Qu’est-ce que les Canadiens savent et croient savoir sur la consommation de cannabis?

À tort ou à raison, la légalisation du cannabis est pour bientôt, alors quoi de mieux que cet article d’intérêt, tiré d’un sondage canadien sur la question…

Vu les changements que propose le gouvernement au statut juridique du cannabis, beaucoup ne savent trop quoi penser et se demandent ce que ces changements signifieront pour eux, leur famille et leur collectivité. Santé Canada a réalisé un nouveau sondage pour recueillir des données sur les connaissances, les attitudes et les comportements des Canadiens qui consomment du cannabis à des fins médicales et non médicales, et sur les perceptions que les non-consommateurs ont de la consommation de cannabis. Voici quelques faits intéressants tirés du sondage.

PERCEPTIONS SUR LES BIENFAITS ET LES MÉFAITS

Environ la moitié de tous les répondants ont indiqué que le cannabis avait un effet positif sur l’humeur, la créativité, l’anxiété et le sommeil. D’un autre côté, certaines personnes étaient d’avis que le cannabis avait un effet négatif sur la motivation, la mémoire, la concentration, l’attention, le raisonnement et la prise de décision. Plus de 70% des répondants croyaient que la consommation de cannabis pouvait engendrer une dépendance. Des études ont démontré que le THC présent dans le cannabis augmente la concentration de dopamine (la molécule chimique qui procure une sensation de plaisir) dans le cerveau, ce qui incite les gens à en consommer. En fait, on estime que 9% des consommateurs de cannabis développeront une dépendance; ce taux augmente chez ceux qui fument du cannabis chaque jour ou qui ont commencé à en consommer à l’adolescence.

OPINIONS SUR LA CONSOMMATION ET LA CONDUITE AUTOMOBILE

4 répondants sur 10 ont affirmé avoir consommé du cannabis dans les 12 derniers mois et avoir conduit un véhicule dans les deux heures après avoir consommé. La consommation de cannabis peut affaiblir les facultés nécessaires pour conduire en toute sécurité et pour pratiquer des activités où la vitesse entre en jeu, comme le ski, le vélo et la planche à roulettes. Les personnes qui participent à de telles activités avec les facultés affaiblies s’exposent à des accidents pouvant leur causer des blessures graves, et même la mort.

ÂGE AU DÉBUT DE LA CONSOMMATION

L’âge moyen des répondants la première fois qu’ils ont consommé du cannabis des fins non médicales était de 18,7 ans. Il ne faut pas oublier que les effets du cannabis sur l’apprentissage, l’attention et la mémoire peuvent être persistants chez les personnes qui en consomment à un jeune âge, de façon régulière et sur une longue période. La consommation précoce et fréquente de cannabis augmente les risques de développer une dépendance. S’il est approuvé, le projet de loi interdirait la vente de cannabis aux personnes âgées de moins de 18 ans (ou plus, selon la province ou le territoire.

Pour en savoir plus, consultez canada.ca/cannabis.

Source : Nouvelles « CSA» Printemps 2018

Une initiative à imiter

Photo Journal de Montréal

Que c’est rafraîchissant et stimulant de voir des gestes de la sorte. Le Journal de Montréal d’hier, racontait en page 2 la fabuleuse histoire de Monsieur Bertin Savard de Rigaud, qui se fait un devoir d’embaucher des personnes handicapées pour travailler à son café Au Croissant 21 à Rigaud, ouvert récemment.

« Son modèle d’affaire est différent des cafés habituels. Son commerce était avant tout l’occasion d’offrir une perspective d’emploi pour son fils de 24 ans, qui est atteint de trisomie 21, dit-il. » De plus, ce quinquagénaire favorise la diversité en n’embauchant que des personnes avec un handicap. Quel beau geste qui envoi le message clair que ces personnes handicapées ont leur place toute grande dans notre société. Comme son employée, âgée de 14 ans et atteinte de paralysie cérébrale, qui se présente au travail avec son chien Mira.

Cette initiative devrait se répandre à volonté. Ces personnes sont capables d’accomplir des tas de petites choses tout en faisant une énorme différence. Ils sont charmants, dévoués, attentionnés et serviables. Y-a-t’il plus savoureux que de croiser leur candide sourire?

