Salmigondis

CANCER DU SEIN : LA RÉALITÉ TOUTE CRUE

Vous avez vu le documentaire Mont Tétons d’Anik Lemay sur le cancer du sein ? Non ? Vous avez manqué quelque chose de bouleversant. La réalité toute crue portée à l’écran. L’horreur physique que cette maladie puisse porter à ces femmes qui ont accepté de montrer les atrocités de leur poitrine ravagée, sans gêne et avec une authenticité déconcertante. Toutes, à des stades différents, on a pu assister à leur bataille.

De tous les cancers, je crois que celui du sein est le pire, physiquement parlant, parce qu’il détruit ce qu’il y a de plus beau, le plus attirant chez la femme… ses seins ! Pire encore que de perdre sa chevelure, les seins amènent la confiance, l’attirance, le pouvoir de séduction. On a pu voir la chimiothérapie, la radiothérapie et même la reconstruction mammaire. Il restera toujours des marques, cicatrices, mais sous un vêtement, la femme retrouve tous ses attraits et sa beauté toute féminine.

C’est la première fois où on pouvait voir toute l’atrocité de cette partie du corps qu’on adule. Voir la réalité en face de ces femmes dans la quarantaine était quelque chose d’impressionnant. En tout cas, ce reportage m’aura fait comprendre la nécessité de s’impliquer monétairement pour en arriver à vaincre cette terrible maladie. J’ai beaucoup aimé ce reportage parce qu’on a pu voir tout ce que cette maladie peut représenter de force, de douleurs et de sacrifices tout au long de son processus de guérison. Merci à Anik Lemay et toute son équipe, pour cet excellent reportage.

COMMENT NE PAS ÊTRE MÊLÉS

Les beyond meat et autres mélanges végans peuvent se rhabiller… la viande rouge ne serait pas si néfaste. Et vlan ! dans les dents ! C’est ce qu’un réexamen de dizaines d’études a conclu récemment et créant une tempête scientifique : le risque pour la santé de consommer de la viande rouge est faible. Les chercheurs conseillent aux adultes de consommer quatre portions de viande rouge par semaine. Même constat pour la charcuterie, dans un article paru dans la revue Annals of Internal Medicine, de l’American College of Physicians.

De plus, cette consommation de viande rouge pourrait abaisser le taux de mortalité par cancer et même, de réduire faiblement les risques de cancer, maladies cardiaques et le diabète. Après tout ça et la promotion des végétaux, comment ne pas être mêlés ?

DES AMENDES SALÉES POUR LES DÉLINQUANTS

Encore des ouvriers victimes des malades de vitesse sur les chantiers de construction. Ça vous surprend ? Pas moi, à voir aller les pressés du volant rien ne me surprend. Le seul moyen de les mettre au pas, c’est d’installer sur chaque chantier les redoutables radar photos. Dès que tu dépasses la vitesse fixée, ne serait-ce que d’un seul kilomètre, paf ! tu es fait comme un rat ! Et l’amende serait très salée. Évidemment il faudra des milliers de radars photos, de par le nombre de chantiers, mais ils vont se payer très rapidement. C’est le seul moyen de mettre au pas ces débiles qui ne comprennent rien, sauf si tu fouilles dans leurs poches.

UN GESTE QUI L’HONORE

Rendons à César ce qui appartient à César. Comme le soulignait Rémi Nadeau dans sa remise de bulletins dans le Journal de Montréal, envers l’ex-co-chef de Québec solidaire Amir Khadir, qu’au moment de quitter la vie politique pour redevenir médecin, l’ancien élu de Mercier avait affirmé qu’il n’avait pas besoin de son allocation de 90 000 $ et qu’il comptait la distribuer à des organismes du comté. Les sommes sont remises comme promis. Que ceux qui ont déjà renoncé à un tel montant d’argent qui leur revenait de plein droit lèvent la main…

CELA AURA PRIS TROIS ANS

On le disait dès son acquisition par Lowe’s que l’enseigne RONA allait définitivement disparaître du paysage québécois. Fermeture de 27 magasins Lowe’s en Ontario, et on parle en coulisse du changement de bannière de RONA à Lowe’s. Pourtant, au moment de l’achat en 2016, il n’en était aucunement question. Ceux qui nous prenaient pour des valises sont des menteurs hypocrites. Avec des ventes de 7 milliards $ au Québec annuellement chez les quincaillers, c’est un autre fleuron québécois qui disparaît et on cessera bientôt de les compter.

