Dehors les fleurons !

Ce qu’on appréhendait, que dis-je, ce qu’on avait prévu c’est réalisé; Lowe’s fait le ménage dans RONA, acheté avec l’accord enthousiasme du gouvernement Couillard en 2016 pour se débarrasser d’un prestigieux fleuron.

Rien de surprenant… comme la Série-C de bombardier qu’on a donné à Airbus, puis le Cirque du Soleil, devenu propriété étrangère et les Rôtisseries St-Hubert, passées aux mains des Ontariens, sans oublier Netflix qui profite d’exemptions de taxes, gracieuseté du fédéral. Il me semble que ça fait beaucoup de mauvaises décisions. L’adage « né pour un petit pain », prend de plus en plus de place chez nous. En contrepartie, c’est aussi une belle manne d’or pour ces administrateurs avides de fric.

Et si on responsabilisait un peu plus les « décideurs politiques et financiers » qui prennent des mauvaises décisions du genre… tiens, voilà que je rêve. Leur punition se résume à les chasser du pouvoir… avec de généreuses primes de départ pour sécher leurs larmes de crocodile. En tout cas, j’ai bien aimé l’article qu’a pondu Josée Legault dans les pages du Journal de Montréal du 6 novembre sur le sujet, et c’est la lecture que je vous propose aujourd’hui.

CHRONIQUE D’UN FIASCO ANNONCÉ Josée Legault

C’était écrit dans le ciel. Après avoir mis le grappin en 2016 sur la chaîne québécoise de quincaillerie RONA, le colosse américain Lowe’s entreprend son grand délestage. Normal. Quand un crocodile s’offre un festin de grenouilles, difficiles pour elles d’échapper à l’inévitable.

Au Canada, Lowe’s fermera plus d’une vingtaine de magasins RONA, dont neuf au Québec. Prétextant une « réévaluation stratégique » – un grand classique des entreprises prédatrices –, Lowe’s
se défait sans broncher d’une partie de ce qui fut déjà un des fleurons de l’entrepreneuriat québécois.

Même si la chose était prévisible, Philippe Couillard et sa ministre de l’Économie, Dominique Anglade, s’étaient réjouis de la vente de RONA. « Ce n’est pas dans l’intérêt du gouvernement de bloquer la transaction », disait Mme Anglade. Ajoutant même que le Québec en sortirait gagnant. Mieux valait être sourd que d’entendre ça.

Parce que cette vente s’inscrivait dans un largage répété de grandes entreprises québécoises, j’ai analysé la vente de RONA sous toutes ses coutures. Ma conclusion : le maintien des sièges sociaux au Québec n’intéressait plus nos « grands décideurs » politiques et financiers.

ABANDON

Pour mieux le comprendre, il faut aussi lire Mise à niveau, la biographie de Robert Dutton, ex-grand patron de RONA, fraîchement publié chez Origo. Infatigable défenseur de RONA et de ce qui était son puissant écosystème québécois d’employés, d’expertise et de fournisseurs, M. Dutton y dénonce l’abandon de RONA par les pouvoirs publics :

« Lowe’s a bénéficié d’événements facilitateurs qui ont rendu l’acquisition de RONA non seulement plus réalisable, mais aussi plus attrayante. Avec la sortie d’Investissement Québec, la vente de Noble Trade, le rachat des francisés, l’aval de la Caisse [de dépôt et placement] et l’appui enthousiasme du gouvernement [Couillard], les difficultés et les complexités se sont aplanies comme par magie devant Lowe’s. […] On ne me convaincra jamais que Lowe’s a sauvé RONA. RONA a sauvé Lowe’s. »

Bref, nos « grands décideurs », dont le gouvernement Couillard et la Caisse de dépôt et placement, ont pavé la voie royale à Lowe’s. D’où la joie initiale de Mme Anglade devant la perte de RONA.

NATIONALISME ÉCONOMIQUE

En 2016, le Parti québécois de Pierre Karl Péladeau s’y était opposé. Idem pour la CAQ de François Legault. Ils avaient dénoncé la perte de plusieurs sièges sociaux québécois aux mains d’intérêts étrangers, dont RONA était le dernier à ce jour. Des pertes d’emplois, disaient-ils, suivraient.

Deux ans plus tard, le dommage est confirmé, mais François Legault est premier ministre. Contrairement à Philippe Couillard, le nationalisme économique est sa marque de commerce. Pour les prochaines fois, il lui incombera donc de stopper cet encan délétère pour l’entrepreneuriat québécois.

