une publication Facebook partagée par plus d’un millier d’internautes.

Dans sa déclaration, la policière de la Sûreté du Québec à Portneuf mentionne la haine et les « scènes d’horreur » auxquelles les collègues sont confrontés.

« Combien d’entre vous dans leur travail se font traiter de grosse truie sale ou de chienne de façon récurrente ? Voyez-vous les murs de votre ville tapissés de fuck the menuisier ? C’est la haine à laquelle nous sommes exposés sans arrêt. »

L’agente Benoit, qui compte plus de 15 années d’expérience, estime que le mouvement Black Lives Matter a intensifié la « rage » envers les corps policiers. Elle invite le public à ne pas tomber dans les généralités.

DÉCÈS CONDAMNÉ

« Et pour ce geste [de Derek Chauvin, accusé de la mort de George Floyd], avez-vous seulement entendu un policier dire : Wow good job de Chauvin ? Non, au contraire, le geste a été condamné par tous, y compris nous… », expose-t-elle.

« Il y a des ripoux dans la police, mais il faut faire attention de ne pas généraliser sur notre travail. Ça fait 15 ans que je suis dans la police et je n’ai pas constaté de racisme. »

Les mous

Depuis le meurtre affreux de George Floyd à Minneapolis, nous sommes devenus les pires racistes du Québec. Honte à ces québécois racistes, qui n’ont pourtant rien à voir avec ça. Toute la police est blâmée, les citoyens sont blâmés et nous sommes maintenant aussi racistes que les Américains. Où est la part des choses ? Pourquoi toute cette haine ?

Dans ce malheureux événement, on a beau faire la preuve que nous sommes très différents de nos voisins du Sud, plus conciliants et que la vie entre les communautés noires, blanches et même amérindiennes demeure harmonieuse, nous sommes RACISTES !

Je salue les policiers qui ont refusés de s’agenouiller. Ils représentent la loi et l’ordre et ne doivent pas obtempérer à ce geste. On peut condamner l’action mortelle du policier américain mais pas à n’importe quel prix. Le chef de la police de Montréal n’avait pas à s’abaisser et démontrer sa mollesse. Qui pensez-vous ont dû entendre et endurer les insulter des manifestants ? Les policiers sommés de maintenir l’ordre. Les manifestants sont tellement aveuglés qu’ils ne sont plus capables de distinction.

Je suis du même avis que Gilles Proulx dans ce dossier, tel qu’il le démontrait dans son article du Journal de Montréal récemment et que je veux partager avec vous. Jugez-en par vous-même.

LA NOUVELLE GRANDE NOIRCEUR

Les foules de pénitents furieux avec des meneurs hurlants, l’écume aux lèvres, ne sont pas l’apanage du Moyen Âge. Le dimanche, anciennement le « jour du Seigneur », devient l’occasion de grands-messes de « Québec bashing » sous de faux prétextes vertueux. La grande noirceur est de retour !

Voyez ces policiers qui se font insulter et à qui on demande de s’agenouiller en bons soumis pour une bavure commise à 2000 km d’ici !

Écoutez ces accusations de racisme contre la nation québécoise, pourtant innocente jusqu’à la bonasserie, accusations aussi vides que grossières relayées allègrement par La Presse et Radio-Canada.

Regardez ces fanatiques qui brandissent des pancartes en anglais pour dénigrer les porteurs d’eau !

Oui, la grande noirceur est de retour !

IGNORANCE

Ces milliers de Québécois adeptes de l’autoflagellation qui descendent dans la rue n’ont probablement aucune idée de qui ils sont, d’où ils viennent et d’où ils vont. Jadis surnommés les « nègres blancs d’Amérique » et longtemps victimes d’un racisme épouvantable, leurs aïeux se font maintenant accuser des crimes de leurs persécuteurs… ce qui est le comble !

Bravo, école québécoise ! L’ignorance que tu sèmes à tout vent depuis trente ans engendre une louisianisation massive de ces jeunes qui ne savent probablement même pas ce que je veux dire pas « louisianisation »…

DEBOUT

À Sherbrooke, les policiers ont refusé de s’agenouiller comme l’exigeaient les zélotes en culottes courtes… Tant mieux ! Bravo au chef de Sherbrooke, Danny McConnel, pour sa consigne de non-génuflexion. Quant au chef du SPVM, Sylvain Caron, qui se disait prêt à s’abaisser de la sorte… quelle mollesse !

Cette multitude américanisée, avec son ignorance crasse, n’a aucune leçon à nous donner. On sait très bien qui sont les vrais racistes, ici.

