Bienvenue dans mon univers ! Vous êtes ici chez vous.
Société
L’histoire qui suit mérite d’être soulignée. Devant l’exode des futurs nouveaux médecins vers le privé, ce médecin remet à la société qui a payé une large part de ses études, en décidant de pratiquer au public. Un exemple à suivre.
Un article de Héloïse Archambault dans le Journal de Montréal du 17 février.
***
Le jeune Montréalais déplore la place grandissante du privé et le discours de « privilégiés » des docteurs.
Un futur omnipraticien de 26 ans est heureux que le gouvernement veuille l’obliger à travailler dans le réseau public, lui qui se sent redevable envers la société qui a payé sa formation de plus de 400 000 $.

« Ne venez pas me faire brailler qu’on ne peut pas travailler au privé pour nos cinq premières années. Personne ne va s’apitoyer sur notre sort, et avec raison, témoigne le Dr Edmond Sauvé, un résident en médecine familiale qui complétera sa formation d’ici l’été. C’est la moindre des choses de redonner à l’État. Je ne trouve pas que c’est un effort herculéen de travailler au public. Au contraire. »
Dès l’automne prochain, le jeune homme s’expatriera à Sept-Îles, sur la Côte-Nord, pour travailler comme médecin de famille. Montréalais depuis toujours, celui qui « fait du vélo l’hiver » voulait absolument aller là-bas.
« C’est très cohérent dans ma vision de la médecine familiale d’aller dans un milieu où il y a un cruel manque d’effectifs, dit cet amoureux du plein air. Nous avons le plus beau métier du monde. On est extrêmement privilégiés et je suis reconnaissant envers le système d’éducation qui m’a formé. »
MENTALITÉ DE « PRIVILÉGIÉS »
En décembre dernier, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé vouloir obliger les jeunes médecins à travailler au moins cinq ans dans le réseau public. Cette mesure vise à freiner la hausse marquée de docteurs qui virent au privé chaque année. La formation d’un médecin coûte entre 400 000 $ et 800 000 $ à l’État.
Depuis, tous les syndicats de médecins ont dénoncé l’idée, la qualifiant de discriminatoire, inutile ou nuisible.
Bien qu’il croit qu’il faut s’attaquer aux causes qui poussent des médecins à choisir le privé, le Dr Sauvé n’adhère pas à cette mentalité de « privilégiés ».
« Les sorties enflammées, c’est du battage pour rien. Ils ont peur de perdre du terrain. Mais, les médecins sont tellement haut dans l’échelle sociale que la moindre perte de terrain est un big deal », dit le Dr Sauvé, qui donne son opinion.
« Les médecins ont été formés à grands frais par notre société et après, ils peuvent se donner la latitude d’aller au privé pour avoir de meilleurs salaires et de meilleurs horaires. Je trouve que c’est un pied de nez à nos contribuables. »
BEAUCOUP Y SONGENT
Autour de lui, le Dr Sauvé constate que beaucoup de résidents sont contre l’imposition des cinq ans au public.
Plusieurs considèrent aller dans le privé s’ils n’obtiennent pas le poste convoité au public.
« Quand tu adhères à une job, il y a des affaires qui te déplaisent. Mais, c’est un moindre mal pour répondre aux besoins de la société, pense-t-il. Il est très possible d’avoir une très belle qualité de vie avec un excellent salaire et un horaire potable en médecine familiale partout au Québec. »
Se considérant comme un « mouton noir », le Montréalais a hâte de faire le grand saut.
« C’est l’appel du grand air ! souffle celui qui travaillera entre autres à l’hôpital de Sept-Îles. J’aurai l’embarras du choix pour le reste, il manque beaucoup de médecins ! »