Car « encan » il y a. Comme le dit la chanson du même nom de Félix Leclerc : « Tiens, un Américain. C’est légal. Il est dans son droit. Une fois, deux fois, trois fois. Vendu ! Installez-vous monsieur. »

La chanson se termine toutefois sur un appel à tenir tête : « Il ne faut pas que mon histoire finisse là. » Espérons que ce sera entendu.

Salmigondis

COMBATTRE LES ARMES PAR LES ARMES

Dans la tuerie de la synagogue de Pittsburgh aux États-Unis, l’imbécile à Trump n’a eu que cette remarque; « C’est un exemple où s’il y avait eu un garde armé à l’intérieur, ils auraient peut-être pu être en mesure de l’arrêter immédiatement. » Il ne faut pas avoir un quotient intellectuel trop élevé pour en arriver à une pareille conclusion. Les pro-armes aux États-Unis salivent, rien qu’à entendre pareilles affirmations. Des gardiens armés partout, ça ressemble drôlement à des guerres civiles ou des territoires occupés.

LES AVOCATS JUBILENT

Le cannabis n’est légalisé que depuis petites semaines que déjà les contestations devant les tribunaux sont déjà déposées. Tout ce qui s’est dit sur la légalisation de cette drogue est en train de se réaliser. Comme tour de Babel, c’est difficile de trouver mieux. Et à qui profitent ces protestations ? Les avocats, bien sûr ! Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres.

LE FUTUR PONT CHAMPLAIN

La meilleure blague de l’heure qui fait subitement sourire dès qu’on la raconte est celle de l’annonce que le futur pont Champlain ne sera pas prêt pour le 21 décembre prochain, comme promis. Au mieux, ce sera à la fin juin… un cadeau pour la St-Jean-Baptiste ou la fête du Canada? Quoi qu’il en soit, le pire des illettrés, sans aucune expérience en construction, en regardant l’avancement des travaux, n’y croyait absolument pas depuis déjà quelques lunes. Mais les bonzes bien placés et experts en la matière nous affirmaient dur comme fer, qu’il serait prêt à temps. Quand on apprend que l’asphalte ne se pose pas entre le 15 novembre et le 15 mai, on ne vient sûrement pas de le découvrir. Et les amendes ??? Encore une fois ne prenez pas la chance de vous étouffer avec vos rires… il vont nous annoncer n’importe quelle raison pour dire qu’il n’y en aura pas… je vous gage ce que vous voulez…

LES BANQUES NE VEULENT PLUS DE COMPTOIR

Les succursales bancaires éliminent graduellement les comptoirs au profit des transactions en ligne où aux guichets automatiques. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eu récemment à la CIBC de mon quartier. Cette institution semble oublier que les personnes âgées sont moins technologiques que les plus jeunes et ils sont souvent plus à l’aise de parler à une caissière qu’à une machine. Pour une transaction où j’étais obligé de me présenter au comptoir, j’ai dû attendre 15 minutes pour une opération qui prenait une trentaine de secondes. Le caissier a dû répondre à sa supérieure et m’a fait poireauter durant cette période. Pendant ce temps, des personnes avec une canne attendaient en ligne, plantées debout. Comme service à la clientèle, j’ai déjà vu mieux !

STATIONNER À RECULONS ? POURQUOI ?

De nombreux accidents se produisent lorsque vous sortez en marche arrière d’un stationnement. Prenez donc la bonne habitude de vous stationner à reculons. Il y a plusieurs avantages. En voici cinq :

•    Sortir en toute sécurité de son entrée;

•    Accroître sa visibilité; réduire les risques de collision;

•    Positionner son véhicule de façon idéale si on nécessite un remorquage ou un survoltage;

•    Faciliter son passage entre deux bancs de neige;

•    Être prêt à sortir rapidement en cas d’urgence.

Convaincu? Alors que l’hiver est à nos portes… passez en mode « reculons » et gardez cette bonne habitude pour toujours.

La fameuse question du crucifix

Les Québécois sont divisés sur la solution définitive de laisser, d’enlever ou de déplacer le crucifix à l’Assemblée nationale. Pour moi, les raisons évoquées sont toutes défendables, et je préfère qu’il y reste. Mais l’analyse que j’en fait se résume pas mal à celle de Mathieu Bock-Côté, publié dans sa chronique du Journal de Montréal du 24 octobre dernier, et que je veux partager avec vous aujourd’hui.