Récemment, on apprenait que « Foodtastic », une raison sociale anglophone, achetait les Rôtisseries Benny, implantées au Québec depuis près de 60 ans. Vraiment, une triste période pour le Québec. Et c’est pas fini…

Salmigondis

LA FIN DES COMMISSIONS SCOLAIRES AU QUÉBEC

Enfin une bonne nouvelle et il était temps. Des commissaires élus par leur parents et amis, ça fait république de bananes. Après la laïcité, c’est le temps de réformer entièrement la gouvernance des commissions scolaires au Québec. Le party achève, qu’on se le tienne pour dit. J’ai bien hâte de voir ce qui va ressortir de cette restructuration qui aurait dû survenir depuis très longtemps. Enfin un gouvernement qui met ses culottes comme tout bon gouvernement nationaliste.

AUTRES CONSÉQUENCES DE LA LIBRE CIRCULATION DES ARMES À FEU AU TEXAS

WASHINGTON | (AFP) Cinq enfants ont été tués ou blessés par des armes à feu un weekend récent au Texas, dont un garçon de 4 ans abattu par son frère de 5 ans, selon des sources policières et les médias américains. Dimanche, le 15 septembre dernier, en milieu de journée, le garçon de cinq ans a trouvé une arme dans sa maison de Fort Worth, à l’ouest de Dallas, et a tiré un coup fatal sur son frère, a déclaré la police locale.

Quelques heures plus tard, un garçon de six ans a été grièvement blessé dans la ville voisine d’Arlington, lui aussi probablement touché par un de ses frères. Blessé à la tête, le jeune garçon est dans un état critique. Toujours à Arlington, une fillette de huit ans a été touchée aux fesses, le même jour, par le tir d’une arme semi-automatique qui avait été volée, rapporte encore le Dallas Morning News.

DES SNOWBIRDS QUI PARTENT TROP TÔT

AGENCE QMI | Dans l’espoir de stimuler l’économie locale, des élus de la Floride ont présenté un projet de loi afin de permettre aux résidents canadiens qui fuient le froid de demeurer plus longtemps.

Baptisé le « Canadian Snowbirds Act », le projet de loi annoncé hier par le sénateur Marco Rubio et le gouverneur Rick Scott doit permettre aux Canadiens âgés de 50 ans et plus, qui possèdent ou louent une résidence aux États-Unis, de demeurer jusqu’à 8 mois en sol américain, soit deux mois de plus que la situation actuelle.

Le sénateur Rubio insiste sur l’importance de l’apport économique des snowbirds pour l’État.

« Le tourisme représente une part cruciale de la croissance économique de la Floride et permet de créer et de conserver des milliers d’emplois à travers l’État. Cette loi offrira un immense soutien à notre économie en permettant aux millions de snowbirds canadiens qui visitent chaque année la Floride d’y rester deux mois de plus. »

Chaque année, ce sont environ 3,5 millions de Canadiens qui se rendent en Floride, selon le site VISIT Florida. Et d’après les données de l’ambassade canadienne, les snowbirds contribuent à l’économie locale à hauteur de plus de 6,5 milliards $ US chaque année.

LES LARMES DE CROCODILE DE GRETA

C’est sûr que quelques larmes aident à la portée d’un discours, surtout envers un auditoire qui s’émeut à la moindre occasion. La jolie Greta est encore venue nous faire la morale facile à émouvoir. Elle a du talent la petite. Se dirige-t-elle vers une carrière artistique, une comédienne hors pair c’est indéniable. Avec son groupe de scénaristes aristocrates derrière elle, ils font une excellente équipe.

Son second numéro mondial est survenu aux États-Unis, le plus gros pollueur de CO2, et presqu’à égalité avec la Chine, l’Inde et il y en a beaucoup d’autres. Est-ce que la petite continuera son périple dans ces pays ?

