Un pan de notre histoire : Des navires de grand luxe pour se rendre de Montréal… jusqu’au Saguenay

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À Saint-Ignace-de-Loyola, on n’a rien oublié de la grande époque des « bateaux blancs », ces quatre paquebots de luxe qui transportaient des touristes fortunés de Montréal jusqu’à Saguenay.

« C’était une époque importante pour les gens d’ici et les souvenirs étaient en train de disparaître quand j’ai recueilli les témoignages des anciens matelots », explique en entrevue Louis-Vincent Barthe, un marin de Saint-Ignace-de-Loyola qui vient de faire paraître L’épopée des bateaux blancs aux éditions GID.

C’est à l’occasion d’une exposition de photos tenue en 2013 dans cette ville côtière de Lanaudière, près de Sorel, que le diplômé de l’Institut maritime du Québec a eu l’idée d’écrire un livre sur cette épopée.

Le Tadoussac

« On aurait dit qu’ils n’avaient rien oublié », commente le passionné d’histoire au sujet d’une trentaine d’anciens employés des bateaux Richelieu, Québec, Tadoussac et St-Lawrence. À l’exception du Richelieu, les trois autres navires ont été construits dans les chantiers navals d’ici.

Ces palais flottants étaient des copies minimalistes des paquebots luxueux qui faisaient la joie des voyageurs fortunés d’Europe. Dans le nord des États-Unis, où l’air des villes devenait irrespirable l’été, on cherchait le moyen de s’évader et les paysages de l’estuaire du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay avaient la cote.

SUCCÈS IMMÉDIAT

La silhouette immaculée des navires surmontée des cheminées rouges qui se découpaient à l’horizon et le luxe qui s’en dégageait attirait l’attention dans les villages portuaires. On se pressait sur le quai pour voir défiler les riches bourgeois américains et canadiens-anglais.

La nuit, les paquebots étaient illuminés, ce qui a contribué au caractère romantique des croisières. D’innombrables voyages de noces ont d’ailleurs été célébrés dans ces bateaux qui pouvaient accueillir 550 passagers.

Lancée en 1928 par la Canada Steamship Line, qui venait d’acquérir des entreprises maritimes locales, la vogue des bateaux blancs a connu un succès immédiat.

Le moteur à vapeur et le dragage du chenal du Saint-Laurent permettaient à ces gros porteurs de rallier la métropole canadienne à la ville de Chicoutimi.

« En trois jours, les bateaux faisaient le trajet aller-retour et les voyageurs pouvaient rester à Tadoussac ou à Pointe-au-Pic quelques jours et reprendre le bateau suivant. Il y avait trois départs par semaine », relate M. Barthe dont le grand-père et certains des oncles ont travaillé sur ces bateaux.

HISTOIRE POPULAIRE

Pas moins de 1600 photographies d’époque ont été rassemblées par le marin historien pour son expo et un bon nombre se retrouvent dans l’ouvrage. Mais le travail le plus précieux demeure les entretiens enregistrés au magnétophone.

« Les hommes que j’ai rencontrés étaient officiers, mécaniciens, graisseurs. Il y avait aussi de nombreuses femmes de chambre, mais je n’ai malheureusement pas pu en retracer pour mon projet », relate l’homme de 44 ans qui navigue à titre de premier officier entre les Grands Lacs et le Saint-Laurent pour la compagnie Algoma Central Corporation.

DU BATEAU À L’USINE

Quand la Canada Steamship Line met fin au programme des bateaux blancs en 1965, la plupart des travailleurs de pont et de cale doivent se trouver un emploi à terre et un bon nombre se retrouvent à l’usine.

« On sent qu’ils se sont beaucoup ennuyés des bateaux blancs où ils vivaient une certaine liberté et avaient entretenu des relations amicales entre travailleurs. C’était comme une grande famille », conclut M. Barthe.

Source : Marthieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, 15 juillet 2023, cahier Weekend, p71


203e jour de l’année

Dimanche, 23 juillet 2023

On célèbre aujourd’hui…

LA FÊTE NATIONALE DE L’ÉGYPTE


Pensée et citation du jour

L’homme meurt une première fois à l’âge où il perd l’enthousiasme.

Honoré De Balzac


Ça s’est passé un 23 juillet…

(1939) La course au mariage. Célébration de 105 mariages au stade De Lorimier, de Montréal. Durant la deuxième guerre mondiale, les hommes mariés étaient recrutés en dernier. Mgr Georges Gauthier préside au mariage des couples formés de membres de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

(1967) Une des pires émeutes de l’histoire américaine éclate dans l’un des quartiers à prédominance noire de Détroit. Elle prendra fin quatre jours plus tard avec l’intervention de 7 000 membres de la Garde nationale et de l’armée, laissant un bilan de 43 morts, 342 blessés et plus de 1 400 immeubles incendiés.

(1997) L’historique « Vive le Québec libre » lancé par le général de Gaulle continue de semer la controverse trente ans plus tard, alors qu’est inaugurée le monument de l’ancien président français à Québec. Plusieurs centaines de manifestants fédéralistes disputent une joute oratoire bruyante face à autant de militants souverainistes.


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2 commentaires sur “Un pan de notre histoire : Des navires de grand luxe pour se rendre de Montréal… jusqu’au Saguenay

  1. Salut mon ami, Simplement te dire que nous partons le 4 août prochain en croisière avec le Caraibe de Princess. De Québec vers le Lac St-Jean, les Maritimes, Boston et New York…

    Je t’en donnerai des nouvelles !

    Bon dimanche,

    Claude

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  2. Il y a 75 ans, j’ai fait partie de ce pan d’ histoire, avec ma parentée: Père, mère, Tantes, Grand-mère; j’avais 3 ans, ma soeur Suzanne 4 ans et nous étions sur le SS Québec, pour la croisière du Saguenay. C’était le 13 Juillet 1947. Merci! Quel beau souvenir!

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