De quoi sera fait demain

Lentement le déconfinement se déroule comme annoncé par l’équipe Legault, à petit pas. Ils analysent la situation avec la Santé publique et déconfinent à petite goutte. Mais nous, comme citoyen, nous devons observer certaines règles propres à nos actions, nos déplacements. Est-ce que ce sera la même chose pour tous les citoyens ? Si ton voisin outrepasse les consignes, tu fais quoi ? Tu dénonces aux autorités ? Tout un dilemme à affronter.

Ça crie de partout : « à quand mon tour ? ». On le constate avec les campings. Celui, immense, de St-Jean-Baptiste-de-Rouville, a décidé de reporter son ouverture de quelques jours, afin de mieux se préparer. Il n’avait pas prévu le coup… ? Pas trop fort ! Et ça crie encore plus fort. C’est tenter le diable, augmenter la grogne. Est-ce que cette décision fera en sorte que les campeurs seront moins portés à observer les règles ?

Quoi qu’il en soit, Joseph Facal en a fait son analyse, publiée dans son article au Journal de Montréal du 26 mai dernier. En voici la teneur.

RENTRE PAS DANS MA BULLE, OK ?

Vous pensez que le plus dur est fait ? Non.

Nous entrons dans la phase la plus délicate.

Dire aux gens de rester chez eux était simple à dire et simple à comprendre.

Le plus débile comprend : « Enwèye à maison et sors pas tant qu’on te le dise pas, OK ?! »

RESPECT

On entre maintenant dans la phase où l’on dit : « Tu peux sortir, mais à condition de faire comme ceci, comme cela, et encore ceci et encore cela… »

Avant, on demandait le respect d’une consigne simple et claire, qui n’exigeait pas un gros effort intellectuel ou beaucoup de jugement.

Tu restes chez vous, t’allumes la télé, t’ouvres un livre, tu fais de la sauce à spaghetti.

Maintenant, on demande de suivre un protocole délicat et complexe.

Tu sors, mais tu te sers de ta tête et de ton jugement.

Tu restes concentré… même si t’as bu cinq bières, que l’herbe est douce et le soleil chaud, et que t’as pas serré tes chums dans tes bras depuis trois mois.

Et tu fais attention en tout temps… parce qu’un geste, un seul, peut avoir des conséquences graves.

Pas mal plus compliqué à comprendre, pas mal plus compliqué à faire respecter.

C’est triste à dire, mais quand il faut miser sur l’intelligence, le jugement, le bon sens, le respect, le civisme, ça donne ce qu’on voit…

Beaucoup de gens font de beaux efforts, mais…

Mais des commerces rouvrent, manquent de main-d’œuvre à cause d’une PCU qui rend plus intéressant de rester à la maison, doivent improviser, trouvent que les masques et le Purell, ça coûte cher… alors ça donne ce que ça donne.

Il m’arrive ces jours-ci de m’approcher d’un magasin et, quand je vois par la fenêtre ce qui s’y passe, je tourne les talons et j’en cherche un autre.

Et par-dessus le marché, les idiots, les épais, les « le-monde-capote-pour-un-p’tit-rhume », les « y-a-rien-là », les vrais caves… sortent eux aussi.

Là aussi, ça donne ce que ça donne. Ne me dites pas que vous ne le voyez pas.

Le premier ministre de l’Ontario a dû improviser une conférence de presse pour sermonner son monde tellement les règles n’étaient pas respectées dans les parcs.

Le maire de Toronto a dû s’excuser de ses jasettes à deux pieds du monde et sans masque.

RAPPEL

J’ose deux questions.

Nous rouvrons en même temps que les Européens… alors que la pandémie a frappé là-bas un mois plus tôt.

Notre performance jusqu’ici justifie-t-elle une telle audace ? Hmm…

Les régions éloignées ont été globalement épargnées. Elles seront maintenant visitées par les Montréalais.

Sont-elles prêtes ? Hmm…

Je ne sais pas vous, mais moi, qu’il s’agisse de collègues, d’amis, de copains de mes enfants, d’employés ou de clients dans les magasins, je suis d’avis qu’il ne faudra pas hésiter à faire des rappels à l’ordre, quitte à passer pour une face de « beu ».

Ah, mais c’est vrai, j’oubliais, au Québec, on n’aime pas la « chicane », on est « ben fins « .

Revoir le concept des CHSLD

Définitivement, la présente pandémie forcera les autorités à revoir complètement le réseau de CHSLD, à commencer par sa nationalisation. Ensuite, il faudra réorganiser la construction des nouveaux bâtiments et pour terminer, rénover les actuelles résidences.

