Salmigondis

APPARTEMENTS INFESTÉS ET INSALUBRES

Une vraie histoire d’horreur, quand un citoyen doit payer 1000 $ par mois pour un logement insalubre et infesté de coquerelles. Le gouvernement devrait obliger les propriétaires à complètement rénover ces appartements rapidement et en conformité aux exigences gouvernementales. On ne laisserait même pas un animal habiter de tels taudis qui deviennent souvent des trappes à feu. Très souvent, ce sont des étrangers qui sont les propriétaires de ces maisons. Le fric est leur principale motivation à gérer de leurs résidences luxueuses dans des paradis fiscaux.

DÉMERDEZ-VOUS !

La réponse voilée de U-Haul envers ses clients frustrés, on les comprend très bien, de s’être fait dire à la dernière minute qu’ils ne pourraient honorer leurs contrats. Et tout ça, en pleine période de déménagement. Et comme le malheur n’arrive jamais seul, cette compagnie irresponsable offre un rabais de 50 $ en compensation. Une farce ! Ce qui revient à dire que si tu veux ton 50 $, tu dois réserver encore leurs camions. On appelle ça tourner le fer dans la plaie. Retenez bien ce nom U-Haul. Cette arnaque monumentale mérite un recours collectif exemplaire, et qu’ils disparaissent du paysage québécois.

DRAKE ET LALIBERTÉ : SUR UNE AUTRE PLANÈTE

Comment ne pas se sentir choqué d’apprendre via les journaux que Guy Laliberté, avec son avion à réaction Global Express personnel, et le rappeur Drake dans son Boeing 767 privé, se sont amusés à voyager au gré de leurs fantasmes à travers le monde en pleine pandémie. Les consignes et recommandations des gouvernements ? Bas, c’est pour les autres. Nous c’est pas pareil. Nous sommes des millionnaires. On a un statut particulier qui nous permet toutes les fantaisies possibles.

Pendant que ceux et celles qui les ont mis millionnaires devaient se confiner et suivre toutes sortes de consignes, ces « vedettes » se la coulait douce. C’est dégueulasse ! Et on continuera de les aduler. Très peu pour moi.

L’ARGENT JETÉ PAR LES FENÊTRES

La monarchie au Canada n’a pas sa raison d’être. Prêter allégeance à la reine et être sa représentation au Canada c’est d’une autre époque. Savez-vous ce que nous coûte le poste symbolique de gouverneur général, au Canada ? Un salaire annuel de 290 600 $. Une allocation de dépenses démesurée et une montagne d’avantages.

Et c’est pas fini, comme le dit la chanson. À la retraite, un gouverneur général touche une pension à vie de 143 000 $, indexé, même s’il n’a fait que 3, 4 ou 5 ans. Pas mal plus avantageux qu’un salarié qui doit bûcher toute sa vie. C’est mieux que la loterie. Plus pauvre que ça, tu meurs. Un somptueux cadeau complètement inutile qu’on paie souvent, francophones, anglophones et allophones, à une unilingue anglophone, bien sûr.

NIKITA KUCHEROV : POUR L’ESPRIT SPORTIF, ON REPASSERA

Une preuve d’imbécilité à ce joueur du Lightning qui empoche annuellement un salaire de 9,5 millions $. Après leur victoire contre les Canadiens, cet idiot ne s’est pas gêné, bière à la main et torse nu, pour insulter et ridiculiser les partisans du Canadien et leurs manifestations de joie après une victoire des Glorieux. Hautain, il se vantait également que son club avait eu le plein contrôle de la série sans oublier de cracher également sur Marc-André Fleury, le qualifiant de je-ne-sais-quoi, choisi le récipiendaire du trophée Vézina, au lieu de Vasilevskiy.

Un joueur si talentueux avec une cervelle d’oiseau. Pour son esprit sportif, il a des croûtes à manger. Bel exemple pour ses jeunes admirateurs. À cracher sur les autres, ça peut nous revenir en plein visage, un moment donné.

Salmigondis

LA PCU A CRÉÉ UN VRAI BORDEL

La PCU de Justin a été jetée à tout vent et voilà qu’on en mesure les conséquences. En plus de la fraude qu’elle a apporté, beaucoup en ont profité pour en mettre de côté, acheter des RÉER ou engraisser leur compte en banque. Donc, il faut en déduire que ce n’était pas un montant de dernier recours, comme l’ami Justin le prétendait.

