Atrocités au Congo

Un récit à glacer le sang en imaginant les pires sévices et atrocités envers femmes et enfants. Des monstruosités à dénoncer et qui restent malheureusement lettre morte. Un texte de Louise Leduc de La Presse+.

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

« ON NE PEUT PAS CONSTRUIRE LA PAIX SUR DES FOSSES COMMUNES »

Docteur Denis Mukwege

Le docteur Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes », a fait un récit à glacer le sang, vendredi dernier à Montréal, du fléau des viols en République démocratique du Congo.

– Louise Leduc, La Presse

« Il y a quelques mois, j’ai soigné un bébé de 6 mois qui avait été violé. Ma patiente la plus âgée avait 80 ans. »

Pendant près de deux heures, le Dr Denis Mukwege, ce gynécologue que l’on a surnommé « l’homme qui répare les femmes » et qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 2018, a offert à l’Université de Montréal un récit à glacer le sang de tous les viols souvent collectifs et méthodiquement planifiés qui continuent à être utilisés comme arme de guerre en République démocratique du Congo.

On pourrait espérer qu’un Prix Nobel, qu’un nouveau président au pouvoir, que les Nations unies au courant de la torture infligée aux femmes, ça change tout. Non.

« Quand vous enterrez des femmes vivantes et que vous restez libres », la route sera longue, raconte le Dr Mukwege.

« On ne peut pas construire la paix sur des fosses communes et sur l’impunité. On a essayé pendant 20 ans. Ça ne marche pas. »

Parce que telle est la réalité.

Des hommes entrent dans une église, violent la femme du pasteur, devant lui et devant l’assemblée de fidèles.

Des périnées de bébés sont éclatés. Des femmes se font violer, puis tirer des balles dans l’appareil génital, se font enfoncer des baïonnettes, des objets contondants, se font brûler l’intérieur. Se font violer devant leur mari, devant leurs enfants, devant leur village.

« [À partir de là], le pasteur n’est plus pasteur. L’époux n’est plus un époux. L’épouse ne se sent plus une épouse. Il y a distanciation, perte d’identité individuelle et collective. »

— Le Dr Denis Mukwege

Le mari, qui ne supporte pas de n’avoir pu intervenir et qui n’oublie jamais ce qu’il a vu, est le premier à partir, explique le Dr Mukwege. Suivent les femmes et les enfants, terrorisés.

Des dizaines de milliers de femmes, trop atteintes, ne pourront pas se reproduire ou agrandir leur famille. Souvent, on leur a transmis le sida ou d’autres ITS, qu’elles transmettront à leur tour. La population de l’ennemi diminue. Des villages se vident.

UNE BARBARIE QUI N’A RIEN DE CULTUREL

Comment en arrive-t-on à cette barbarie ? La question est sans cesse posée au Dr Mukwege, qui avoue que même les animaux ne font pas ce qu’il voit.

« Quand les viols ont commencé, ils étaient faits par des armées étrangères. Mais ceux qui violent, maintenant, ce sont des Congolais. Des jeunes, à qui l’on fait des lavages de cerveau, que l’on recrute dans l’armée en leur promettant des femmes et de l’argent, le bonheur. »

Mais attention, enchaîne aussitôt le Dr Mukwege. « Il ne faut jamais considérer que ces violences sont culturelles. Après l’ouragan Katrina, à La Nouvelle-Orléans, les violences sexuelles ont doublé. Quand l’État est absent, les femmes et les enfants paient un lourd tribut. »

Il évoque aussi le fait qu’en France, « une femme est tuée tous les trois jours par son partenaire intime ».

Ce dont cela témoigne, c’est qu’il n’y a pas égalité entre les hommes et les femmes. Dans aucun pays. Si l’on tue une femme « parce qu’elle nous énerve », si on la viole, « c’est qu’on ne la considère pas comme son égale ».

Le Dr Mukwege se fait le porte-étendard non seulement des victimes de viol en République démocratique du Congo, mais de toutes les femmes, de tous les pays.