Une chose est certaine, elle sera maintenant épiée pour le reste de sa vie. Elle sera obligée à l’excellence sans possibilité d’erreur. Sera-t-elle à la tête d’un pays pour changer les lois, les habitudes ? Elle devrait.

Ici, en occident, et principalement au Canada les efforts sont là et vont continuer. Cependant, lorsqu’on regarde ce qui se fait dans le monde pour la cause, soit à peu près rien, et le résultat de ces rencontres sociales bidons comme à l’ONU, nous sommes en droit de se demander si nous sommes les seuls à vouloir coopérer et faire sa part. Ça fait plus de 40 ans qu’on en parle et ça continue de se détériorer. Le message ne passe pas parce que les incitatifs tardent à s’imposer.

LES MÉDECINS SPÉCIALISTES DU QUÉBEC, LES MIEUX PAYÉS AU PAYS

Sans tambour ni trompette, les médecins spécialistes du Québec ont vu leur rémunération MOYENNE bondir de 80 000 $. Ils sont maintenant mieux rémunérés que ceux de l’Ontario. On parle maintenant d’un salaire MOYEN de 428 941 $. Moyen voulant dire que certains gagnent moins, mais d’autres plus. Ça fait 1 175 $ chacun des jours de l’année… à des années lumières du salaire minimum. Tout ça gracieuseté de l’ancien ministre Barrette.

L’actuel gouvernement a bien l’intention de sabrer dans les salaires de ces fortunée toubibs mais l’action tarde à se manifester. Et au bout du compte est-ce que la santé s’est améliorée au Québec ? Non ! Tout est à l’étude depuis des temps immémoriaux. On en parle… on en parle…

Salmigondis

LE G7 ENFIN TERMINÉ

Cette réunion bidon qui coûte des millions $ s’est terminée le mois dernier en France. Ces rassemblements de bouffons, principalement Donald Trump et son air de beu hautain, sont de moins en moins crédibles.

Robert, un ami musicien, m’a fait parvenir une statistique éloquente sur le PIB moyen des 7 pays concernés, qui ne cesse de décliner depuis les 30 dernières années :

1989 : 51 %

1999 : 44 %

2009 : 35 %

2019 : 29 %

Une preuve évidente de tenir une telle rencontre qui ne sert qu’à dépenser de l’argent qui devrait être mieux dépensé dans ce qui en vaut vraiment la peine.

LE TEXAS REVIENT À L’ÉPOQUE DU FAR-WEST

Donald Trump l’a dit; « Ce ne sont pas les armes qui posent problèmes au États-Unis, ce sont les maladies mentales qui sont responsables de ces tueries de masse. » Brillant comme réflexion mais ces mêmes malades mentaux peuvent acquérir ces armes aussi facilement que faire son épicerie.

La dernière tuerie au Texas a déjà fait 7 morts et 22 blessés. Pour contrer ce fléau, CNN rapportait la nouvelle qu’en date du 1er septembre, les lois sur les armes à feux sont plus souples et les citoyens du Texas peuvent désormais; apporter une arme à l’école, tant qu’elle demeure dans leur voiture; entreposer des armes en maison d’accueil; garder une arme dans leur logement, malgré l’opposition de leur propriétaire; aller à l’église ou dans tout autre lieu de culte avec leur arme et se déplacer avec une arme à feu lors de désastre ou de catastrophe naturelle, même sans permis. Édifiant !

Alors si vous tenez à la vie, évitez le Texas qui revient au temps des cowboys !

WALMART, LA DOUCE

Ainsi donc, après les dernières tueries au Texas qui ont fait près de 30 décès, les Walmart de cet État, ne vendront plus de munitions pour les armes semi-automatiques. Wow ! Tout un changement ! Et personne n’a pensé interdire la vente d’armes à feu, et tout ce qui tire des balles. Non, c’est beaucoup trop !