CRUCIFIX : ÉVITONS LA DIVISION Mathieu Bock-Côté

Je ne suis pas de ceux qui ont un problème avec la présence du crucifix à l’Assemblée nationale. Non pas que j’en fasse une religion, sans mauvais jeu de mots. Si on le décrochait, je n’en ferais pas un drame. Mais le fait est qu’il y est, et qu’une majorité de Québécois y est attachée.

Et contrairement à ce que soutiennent ses détracteurs, il représente moins une alliance imaginaire entre l’État et l’Église qu’un simple rappel, au cœur de nos institutions, de notre vieux passé canadien-français qu’on a tendance à réduire à une grande noirceur.

HISTOIRE

En fait, j’y vois un symbole de continuité historique. Il nous rappelle que le présent n’épuise jamais complètement notre réalité et que le passé nous habite encore d’une manière ou d’une autre.

Il rappelle par ailleurs notre inscription dans l’histoire de la civilisation occidentale. Ce message est capital pour les communautés issues de l’immigration qui doivent savoir dans quel monde elles évolueront.

Il n’y a pas d’incohérence collective entre le maintien du crucifix là où il est et la promulgation d’une Charte de la laïcité. Car la laïcité n’a pas pour vocation d’abolir tout ce qui la précède et de javelliser notre univers identitaire.

En fait, nous mettrions simplement en place une laïcité cohérente avec notre histoire. Une identité collective s’alimente à plusieurs sources. D’ailleurs, la formule « catho-laïque » est moins injurieuse qu’on ne le croit. Comme j’aime dire, avec la Révolution tranquille, nous avons heureusement relégué le catholicisme à l’arrière-fond de la vie publique, mais nous n’avons jamais décidé de changer l’arrière-fond.

Toutefois, je le reconnais sans gêne, on peut être favorable au maintien ou au retrait du crucifix de l’Assemblée nationale. Les deux positions se défendent. Car l’essentiel est ailleurs. On ne doit pas accepter que cet enjeu serve de diversion politico-médiatique pour diviser contre elle-même l’immense majorité de Québécois favorables à une interdiction des signes religieux ostentatoires pour les personnes en situation d’autorité.

L’essentiel, c’est la mise en place d’un Charte de la laïcité : autour de cela, le consensus est fort. Nous aurons toujours l’occasion de nous chamailler sur le crucifix ensuite.

Petite observation historique : les Québécois ont une capacité exceptionnelle à se perdre dans ce qu’Honoré Mercier appelait des luttes fratricides. Au moment de la Révolution tranquille, l’immense majorité était favorable à la refondation politique du Québec. Les uns voulaient l’indépendance, les autres la société distincte. Tous rejetaient la subordination du peuple québécois dans le Canada. Mais ce sont les trudeauistes qui ont gagné en profitant de nos divisions.

DIVERSION

Cette fois, on assiste à la même chose, à plus petite échelle, autour de la question de la laïcité. Allons-nous vraiment renoncer à cette avancée collective parce que certains tiennent au crucifix et d’autres pas ? Allons-nous permettre aux multiculturalistes de l’emporter parce que le camp nationaliste, favorable à la laïcité, n’est pas capable de surmonter ses divisions ?

Ce qui nous manque, comme peuple, c’est une capacité de résister aux stratégies de diversion qui nous condamnent à l’impuissance.

Une fois élu… on revient à la normale

François Legault nuance. Déjà, les journaux nous apprennent des assouplissements possibles de ce gouvernement pour le port de symboles religieux chez les fonctionnaires et personnes en autorité. Une manifestation raciste aura eu raison sur les bonnes volontés clairement exprimées par le chef de la CAQ. Chassez le naturel, il revient au galop ! Déjà la controverse… et ils ne sont pas encore assermentés. Ça promet !

Richard Martineau en a fait le sujet de son article d’hier dans le Journal de Montréal, et c’est ce que je veux partager avec vous.

BIP, BIP, FRANÇOIS LEGAULT RECULE ! Richard Martineau

Donc, François Legault est comme tous les autres politiciens.

Exactement pareil. Il plie dès que le vent souffle un peu.

UNE LOI À DEUX VITESSES

Il aura suffi que l’extrême gauche organise une manif le traitant de raciste pour que notre nouveau premier ministre recule et revienne sur sa décision.

