Bienvenue dans mon univers ! Vous êtes ici chez vous.
Histoire
Le 3 août 1642, le Père Isaac Jogues, jésuite, Guillaume Couture et René Goupil quittaient les Trois-Rivières en compagnie de trente-cinq Hurons commandés par Ahatsistari. Arrivés à la pointe de Sorel, ils furent soudainement attaqués par soixante-dix Iroquois qui firent vingt-deux prisonniers qu’ils torturèrent d’une façon atroce.
À cette nouvelle, M. de Montmagny résolut de bâtir un fort à l’embouchure de la rivière Richelieu afin de barrer le passage aux Iroquois. Le 13 août 1642, à la tête de cent soldats et ouvriers, montés sur trois barques, il aborde à la pointe de Sorel et commence l’érection du fort Richelieu.

« On fait jouer les haches, dit la Relation des Pères Jésuites, on renverse les arbres, on les met en pièces, on arrache les souches… » Le fort est construit en pieux solides; on érige une chapelle, des chambres et une résidence pour les soldats de la garnison et les missionnaires.
Un jour, les travailleurs sont attaqués tout à coup par trois bandes d’Agniers; le caporal Durocher, voyant les ennemis prêts à franchir le retranchement, s’avance avec quelques hommes et leur tient tête; les Français courent aux armes, et de Montmagny, qui se trouve sur l’une de ces barques, vient à la rescousse; les Iroquois, surpris à leur tour de la vigoureuse résistance qu’ils rencontrent, se retirent précipitamment, abandonnant plusieurs morts et blessés. M. de Montmagny fit ériger une grande croix afin de perpétuer le souvenir de cette victoire.
Le 20 août, fête de saint Bernard, le Père Anne de Nouë bénissait le fort; après avoir célébré la sainte messe, il baptisait un néophyte, qui avait échappé aux Iroquois, et lui donnait le nom de Bernard.
Plusieurs familles sauvages vinrent s’établir au fort Richelieu pour y chercher un refuge contre les Iroquois; le sieur de Champflour qui y commandait les reçut avec affabilité. Le Père de Nouë travailla activement à leur conversion. De grand matin, il disait la messe que Français et sauvages entendaient avec piété, puis il passait la plus grande partie du jour à instruire les sauvages.
Cependant les Iroquois rôdaient souvent autour du fort; le 29 avril 1644, ils prirent le Père Bressani, jésuite, et le conduisirent en captivité dans leur canton. Au mois de juillet, une troupe de trois cents Iroquois se présentaient aux alentours du fort qu’ils n’osèrent attaquer de près.
En 1646, le 1er février, le Père de Nouë expira non loin du fort perdu dans la forêt pendant une tempête de neige.
*****
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.