Opinion

Ainsi donc, Jean Chrétien, Sergio Marchi et Peter Harder, refusent de témoigner au Comité permanent de l’immigration pour s’expliquer sur les dessous de l’Opération citoyenneté menée avant l’opération de 1995. Voilà une preuve irréfutable de cette tricherie. « Qui ne dit mot consent. »
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Mark Carney avait l’air d’un idiot avec son déguisement de sikh lors d’un événement communautaire en avril 2025 pour sa campagne fédérale. Une mascarade inacceptable au Canada. Pourquoi c’est à nous de se conformer ? À quand un événement dans un camp de nudistes ?
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Enfin, la Cour d’appel a tranché dans la demande d’un nouveau procès dans le dossier de Mohamad Al Ballouz, cette crapule qui avait assassiné sa conjointe et ses deux enfants à Brossard en 2022. Il continuera heureusement de pourrir en prison pour les 25 prochaines années au minimum et il est à espérer qu’il ne retrouvera jamais sa liberté.
Conte de Noël pour les grands au cœur d’enfant
Dans le village reculé de Valombre, niché entre les montagnes enneigées et les forêts de sapins centenaires, Noël n’était pas seulement une fête : c’était une promesse. Chaque année, à minuit, une étoile filante traversait le ciel, bénissant les cœurs purs d’un vœu exaucé. On l’appelait l’Étoile de l’Hiver. Mais cette année-là, elle ne vint pas.

Les anciens murmurèrent que le monde avait trop changé, que les hommes avaient oublié les chants, les veillées, les offrandes de pain chaud laissées sur les rebords des fenêtres pour les esprits du givre. Le silence s’installa, lourd comme la neige qui recouvrait les toits.
Éléonore, une femme dans la quarantaine, veuve depuis trois hivers, vivait seule dans une maison de pierre au bord du lac gelé. Elle n’attendait plus rien de Noël. Son fils, parti vivre en ville, ne revenait plus. Son atelier de verrerie, autrefois réputé pour ses boules de Noël enchantées, ne recevait plus de commandes. Pourtant, chaque soir, elle allumait une lanterne rouge au bord du chemin, comme pour guider une âme perdue.
Le 21 décembre, alors qu’elle taillait un cristal dans son atelier, un souffle glacé fit vaciller la flamme. Une silhouette se dessina dans la buée de la vitre : un homme, vêtu d’un manteau de laine, les cheveux blancs comme la neige, les yeux d’un bleu profond. Il ne frappa pas. Il attendit.
Éléonore ouvrit la porte, méfiante. L’homme s’inclina.
— Je cherche un éclat d’âme, dit-il. Un fragment de lumière pure. On dit que vous savez les façonner.
Elle haussa les épaules.
— Ce sont des contes pour enfants.
— Pas cette année, répondit-il. L’Étoile de l’Hiver est prisonnière. Et sans elle, le monde perdra sa dernière magie.
Il lui tendit une sphère de verre brisée, où palpitait une lueur fragile.
— C’est tout ce qu’il reste. Il faut la réparer avant minuit, le 24.
Éléonore hésita. Puis elle prit la sphère, la posa sur son établi, et se mit à l’ouvrage.
Pendant trois jours, elle travailla sans relâche. Elle fondit du cristal, souffla des formes, grava des runes anciennes qu’elle n’avait pas utilisées depuis l’enfance. Chaque nuit, l’homme revenait, silencieux, apportant des ingrédients oubliés : une larme de lune, une plume de corbeau albinos, un éclat de rire d’enfant enfermé dans une fiole.
Le 24 décembre, à l’aube, la sphère était presque terminée. Mais il manquait une chose : une étincelle de foi. Pas celle des croyances, mais celle du cœur. Éléonore se tourna vers l’homme.
— Je n’ai plus foi en rien.
Il la regarda avec une infinie douceur.
— Alors il faut la retrouver.
Ils partirent ensemble dans le village. Les rues étaient désertes. Les gens s’étaient enfermés, lassés des promesses non tenues. Éléonore frappa aux portes, offrit des boules de verre, des lanternes, des chants. Peu à peu, les fenêtres s’ouvrirent, les enfants sortirent, les rires fusèrent. Une vieille femme apporta du pain chaud, un jeune homme joua du violon, et les flocons semblèrent danser.
À minuit, Éléonore plaça la sphère réparée sur le rebord du lac. Le ciel s’ouvrit. Une étoile filante jaillit, plus brillante que jamais, et s’arrêta juste au-dessus d’eux. Elle descendit lentement, se posa sur la sphère, et fusionna avec elle.
L’homme sourit.
— Vous avez sauvé l’hiver.
Il disparut dans une bourrasque de neige.
Éléonore resta là, le cœur léger, les yeux pleins de larmes. Son fils arriva le lendemain, sans prévenir, les bras chargés de cadeaux. L’atelier reprit vie. Et chaque année, désormais, l’Étoile de l’Hiver brillait plus fort, car elle portait en elle l’éclat d’une âme qui avait retrouvé foi en la magie.
Deuil

Vous êtes désigné liquidateur d’une succession ? Voici les étapes à suivre pour remplir votre rôle adéquatement. Cet article est tiré du Journal de Montréal du 6 décembre 2025, sous la plume de David Descoteaux.
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Régler une succession peut être un véritable chemin de croix. Pour y arriver, il est crucial de faire preuve de rigueur et de consulter des professionnels. Ce sera plus facile si vous suivez correctement les étapes. Les voici.
1- OBTENIR LE PLUS RAPIDEMENT VOTRE KIT DE DOCUMENTS
Sans certificat de décès ou de preuve d’union, il est impossible de fermer des comptes, produire des déclarations fiscales ou faire valoir les droits des héritiers. Vous avez besoin du certificat de décès ou d’une copie de l’acte de décès délivré par le Directeur de l’état civil et du contrat de mariage ou d’union civile.
Obtenir les documents officiels
2- RECHERCHER LE DERNIER TESTAMENT
(Auprès de la chambre des notaires ou du Barreau du Québec).
Le testament détermine la répartition des biens et la nomination du liquidateur. Ignorer cette étape peut entraîner des erreurs irréversibles et des conflits familiaux.
Rechercher le dernier testament
3- ÉTABLIR L’IDENTITÉ DES SUCCESSIBLES ET COMMUNIQUER AVEC EUX
Identifier les héritiers légaux ou testamentaires est essentiel pour éviter les litiges. Une erreur dans cette étape peut entraîner des recours judiciaires coûteux.
