Nashville, c’est la démesure musicale

Et ce n’est pas peu dire. Il fallait circuler sur la rue Broadway, en plein centre-ville, en après-midi, pour être témoin d’un capharnaüm indescriptible, alors que dans la vitrine de chaque bar et resto-bar, un orchestre donnait son spectacle.

C’était la fête en ville en ce vendredi soir, témoin de notre dernière journée passée dans cette formidable ville.

Tellement formidable que j’y retournerai un jour. En fait, une bonne semaine pour prendre le temps de respirer avec elle, de voir en détail tout ce qu’elle a à offrir. On n’a pas eu le temps de visiter tous les musées et expositions dédiés à la musique. Mais ce qu’on a fait, on l’a fait intensément.

COUNTRY MUSIC HALL OF FAME & MUSEUM

Sans hésiter, notre premier arrêt fut la visite du musée du temple de la renommée de la musique country, ou, officiellement, le Country Music Hall of Fame & Museum. Un incontournable pour bien s’imprégner de cette culture. De découvrir ses artisans et vedettes qui ont atteint ou atteindront l’immortalité.

Qu’on parle de Johnny Cash, de Chet Atkins, Patsy Cline et Willie Nelson, entre autres, leur carrière y est magistralement déployée. J’ai été agréablement surpris d’apprendre que Kris Kristofferson, que j’ai connu comme acteur au cinéma, était un chanteur et compositeur. C’est lui qui a composé les paroles de Help Me Make It Trough The Night, Me And Bobby McGee ainsi que For The Good Times. Dans ce musée, on peut y voir la copie originale manuscrite de Help Me Make It Trough The Night et dont Claude Valade avait popularisé la version française au Québec; Aide-Moi À Passer La Nuit.

Évidemment, la culture country étant récente au Québec, beaucoup des artistes intronisés me sont inconnus mais malgré tout, les découvrir élargissait mes connaissances de cette musique, où le décorum et les beaux habits flamboyants vont de pair. Lorsqu’on atteint la reconnaissance de cette industrie et qu’on obtient ce statut sélect, chacun et chacune reçoit sa plaque commémorative relatant les faits saillants et étapes remarquables de sa carrière, avec dates de naissance, d’intronisation et de décès, ce qui incite au recueillement.

STUDIO B – RCA VICTOR

Associé à cette visite, nous avions décidé de visiter le studio B de RCA Victor, à quelques milles de là. L’un n’allait pas sans l’autre et notre guide, avec beaucoup d’aplomb, nous révélait les secrets de ces artistes. Les plus grands y sont passés dans ce studio établi depuis 1950 et qui est toujours fonctionnel presque 70 ans plus tard. Les murs de la salle d’enregistrements sont toujours les mêmes et aussi performants qu’à l’époque. Là encore, les grands noms de la musique ont enregistré leurs plus grands succès.

Le narrateur nous a raconté que le piano à queue Steinway, qui trône dans cette salle, date du début du studio et qu’Elvis y a joué ses succès. Il nous a relaté le moment ou il a enregistré Are You Lonesome Tonight, dans la noirceur totale à 4 heures du matin une certaine nuit. Il n’en a fait qu’une seule prise… mais quelle prise !

Quand on connaît la suite, c’était dans le mille. On a même eu droit d’entendre cette version. Frissons assurés quand on imagine la scène.

Elvis, jusqu’à sa mort, y a enregistré 230 chansons, dont Little Sister et It’s Now Or Never. Plus près de nous, en 2018, notre chanteuse québécoise Brigitte Boisjoli y enregistra des succès des chanteuses country américaine Tammy Wynette, Patti Page, Connie Francis, Loretta Lynn et Brenda Lee, pour son nouvel album et son retour au country.

J’ai adoré cette visite. Beaucoup de contenu, mais combien intéressant et enrichissant.

LA RUE BROADWAY

Cette rue, c’est l’effervescence de Nashville. Des bars avec orchestres à tous les cent pieds, bondés dès 16h00, et ça grouille de monde. À certains endroits, des chanteurs solistes s’accompagnent avec des trames musicales préparées. Le bruit est tellement intense que nos oreilles bourdonnent.

Mis à part certains festivals, je n’ai jamais vu autant d’artistes performer en même temps. La bière coule à flot et les jeunes et moins jeunes font la fête. D’autres se regroupent sur des voiturettes à pédales et sillonnent les rues du quadrilatère en festoyant bruyamment. Tout le monde est de bonne humeur.