Sur ce sujet, Antoine Robitaille à publier un article sur la question récemment dans le Journal de Montréal. Je suis d’accord avec son point de vue et j’espère que le gouvernement en prendra bonne note et ainsi être mieux préparé pour faire face à un nouveau fléau. C’est le texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

SOINS AUX AÎNÉS : IL FAUT PENSER PETIT

On évoque de plus en plus la création éventuelle d’une enquête sur la gestion de la pandémie.

Dès le 20 avril, François Legault déclarait : « On aura probablement, comme à la suite du SRAS, une commission d’enquête. »

Ça semble tomber sous le sens. Surtout pour comprendre ce qui nous a conduits à manquer à notre devoir de protection envers ces êtres vulnérables que sont les personnes âgées hébergées en résidences.

TROP

La première difficulté, lorsqu’on envisage un tel exercice, est de définir le mandat. Il peut être extrêmement large et aboutir, après quelques années de fastidieux et coûteux travaux, à un rapport aux 1001 recommandations qui effraiera le gouvernement.

Autre risque : empiler les investigations. Prenons l’hécatombe au CHSLD Herron, où les morts se sont additionnés à une vitesse folle après la désertion des employés.

« Il y a trois enquêtes qui ont lieu, notait François Legault le 13 avril, une […] de la santé publique, une [autre] de police, puis [celle] du coroner. »

BON SENS

Difficile évidemment d’être contre la recherche de la vérité. Mais pour tirer les leçons de cette période covidienne, sur certains aspects précis, une autre grand-messe ne semble pas impérative.

Où nos vieux ont-ils été les mieux protégés ?

Une recension effectuée par notre Bureau d’enquête a identifié quatre CHSLD de l’île de Montréal où il n’y a eu jusqu’à maintenant aucun cas d’infection.

Les caractéristiques communes de ces endroits : de petites résidences privées où il y a peu de personnes âgées, une cinquantaine ou moins.

Le directeur général du CHSLD Angus, Frédéric Asselin, a tout résumé de manière efficace : « Étant donné que nous sommes un petit milieu, on a eu de la facilité à intervenir rapidement. »

PENSER PETIT

Autrement dit, en matière de soins aux aînés, Small is beautiful, selon le titre du célèbre livre de l’économiste anglais Ernst Friedrich Schumacher, publié en 1973.

Son sous-titre ? A Study People Of Economics As If People Mattered. Tout le contraire de ce qu’on a fait dans les trente dernières années.

Dans les petites résidences, les gestionnaires sont présents, ont tendance à connaître employés et résidents. N’attendent pas les ordres venant de la stratosphère de quelques CISSS ou CIUSSS.

Les initiatives y sont plus possibles : dès le début de la pandémie, la DG du CHSLD Bussey s’est précipitée à la quincaillerie pour y acheter des masques.

En pleine crise, ces petits lieux furent en mesure de faire une gestion du personnel sécuritaire : pas de navette d’une résidence à une autre. Pas d’agence de placement. Ceux qui travaillaient à plus d’un endroit furent sommés de choisir.

Bonne nouvelle : le gouvernement promet de construire des « Maisons des aînés » dont une des caractéristiques sera l’échelle humaine (unités de 12 résidents).

Sauf qu’à l’automne, Québec prévoyait que d’ici 2022, seules 2600 personnes âgées pourraient y habiter.

Actuellement, le réseau des CHSLD en accueille 40 000.

Nul besoin d’une commission pour comprendre que ce ne sera qu’une goutte dans l’océan du vieillissement.

La vérité en pleine face

Très criant de vérité que l’article de Denise Bombardier, paru dans l’édition du Journal de Montréal du 17 avril dernier.

On a beau crier sur tous les toits que c’est horrible ce qui se passe dans les CHSLD et que nos vieux n’obtiennent pas les services auxquels ils ont droit, mais il y a aussi des réalités troublantes qu’on ne peut passer sous silence; les conditions médicales des résidents dont l’Alzheimer et le fait que seulement 10 % de ces mêmes résidents, reçoivent la visite de leurs proches.

C’est la lecture que je vous propose aujourd’hui, parce que l’essentiel de cet article rejoint grandement mon opinion.

DES CHSLD TRANSFORMÉS EN MOUROIRS

Lorsque des médecins des CHSLD en sont rendus, comme a écrit Yves Boisvert dans La Presse, à qualifier de génocide gériatrique ce qui se passe actuellement dans certains de ces mouroirs, c’est humainement dévastateur pour tout le Québec.

Les CHSLD sont des lieux pour des personnes en fin de vie. La majorité y décède à l’intérieur de deux ans.