En 2013, à Rima Elkouri, de La Presse, le Dr Mukwege avait parlé de ces trois hommes amputés de leur pénis après avoir commis un viol. Les journalistes s’étaient précipités en République démocratique du Congo. « Même le New York Times était là pour constater, pour voir ! Je ne minimise pas. Mais c’étaient trois hommes. Si vous comparez à la multitude de femmes qui sont mutilées tous les jours… […] Je me demande si, peut-être, dans cette indifférence, il n’y a pas une discrimination. »

DÉÇU DE L’ONU

Le Dr Mukwege n’est pas revenu sur cette histoire, mais il n’avait plus le ton de « celui qui se demande ». Il avait le ton de celui qui dénonce, qui s’indigne, qui montre sa frustration. Poliment, mais franchement.

Il ne cache rien de sa déception. Il est dépité par la tiédeur de l’ONU qui, en avril, a bien voté une résolution pour combattre le viol comme arme de guerre, mais totalement édulcorée.

Il évoque aussi cette enquête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme qui détaille « 617 crimes de guerre et contre l’humanité et qui a été mise dans un tiroir ».

« Quand, une nuit donnée, de 200 à 300 femmes sont violées dans un village, c’est qu’il y a eu planification. »

— Le Dr Denis Mukwege

Pour lui, aucun doute : il faut de toute urgence que des tribunaux nationaux ou internationaux jugent les personnes coupables de crimes sexuels.

Pour que des gens paient pour leur crime, pour que des femmes obtiennent au moins une réparation judiciaire.

Les rares fois où les femmes portent plainte et remportent leur procès, au Congo, « on les voit se promener dans leur village avec leur papier qui prouve que ce n’était pas elles, les fautives, mais leur bourreau ».

De dire tout cela à voix haute, de dénoncer le sort fait aux femmes sur toutes les tribunes, cela a un prix pour le Dr Mukwege qui, depuis qu’il a été victime d’une tentative d’assassinat en 2012, vit sous une surveillance constante.

Même à l’Université de Montréal, hier, des gardiens de sécurité étaient bien présents.

« Je continue à être prudent parce que j’ai déjà perdu beaucoup de gens autour de moi. »

COMMENT AIDER ?

Dans l’assistance, une question : comment aider ? Le docteur répond que cela peut notamment passer par le militantisme. À la fin de son discours, il fournit l’hyperlien menant vers le rapport des Nations unies mis au placard. Il croit que les gens devraient réclamer à grands cris que l’ONU y donne suite.

Quand on lui demande s’il est entouré, au Congo, ou s’il est l’un des rares à se lever aussi publiquement pour dénoncer, il évoque toutes ces femmes d’Afrique, mais aussi d’Irak, du Kosovo, de partout, qui réclament que cesse la violence sexuelle et qui, par leurs campagnes sur l’internet, peuvent faire une différence.

Au premier rang, deux Congolaises de Montréal, une mère et sa fille, diplômée de l’Université de Montréal, boivent les paroles du Dr Mukwege et ponctuent son discours par plusieurs « Amen ».

« Au Congo, aucun leader politique capable de faire la différence ne semble émerger, se désole Linda Bosembo-Mbitse, une diplômée de l’Université de Montréal qui vit au Québec depuis plus de 20 ans. On n’a toujours pas eu notre Mandela. Si seulement le Dr Mukwege voulait se lancer en politique. »

——————————————-

UN DOCTORAT ET UN PARTENARIAT AVEC L’UdeM

L’Université de Montréal a remis un doctorat honoris causa au docteur Denis Mukwege, vendredi dernier. L’établissement a aussi signé avec sa fondation une entente en vertu de laquelle des médecins, des infirmières, des chercheurs, des travailleurs sociaux et des juristes, entre autres, pourront suivre des formations et effectuer des stages de l’Université de Montréal, soit en République démocratique du Congo, soit à Montréal. La Fondation Panzi RDC du Dr Mukwege entend étendre son action à plusieurs régions de la République démocratique du Congo et à d’autres pays de l’Afrique francophone.

Ça frôle l’indécence !