Établir l’identité des successibles
4- DEMANDER L’INSCRIPTION DE l’« AVIS DE DÉSIGNATION DU LIQUIDATEUR AU RDPRM »
Dans le registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM). Cette inscription officialise le rôle du liquidateur, lui confère la légitimité pour agir et protège contre les fraudes. Sans cette formalité, les institutions peuvent refuser de collaborer.
Inscrire l’avis de désignation du liquidateur au RDPRM
5- INFORMER LES GOUVERNEMENTS ET LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES DU DÉCÈS DE LA PERSONNE
Cela permet d’éviter des paiements indus (prestations, pensions) et empêche l’accumulation de frais inutiles. Cette étape est aussi indispensable pour activer certains droits successoraux et simplifier les démarches fiscales. Contactez aussi tout autre fournisseur de services (carte de crédit, Postes Canada, Hydro-Québec, etc.).
Informer les gouvernements et les fournisseurs de services
6- DRESSER L’INVENTAIRE DES BIENS ET DES DETTES DE LA SUCCESSION
L’inventaire permet de connaître la valeur nette et d’éviter de distribuer des biens avant d’avoir payé les dettes. Sa publication protège aussi les héritiers contre les créanciers inconnus. Dresser l’inventaire, puis publier l’avis de clôture d’inventaire au RDPRM et dans un journal local de la région où vivait la personne décédée, notamment pour informer les créanciers.
Inventaire des biens et des dettes et publications
7- OUVRIR UN COMPTE BANCAIRE AU NOM DE LA SUCCESSION
Y rapatrier toutes les sommes qui étaient au nom du défunt (fermer les comptes bancaires du défunt). Ce compte centralise les fonds et facilite la gestion des paiements et des encaissements. Il évite la confusion entre les finances personnelles du liquidateur et celles de la succession.
Ouvrir un compte bancaire au nom de la succession
8- RÉGLER LES DROITS DE LA CONJOINTE LÉGALE OU DU CONJOINT LÉGAL
(Patrimoine familial, régime matrimonial, prestation compensatoire, pension alimentaire, etc.). Le conjoint survivant a des droits prioritaires. Les ignorer peut entraîner des poursuites judiciaires et retarder la liquidation.
Régler les droits du conjoint
9- RÉCUPÉRER LES SOMMES DUES À LA PERSONNE DÉCÉDÉE
Cette étape protège les héritiers contre les responsabilités financières imprévues. Elle assure que la succession est réglée de manière équitable et conforme à la loi. On parle ici de salaires, de prestations, de rentes, de polices d’assurance vie sans bénéficiaire désigné, etc. Il faut aussi payer ses dettes et celles de la succession (impôts, loyer, droits du conjoint ou de la conjointe dans le patrimoine familial, taxes foncières, cartes de crédit, etc.).
Récupérer les sommes dues et payer les dettes
10- PRODUIRE LES DÉCLARATIONS DE REVENUS DE LA PERSONNE DÉCÉDÉE
Sans certificat de décharge, les héritiers peuvent être tenus responsables des impôts impayés. Faire parvenir les déclarations à Revenu Québec et à l’Agence du revenu du Canada et obtenir l’autorisation de distribuer les biens (gouvernement du Québec) et le certificat de décharge (gouvernement du Canada).
Produire les déclarations de revenus (personne décédée et succession)
11- DISTRIBUER LES LEGS, LES BIENS ET L’ARGENT AUX HÉRITIERS SELON LES CLAUSES DU TESTAMENT
Ou suivant la loi en l’absence de dispositions testamentaires. Cette étape concrétise les volontés du défunt ou les règles légales. Une distribution prématurée ou incorrecte peut entraîner des recours judiciaires.
Distribuer les biens aux héritiers. Chambre des notaires 514 879-1793 www.cnq.org
12- FOURNIR LE COMPTE DÉFINITIF DE LA SUCCESSION ET PUBLIER L’AVIS DE CLÔTURE DU COMPTE DU LIQUIDATEUR AU RDPRM
Sa publication officialise la fin du mandat du liquidateur et protège contre des réclamations ultérieures.
Fournir le compte définitif et publier l’avis de clôture au RDPRM
Histoire
Des historiens revisitent dans un documentaire le sort cruel d’Aurore Gagnon, une enfant de 10 ans morte des suites de sévices perpétrés par sa belle-mère en 1920,
Tenue responsable de la mort de sa fille adoptive, Aurore Gagnon, à la suite de multiples sévices (notamment 52 blessures identifiées par le médecin légiste), Marie-Anne Houde a été condamnée à la pendaison en 1920. Sa peine a été commuée en emprisonnement à perpétuité par la suite, mais ce drame continue d’habiter la mémoire collective, comme en témoigne un documentaire qui sera diffusé à Radio-Canada, ce lundi 8 décembre à 20h.

« Je crois qu’il était nécessaire de revisiter cet événement qui avait passionné le public à l’époque, particulièrement durant le procès, alors que les journaux relataient chaque témoignage, jusqu’à deux fois par jour », commente le producteur et scénariste Jean-Simon Chartier.
Aurore : entre mythe et réalité revisite les lieux du drame et questionne plusieurs témoins, dont la centenaire la plus connue du Québec Janette Bertrand, qui avait joué le rôle de la sœur et confidente de la victime dans La petite Aurore, l’enfant martyre, réalisé par Jean-Yves Bigras en 1952.
DEUX FILMS, DEUX VISIONS
L’étincelle de ce projet a jailli en 2020, alors que les médias se sont rués à Fortierville, dans le Centre-du-Québec, en raison du centenaire de la mort de l’enfant.
M. Chartier avait bien sûr entendu parler de l’affaire de l’enfant martyrisée par sa belle-mère dans le Québec rural du siècle dernier, mais il n’avait jamais poussé la curiosité plus loin.
« J’ai regardé l’un après l’autre les deux films tournés sur le sujet à plus de 50 ans de distance. Leurs approches totalement différentes m’ont sauté aux yeux », relate-t-il.
Alors que le ressort dramatique du premier long métrage s’appuie sur la cruauté de la belle-mère, l’autre, tourné par Luc Dionne en 2005, pointe plutôt du doigt l’idéologie religieuse dominante. Il y avait là un sujet intéressant à explorer pour le producteur de MC2 Communication Média.
