Farfadou le petit elfe malicieux

Conte de Noël pour les enfants au cœur d’ange

Le petit elfe Farfadou jouait avec son ami Gadouille et sa sœur Gadelle, dans les alentours de la maison de M. et Mme Noël. Il était très malicieux et il collectionnait les bêtises. Il avait décidé qu’il était capable de conduire le traîneau du Père Noël. Gadouille et Gadelle qui étaient plus raisonnables avaient bien essayé de le dissuader, mais rien à faire.

Le lendemain, Farfadou se dirigea vers l’écurie des rennes. Il en prit un au hasard, l’accrocha au traîneau et monta dedans. Il prit les lanières, fit « Ha Ho ! Envole-toi », mais rien ne se passa.

En baissant la tête, il aperçut un petit sac. Il l’ouvrit, il y avait de la poudre scintillante dedans. Il en prit une bonne poignée qu’il lança sur le petit renne. Celui-ci éternua, puis décolla à une telle vitesse que Farfadou faillit tomber du traîneau.

Niky le petit renne qui était un apprenti se mit à faire des cabrioles, un coup à droite, un coup à gauche et hop un saut périlleux en arrière. Farfadou se retrouva la tête en bas, il se retenait comme il le pouvait aux harnais. Malheureusement Niky se mit à se cabrer et le petit elfe ne put se retenir plus longtemps et se mit à tomber… tomber….. tomber….

Le petit renne, ne sentant plus de tension pour le guider, repartit tranquillement vers la maison du Père Noël.

Quant à Farfadou, il atterrit lourdement sur terre. Il entendit un « Aïe ». Il se retourna et aperçut une petite souris qui se tenait la queue en soufflant dessus.

– Excusez-moi ! dit Farfadou

– Tu aurais pu faire attention tout de même. Regarde ma queue, elle est toute tordue.

Elle le dévisagea.

– Mais tu es un elfe du Père Noël ? Que fais-tu ici, à quelques jours de Noël.

Farfadou voulut répondre, mais il se mit à bégayer. Ses joues étaient rouges de honte.

– Ha ! Je comprends, tu as voulu jouer avec le traîneau et tu es tombé.

Le petit elfe se tordait les mains dans tous les sens.

– Oui. Dit-il timidement.

– Et bien, quand le Père Noël l’apprendra, tu pourras être sûr que la punition sera de taille. Mais… il te manque une chaussure ?

Farfadou regarda ses pieds.

– J’ai dû la perdre pendant ma chute.

– Je m’appelle Souricette, et toi ?

– Farfadou, répondit-il.

Bon, il te faut rentrer chez toi, je vais t’emmener voir Melchyor, lui seul pourra t’aider. C’est un hibou grincheux, mais il connaît bien le Père Noël.

Farfadou suivit Souricette vers la forêt, en espérant que Melchyor sera de bonne humeur et qu’il acceptera de l’aider.

Pendant ce temps-là, dans la maison du Père Noël, les lutins étaient affairés à fabriquer des jouets. Gadouille et Gadelle se regardaient, inquiets, car il n’avait pas de nouvelles de Farfadou. Un grand « HO HO HO ! » retentit dans la pièce.

– Bonjour mes petits lutins. Un de vous pourrait-il m’accompagner dans l’écurie, j’aimerais inspecter le traîneau et voir si mes rennes sont en bonne santé.

Gadouille se présenta devant lui en essayant de faire bonne figure.

Arrivé à l’écurie, le Père Noël aperçut une porte d’un box qui était ouverte. Puis, il s’approcha de son traîneau.

– Que fait Niky attelé ? Qui a touché au traîneau ? Dit-il visiblement en colère.

Il inspecta l’attelage, il n’avait rien de grave, hormis de la poussière magique un peu partout sur le traîneau. Il détacha le petit renne et demanda à Gadouille de le ramener dans son box et de le nettoyer. Puis, il referma le sac. Il commença à essuyer quand il remarqua quelque chose sous le siège. C’était une petite chaussure d’elfe.

– Mmmhh ! Dit le Père Noël, je crois que je tiens le petit chenapan.

Il convoqua tous ses lutins dans la grande salle. Il leur demanda de se mettre en ligne et de tendre les mains. Il inspecta leur pied, pas de chaussure manquante, et aucune main ne brillait. Il prit la petite chaussure et la présenta aux lutins.

– À qui appartient cette chaussure ?

Il les regarda les uns après les autres.

– Où est Farfadou ?

Il observa Gadelle. Elle baissait la tête et regardait ses chaussures.

– Gadelle, où est ton frère ? Demanda-t-il ?

– Je ne sais pas Père Noël, il voulait essayer le traîneau, mais il n’est pas rentré.

– Bon et bien tant pis pour lui. Dit-il en colère, je n’ai pas le temps, à l’approche de Noël, de m’occuper de lui. Je verrai ça après.

Sur ces paroles, il repartit dans les ateliers avec les lutins.

Dans la forêt de Tibois, Souricette et Farfadou arrivèrent au pied d’un arbre magnifique. La petite souris grimpa pour arriver à la hauteur d’un trou énorme.

– Melchyor ? Dit-elle doucement.

– Qui me dérange dans ma sieste. Répondit-il d’un ton énervé.

– C’est Souricette, Nous avons un problème assez urgent, si vous voulez bien venir voir.

Le hibou grommela, s’étira et s’envola sur le bord du trou de l’arbre. Il regarda et écarquilla les yeux en voyant le petit elfe.

– Et bien, en voilà une histoire, mais que fait un lutin du Père Noël ici, tu ne devrais pas être en train de travailler dans les ateliers ?

– Si Melchyor, répondit Souricette, mais il est tombé du traîneau.

– Tombé du traîneau ? Répéta-t-il ? Ho ! Et mon ami le Père Noël, où était-il ?

En voyant l’air gêné de Farfadou, le hibou comprit ce qui s’était passé.

– Tu n’aurais pas joué avec le traîneau par hasard ? Et bien, je ne voudrais pas être à ta place quand le Père Noël saura ce qui s’est passé. Bon, je veux bien t’aider. Attendez-moi ici.

Melchyor étendit ses grandes ailes et s’envola vers le ciel. Farfadou et Souricette ne le quittaient pas des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les nuages.