Walmart la douce a, et je cite, « demandé à ses clients de s’abstenir de déambuler dans ses enseignes avec des armes à feu à la vue de tous, dans les États où il est autorisé de les porter de manière visible. Évidemment, la National Rifle Association (NRA) a réagi à cette décision en disant regretter que Walmart « succombe à la pression des élites anti-armes ». Définitivement, c’est l’anarchie.

EMBAUCHE : EXCELLENTE INITIATIVE D’UN PATRON DE BAR

Le patron d’un bar de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent, fait appel à ses clients pour trouver de la main d’œuvre. Il offre un incitatif financier à celui ou celle qui lui trouvera des serveuses. « Je leur dis : – si vous me présentez quelqu’un qui pourrait travailler au Pub et qui fait un minimum de six mois, je vais remettre 300 $ en argent à la personne », a fait savoir Gaétan Landry, copropriétaire du bar Pub Le St-Alex.

La nouvelle s’est répandue et la méthode a déjà mené à l’embauche d’au moins une serveuse, recommandée par une autre employée. Aussitôt qu’elle aura complétée ses six mois de travail, celle qui l’a recommandée recevra les 300 $ promis, car le programme s’adresse aussi aux autres serveuses.

L’entreprise emploie de cinq à six personnes qui travaillent de façon régulière ou sporadique. Pour aider à l’embauche, M. Landry a aussi augmenté les salaires de 2 $ de l’heure et fera des rénovations pour améliorer la zone de travail des serveuses.

Stéphanie Gendron, JdeM

AIDE MÉDICALE À MOURIR : BELLE VICTOIRE

Enfin, les malades n’auront pas à attendre leurs derniers jours ou leurs dernières heures pour obtenir l’aide médicale à mourir. Il était temps ! Nicole Gladu et Jean Truchon qui contestaient l’ancienne version de la loi, viennent d’obtenir gain de cause en Cour supérieure où a juge Christine Baudouin leur a donné raison. Les gouvernements devront revoir la loi afin de tenir compte de ce jugement.

Une maladie mortelle et incurable, sera une raison valable pour demander l’aide médicale à mourir selon les volontés du ou de la patiente. Il ne sera plus nécessaire d’attendre d’être en fin de vie pour la recevoir. Le patient pourra choisir son moment, en autant que leur mort soit raisonnablement prévisible, et pas nécessairement à court terme.

Les gouvernements ont 6 mois pour contester ou en appeler de cette loi. On verra bien ce qu’il en adviendra. Entretemps, c’est une belle victoire très attendue.

Le Québec : une vraie société distincte

Vous aimez les parodies, les histoires vraies, les invraisemblances, les bouffonneries, bref, tout ce qui sort de l’ordinaire ? Alors le Québec c’est l’endroit tout désigné.

On ne s’ennuie pas au Québec, surtout quand on fait le survol de tout ce qui se passe dans les milieux hautement gérés. Dans le cercle de ceux qui nous dirigent ou sont en position d’autorité.

Eh bien, le texte qui suit devrait vous faire sourire. En tout cas, dans mon cas, ce fut le début de ma journée, tout sourire. Écrit par Richard Martineau dans les pages du Journal de Montréal d’hier, il raconte l’arrivée d’un immigrant dans cette tour de Babel qu’est le Québec.

Une drôle de société distincte dont il vaut mieux en rire que se fâcher et d’en pleurer. Ce n’est pas très bon pour le système digestif parait-il… En contrepartie, on peut abondamment le critiquer sans être enfermé et condamné à mort comme dans d’autres pays totalitaires.

LE SANTA BANANA DU NORD Richard Martineau

« Bonjour, monsieur. Je suis immigrant, je viens tout juste d’arriver au Québec et j’aurais besoin de quelques informations…

– Vous venez de quel Pays ?

– Santa Banana ! J’en avais assez de la corruption qui régnait là-bas, alors j’ai décidé de plier bagage et de venir m’installer dans une État de droit !

– Ouf, vous tombez mal…

– Pourquoi ?

– Parce qu’il y a beaucoup de corruption ici aussi. Tellement qu’on a dû mettre sur pied une commission d’enquête sur la question. On a découvert que dans le milieu de la construction, la corruption est quasi endémique…

– (Déçu) Ah oui ?