REVISITER LES LIEUX
Une grande place est accordée aux historiens Éric Bédard et Myriam Woycick. Celle-ci note que les femmes criminelles ont beaucoup marqué les esprits à travers le temps.
On se souvient de Cordélia Viau, de la Corriveau, de Monica-la-Mitraille… pourtant les femmes meurtrières constituent une infime minorité au panthéon des assassins.
Comme si le Québec du troisième millénaire n’avaient toujours pas digéré les gestes fatals de la belle-mère de la petite Aurore. Pourtant, des drames similaires continuent d’alimenter les pages des journaux de faits divers. La fillette de Granby, par exemple, est morte à 8 ans !
« Le Québec est encore secoué par des drames semblables qui ravivent chaque fois un profond questionnement sur la protection des enfants », souligne M. Chartier. En relatant le parcours d’Aurore, son film invite à « réfléchir à ce que notre société a appris – ou pas – en cent ans d’histoire ».
Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 6 décembre 2025, p50
Conte de Noël pour les enfants au cœur d’ange
Un après-midi en décembre, alors que la neige tombait doucement du ciel, un petit garçon de 5 ans nommé Léo se promenait dans son quartier avec sa maman. Léo était tout excité à l’idée de Noël qui approchait à grand pas. Soudain, il s’arrêta devant une vitrine illuminée où se trouvait une magnifique figurine du père Noël.

Léo s’exclama :
– Maman, maman, regarde le père Noël ! Il est trop rigolo avec sa barbe blanche !
Sa maman sourit et lui dit :
– Oui, Léo, le père Noël est vraiment spécial. Tu sais, on dit qu’il apporte des cadeaux aux enfants sages la nuit de Noël.
Les yeux de Léo brillèrent de bonheur à cette idée. Il demanda alors à sa maman :
– Est-ce que je pourrai rencontrer le père Noël un jour ?
Sa maman lui répondit avec un clin d’œil malicieux :
– Qui sait, peut-être que tu auras la chance de le rencontrer un jour, Léo. Il suffit d’y croire très fort !
Léo hocha la tête avec détermination. Il était persuadé que s’il croyait assez fort en la magie de Noël, tout pouvait arriver.
Les jours passèrent et Noël approchait à grands pas. Léo était de plus en plus excité à l’idée de voir le père Noël. Un soir, alors qu’il était confortablement installé devant la cheminée avec sa famille, il entendit soudain un bruit étrange venant de dehors.
Intrigué, Léo se leva et se dirigea vers la fenêtre. À sa grande surprise, il vit un traîneau volant tiré par des rennes majestueux qui se posait doucement dans le jardin enneigé. Le père Noël en descendit, un grand sourire sur son visage ridé.
Léo était tellement émerveillé qu’il en resta bouche bée. Le père Noël s’approcha de lui et lui dit d’une voix chaleureuse :
– Bonjour, Léo. J’ai entendu parler de ton incroyable foi en la magie de Noël. J’ai décidé de te rendre visite cette année.
Léo était aux anges. Il passa la soirée à discuter avec le père Noël, à lui raconter ses rêves et ses souhaits. Le père Noël lui promit de réaliser un de ses vœux pour Noël.
Le soir de Noël arriva enfin. Léo était tellement excité qu’il avait du mal à tenir en place. Il avait demandé au père Noël un cadeau très spécial : un train en bois rouge et bleu.
Alors que minuit approchait, Léo entendit soudain des clochettes résonner dans le ciel étoilé. Le père Noël arriva chez lui avec son traîneau chargé de cadeaux pour tous les enfants sages.
Léo ouvrit son cadeau avec impatience et découvrit avec joie le magnifique train en bois qu’il avait tant désiré. Il sauta de joie et remercia le père Noël avec un immense sourire.
Le père Noël lui tapota gentiment la tête et lui dit :
– Continue de croire en la magie de Noël, Léo. Joyeux Noël !
Et c’est ainsi que Léo vécut le plus merveilleux des Noëls, rempli de magie, d’amour et de rêves réalisés.
Technologies
Les appareils connectés collectent et vendent beaucoup d’informations. Les voitures modernes ne se contentent plus de nous transporter du point A au point B, elles collectent nos données de conduite, notre localisation, nos habitudes, jusqu’à nos pratiques sexuelles, et les transmettent aux constructeurs sans notre vrai consentement.
« On veut que les gens soient conscients du problème », explique Maxime Dorais, de l’Union des consommateurs, qui vient de produire un rapporte de 200 pages sur le sujet.

L’industrie automobile estime entre 1 $ et 16 $ de l’heure la valeur des données récoltées à partir d’une voiture connectée. Stellantis prévoit 20 milliards $ US de revenus d’ici 2030 grâce aux services connectés, McKinsey évalue le potentiel mondial à 750 milliards $ US.
La liste des informations captées dépasse la mécanique. Nissan et Kia mentionnent récolter des données sur la « vie sexuelle » ou l’« activité sexuelle » pendant que Tesla, Hyundai et les autres accumulent vitesse, trajets, localisation GPS, musique écoutée, poids et nombre de passagers.
Le consentement des automobilistes ? Enfoui dans des clauses de licence utilisateur finales que personne ne lit.
UNE TRAYEUSE AVEC DES ROUES
« Soit vous signez lors de l’achat ou vous cliquez oui sur l’écran de bord », précise M. Dorais au sujet de ce consentement.
« On est des cobayes, des vaches à lait qui payons nos propres trayeuses à roues », dénonce-t-il. En gros, on achète un véhicule à 50 000 $, mais pas le logiciel qui le fait fonctionner.
General Motors a ainsi vendu des données de conduite à LexisNexix, qui les a revendu aux assureurs. Résultat : Un conducteur de Chevroler Bolt mentionné dans le rapport a vu sa prime d’assurance exploser de 20 % sans comprendre pourquoi.
Une voiture peut générer jusqu’à 25 Go de données par heure. D’ici 2030, 95 % des nouvelles voitures vendues dans le monde seront connectées.
Pour limiter l’hémorragie, l’État doit agir, plaide l’Union des consommateurs.
L’organisme recommande d’interdire la revente des données sans consentement explicite et d’imposer un contrôle granulaire par fonction. Au Québec, la loi 25 sur la protection des renseignements personnels impose déjà des amendes salées aux entreprises récalcitrantes.