La compassion devrait donc être une priorité humanitaire permanente pour ceux qui nous gouvernent. Or, depuis des décennies, ces résidences sont les parents pauvres du système hospitalier. Le manque de ressources et du personnel est flagrant. La pandémie fait éclater cette vérité.

Rien ne préparait la majorité des Québécois à ces scènes d’horreur qui se passent derrière les murs de ces lieux de souffrance. Les personnes en fin de vie sont vulnérables, angoissées et dociles.

Plusieurs souffrent d’Alzheimer ou sont atteintes de problèmes cognitifs divers. Elles sont aussi abandonnées par leur famille, car 10 % seulement des résidents sont visités par leurs proches.

MAL-AIMÉS

Les aînés, expression que l’essayiste Christian Dufour qualifie d’appellation infantilisante, sont des mal-aimés, contrairement au discours lénifiant sur nos vieux.

À quoi a-t-on pensé lorsque dans le but de soigner des patients atteints de la COVID-19 on a vidé les hôpitaux des personnes âgées malades pour les transférer dans les CHSLD ? Beaucoup ont été contaminées et sont mortes dans la solitude par décret gouvernemental.

Rétrospectivement, on peut dire que le trio lyrique, comme je l’ai qualifié dans une chronique, a fait preuve d’un optimiste contagieux. Les Québécois se sont crus à l’abri.

Le Dr Arruda et la ministre de la Santé ont donné des ailes au premier ministre Legault, qui a réussi à imposer sans effort un confinement général. Mais les milliers de lits d’hôpitaux vidés et le nombre alarmant de chirurgies reportées pour faire place à des malades dont le nombre – et c’est tant mieux – est bien moindre que ce que l’on craignait sont des mesures qui ont eu des conséquences sur les CHSLD où sont mortes la plupart des victimes de la COVID-19.

VALEURS

Le Québec ne sortira pas de cette pandémie sans traumatisme et sans remettre en question le bien-fondé de certaines valeurs associées à notre culture.

Il est faux de crier sur les toits que nous aimons les vieux. Il existe un clash générationnel qui s’est accentué avec l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle.

Bien des enfants qui ont subi le divorce de leurs parents divorcent à leur tour de leurs parents en quelque sorte. Et ils fréquentent peu leurs grands-parents.

La frénésie de vivre le présent chez nombre de jeunes, coupés de la mémoire collective, cette vieillerie non recyclable, est inscrite désormais dans les mœurs et l’organisation sociale.

Dans certains CHSLD actuellement, les vieux n’ont plus le temps de mourir à leur rythme. Ou ils supplient qu’on les laisse mourir.

Demandez aux soignants épuisés et terrifiés qui les côtoient de témoigner pour que cela se sache.

Pour que l’on se souvienne de cet hiver 2020, le plus terrible dans toute l’histoire du Québec.

Malheureusement, les cours de bienséances sont disparus des écoles

On les a remplacés au fil du temps par des classes vertes je suppose. Respect et politesse ne s’enseignent plus. Serait-ce le bilinguisme anglais qui en serait responsable ? Quand on sait que le « je » et le « tu » remplacent les « nous » et « vous », c’est déjà une forme de manque de respect avoué envers son interlocuteur.

Je veux partager avec vous aujourd’hui, l’article que publiait Denise Bombardier dans les pages du Journal de Montréal du 8 février dernier. J’endosse complètement son opinion et je trouve cela très malheureux qu’on soit descendu aussi bas.

LA POLITESSE FICHE LE CAMP

C’est une maladie virale qui croît à un rythme que l’on n’aurait pas imaginé. Elle concerne tout le monde. Elle n’est pas réservée à aucune classe sociale spécifique, mais recrute dans toutes les classes avec une concentration plus grande chez les jeunes. Parmi les matières que l’on n’enseigne plus en classe, la politesse et le respect des autres occupent les premiers rangs.

L’impolitesse semble avoir ses défenseurs et ses adeptes. « Té qui, toé ? » est leur devise. Elle est une des incivilités qui empoisonnent la vie sociale. Son moteur peut être l’ignorance, mais aussi l’impatience pathologique qui caractérise les citoyens de l’époque virtuelle et individualiste.

Cette semaine, on apprenait que deux enseignants d’une école secondaire dans les Laurentides ont décidé de prendre le taureau, quatre élèves, par les cornes. Ils ont expédié une mise en demeure formelle à ces garçons, dont la grossièreté et la vulgarité étaient devenues irrépressibles.