Des anciens autobus scolaires, dont on a découpé la partie centrale du toit, servent aussi de terrasses à des groupes de fêtards. Vous n’avez qu’à leur montrer votre caméra pour qu’ils gesticulent fortement, levant victorieusement leur consommation avec leurs plus beaux sourires. L’ambiance est là, sans conteste. Juste à côté, c’est le Bridgestone Arena, domicile des Prédators de Nashville dans la LNH, et de l’ami P.K. Subban, bien connu à Montréal. Ils sont présentement en séries éliminatoires et j’ose à peine imaginer l’ambiance festive qui y régnera, ce soir, alors qu’ils reçoivent les Stars de Dallas dans leur deuxième match des séries éliminatoires. À voir le nombre de toilettes portatives dans le parc adjacent, Ce doit être une vraie fiesta.

Autre fait intéressant, en plus des trottinettes qu’on peut louer une dizaine de minutes à l’aide d’une application sur téléphone intelligent et qui circulent beaucoup au centre-ville, le transport par autobus électrique est gratuit. Une belle initiative pour les fêtards éméchés. Et Dieu sait qu’il doit y en avoir.

En début de soirée, nous sommes retournés chez Lise et Serge, avec Janine et Réjean pour le dernier café avant de mettre le cap sur le Québec. Dès 9h00 ce matin, le signal du départ était donné. Fini les culottes courtes, les pantalons et vêtement plus chauds sont de mise pour mieux affronter la réalité moins clémente au Nord. Mais la dernière semaine aura été superbe, Dame nature y ayant contribué avec des températures clémentes et inespérées. Grand bien nous fasse.

La transition vers la ville du country

On a mis un peu moins de cinq heures hier, pour se rendre à Nashville, capitale du Tennessee et aussi la ville de P.K. Subban, défenseur des Prédateurs de l’endroit. Sans vouloir narguer nos Québécois restés au pays ou rentrés trop tôt du pays des gougounes, je dois vous avouer qu’en fin de matinée, le mercure est monté à 30°C sous un soleil radieux. Mieux encore, il faisait toujours 27°C à 20h30. Jamais je n’aurais pensé une seule minute que Dame nature pouvait être aussi généreuse en cette période de l’année, au Tennessee.

Le premier coup d’œil en se rendant à notre hôtel, c’était le nombre d’édifices en hauteur et la densité de la circulation, un fort contraste avec Memphis. Pourtant, en y regardant de plus près, Memphis et ses 652 236 citoyens, au dernier recensement de 2017, n’est qu’à 40 000 citoyens de moins que Nashville qui en déclare 691 243 au même recensement. On a vivement l’impression d’une plus grande différence entre les deux villes au niveau de leur population respective.

Nous sommes allés à la rencontre de nos quatre compagnons de voyage au camping qu’ils avaient retenu pour leur séjour. Pour bien débuter notre visite de cette ville toute en musique, quoi de mieux qu’un repas suivi d’un spectacle. L’ami Serge, qui nous sert toujours de guide, nous l’avait proposé. Si le repas-buffet était assez ordinaire, il en fut tout autrement du spectacle. Là aussi, la musique règne en roi et maître, et fait dans le country, contrairement à Memphis, carrément Rock’n Roll, Blues et Soul. Les pianos honky-tonk et leur tonalité particulière, contrastent. Chaque genre musical ayant ses spécificités.

Le décorum country est aussi à la mode. La photo de cet article en témoigne, où on voit Serge, habillé comme un artiste country pour l’occasion, et entouré de deux vedettes du spectacle. Il n’y manque que sa guitare basse pour boucler la boucle.

La salle affichait complet et dès les premières notes jouées, les gens étaient conquis. Un spectacle continu de 90 minutes qui a exposé des talents extraordinaires. Quand on maîtrise son instrument de la sorte, les possibilités de performance frisent l’infini. Ils y mettent tellement de cœur et de dextérité que ça semble facile.

Aujourd’hui, on découvre les attractions au centre-ville pour toute la journée, en espérant que la météo sera clémente. On prévoit de la pluie à 90% pour les trois prochaines journées. Mais bon ! On est là, autant en profiter ! Dans ce royaume de Johnny Cash, comme celui de Memphis avec Elvis, cette ville vit et s’exprime en musique. Pour appuyer ces dires, alors qu’on circulait sur l’autoroute, un motard nous a doublé et sa guitare dans son étui, occupait la place du passager. Vous direz que ce n’est pas exceptionnel et vous avez parfaitement raison. Cependant, à la lumière de ce qu’on constate et qu’on vit au Tennessee, la guitare demeure une icône, de qui on produit les plus belles mélodies.

Au revoir Memphis. On ne t’oubliera pas.