« Les constructeurs prétendent que cette collecte massive sert à améliorer la sécurité et les réparations », explique M. Dorais, qui n’y croit pas une seconde.
FORD VEND VOS CONVERSATIONS
Ford a déjà planifié comment monnayer vos données. Le constructeur prévoit diffuser des publicités ciblées à partir des conversations captées à l’intérieur du véhicule. Le constructeur a déjà annoncé la disparition de la radio FM dans les voitures et va la remplacer par une radio numérique prétendument gratuite.
« Vous allez être géolocalisés, on va vous pousser de la publicité ciblée, on va évidemment vous traquer », averti M. Dorais.
Source : Julien MCEVOY, Journal de Montréal, 4 décembre 2025, p30
Conte de Noël pour les enfants au cœur d’ange
Dans une petite ville où la neige tombait doucement comme des plumes de coton, un orphelinat se tenait au bout d’une rue pavée. Les murs de cet endroit étaient recouverts de guirlandes scintillantes et de boules de Noël multicolores. À l’intérieur, une douce chaleur régnait, et les enfants, impatients, attendaient Noël avec un mélange d’excitation et de curiosité.

Parmi eux, il y avait Chloé, une petite fille aux yeux pétillants et aux cheveux bouclés. Elle avait dix ans et était pleine de vie. Chloé adorait Noël plus que tout. Elle adorait les chansons de Noël, les lumières brillantes et, surtout, l’odeur des biscuits au pain d’épices qui remplissait l’air à cette période de l’année. Chaque matin, elle se levait avec l’espoir que peut-être, aujourd’hui, quelque chose de magique se produirait.
Un matin, alors que les flocons de neige dansaient devant la fenêtre, Chloé se leva plus tôt que d’habitude. Elle s’étira, se frotta les yeux, et s’approcha de la fenêtre. En regardant dehors, elle aperçut ses amies : Zoé, l’intrépide, Emma, la rêveuse, et Léa, toujours pleine d’idées. Elles étaient là, entourées de neige, prêtes à construire le plus grand bonhomme de neige du monde.
– Chloé, viens vite ! cria Zoé, en lançant une boule de neige qui passa juste à côté de Chloé. Nous avons besoin de toi pour le rendre immense !
Chloé s’habilla en hâte, enfilant son pull rouge à motifs de rennes et sa écharpe en laine.
– J’arrive ! s’écria-t-elle en courant vers la porte.
Les rires résonnaient dans l’air frais, et bientôt, les filles se mirent au travail. Elles façonnaient la neige, la roulant et la modelant avec passion.
– Je veux que notre bonhomme de neige ait trois chapeaux différents, proposa Emma, avec un sourire rêveur.
– Et des lunettes de soleil ! ajouta Léa, en éclatant de rire.
Chloé, en riant, dit :
– Mais il va avoir chaud avec tout ça ! Elles continuèrent à construire leur chef-d’œuvre, oubliant le temps qui passait.
La magie de Noël flottait dans l’air, et les jours passèrent sans que Chloé et ses amies ne s’en aperçoivent. Mais un matin, alors qu’elles prenaient un chocolat chaud dans la cuisine, la directrice de l’orphelinat, Madame Dupont, entra avec une mine grave.
– Mes chères petites, j’ai une nouvelle à vous annoncer, commença-t-elle avec un soupir. Cette année, notre collecte de jouets pour les enfants des familles défavorisées a été un peu… compliquée. Nous n’avons pas reçu assez de dons.
Les filles échangèrent des regards inquiets. Noël sans cadeaux pour des enfants qui en avaient besoin ? Cela semblait impensable.
Chloé, les yeux brillants d’une idée, s’exclama :
– Et si nous organisions quelque chose pour récolter des dons ? Nous pourrions organiser un marché de Noël !
– Oui ! Excellente idée, Chloé ! applaudit Zoé. On pourrait vendre des biscuits, des décorations de Noël, et même des cartes faites maison !
– Et nous pourrions chanter des chants de Noël pour attirer encore plus de monde ! ajouta Emma, tout excitée.
Madame Dupont sourit, touchée par leur enthousiasme. « C’est une belle initiative. Je suis sûre que cela fera chaud au cœur à beaucoup de personnes. »
Les filles se mirent au travail, se réunissant chaque jour après l’école pour préparer leur marché de Noël. Elles confectionnèrent des biscuits en forme d’étoiles, décorèrent des pots de fleurs avec du rouge et du vert, et réalisèrent des cartes colorées avec des dessins de sapins et de rennes.
Léa, bien que parfois en fauteuil roulant, trouvait toujours des façons de participer. Elle était la chef des décorations. Sa créativité ne connaissait pas de limites, et ses idées apportaient une touche unique à chaque projet.
Le jour tant attendu arriva enfin. Le marché de Noël était installé dans le jardin de l’orphelinat. Les stands étaient ornés de guirlandes lumineuses et de boules colorées. Des odeurs délicieuses de biscuits chauds et de chocolat flottèrent dans l’air.
Les enfants avaient préparé un petit spectacle de chants de Noël. Chloé, sur le devant de la scène improvisée, prit une grande respiration avant de commencer à chanter. Sa voix joyeuse résonnait, suivie par celle de ses amies. Leurs mélodies attirèrent peu à peu les passants, qui s’arrêtèrent, intrigués par la magie qui se dégageait de l’endroit.
– Regardez comme c’est beau ! murmura une dame en souriant. Ils chantent si bien !
Les gens commencèrent à acheter des biscuits et des décorations, tout en glissant des pièces dans la boîte de dons. Chloé, Zoé, Emma et Léa se regardaient avec des sourires radieux. Leur projet prenait vie, et elles pouvaient sentir l’esprit de Noël s’installer autour d’elles.
Mais soudain, un incident survint. Un grand vent se leva, et plusieurs décorations s’envolèrent dans les airs comme des oiseaux effrayés. Chloé eut un moment de panique.
– Oh non ! Nos décorations !
– Ne t’inquiète pas ! cria Zoé en courant après une étoile filante qui tourbillonnait. On va les rattraper !
Les filles se mirent à courir dans tous les sens, riant aux éclats, tentant de récupérer les décorations. Chloé, en poursuivant une boule rouge, se retrouva face à un petit garçon avec de grands yeux émerveillés.
– C’est super ce que vous faites ! s’écria-t-il. Je veux aider !