Quelques heures plus tard, qui leur parurent une éternité, le grand hibou réapparut.

– Tu as de la chance Farfadou, le Père Noël veut bien t’aider à rentrer, mais il ne faudra pas que tu loupes le rendez-vous, car tu seras obligé de rester ici jusqu’à Noël prochain.

Le soir de Noël arriva. Melchyor dit à Farfadou de monter sur son dos et de s’accrocher.

– Je vais monter le plus haut possible. Quand tu apercevras l’échelle magique, il faudra que tu sautes pour t’y accrocher. Ne la lâche pas, sinon tu sais ce qui t’attend.

Le petit lutin se retourna pour dire au revoir à Souricette et la remercier. Triste malgré tout de quitter son amie. Melchyor déplia ses grandes ailes et s’envola le plus haut qu’il le pouvait. Ils entendirent des clochettes et aperçurent quelque chose qui descendait. C’était l’échelle magique. Farfadou se mit debout, Melchyor l’envoya en l’air le plus fort qu’il le pouvait. Le petit elfe attrapa de justesse le bout de l’échelle et s’y cramponna. Il commença à grimper, puis se retourna pour saluer le grand Hibou. Arrivé en haut de l’échelle, il fut accueilli par le Père Noël qui lui tendit sa petite chaussure qui avait laissé dans le traîneau.

– Installe-toi sur le siège, nous verrons pour la punition plus tard. Pour le moment, puisque tu es là, tu vas m’aider à distribuer les jouets aux enfants.

Farfadou était aux anges. Il avait fait une grosse bêtise, mais il avait maintenant de nouveaux amis sur terre, et il aidait le Père Noël dans sa distribution de cadeaux. Que demander de plus.

Revenu de sa tournée, il dit à Farfadou qu’il devra s’occuper des écuries, des rennes, et nettoyer le traîneau pendant le reste de l’année. Le petit elfe était content, la punition n’était pas trop dure pour lui. Il avait des nouveaux amis et il avait fait la distribution dans le traîneau avec le Père Noël.

La vie s’écoulait doucement dans le village de M. et Mme Noël. Gadelle et Gadouille venaient aider Farfadou dans les écuries, pour qu’ils puissent aller jouer tous ensemble. Il pensait souvent à ses nouveaux amis. Il les reverrait peut-être un jour.

Autrice : Jozye Maillard


La stupidité de l’hiver

Opinion

Depuis que la neige existe, et au plus loin que je peux me rappeler dans ma propre vie, c’était l’activité normale de mon enfance; la glissade et les jeux sur les montagnes de neige. C’était le plaisir incommensurable pour jouer dehors, jusqu’à ce que les parents nous appellent pour rentrer dîner.

Maintenant, en 2025, le gouvernement dans sa grande sagesse, met des balises à son existence. Il met des normes. Certains penseurs à cravate n’ont pas grand-chose à faire de leur journée pour penser et conclure à des niaiseries du genre.

Il faut vraiment être un idiot pour se qualifier à agir de la sorte et il est plus qu’urgent que des élections viennent foutre dehors les incompétents qui ont imaginé pareil scénario.

Des cons !!!

Moi, je n’attendrais pas les élections…

Comme les employeurs disaient à l’époque; « Tu es viré ! V’là ton 4 % ».

C’ÉTAIT LE BON TEMPS

De la neige, on n’en avait jamais assez. On se faisait des forts et c’était le bonheur pur. Certes, certains enfants ont été ensevelis tragiquement, mais c’était loin d’être l’hécatombe. Malgré tout on s’amusait avec un rien sans s’occuper du danger. On avait du plaisir sans se poser de questions. C’était la belle époque des joues écarlates et des pieds gelés.

Et après, on se demande pourquoi les enfants d’aujourd’hui souffrent d’anxiété.

EST-CE QU’ON PEUT SIMPLEMENT LES LAISSER JOUER ET S’AMUSER SANS SE POSER DE QUESTIONS ?


Le Noël psychédélique des Beatles

Conte de Noël pour les grands au cœur d’enfant

Il était une fois, dans un Londres enneigé de décembre 1967, quatre garçons dans le vent qui s’apprêtaient à vivre un Noël pas comme les autres. John, Paul, George et Ringo venaient de terminer l’enregistrement de Magical Mystery Tour et s’étaient retirés dans une vieille maison victorienne prêtée par un ami de George, au cœur de la campagne anglaise.

La maison, entourée de bois givrés et de collines blanches, semblait tout droit sortie d’un conte. À l’intérieur, les Beatles s’étaient installés avec leurs guitares, quelques bouteilles de vin chaud, et une pile de disques de Noël. Mais ce qu’ils ignoraient, c’est que cette maison avait un secret : elle était enchantée.

LE VISITEUR INATENDU

Le soir du 24 décembre, alors que les garçons improvisaient une version jazzy de Silent Night, une étrange lumière verte jaillit de la cheminée. Un petit homme vêtu d’un costume de velours violet, avec des lunettes rondes et une barbe argentée, apparut dans un nuage de fumée parfumée à la cannelle.

— Bonsoir, messieurs, dit-il d’une voix chantante. Je suis le Gardien des Noëls oubliés. Et vous avez été choisis pour sauver l’esprit de Noël.

Les Beatles échangèrent des regards incrédules. John, toujours prompt à l’ironie, lança :

— On est déjà les sauveurs du rock, maintenant faut sauver Noël ?

Mais le petit homme ne plaisantait pas. Il leur expliqua que quelque chose de terrible s’était produit : dans un monde parallèle, le Père Noël avait disparu. Et sans lui, les rêves des enfants s’effaçaient, les sapins perdaient leurs aiguilles, et les chansons de Noël devenaient tristes.

— Vous êtes les seuls à pouvoir le retrouver. Votre musique est la clé.

LE VOYAGE INTERDIMENSIONEL

Sans vraiment comprendre comment, les Beatles se retrouvèrent embarqués dans un traîneau volant, tiré non pas par des rennes, mais par des instruments de musique enchantés : une basse qui groovait dans les airs, une batterie qui battait le rythme du vent, et une guitare électrique qui lançait des éclairs pour fendre les nuages.