Hier, c’était notre dernière journée pour visiter Memphis. Les émotions des retrouvailles avec Elvis passées, on allait concentrer nos énergies au centre-ville de cette belle ville de musique.

La température est clémente avec un beau soleil, des nuits autour de 17°C et des après-midis à 27°C. Cependant, on allait marcher un peu plus, au point ou Louise ne s’est pas fait bercer à l’hôtel. Il parait que l’ami Serge avait également sa journée dans l’corps, comme on dit.

Justement, Sergio nous avait proposé quatre endroits incontournables; l’hôtel The Peabody et ses surprises, le studio d’enregistrement Sun Studio, le Memphis Rock’n Soul Museum et, la rue Beale, renommée pour ses bars et terrasses de blues, de soul et de Rock’n Roll.

L’HÔTEL PEABODY

Construit une première fois en 1869, il fut reconstruit à son emplacement actuel en 1925. Hôtel de luxe, de la catégorie des grands hôtels avec des boiseries riches et ses boutiques haut de gamme, c’est surtout leurs canards qui piquaient notre curiosité. Introduits en 1933, ces cinq canards mallard nord-américains sont les vedettes d’un rituel qui se répète depuis, chaque jour, sur le coup de onze heures.

Ces oiseaux palmipèdes, précédés d’un majordome, descendent du toit de l’hôtel, par l’ascenseur, jusqu’au centre de l’immense hall d’entrée, et franchissent le tapis rouge jusqu’à la fontaine, où ils s’y baignent, sous les applaudissements des curieux, présents pour l’occasion. L’événement attire assurément les grands et aussi les petits, assis de chaque côté du tapis. Pour la suite, on a fait un peu de magasinage à travers les chemises jusqu’à 500 U$ dans la boutique où les grandes vedettes populaires s’habillaient et se vêtissent toujours. On pouvait admirer, un peut partout dans ce magasin, beaucoup de guitares ayant appartenu aux plus grands.

LE SUN STUDIO

Lieu mythique, s’il en est un, ce studio a enregistré Elvis, BB King, Johnny Cash, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis pour ne nommer que ceux-là. Un studio qui a été le témoin des plus grands moments de ces musiciens de renoms. Tout au long de notre de notre visite, on a pu visionner des documents originaux, équipements sonores de l’époque et beaucoup de photos pour compléter les explications des deux narrateurs.

C’est à cet endroit précis qu’Elvis enregistrait son premier succès My Happiness, alors qu’il n’avait que 18 ans.

Le studio a conservé son apparence et ses matériaux originaux de 1950, même qu’on peut voir, identifié par un « X », l’endroit précis où se tenait Elvis, lors de son premier enregistrement. Ah, si les murs pouvaient parler… on en aurait pour des heures à s’enivrer des paroles de ces grands, partis de rien, sauf de l’amour inconditionnel de la musique. Je n’ai pu résister d’acheter un chandail à l’effigie du studio.

MEMPHIS ROCK’N SOUL MUSEUM

C’est l’histoire du blues et du soul, popularisé par des travailleurs de coton, pauvres, et qui, après leur dure journée, grattaient la guitare et faisait parler leurs tripes. Des nouveaux styles musicaux qui allaient changer le monde de la musique à jamais et qui font toujours fureur aujourd’hui.

En se promenant à travers cet univers, on revoyait nos juke-boxes qui étaient tellement populaires dans l’après-guerre. La visite est accompagnée d’un lecteur de musique individuel et d’un manuel en français pour suivre, dans l’intimité, les explications des différents tableaux.

Partout, dans le musée, les titres des chansons étaient identifiés par un numéro. On n’avait qu’à l’écrire sur le petit bidule, et on entendait la musique dans nos écouteurs, comme au temps des juke-boxes. Ça m’a rappelé mes fréquentations avec ma douce, alors que pour 25 cents, on avait droit à trois chansons pendant qu’on dégustait notre club-sandwich à 1,50$, chez Rachel, à Longueuil. Lorsqu’on les réécoute, de merveilleux souvenirs refont surface et on se dit : « c’était le bon temps » !

Une belle visite enrichissante et indélébile pour le reste de nos jours.

LA RUE BEALE

Comparable à la rue Robson à Vancouver, c’est la rue des terrasses, la rue qui grouille, qui s’anime, qui vit, comme on en voit dans toutes les grandes villes. Après toute cette marche, on a repéré une terrasse où deux musiciens s’exécutaient sur un répertoire connu. C’était notre pause. On les regarde et ça semble tellement facile, qu’on se laisse bercer par les mélodies en sirotant notre petite bière. On voudrait s’attarder. À l’heure de notre passage, la rue s’animait beaucoup à cause d’un festival qui prenait l’affiche pour quelques jours.