Ce fut tellement mal administré, qu’on en découvre les résultats néfastes aujourd’hui; manque flagrant de main d’œuvre partout dans des pans importants de notre société. Les commerces qui doivent fermer faute d’employés. Et contestations partout pour obtenir de meilleurs salaires. La merde est poignée pour longtemps malheureusement. Et qui va finalement payé ? Le CONtribuable !

ON VEUT ALLER TROP VITE

Les politiciens demandent haut et fort une enquête publique sur la gestion de la pandémie de COVID-19. Tout de suite ! Un moyen pour faire parler d’eux, devant un gouvernement qui a hautement la satisfaction de l’opinion publique et ses citoyens de son bord.

Du côté des autochtones, ils réclament réparation pour la découverte de leurs enfants morts et enterrés au Canada. Ils veulent condamner les coupables sur le champ. Nous ne sommes plus au lynchage et à des sentences manu militari. Dans les deux cas, il faut des enquêtes publiques pour faire la lumière sur ces événements. Pour la pandémie, pourrait-on attendre la fin de celle-ci avant d’y penser ?

Les sentiments ne doivent pas nous guider et précipiter les choses.

UNE PUBLICITÉ GRATUITE

Tous les moyens sont bons pour publiciser gratuitement la reprise des activités de son commerce. Un coup de mise en marché pour attirer la clientèle. « Pour les clients vaccinés, je vous offre un rabais de 10 % sur vos achats. En plus, je n’exige aucune preuve de vaccination », affirme Russell Hemsworth, propriétaire de la papeterie Nota Bene à Montréal. En somme, 10 % de moins c’est pour tout le monde, vacciné ou pas. Mais les mots à la mode aujourd’hui étant « pandémie » « COVID-19 » et « vaccination », sont accrocheurs et c’est un excellent moyen d’obtenir de la publicité gratuite.

CÉLÉBRER DANS LE CAHOS

C’est triste de constater toute la casse et les méfaits occasionnés par quelques agitateurs lors d’un événement heureux comme la victoire des Canadiens, vendredi dernier. Tous s’accordent pour dénoncer ces gestes barbares et c’est heureux que ce ne soit qu’une poignée d’abrutis qui agissent de la sorte. Mais, justement, ce sont eux qui jettent une grosse douche d’eau froide sur cette belle victoire qui permet au club de passer en finale pour la coupe Stanley.

Pour détruire des véhicules de patrouille, mettre le feu aux poubelles et déplacer des cônes, ça prend des cervelles détraquées et le pire, ils n’ont aucune raison pour agir de la sorte. Bravo aux équipes d’intervention qui ont tout de même empêché de causer plus de dommage.

UNE MAUDITE BONNE IDÉE

Les autorités birmanes ont fait brûler récemment pour plus d’un demi-milliard de dollars d’opium, d’héroïne, de méthamphétamine et autres drogues, saisis par la police. À Rangoun, les journalistes ont pu voir un tas énorme de sacs de cannabis, à côté d’autres remplis de petites pilules roses, et de tables pleines d’héroïne et autres drogues diverses, avant que les autorités n’y mettent le feu. Des opérations similaires ont eu lieu aussi dans les villes da Mandalay et Taunggyi, brûlant pour 668 millions de dollars de drogues. Pas de niaisage !

Salmigondis

DES TRUCS POUR CONSERVER VOS TOMATES FRAÎCHES

1- Évitez le frigo. La tomate, peu importe sa grosseur, aime les environnements tempérés. Idéalement entre 12 et 15 degrés Celsius.

2 – Éviter la lumière directe. Le soleil direct fera mûrir rapidement le fruit. L’entreposer à l’abri de la lumière est idéal.

3- La tomate préfère l’humidité à l’air sec. Il faut être vigilant durant les mois d’hiver, où le chauffage assèche l’air.

LA PANDÉMIE A ÉTÉ GÉNÉREUSE POUR LA SAQ

Quand on sait que le salaire moyen des travailleurs au Québec est de 41 240 $, c’est assez indécent de constater que la patronne de la Société des alcools du Québec (SAQ), Catherine Dagenais a reçu plus que ce médian, soit un boni de 65 474 $ en plus de son salaire exécrable de 434 980 $, pour l’exercice financier 2020-2021.

Vous souvenez-vous des sacrifices que vous vous êtes imposés durant ces derniers 15 mois ?

Des emplois perdus ? Des entreprises forcées de fermer ? Pas à la SAQ qui, étant considérée comme un service essentiel, n’a pas vécu de fermeture. En fait, c’est plus de 9 millions $ de boni qui sera distribué entre ses 1347 salariés et les cadres.