Vous souvenez-vous de l’époque des rendez-vous en soirée chez le médecin de famille ? C’était le bon temps; le médecin au service de ses patients. Ceux et celles qui leur permettent de vivre parmi les plus riches de notre société. Les temps ont bien changé alors qu’aujourd’hui ils forcent le gouvernement à leur en donner encore plus. Le gouvernement embarque avec une petite prime par-ci, une autre par-là…

Aujourd’hui, dans un secteur où la maladie ne connaît pas de temps mort, les médecins veulent travailler du 9 à 5. Avoir toutes leurs fins de semaine, les congés fériés et élever une grosse famille. De moins en moins de place pour les patients. Ils veulent le pain, le beurre, l’assiette, la table avec les quatre chaises et la cuisine au grand complet.

Saviez-vous que la moyenne des augmentations de salaires des travailleurs journaliers des dernières années vogue à peine autour du coût de la vie ? Chez nos toubibs généralistes on parle de 25,5% pour les quatre dernières années. Chez les médecins spécialistes, on parle de 17,2% pour la même période. Ces pourcentages sur des salaires minables ne représentent rien, par contre, sur 300 000 et 400 000 $, c’est toute une augmentation.

Et le gouvernement Legault leur en donne encore… Michel Girard a publié un constat intéressant dans les pages ARGENT du Journal de Montréal d’hier et c’est ce texte que je veux partager avec vous, aujourd’hui, chers CONtribuables.

D’AUTRES INACCEPTABLES PRIMES AUX MÉDECINS Michel Girard

Quand c’en est rendu que le gouvernement Legault ne trouve rien de mieux que de verser une prime supplémentaire de 46 millions $ pour inciter les médecins omnipraticiens à prendre en charge plus de patients, force est de constater que notre système de santé est vraiment malade ! Et ce, malgré le fait que le gouvernement consacre à la santé quelque 40 milliards $ par année, soit 50% de toutes les dépenses des programmes gouvernementaux.

Ainsi, un petit 10$ additionnel par patient sera versé annuellement au médecin de famille qui daignera s’occuper d’au moins 750 patients. Ce qui rapportera une prime annuelle de 7500$

Et les vaillants médecins qui « s’occupent » de 1000 patients ou plus verront ladite prime se bonifier d’un autre 5$, pour atteindre 15$ par tête de patient. Pour une prime annuelle de 15 000$.

Je trouve cela épouvantable de devoir verser ce genre de prime pour motiver les médecins à prendre en charge un nombre minimum de patients. Un pas de plus et les bonzes du gouvernement Legault vont la prochaine fois se mettre à genoux pour supplier les médecins de faire la job pour laquelle on a collectivement investi une fortune pour les former.

PRÈS DE 300 000 $

Cela dit, j’ai de la misère à croire qu’un médecin omnipraticien, dont le revenu annuel moyen atteignait les 293 110$ lors de l’exercice financier 2017-18, avait besoin de cette prime de 7500$ à 15 000$ pour accepter de prendre en charge plus de patients, ou à tout le moins ne pas les laisser tomber.

Pour tenter de justifier cette prime aux patients, la ministre de la Santé, Danielle McCann, n’a rien trouvé de plus convaincant à dire que la somme de 46 millions avait été initialement négociée l’an passé entre l’ancien gouvernement Couillard et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

HEUREUSE MINISTRE

« Ce n’est pas du nouvel argent », dit-elle, ajoutant que cet argent-là va servir à donner accès à davantage de patients.

« Alors, vraiment, c’est une très bonne nouvelle pour les Québécois et les Québécoises. » Qu’on se le tienne pour dit !

À la place de la ministre McCann, je me garderais une petite réserve.

Je ne suis absolument pas convaincu que les médecins sont à ce point attachés à l’argent qu’il vont hausser leur charge de travail pour un p’tit 10$ à 15$ de plus par patient.

CELA DIT…

Notre système de santé va-t-il vraiment mieux depuis que les médecins ont vu leur rémunération grimper sensiblement ?

De 2013 à 2017, les médecins spécialistes ont vu leur rémunération moyenne passer de 360 614$ à 422 754$, une hausse de 17,2%.