En un clin d’œil, d’autres enfants se joignirent à elles. Ensemble, ils formèrent une grande équipe. Chacun attrapait une décoration ou aidait à ramasser les biscuits qui avaient roulé par terre. L’excitation était contagieuse, et bientôt, le jardin résonnait de rires et de cris.
À la fin de la journée, le marché de Noël fut un véritable succès. Les filles comptèrent les dons avec des yeux pétillants.
– Regardez ! On a réussi à récolter suffisamment pour offrir des cadeaux à tous les enfants ! s’écria Chloé, les mains tremblantes d’excitation.
Madame Dupont les rejoignit, tout émue.
– Vous avez fait un travail incroyable, mes chéries. Vous avez apporté de la joie non seulement à vous-mêmes, mais aussi à tant d’autres enfants.
Ce soir-là, après une journée aussi remplie d’aventures, les filles se rassemblèrent autour d’un grand feu dans le salon de l’orphelinat. Les flammes dansaient, projetant des ombres chaleureuses sur les murs décorés.
– Je pense que Noël, c’est plus que des cadeaux, murmura Emma, le regard fixé sur le feu. C’est aussi donner un peu de joie aux autres.
Chloé acquiesça, un sourire aux lèvres.
– Oui, et nous avons créé quelque chose de spécial aujourd’hui. C’était une vraie aventure !
Léa, avec un sourire malicieux, ajouta :
– Et je parie que notre bonhomme de neige est jaloux de toutes nos prouesses !
Les rires résonnèrent et elles se racontèrent des histoires drôles, leurs yeux brillants d’amitié. La magie de Noël était plus présente que jamais.
Le matin de Noël, le soleil se leva avec douceur, illuminant le ciel d’une teinte dorée. Les filles, impatientes, se précipitèrent vers le sapin décoré dans le salon. À leur grande surprise, des paquets colorés s’y trouvaient, chacun portant un petit mot délicat.
– Ce sont les jouets que nous avons collectés ! s’exclama Chloé, les yeux écarquillés.
Elles ouvrirent les paquets avec frénésie, découvrant des jouets, des livres, et même des bonnets tricotés à la main. Mais ce qui les toucha le plus, ce fut de voir les visages des autres enfants, qui étaient là avec leurs familles, tous réunis pour célébrer Noël ensemble.
– Regardez, ils sont tous là ! s’écria Zoé, le cœur battant de joie.
Madame Dupont, avec une lueur dans les yeux, leur expliqua que grâce à leur collecte, tous ces enfants pouvaient passer un merveilleux Noël entourés de chaleur et d’amour.
– Vous avez prouvé que l’esprit de Noël, c’est avant tout le partage et l’amitié, dit-elle avec émotion.
Les filles se prirent dans les bras, riant et dansant autour du sapin. Elles avaient non seulement donné, mais elles avaient également reçu le plus beau des cadeaux : la joie d’être ensemble et de faire briller les yeux des autres.
Les jours suivants, l’orphelinat se remplissait de chants et de rires. Les enfants, unis par cette aventure, créèrent de nouveaux souvenirs, passant du temps à jouer dans la neige, à préparer des surprises pour leurs amis, et à rêver ensemble de futures aventures.
Chloé, le cœur léger, se rendit compte qu’elle avait trouvé une famille dans cet orphelinat. Unis par l’esprit de Noël, les enfants avaient créé quelque chose de bien plus grand que des cadeaux : ils avaient créé des liens d’amitié qui dureraient toute une vie.
Lorsque Noël approchait à nouveau, Chloé se mit à réfléchir. Peut-être que la magie de Noël n’était pas seulement une fête, mais un état d’esprit. Elle se promit de garder cet esprit vivant dans son cœur, et de le partager avec tous ceux qui en auraient besoin.
Et ainsi, chaque année, le marché de Noël de l’orphelinat devint une tradition, une célébration de l’amitié, de la générosité et de la magie qui se cachent dans chaque cœur. Car Noël, c’était bien plus qu’une simple fête, c’était une aventure que l’on partageait ensemble, des rires qui unissaient et des souvenirs que l’on gardait pour toujours.
Les enfants savaient maintenant, plus que jamais, que le véritable esprit de Noël ne se mesurait pas en cadeaux, mais en sourires, en rires, et en amour partagé.
Sécurité routière
Récemment, je regardais la vidéo d’une voiture de police qui poursuivait un conducteur qui sirotait son café au volant d’une Porsche Panamera, alors qu’il roulait à 181 km/h sur une autoroute en France.

Tout d’abord, les policiers autoroutiers là-bas, sont équipés pour les poursuites à haute vitesse avec leur voiture d’interception Alpine sport. De plus, la vitesse maximale permise sur les autoroutes est de 130 Km/h.
Après un départ presqu’arrêté, Ils n’ont mis que quelques secondes, pour rejoindre le kamikaze.
Celui-ci, un étranger danois, accompagné de sa femme, a remis son permis de conduire et papiers d’identification. C’est à partir de là que j’ai pris connaissance des règlements de sécurité routière en France.
Parce qu’il est étranger, il a dû payer l’amende directement sur place, soit 135 euros (220 $CAN) comptant. De plus, il lui est sur le champ interdit de conduire pour les 72 heures suivantes. Sa femme, dès ce moment, a dû prendre le volant.
Si le délinquant dépasse la vitesse permise de plus de 50 km et se fait pincer, le véhicule passe 7 jours à la fourrière. Cette saisie à la fourrière peut même durer 3 ou 4 mois, selon ce qu’un juge en décidera ultérieurement et principalement pour les grands excès de vitesse.
En France, les grands excès de vitesse, sont responsables annuellement du tiers des accidents mortels.
Et croyez-moi, les intercepteurs sont équipés en bagnole pour rivaliser avec n’importe quel fou du volant.
Je vous laisse le soin d’aller voir la vidéo de l’événement sur ce lien. Vidéo | Facebook
Dans ce cas précis, le conducteur s’en est tout de même bien tiré, puisque sur son constat d’infraction, les policiers ont indiqué 172 km/h.
Imaginez, ici, avec nos nids-de-poule…
Conte de Noël pour les grands au cœur d’enfant
Dans un petit appartement du quartier Villeray à Montréal, Monsieur Lambert, 82 ans, vivait seul depuis la mort de sa femme, Huguette, survenue huit hivers plus tôt. Chaque année, il décorait quand même son balcon avec une guirlande rouge et une étoile lumineuse, « pour faire honneur à la tradition », disait-il, même si personne ne venait plus vraiment lui rendre visite.

