Le français facultatif chez Postes Canada au Québec ?

Langues

C’est le cas si l’on se fie à des offres d’emploi récentes de la société d’État fédérale.

Pas besoin de parles français pour être facteur à Beloeil et à Saint-Rémi, au Québec, en 2024, même si c’est la langue maternelle de 90 % des habitants là-bas, si l’on se fie à des offres d’emploi récentes de Postes Canada.

« On rend le choix du français facultatif sur le territoire du Québec. C’est l’expression d’une arrogance impardonnable. On voit les intentions anglicisantes du fédéral. On veut rapetisser le Québec », s’indigne Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français.

« C’est la vision du Canada depuis le rapport Durham, d’effacer le français, mais c’est de façon plus cachée et plus vicieuse. La langue de travail et de service au Québec, c’est le français », peste-t-il.

Alors que Postes Canada a essuyé des pertes de 748 millions $ avant impôt en 2023, l’organisation est en mode embauche dans plusieurs régions, mais la connaissance de la langue officielle du Québec n’est souvent pas une exigence.

« C’EST BOURRÉ D’UNILINGUES »

Ces derniers jours, des employés, ayant requis l’anonymat de crainte de représailles de leur employeur, se sont vidé le cœur au Journal.

« C’est bourré d’unilingues anglais. Tu n’as pas besoin de parler français. Toutes les communications sont disponibles en anglais », a soutenu un travailleur d’un centre de tri.

Tant sur la route comme dans ces centres, la langue de Molière n’est plus obligatoire et les facteurs ne sont même plus tenus de parler français, selon eux.

« Ce n’est plus obligatoire et ce n’est plus une priorité, mentionne un postier. Lorsque j’ai travaillé dans un autre département, ça parlait plus anglais que français. Je ne me sentais pas trop au Québec », est allé jusqu’à dénoncer un autre.

PLUS DE 250 PLAINTES EN 5 ANS

Il n’est pas surpris des critères d’embauche pour les offres de Saint-Rémi et de Beloeil.

Cette réalité est bien connue du Commissariat aux langues officielles.

L’organisme fédéral a reçu pas moins de 258 plaintes visant Postes Canada, en l’espace d’à peine cinq ans.

POSTES CANADA SE DÉFEND

Interrogée par Le Journal, Postes Canada s’est défendue en disant tenir « fermement à respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles et à servir sa clientèle dans la langue officielle de son choix » à l’aide de « mesures ».

« Nous avons mis en œuvre toutes les mesures nécessaires pour permettre au public d’accéder à nos services en français et en anglais auprès de notre équipe du service à la clientèle et dans nos bureaux de poste désignés bilingues, comme l’exige la loi », a indiqué sa porte-parole Valérie Chartrand.

« Les tâches de base de notre personnel de livraison consistent à trier les lettres et les colis, puis à les livrer dans les boîtes aux lettres, et non aux personnes, ce qui explique pourquoi ces postes ne sont pas désignés bilingues », a-t-elle conclu.

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NDLR. : Est-ce la même chose pour les offres d’emploi similaires en Ontario, en Alberta et même en Colombie Britannique ? Je serais curieux de savoir.

Source : Mathier Boulay et Francis Halin, Journal de Montréal


Un commentaire sur “Le français facultatif chez Postes Canada au Québec ?

  1. Je suis réellement tanné d’entendre des histoires de la sorte et lorsque j’en fait mention, j’ai l’air d’un chialeux, que je suis un séparatiste et que le Canada est le meilleur pays au monde. Des francophones (assimilés) me disent ça. On est mort je crois avec les jeunes, c’est encore pire. Ils penses déjà en assimilé. Pas de fierté et des nombrisltes.

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