Les ventes de la SAQ ont été de 3,9 milliards $ avec un profit de 1,2 milliards $. Un boulot à la SAQ vous intéresse ? Votre sécurité financière est assurée.

UN MINISTRE DE LA SANTÉ IMPRESSIONNANT

Comment trouvez-vous Christian Dubé, comme ministre de la Santé ? Moi, il m’impressionne ! Député de ma circonscription, je le trouve réconfortant comme François Legault. Il est convaincant et pilote ses dossiers avec assurance. Il dégage le sentiment d’un homme organisé et qui aime relever des défis. Il donne toujours l’heure juste, prend connaissance des commentaires et a une façon de bien présenter ses solutions. Il est méthodique, et vulgarise simplement et facilement ses objectifs.

On le voit beaucoup dans le dossier de la pandémie et si le programme de vaccination roule rondement, il en mérite une large part du gâteau. On sent qu’il y met tout son cœur. J’adore cette équipe ministérielle et tous les autres spécialistes, dans la gestion de cette pandémie qui tient le haut du pavé de l’actualité depuis 15 mois. Ils sont dévoués et en plein contrôle. À preuve, leur gestion est citée en exemple partout.

RESPECT DES MINORITÉS, SEULEMENT AU QUÉBEC

Quand la minorité anglophone se pense persécutée par la majorité francophone au Québec, il faudrait peut-être qu’elle regarde ce qui se passe dans les autres provinces. À preuve, la récente série des Canadiens de Montréal contre les Jets de Winnipeg. On sait que la minorité francophone est présente au Manitoba et, bien sûr dans la région de Winnipeg. Ils n’ont même pas eu la délicatesse de chanter l’hymne national dans les deux langues, contrairement à Montréal qui le fait toujours. Alors je vous le demande : Qui a le plus d’égard envers sa minorité au Canada ? Le Québec ! Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

RACISME SYSTÉMIQUE

L’expression à la mode que tous les « persécutés » aimeraient que l’État du Québec reconnaisse. François Legault a entièrement raison de clamer qu’il y a du racisme au Québec, mais très loin d’être systémique. Quand on demande aux racisés de décrire le « systémique », ils disent n’importe quoi. Si vous voulez voir le vrai visage du racisme systémique, je vous invite à voir le film La voie de la justice, sorti en 2020. Une histoire basée sur des faits réels, en Alabama, mettant en vedette Jamie Foxx et Michael B. Jordan. Le vrai visage d’un réel racisme systémique sans réserve, rongé à l’os par l’État et dans toutes ses structures. Ensuite, faites l’exercice de comparaison avec ce qui se passe ici. On s’en reparlera.

Salmigondis

UNE VÉRITÉ CRUE

Excellent commentaire d’une résidente du Plateau Mont-Royal, constatant les déchets qui jonchaient le sol du parc Jeanne-Mance, suite au rassemblement monstre de la veille : « Ç’a, c’est beaucoup de jeunes qui manifestent contre les changements climatiques, mais qui sont incapables de ramasser leurs propres vidanges. Ça me dégoute, ce n’est pas à nous de subir ça ». Très juste !

RAISON SOCIALE ANGLAISE

Alors que j’attendais pour recevoir ma deuxième dose d’AstraZeneca hier au Quartier Dix30, je regardais les enseignes commerciales pour voir si le français était prédominant dans l’affichage. Eh bien non !

Dans cette section de l’immense complexe commercial, j’en ai trouvé trois, et sans me forcer; Breakout, Joe Fresh et Jack Baloons, et il y en a d’autres, beaucoup d’autres. Le projet de loi 96 dit vouloir corriger cette situation… je l’espère bien.

ET SI LES CANADIENS CAUSAIENT LA SURPRISE ?

Je dois l’avouer, après la quatrième partie dans la série Toronto-Montréal, je ne donnais pas cher de la peau de nos Glorieux. Je ruminais mon article à en devenir sur le manque de fierté des joueurs de porter la sainte flanelle bleu-blanc-rouge.

Son manque d’effort, l’inaction des vétérans, la fougue absente des jeunes joueurs, sans oublier la direction de l’équipe. J’étais de ceux qui voulait des changements majeurs « en haut », et la possibilité de se débarrasser du bois mort, lors de la sélection du Kraken de Seattle dans quelques semaines.

Mais là, tout a changé. En quelques heures, ils ont repris vie, et les voilà, disputer ce soir une rencontre ultime contre la puissante machine offensive que sont les Maple Leafs. Espérons que le miracle se produira. Et Price qui est revenu dans mes bonnes grâces… Peu importe l’issue de cette partie, ils auront finalement tout donné dans ce surprenant retour.