La musique demeure le meilleur rassemblement peu importe l’âge. On regarde autour et on peut voir les paroles sur toutes les lèvres, parce qu’on les connaît toutes. On les a écoutés tellement de fois. On fait le vide dans ces moments et on apprécie l’instant.

Finalement, sur ces notes, se termine notre visite de Memphis. En reprenant la navette qui nous ramène chez-nous, on peut visionner sur son gros téléviseur placé au-dessus du chauffeur, le spectacle qu’Elvis donnait à Hawaï, quelques années avant sa mort. On est encore impressionné par le personnage, son énergie, sa gestuelle gracieuse et son éternelle beauté qui faisait chavirer tout ce qui était féminin. C’était le plus grand parmi les grands et même ceux qui le découvrent, 42 ans après sa mort, ne peuvent de l’admirer et l’apprécier à sa juste valeur.

On a aimé notre escapade à Memphis et ne ratez pas pareille occasion de la découvrir vous aussi. En revenant de la Floride pour votre retour printanier, ça vaut le détour. Nous, aujourd’hui, on met le cap vers Nashville. Une autre ville de musique qui nous réserve de belles surprises qu’on a hâte de découvrir. Restez à l’écoute pour la suite.

Un monument au Rock’n Roll, dans une destination inoubliable

Graceland c’est grandiose et ça correspond parfaitement à la réputation et la vie d’Elvis Presley. Décédé à 42 ans, il aura mené une vie trépidante et, comme il le dit si bien lui-même; « J’étais un rêveur, et la vie m’a permis de réaliser mes rêves au centuple ».

En parcourant l’immense étendue de Graceland, hier midi, c’est cette phrase qui me revenait constamment en tête, devant l’étalage de tous les biens qu’il possédait; autos, motos, bateaux, un entrepôt complet les exposait. Les salles d’exposition sont au nombre de 15, incluant le majestueux manoir, décoré avec les meubles et accessoires de l’époque. Elvis l’avait acheté en 1957, alors qu’il avait 22 ans, pour s’y établir avec sa famille. Elvis était un gars de famille et il aimait s’entourer de ses amis avec qui il organisait des activités sportives et musicales. Il voulait tout avoir à portée de main, dans son manoir.

Écuries, terrain de raquetball, salle d’entraînement et de billard, lieux de méditations, Elvis, dès qu’une idée germait dans sa tête, s’empressait de la réaliser.

La visite de tout le complexe est guidée et dure quatre heures, sans que la langue ne soit un problème. L’histoire du manoir est racontée à l’aide d’une tablette iPad pour chacun des visiteurs, reliée à des écouteurs et dans la langue de chacun, tout au long que dure la visite. Le boulevard Elvis Presley, séparant les lieux d’expositions, une navette motorisée effectue les déplacements, 24 personnes à la fois.

Elvis adorait les autos, motos et tout ce qui permettait de se mouvoir. Il en possédait plus de 25 véhicules de tous genres, tous exposés dans un immense bâtiment. Chaque véhicule a son histoire. Même la petite Lisa Marie, avait sa voiturette à pédale.

Lorsqu’on visite ce sanctuaire de l’idole qu’était Elvis Presley, c’est difficile de trouver ce qui en ressort, nous frappe ! Il y a trop d’éléments pour en faire un choix précis. C’est l’ensemble de l’œuvre qui impressionne. Décédé en 1977 à l’âge de 42 ans, c’est phénoménal de constater tout le chemin parcouru. À Memphis, après 42 années à pleurer l’idole, ses icônes sont omniprésentes partout. Dans les restaurants, des panneaux grandeur nature à l’effigie du « King » sont bien en vue pour que les gens se prennent en selphie avec la vedette.

Le Heartbreak Hotel jadis juste à côté de Graceland, a été démoli pour faire place au Guest House at Graceland. Un immense hôtel de 430 chambres luxueuses, plus 20 chambres thématiques, décorées et imaginées par Priscilla Presley elle-même. Inspirée de l’hospitalité du Sud qu’Elvis démontrait envers ses invités, chaque caractéristique de ce nouvel hôtel reflète exactement le style personnel et le caractère unique de Graceland. Bénéficier du traitement royal, c’est ce qui plaisait et faisait la fierté du roi du Rock’n Roll.

Au retour du voyage, je mettrai en ligne une bonne partie de l’album-photos que vous pourrez visionner à votre guise. Graceland et Nashville en feront partie.

