Le français a ses règles (2 de 13)

Comment améliorer son français écrit… Voici le deuxième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.

Le français a ses règles (1 de 13)

C’est connu et vu. Le meilleur endroit pour relever des fautes de français en quantité industrielle, c’est bien sur les réseaux sociaux et dans les messages textes. Ça me désole à chaque fois et ça ne s’améliore pas. On écrit son texte rapidement, à la volée, et surtout sans SE RELIRE. Ça ne prend que quelques secondes et les mots soulignés en rouge nous indiquent les erreurs de vocabulaire.

Simple comme bonjour, mais il faut y mettre les quelques secondes. Une application dictionnaire est indispensable dans un téléphone intelligent, une tablette et un ordinateur. Des outils qui vous donneront une belle crédibilité de la part de vos lecteurs.

Ayant constaté la même chose, l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup, a eu l’excellente initiative de placarder les toilettes de son institution avec 13 affiches qui relèvent les pires règles de français qui font horriblement défaut partout sur les réseaux sociaux. Une excellente idée que je vous partagerai au cours des prochaines semaines, sur ce blogue. Vous pouvez les partager à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.

Une réforme en éducation qu’on ne doit pas rater

Pour une énième fois (je ne les compte plus), un ministre de l’éducation parle de réforme. D’une fois à l’autre les résultats ne sont pas là et au contraire, on ne s’y reconnait plus. On veut innover pour réinventer l’école au détriment de tout ce qui s’est perdu au fil des années. S’étant écartée de son rôle, il faut revenir à la base et E-N-S-E-I-G-N-E-R. Préparer nos jeunes à la dure réalité du monde dans lequel ils vont vivre. Les classes vertes, oranges, bleues… oubliez-ça et qu’on se concentre sur le savoir pour prospérer.

Mathieu Bock-Côté y est allé d’une lettre ouverte à Sébastien Proulx, dans le Journal de Montréal d’aujourd’hui, sur ce que le Ministre doit considérer dans sa réforme. Je suis entièrement d’accord avec son propos que je vous partage ici dans son intégralité.

Lettre au Ministre de l’Éducation

Monsieur le Ministre,

Je lis beaucoup de bien de vous ces temps-ci, et je veux bien le croire. On dit que vous êtes prêt à plusieurs innovations pour réinventer l’école québécoise. Il faut dire que les propositions viennent de partout. Plusieurs s’imaginent sauver l’école par la technologie. Ils s’imaginent qu’en introduisant les téléphones portables en classe, ils pourraient révolutionner la pédagogie et convaincre les jeunes d’aimer soudainement l’école.

CULTURE

Cela fait penser à ceux qui voulaient, il y a quelques années, réinventer l’enseignement de la littérature en misant sur Twitter. Monsieur le Ministre, j’aimerais vous mettre en garde contre ces théoriciens fous de l’école gadget qui se maquillent en héros de la modernité pédagogique.

Certes, il ne faut se fermer à aucun conseil. Certains sont bons, d’autres mauvais. Quand on veut fabriquer de belles écoles, c’est une bonne idée. Quand on croit que l’école doit se réinventer en misant sur la réalité virtuelle, c’en est une moins bonne. Je me permets de vous donner mes conseils aussi. Ils seront simples : ils nous ramènent aux vieilles vérités oubliées.

Le premier, c’est que l’école doit apprendre aux jeunes générations la langue française. Quoi qu’on en dise, et quoi qu’on veuille nous faire croie, sa maîtrise est pour l’instant désastreuse. Il suffit de flâner sur Facebook pour le constater. Et cela n’est pas sans conséquence. Une pensée s’exprime avec richesse et nuances si on a les moyens de l’exprimer. Si on maîtrise approximativement sa langue, on pensera le monde confusément. Nous devons réapprendre à parler français. Une solution : il faut faire lire les élèves.

Mon deuxième conseil est simple : J’aimerais vous rappeler que la culture générale est importante. Une jeune personne sans culture historique est condamnée à ne pas savoir se repérer dans le temps. L’homme sans mémoire est condamné à errer comme un petit être insignifiant. On pourrait aussi chanter les vertus de la géographie.

Résumons simplement : l’école doit transmettre un patrimoine de civilisation. L’école a plus à voir avec le passé qu’avec l’avenir. Ce n’est pas sexy, mais c’est vital.

MODES

Le troisième, c’est que l’école doit résister aux modes. Dans une classe, l’enseignant n’a pas à faire semblant d’être l’ami de l’enfant. Son autorité doit être reconnue. Il n’a pas à tolérer non plus les trouble-fête qui ont des problèmes de comportement. Leur inclusion à tout prix est une erreur.

Et l’école n’a pas non plus à se penser comme un terrain de jeu. Elle n’a pas à être festive ou ludique. Il est normal de faire des efforts à l’école. On ne gagnera rien à se soumettre à la tyrannie de l’enfant-roi.

J’ajoute un dernier conseil. L’école doit apprendre aux jeunes le culte du silence et de la concentration. Ce n’est qu’ainsi qu’ils auront accès au bonheur de la vie intérieure. Mes conseils, Monsieur le Ministre, vous sembleront terriblement désuets. C’est pourtant en renouant avec ces évidences que l’école cessera de traiter les enfants comme des cobayes et leur transmettra le trésor dont elle est gardienne.