C’est ça, l’autre façon de gouverner ? Ça ressemble diablement à l’ancienne… Après ça, on se demande pourquoi le taux de participation fond comme neige au soleil d’élection en élection… Monsieur Legault envisage maintenant de créer une « clause grand-père ».

S’il va de l’avant avec cette idée, sa loi sur l’interdiction des signes religieux chez les fonctionnaires en position d’autorité ne s’appliquera qu’aux nouveaux employés. L’agent Jo Blow, qui est policier depuis cinq ans, pourra porter son crucifix, sa kippa ou son turban au travail, mais Fatima, qui patrouille avec lui jour après jour, ne pourra porter son voile, car elle a été embauchée après l’adoption de la loi.

Imaginez le bordel, vous… C’est comme si on disait : « Steve a le droit de rouler à 100 km/h sur l’autoroute, mais sa femme ne pourra dépasser 80 km/h parce qu’elle a eu son permis de conduire plus tard que lui… » Une loi à deux vitesses, qui touche certaines personnes, mais pas d’autres…

Ça ne tient pas debout deux secondes. Une autre idée toute croche de la CAQ,

Le pire est que ce « compromis » improvisé à la dernière minute pour calmer le jeu ne calmera personne et rendra tout le monde mécontent.

Les défenseurs de la laïcité seront déçus et les gauchistes radicaux qui manifestaient dimanche avec des enfants embrigadés et des slogans en anglais continueront de trouver cette loi raciste. À vouloir plaire à tout le monde, tu ne plais à personne.

TRANSFORMER LE VIN EN KOOL-AID

Alors, c’est ça, la CAQ ? Bon…

Quand j’ai appris que monsieur Legault voulait interdire le port des signes religieux chez les fonctionnaires en position d’autorité, j’ai écrit, avec enthousiasme : « Ça commence bien ! »

Mais là, je dis, avec ironie et désillusion : « Ça commence bien… »

Sans point d’exclamation. Avec un soupir de découragement à la fin de la phrase.

Une petite manif, et pouf, la baloune caquiste s’est dégonflée… Pas fait fort, fort, notre PM. Faudrait qu’il s’achète des vitamines.

Et attendez, ce n’est que le début. Quand le fédéral, la magistrature et les syndicats de profs vont s’en mêler, il ne restera plus grand-chose de sa fameuse loi. Il va reculer sur les profs. Puis il va adopter sa clause « grand-père ».

Il va tellement mettre d’eau dans son vin que ça va finir par goûter le Kool-Aid.

SAUF NOUS

Pendant ce temps, en Algérie, les policières ne portent pas le voile.

C’est interdit. Pour toutes les policières, pas seulement pour les nouvelles recrues. Tu enlèves ton voile ou tu ne travailles pas dans la police. Les Algériens sont-ils racistes ? Bien non, voyons !

Mais nous, oui.

Chaque fois que le Québec propose la moindre mesure concernant la langue, l’immigration ou la laïcité, on se fait traiter de raciste.

Comme si tout le monde avait le droit de légiférer, sauf nous.

La réalité toute crue

Remplie de vérité, cet article trouvé sous Le choc des idées, du Journal de Montréal du 22 septembre. En rapport à la déclaration de Philippe Couillard sur l’épicerie hebdomadaire à 75$ pour une famille de 4 personnes, il est assez édifiant.

Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, est l’auteure de ce court texte percutant, que je partage avec vous.

SE FAIRE DONNER DES RECETTES PAR DES MILLIONNAIRES
Virginie Larivière

Le premier ministre Philippe Couillard croit qu’il est possible d’arriver à nourrir une famille de trois personnes pendant une semaine avec 75$. Les nuances végétales du PM ne changent rien au fait qu’il présente la pauvreté comme un défi qui peut se relever, pour peu qu’on soit prêt à sacrifier la variété des menus.

Il est bien sûr possible de survivre avec peu de moyens. Le problème avec le débat actuel sur le prix de l’épicerie, tel que lancé par le PM, c’est qu’il limite la question de la pauvreté à la faisabilité d’une épicerie.

La réalité des personnes en situation de pauvreté s’en trouve éclipsée : le loyer trop cher, la facture d’Hydro, la petite dette accumulée… et l’épicerie, seule dépense compressible.

Personne ne meurt au Québec parce qu’il n’a pas mangé, Mais, parmi d’autres statistiques, il est démontré que l’espérance de vie des personnes habitant les quartiers pauvres est considérablement moindre que celle des personnes habitant les quartiers riches. Un écart de 11 ans à Montréal.