– Hé oui ! Mais ne vous en faites pas, on a créé une escouade spéciale pour lutter contre la corruption et arrêter les fraudeurs !

– (De nouveau enthousiasme) Donc, le droit l’emporte !

– Oui, sauf que… Cette escouade n’a plus de chef.

– Plus de chef ?

– Non. Et puis ça magouille tellement dans cette escouade spéciale qu’on a demandé au Bureau d’enquête indépendant d’enquêter sur les enquêteurs qui enquêtent sur la corruption !

– Mais… vous avez une police provinciale, quand même ?

– Oui, mais le chef de cette police a été écarté, car il aurait posé des gestes de nature criminelle…

– (Stupéfait) Le chef de police a été écarté ?

– Oui. Mais on l’a remplacé.

– Ah, OK.

– Mais son remplaçant vient de démissionner.

– (Éberlué) Donc, cette agence de police n’a pas de chef non plus ?

– C’est en plein ça !

– Bon… Oublions le système de justice et parlons du système de santé, alors. Vous avez de bons médecins ?

– Certainement ! Ils font partie des médecins les mieux payés au monde !

– Wow ! Vous êtes riches, donc ?

– Non, on est pauvres ! On est tellement sur la paille que le gouvernement fédéral nous a donné 13 milliards de dollars cette année pour nous sortir du trou !

– Et qu’est-ce que vous faites avec cette aide ?

– Plein de choses ! Par exemple, on paie 800 000 $ pour des locaux de maternelle qui en valent 300 000 $…

– Euh…

– Oui, monsieur ! Ce n’est pas parce qu’on tire le diable par la queue qu’on ne peut pas être généreux ! Tenez, il y a quelques années, on a mis en place un système de gestion informatique pour les ministères du gouvernement. Il devait coûter 83 millions. Eh bien, on l’a payé un milliard !

– Un milliard de dollars d’argent public ?

– Yes ! On croit à ça, la social-démocratie, nous autres !

– Et l’environnement ? J’espère que vous protégez l’environnement, quand même ?

– Bien sûr ! La preuve : nos écolos sont contre la construction de pipelines!

– Ah, bravo !

– Oui. Vois-tu, mon ami, nous, au Québec, on préfère transporter le pétrole par train ! À travers les villages ! C’est plus sécuritaire ! Et autre preuve qu’on a la nature à cœur : on protège les chiens dangereux !

– Euh… Vous pouvez me conduire à l’aéroport ?

– Quoi, tu as oublié une valise ?

– Non, je veux retourner chez nous ! »

Que deviennent les États-Unis

Bruno Guigue est un analyste politique français. Chroniqueur de politique internationale, chargé de cours en Relations internationales et professeur de philosophie, il a publié récemment l’article très intéressant qui suit; un mauvais présage à l’avenir des États-Unis sur le plan mondial. C’est ce que je vous propose de prendre connaissance aujourd’hui.

Les agissements de Donald Trump, depuis son arrivée au pouvoir, forcent les gens à se poser des questions sur l’avenir et la puissance de ce pays. Les démissions de son cabinet sont monnaie courante et plongent le pays dans l’instabilité mondiale. De quoi sera fait demain ? Les élections présidentielles de 2020 devraient nous donner une bonne indication. Un changement s’impose pour redresser cet empire sur la planète. Si l’auteur de cet article en vient à une débandade du pays de l’oncle Sam. Ça devient très sérieux pour l’équilibre planétaire.

LA CHUTE DE L’AIGLE EST PROCHE Bruno Guigue

Professeur et observateur de la politique internationale, Bruno Guigue revient sur une récente discussion entre Jimmy Carter et Donald Trump pour analyser et expliquer sa vision du déclin de l’hyperpuissance américaine.

Aurions-nous Que deviennent les États-Unis atteint ce moment crucial où l’hyperpuissance en déclin se met à douter d’elle-même ? La presse américaine vient de relater ce que l’ancien président Jimmy Carter a dit à Donald Trump lors de leur récente entrevue. Le locataire de la Maison Blanche avait invité son prédécesseur à lui parler des relations entre la Chine et les Etats-Unis, et Jimmy Carter a rapporté publiquement la teneur de cet entretien lors d’une assemblée baptiste en Géorgie. C’est une véritable pépite.