L’horreur israélo-palestinienne

On le voit tous les jours à travers les différents médias. Une population civile qui fait les frais d’une guerre qui dure, dure et perdure.

Victimes de bombardements sauvages, des familles sont décimées, des immeubles totalement détruits. L’horreur dans ce qu’elle a de pire.

Anne-Caroline Desplanques signait un article dans le Journal de Montréal de mardi dernier très évocateur de ce que vivent les familles en décrivant le portrait d’une d’entre elles; deux enfants en bas âge et les parents. Privés d’électricité et de choses indispensables, ils vivent une crainte de tous les instants.

Je vous propose cet article en vous demandant ce que vous feriez dans un tel contexte ? Depuis 15 mois, nous vivons une pandémie avec des consignes qui ne se comparent pas d’un iota à ce que ces gens vivent. On se plaint de ne pas assouvir son petit nombril et de ne pouvoir socialiser. On enfreint les consignes comme des petits lapins gâtés, pourris.

Pour un instant, mettons-nous dans leurs souliers. On ne tiendrait pas 10 minutes.


UNE FAMILLE DE GAZA TRAUMATISÉE

Photo : Journal de Montréal

Le Journal s’est entretenu avec le groupe de quatre, qui a peu dormi depuis cette guerre israélo-palestinienne.

Les bombes ont cessé de tomber sur Gaza et Israël, à la faveur d’un cessez-le-feu entre l’État hébreu et le groupe armé palestinien Hamas. Mais cette quatrième guerre israélo-palestinienne a profondément traumatisé une famille palestinienne qui s’est confiée au Journal.

Pendant 12 nuits, Hana, 7 ans, et sa petite sœur, Lilya, 5 ans, n’ont pas dormi. Couchées sur le sol entre leurs parents, elles écoutaient tomber les bombes en priant pour qu’aucune ne les atteigne.

« Je n’étais pas préparé à voir la terreur dans leurs yeux. Voir mes filles dans cet état, c’est pire que tout, je ne souhaite à personne de voir ses enfants comme ça », souffle leur père Khaled Abu-Shabaan en entretien au Journal.

La famille de ce travailleur humanitaire réside normalement dans un immeuble de Gaza, mais, craignant que la tour soit visée par un F-35 israélien, elle s’est réfugiée chez des parents. Tous les quatre dormaient ensemble, par terre, serrés les uns contre les autres de peur d’être séparés par la mort.

L’ENFER SUR TERRE

« Les êtres humains ne sont pas constitués pour supporter une telle peur », souffle le père de famille la voix étranglée.

Certains jours, les bombardements étaient si proches et si intenses que le sol a tremblé sous les pieds de Lilya et Hana et que tous les murs ont vibré autour d’elles.

« Papa ! Pourquoi la terre tremble ? » hurlait alors Hana en sautant sur place. La petite pousse maintenant ce même cri de terreur dans son sommeil en tremblant.

« S’il y a un enfer sur terre, c’est la vie des enfants de Gaza », a dit le secrétaire général des Nat ions unies (ONU), Antonio Guterres, en appelant à un cessez-le-feu. Peu après, une trêve était annoncée. Mais chez Khaled Abu-Shabaan, on est loin de festoyer.

VILLE DÉTRUITE

« Des familles entières ont été éradiquées, la ville est entièrement détruite maintenant », dit-il en comptant les bouteilles d’eau qu’il lui reste.

L’esu n’étant pas potable à Gaza, M Abu-Shabaan doit en acheter régulièrement. Il a même dû sortir pendant les bombardements pour ravitailler sa famille. Mais, de jour en jour, il a vu les stocks diminuer dangereusement et s’inquiète maintenant de la suite.

Chez lui, à présent, l’électricité est coupée la majorité du temps, une eau saumâtre coule en filet du robinet et plusieurs fenêtres ont volé en éclats.

« Les hostilités ont gravement endommagé les infrastructures civiles vitales de Gaza, notamment les routes et les lignes électriques, explique M. Guterres. Les points de passage vers Gaza ont été fermés et les pénuries d’électricité affectent l’approvisionnement en eau. »

SOLUTION POLITIQUE

L’ONU a appelé dimanche à régler les « causes profondes » du conflit israélo-palestinien afin d’éviter de nouvelles « destructions » et de redonner « un sens au futur ». Elle réclame la levée du blocus imposé par Israël depuis 2007.

« Personne ne veut la paix davantage que nous, les Palestiniens. Mais nous voulons une paix digne. Deux États qui assurent les mêmes droits à leurs enfants », plaide M. Abu-Shabaan en serrant ses filles contre lui.