Le 24 décembre, la neige tombait dru sur la ville. Les trottoirs étaient déserts, les vitrines fermées, et les rares passants pressaient le pas, emmitouflés dans leurs manteaux. Monsieur Lambert, lui, avait préparé son traditionnel ragoût de boulettes, une recette qu’il tenait de sa mère. Il avait mis la table pour deux, comme toujours, avec la vieille nappe brodée et les verres en cristal qu’Huguette adorait.
Il s’assit, seul, face à la chaise vide. Il leva son verre de vin rouge et murmura :
— Joyeux Noël, ma belle.
Puis il mangea lentement, en silence, bercé par les souvenirs. Il se rappelait les Noëls d’autrefois, les rires de ses enfants, les chansons autour du piano, l’odeur du sapin naturel qu’ils allaient chercher au marché Jean-Talon. Mais les enfants étaient partis vivre loin : l’un à Vancouver, l’autre à Bruxelles. Ils appelaient parfois, mais rarement à Noël. Trop occupés, disaient-ils.
Vers 21 h, alors qu’il s’apprêtait à éteindre les lumières, on frappa à la porte. Étonné, Monsieur Lambert alla ouvrir. Sur le seuil se tenait une jeune femme, trempée, les joues rouges de froid, tenant un sac à dos et un petit chien dans les bras.
— Bonsoir… Je suis désolée de vous déranger. Mon autobus a été annulé, et je n’ai nulle part où aller. J’ai vu votre lumière… Est-ce que je peux juste me réchauffer un peu ?
Monsieur Lambert hésita. Il n’aimait pas les imprévus. Mais il vit dans les yeux de la jeune femme une détresse sincère. Il s’écarta.
— Entrez donc. Vous allez attraper la mort.
Elle entra, remerciant à voix basse. Elle s’appelait Clara, avait 27 ans, et tentait de rejoindre sa mère à Trois-Rivières pour Noël. Le chien s’appelait Biscuit, un petit bâtard nerveux mais affectueux.
Monsieur Lambert lui offrit une serviette, un bol de soupe chaude, et même un vieux chandail de laine. Clara mangea avec appétit, puis ils parlèrent. D’abord timidement, puis avec plus de chaleur. Elle lui raconta sa vie de serveuse dans un café du Plateau, ses rêves de devenir illustratrice, ses amours ratées. Lui parla de sa jeunesse, de son métier de facteur, de ses promenades avec Huguette au parc Jarry.
Minuit approchait. Clara regarda l’horloge.
— Vous savez, je n’ai pas eu un vrai Noël depuis des années. Mais ce soir… c’est comme si j’étais tombée dans un conte.
Monsieur Lambert sourit. Il n’avait pas souri ainsi depuis longtemps.
— Moi non plus, dit-il. Pas depuis que ma femme est partie.
Ils burent un peu de porto. Clara trouva dans le vieux buffet un jeu de cartes et proposa une partie de carte. Monsieur Lambert accepta, ravi. Ils jouèrent, rirent, trichèrent un peu. Le chien dormait sur le tapis, ronflant doucement.
Vers 2 h du matin, Clara s’endormit sur le divan, emmitouflée dans une couverture. Monsieur Lambert la regarda un moment, puis alla chercher un oreiller et une autre couverture. Il éteignit les lumières, ne laissant que l’étoile lumineuse du balcon briller dans la nuit.
Le lendemain matin, Clara se réveilla seule. Sur la table, un mot…
Elle attendit. Une heure. Deux. À midi, inquiète, elle sortit. La neige avait cessé. Elle demanda au concierge s’il avait vu Monsieur Lambert.
— Monsieur Lambert ? Il est décédé l’hiver dernier, mademoiselle. En janvier. Crise cardiaque. On l’a trouvé seul chez lui.
Clara pâlit.
— Ce n’est pas possible. J’ai passé la nuit ici. Il m’a ouvert la porte. On a joué aux cartes…
Le concierge la regarda, perplexe.
— Vous devez vous tromper d’appartement.
Mais Clara insista. Elle monta, frappa à la porte. Personne. Elle tourna la poignée : c’était ouvert. L’appartement était vide. Pas de nappe, pas de vaisselle, pas de chien. Juste une odeur de renfermé.
Mais sur le balcon, l’étoile lumineuse brillait encore.
Clara descendit, le cœur battant. Elle marcha longtemps dans les rues enneigées, le chien dans les bras. Elle ne comprenait pas. Elle se sentait bouleversée, mais étrangement apaisée.
Ce soir-là, elle appela sa mère et lui dit qu’elle viendrait le lendemain. Elle avait quelque chose à dessiner d’abord.
Dans les semaines qui suivirent, Clara peignit une série d’illustrations inspirées de cette nuit étrange : un vieil homme et une jeune femme jouant aux cartes, un chien endormi, une étoile qui brille dans la nuit. Elle les exposa dans une petite galerie du Mile-End. L’exposition s’intitulait : « Le dernier Noël de Monsieur Lambert ».
Les visiteurs furent nombreux. Certains pleuraient en silence devant les tableaux. D’autres souriaient. Tous ressentaient quelque chose d’indéfinissable, comme une chaleur oubliée.
Clara ne sut jamais vraiment ce qui s’était passé cette nuit-là. Était-ce un rêve ? Un miracle ? Une hallucination née de la fatigue et du froid ? Peu importait.
Elle savait seulement qu’un vieil homme seul lui avait offert, sans rien attendre, un Noël inoubliable. Et qu’en retour, elle lui avait peut-être offert la paix.
Et depuis ce jour, chaque 24 décembre, Clara allume une étoile lumineuse à sa fenêtre. Pour Monsieur Lambert.
Histoire
Parmi les livres de recettes classiques, La cuisinière Five Roses est un incontournable dont un grand nombre de ménages canadiens a possédé un exemplaire au 20e siècle.
Peut-être en avez-vous un exemplaire dans votre cuisine ? Certaines recettes de base de biscuits et de galettes de nombreuses familles du pays tirent possiblement leur origine dans ce livre, créé par la célèbre compagnie de farine du même nom.

En effet, cherchant à mousser davantage ses ventes dans les années 1910, Five Roses a choisi de réunir une collection de plus de 600 recettes dans un livre facile à obtenir… par la poste.