Vous craignez que la Chine nous passe devant, et je suis d’accord avec vous. Mais savez-vous pourquoi la Chine est en train de nous dépasser ? J’ai normalisé les relations diplomatiques avec Pékin en 1979. Depuis cette date, savez-vous combien de fois la Chine a été en guerre avec qui que ce soit ? Pas une seule fois. Et nous, nous sommes constamment restés en guerre. Les États-Unis sont la nation la plus belliqueuse de l’histoire du monde, parce qu’ils désirent imposer des valeurs américaines aux autres pays. La Chine, elle, investit ses ressources dans des projets tels que les chemins de fer à grande vitesse au lieu de les consacrer aux dépenses militaires.

Combien de kilomètres de chemin de fer à grande vitesse avons-nous dans ce pays ? Nous avons gaspillé 3 000 milliards de dollars en dépenses militaires. La Chine n’a pas gaspillé un centime pour la guerre, et c’est pourquoi elle est en avance sur nous dans presque tous les domaines. Et si nous avions pris 3 000 milliards pour les mettre dans les infrastructures américaines, nous aurions un chemin de fer à grande vitesse. Nous aurions des ponts qui ne s’effondrent pas. Nous aurions des routes qui seraient entretenues correctement. Notre système éducatif serait aussi bon que celui de la Corée du Sud ou de Hong Kong.

Qu’un tel bon sens n’ait jamais effleuré l’esprit d’un dirigeant américain en dit long sur la nature du pouvoir dans ce pays. Il est sans doute difficile, pour un État qui représente 45% des dépenses militaires mondiales et dispose de 725 bases militaires à l’étranger, où les industries de l’armement contrôlent l’État profond et dont la politique étrangère a fait 20 millions de morts depuis 1945, d’interroger son rapport pathologique avec la violence armée. « La guerre au Vietnam, disait déjà Martin Luther King, est le symptôme d’une maladie de l’esprit américain dont les piliers sont le racisme, le matérialisme et le militarisme. »

Mais cette question concerne surtout l’avenir. Par la faute de leurs dirigeants, les Etats-Unis sont-ils condamnés à connaître le sort de ces empires qui ont succombé à leurs ambitions démesurées, littéralement asphyxiés par le poids exorbitant des dépenses militaires ? À la fin de son mandat, en 1959, le président Eisenhower dénonçait avec des accents prophétiques un complexe militaro-industriel qui faisait peser une chape de plomb sur la société américaine. Pas plus que Donald Trump ou Barack Obama, il ne se souciait du sort des populations affamées, envahies ou bombardées par l’Oncle Sam au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Mais comme Jimmy Carter aujourd’hui, il pressentait que la course aux armements serait la principale cause du déclin de l’empire.

Car les néoconservateurs du Pentagone, depuis plusieurs décennies, n’ont pas seulement fait rimer démocratie américaine et massacre de masse au Vietnam, au Laos, au Cambodge, en Corée, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, sans oublier les tueries orchestrées dans l’ombre par la CIA et ses succursales, de l’extermination de la gauche indonésienne (500 000 morts) aux exploits des escadrons de la mort guatémaltèques (200 000 morts) en passant par les bains de sang exécutés pour le compte de l’empire par les lobotomisés du djihad planétaire. Les stratèges de l’endiguement du communisme à coups de napalm, puis les apprentis-sorciers du chaos constructif par importation de la terreur, en effet, n’ont pas seulement mis la planète à feu et à sang.

Marionnettes de l’État profond américain, ces bellicistes qui ont pignon sur rue au Congrès, à la Maison Blanche et dans les grands penseurs (think tanks) ont également plongé la société américaine dans un marasme intérieur que masque à peine l’usage frénétique de la planche à billets. Si le bellicisme des Etats-Unis est l’expression de leur déclin, il en est aussi la cause. Il en est l’expression, lorsque pour enrayer ce déclin, la brutalité des interventions militaires, des sabotages économiques et des opérations sous fausse bannière est la marque de fabrique de sa politique étrangère.