11 JOURS D’ENFER

Un bilan désastreux :

242 Palestiniens tués : 23 filles, 43 garçons, 38 femmes et 138 hommes;

1949 Palestiniens blessés;

12 Israéliens tués : 2 enfants, 5 femmes et 5 hommes;

710 Israéliens blessés.

Personnel soignant… des vocations surhumaines

Quel troublant reportage dans l’édition du 20 février du journal La Presse +, sur le travail surhumain du personnel soignant dans les hôpitaux et principalement en temps de COVID. On ne peut imaginer leur quotidien. En voici un trop bref aperçu.

Lorsque la tempête sera terminée, il faudra récompenser et honorer le travail colossal qu’ils ont accompli.

Voici leur réalité de tous les instants, livrée par Gabrielle Duchaine.

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PERSONNE NE COMPREND CE QU’ON VIT

Photo: David Boily, La Presse

À quelques jours d’un nouvel assouplissement des règles sanitaires, alors que les cas de COVID-19 continuent de baisser, au front, le personnel soignant n’a pas l’impression de souffler. « Personne ne comprend ce qu’on vit » : c’est le cri du cœur d’une travailleuse épuisée qui appréhende plus que tout une troisième vague de la maladie. La Presse a passé une journée avec les équipes COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur.

UN AN DE DEUILS

Dans la chambre 203 de l’unité des soins intensifs de l’hôpital Pierre-Le Gardeur, Marcel Roy, 73 ans, vit ses dernières heures.

Cela fait 37 jours qu’il est hospitalisé ; 37 jours que le personnel le connaît, le soigne, s’attache à sa famille. Sa femme, Mariette Forget, leur a montré des photos des « beaux yeux bleus » de son mari. Avant la maladie.

Le soir de son admission, M. Roy a appelé Mariette. « Ils vont m’intuber. Je veux vivre », a-t-il dit.

Ensuite, il a passé des semaines dans un semi-coma. Les médecins ont dû lui faire une trachéotomie.

En février, Marcel Roy a remonté la pente. Il a commencé à respirer seul quelques heures par jour. Il a murmuré « je t’aime » à sa femme. Il a été déclaré guéri de la COVID-19. Sa famille s’est mise à espérer. Et les soignants avec elle.

Et puis, il y a eu les complications.

Ce matin, quand Mariette est arrivée à son chevet, elle l’a vu à nouveau dans le coma. La bouche ouverte. Branché de partout. Elle a tranché. « C’est assez. »

« C’est un geste d’amour que vous faites », lui a répondu l’intensiviste, la Dre Amélie Boisclair.

***

Nous sommes le 10 février à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, en banlieue de Montréal. Un établissement ultramoderne qui dessert un bassin de 300 000 résidants de la couronne nord. Aujourd’hui, il y a 12 patients « rouges » aux soins intensifs, ce qui en fait l’un des plus occupés du Québec.

Ils sont une quinzaine autour du poste de garde – des infirmières surtout, des préposés, deux médecins – lorsque les proches de M. Roy entrent dans l’unité.

Ils viennent d’être informés de la décision de la famille d’arrêter les traitements. Les visages sont graves derrière les masques. Des larmes brillent dans les yeux de plusieurs.

Ici, la mort fait partie du quotidien. On pourrait croire que les soignants la côtoient avec une certaine indifférence. Non.

« On ne s’habitue pas à ça », dit la Dre Boisclair.

Il y a quelques semaines, excédée, elle a publié sur Facebook une sortie contre les voyages à l’étranger et une photo de son visage meurtri par son masque. Les réactions ont confirmé ses soupçons : « Les gens n’ont aucune idée de notre réalité. » Alors que plane la menace d’une troisième vague et que les nouveaux variants se multiplient, c’est elle qui nous a invités à l’hôpital. « C’est important que tout le monde voie. »

L’intensiviste entre dans la chambre de son patient inanimé et lui serre le bras de sa main gantée. Elle se penche vers lui, murmure quelques mots, puis s’éloigne pour pleurer loin des regards. « Il allait mieux », souffle-t-elle.

Mélanie Normand, infirmière, prend Mariette Forget dans ses bras, lui caresse le dos et tire le rideau pour donner un peu d’intimité à la famille. C’est elle qui donnera les derniers soins au mourant.

« J’étais là quand il est arrivé. J’étais là quand on lui a fait sa trachéo. Et je suis là aujourd’hui. »

Karine Kazerski s’est retirée le temps de se redonner une contenance. « On vit beaucoup de deuils avec la COVID. Ce sont des patients qui restent plus longtemps aux soins intensifs. On s’attache », dit-elle.