Lorsque Walmart a décidé de les congédier il y a quelques mois, le tollé de protestations que cette action a provoqué, a engendré des prises de conscience chez des employeurs à la recherche de personnel fiable. On a vu des embauches immédiates. D’ailleurs, on n’entend que du positif de ces employés et pour eux c’est plus que gratifiant.

Autre aspect qui n’est pas à dédaigner, Monsieur Savard avait prévu des revenus entre 6 000 et 9 000$ le premier mois… il a eu la surprise de constater qu’il fera plus du double, tellement ça fonctionne. Je le félicite et si je passe par Rigaud, c’est assuré que je vais m’y arrêter pour un bon café et une viennoise.

Encore plus impressionnant pour monsieur Savard, il ne fera pas appel à des programmes gouvernementaux pour payer une partie du salaire de ses employés même s’il est admissible. Comme il le dit si bien « C’est ma contribution comme entrepreneur pour une société meilleure. » C’est tout à son honneur.

Quoi ajouter de plus, sinon que son action soit contagieuse. Félicitations monsieur Savard pour votre grandeur d’âme et votre générosité. Il faut vivement l’encourager. Retenez ce nom; Au Croissant 21. Passez y faire un tour.

Walmart; intraitable envers ses employés dévoués, qui n’ont rien demandé

Après ce que vient de faire Walmart envers ses employés déficients intellectuels, il faut dénoncer haut et fort l’odieux de ces mises à pieds inhumaines; un géant qui s’attaque aux plus démunis de notre société, comment croire les belles paroles humanitaires qu’il diffuse partout aux heures de grandes écoutes. Walmart, à Toronto, doit absolument revenir sur cette décision impopulaire. Lise Ravary en a fait l’objet de son article d’hier dans les pages du Journal de Montréal que je m’empresse de partager avec vous.

PÉTER LES PLOMBS POUR WALMART

Je ne savais pas que Walmart participait à un programme d’insertion sociale pour personnes atteintes de déficience intellectuelle jusqu’à ce que je me trouve devant un caissier, oui un caissier, trisomique dans un Walmart hors de Montréal l’an dernier.

J’étais tellement impressionnée et émue de voir ce grand gaillard souriant travailler fièrement que j’en ai eu les larmes aux yeux. « Voilà bien une raison pour magasiner cher Walmart plus souvent », me suis-je dit, bien que je n’aie jamais boycotté ces magasins au service de la classe moyenne économiquement sous la moyenne.

Difficile à croire dans les beaux quartiers, mais il y a des gens qui doivent gratter leurs fonds de tiroir pour acheter du papier de toilette, des bobettes ou des savonnettes. Les Walmart, Hart, Tigre Géant et autres leur permettent de vivre décemment.

DE BEAUX SANS-CŒUR

Quand j’ai appris jeudi que Walmart avait mis fin au programme d’embauche pour ces personnes ayant une déficience intellectuelle ou atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA), mon sang n’a fait qu’un tour. J’imaginais mon caissier en train de se faire dire de prendre ses cliques et ses claques avant de retourner chez lui. « C’est terminé, merci, bonsoir, »

Les larmes me sont remontées aux yeux. La madame – moi – n’était pas contente du tout. Surtout que cela s’est fait de manière sauvage et inconsidérée après une décision prise à Toronto. Depuis, Walmart a beau s’excuser, l’entreprise n’a pas encore expliqué pourquoi elle s’est retirée de ce programme conjoint avec le gouvernement en place depuis 20 ans.

Charles Lafortune a pété les plombs, avec raison. Le docteur Barrette a livré le fond de sa pensée au sujet des excuses et des promesses de Walmart de « trouver de nouveaux arrangements » : « Je ne vous crois pas. » Personne ne les croit.

On sait qu’il est plus difficile au Québec de se trouver un emploi quand on s’appelle Mohammed ou Mamadou. C’est encore plus difficile quand on souffre d’une déficience intellectuelle ou d’un TSA. Même quand ces personnes sont aptes à faire le travail qu’on attend d’eux, les entreprises craignent qu’elles fassent fuir la clientèle.

On ne parle pas d’embaucher des non-voyants pour conduire des autobus!

OUVERTS À LA DIFFÉRENCE?