BRUTES

Qu’on en juge. Ces brutes à l’adolescence sans esprit ont trouvé cruellement « comique », suivant en cela certains humoristes qu’il est inutile de nommer, de se faire fabriquer des chandails avec le nom d’un des enseignants, associé au verbe « sucer » suivi de la photo d’un autre collègue. Tout fiers d’eux-mêmes, ces garçons à la mèche aussi courte que leur intelligence se sont promenés attifés de la sorte jusque dans leur école.

Résultat ? Trois jours de suspension. Ensuite, un retour en classe en héros, sans doute. Même si les parents de ces trublions ont dû verser une somme gardée secrète aux deux enseignants afin d’éviter une mise en accusation de leur progéniture.

Les incivilités dénoncées dans nombre de pays de nos jours gâtent la vie. Il faut fréquenter certains lieux publics pour s’en rendre compte. Prenez l’exemple des hôpitaux obligés de placer à l’intérieur de leurs murs des affiches qui expliquent que l’agressivité, la colère ou les injures ne sont pas tolérées. Le personnel et les médecins confirment sous le couvert de l’anonymat que des patients qui haussent la voix et profèrent des jurons à leur endroit font désormais partie de leur quotidien.

INJURES

Essayez d’interpeller poliment un impatient qui vous bouscule ou une dame qui tente de se faufiler plutôt que de faire la queue à un comptoir. Se faire répondre « va donc ch… ! » ou « mange de la m.. ! » n’est plus réservé aux feuilletons télévisés ou aux talk-shows supposément divertissants.

L’agressivité est aux rapports sociaux ce que l’adrénaline est à l’énergie. Les incivilités ne seraient-elles pas l’expression vulgaire des soubresauts qui plongent les citoyens dans des désarrois de tout ordre ? Les incivilités déshumanisent les relations humaines. Chacun y cherche, donc y trouve son compte au détriment de l’Autre.

Personne n’est à l’abri des malotrus et autres indigents de la sensibilité. Mais à l’évidence, l’éducation à la politesse ne semble plus être une priorité pour certains parents, à l’école ou en milieu de travail.

Faudra-t-il alors ajouter un gala supplémentaire où l’on décernerait des trophées aux gens polis qui rendent la vie en société plus douce et plus sereine ?

On nous inonde de tous les qualificatifs sociaux négatifs

Depuis des lunes, les Québécois passent pour des racistes, des sexistes, des égoïstes, et j’en passe… Je tombe en bas de ma chaise. S’il est une société tolérante dans l’univers, c’est bien celle des Québécois et Québécoises. Nous n’avons plus à en faire la preuve, tant c’est l’évidence même. Pourtant, certains médias sèment le contraire…

Richard Martineau a écrit un texte récemment sur le sujet en nommant son Québécois « Joe ». Vous ne l’avez pas lu ? Moi si, et il m’a bien fait sourire. Tellement sourire que je veux le partager avec vous aujourd’hui.

JOE

Joe a 46 ans, travaille dans un magasin de meubles et vit en banlieue, de l’autre côté du pont.

Il a un bungalow avec un BBQ, une cour qu’il entretient régulièrement et une piscine hors terre.

RACISTE

L’autre jour, à Radio-Canada, Joe a vu un rappeur dire que le Québec est raciste.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, il a un ami haïtien et un beau-frère maghrébin, il fait partie d’un club de hockey de garage composé de gars de toutes origines, la ville où il habite compte une importante communauté asiatique et il travaille avec un Italien et un Marocain, et tout se passe bien.

Et chaque fois qu’une tragédie frappe une partie du monde, il voit ses compatriotes et son gouvernement mettre l’épaule à la roue et sortir leur portefeuille pour aider les victimes.

Mais, bon, si une personnalité publique dit que le Québec est raciste sur les ondes de la télé publique nationale, c’est que ça doit être vrai, non ?

SEXISTE

L’autre jour, dans Le Devoir, Joe a lu que le Québec était misogyne.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, la moitié de ses clients sont des femmes, son épouse qui travaille comme comptable dans une grosse firme vient d’avoir une promotion et sa fille étudiante est dans sa troisième année de médecine.

En fait, c’est pour son fils qu’il s’inquiète. Il a 17 ans, glande, coule la moitié de ses examens, manque de motivation.

Il faut dire qu’un de ses amis s’est suicidé, l’an dernier.

Mais, bon, si Le Devoir, un quotidien lu par des intellectuels, dit que le Québec discrimine les femmes, c’est que ça doit être vrai, non ?

ÉGOÏSTE

L’autre jour, dans La Presse, Joe a lu que les banlieusards sont des égoïstes qui mettent en danger les futures générations, car ils polluent avec leurs gros 4X4.