Ils traversèrent des paysages féériques : des forêts de sucre d’orge, des rivières de chocolat chaud, des montagnes de cadeaux. Finalement, ils arrivèrent dans un monde étrange, où tout semblait figé dans le temps. Les sapins étaient gris, les guirlandes ternes, et les enfants marchaient sans sourire.

— C’est ici que Noël est en train de mourir, murmura George.

Ils furent accueillis par une créature étrange : un bonhomme de neige géant nommé Frostington, qui leur expliqua que le Père Noël avait été emprisonné par une entité appelée le Désaccordeur — un esprit maléfique qui détestait la musique et la joie.

— Il vit dans la Forteresse du Silence, au sommet de la Montagne du Non-Sens.

LA BATAILLE MUSICALE

Les Beatles décidèrent de partir à l’assaut de la forteresse. Mais pour y entrer, ils devaient traverser trois épreuves musicales.

Première épreuve : Le Labyrinthe des Notes Perdues. Ils durent reconstituer une mélodie disparue en retrouvant des notes éparpillées dans un dédale sonore. Paul, avec son oreille parfaite, guida le groupe en chantant des harmonies qui faisaient apparaître les passages secrets.

Deuxième épreuve : Le Chœur des Ombres. Des voix fantomatiques tentaient de les faire douter, chantant des versions tristes de leurs propres chansons. John, avec sa verve et son esprit, leur répondit en improvisant une chanson pleine d’espoir : All You Need Is Christmas. Les ombres s’évaporèrent.

Troisième épreuve : Le Duel du Tempo. Ringo affronta un métronome géant dans un combat de batterie. Chaque coup de baguette faisait trembler la montagne. Finalement, avec un solo digne de A Day in the Life, il brisa le rythme imposé et libéra l’accès à la forteresse.

Dans la salle du trône, ils trouvèrent le Père Noël enfermé dans une cage de silence. Le Désaccordeur, une créature faite d’ennui et de grisaille, les attendait.

— Vous ne pouvez rien contre moi. Je suis le silence, l’oubli, la fin des refrains.

Mais les Beatles, unis, commencèrent à jouer. Une version psychédélique de Here Comes the Sun résonna dans la forteresse. Les murs se mirent à vibrer, les chaînes du Père Noël se brisèrent, et le Désaccordeur fondit dans une pluie de confettis.

Le Père Noël, reconnaissant, leur offrit chacun un cadeau magique : une plume qui écrivait des chansons toute seule, une tasse qui ne se vidait jamais de thé, une montre qui ralentissait le temps pendant les solos, et une étoile qui brillait à chaque sourire.

De retour dans leur maison victorienne, les Beatles se réveillèrent le matin de Noël, se demandant si tout cela n’avait été qu’un rêve. Mais sur la cheminée, les quatre cadeaux magiques les attendaient.

Ils passèrent la journée à jouer, rire, et écrire une chanson qu’ils n’enregistrèrent jamais, mais qui résonna dans les cœurs de ceux qui croient encore à la magie : Christmas Is All You Need.

Et quelque part, dans un monde parallèle, le Père Noël souriait en écoutant leur musique, prêt à repartir pour une nouvelle tournée.


Un pan de notre histoire : Un carnet révèle la naissance de Molson

Histoire

Amusons-nous à nous imaginer dans l’atelier de Thomas Molson, puis à revisiter l’histoire de la brasserie la plus ancienne au Canada à travers la lunette d’un magnifique carnet de notes.

Sur une table en bois du département des archives du Musée McCord, on peut retrouver le carnet de notes de Thomas Molson. Ses pages, couvertes de schémas, de calculs et d’observations techniques, témoignent de l’obsession d’un homme convaincu qu’il parviendrait à brasser une bière si maîtrisée qu’elle surpasserait toutes celles de Montréal.

Ce document exceptionnel, issu des archives de la famille Molson, constitue la meilleure porte d’entrée pour comprendre comment la plus vieille brasserie encore en activité en Amérique du Nord a bâti sa réputation sur l’innovation, l’audace technique et une rigueur quasi scientifique.

THOMAS MOLSON, LE FILS INGÉNIEUR DU GOÛT

Deuxième fils de John Molson l’Ancien, Thomas naît à Montréal en 1791. Très jeune, il participe aux travaux de la brasserie familiale. En 1816, après un séjour en Angleterre où il épouse sa cousine, Martha Molson, il revient à Montréal pour prendre en charge la production de bière au sein de la société John Molson & Sons. Dès son retour, il consigne dans son carnet une affirmation qui résume toute son ambition :

On pourrait voir de la vantardise, mais c’est surtout l’expression d’un brasseur entièrement dévoué à perfectionner chaque étape du processus. Dans les pages du carnet, on retrouve dessins, alambics et idées neuves.

Thomas esquisse les composantes de la brasserie, les cuves, les chaudières, les conduits de refroidissement. Ses dessins révèlent sa fascination pour la mécanique du brassage, notamment la distillation, discipline qu’il explore avec minutie dès 1822.

Ces schémas témoignent de la passion d’un brasseur qui veut constamment comprendre, tester et améliorer ses processus. Dans les marges, il note les températures optimales de fermentation, les ratios orge-eau, les variations d’acidité, les effets du refroidissement rapide et ses essais sur la conservation du moût.

L’INNOVATION COMME HÉRITAGE FAMILIAL

Bref, si John Molson, le père, est l’entrepreneur visionnaire, Thomas en est l’ingénieur, l’homme de laboratoire.

Dès 1786, John Molson fonde sa brasserie au pied du courant, emplacement stratégique aujourd’hui situé près du pont Jacques-Cartier. Le site offre une eau souterraine de grande qualité et un accès privilégié aux céréales transportées par bateau.

Thomas, héritant de cet atelier idéal, en fait un terrain expérimental. Son carnet montre qu’il reconfigure les installations pour augmenter la capacité, améliorer la qualité et surtout uniformiser les brassins, un défi colossal avant l’arrivée de la vapeur et de la réfrigération.

LES PREMIERS JALONS D’UNE MODERNISATION

Les documents familiaux permettent d’identifier plusieurs innovations liées directement à Thomas, comme le contrôle de la fermentation. Ses notes révèlent une volonté de stabiliser les températures, clé d’une fermentation régulière.

On constate dans l’inventaire de 1816 que la brasserie possède déjà un alambic, mais Thomas pousse plus loin les expérimentations, notamment en distillation de whisky et dans le contrôle précis des arômes.

