Observations d’un chauffeur d’autobus

La Une

Je dirais que conduire un autobus, est une belle expérience et me permet d’observer les usagers de la route, avec leurs défauts, leur témérité et leur délinquance en regard du Code de sécurité routière. Une mention spéciale aussi pour les cyclistes et les piétons qui jouent avec leur vie sans conscience. Ce sont des évidences !

L’autobus, étant un véhicule lourd et encombrant, il est important d’être aux aguets et, comme pour une moto, oblige à redoubler de prudence. Il faut d’ailleurs se qualifier pour obtenir la classe requise sur le permis de conduire pour le conduire.

Autre point, étant dans l’obligation de respecter scrupuleusement les limites de vitesse, on a le temps d’observer les mauvais comportements des autres usagers de la route. Si une majorité de conducteurs s’en tire exemplairement, d’autres jouent carrément avec leur vie et celle des autres.

LES AUTOMOBILISTES

L’obligation de donner la priorité de reprendre sa trajectoire après avoir quitté un arrêt d’autobus, est malheureusement ignoré par beaucoup, même si le pictogramme est bien en évidence à l’arrière de l’autobus. On se fait couper par l’avant pour gagner quelques pieds.

Normalement, un autobus circule la majeure partie de son trajet dans la voie de droite, sauf s’il doit se diriger vers un terminus situé à gauche d’un boulevard urbain. On doit alors le laisser prendre sa voie pour s’y rendre.

Sans méchanceté aucune, je dois vous avouer que les conducteurs de voitures de luxe sont souvent ceux qui transgressent allègrement les articles du Code; vitesse excessive, dépassements risqués, changement de voie sans signaler, gestes d’impatience, manque de courtoisie et arrêts à la sauvette.

Le poste de pilotage des autobus étant plus haut que les automobiles, on peut voir les nombreux tricheurs se servir de leur cellulaire entre les deux jambes, et ce même en roulant. Une plaie !

LES CYCLISTES

Il n’y a rien de plus risqué que de circuler à vélo sans se soucier d’être vu et repéré par les conducteurs de véhicules, principalement à cause des angles morts. Si on tient pour acquis que les cyclistes circulent aussi l’hiver, le risque d’une perte de contrôle durant cette saison est accru.

Je vois des cyclistes circuler du mauvais côté, sans respecter les panneaux d’arrêt obligatoire et les feux de circulation, ou en dehors des pistes cyclables. Il y a aussi les chevronné et téméraires qui s’entraînent pour la compétition et qui circulent à haute vitesse dans les pistes cyclables. Ôtez vous de d’là, c’est moé qui passe, comme dans la chanson.

Les villes installent des poteaux de caoutchouc sur les rues pour baliser les pistes cyclables et croyez-moi, à quelques reprises, des jeunes cyclistes ont subitement quitté cette piste pour traverser la rue sans prévenir. Un peu comme un chevreuil qui sortirait d’un bois pour se jeter devant vous. Épeurant !

Et les trottinettes alors… Pour les électriques, il faut porter un casque. Je m’excuse, mais je n’en voit pas beaucoup et je me demande toujours pourquoi il en est ainsi. Un coup sur la tête est si vite arrivé et les conséquences peuvent vous laisser invalides pour le reste de vos jours. C’est la loi, mais la répression n’est pas là !

LA NUIT

Le pire moment d’une journée c’est la nuit. Je n’en revient tout simplement pas de voir cyclistes et piétons, habillés en foncé, se promener sans lumière ou lampe de poche pour signaler leur présence. La pire ville de la Rive-Sud où les trajets d’autobus sont vulnérables à ce chapitre, c’est Candiac. Son slogan est « Ma ville sous les arbres » et croyez-moi, c’est la vérité. Des arbres tellement matures que dans certains quartiers, on entre comme dans un tunnel.

Il y a tellement d’arbres matures que, la nuit venue, ça prend des yeux tout le tour de la tête, pour prendre une expression populaire, pour les manœuvres de virages et pour éviter d’écraser des personnes. Impossible de bien les voir et certaines rues sont hasardeuses. Invisibles, c’est souvent à la dernière seconde qu’on les découvre. Imaginez le scénario un soir d’automne.