Joe s’est dit : « ah oui ? »

Pourtant, son beau-frère qui est concessionnaire vend de plus en plus d’autos électriques, il fait du covoiturage avec son voisin chinois et il a changé sa vieille Mustang qu’il aimait bien pour une hybride moins flamboyante.

De plus, il recycle, composte et chauffe moins l’hiver, comme le conseille Hydro-Québec.

Joe aurait bien aimé vivre dans le centre-ville près de son travail, mais le prix des loyers là-bas est prohibitif, et on n’y trouve que des condos pour jeunes couples sans enfant…

Mais, bon, si La Presse dit qu’il est égoïste parce qu’il a décidé de s’installer en banlieue et qu’il va chaque hiver passer une semaine dans le Sud, c’est que ça doit être vrai, non ?

DES PAS DE GÉANTS

Joe est un bon gars, ses chums sont des bons gars qui parlent toujours de leur blonde avec respect, il s’occupe bien de ses enfants, il est honnête, un bon mari, un bon père, un bon fils, un bon ami et un bon voisin.

Il n’est pas parfait, mais comparé à son père, il a fait des pas de géants.

Pourtant, régulièrement, Joe se fait dire par certains médias que les hommes comme lui sont mauvais, mêmes toxiques.

Chaque fois, il regarde autour de lui et dit : « Ah oui ? Ah bon ! »

Le cellulaire; plus qu’un accessoire

Et je dirais même plus, il devient indispensable dans la vie de tous les jours, où que nos soyons et quoi que nous fassions. Il ne se passe pas un moment sans qu’une personne tienne bien en main son cellulaire ou sa tablette. Est-ce que ça rend l’attente plus acceptable ? Peut-être !

C’est devenu le prolongement des bras, comme ci l’un ne fonctionnait pas sans l’autre. C’est fou ! Faire des appels téléphoniques avec cet appareil n’occupe qu’un très faible pourcentage de son utilisation. Messages texte, réseaux sociaux et jeux accaparent majoritairement sa raison d’exister.

Lors de ma dernière visite chez mon médecin alors que j’attendais patiemment mon tour, j’observais les 7 personnes avant moi. Toutes, sans exceptions, consultaient leur cellulaire et ce, pendant tout le délai d’attente. Quand arrivait une autre personne, sitôt assise, le premier geste qu’elle posait était de prendre et de consulter son téléphone. C’était automatique ! Et c’est comme ça partout; à l’épicerie, à la banque, au resto, à l’urgence d’un hôpital… partout, l’attente devient un prétexte.

Le 6 janvier dernier, Richard Martineau publiait l’article qui suit, dans le Journal de Montréal, sur le sujet et que je veux partager avec vous. Il nous parle des têtes penchées… observées lors de ses dernières vacances…

PITONNER SA VIE Richard Martineau

Partout des têtes penchées.

Au resto, sur le bord de la piscine, à la plage, au bar, tous, la tête penchée sur leur téléphone, à écrire je ne sais quoi à je ne sais qui.

UNE ÉPIDÉMIE

Chaque fois que je fous le camp dans le Sud, ça me frappe, mais cette année, c’était pire.

Une vraie maladie mentale.

À la table de gauche, une famille de cinq personnes toutes, la tête penchée sur leur cell.

À la table de droite, un grand-père, son fils et son petit-fils tous, la tête penchée sur leur cell.

Derrière, un couple et leurs deux enfants, tous, la tête penchée sur leur cell.

C’était comme ça au petit déjeuner, au lunch et au souper.

Au bar, quand on attendait que l’hôtesse vienne nous chercher pour nous amener à notre table, huit personnes à droite et quatre personnes à gauche pitonnaient furieusement, pendant qu’on jouait à un jeu de société avec fiston.

Coudonc, ils regardent quoi, au juste ?

Les vacances, ce n’est pas fait pour se retrouver ? Pour se parler ? Pour passer – enfin – du temps ensemble ?

Pour rigoler, faire le point, construire des châteaux en Espagne, parler des bons coups de l’année passée et préparer ceux de l’année prochaine ?

Qu’est-ce qu’ils ont à se fuir comme cela ?

Leurs amis virtuels qui vivent à l’autre bout du monde et qui ne lèveraient jamais un doigt pour eux sont plus importants que leurs enfants, leurs parents et leur conjoint(e ?

LA THÉORIE DE LA DÉVOLUTION

Avant, sur le bord de la piscine, on pouvait voir des gens lire, couchés sur leur serviette.

Parfois des romans de gare, parfois des essais plus sérieux, comme Sapiens, de Yuval Noah Harari.

Mais cette année, on pouvait compter les lecteurs sur les doigts des deux mains.

À la place, les gens pitonnent.

La tête penchée sur leur cell.