On découvre aussi qu’au début des années 1820, Thomas tente même d’exporter du whisky vers l’Angleterre, preuve qu’il croit à une production suffisamment uniforme pour traverser l’océan. Bref, ses séjours en Angleterre permettent à la famille de brasseurs d’importer du matériel plus performant pour leurs installations de Kingston et Montréal.

UNE ARME CONTRE LA CONCURRENCE

Au début du XIXe siècle, Montréal compte déjà plusieurs brasseurs, comme la Miles Williams, celle des frères Chapman ou de James Stevenson… Thomas les connaît tous, et il sait que, pour dominer le marché, il doit offrir une bière plus stable, plus claire et plus recherchée. Dans une note de l’hiver 1816, il affirme que sa bière est « de beaucoup supérieure » à celles de ses rivaux.

Son carnet lui sert de tableau de bord, il y compile les commentaires des clients, les variations de goût, la qualité des récoltes d’orge et la performance de chaque installation.

L’ÂGE D’OR DE LA BRASSERIE

De retour de Kingston en 1834, Thomas contribue à une période d’expansion marquée par d’importants sauts technologiques. Les archives montrent que les frères Thomas et William investissent continuellement dans les équipements et les bâtiments.

Thomas supervise la distillation, la brasserie et même une meunerie et une scierie à Port Hope, ce qui lui permet de contrôler la qualité des céréales de la récolte à la transformation.

À la fin du XIXe siècle, bien après sa mort, la brasserie adopte la vapeur, puis l’électricité en 1890, permettant enfin une production annuelle et uniforme. Ces avancées prolongent en quelque sorte l’esprit d’innovation que Thomas a inculqué.

CE QUE NOUS RÉVÈLE CE CARNET

À la lecture attentive de ce carnet, on découvre un homme obsédé par les procédés, peu attiré par la politique (contrairement à ses frères), exigeant envers ses employés et convaincu que la qualité représente un avantage stratégique.

Les historiens Alfred Dubuc et Gilles Laporte souligne à quel point Thomas façonne durablement la culture Molson, en faisant de l’entreprise un lieu où : « La technique, la précision et la qualité du produit priment sur tout. »

Aujourd’hui, Molson demeure l’un des plus grands brasseurs du pays. On oublie souvent que derrière ce géant mondial se cache une longue tradition. Ce petit carnet écrit de la main d’un homme méthodique, qui notait chaque détail d’un brassin comme s’il défendait un honneur familial, est un artéfact précieux pour nous aider à comprendre un morceau de notre passé.

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 6 décembre 2025, p52


La boule de neige magique

Conte de Noël pour les petits au cœur d’ange

Dans une ville scintillante de lumières de Noël, où chaque rue était ornée de guirlandes étincelantes et où les vitrines des magasins brillaient de mille feux, vivait une petite fille de six ans nommée Lila. Lila avait de longs cheveux bouclés et des yeux pétillants comme deux étoiles. Elle adorait la période de Noël, car tout semblait plus joyeux et plus magique.

Un matin de décembre, alors que la neige tombait doucement, Lila et sa maman décidaient de décorer la maison pour Noël. Elles sortaient de grandes boîtes remplies de décorations brillantes. Il y avait des boules colorées, des guirlandes lumineuses, et une étoile dorée pour le sommet du sapin.

En fouillant dans une vieille boîte poussiéreuse, Lila trouva un objet étrange et magnifique. C’était une petite boule de neige, mais pas comme les autres. À l’intérieur, il y avait une scène miniature d’un village de Noël, avec de minuscules maisons, un sapin scintillant et même un petit bonhomme de neige qui semblait agiter ses bras.

– Regarde, maman ! C’est magique ! s’exclama Lila, les yeux grands ouverts.

Sa maman sourit et dit :

– Oh, cette boule de neige appartenait à ta grand-mère. Elle disait toujours qu’elle était spéciale.

Lila, intriguée, secoua doucement la boule de neige. À sa grande surprise, des flocons brillants se mirent à tourbillonner à l’intérieur, et une douce musique commença à jouer. C’était comme si la boule de neige chantait une chanson de Noël.

« Peut-être qu’elle est vraiment magique ! » pensa Lila en la serrant contre elle.

Ce soir-là, alors que Lila allait se coucher, elle posa la boule de neige sur sa table de chevet. Elle était impatiente de rêver à ce village de Noël magique. Elle s’endormit rapidement, bercée par la douce mélodie de la boule de neige.

Soudain, elle se réveilla au milieu de la nuit. Mais, elle n’était plus dans sa chambre. Elle se trouvait dans un village tout à fait semblable à celui de la boule de neige ! Les maisons brillaient de mille couleurs, et les sapins étaient couverts de lumières scintillantes.

– Bienvenue, Lila ! dit une petite voix.

Lila regarda autour d’elle et vit le petit bonhomme de neige de la boule.

– C’est toi qui me parles ? demanda-t-elle, émerveillée.

– Oui, c’est moi, Flocon ! Je suis très heureux de te rencontrer. Veux-tu découvrir notre village magique ? proposa Flocon avec un sourire.

– Oh oui, j’aimerais beaucoup ! répondit Lila en sautillant de joie.

Ils se mirent à marcher dans les rues du village, rencontrant des lutins joyeux qui préparaient des cadeaux, des enfants qui patinaient sur un étang gelé, et même le Père Noël qui saluait tout le monde avec un grand « Ho, ho, ho ! »

Chaque coin du village était rempli de musique et de rires. Lila se sentait si heureuse et légère, comme si elle flottait sur un nuage de bonheur.

Flocon emmena Lila vers le grand sapin de Noël du village. Sous l’arbre, il y avait une montagne de cadeaux.

– Ces cadeaux sont pour toutes les familles du monde, expliqua Flocon. Mais nous avons besoin de ton aide pour les distribuer.

– Moi ? Mais comment puis-je aider ? demanda Lila, un peu inquiète.

– Tu as un cœur plein de gentillesse et d’amour. C’est le plus beau cadeau que tu puisses offrir, répondit Flocon.