MarlowesUne fois notre visite terminée, on s’est reposé à l’hôtel, jusqu’à ce que nos accompagnateurs Lise et Serge, Réjean et Jeannine, nous annoncent leur arrivée à Memphis. Nous avons partagé un délicieux repas, hier soir, au Marlowe’s Ribs & Restaurant, qui a la particularité d’envoyer un chauffeur nous chercher, puis nous ramener, au volant d’une limousine rose… comme celle d’Elvis, mais plus récente. Le coût d’une telle initiative ? un pourboire et c’est tout !

En entrant dans le resto, quelle ne fut pas notre surprise de voir des centaines de photos d’Elvis tapisser les murs, une boutique de souvenirs d’Elvis et finalement… devant la volubilité de l’ami Serge, quel était le sujet de conversation ? Je vous le donne en mille; ELVIS !

Aujourd’hui, on fait un tour de ville pour visiter des endroits pittoresques de cette ville de musique, dont le prestigieux Sun Records, studio d’enregistrement
symbolique et mythique, qui a propulsé au sommet les plus grandes vedettes de la chanson. Je vous en reparle.

La naissance du King

En préambule, je vous dirais que la journée d’hier a été moche, côté température. Parti de Géorgie tôt en matinée, c’est sous les nuages et quelques taches bleues d’un ciel hypocrite que nous roulions en direction d’un lieu sacré qui a vu naître le « King » Elvis Presley. Pour s’y rendre, il nous a fallu traverser trois États; La Géorgie, l’Alabama (qui nous a fait reculer nos montres d’une heure, fuseau horaire oblige) et le Mississippi. Ce dernier État a célébré notre arrivée avec une pluie diluvienne, où la visibilité était réduite à 150 pieds maximum, jusqu’à Tupelo, lieu de naissance d’Elvis.

Depuis le temps qu’on attend le moment, nous y étions, hier à 13h00. Et même si la pluie était là, on n’allait pas rater l’occasion. Les photos qui meublent cet article vous donnent une idée de ce qu’était ce patelin en 1935, année de naissance du « King ». Surtout sa petite maison de 15 pieds sur 30 tout au plus, sans électricité ni eau courante. Vous voyez les deux appartements qui la composaient; une chambre et une cuisine. Six, sept enjambées suffisaient à la traverser. La bécosse était à l’extérieur, comme c’était la mode à l’époque.

Vernon Presley, le père d’Elvis, avait construit cette maison avec l’aide de Jessie, son père, et Vester, son frère, en 1934 ainsi que les 180$ nécessaires à sa construction, empruntés à son employeur. La famille Presley était pauvre. Cette maisonnette de deux pièces n’était éclairée que par une ampoule incandescente dans chacun des appartements et c’est là qu’Elvis Aaron Presley a vu le jour le 8 janvier 1935. Elvis était un des deux enfants de Vernon et Gladys. Son jumeau identique, Jessie Garon, était mort-né.

La ville de Tupelo a acheté la maison et refait son environnement en 1957, alors que les Presley étaient à Memphis. Elvis avait demandé un parc pour les jeunes du voisinage et il avait donné un concert bénéfice pour la cause, la même année. La propriété est toujours érigée à son endroit original et a été restaurée, décorée de meubles de l’époque et ouverte au public qui veulent la visiter.

C’est un endroit qui vaut le détour et on met 90 minutes pour le découvrir. Le site comporte un musée, un chemin de vie qui trace ses 42 ans, une statue de l’idole à 13 ans, une petite église de l’époque, déplacée et restaurée, où on y présente ses prestations de prières et des rassemblements dominicaux d’hier. De plus, plusieurs autres attractions retracent la vie de l’artiste. Bien sûr, une boutique cadeau offre toute une panoplie d’objets à des prix raisonnables.

Depuis le temps qu’on se le disait, nous y sommes passés. Et si Tupelo a été le théâtre de la naissance d’un grand artiste, on peut constater l’influence qu’il aura eu pour toute une génération. Plusieurs visitent Tupelo et Graceland sans même l’avoir connu et se rendent compte de la grandeur qu’il avait. Lorsqu’on circule dans ces lieux on peut sentir son esprit et son influence et on ne peut que se rappeler ce qu’il a fait pour la musique.

Aujourd’hui c’est Graceland qu’on visite et croyez-moi, je ne voudrais passer à côté pour rien au monde. Quand on voit ces lieux pour la première fois, beaucoup d’images meubles nos pensées. Elvis, c’était mon adolescence et mes premières années adultes. Avec Louise, au début de nos fréquentations, j’avais même dessiné Elvis pour lui offrir un portrait de son idole. Les disques et succès se répétaient de semaines en semaines. Beaucoup comme les Beatles, Elvis demeure un immortel de la musique populaire.