Notre société bien pensante aime se croire ouverte à la diversité. Sauf que certaines différences sont un peu trop différentes pour plusieurs. La discrimination que subira une personne transgenre dans sa vie n’est d’aucune commune mesure avec l’exclusion qui frappe les personnes handicapées intellectuellement et physiquement.

Sur la liste des candidats à ne pas embaucher, ils arrivent la plupart du temps bons derniers. Leur louer un appartement? Voyons, ils vont mettre le feu. Dans la rue, de jeunes crétins les tourmentent. Et quand leurs parents décèdent, ils se retrouvent souvent seuls face à la vie. À vivoter sur l’aide sociale.

Tous ne peuvent pas travailler, mais chacun devrait pouvoir démontrer ce qu’il peut faire et en tirer un revenu décent, et surtout, une fierté de participer au grand tout de la vie, comme tout le monde.

Employeurs du Québec, y compris l’État, il ne tient qu’à vous de prendre la relève de Walmart.

La minorité opprimée… ça me fait bien rire

On l’a vu récemment, les Anglo-Québécois se sentent opprimés face à la langue française, comme le dévoilait un sondage Léger. Ça vous a surpris? Pas moi! D’au plus loin que je me rappelle, il en a toujours été ainsi, malgré des institutions à Montréal pour cette minorité. Beaucoup d’écoles, deux universités et des hôpitaux aussi méga pour chaque communauté, il me semble qu’on est à l’opposé de l’oppression.

Les jeunes menacent de partir, de quitter le Québec… mais après avoir complété leurs études à faible coût ici. Dans cette optique, j’ai adoré l’article de Josée Legault du 20 février dernier qui traitait justement du sujet dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Il ne m’en fallait pas plus pour vous l’offrir aujourd’hui…

LE TRISTE SORT DES ANGLO-QUÉBÉCOIS

Selon un sondage Léger réalisé pour Le Journal, 51% des Anglo-Québécois se voient comme faisant partie d’une « minorité opprimée ». Eh oui, en 2018. Cette perception est contraire à toute logique factuelle. Elle témoigne en fait d’une attitude d’autovictimisation qui ne date pas d’hier.

En science politique, j’ai beaucoup étudié la question linguistique et la communauté anglo-québécoise. Depuis, mes écrits sur le sujet sont nombreux. En 1992, j’ai publié mon premier livre chez Boréal : L’invention d’une minorité. Les Anglo-Québécois.

J’y présentais une analyse détaillée du discours politique des leaders anglo-québécois depuis la loi 22 faisant du français la langue officielle du Québec. Mes hypothèses avaient beaucoup choqué. Elles n’ont pourtant pas pris une ride.

En résumé, j’y avançais ceci. 1) Derrière une rhétorique se disant fondée sur les droits « individuels » se cache la défense des intérêts « collectifs » de la communauté anglophone, elle-même une extension de la majorité canadienne.

RÉFLEXE CLASSIQUE

2) Ce discours s’oppose à la minorisation politique et linguistique des anglophones comme imposée par le nationalisme québécois moderne et les lois linguistiques. D’où les nombreuses contestations judiciaires menées pas des Anglo-Québécois contre la loi 101.

3) Ce même discours représente faussement les Anglo-Québécois comme des « victimes » rejetées par des francophones aux instincts « intolérants ». Un réflexe classique des minorités dominantes lorsque leur pouvoir est remis en cause.

De Robert Bourassa à René Lévesque, l’objectif était en effet le même. Le français devait remplacer l’anglais comme langue de mobilité sociale et d’intégration des immigrants. Il en allait de la survie même du seul État francophone d’Amérique.

Pour beaucoup d’Anglo-Québécois, cette érosion possible de leur pouvoir collectif était inacceptable. Des milliers ont quitté le Québec. Parmi ceux qui sont restés, jeunes ou vieux, plus de 50% se disent encore aujourd’hui « opprimés ». Malgré l’affaiblissement marqué de la loi 101, 64% réclament aussi qu’elle le soit encore plus.

CONTRADICTION SPECTACULAIRE

Le sondage Léger confirme d’autres tendances entêtées. Ainsi, 91% des répondants regardent la télé uniquement ou majoritairement en anglais. Pour la radio, c’est 84% et les infos, 75%. Pour ceux-là, comment l’expliquer?