RÉPUTÉ POUR SA QUALITÉ
Dans la dernière décennie du 19e siècle, en plein cœur du développement industriel au Canada, le blé et les moulins à farine sont au cœur de l’économie interne et, graduellement, sont partie intégrante des exportations à l’international.
C’est en Ontario, dans la petite ville de Keewatin, située sur les rives du lac des Bois, que l’entreprise Lake of the Woods Milling Company s’est développée et spécialisée dans le moulinage de la farine de qualité à partir de 1888.
Au tournant du 20e siècle, la marque Five Roses, l’une des plus vendues, est réputée pour sa qualité et sa fiabilité en cuisine
UN VÉRITABLE SUCCÈS DE VENTE
En 1913, alors que la marque Five Roses est toujours produite en Ontario, la compagnie veut la faire connaître davantage et arrive avec deux idées ingénieuses : lancer un concours de recettes dans le pays et ensuite produire un livre vendu à petit prix.
Au gré des premières éditions, ce sont plus de 2000 femmes, utilisatrices de cette farine, qui ont ainsi vu une de leurs recettes publiée et partagée partout au Canada !
La première édition paraît en anglais en 1913 et est suivie par la traduction française en 1915.
Pour l’obtenir, il suffit de remplir un coupon, généralement donné par quelqu’un qui avait déjà un exemplaire, car il se trouve à l’intérieur du livre, de le poster avec 25 sous (puis 40 sous au Québec pour l’édition de 1939) et un exemplaire est ensuite envoyé au destinataire.
On y trouve donc des recettes à base de farine allant des beignes aux biscuits, en passant par les croquettes, les galettes et bien sûr, le pain ! Les premières éditions sont un grand succès au point où l’on estime que dans les années 1920-1940, près d’un ménage sur deux en possède probablement un exemplaire.
Ce livre a une place unique dans l’histoire culinaire canadienne, car il a été utilisé dans toutes les provinces pendant des décennies et est le résultat d’une œuvre collaborative de femmes qui, par le biais d’une ou deux de leurs recettes familiales, ont ainsi composé un livre de base pour de très nombreuses familles !
UNE MARQUE SYMBOLIQUE DE LA VILLE DE MONTRÉAL
Comment devient-elle un symbole industriel de la ville de Montréal ?
Au début des années 1950, la compagnie de minoterie Ogilvie Flour Mills est déjà bien installée le long du canal Lachine, afin de profiter d’un bon débit d’eau pour ses moulins et avoir un accès facile au port de Montréal. Elle fait l’acquisition de l’entreprise Lake Woods Milling Company et de sa célèbre marque Five Roses en 1954.
Elle publicise la production de cette farine entre autres en installant une immense enseigne lumineuse, devenue un emblème de la métropole québécoise.
Source : Evelyne Ferron, historienne, Journal de Montréal, cahier weekend, 15 novembre 2025, p56
Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de novembre, publiées dans le Journal de Montréal.

























Amour
Avec toutes les mauvaises nouvelles qu’on apprend et lit tous les jours, rien de mieux qu’une belle histoire. Est-elle fausse, inventée de toutes pièces ? Je ne le sais pas et je m’en fous, parce qu’elle est belle, remplie d’espoir et de résilience. Elle fait du bien à l’âme. Elle est tirée de Facebook et vous fera monter les larmes aux yeux.
***
La petite fille m’a demandé si je pouvais être son papa jusqu’à ce qu’elle meure, mais j’ai refusé pour une seule raison. Ce furent ses mots exacts. Sept ans, assise dans un lit d’hôpital avec des tubes dans le nez, et elle m’a regardé, moi, un parfait inconnu, un biker à l’air effrayant, et m’a demandé si je voulais bien faire semblant d’être son père pour le temps qu’il lui restait.

Je m’appelle Mike. J’ai 58 ans. Je suis motard, avec des tatouages sur les deux bras, une barbe qui descend jusqu’à ma poitrine, et je roule avec le Defenders Motorcycle Club.
Je fais du bénévolat tous les jeudis à l’Hôpital des Enfants pour lire des histoires aux petits malades. C’est quelque chose que notre club a commencé il y a quinze ans, quand la petite-fille d’un de nos frères a passé des mois en oncologie pédiatrique.
La plupart des enfants ont peur de moi au début. Je comprends. Je suis grand, bruyant, et j’ai l’air d’un type qui sort d’un film de motards, pas d’un hôpital pour enfants. Mais dès que je commence à lire, ils oublient mon apparence. Ils n’entendent plus que l’histoire.
C’est ce que je pensais qui arriverait avec Amara.
Je suis entré dans la chambre 432 un jeudi après-midi de mars. L’infirmière m’avait prévenu : une nouvelle patiente. Sept ans. Neuroblastome stade quatre. Aucun membre de la famille n’était venu la voir depuis les trois semaines où elle avait été admise.
« Aucun membre de la famille ? » ai-je demandé.
Le visage de l’infirmière s’est crispé. « Sa mère l’a abandonnée ici. Elle l’a déposée pour le traitement et n’est jamais revenue. On essaie de la joindre depuis des semaines. Les services sociaux sont impliqués mais Amara n’a aucune autre famille. Elle ira en famille d’accueil dès qu’elle sera assez stable pour sortir. »
« Et si elle n’est pas stable ? »
L’infirmière a détourné le regard. « Alors… elle mourra ici. Seule. »
Je suis resté une minute entière devant la porte avant de pouvoir entrer. J’ai déjà lu à des enfants mourants. Ça ne devient jamais plus facile. Mais un enfant mourant complètement seul ? C’était un nouveau genre d’enfer.
J’ai frappé doucement et ouvert la porte. « Salut, je m’appelle Mike. Je suis là pour te lire une histoire, si tu veux. »
La petite fille dans le lit a tourné la tête vers moi. Elle avait les plus grands yeux bruns que j’aie jamais vus. Ses cheveux avaient disparu avec la chimio. Sa peau avait cette teinte grisâtre qui signifie que le corps se bat. Mais elle a souri en me voyant.
« T’es vraiment grand », dit-elle d’une voix faible et rauque.
« Oui, on me le dit souvent. » J’ai levé le livre que j’avais apporté. « J’ai une histoire sur une girafe qui apprend à danser. Tu veux l’entendre ? »
Elle a hoché la tête. Alors je me suis assis et j’ai commencé à lire.