Pendant ce temps-là, le médecin omnipraticien voyait sa rémunération moyenne grimper de 233 464 $ à 293 110$, ce qui représente une augmentation de 25,5% en l’espace de seulement quatre années.

Les médecins se sont partagés en 2017 la somme de 8 milliards $,

La facture a continué d’augmenter en 2018.

Avaient-ils vraiment besoin d’un petit supplément de 46 millions $ pour les motiver ?

J’ose croire que la réponse est : NON !

La boîte de trucs

De temps en temps, on se demande bien comment faire disparaitre une tache, comment réaliser ceci, comment réparer cela… et souvent on n’a pas besoin d’acheter ces produits spéciaux pour accomplir des miracles.

Ces produits-là n’ont pas toujours existés et nos ancêtres prenaient les moyens que la nature leur donnait pour parvenir à leurs fins. Et très souvent, ça fonctionnait. On appelait ça, les trucs de grand-mère et aujourd’hui, l’écologie et la sauvegarde de la planète étant au haut de la liste des priorités, les gens font un retour aux sources.

Les quelques trucs qui suivent, pourraient régler une bonne partie de nos petits problèmes du quotidien. On n’a rien à perdre…

BRAISES RAVIVÉES : Jetez une poignée de gros sel sur les braises permet au feu de reprendre vigueur très rapidement.

BOUCHONS RÉUTILISÉS : Ne jetez plus les bouchons en liège des bouteilles de vin. Ils serviront d’allume-feu si vous les gardez dans un récipient d’alcool ménager.

GELÉE EXPRESSE : Une super recette : Faites bouillir 4 minutes 750 ml de n’importe quel jus de fruits (du vrai) avec 1 kg de sucre. C’est tout et c’est génial.

CRAYONS-FEUTRES RESSUSCITÉS : Vos enfants laissent systématiquement leurs crayons-feutres décapuchonnés ? Pour les raviver, trempez les mines dans du vinaigre.

LES GUÊPES : Pour éloigner les guêpes de l’endroit où vous êtes, écrasez sommairement quelques clous de girofle, et mettre dans une ou plusieurs soucoupes sur la table. Elles ne supportent pas l’odeur et s’éloignent.

LESSIVE CITRON : Une tache de café macule votre belle nappe ? Mettez dessus du jus de citron et lavez-là comme d’habitude.

MOUCHES : Pour chasser les mouches noires de votre plat de fruits : conservez les bouchons de liège de vos bouteilles de vin et mettez-les dans le panier de fruits.

NOIR RAVIVÉ : Ajoutez quelques feuilles de lierre à la lessive de vos vêtements noirs : elles vont raviver le noir sans frais !

TACHES DE VIN : Pas de panique, versez immédiatement dessus, de l’eau gazeuse et absorbez-la avec une éponge.

VERRES RÉNOVÉS : Donnez un coup de neuf à vos verres : frottez-les avec un chiffon doux et un peu de dentifrice. Les éraflures vont disparaître et les verres, retrouver leur éclat.

FRUITS : Mettez des bouchons de liège dans votre corbeille pour empêcher qu’ils ne s’abiment.

GROS GLAÇONS : Vous avec besoin de gros glaçons ? Remplissez chaque moitié des emplacements d’une boîte à œufs en plastique avec de l’eau.

ŒUFS PARFUMÉS : Pour donner aux œufs un goût particulier, il suffit de les enfermer quelques jours dans une boîte hermétique avec au choix : basilic, curry, estragon, lard fumé, ail, truffe… En effet, l’odeur passe à travers la coquille !

ALLÉGER UNE OMELETTE : Versez une cuillère à soupe d’eau (ou de lait) par jaune d’œuf sans votre omelette. Cela va l’alléger et la rendre plus digeste. Utilisez la même méthode pour les œufs brouillés, ce qui offrira les mêmes avantages !

CUISSON DES PÂTES : Le sel que vous mettez dans vos pâtes retarde son ébullition et cela consomme plus d’électricité et de gaz. Il suffit de ne mettre le sel qu’au moment de l’ébullition juste avant de mettre les pâtes.