Par un manque évident d’intérêt. Par leur perception erronée d’être des « victimes » de la majorité francophone. Par la déresponsabilisation qui en découle. Par une conception utilitariste du français. Un français vu non pas comme la porte d’accès aux francophones et à une culture riche, mais vu comme une langue imposée et minoritaire sur le continent.

Pour plusieurs anglophones, il est encore là le problème, D’où cette contradiction spectaculaire : 51% se disent « opprimés », mais 75% sont « heureux de vivre au Québec » tout en étant 60% à avoir « envisagé » de le quitter. C’est ce qu’on appelle une relation amour-haine.

Pour le dire autrement, j’emprunterai la brillante formule d’un ex-collègue anglophone qui, lui, refusait de se voir comme une victime : « Les francophones ont peur avec raison de se noyer dans un océan d’anglais. Les Anglo-Québécois ont peur à tort de se noyer dans une baignoire de français. »

Surveillance, dénonciation, intervention

Il est à espérer que le suicide du jeune Simon Dufour, la semaine dernière, sera le dernier causé par l’intimidation et que les autorités prendront des mesures drastiques pour punir sévèrement les agresseurs qui détruisent autrui, par leurs paroles et gestes désobligeants.

À écouter la famille raconter leur triste histoire, ça vient immédiatement nous chercher et on prie pour qu’un changement de comportement des intimidateurs soit mis en place par les personnes en autorité. Malheureusement, il faut toujours qu’un malheur arrive, pour faire changer les choses.

D’abord la surveillance. Est-ce qu’elle est omniprésente en milieu scolaire? C’est la première question à se poser. Si elle est adéquate et serrée, autant à l’intérieur des murs qu’à l’extérieur, l’intimidation ne peut pas s’exercée. Ayant quitté l’école depuis belle lurette, je ne peux répondre à cette question. Cependant, c’est primordial, dans une école, que les professeurs et le personnel administratif s’en occupent et prennent sérieusement des actions. Ne représentent-ils pas l’autorité absolue en milieu scolaire? Poser la question, c’est y répondre.

Ensuite, dès qu’on est en présence d’un acte d’intimidation, il faut dénoncer immédiatement et celle-ci doit être prise en charge par les autorités compétentes, dont les policiers. Il faut agir rapidement et la victime doit obtenir aussi rapidement un support psychologique au même titre que lorsqu’un événement violent survient dans une école ou dans un endroit fortement fréquenté. La justice doit traiter ces incidents avec diligence et punir sévèrement l’agresseur et lui enlever toute envie de récidive.

Finalement, l’intervention auprès de la victime et de l’agresseur doit se faire rapidement, fermement et sans attendre au lendemain. Il faut que les écoles dressent un plan d’intervention qui doit être divulgué et expliqué aux étudiants, avec l’accès aux ressources disponibles. Si on se fie à ce qui est véhiculé dans son triste dossier, Simon Dufour subissait l’intimidation depuis ses études primaires, sans arrêt, jusqu’au moment de son acte irréversible. On semble ne pas l’avoir pris au sérieux!

Personne ne peut raconter ce qu’il ressent comme victime sans l’avoir vécu. On peut porter tous les jugements qu’on veut, avoir sa propre théorie, sa version et son explication, il reste que se faire intimider, dévaloriser, et rejeter à répétition durant des années c’est franchir la limite du tolérable. Quand l’idée de mettre fin à ses jours devient la SEULE solution, c’est qu’au fond, notre société est passée à côté de l’essentiel; le respect, l’amour et la valorisation de la personne humaine, quel qu’elle soit.

Les itinérants font aussi partie de notre société moderne.

Et ils sont de plus en plus nombreux et bien visibles. Se couvrir à la belle étoile par grand froid avec le journal local où quelques sacs de couchage, n’est pas tellement réchauffant, mais c’est une réalité. Il y a bien des refuges mais au-delà de tout ça, ce sont des êtres humains, des créatures divines, qui n’ont pas toujours été ce qu’ils sont devenus et souvent, le regard ou le non-regard qu’on y jette devrait être plus chaleureux, plus convainquant et surtout plus complaisant et compatissant. Un sourire ne coûte rien et rapporte beaucoup à ceux qui n’ont rien.