Vivre la pauvreté, ça ne veut pas juste dire que l’on compromet la variété de ses menus. Ça veut dire compromettre sa dignité, sa santé et son espérance de vie.

Ça veut surtout dire se faire faire la morale et se faire donner des recettes par des millionnaires.

Et pourquoi pas le PQ, comme nouveau gouvernement?

Madame Marois était première ministre d’un gouvernement minoritaire qui a duré le temps des roses; 19 mois et 4 jours exactement. Si elle avait été majoritaire, son avenir aurait été bien différent. On ne le saura jamais mais le PQ est à l’origine des meilleures lois et mesures sociales des 42 dernières années, alors pourquoi ne pas les porter au pouvoir à cette élection?

Franchement, François Lisée est le plus brillant des quatre chefs et dans le dossier de l’immigration, la CAQ a besoin de retourner à ses lectures pour mieux le maîtriser. Quant à Couillard, comme les libéraux, il a fait largement son temps.

C’était le sujet de la chronique de Richard Martineau, hier, dans le Journal de Montréal. Elle rejoint ma réflexion et je m’empresse de la partager avec vous.

LEGAULT CONNAÎT L’IMMIGRATION ? PAS TELLEMENT…
Richard Martineau

Ainsi, François Legault ne veut pas que l’immigration devienne le sujet principal de la campagne.

Remarquez, je le comprends. Parce que plus le chef de la CAQ parle d’immigration, plus on se rend compte qu’il ne maîtrise absolument pas le dossier.

IL A COULÉ SON TEST

Lors d’un point de presse à Cap-Santé, dans le comté de Portneuf, un journaliste a demandé à monsieur Legault s’il savait combien de temps il fallait demeurer au Québec et au Canada pour devenir citoyen canadien. « Quelques mois », a bredouillé le chef de la CAQ après une brève hésitation.

– La réponse est trois ans, minimum, avec la résidence permanente, a répondu le journaliste.

Ouch.

Il me semble que si tu veux faire de l’immigration le fer de lance de ta campagne, la moindre des choses est de connaître ton dossier !

Le journaliste ne posait pas une question piège pour un obscur point de détail que seuls des spécialistes en immigration peuvent connaître, il ne cherchait pas à mettre le chef de la CAQ en boîte, il posait une question fondamentale !

Je suis sûr qu’il était le premier surpris quand monsieur Legault a été incapable de répondre à sa question…

Comme a dit Philippe Couillard : « Si on parle d’un sujet aussi délicat que l’immigration, il faut au minimum comprendre de quoi on parle. »

À TRAVERS SON CHAPEAU

Ce n’est pas la première fois que monsieur Legault parle à travers son chapeau à propos de l’immigration. Prenez sa fameuse proposition concernant les immigrants qui ne passeraient pas leur test de français après trois ans.

Au début, le chef de la CAQ a dit que le Québec les expulserait. Puis, lorsque les gens lui ont fait remarquer que le gouvernement du Québec n’a pas ce pouvoir, il a dit que c’est le Canada qui les expulserait. Pensez-vous deux secondes que Justin Kumbaya Trudeau accepterait d’expulser des immigrants parce qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment le français ? Voyons !

Cette proposition ne tient pas debout. Comment a-t-elle pu être acceptée par l’équipe de la CAQ ?

D’ailleurs, monsieur Legault a tenté de remettre le dentifrice dans le tube en disant qu’il n’y avait aucune raison de paniquer puisque de toute façon, le test de français serait tellement facile que tout le monde le passerait. Comme a dit (encore) Philippe Couillard : « Si le test est facile, pourquoi en faire un ? »

LA FACE DU CLIENT

La politique est le seul domaine où des gens qui ne savent pas ce qu’ils font, ont des chances de réussir. Demanderiez-vous à une personne qui ne sait pas comment un moteur fonctionne de réparer votre auto ? Bien sûr que non.

Demanderiez-vous à un médecin qui ne connaît rien à l’anatomie ou à la biologie de vous ausculter ? Non, bien sûr.

Mais lorsque vient le temps de choisir qui dirigera les destinées de la province ou du pays, la compétence n’est soudainement plus un critère. On choisit celui qui nous paraît le plus sympathique.

Regardez les sondages : François Legault trône au sommet alors que Jean-François Lisée, qui est de loin le plus brillant des quatre chefs, traîne de la patte.

Décourageant.