DORER UN RÔTI : Avant la cuisson, arrosez votre rôti de jus de citron. Cela vous permettra d’obtenir un rôti bien doré et parfumé grâce au jus de citron.

DURÉE DE CUISSON D’UN ROSBIF : Un doute sur le temps de cuisson d’un rosbif ? Avant de l’enfourner, mesurez sa circonférence avec un mètre de couturière. Son « tour de taille » vous donnera son temps de cuisson : 20 cm pour 20 minutes.

Quand l’horreur émeut les plus durs

Hier, partout sur la planète on commémorait le sacrifice humain du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944. 75 ans se sont passés depuis et c’est toujours avec une émotion bien sentie qu’on peut voir nos vétérans encore vivants, replonger dans de douloureux souvenirs, comme si c’était arrivé hier, et les larmes coulent toujours sur leur visage. Revivre en silence.

Dans ce combat historique qui allait libérer l’Europe et devenir le prélude à la capitulation des nazis, 14 000 soldats canadiens, des adolescents pour la plupart, sont débarqués sur la plage Juno et 359 y ont trouvé la mort en quelques secondes. De la vraie chair à canons ! Foudroyés par les tirs ennemis.

Je suis né 7 ans après cette date historique mais j’en entendais parler année après année. Ayant servi deux années dans la réserve canadienne, je me suis toujours imaginé ce que ça devait être, au front, ce jour-là. Terrible !

L’article de Richard Martineau, dans l’édition d’hier du Journal de Montréal, m’a beaucoup ému et principalement la réaction de ce vétéran. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui. Est-ce que notre jeunesse actuelle serait prête au même sacrifice ? J’en doute !

LA DERNIÈRE GUERRE JUSTE Richard Martineau

Je suis allé deux fois faire le pèlerinage sur les plages du Débarquement, en Normandie.

Deux fois, à Courseulles-sur-Mer, j’ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d’imaginer – en vain, bien sûr – ce que pouvaient ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.

Deux fois, je suis allé sur le pont Pegasus, à Bénouville, lieu de la première opération militaire des alliés (des parachutistes britanniques se sont emparés du pont dans la nuit du 5 au 6 juin 1944).

Et deux fois, je me suis promené en silence parmi les tombes du cimetière des soldats canadiens à Bény-sur-Mer, en calculant l’âge des victimes : 18 ans, 19 ans, 20 ans…

JOHN WAYNE EST UNE MAUVIETTE

La deuxième fois, en août 2010, dans le cadre de l’émission Les Francs-Tireurs, j’ai eu l’immense privilège d’être accompagné d’un ancien combattant québécois qui a participé au Débarquement.

Cet homme, qui n’était jamais retourné en Normandie avant ce jour, aurait fait passer John Wayne pour une mauviette.

Un véritable mur de briques.

Le visage buriné comme un vieux sac en cuir, des yeux perçants, une gueule carrée qui ne laissait échapper aucun son.

On aurait dit une caricature. Tout juste si le bonhomme a prononcé deux mots pendant les huit heures qu’on a passées ensemble.

À la lumière de ce que sa fille me racontait, l’homme n’était visiblement pas commode.

Dur, sévère.

« The strong silent type », comme disent les Américains.

Mais lorsqu’il a foulé la plage où tant de camarades ont été abattus comme des bêtes 66 ans plus tôt, il s’est mis à sangloter silencieusement.

En tenant la main de sa petite fille.

UN VRAI COMBAT ANTIFASCISTE

Si vous n’avez jamais fait ce pèlerinage (et si vous en avez les moyens, bien sûr), ne remettez pas ça aux calendes grecques.

Allez-y cet été, ou l’été prochain.

Avec vos enfants.

Ce n’est pas une leçon d’histoire.

C’est une leçon d’humanité.

Depuis, chaque fois que j’entends quelqu’un parler de « masculinité toxique », j’ai le goût de vomir.

De jeunes hommes qui n’avaient jamais voyagé sont allés à l’autre bout du monde défendre des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés.