Lise Ravary en a fait le sujet de son papier de dimanche dernier dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Un article qui m’interpelle et qui me fait réfléchir sur le sort de ces personnes et surtout leur quotidien remplie de désolation. J’avais envie de le partager avec vous…

Dignité pour ceux qui n’ont rien

Quand j’étais petite, on les appelait les quêteux, les hobos. Les guenilloux, les clochards ou les vagabonds. Quand la rectitude politique s’est abattue sur le langage, les mendiants sont devenus des sans-abris, des itinérants.

Que l’on choisisse un mot lourd de mépris ou une expression chargée de modernité pour décrire ces hommes et ces femmes prisonniers du dehors, la réalité ne change pas : vivre dans la rue avec pour seul bien terrestre un chariot de supermarché chargés de trésors usés semble être, aux bien nantis que nous sommes, le fond du baril de l’existence.

La plupart d’entre nous ressentent un malaise quand ils croisent un sans-abri qui mendie. Nous traversons la rue le nez en l’air, pour donner l’impression que nous ne l’avons pas vu. Et si, dans un élan de générosité, nous déposons quelques pièces dans sa main tendue, nous évitons, le plus souvent, le regard de celui qui va probablement utiliser notre argent pour s’acheter une roche de crack.

LEÇON DE VIE

Il y a très longtemps, à Vancouver, j’avais évité le regard d’un vieil itinérant. Il ne mendiait pas. Il marchait dans la rue, dans un quartier huppé. Je ne sais trop quelle tête je faisais, mais il s’est arrêté devant moi, m’a souri avec cœur et m’a dit : « Smile Lady, au moins votre vie n’est pas comme la mienne. » Je n’ai plus jamais fui le regard des gens de la rue.

J’emprunte souvent la rue Saint-Urbain. Au coin de Sherbrooke, tous les matins, des Autochtones malheureux tendent leur verre en carton aux automobilistes. La plupart font comme s’ils étaient invisibles. Si j’ai de l’argent, je donne un petit quelque chose. Et si je n’ai rien, je les regarde quand même dans les yeux avec un sourire.

Après toutes ces années, ils me reconnaissent. Que je donne ou non, j’ai droit à des salutations, des révérences, des pouces en l’air. La journaliste en moi meurt d’envie de les interviewer, mais je me retiens. Je ne suis pas rendu à l’étape de franchir la barrière de vie qui nous sépare, mais chaque nouvelle interaction me convainc qu’un sourire et un regard dans les yeux sont plus importants que l’argent. C’est faire un don de dignité.

DERNIER REPOS

Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer, cette semaine, en lisant un texte sur l’abbé Claude Paradis dans le Journal, « Itinérants enterrés dans la dignité ». Depuis quatre ans, à l’automne, il enterre les cendres de corps non réclamés de gens de la rue. Des êtres humains morts seuls et réclamés par personne. « Ils meurent en manque d’amour », disait-il.

Il invite d’autres gens de la rue à se joindre à lui autour de la fosse commune du Repos Saint-François d’Assise, l’ancien cimetière de l’Est. Il leur parle de la mort, mais aussi de l’espoir. Et puis, ils libèrent des papillons. Ça fait gnangnan catho? Vous avez une meilleure idée?

L’abbé Paradis donne à ces âmes anonymes un dernier moment d’humanité, avant qu’elles ne disparaissent au fond de l’oubli pour toujours. Un don de dignité pour l’éternité.

Définition d’un aîné

Aujourd’hui, partout dans le monde, le 1er jour d’octobre souligne la journée internationale des personnes âgées. Ou, si vous préférez, des aînés. Ces ancêtres qui nous ont pavé la voie bien avant que le progrès fasse un saut prodigieux dans notre monde. Pour leur performance il faut leur en être reconnaissant parce qu’un jour, pas si lointain, ce sera notre tour et ce qui meublera alors notre quotidien aura évalué à la vitesse grand V. Rendons donc à César ce qui lui appartient, et injectons une bonne dose d’amour à ces bâtisseurs. La parole est à vous, chers aînés

C’est nous ça…? Ouais, et cela a tout l’air que c’est vrai…

Un aîné, c’est celui ou celle qui existait avant la pilule, les condoms et la vasectomie. Nous existions avant la télévision, la pénicilline, le stylo à bille, le radar, les lampes fluorescentes, les photocopies, les vitamines et les cartes de crédit.