Des jeunes, des mémés, des papas, des enfants.

Pourquoi lire quand on peut jouer à Candy Crush ?

Quand ils lèvent enfin la tête, après 45 minutes à fixer leur écran comme des junkies accrochés à leur seringue, c’est pour tenir leur cell à bout de bras et se prendre en selfie, avec un sourire forcé, pour montrer à la planète entière à quel point ils s’éclatent comme des fous.

Puis ils retrouvent leur air bête, rebaissent les bras et penchent de nouveau la tête.

Les uns à côté des autres.

Pas le temps de m’amuser avec vous, les amis, faut que je pitonne.

Je pitonne au bureau, et quand je prends des vacances, j’en profite pour pitonner.

On dirait des vaches qui broutent…

DANS LE COFFRE-FORT

Oh, j’ai pitonné, moi aussi.

Mais le matin avant de partir et à la fin de l’après-midi, quand on se préparait pour sortir souper.

C’était la période « chacun pour soi ».

Mais dans la journée et au cours de la soirée, nos cells dormaient dans le coffre-fort avec nos passeports et nos montres.

Trump pouvait déclarer la guerre à l’Iran (ou, pire : le Bye Bye pouvait avoir laissé les gens sur leur faim), on ne l’apprendrait qu’à 18 heures, en sortant de la douche.

Ce n’est pas fait pour ça, les vacances ?

Une autre mort atroce

La publicité des résidences pour personnes âgées insiste sur la sécurité de ces résidents. Aux mensualités que ces personnes âgées paient, c’est la moindre des choses que leur sécurité soit assurée. Alors pourquoi, malgré les nouvelles technologies, des résidents meurent d’avoir été oubliées à l’extérieur ?

Les caméras de surveillance ne sont là que pour créer un faux sentiment de sécurité ? Nous sommes supposés appendre de nos erreurs… ça prend du temps à aboutir, pendant que des personnes vulnérables en paient le prix de leur sacrifice.

Richard Martineau en a fait le sujet de son article, qui suit, dans les pages du Journal de Montréal d’hier, suite au récent décès de monsieur Jean-Guy Pronovost, trouvé mort gelé, à l’extérieur de sa résidence pour personnes âgées de Saint-Jean-sur Richelieu.

Une phrase a retenue toute mon attention, parce qu’elle est criante de vérité : « On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle prend soin de ses plus vulnérables… ». Il serait temps qu’on s’y attarde.

ENCORE ? Richard Martineau

Quand la mère de Gilles Duceppe, madame Hélène Rowley Hotte Duceppe, est morte à 93 ans le 20 janvier dernier après avoir agonisé pendant six heures dans un froid sibérien, on s’est dit qu’au moins, son décès nous aura sensibilisés à l’importance de mieux surveiller les allées et venues des locataires des résidences pour personnes âgées.

« Sa mort, bien que tragique, aura servi à quelque chose… »

Or, 11 mois plus tard, la même chose s’est passée – cette fois, dans une résidence de Saint-Jean-sur-Richelieu.

DES GENS VULNÉRABLES

Cette fois, c’est un homme de 88 ans souffrant d’Alzheimer, monsieur Jean-Guy Pronovost, qui serait demeuré à l’extérieur pendant quatre heures, alors que le mercure était à -25 Celsius.

Pour l’instant, on ne sait pas trop comment cet homme s’est retrouvé seul dehors dans un tel froid, pendant aussi longtemps.

Mais on est en droit de se poser des questions…

À quoi ça sert d’avoir des caméras de surveillance si personne ne les regarde ?

Le rôle de ces résidences n’est pas seulement d’offrir un environnement confortable et stimulant à leurs résidents.

C’est aussi d’assurer leur sécurité.

On parle ici d’une clientèle hyper vulnérable. Beaucoup de ces résidents éprouvent des problèmes de mémoire ou n’ont pas toute leur tête…

Comment certains peuvent-ils se retrouver dehors, sans que personne ne le sache ?

Accepterait-on qu’un enfant de cinq ans échappe à la surveillance des éducateurs d’un CPE et se retrouve tout seul dans la rue ?

Voyons !

C’est bien beau, permettre aux vieux de mourir dans la dignité.

Mais peut-on aussi faire en sorte qu’ils vivent dans la dignité ?

CASSER MAISON

En 1977, un film à sketches italien est sorti en salles : Les nouveaux monstres.

Dans un des sketches (intitulé « Comme une reine »), un homme qui vit avec sa vieille mère propose à celle-ci de faire une balade en auto avec lui.

Après une heure de route, il l’amène « visiter » une jolie maison.

