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Opinion
DES CADRES GRASSEMENT PAYÉS SE FONT SOIGNER GRATUITEMENT… AVEC NOTRE ARGENT
La Caisse de dépôt et placement du Québec — désormais simplement la Caisse — et Investissement Québec ont une mission claire : faire fructifier l’argent du bas de laine collectif. Une responsabilité immense, financée par tous les Québécois.

Or, ce que l’on découvre, c’est que les cadres de ces institutions, déjà parmi les mieux rémunérés de l’État, bénéficient d’un privilège que la majorité des citoyens n’auront jamais : des consultations médicales privées entièrement payées… par nous. C’est le Journal de Montréal qui l’a révélé récemment.
Et il faut le dire sans détour : c’est indécent, c’est choquant !
Pendant que des centaines de milliers de Québécois attendent encore un simple médecin de famille, pendant que les urgences débordent et que les travailleurs ordinaires se battent pour obtenir un rendez-vous, ces gestionnaires — avec leurs salaires de 178 000 $ en moyenne et leurs bonis généreux — reçoivent gratuitement un bilan de santé privé de 1 400 $ par année.
Entre 50 et 60 % d’entre eux en profitent annuellement. Le programme existe depuis 2007. Dix-neuf ans de privilèges payés par le public.
Le porte-parole Jean‑Benoit Houle explique que ce programme vise une centaine d’employés soumis à une charge de travail “particulièrement soutenue” et à des déplacements internationaux nécessitant des mesures préventives.
On connaît la chanson : déplacements, missions, rencontres… et avantages qui s’empilent. Toujours sur le bras des Québécois.
Pendant ce temps, combien de travailleurs — syndiqués ou non — qui gagnent le salaire minimum, qui tiennent debout nos commerces, nos services, nos routes, nos écoles, bénéficient d’un tel traitement? Aucun. Poser la question, c’est y répondre.
Encore un exemple où l’argent public sert à dorloter ceux qui pourraient très bien se payer eux-mêmes ces soins privés. Un système à deux vitesses, entretenu par ceux-là mêmes qui devraient donner l’exemple.
« Plus tu en as, plus tu en veux » : voilà la devise non officielle qui semble régner à la Caisse et chez Investissement Québec.
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