Qui ferait ça, aujourd’hui ?

Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses ?

Les chroniqueurs comme moi ?

La solidarité, autre mot du jargon humanitaire dont se gargarisent les militants altermondialistes, c’est aussi ça.

Prendre les armes et faire couler le sang au nom d’un idéal.

Défendre les valeurs démocratiques bec et ongles.

Et non se contenter de publier un slogan creux sur sa page Facebook.

UNE BOUSSOLE DÉRÉGLÉE

Pas étonnant qu’on ne cesse de tourner des films sur la Deuxième Guerre.

C’était la dernière guerre « juste ». Avec des enjeux clairs.

Depuis, tout est flou, équivoque, ambigu.

La guerre du Vietnam était un bourbier moral. Celle de l’Irak, un mensonge.

On renverse des dictateurs, comme on l’a fait en Lybie en octobre 2011, et on se retrouve avec une situation encore plus explosive.

Aujourd’hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième Guerre.

On pleure le dérèglement de notre boussole morale.

Trois gouttes de lumière…

LE TRAIN DE LA VIE

La vie est comme un voyage en train; on monte et on descend. Il y a des arrêts, des imprévus, des retards, des pannes, rarement des accidents.

Quand on nait et qu’on monte à bord du train de la vie, on rencontre des personnes qui, croyons-nous, nous accompagnent pendant tout le voyage, ce sont nos parents.

Malheureusement, la vérité est tout autre, car il arrive qu’ils descendent dans une gare plus rapprochée, sans nous prévenir de leur sortie subite…

Ils s’y trouvent d’autres personnes qui montent à bord et dont la présence sera déterminante, ce sont nos frères et sœurs, nos amis, nos proches.

Quand certaines d’entre-elles descendent, elles laissent en nous une nostalgie pour toujours. D’autres montent et descendent tout de suite. À peine avons-nous le temps de les croiser et de les connaître.

Et d’autres, épuisés par le voyage, veulent prématurément sortir du train…

Parfois, on s’étonne de voir que certains passagers que nous aimons, s’assoient dans un autre wagon. Ils nous laissent voyager seul, même s’ils savent que nous les cherchons partout dans le train.

Et quand nous les retrouvons, la place à côté d’eux est déjà prise… le grand mystère du voyage est que nous ne connaissions pas le moment où nous descendrons pour toujours, pas plus que nous connaissons celui de nos compagnons de voyage ou même, de celui qui est assis juste à côté de nous.

Essayons donc de faire le plus beau voyage possible, de partager nos différentes découvertes, d’égayer mutuellement notre trajet, et surtout, de nous entraider quand nos bagages deviennent trop lourds.

Pour ma part, quand je quitterai ce grand train, oui, je serai triste. Par contre, je serai en paix, car j’aurai fait mon possible pour être un bon compagnon de voyage…

Certains entrent dans notre vie et ne font que passer, d’autres s’y attardent et laissent des empreintes qui nous transforment à jamais.

Merci d’être monté dans le train de ma vie !

Source : Page Facebook « Tout le Monde Veut Être Heureux »

La leçon de français (45)

LES ÉCRITURES DU SON [j] (y, ill, II, i)

Règles

Le son [j] peut s’écrire :

– « y » : la bruyère, une rayure, prévoyant

Remarque ! Suivi d’une consonne, « y » se prononce [i] : un mystère, le lycée.

– « ill » : une douille, jaillir, réveiller

La lettre « i » est inséparable des deux « l », pour la prononciation.

– « ll » seulement après la voyelle « i » qui détermine une syllabe : griller, un sillon

Remarque ! les deux « ll » se prononcent parfois [l] : la ville, tranquille

– « i » entre une consonne et une voyelle. Dans ce cas, le son [j] se confond avec le son [i] : une liasse, vieux, cirer

– Il y a quelques graphies plus rares : les yeux, le yoga, une hyène, la faïence, un cow-boy.

Les noms féminins en [j] s’écrivent tous « -ille » : la muraille, la bouteille.

Les noms masculins en [j] s’écrivent « il » : Du corail, le recueil, le fenouil.