« Quand les visites étaient interdites, on les voyait mourir seuls. Maintenant, on accompagne leurs familles. Ça devient lourd, après un an, de tenir ça sur nos épaules. »

– Karine Kazerski, préposée aux bénéficiaires

Au front depuis bientôt 12 mois, à « vivre le drame de tout le monde », l’équipe est à bout de souffle.

il y a eu la première vague, la peur et l’inconnu. « Tous les jours, quelque chose de nouveau », dit Mélanie Normand.

Puis la deuxième vague et l’afflux de patients – les soins intensifs sont montés à 150 % d’occupation.

Les heures supplémentaires obligatoires. Les congés de Noël annulés. Les renforts à former « sur une maladie qu’on ne connaît pas ».

Et alors que Québec parle de déconfinement et que les cas baissent, ici, le personnel n’a pas l’impression de souffler. Et il s’inquiète qu’on baisse collectivement la garde.

« Personne ne comprend ce qu’on vit. On est seuls au monde. Même à l’intérieur de l’hôpital, je ne crois pas que les gens comprennent », dit Andrée-Anne Gobeil, infirmière, d’une voix étouffée par le masque N95 qui lui serre le visage.

Le soir, au coucher, elle a commencé à prendre des somnifères parce qu’elle a « la tête trop pleine ».

L’infirmière se sent tellement isolée qu’elle ne parle presque plus de son travail en dehors de l’hôpital. Elle a même mis une croix sur certaines amitiés. Des proches qui contournent les règles « et qui ont toujours l’air d’avoir une bonne raison », alors qu’elle se bat pour sauver des vies. « Moi, je les vois, les patients. Je sais qu’ils sont vraiment malades. »

Andrée-Anne devrait être en pause, mais le téléphone du poste ne dérougit pas. Sur le bureau, à côté d’elle, un écran montre les signes vitaux de Marcel Roy, de plus en plus faibles.

Elle aussi connaît bien la famille.

« Je vais me mettre à pleurer si je rentre dans cette chambre. »

UN AN DE COMBATS

La bulle des soins intensifs COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur a littéralement été construite avec du tape et de la broche. Un environnement hostile, changeant, « extrêmement déstabilisant », dit l’infirmière Mélanie Normand.

Ici et là, des murs en plastique surgissent au milieu des couloirs pour isoler les patients infectés. Le personnel a écrit de petits mots d’encouragement dessus. Fixés avec du ruban adhésif, rouge ou vert selon le côté où l’on se trouve, ils sont déplacés à mesure que le nombre de patients change. « Tu te mets à courir pour une urgence et tu te retrouves devant un mur qui n’était pas là la veille », dit l’intensiviste Amélie Boisclair.

Dans les chambres, le bruit des machines à pression négative est assourdissant. « On n’entend pas ce qui se passe dans l’autre chambre », dit Mélanie Normand.

De gros tuyaux exposés courent le long des murs pour faire circuler l’air.

Il a fallu briser des fenêtres pour installer l’équipement en catastrophe, explique Isabelle Martin, la chef d’unité.

L’infirmière Mélanie Lalonde prend des notes à un petit bureau devant une chambre. Un homme y est allongé, inerte. Il a les yeux fermés. Un tube dans sa trachée l’aide à respirer. Elle ne le quitte pas des yeux. Si elle s’éloigne, elle n’entendra pas les appareils. C’est son fils qui a contaminé le patient en revenant de voyage.

« Il allait assez bien quand il est arrivé, mais [son état de santé] s’est détérioré », dit l’infirmière, mère de trois enfants. Voilà 13 ans qu’elle travaille aux soins intensifs. « Je n’ai jamais vu des malades aussi instables. »

L’infirmière ne le cache pas, elle est « épuisée ».

Pendant la première vague, tout était nouveau. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur.

Avec la deuxième, le poids des décès et des tragédies pèse de plus en plus lourd.

« On n’a jamais eu de répit. Ils disent que la situation s’améliore, mais on ne le sent pas vraiment. »

– Mélanie Lalonde, infirmière.

Il y a eu cette femme qui lui a raconté les projets de retraite d’un mari de 68 ans mort 48 heures plus tard. Il y a eu cet homme qui ne croyait toujours pas qu’il avait eu la COVID-19 quand elle a retiré le tube qui le faisait respirer. Il y a eu tous ces morts qu’elle a enveloppés dans un linceul.