J’étais à la moitié du livre lorsqu’elle m’a interrompu : « Monsieur Mike ? »
« Oui, ma puce ? »
« Vous avez des enfants ? »
La question m’a frappé en plein cœur. « J’avais une fille. Elle est morte à seize ans. Accident de voiture. Ça fait vingt ans maintenant. »
Amara est restée silencieuse un instant. Puis elle a demandé : « Elle vous manque d’être un papa ? »
Ma gorge s’est serrée. « Chaque jour, ma chérie. »
« Mon papa est parti avant ma naissance », dit-elle simplement. « Et ma maman m’a amenée ici et n’est jamais revenue. Les infirmières disent qu’elle reviendra jamais. »
Je ne savais pas quoi répondre. Que peut-on dire à une enfant de sept ans abandonnée en pleine agonie ?
Amara a continué : « La dame de l’aide sociale a dit que je vais aller chez une famille d’accueil quand j’irai mieux. Mais j’ai entendu les médecins. Ils pensent pas que je vais mieux. »
« Chérie… »
« C’est d’accord », dit-elle. Sa voix était si calme. Trop calme pour une enfant. « Je sais que je vais mourir. Tout le monde pense que je comprends pas mais si. J’ai entendu qu’ils disaient que le cancer est partout. Ils ont dit peut-être six mois. Peut-être moins. »
J’ai posé le livre. « Amara, je suis tellement désolé. »
Elle m’a regardé avec ses grands yeux. « Monsieur Mike, je peux vous demander quelque chose ? »
« Tout ce que tu veux. »
« Vous voulez bien être mon papa… jusqu’à ce que je meure ? »
Le silence a envahi la pièce. Même les moniteurs semblaient s’être arrêtés. Je sentais mes cinquante-huit ans peser sur mes épaules comme du plomb.
Je voulais dire oui. Bon Dieu, je voulais dire oui tellement fort que mes os en faisaient mal. Mais j’étais juste un vieux biker cabossé qui venait une fois par semaine avec des livres d’images. Je buvais trop, je criais encore certains soirs en appelant le nom de ma fille morte dans une maison vide. Qu’est-ce que je savais encore du rôle de père, même pour un petit moment ?
J’ai avalé la pierre coincée dans ma gorge. « Chérie… j’en serais honoré. Mais je dois être honnête : je suis peut-être plus très bon comme papa. Je pourrais rater des choses. »
Son visage entier s’est éclairé comme un lever de soleil. « C’est pas grave. Vous pourrez vous entraîner avec moi. »
Et juste comme ça, j’avais une fille de nouveau.
Les infirmières ont pleuré quand je leur ai dit. L’assistante sociale a pleuré encore plus quand j’ai demandé la garde temporaire, l’autorité médicale, tout ce qui me permettrait de la ramener à la maison si elle devenait assez forte, ou de rester à son chevet chaque jour si ce n’était pas le cas. Le club est venu en force. Vingt-cinq Harley grondant sur le parking de l’hôpital, faisant paniquer la sécurité jusqu’à ce qu’ils voient les peluches attachées à chaque moto.
On a transformé la chambre 432 en un endroit qui ne ressemblait plus à une chambre d’hôpital. Un des gars a apporté une parure de lit rose. Un autre, un petit gilet en cuir avec “Daddy’s Girl” brodé dans le dos. Quelqu’un a accroché des guirlandes lumineuses. Quelqu’un d’autre a fait entrer un chiot (pas autorisé du tout, mais seulement dix minutes—Amara en a ri si fort qu’elle a dû remettre son oxygène).
Le jeudi est devenu tous les jours. Je lui ai lu le livre de la girafe jusqu’à ce qu’on le connaisse par cœur. Puis Charlotte’s Web. Puis Harry Potter. Quand ses mains sont devenues trop faibles pour tenir le livre, j’ai tenu le livre pour nous deux. Quand la douleur devenait trop forte, je me couchais dans son lit minuscule et je la laissais s’endormir sur ma poitrine pendant que je fredonnais du Johnny Cash, comme avec ma propre fille autrefois.
Les médecins n’arrêtaient pas de secouer la tête. Ils n’arrivaient pas à comprendre. Les scanners n’étaient pas vraiment meilleurs, mais pas pires non plus. Six mois sont devenus neuf. Neuf sont devenus douze.
Le matin de ses huit ans, Amara s’est réveillée et m’a dit : « Papa, j’ai rêvé que je courais. Mes jambes marchaient et tout. »
Je l’ai embrassée sur la tête. « Alors on va rendre ça vrai, bébé. »
Deux semaines plus tard, l’oncologue m’a convoqué, les yeux écarquillés. « Les tumeurs dans sa colonne… elles rétrécissent. Je n’ai jamais— » Il s’est arrêté. « Nous constatons une régression significative. Je n’ai pas d’explication. »
Moi, j’en avais une. L’amour. L’amour simple, têtu, bruyant, tatoué.
Dix-huit mois après le jour où elle m’a demandé d’être son papa “jusqu’à ce qu’elle meure”, Amara a quitté l’hôpital sur ses deux jambes, tenant ma main, son petit gilet en cuir sur le dos, et un sourire plus grand que le ciel.
Le club lui a organisé une fête de retour qui a secoué tout le quartier. Il y avait des poneys. Un château gonflable. Un gâteau de la taille d’une roue de Harley. Et quand le soleil s’est couché et que le feu crépitait, Amara s’est installée sur mes genoux, a regardé les étoiles et a murmuré : « Papa ? »
« Oui, bébé ? »
« Je crois que je ne vais pas mourir avant très longtemps. »
Je l’ai serrée contre moi, assez fort pour sentir nos deux cœurs. « Bien », ai-je dit, la voix cassée comme celle d’un vieux. « Parce que je viens juste de commencer à être ton père. »
Elle a quinze ans maintenant. Toujours en rémission. Toujours en train de m’appeler Papa chaque jour. Toujours endormie dans les mêmes draps roses de la chambre 432.
Et tous les jeudis, qu’il pleuve ou qu’il vente, on retourne à l’Hôpital des Enfants—moi sur ma Harley, elle derrière moi, accrochée comme si elle avait fait ça toute sa vie—et on lit des histoires aux nouveaux enfants qui ont peur et qui souffrent.
Parce que certaines choses valent plus que les années qu’on a.
Certaines choses sont éternelles.
L’amour peut guérir…