Nous nous sommes mariés d’abord, et nous avons vécus ensemble après. C’était avant que les hommes portent des boucles d’oreilles. Nous étions là avant les couches jetables, la radio FM, les couvertures électriques, les ordinateurs, la radio FM, les cassettes, la musique électronique, la danse disco, les face-lifts et le Botox.

Nous ne connaissions pas les mets congelés, les fours à micro-ondes, le café instant, les pizzas et les McDonald. Nous pensions que le Fast-food se mangeait pendant le carême. C’était aussi la belle époque des moulins à tordeur et des vêtements qu’on rentrait raides et gelés sur la corde à linge en hiver. Que ça sentait bon!

Dans notre temps, c’était chic de fumer la cigarette, le coke était un breuvage et le pot, un récipient. Les églises étaient remplies durant les 4 messes du dimanche. Si on nous avait demandé d’expliquer OVNI, CSN, JFK, CIA, CLSC, REER, ETC., nous aurions parlé de soupe à l’alphabet.

Quand on pense à quel point le monde a changé et combien d’ajustements il nous a fallu faire, nous pouvons et devons être fiers de ce que nous avons accomplis. Nous sommes les aînés d’aujourd’hui; un groupe de surhommes et de surfemmes.

La mémoire étant une faculté qui oublie… pensez-vous qu’on en a oublié? Allez-y de vos commentaires. Ça nous rappellera de bons souvenirs.

Victimes… d’injustices

C’est assez révoltant de constater comment les victimes d’actes criminels ont de la difficulté à faire reconnaître leurs droits on ne peut plus légitimes. Le monstre gouvernemental qu’est l’IVAC, sans la moindre compassion et respect, leur met des bâtons dans les roues avec toutes sortes de contraintes bureaucratiques qui font en sorte de ne pas leur rendre ce qui leur revient de plein droit.

La moindre petite ligne, article ou alinéa écrit en petits caractères, quand ce ne sont pas des dispositions incompréhensibles ou incroyables, ajoutent à leur malheur, les obligent à se battre malgré leurs souffrances. Elles deviennent des victimes, victimes d’une situation et d’un acte criminel qu’ils n’ont jamais cherchées.

Richard Martineau en a fait le sujet de son article d’hier dans le Journal de Montréal, et c’est ce que je veux partager avec vous.

Maudites victimes fatigantes!

En lisant l’histoire de Katy Bolduc, publiée hier sous la plume d’Élisa Cloutier, une question nous vient en tête.

Qu’est-ce que ça prend pour être considéré comme une victime par l’IVAC?

ALLEZ, VA TRAVAILLER

Nous sommes en octobre 2015. La fille dort. Elle est attaquée à la machette par un gars en pleine crise de psychose. Elle est défigurée. Blessée à l’épaule. Traumatisme crânien. Fractures au coude et au nez. Insomnie. Stress post-traumatique. Crises de panique. Incapable de travailler.

Et l’IVAC lui a donné… 10 semaines d’indemnisation. Après, débrouille-toi. Relève-toi les manches et retourne travailler. Allez, hop, un peu d’effort! Arrête de brailler, pends-toi en main, aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie, plus qu’hier moins que demain, tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, après la pluie vient le beau temps, etc.

Heu… C’est parce que la fille n’est pas tombée en bas d’une échelle. Elle ne s’est pas fait voler son sac à main. Elle a été attaquée à la machette! En pleine nuit! Pendant qu’elle dormait! You-hou, l’IVAC? Vous pensez qu’après deux mois, cette femme pouvait continuer sa vie comme s’il ne s’était rien passé? Vous vivez sur quelle planète, au juste?

LE MONDE À L’ENVERS

Samedi, c’est ma collègue Claudia Berthiaume qui nous racontait l’histoire de Dave Courage, ce technicien de scène qui a été grièvement blessé par Richard Henry Bain lors de l’attentat au Métropolis, le 4 septembre 2012. Souffrant de douleur chronique, Courage a de la difficulté à s’asseoir, à se tenir droit, à dormir. Il n’a pas travaillé depuis cinq ans. Malgré ça, il a dû se battre bec et ongles pour être indemnisé!