Et aujourd’hui, il y a la culpabilité de ce fils dont le père gît devant elle.

« Jour après jour, ça devient exponentiel », dit-elle.

« On dirait que les gens auraient besoin de voir du sang partout dans les couloirs pour prendre ça au sérieux, déplore la Dre Boisclair. Ce n’est pas parce que ce n’est pas spectaculaire que ces gens-là ne sont pas extrêmement malades », dit-elle en balayant les chambres d’un geste de la main.

***

L’inhalothérapeute Julie Gélinas enfile des gants et entre dans une chambre. Elle se penche vers le patient et parle fort pour couvrir le bourdonnement des appareils. « Comment ça va ? »

L’homme a 70 ans. Ça fait une semaine qu’il est sous respirateur. Il ne parle ni français ni anglais. Lorsqu’il a été intubé, il a fallu appeler son fils sur FaceTime pour traduire. Julie se souvient de la panique dans ses yeux.

Le septuagénaire ne le sait pas, mais la soignante fonde beaucoup d’espoir en lui. Elle va éteindre le respirateur quelques instants pour voir s’il réussit à respirer seul. Un premier pas vers l’extubation.

Après seulement une semaine, chez un patient atteint de la COVID-19, c’est extrêmement rapide. Généralement, on parle de quatre, voire six semaines.

« Quand on met le tube, on sait que ça va être long. Et que la réhabilitation va être épouvantable. »

– Julie Gélinas, inhalothérapeute.

Chaque fois que Julie Gélinas effectue la manœuvre, elle ressent le poids de son geste.

Julie sort de la pièce. Enlève ses gants. Se lave les mains. On devine un sourire sous son masque. « Il a très bien fait ça. »

Une petite victoire qui veut dire beaucoup.

UN AN DE BOULEVERSEMENT

Depuis un an, l’infirmière Karine Apreo a été déplacée six fois. Le délestage dont on entend tellement parler, elle pourrait en être l’égérie.

À la première vague, elle a été retirée de sa clinique spécialisée et envoyée un mois aux urgences. Puis trois semaines dans un CHSLD. Puis dans une zone tampon. Elle a ensuite fait du dépistage en CHSLD. Puis elle est retournée dans sa clinique, avant d’être à nouveau déplacée en novembre, cette fois à l’étage COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur.

« Disons que j’ai dû m’adapter », dit-elle.

Nous voici à l’unité transitoire destinée aux patients atteints de la COVID-19, dans une autre aile de l’hôpital ; 35 chambres réservées aux malades qui doivent être hospitalisés, mais qui n’ont pas besoin de soins intensifs. Aujourd’hui, 12 lits sont occupés. Au plus gros de la crise, ils sont montés à 33.

Le département a été construit à toute vitesse en pleine pandémie pour ouvrir à l’automne ; 100 % du personnel y a été délesté, 80 % a attrapé la COVID-19 depuis novembre.

C’est le cas de Karine. « J’ai été malade cinq semaines pour revenir à 90 % de ma forme d’avant », dit la femme de 35 ans.

« D’une certaine façon, la COVID m’a un peu sauvée. C’est les seules vacances que j’ai eues. »

– Karine Apreo, infirmière

Dire que l’équipe est ébranlée est un euphémisme. Ici aussi, le spectre d’une autre vague fait peur.

« Au début, on avait deux décès par jour. Maintenant, on en a deux ou trois par semaine », raconte la chef d’unité, Kina Demers. Un couple de gens âgés est mort main dans la main.

« C’est très, très lourd comme ambiance. C’est des patients qui nécessitent beaucoup de soins », ajoute Karine Apreo.

Dans la chambre à côté, un homme de 31 ans a contracté une pneumonie. Il est amaigri. Branché de partout. Il a eu besoin de trois drains thoraciques. Il attend d’être opéré.

Au bout du corridor, Paul Beaudin, 70 ans, a les yeux dans l’eau. Il met dix minutes à reprendre son souffle quand il parcourt les deux mètres qui le séparent de la salle de bains. Il a peur de s’endormir le soir et de ne pas se réveiller. Et il fait partie des chanceux. Il respire seul.

Véronique Tremblay, infirmière auxiliaire, n’avait pas mis les pieds à l’hôpital depuis 15 ans lorsqu’elle a atterri ici. Elle travaille généralement dans un groupe de médecine familiale et en soins à domicile.

« Disons que ç’a été un gros choc. Le premier mois, j’ai senti un vent de panique. J’étais dépassée par les évènements. »

Et maintenant ? « J’aime ça », dit-elle.