Astuce ! Exceptions : un portefeuille, un millefeuille, le chèvrefeuille

Exercices

1- Quelle terminaison complète le nom en gras ?

Nos voisins viennent d’emménager : ils ont organisé une cré… .

A) mayère – B) maillère – C) maillière – D) maillerre

2- Quelle écriture complète le nom en gras ?

Comment pourras-tu retrouver ton classeur au milieu de ce fou… .

A) illit – B) yt – C) ys – D) illis

3- Dans quel nom n’entend-on pas le son [j] ?

A) une pastille – B) un village – C) une brindille – D) un treillis

4- Quels mots complètent cette phrase ?

Un bouquet de … multicolores … le salon.

A) glaïeul / égaierons – B) glaïeuls / égayait

C) glaïeuls / égayais – D) glaïeuls / égayaient

5- Quel adjectif correspond à la définition suivante ?

Qui convient, va bien à quelqu’un, à son physique.

A) seyant – B) chatoyant – C) choyant – D) attrayant

6- Quel nom n’a pas la même terminaison que les trois autres ?

A) un faut… – B) un chevr… – C) un tr… – D) un cerc…

7- Quelle terminaison complète le mot en gras dans cette phrase ?

Pour disputer la course du quinté, ce cheval porte des œ… .

A) illères – B) llières – C) yères – D) yaires

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) D – 3) B – 4) B* – 5) A** – 6) D*** – 7) A****
* Une seule terminaison de verbe convient. On notera la présence d’un tréma sur le nom « glaïeuls ».
** Cet adjectif est formé sur le participe présent d’un ancien verbe français « seoir » (convenir, aller bien).
*** Après la lettre « c », il faut inverser les deux premières lettres de la terminaison habituelle pour conserver le son [k].
**** Les œillères sont des plaques de cuir attachées sur le montant de la bride et empêchant le cheval de voir ses adversaire sur le côté.

Une mise au point rafraîchissante

Depuis le temps qu’on associe grosseur et mauvaise alimentation, le texte qui suit est plus que rafraîchissant et me rejoint, alors qu’on parle d’habitudes de vie. Sous la plume de Hugo Duchaine, et publié dans le Journal de Montréal du 1er juin dernier, il rapporte les propos de Jo-Anne Gilbert, Docteure en kinésiologie, tenus lors du congrès de l’ACFAS, devenue l’Association francophone pour le savoir, à Gatineau récemment.

PARLER DE SANTÉ PLUTÔT QUE DE POIDS

Les professionnels de la santé doivent cesser de parler de poids avec leurs patients et se concentrer sur leurs habitudes de vie, a plaidé hier une kinésiologue au congrès de L’ACFAS à Gatineau.

Fini l’idée du « poids santé », selon Jo-Anne Gilbert, qui croit que celui-ci donne une image fausse de l’état réel d’une personne. Elle souligne qu’une personne mince peut fumer et mal s’alimenter, alors qu’une personne avec de l’embonpoint peut faire de l’exercice fréquemment et bien dormir, par exemple.

Docteure en kinésiologie et anciennement responsable de la promotion de la nutrition à Santé Canada, Madame Gilbert se consacre maintenant à accompagner des clients dans la gestion de leur poids.

GARE AUX DIÈTES EXCESSIVES

Elle déplore notamment les risques associés aux diètes excessives dans lesquelles se lancent souvent aveuglément les personnes déterminées à perdre du poids. Or, un régime doit être maintenu « à vie » pour garder ses résultats. « C’est ça qu’on oublie de dire », souligne-t-elle.

Elle croit qu’en évitant de parler de poids, les personnes en quête d’une meilleure santé éviteront de ne se concentrer que sur manger moins pour y arriver. Selon elle, il faut parler de nourriture saine, d’activité physique, de sommeil et de stress.

Elle reconnaît que les personnes sans surplus de poids sont généralement en meilleure santé. Cependant, elle ajoute que divers problèmes peuvent causer une prise de poids. Il ne suffit donc pas de maigrir pour se guérir, estime-t-elle.