Lila sourit. Elle se sentait tellement chanceuse d’être ici. Elle décida d’écrire de petits messages d’amour et de joie, qu’elle glissa dans chaque paquet. Elle savait que ses mots apporteraient de la chaleur et du bonheur à ceux qui les recevraient.

Une fois les cadeaux prêts, Lila et Flocon les chargèrent dans un traîneau magique. Ensemble, ils parcoururent le monde, laissant derrière eux des traces de bonheur et d’émerveillement.

Après une nuit remplie d’aventures, Lila se retrouva de nouveau dans son lit, la boule de neige posée sur sa table de chevet. Elle se frotta les yeux, se demandant si tout cela n’avait été qu’un rêve.

Mais en regardant la boule de neige, elle vit une petite note brillante à l’intérieur. Elle disait : « Merci, Lila, pour ta générosité. Joyeux Noël ! »

Lila sourit, sachant que le village magique et Flocon seraient toujours là, dans son cœur. Elle se leva et courut raconter son aventure à sa maman, son cœur débordant de joie et d’amour.

Et à chaque Noël, Lila n’oubliait jamais de secouer doucement la boule de neige, espérant que, quelque part, Flocon et ses amis du village magique continuaient de répandre la magie et la chaleur de Noël dans le monde entier.


Un pan de notre histoire : Neat Pitch, plan d’occupation militaire du Québec

Histoire

Les 18 et 19 avril 1972, des hauts gradés de l’armée canadienne se réunissent dans le plus grand secret à l’hôtel Laurentien à Montréal pour discuter d’un plan d’invasion et d’occupation du Québec advenant une situation insurrectionnelle.

Une soixantaine de militaires canadiens, dont huit généraux et quatorze colonels, assistent à cette simulation de conflit armé.

Dans ce wargame à la canadienne, on élabore un scénario se déroulant dans la province inventée de Regina et dans sa capitale, Queenstown.

« Malgré ces noms fictifs, il faut bien peu de temps, même au profane, pour constater que la géographie du territoire imaginaire ainsi que son contexte sociopolitique s’apparente fortement à la province de Québec », explique le journaliste Pierre Duchesne dans la biographie du premier ministre Jacques Parizeau.

Le matin du 18 avril, dans l’une des salles de réunion de l’hôtel montréalais. les hauts gradés assistent à un séminaire sur la contre-insurrection donné par deux militaires britanniques venus témoigner de leur expérience en Irlande du Nord.

En cas de « désordre sociaux », ces derniers préconisent une intervention « rapide et massive », l’apport de matériel lourd et l’utilisation de balles de caoutchouc face aux « civils récalcitrants ».

UN OFFICIER RÉVÈLE L’AFFAIRE

Dans l’assistance se trouve un jeune officier québécois, Joseph-René-Marcel Sauvé, révolté par l’exposé auquel il vient d’assister. Il décide de révéler le plan d’invasion Neat Pitch et de couler les documents.

Le capitaine Sauvé donne rendez-vous, dans le lobby de l’hôtel, à un collaborateur de Jacques Parizeau, à cette époque numéro deux du Parti Québécois.

En septembre 1972, Parizeau est déterminé à rendre public le plan de cette opération militaire », mais c’est René Lévesque, trouvant cela « trop gros », qui l’en empêche.

Ce n’est que deux ans plus tard, le 9 avril 1974 dans les pages du journal Le jour, et sous la plume de Gil Courtemanche, que l’histoire est enfin révélée.

On y apprend notamment que les militaires réunis à l’hôtel Laurentien ont tenté « de trouver des solutions nouvelles et efficaces aux problèmes que posent durent les périodes de crises la protection des notables (VIP), la surveillance des bâtiments et des lieux stratégiques » ou que, basée sur ces théories contre-insurrectionnelles, l’armée canadienne a répété des manœuvres militaires comme celles tenues en 1971 à Gagetown au Nouveau-Brunswick.

VOLONTÉ POLITIQUE, OPTIMISATION MILITAIRE

Dans le contexte sociopolitique de 1972, avec la montée du Parti Québécois et la grève générale de 200 000 employés des services publics lors du Front commun syndical, il est logique de voir dans le Neat Pitch une volonté militaire (et politique) de tenter d’être encore plus efficace que lors du déploiement armé pendant la crise d’Octobre 1970.

« Lors de son témoignage à la Commission Keable (1978), l’agent Robert Potvin de la section G du SSGRC décrit le document Neat Pitch comme un plan de contingentement dans l’éventualité de l’indépendance du Québec ».

Véritable lanceur d’alerte, l’officier Joseph-René-Marcel Sauvé a été poussé à la retraite par l’armée canadienne en 1976. Il est devenu membre du Parti Québécois et a travaillé dans le comté où se présentait René Lévesque.

Par la suite, le spécialiste en géopolitique s’est tourné vers l’enseignement au niveau collégial et a publié plusieurs ouvrages dont son plus célèbre, en 1994, Géopolitique et avenir du Québec.

Source : Jules Falardeau, Journal de Montréal, cahier weekend, 29 novembre 2025, p53


Le vœu magique de Pollen

Conte de Noël pour les enfants au cœur d’ange

Dans un monde magique où les nuages étaient en barbe à papa et les rivières coulaient de chocolat chaud, vivait un petit papillon nommé Pollen. Pollen était un papillon joyeux aux ailes scintillantes comme des étoiles. Ses couleurs étaient un mélange de bleu ciel, de rose bonbon et de jaune éclatant. Chaque jour, il virevoltait à travers la forêt de Gélatine, jouant avec ses amis, les coccinelles et les abeilles.

Mais voilà, l’hiver approchait à grands pas et le grand jour de Noël se rapprochait. Dans la forêt, tout le monde se préparait pour la fête la plus merveilleuse de l’année. Les arbres, couverts de neige sucrée, étaient décorés de guirlandes en bonbons, et les rivières brillantes étaient remplies de biscuits en pain d’épice.

Un soir, alors que la lune brillait comme un énorme sucre d’orge dans le ciel, Pollen se posa sur une branche, le cœur plein de rêves. « Oh, si seulement je pouvais faire un vœu pour passer un Noël encore plus merveilleux ! » murmura-t-il, les yeux pleins d’étincelles. « J’aimerais que chaque créature ici puisse vivre un Noël magique, avec des étoiles filantes et des surprises incroyables ! »

Juste au moment où il terminait son vœu, une étoile filante traversa le ciel et scintilla autour de lui. « Peut-être que mon vœu se réalisera ! » pensa-t-il en frémissant d’excitation.

