Pourquoi dit-on…? (Partie 6)

La Une

Voici quelques expressions du quotidien, mais qu’en est-il de leur histoire ?

À L’EMPORTE-PIÈCE

Une personne sans tact ou simplement agacée peut parfois dire ou faire quelque chose « à l’emporte-pièce ».

Au début du XVIIe siècle, le « cautère emporte-pièce » désignait un objet tranchant en acier qui, une fois chauffé au rouge, permettait de découper des tissus en brûlant les contours, ou de cicatriser une blessure.

Le tranchant de cet instrument destiné à découper d’un seul coup des morceaux de matériaux tendres, comme le cuir et du carton, a été utilisé un siècle plus tard dans le langage courant pour désigner des « propos mordants ».

Le caractère plus violent, pour les propos comme pour les manières, n’est apparu qu’au milieu du XIXe siècle. L’emporte-pièce désigne également un ustensile de cuisine.

TOMBER EN PANNE

Lorsqu’un véhicule ne fonctionne plus, on utilise les expressions « tomber en panne » ou « être en panne ».

Leur origine est commune et vient du monde de la marine. Au cours du XVIe siècle, les capitaines des navires à voile utilisaient l’expression « bouter le vent en penne » afin d’ordonner aux marins d’orienter les voiles de manière à immobiliser le bateau.

Deux siècles plus tard, cette expression sera abrégée pour devenir « mettre en panne » le voilier. C’est sa popularisation dans le domaine automobile qui a ensuite associé le verbe « tomber ».

AVOIR DU CHIEN

On dit familièrement des femmes ayant du charme, de l’élégance, voire du sex-appeal, qu’elles « ont du chien ».

L’origine de cette expression, née au XIXe siècle, vient du sens figuré accordé au mot « chien ». Si depuis le Moyen Âge, un « chien » est considérée comme une insulte utilisée envers quelqu’un de méprisable (« sale chien »), le mot peut être aussi usité comme un adjectif où il devient alors un synonyme de « canaille », qui vient du latin « canis » (chien).

Avec le temps, c’est ce dernier sens qui a évolué dans le langage populaire pour parler d’une fille dont la personnalité est irrésistible, attirante. Il est à noter qu’au Québec, cette locution se dit d’une personne qui a du mordant. Un sens qui, ici, a un rapport plus direct avec la race des canidés.

POSER UN LAPIN

D’une personne qui ne se rend pas à un rendez-vous et qui ne prévient pas celle qui l’attend, on dit qu’elle lui a « posé un lapin ».

Cette expression aurait été popularisée par Jean de La Fontaine (1621-1695) dans sa fable Le lièvre et les grenouilles. Dans cette histoire, le lièvre est décrit comme un animal « fuyant et fuyard, méfiant et peu fiable ». Une réputation qui a ensuite servi de base à la métaphore « poser un lapin », qui décrivait au XIXe siècle une situation dans laquelle un individu s’arrangeait pour ne pas payer ses dettes.

Cette locution a ensuite été généralisée dans le langage familier pour illustrer un rendez-vous manqué, pourtant fixé d’un commun accord.

FILER À L’ANGLAISE

On dit d’une personne qui part sans dire au revoir, sans se faire remarquer qu’elle « file à l’anglaise ».

Il peut s’agir d’une vengeance relativement récente vis-à-vis du peuple d’Outre-Manche qui utilise l’expression « to take french leave » (filer à la française) pour signifier la même chose.

Parmi d’autres explications, au XVIe siècle, un créancier était appelé un Anglais, et on imagine bien le débiteur filer à l’anglaise lorsque son créancier rodait dans les parages.

COMPTER FLEURETTE

Lorsqu’un homme fait la cour à une femme en lui tenant des propos galants, on dit qu’il lui « conte fleurette ».

Plusieurs hypothèses sont émises pour expliquer l’origine de cette expression qui date du XVIIe siècle.

La première renvoie au terme « fleurette » qui désignait autrefois une petite fleur sans valeur. Le verne « fleureter » signifiait quant à lui « dire des balivernes ».

Par extension, « conter fleurette » s’appliquait aux phrases futiles prononcées par un séducteur prêt à tout pour plaire. Une autre piste renvoie aux florettes, pièces de monnaie frappées d’une fleur de lys et utilisées au XVe siècle.

On serait passé de « conter florette » à « conter fleurette » deux siècles plus tard, en référence à l’argent promis à une femme pour la conquérir.

AVOIR LA BERLUE

Lorsqu’une personne a des hallucinations ou qu’elle se fait de fausses idées à propos d’une chose, on dit familièrement qu’elle « a la berlue ».

Cette locution est liée à l’origine du mot « berlue ». Utilisé dès le XIIe siècle, il viendrait du latin « biluca », synonyme d’étincelle. La berlue désignait alors un problème oculaire provoquant la perception de petits points noirs ou d’une lumière éblouissante par un individu.

Si ce symptôme n’est aujourd’hui plus utilisé par les ophtalmologistes, le grand public a popularisé cette expression dans le courant du Moyen Âge pour lui donner le sens figuré que l’on connaît.

À suivre…


26 août 2021

Une année de plus sur le chemin de la vie pour…

Claudette Matte

Bon anniversaire !


Pensée et citation du jour

Quand tout est fichu, il y a encore le courage.

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Ça s’est passé un 26 août…

(1977) Adoption de la « Loi 101 ». Le Québec officialise le français et en assume sa primauté dans l’affichage, l’éducation et au travail.

(1984) Le patineur de vitesse Gaétan Boucher est admis au Temple canadien de la Renommée; il est l’athlète canadien qui a remporté le plus de succès aux Jeux olympiques d’hiver.

(2007) La ville de Longueuil rend hommage à l’un de ses plus prestigieux citoyens en dévoilant devant l’entrée du Colisée une statue de bronze représentant Jean Béliveau.

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