On s’en reparle parce qu’ici, à Memphis, au Tennessee, les trois prochaines journées seront imprégnées de la Vedette, d’Elvis, de l’Idole, du « King ». Restez à l’écoute.

Pour ceux et celles qui se demandent comment se déroule notre périple, on a roulé 779 kilomètres aujourd’hui (deux de moins qu’hier) sans embûches et entraves à la circulation. En prime, on n’a pas eu à se déplacer très loin pour souper. Voisin de l’hôtel, un excellent restaurant mexicain offre la cuisine du pays à prix dérisoire. J’avais demandé conseil au garçon d’hôtel qui me l’avait conseillé : excellent choix et délicieux.

Un conseil : au départ de Fort Myers, en Floride, deux journées sont amplement suffisantes pour se rendre ici à Memphis, au Tennessee. Rien de stressant. Cependant, l’Interstate 20, au Mississippi, est assez ennuyant. Remarquez que la pluie n’a rien amélioré, mais c’est tranquille… encore pire que les deux Carolines. Ayez avec vous un compagnon ou une compagne qui aime jaser sinon, de la bonne musique d’Elvis (pourquoi pas) fera très bien l’affaire. Si vous pensez à ceux qui se tapent Turcot, Champlain et Hippolyte-Lafontaine au Québec chaque jour, vous apprécierez !

La première étape sous 34°C

Eh oui, vous avez bien lu; 34°C. C’est la température que le thermomètre extérieur de l’auto affichait entre midi et 15 heures hier après-midi. Partis à 9h45 très exactement, la traversée de la Floride s’est déroulée sous le soleil. Au moment de mettre les pieds, ou plutôt les roues, en Géorgie, les nuages étaient omniprésents mais rien de menaçant. On aurait dit des nuages pour nous faire mieux supporter cette chaleur. Heureusement que l’auto est climatisée…

Alors la roulotte est maintenant remisée comme il se doit et selon les règles de l’art. Carl, notre chauffeur qui s’occupe magnifiquement de cette tâche, n’en n’est pas à ses premières expériences. Vous devriez le vois manœuvrer… tout simplement hallucinant. Il devait être un serpent dans une autre vie, tant il contorsionnait les éléments avec dextérité.

Le petit déjeuner derrière la cravate, on prenait la direction Nord sur l’Interstate 75. Après Ocala. On a perdu près d’une heure à rouler autour de 10-15 kilomètres à l’heure. Des travaux majeurs occupent le secteur jusqu’à l’été qui vient. Saviez-vous que cette autoroute de la côte ouest floridienne atteint une longueur de près de 500 milles ? Vous voilà instruits.

Pour le reste, circulation fluide, jusqu’à notre première halte pour la nuit, au Holiday Inn de Byron en Géorgie, à 18h00, et avec 781 kilomètres au compteur. On a cassé la croûte juste à côté chez Pizza Hut. Louise rêvait d’un Olive Garden mais bon… ce sera peut-être pour demain.

À ce sujet, j’en ai une bonne à vous raconter à propos de ce Pizza Hut. Au moment de recevoir la pizza, on déroule la serviette qui renferme nos ustensiles et on constate qu’on dispose de deux fourchettes et un seul couteau. Surpris, je demande à la serveuse un second couteau, qui me dévoile alors, candidement, que c’est la politique du restaurant de ne fournir qu’un seul couteau par table. Je n’en suis pas encore revenu. J’ai regardé le calendrier, au cas où… eh oui, le poisson d’avril était bien terminé depuis 6 jours. On n’a pas fini de s’étonner.

Donc, on repart ce matin vers 7h00, destination Tupelo, au Mississippi, pour voir en personne, la boîte de sardines où est né Elvis. On l’a bien vu en photo mais, était-ce un trucage ? Alors, comme le disait le capitaine Bonhomme du temps de mon enfance; « C’est ce qu’on sera peut-être demain, les amis ! »

La ruée vers le Nord

Notre séjour en Floride se termine aujourd’hui. Notre dernière activité, le Poker Texas Hold-Em de vendredi dernier, a couronné notre championne 2018-19 en la personne de Carole Rhéaume, au classement général de la saison avec une fiche de cinq premières positions et une deuxième place. Elle succède à Jean-Eudes Arsenault qui s’était mérité pareil honneur l’année précédente.