Le lendemain matin, Pollen se réveilla avec un frisson d’excitation. Des sons de rire et de joie résonnaient à travers la forêt. En sortant de son cocon de feuilles, il découvrit un spectacle incroyable ! La forêt de Gélatine avait complètement changé. Les arbres dansaient au rythme de la musique des flocons de neige, et des lumières étincelantes brillaient partout comme des feux d’artifice.

« Regarde, Pollen ! » s’écria Miel, la coccinelle, en enroulant ses petites pattes. « Il y a des bonbons géants qui se balancent des branches ! »

« Et des flocons de neige qui tombent en chansons ! » ajouta Buzz, l’abeille, tournant en rond avec joie.

Pollen observa avec émerveillement. Les rivières de chocolat chaud s’étaient transformées en rivières de lait et de miel, et des bonhommes de pain d’épice dansaient au bord, riant et chantant des chants de Noël.

« Mais c’est incroyable ! Ça doit être mon vœu qui s’est réalisé ! » s’exclama Pollen, ses ailes battant d’excitation. « Allons fêter Noël ensemble ! »

Les créatures de la forêt se rassemblèrent autour d’un grand sapin, décoré de boules en sucre et de guirlandes scintillantes. Pollen invita tout le monde à s’asseoir et à partager des histoires de Noël.

« Une fois, j’ai vu un renard qui avait volé une étoile pour faire un vœu ! » raconta Miel en riant.

« Et moi, j’ai entendu dire qu’un ours polaire avait essayé de construire un bonhomme de neige et qu’il a fini par s’y perdre ! » ajouta Buzz, en se repliant de rire.

Les éclats de rire résonnaient dans la forêt, et Pollen se sentait heureux. Il avait réussi à apporter la magie de Noël à tous ses amis.

Mais alors que tout le monde profitait de cette fête merveilleuse, Pollen se souvint de son vœu. Il avait souhaité que chaque créature ait un Noël magique, mais il voulait aussi préparer une surprise spéciale.

« Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour rendre ce Noël encore plus spécial ? » se demanda-t-il.

« Que dirais-tu de préparer des cadeaux pour chacun ? » proposa Miel, en battant des ailes. « Ça serait un super moyen de partager la magie ! »

Les amis se mirent au travail. Pollen et Buzz collectèrent des éclats de neige pour faire des boules de Noël. Miel et les autres coccinelles confectionnèrent des cartes en forme de cœur. Ils avaient même réussi à dénicher des petites clochettes en chocolat pour les suspendre aux branches.

Quand toutes les surprises furent prêtes, ils se regroupèrent autour du grand sapin. « Allez, chacun son tour ! » s’écria Pollen. « Nous allons offrir nos cadeaux en chantant une chanson de Noël. »

Les amis se mirent alors à chanter ! Leurs voix résonnaient comme une mélodie douce et réconfortante, emplissant la forêt de chaleur et de joie.

Quand ce fut au tour de Pollen, il leur offrit un petit ciel étoilé en papier qu’il avait fabriqué. « C’est pour vous rappeler que la magie de Noël est dans nos cœurs, et que nous pouvons toujours partager des moments joyeux ! »

Les yeux de ses amis s’illuminèrent. « Merci, Pollen ! » dirent-ils en chœur, émus par sa générosité.


Salmigondis

Opinion

Ainsi donc, Jean Chrétien, Sergio Marchi et Peter Harder, refusent de témoigner au Comité permanent de l’immigration pour s’expliquer sur les dessous de l’Opération citoyenneté menée avant l’opération de 1995. Voilà une preuve irréfutable de cette tricherie. « Qui ne dit mot consent. »

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Mark Carney avait l’air d’un idiot avec son déguisement de sikh lors d’un événement communautaire en avril 2025 pour sa campagne fédérale. Une mascarade inacceptable au Canada. Pourquoi c’est à nous de se conformer ? À quand un événement dans un camp de nudistes ?

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Enfin, la Cour d’appel a tranché dans la demande d’un nouveau procès dans le dossier de Mohamad Al Ballouz, cette crapule qui avait assassiné sa conjointe et ses deux enfants à Brossard en 2022. Il continuera heureusement de pourrir en prison pour les 25 prochaines années au minimum et il est à espérer qu’il ne retrouvera jamais sa liberté.


La dernière étoile de l’hiver

Conte de Noël pour les grands au cœur d’enfant

Dans le village reculé de Valombre, niché entre les montagnes enneigées et les forêts de sapins centenaires, Noël n’était pas seulement une fête : c’était une promesse. Chaque année, à minuit, une étoile filante traversait le ciel, bénissant les cœurs purs d’un vœu exaucé. On l’appelait l’Étoile de l’Hiver. Mais cette année-là, elle ne vint pas.

Les anciens murmurèrent que le monde avait trop changé, que les hommes avaient oublié les chants, les veillées, les offrandes de pain chaud laissées sur les rebords des fenêtres pour les esprits du givre. Le silence s’installa, lourd comme la neige qui recouvrait les toits.

Éléonore, une femme dans la quarantaine, veuve depuis trois hivers, vivait seule dans une maison de pierre au bord du lac gelé. Elle n’attendait plus rien de Noël. Son fils, parti vivre en ville, ne revenait plus. Son atelier de verrerie, autrefois réputé pour ses boules de Noël enchantées, ne recevait plus de commandes. Pourtant, chaque soir, elle allumait une lanterne rouge au bord du chemin, comme pour guider une âme perdue.

Le 21 décembre, alors qu’elle taillait un cristal dans son atelier, un souffle glacé fit vaciller la flamme. Une silhouette se dessina dans la buée de la vitre : un homme, vêtu d’un manteau de laine, les cheveux blancs comme la neige, les yeux d’un bleu profond. Il ne frappa pas. Il attendit.

Éléonore ouvrit la porte, méfiante. L’homme s’inclina.

— Je cherche un éclat d’âme, dit-il. Un fragment de lumière pure. On dit que vous savez les façonner.

Elle haussa les épaules.

— Ce sont des contes pour enfants.

