Des chiffres révélateurs

On nous apprend que le français régresse au Québec. Surpris? Moi, pas du tout! L’assimilation à petite dose fait son bonhomme de chemin. On n’a qu’à écouter les gens pour se rendre compte qu’ils massacrent leur langue avec des anglicismes à répétition. Pour l’écrit, c’est exactement la même chose. Comment peut-on protéger une langue quand on ne la respecte pas. À ce chapitre, les Québécois francophones en sont largement responsables.

Par hasard, je suis tombé sur l’article de Sophie Durocher, dans le Journal de Montréal du 4 août dernier. Il rejoint tellement ma position que je m’empresse de le partager avec vous

Est-ce qu’on « love » vraiment le français?

Vous avez vu les chiffres du recensement 2016 de Statistique Canada? Est-ce assez déprimant à votre goût? Les grands titres donnent froid dans le dos : l’usage du français recule!

Mais je me pose une question : si nous aimons le français, comme nous prétendons l’aimer, pourquoi le massacrons-nous? Il n’y a pas de pire ennemi du français que les francophones eux-mêmes. Pourquoi, en plus d’être francophones, ne sommes-nous pas aussi des francophiles?

DO YOU SPEAK FRANÇAIS?

Si nous nous inquiétons autant de l’anglicisation, pourquoi ponctuons-nous nos discours de mots et de tournures anglaises? Pourquoi personne ne dit un mot quand un chef connu appelle son nouveau resto Foodchain?

Pourquoi célèbre-t-on à chaque Saint-Jean la beauté de la langue française si c’est pour la piétiner les 364 autres jours de l’année? Vous vous souvenez, il y a quelques années, quand le groupe La Chicane dans sa chanson Calvaire, chantait « mes erreurs les plus pires »? Ils avaient fait rire d’eux.

Dans sa chanson Au 1036, le beau chanteur Claude Bégin (qu’on voit en petite tenue dans Cheval-Serpent) fredonne : « Mais où ce qu’on va se sauver ? […] Quessé qu’on fait encore là? Juste à cause que nous on change pas? » Personne, à aucune étape de la production de l’album, ne lui a signalé qu’on ne disait pas « à cause que », mais « parce que »?

Pourquoi Yulorama, ce sympathique blogue qui nous fait découvrir des bonnes adresses montréalaises, me propose-t-il sa nouvelle section « Dans mon hood, les crèmes glacées de nos quartiers »? Si le mot « quartier » existe, pourquoi utiliser le mot « hood »? Si les mots « meilleur ami » existent, pourquoi dire « BFF »? Si les mots « Oh mon Dieu » existent, pourquoi dire « OMG »?

Pourquoi personne ne dit un mot quand un salon de barbier dans mon quartier s’appelle Scotch and Scissors? Pourquoi quand la préposée de mon concessionnaire automobile m’appelle pour une vidange d’huile me dit-elle toujours : « On va céduler un rendez-vous. Appelez-moi si vous devez canceller ».

Pourquoi le compte Twitter d’une grande créatrice de mode québécoise est-il majoritairement en anglais et pourquoi m’a-t-on souhaité une bonne Saint-Jean… en anglais cette année? Pourquoi tant de personnalités québécoises ont-elles recours à l’anglais sur leurs médias sociaux? Comme cette jeune féministe, qui fait carrière au Québec, mais met toutes ses notes biographiques en anglais sur ses comptes Twitter et Instagram (Candidate, writer, documentarist, co-host, author)? A-t-elle besoin de « love »?

Pourquoi cette boutique de mode en plein cœur d’Outremont écrit-elle uniquement en anglais sur son compte Instagram? Le jour où Justin Trudeau a fait la une du magazine Rolling Stone, ils ont écrit : « We love you #styleiseverything #proudlycanadian ».

En 2017, c’est ça, « être fier d’être canadien »?

LA QUESTION QUI TUE

Pourquoi, quand vient le temps de défendre le français, parle-t-on des deux côtés de la bouche?

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