Pourquoi, de façon unanimes, ne pensent-ils pas à utiliser une lampe de poche ou toute source de lumière pour être bien vues. Tous les campeurs vous le diront parce que dans les camping, c’est une obligation… si on tient à la vie, évidemment.

Autre insouciance de quelques passagers lorsqu’ils descendent de l’autobus et qu’il traversent droit devant pour se rendre de l’autre côté. Imaginez si un véhicule décide de nous doubler. Et si, en plus, ces jeunes pour la plupart, portent des écouteurs avec le volume dans le tapis, alors là, c’est carrément dangereux.

Dernière observation; j’accueille les passagers avec un sourire et un bonjour ou bonsoir, de même lorsqu’ils quittent… quelquefois sans réponse en retour. Ils sont « plogués » comme le dit l’expression populaire. Heureusement que d’autres apprécient leur balade et me le disent.

Bref, c’est un survol du métier de chauffeur d’autobus au quotidien, que je voulais partager avec vous. Je suis toujours satisfait de l’expérience et ne regrette pas mon implication de faire ma part pour combler la pénurie de main d’œuvre. Quand on adore ce qu’on fait, c’est plus agréable et conduire ces gros véhicules, c’est un plaisir toujours renouvelé.


290e jour de l’année

On célèbre aujourd’hui…

LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉRADICATION DE LA PAUVRETÉ

LA JOURNÉE MONDIALE DU DON D’ORGANES ET DE LA GREFFE

LA CANONISATION DU FRÈRE ANDRÉ (2010)


En mémoire de…

JEAN-PIERRE HOULE 1947-2016 – Confrère de travail


Pensée et citation

Rien dans la vie n’est à craindre. Ce n’est qu’à être compris.

Marie Curie


Ça s’est passé un 17 octobre…

(1933) Le physicien allemand est contraint de quitter l’Allemagne nazie suite à la mise à sac de sa maison en début d’année. De confession juive, il s’est engagé dans la bataille contre la droite nationaliste dès l’année 1914 lorsqu’il refusa de signer le « traité des 93 ». En adhérant à cette charte, les intellectuels voulaient défendre les valeurs de la civilisation allemande. Avec l’avènement d’Hitler, Einstein décide de fuir vers les Etats-Unis et accepte le poste que lui offre l’Institut « for Advanced Study » de Princeton dans le New Jersey. Il prendra la nationalité américaine en 1940.

(1970) Dans le cadre de la crise d’octobre, le ministre du Travail Pierre Laporte est assassiné par des membres du FLQ. Suite à des appels anonymes reçus par la station CKAC, son cadavre sera retrouvé dans le coffre arrière d’une voiture abandonnée à Saint-Hubert.

(2010) Le frère André peut désormais être appelé saint André. Le pape Benoît XVI a procédé dimanche à la canonisation de l’humble religieux québécois, dont les dons de guérisseur avaient fait courir les foules au siècle dernier. Il s’agit du premier homme québécois, né en terre d’Amérique, à être déclaré saint. Marguerite d’Youville, fondatrice des Sœurs grises, avait ouvert la voie en 1990. La cérémonie religieuse s’est déroulée sur la place Saint-Pierre par une fraîche matinée de l’automne italien.


Un commentaire sur “Observations d’un chauffeur d’autobus

  1. Salut Normand,J’ai beaucoup aimé tes articles et tes exemples fort éloquents et absolument véridiques…

    Je viens de relever un nouveau défi car j’ai travaillé à Vaudreuil-Dorion, Pincourt et Île Perrot… Très enrichissant et beau coins de pays à connaître. J’ai passé sept semaines et hâte de prendre un café pour les détails et l’observation personnelle. L’achat des autobus Bissonnette fût un autre pas dans l’évolution de Transdev mais non sans labeurs et embûches !

    À bientôt, bonne journée,

    Ton ami Claude

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