Quand l’industrie du camionnage joue avec nos vies

Opinion

IL AURA FALLU DES MORTS. ENCORE !

Au Québec, on ne serre la vis qu’après la tragédie, jamais avant. Et cette fois, ce sont les « camionneurs à rabais », principalement ceux de l’Ontario, et leurs patrons sans scrupules qui se retrouvent enfin dans la ligne de mire. Il était temps.

IA

Depuis trop longtemps, une partie de l’industrie du camionnage fonctionne comme si nos routes étaient un terrain de jeu. Des camions mal entretenus, des chauffeurs sous-formés, des entreprises qui coupent partout où elles peuvent pour sauver quelques dollars, ou en faire. Pendant ce temps, les automobilistes ordinaires roulent avec une roulette russe sur l’autoroute.

Les dirigeants de ces entreprises savent très bien ce qu’ils font. Ils connaissent les risques, les lacunes, les défaillances. Mais tant que les profits entrent, tant que les contrats se signent, tant que les camions roulent, ils ferment les yeux. Ce n’est pas de l’ignorance : c’est du mépris. Un mépris froid, calculé, envers la vie humaine.

Le gouvernement promet maintenant d’agir. Très bien. Mais encore faut‑il que les contrôleurs routiers soient assez nombreux pour couvrir un territoire immense. On ne surveille pas des milliers de kilomètres de routes avec une poignée d’inspecteurs et quelques barrages improvisés. Si on veut réellement protéger le public, il faudra investir massivement dans la surveillance, pas seulement dans les communiqués de presse.

Et quant aux chauffeurs à rabais, il est temps de fermer la porte qui reste encore grande ouverte. Avant de les laisser circuler sur nos routes, qu’ils passent un véritable test de conduite, ici, au Québec. Pas une formalité administrative, pas un examen théorique, mais une évaluation réelle de leur compétence. Sinon, ce sont les patrouilleurs qui devront compenser, encore une fois, par des interceptions à répétition.

On a trop longtemps toléré l’intolérable.

Il est temps que la sécurité des citoyens passe avant les économies des transporteurs.

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