« Le criminel violent est en prison à vie et on lui paie tout. Moi, la victime, il faut que je me batte et que je poursuive le gouvernement pour avoir des miettes », a-t-il dit. Drôle de société qui s’intéresse plus au sort des agresseurs qu’à celui des agressés…

On a l’impression qu’on blâme la victime. « Cet individu avait juste à ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, c’est tout. » Alors que l’agresseur, lui, fait pitié. « C’est une victime de la société, il a pris trop de drogues ou de médicaments, sa mère ne l’a pas allaité, il a grandi dans un shack, son père le battait, il était sous l’influence de certains animateurs de radio, etc. »

Le monde à l’envers. Tu te sens quasiment honteux de t’être fait agresser… « Excusez de m’être fait tirer dessus, je vous le jure, je ne recommencerai plus! »

TOUS VICTIMES!

Bizarre, quand même… C’est comme si tout le monde, aujourd’hui, était une victime sauf… les victimes! On leur a volé leur statut. Le journaliste guadeloupéen Michel Reinette disait : « Quand on est une victime, on a toujours l’impression d’être coupable. »

Le contraire s’applique malheureusement de plus en plus quand on est coupable, la société s’empresse de nous faire passer pour une victime. Qui sait? Une société qui ne cesse de se victimiser ne veut peut-être pas voir les vraies victimes, car ça lui rappelle à quel point elle se plaint pour rien…

Au pays des cochons

Repoussant

Comment, des gens civilisés, peuvent se comporter dans un lieu public et spécialement dans une toilette. Alors qu’on faisait une pause-repas dans la section restauration du Mail Champlain hier à Brossard, Louise et moi, nous sommes passés par les toilettes, histoire de se laver les mains. Ce secteur est très propre et les salles de toilettes le sont tout autant… sauf celle des hommes, que j’ai visité. Les photos saisissantes et déguelasses qui accompagnent cet article sont là pour le prouver. Un vecteur de bactéries.

Répugnant

Le papier de toilette jonchait le plancher de céramique de même que le papier essuie-mains des lavabos, entre autres. Pourquoi des cochons se permettent de souiller complètement ces lieux publics où on devrait se rafraîchir. Les préposés au nettoyage ont beau y faire des tournées régulières, il y a toujours des salauds qui en profitent. Ils prennent plaisir à laisser leurs marques; chasse d’eau non tirée, objets déposés dans les urinoirs sans oublier les tonnes d’eau qu’ils répandent sur les comptoirs et les poubelles qu’ils remplissent du papier qu’ils déroulent sans réserve. C’est une manie ou quoi? Font-ils la même chose chez eux? J’en doute.

Est-ce qu’on en est rendu à mettre de la surveillance physique dans les toilettes? Pourquoi pas! Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. C’est comme ça dans beaucoup de salles de toilettes partout en Amérique. Les gens ne prennent plus la peine de déposer soigneusement leurs papiers souillés dans les poubelles prévues à cet effet. Quand vous utilisez une toilette publique vous devriez être dans l’endroit le plus propre, presque aseptisé, et faire en sorte de la laisser dans cet état lorsque vous quittez, c’est la base de la bienséance qu’on nous enseignait jadis à l’école. Je crois que ce mot ne fait plus autre chose que de fondre dans les dictionnaires et on ne l’enseigne plus. C’est malheureux.

Pour votre convenance, je vous donne la définition que le petit Robert mobile donne à la bienséance : conduite sociale en accord avec les usages, respect de certaines formes (savoir-vivre, respect et convenance). Les plus vieux se rappelleront sûrement de cet enseignement élémentaire. On nous préparait à bien se tenir dans le monde des humains. Ne croyez-vous pas que ça devrait s’enseigner encore? On vivrait moins de désagrément au pays des cochons.

Faire du surplace et n’avancer à rien

De nos jours, dès que vous avez une idée, elle est décortiquée par tous les groupes de pressions inimaginables. Elle plaira à certains, sera détestée par d’autres et devra faire face à toutes sortes de spéculations toutes autant farfelues les unes que les autres. En fin de compte, vous serez forcé d’abandonner puisque le projet tant souhaité ne respectera pas les pourcentages de personnes qui composent notre société. Il y aura tellement de personnes à satisfaire que ce sera mission impossible. Autre conséquence de la Charte des droits et libertés de PET… vous savez, le père de l’autre, le beau Justin.