« Oh, regarde maman, toutes les personnes âgées qui vivent ici ! Regarde comme c’est beau ! Tu pourrais te faire plein d’amies, ici ! Justement, j’ai apporté des vêtements dans une valise ! »

On se rend compte que le bonhomme a décidé de « placer » sa vieille mère, car sa femme ne peut plus la supporter.

À la fin du sketch, l’homme dit à sa mère qu’il viendra la voir « peut-être la semaine prochaine », puis il retourne dans son auto en pleurant…

La décision de « placer » un de ses parents est l’une des plus difficiles et des plus déchirantes qu’une personne peut prendre dans sa vie.

On sent qu’on abandonne la personne qui nous a donné la vie, qui a pris soin de nous…

Mais on se dit que c’est pour son bien, pour sa sécurité.

Elle sera prise en charge, surveillée.

Traitée, justement, comme une reine, comme un roi.

DES MORTS ATROCES

Vous imaginez la peine qu’une personne peut ressentir lorsqu’elle apprend que sa mère ou son père a perdu la vie dans des conditions atroces, à cause d’un manque de surveillance ?

On juge du degré de civilisation d’ne société à la façon dont elle prend soin de ses plus vulnérables…

Comment disposer de votre corps

C’est une certitude de la vie : un jour viendra où nous rendrons notre dernier souffle. Notre passage sur cette terre sera arrivé au bout du chemin.

Mais que sait-on des dispositions qui suivront notre décès, comme les cendres. Peut-on les répandre ? Comment en disposer ? Est-ce que nos préarrangements sont faits ? Autant de questions auxquelles il faut répondre. Mieux vaut être préparé.

Depuis l’année dernière, la Loi 66 est en vigueur au Québec; la Loi sur les activités funéraires. C’est une protection accrue pour le public.

Vous le savez, plusieurs aspects de notre vie sont encadrés par l’État. Il encadre la façon dont nous venons au monde, notre éducation, notre santé et une partie de notre comportement en société. Notre mort n’y échappe pas.

Dans le souci de « protéger la santé publique et le respect de la dignité des personnes décédées «, le Gouvernement du Québec a mis à jour, en 2016, les dispositions légales et règlementaires applicables à l’industrie funéraire. Vieilles d’une quarantaine d’années, les dispositions précédentes ne tenaient pas suffisamment compte de la montée de la crémation comme mode de disposition, de l’apparition de l’aquamation et de nouvelles formes de rituels funéraires.

Par exemple, au niveau de la remise des cendres aux membres de la famille, une pratique s’était développée depuis plusieurs années : utiliser des reliquaires pour y déposer une petite quantité de cendres. Cette façon de faire est maintenant légale et reconnue par la Loi. L’entreprise funéraire doit toutefois remettre les cendres « à une seule personne, dans un ou plusieurs contenants dans lesquels l’ensemble des cendres doit être réparti. » (art. 70).

Plusieurs familles s’interrogeaient sur la légalité de disperser des cendres. La Loi sur les activités funéraires (Loi 66) autorise désormais cette pratique. Toutefois, « Nul ne peut disperser des cendres humaines à un endroit où elles pourraient constituer une nuisance ou d’une manière qui ne respecte pas la dignité de la personne décédée. » (art. 71). Cela laisse beaucoup de possibilités. Par contre, le dépôt en terre de cendres renfermées dans un contenant ne peut être effectué que dans un cimetière.

La Loi a aussi permis d’encadrer une réalité que vivent les entreprises funéraires : les cendres non réclamées. Depuis la croissance de la crémation comme mode de disposition du corps, plusieurs dizaines d’urnes funéraires n’étaient pas récupérées par les familles chaque année. Les entreprises funéraires les conservaient, parfois pendant des années, sans savoir quoi en faire.

Désormais, la Loi 66 permet à l’entreprise funéraire d’inhumer les cendres ou de les déposer dans un columbarium après un délai d’un an pendant lequel « l’entreprise de services funéraires aura pris des moyens raisonnables pour tenter de les remettre à un parent ou à une autre personne qui manifeste un intérêt pour la personne décédée. » (art. 52).

Avec la mouvance des rituels funéraires, une nouvelle façon de disposer du corps des personnes décédées a fait son apparition, soit l’aquamation : une technologie qui utilise de l’eau plutôt que du feu. La Loi demeure ouverte à cette nouveauté, ainsi qu’à d’autres qui pourraient apparaître dans le futur.

Bref, la société évolue, les mœurs changent et la Loi 66 a accueilli favorablement les demandes croissantes de la population pour une ouverture aux changements.

Source : Alain Leclerc, DG, Fédération des coopératives funéraires du Québec.