Ici, lentement, le complexe retrouve sa tranquillité. Les sites désertés respirent le calme. On voit un peu partout les traces laissées sur les pelouses par les tapis. Lorsqu’on reviendra, l’automne prochain, rien n’y paraîtra, et on pourra reprendre nos rituels. Comme on dit; « mieux vaut partir, si on veut revenir », n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, au moment où vous lirez ces lignes, nous en serons aux dernières corvées avec la caravane; arrêt des systèmes d’égout, coupure d’alimentation en électricité et en eau et fermeture des rallonges escamotables avant le remisage de la caravane à sellette en entrepôt, ici, à proximité. Avec les habiletés reconnues de Carl Smith, qui sait parfaitement manœuvrer ces maisons roulantes et les déposer à leur lieu de repos, c’est tiguidou !

Une fois terminé, on prend le traditionnel petit déjeuner de départ chez McDonald’s, voisin du complexe, avant de prendre la route vers le Nord, sous le plus beau des soleils avec un mercure qui approche déjà les 28°C et nous ne sommes qu’en matinée. Un beau dimanche !

Mais, cette année, on s’attarde. Nous rejoignons nos amis Lise et Serge à Memphis, dans le Tennessee pour quelques jours. Puis, on mettra le cap vers Nashville, à trois heures de route au nord-est, une autre ville de musique qu’on nous a beaucoup vanté. Alors si vous voulez partager notre périple vers la maison, nous accompagner virtuellement, venir faire un tour sur le blogue deviendra votre discipline quotidienne à appliquer. N’oubliez pas que vous êtes ici chez-vous. C’est un rendez-vous…

L’immortalité

Et si on donnait l’immortalité à nos vedettes, nos idoles, nos contemporains, ceux et celles qu’on a aimé et qui sont disparus. Partout au Québec, on pourrait procéder à des changements de rues, d’artères, de grands boulevards, d’autoroutes, de places publiques… plein d’endroit ou on pourrait facilement se rappeler.

Michel Beaudry en a fait le sujet de son article, paru dans le Journal de Montréal d’hier, et que j’endosse à 150%. C’est une merveilleuse idée, et que nos comités de toponymie s’y mettent sérieusement pour immortaliser ceux et celles qui ont fait une différence, qui se sont investis envers la communauté, qui ont laissé leur marque. C’est le texte, cette merveilleuse idée, que je veux partager avec vous.

AU NOM DE… Michel Beaudry

Enrico Ciccone est maintenant député, Denis Coderre devient boxeur et Jean Lapierre sera une autoroute. Faut pas avoir peur du changement. Il ne faut surtout pas avoir peur d’honorer ceux qu’on a aimés.

Le tronçon de l’A-10 au nom de Jean, c’est un naturel sympathique. Comme il faut immortaliser Bernard Landry dans le coin de Verchères, qui lui était si chère. Et Lise Payette ? Charles Aznavour, dont le Québec était un maillon d’amour depuis les années 1950.

Gilles Pelletier, Albert Millaire, Paul-Gérin-Lajoie, Carmen Campagne, Pierre Lalonde, et mettez-en. Madame Sutto, Tex, Patrick Bourgeois, René Angélil, Leonard Cohen, et pourquoi pas Johnny Hallyday. J’en oublie, j’en passe.

Il y a des noms de rues qui ne demande qu’à être changés. Parmi ceux-là, il y a celle de notre grand ami Sir John Coape Sherbrooke, né et mort en Angleterre, qui a été gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique pendant deux petites années au début du 19e siècle, et qui a pourtant sa ville, sa très grande rue et sa station de métro. C’est beaucoup, non ?

ET LES SAINTS ?

Si on enlève les crucifix pour effacer les signes religieux, est-ce qu’on enlève les saints aux noms de rues, au nom de villages, aux noms de villes?

Pis, allez-vous cueillir des bleuets au lac Jean, cette année ? Ou êtes-vous plus du genre qui se tient dans le nord, genre Jérôme, Sauveur, Agathe ou Jovite ? Moi, j’aime bien aller prendre un café sur la Denis près de la Catherine.

Salut les laïques !

Bonne idée pour régler l’industrie du taxi

Le projet de loi, concernant l’industrie du taxi, est en plein tourment. Et en analysant la situation, les chauffeurs de taxi qui suivaient les directives du Québec, sont à la veille de tout perdre. Leurs permis d’opérations achetés à gros prix, est menacé avec l’application de cette loi. Les parties concernées ont beau tenir des réunions, chacun reste sur sa position. Il y a un responsable de cette refonte et c’est Uber, sans aucun doute.