Dans sa chronique du 20 juillet dernier, Richard Martineau en a fait son sujet en imaginant une lettre officielle et démoralisante, qu’un romancier se verrait remettre par la Ministre du Vivre-ensemble Manon Massé… en 2025. Vous constaterez dans quel fouillis nous en sommes rendus. Un texte rempli de vérités à peine exagérées qui nous porte à réfléchir à notre avenir. Un bijou de parodie qui va comme suit…

Écrire en 2025

Et si on essayait d’imaginer à quoi pourrait ressembler l’avenir?

Voici le genre de lettre officielle qu’un romancier pourrait recevoir en 2025…

RESPECTER LES POURCENTAGES

Monsieur, comme le prescrit la loi 122-A adoptée il y a trois ans, votre éditeur nous a envoyé votre tout dernier manuscrit pour approbation.

Après avoir analysé de très près votre ouvrage, notre comité formé de citoyens responsables représentant les principaux groupes de la société civile a conclu que certains changements devraient être effectués si vous voulez que votre roman soit publié sur le territoire québécois.

Premièrement, votre roman ne respecte pas les critères de représentation de la diversité. On ne compte pas suffisamment d’obèses, de représentants des Premières Nations, de handicapés et de personnes capillairement différentes (des roux et des chauves, par exemple). De plus, il n’y a aucun transgenre.

Vous trouverez ci-joint notre trousse d’information à l’intention des artistes du Québec sur les enjeux de la diversité sexuelle, corporelle, religieuse et ethnoculturelle.

Cette étude (rédigée par notre département de la statistique) indique le pourcentage exact de chaque groupe au sein de la société québécoise. Pour obtenir l’autorisation de publication, votre roman doit respecter scrupuleusement ces pourcentages.

SANTÉ ET ÉDUCATION

À la page 10, 24, 53 et 82 de votre ouvrage, on trouve des références explicites aux produits du tabac, ce qui (selon le règlement B23) constitue une infraction passible d’une amende de 2500$. Nous vous demandons de réécrire ces passages.

De plus, aucun de vos personnages ne fait une activité physique quelconque, que ce soit de la course à pied (pourtant obligatoire sur le territoire québécois depuis l’an dernier, à la suite d’une entente conclue avec l’Association des assureurs) ou du canot.

En général, nous trouvons que votre roman utilise un langage trop châtié. Comme vous le savez, 65% des Québécois sont des analphabètes fonctionnels. Ces pauvres gens risquent d’éprouver du mal à comprendre certains mots.

Veuillez remplacer ces expressions pointues et dépassées par des mots plus familiers (voir le document rédigé par l’honorable Mike Ward, ministre de l’Éducation).

SEXE ET RACE

À la page 67, vous incluez une scène sexuelle implicite que notre comité féministe juge violente et offensante. Le couple, composé d’un Américain et d’une Latino, fait l’amour brutalement sur le comptoir de la cuisine.

Il n’y a aucun préliminaire, aucun mot de tendresse, aucun consentement écrit de la part de la jeune femme. De plus, l’homme pénètre la femme, ce qui est un symbole à peine voilé de l’interventionnisme américain en Amérique du Sud.

Ce genre d’images est TOTALEMENT INACCEPTABLE. Soyez avisé : si on retrouve un passage similaire dans l’un de vos futurs manuscrits, on vous retirera indéfiniment votre Permis d’artiste.

Finalement, une suggestion. À la page 122, votre personnage principal rencontre Maurice Richard. Nous savons que Maurice Richard était blanc. Mais pourquoi vous n’en faites pas un Noir? Il me semble que cela enverrait un message d’inclusion aux membres des minorités.

Un peu d’imagination n’a jamais nui, non? N’est-ce pas le rôle de tout artiste d’imaginer une société idéale? À bas la dictature de la réalité! Vive l’imagination!

Vous avez une semaine pour effectuer ces changements.

Votre toute dévouée, l’honorable Manon Massé, ministre du Vivre-ensemble.