Les premières semaines, « c’était le bordel », admet la chef d’unité Kina Demers.

« On a ouvert en catastrophe. On n’était pas rodés. Il manquait des choses, et beaucoup de filles avaient rarement travaillé dans un hôpital. Disons qu’il y avait beaucoup de vouloir. »

Devant nous, le petit groupe d’infirmières, elles sont cinq ou six, utilise des mots forts pour décrire leur expérience : « traumatisme », « impuissance », « solitude ».

À les voir travailler, rien n’y paraît.

L’ambiance est calme. Les corridors sont silencieux. Chacune vaque à ses affaires. L’équipe a pris son erre d’aller.

« On croise les doigts pour que ça ne reparte pas », dit Karine Apreo.

Observations sur l’affaire Camara

Quoi penser de cet événement ?

J’ai tout lu ce qui s’est écrit, tout vu et entendu ce qui s’est dit dans l’affaire de la tentative de meurtre d’un policier du Service de police de Montréal, le 28 janvier dernier. Événement fortement médiatisé qui a également fait couler beaucoup d’encre. Les médias sociaux, les lignes ouvertes, tout le monde s’en donnait à cœur joie. D’emblée, les gens ont crié au racisme, un mot à la mode par les temps qui courent.

Évidemment, je n’étais pas sur les lieux mais si je me mets dans la peau de ce policier, certains gestes ont contribué, dans un premier temps, à soupçonner le suspect Camara.

RACISME

Il n’y a aucun racisme dans cet événement. Le policier Sanjay Vig vient aussi des communautés culturelles. De plus, monsieur Camara venait d’être intercepté pour une infraction au Code de sécurité routière; celle d’avoir utiliser son cellulaire au volant. La couleur de la peau n’a rien à voir là-dedans.

AGESSIVITÉ

Il semble que monsieur Camara était très en colère d’avoir reçu cette contravention, puis qu’elle a été trouvée sur les lieux, dans la rue, complètement déchirée. Un signe que la situation était déjà sous tension. Le policier, en retournant à l’auto-patrouille, devait probablement faire dos au suspect, alors il était plausible que monsieur Camara eut été perçu comme l’agresseur.

CAMÉRA CORPORELLE

Dans ce dossier, la caméra corporelle n’aurait rien filmé de plus que le visage de monsieur Camara au moment de l’interception et de la remise de la contravention. La caméra est portée sur la poitrine donc elle enregistre les images vers l’avant, alors que l’agression se serait produite par l’arrière.

ENQUÊTE

Le rôle des enquêteurs est de faire toute la lumière sur l’événement en assemblant toutes les pièces du casse-tête. Ce travail nécessite du temps, l’analyse de la scène, des interrogatoires de témoins et de faire comparaître de suspect dans les 24 heures suivantes. Après quoi, des recherches approfondies et de nouveaux éléments peuvent disculper le suspect. C’est ce qui s’est passé dans cette cause. C’est toujours plus facile d’analyser un événement après coup, que dans le feu de l’action. Il faut se garder une réserve.

PANIQUE

C’est facile de critiquer le travail des policiers, de crier au racisme, de faire des conférences de presse et de d’y aller des sa propre opinion dans les réseaux sociaux, mais tant et aussi longtemps que les enquêteurs n’ont pas complété leur travail, on ne doit pas sauter aux conclusions trop vite. La panique s’est emparée de la mairesse Plante avec ses grand élans oratoires mais dans cette affaire, les déclarations du directeur du SPVM, Sylvain Caron, et du président de la fraternité des policiers, Yves Francoeur, étaient justes et dans le ton.

ANALOGIE

Pour faire une analogie avec la série District 31, on peut voir tout le travail des enquêteurs pour établir la preuve hors de tout doute de la culpabilité d’un suspect. C’est un travail de minutie et de longue haleine qui demande du temps. Toute une équipe de spécialistes s’affaire pour élucider un crime. Quant à moi, les policiers ont fait un excellent travail dans les circonstances, et avec professionnalisme.

LA SUITE

C’est un épisode malheureux pour monsieur Camara. On a qualifié sa détention d’atroce… quelle aberration ! Que cette situation fut éprouvante je peux en convenir, mais atroce…? Contrairement à la Russie, la Chine et tous les pays totalitaires, nos centres de détentions, ici au Québec et dans le reste du Canada, sont des cinq étoiles. En conséquence, le recours aux tribunaux civils pourrait être intenté pour obtenir une compensation monétaire en dédommagement. Le Service de police a déjà présenté ses excuses publiques à monsieur Camara.

Faire la juste part des choses est de mise.