Il en est la cause, lorsque l’inflation des dépenses militaires sacrifie le développement d’un pays où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux.

Alors que la Chine investit dans les infrastructures civiles, les Etats-Unis laissent les leurs à l’abandon au profit des industries de l’armement. Washington fait des rodomontades à l’extérieur, mais laisse le pays se déliter à l’intérieur. Le PIB par habitant est colossal, mais 20% de la population croupit dans la pauvreté. Les détenus américains représentent 25% des prisonniers de la planète. 40% de la population est frappée par l’obésité. L’espérance de vie des Américains (79,6 ans) est passée derrière celle des Cubains (80 ans). Comment un petit pays socialiste, soumis à l’embargo, peut-il faire mieux qu’une gigantesque puissance capitaliste auréolée de son hégémonie planétaire ? Il faut croire qu’aux USA la santé de la plèbe n’est pas la préoccupation majeure des élites.

Habile compétiteur, Donald Trump a gagné les élections en 2016 en promettant de restaurer la grandeur des Etats-Unis et en s’engageant à rétablir les emplois perdus à cause d’une mondialisation débridée. Mais les résultats obtenus, faute de réformes structurelles, infligent une douche froide à ses ardeurs incantatoires. Le déficit commercial avec le reste du monde a explosé en 2018, battant un record historique (891 milliards de dollars) qui pulvérise celui de 2017 (795 milliards). Donald Trump a complètement échoué à inverser la tendance, et les deux premières années de son administration sont les pires, en matière commerciale, de l’histoire des Etats-Unis.

Dans ce déficit global, le déséquilibre persistant des échanges avec la Chine pèse lourd. Il a atteint en 2018 un record historique (419 milliards) qui dépasse le bilan désastreux de l’année 2017 (375 milliards). En fait, la guerre commerciale engagée par Donald Trump a surtout aggravé le déficit commercial américain. Alors que les importations de produits chinois vers les Etats-Unis continuaient de croître (+ 7%), la Chine a réduit ses importations en provenance des Etats-Unis. Donald Trump a voulu utiliser l’arme tarifaire pour rééquilibrer le bilan commercial américain. Ce n’était pas illégitime, mais irréaliste pour un pays qui a lié son destin à celui d’une mondialisation dictée par des firmes transnationales Made in USA.

Si l’on ajoute que le déficit commercial avec l’Europe, le Mexique, le Canada et la Russie s’est également aggravé, on mesure les difficultés qui assaillent l’hyperpuissance en déclin. Mais ce n’est pas tout. Outre le déficit commercial, le déficit budgétaire fédéral s’est également creusé (779 milliards de dollars, contre 666 milliards en 2017). Il est vrai que l’envol des dépenses militaires est impressionnant. Le budget du Pentagone pour 2019 est le plus élevé de l’histoire des Etats-Unis : 686 milliards de dollars.

La même année, la Chine a dépensé 175 milliards, avec une population quatre fois supérieure. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que la dette fédérale ait battu un nouveau record, atteignant 22 175 milliards de dollars. Quant à la dette privée, celle des entreprises et des particuliers, elle donne le vertige (73 000 milliards de dollars).

Certes, les Etats-Unis bénéficient d’une rente de situation exceptionnelle. Le dollar est encore la monnaie de référence pour les échanges internationaux et pour les réserves des banques centrales. Mais ce privilège n’est pas éternel.

La Chine et la Russie remplacent leurs réserves en dollars par des lingots d’or et une part croissante des échanges est désormais libellée en yuans. Les Etats-Unis vivent à crédit aux dépens du reste du monde, mais pour combien de temps ? Selon la dernière étude du cabinet d’audit PwC (« Le monde en 2050 : comment l’économie mondiale va changer ces 30 prochaines année »), les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Indonésie, Mexique, Russie, Turquie) pourraient peser près de 50% du PIB mondial en 2050, tandis que la part des pays du G7 (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon) descendrait à 20%. La chute de l’aigle est proche.