— Pas cette année, répondit-il. L’Étoile de l’Hiver est prisonnière. Et sans elle, le monde perdra sa dernière magie.

Il lui tendit une sphère de verre brisée, où palpitait une lueur fragile.

— C’est tout ce qu’il reste. Il faut la réparer avant minuit, le 24.

Éléonore hésita. Puis elle prit la sphère, la posa sur son établi, et se mit à l’ouvrage.

Pendant trois jours, elle travailla sans relâche. Elle fondit du cristal, souffla des formes, grava des runes anciennes qu’elle n’avait pas utilisées depuis l’enfance. Chaque nuit, l’homme revenait, silencieux, apportant des ingrédients oubliés : une larme de lune, une plume de corbeau albinos, un éclat de rire d’enfant enfermé dans une fiole.

Le 24 décembre, à l’aube, la sphère était presque terminée. Mais il manquait une chose : une étincelle de foi. Pas celle des croyances, mais celle du cœur. Éléonore se tourna vers l’homme.

— Je n’ai plus foi en rien.

Il la regarda avec une infinie douceur.

— Alors il faut la retrouver.

Ils partirent ensemble dans le village. Les rues étaient désertes. Les gens s’étaient enfermés, lassés des promesses non tenues. Éléonore frappa aux portes, offrit des boules de verre, des lanternes, des chants. Peu à peu, les fenêtres s’ouvrirent, les enfants sortirent, les rires fusèrent. Une vieille femme apporta du pain chaud, un jeune homme joua du violon, et les flocons semblèrent danser.

À minuit, Éléonore plaça la sphère réparée sur le rebord du lac. Le ciel s’ouvrit. Une étoile filante jaillit, plus brillante que jamais, et s’arrêta juste au-dessus d’eux. Elle descendit lentement, se posa sur la sphère, et fusionna avec elle.

L’homme sourit.

— Vous avez sauvé l’hiver.

Il disparut dans une bourrasque de neige.

Éléonore resta là, le cœur léger, les yeux pleins de larmes. Son fils arriva le lendemain, sans prévenir, les bras chargés de cadeaux. L’atelier reprit vie. Et chaque année, désormais, l’Étoile de l’Hiver brillait plus fort, car elle portait en elle l’éclat d’une âme qui avait retrouvé foi en la magie.


Les 12 étapes pour régler une succession

Deuil

Vous êtes désigné liquidateur d’une succession ? Voici les étapes à suivre pour remplir votre rôle adéquatement. Cet article est tiré du Journal de Montréal du 6 décembre 2025, sous la plume de David Descoteaux.

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Régler une succession peut être un véritable chemin de croix. Pour y arriver, il est crucial de faire preuve de rigueur et de consulter des professionnels. Ce sera plus facile si vous suivez correctement les étapes. Les voici.

1- OBTENIR LE PLUS RAPIDEMENT VOTRE KIT DE DOCUMENTS

Sans certificat de décès ou de preuve d’union, il est impossible de fermer des comptes, produire des déclarations fiscales ou faire valoir les droits des héritiers. Vous avez besoin du certificat de décès ou d’une copie de l’acte de décès délivré par le Directeur de l’état civil et du contrat de mariage ou d’union civile.

Obtenir les documents officiels

  • Directeur de l’état civil (DEC), 1 877 644-4545 www.etatcivil.gouv.qc.ca
  • Contrat de mariage ou d’union civile : souvent conservé chez le notaire ayant rédigé l’acte.
  • Pour retrouver le notaire : Chambre des notaires du Québec, 514 879-1793 www.cng.org

2- RECHERCHER LE DERNIER TESTAMENT

(Auprès de la chambre des notaires ou du Barreau du Québec).

Le testament détermine la répartition des biens et la nomination du liquidateur. Ignorer cette étape peut entraîner des erreurs irréversibles et des conflits familiaux.

Rechercher le dernier testament

  • Chambre des notaires du Québec – Registre des testaments 514 879-1793 www.cnq.org
  • Barreau du Québec – Registre des testaments, 514 954-3454 www.barreau.qc.ca

3- ÉTABLIR L’IDENTITÉ DES SUCCESSIBLES ET COMMUNIQUER AVEC EUX

Identifier les héritiers légaux ou testamentaires est essentiel pour éviter les litiges. Une erreur dans cette étape peut entraîner des recours judiciaires coûteux.

Établir l’identité des successibles


4- DEMANDER L’INSCRIPTION DE l’« AVIS DE DÉSIGNATION DU LIQUIDATEUR AU RDPRM »

Dans le registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM). Cette inscription officialise le rôle du liquidateur, lui confère la légitimité pour agir et protège contre les fraudes. Sans cette formalité, les institutions peuvent refuser de collaborer.

Inscrire l’avis de désignation du liquidateur au RDPRM


5- INFORMER LES GOUVERNEMENTS ET LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES DU DÉCÈS DE LA PERSONNE

Cela permet d’éviter des paiements indus (prestations, pensions) et empêche l’accumulation de frais inutiles. Cette étape est aussi indispensable pour activer certains droits successoraux et simplifier les démarches fiscales. Contactez aussi tout autre fournisseur de services (carte de crédit, Postes Canada, Hydro-Québec, etc.).

Informer les gouvernements et les fournisseurs de services

  • Gouvernement du Québec (Retraite Québec, RAMQ, etc.), 1 877 644-4545 www.quebec.ca
  • Gouvernement du Canada – Service Canada, 1 800 622-6232 www.canada.ca

6- DRESSER L’INVENTAIRE DES BIENS ET DES DETTES DE LA SUCCESSION

L’inventaire permet de connaître la valeur nette et d’éviter de distribuer des biens avant d’avoir payé les dettes. Sa publication protège aussi les héritiers contre les créanciers inconnus. Dresser l’inventaire, puis publier l’avis de clôture d’inventaire au RDPRM et dans un journal local de la région où vivait la personne décédée, notamment pour informer les créanciers.

Inventaire des biens et des dettes et publications


7- OUVRIR UN COMPTE BANCAIRE AU NOM DE LA SUCCESSION

Y rapatrier toutes les sommes qui étaient au nom du défunt (fermer les comptes bancaires du défunt). Ce compte centralise les fonds et facilite la gestion des paiements et des encaissements. Il évite la confusion entre les finances personnelles du liquidateur et celles de la succession.