Michel Girard y allait d’une suggestion qui mérite amplement d’être étudiée, le 28 mars dernier, dans les pages ARGENT du Journal de Montréal. Faire payer les responsables, en l’occurrence Uber, en guise de représailles, envers l’industrie du taxi. C’est le texte que je partage avec vous aujourd’hui…

IMPOSER UNE TAXE SPÉCIALE À UBER
Michel Girard

Dans son analyse d’impact réglementaire sur le projet de loi visant à réformer l’industrie du taxi, le ministère des Transports évalue à 745 millions de dollars la valeur des permis de taxi existants, laquelle valeur va fondre à zéro avec l’entrée en vigueur de la réforme.

C’est 245 M$ de plus que les 500 M$ actuellement offerts à titre de dédommagement par le gouvernement Legault et son ministre des Transport et parrain de la réforme, François Bonnardel.

En enlevant « toute valeur » aux permis de taxi existants, le ministère reconnaît qu’il « s’agit d’un impact financier considérable » pour les titulaires.

Voilà pourquoi, en toute équité envers les détenteurs des permis de taxi, le gouvernement Legault devrait ainsi bonifier son offre jusqu’à hauteur de 745 M$.

Pour éponger ce supplément de 245 M$ par rapport à l’offre qui est actuellement sur la table, le gouvernement Legault devrait mettre Uber à contribution. Comment ? En lui imposant une « taxe spéciale » sur ses revenus au Québec.

L’ENVAHISSEUR

Que l’industrie du taxi au Québec améliore ses services tout en se modernisant, ça m’apparaît justifié. Mais fallait-il pour autant accepter en 2014 que la multinationale Uber envahisse le Québec avec sa plateforme électronique, et ce, sans avoir à débourser un cent pour acquérir des permis de taxi et ainsi respecter la réglementation en vigueur ?

Il est là le problème. Dans un premier temps, le gouvernement Couillard a « légalisé » la percée d’Uber au Québec par l’entremise d’un projet pilote. Et aujourd’hui, le gouvernement Legault « uberise » l’industrie du taxi avec une réforme qui réduit à zéro la valeur des permis.

COMPENSATION INSUFFISANTE

Comme la compensation gouvernementale de 500 M$ ne couvre qu’en partie la perte de valeur que les propriétaires de permis vont subir en raison de la réforme, il fallait évidemment s’attendre à ce qu’ils envahissent la rue en guise de contestation.

Mettez-vous à la place des propriétaires des 7630 permis de taxi qui ont payé jusqu’à 200 000 $ par permis pour acquérir le droit de travailler dans l’industrie du taxi, et qui, du jour au lendemain, doivent se contenter de recevoir à peine 5 530 $ par permis ! Lourdement endettés, plusieurs d’entre eux se dirigent carrément vers la faillite à la suite de l’offre du gouvernement Legault.

LA SOLUTION

Compte tenu du nombre de permis en circulation, soit 7630, le ministère des Transports en évalue présentement la valeur moyenne à environ 97 680 $. C’est 32 150 $ de plus par permis que l’offre déposée par le ministre Bonnardel.

Même avec ce montant additionnel, des milliers de détenteurs de permis ne réussiront sans doute pas à couvrir entièrement le prix qu’ils ont payé pour acheter leur permis. Mais les pertes seront réduites d’autant, ce qui permettra à plusieurs d’entre eux d’éviter la faillite.

L’uberisation du taxi nous coûte très cher. À cause de quoi ? Du laxisme gouvernemental qui a entouré la venue d’Uber au Québec.

La conjugaison du verbe « venir »

Une petite vite ce matin, lectrices et lecteurs. Attention de ne pas vous étouffer avec votre café.

C’est un type qui va chez son médecin sexologue parce qu’il ne vient plus :

– Docteur, je ne viens plus !

Le médecin l’examine et lui donne des cachets :

– Vous prenez ces cachets. Si vous venez, ne revenez pas, mais si vous ne venez toujours pas, eh bien! Revenez me voir.

Quelques semaines plus tard, le type revient de nouveau chez le médecin. Il s’adresse à la secrétaire :

– Mademoiselle, je suis venu il y a quelques semaines parce que je ne venais pas. Le médecin m’a donné des cachets et m’a demandé de ne pas venir si je venais mais que si je ne venais pas, de venir aussitôt. J’ai pris les cachets et je suis venu. Alors, je ne suis pas revenu. Cependant, maintenant je ne viens plus alors, me voici.

La secrétaire va parler au médecin.

– Docteur, il y a ici ce type à qui vous aviez demandé de ne pas revenir s’il venait et de venir s’il ne venait pas. Il est venu donc, il n’est pas revenu, mais, aujourd’hui il ne vient plus alors, il est venu. »

Le docteur lui répondit :

– Parfait mademoiselle, faites-le venir.

Et la secrétaire lui répondit :

– C’est ce que j’ai fait docteur, et il est reparti !