Ouvrir un compte bancaire au nom de la succession

  • Banque du liquidateur (toutes les grandes banques offrent un « compte de succession »)

8- RÉGLER LES DROITS DE LA CONJOINTE LÉGALE OU DU CONJOINT LÉGAL

(Patrimoine familial, régime matrimonial, prestation compensatoire, pension alimentaire, etc.). Le conjoint survivant a des droits prioritaires. Les ignorer peut entraîner des poursuites judiciaires et retarder la liquidation.

Régler les droits du conjoint

  • (Questions de patrimoine familial, de pensions, notaire ou avocat).
  • Chambre des notaires, 514 879-1793 www.cnq.org
  • Barreau du Québec, 514 954-3454 www.barreau.qc.ca

9- RÉCUPÉRER LES SOMMES DUES À LA PERSONNE DÉCÉDÉE

Cette étape protège les héritiers contre les responsabilités financières imprévues. Elle assure que la succession est réglée de manière équitable et conforme à la loi. On parle ici de salaires, de prestations, de rentes, de polices d’assurance vie sans bénéficiaire désigné, etc. Il faut aussi payer ses dettes et celles de la succession (impôts, loyer, droits du conjoint ou de la conjointe dans le patrimoine familial, taxes foncières, cartes de crédit, etc.).

Récupérer les sommes dues et payer les dettes

  • Emploi et Développement social Canada (pensions, prestations), 1 800 277-9914 www.canada.ca
  • Retraite Québec (RRQ, RQAP, rentes), 1 800 463-5185 www.retraitequebec.gouv.qc.ca
  • Assurances vie : contacter l’assureur figurant sur la police.
  • Créanciers : institutions financières impliquées, cartes de crédit, etc.

10- PRODUIRE LES DÉCLARATIONS DE REVENUS DE LA PERSONNE DÉCÉDÉE

Sans certificat de décharge, les héritiers peuvent être tenus responsables des impôts impayés. Faire parvenir les déclarations à Revenu Québec et à l’Agence du revenu du Canada et obtenir l’autorisation de distribuer les biens (gouvernement du Québec) et le certificat de décharge (gouvernement du Canada).

Produire les déclarations de revenus (personne décédée et succession)


11- DISTRIBUER LES LEGS, LES BIENS ET L’ARGENT AUX HÉRITIERS SELON LES CLAUSES DU TESTAMENT

Ou suivant la loi en l’absence de dispositions testamentaires. Cette étape concrétise les volontés du défunt ou les règles légales. Une distribution prématurée ou incorrecte peut entraîner des recours judiciaires.

Distribuer les biens aux héritiers. Chambre des notaires 514 879-1793 www.cnq.org


12- FOURNIR LE COMPTE DÉFINITIF DE LA SUCCESSION ET PUBLIER L’AVIS DE CLÔTURE DU COMPTE DU LIQUIDATEUR AU RDPRM

Sa publication officialise la fin du mandat du liquidateur et protège contre des réclamations ultérieures.

Fournir le compte définitif et publier l’avis de clôture au RDPRM


Un pan de notre histoire : Le drame d’Aurore revisité

Histoire

Des historiens revisitent dans un documentaire le sort cruel d’Aurore Gagnon, une enfant de 10 ans morte des suites de sévices perpétrés par sa belle-mère en 1920,

Tenue responsable de la mort de sa fille adoptive, Aurore Gagnon, à la suite de multiples sévices (notamment 52 blessures identifiées par le médecin légiste), Marie-Anne Houde a été condamnée à la pendaison en 1920. Sa peine a été commuée en emprisonnement à perpétuité par la suite, mais ce drame continue d’habiter la mémoire collective, comme en témoigne un documentaire qui sera diffusé à Radio-Canada, ce lundi 8 décembre à 20h.

« Je crois qu’il était nécessaire de revisiter cet événement qui avait passionné le public à l’époque, particulièrement durant le procès, alors que les journaux relataient chaque témoignage, jusqu’à deux fois par jour », commente le producteur et scénariste Jean-Simon Chartier.

Aurore : entre mythe et réalité revisite les lieux du drame et questionne plusieurs témoins, dont la centenaire la plus connue du Québec Janette Bertrand, qui avait joué le rôle de la sœur et confidente de la victime dans La petite Aurore, l’enfant martyre, réalisé par Jean-Yves Bigras en 1952.

DEUX FILMS, DEUX VISIONS

L’étincelle de ce projet a jailli en 2020, alors que les médias se sont rués à Fortierville, dans le Centre-du-Québec, en raison du centenaire de la mort de l’enfant.

M. Chartier avait bien sûr entendu parler de l’affaire de l’enfant martyrisée par sa belle-mère dans le Québec rural du siècle dernier, mais il n’avait jamais poussé la curiosité plus loin.

« J’ai regardé l’un après l’autre les deux films tournés sur le sujet à plus de 50 ans de distance. Leurs approches totalement différentes m’ont sauté aux yeux », relate-t-il.

Alors que le ressort dramatique du premier long métrage s’appuie sur la cruauté de la belle-mère, l’autre, tourné par Luc Dionne en 2005, pointe plutôt du doigt l’idéologie religieuse dominante. Il y avait là un sujet intéressant à explorer pour le producteur de MC2 Communication Média.

REVISITER LES LIEUX

Une grande place est accordée aux historiens Éric Bédard et Myriam Woycick. Celle-ci note que les femmes criminelles ont beaucoup marqué les esprits à travers le temps.

On se souvient de Cordélia Viau, de la Corriveau, de Monica-la-Mitraille… pourtant les femmes meurtrières constituent une infime minorité au panthéon des assassins.

Comme si le Québec du troisième millénaire n’avaient toujours pas digéré les gestes fatals de la belle-mère de la petite Aurore. Pourtant, des drames similaires continuent d’alimenter les pages des journaux de faits divers. La fillette de Granby, par exemple, est morte à 8 ans !

« Le Québec est encore secoué par des drames semblables qui ravivent chaque fois un profond questionnement sur la protection des enfants », souligne M. Chartier. En relatant le parcours d’Aurore, son film invite à « réfléchir à ce que notre société a appris – ou pas – en cent ans d’histoire ».

Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 6 décembre 2025, p50