Douze étincelantes bougies pour Audrey-Anne

Résonnez tambours et trompettes… notre petite « grande » fille franchie la barrière de l’adolescence. Parce qu’aujourd’hui, princesse, c’est une journée toute spéciale. Nous sommes le 28 décembre et que se passe-t-il le 28 décembre ?

C’EST TON ANNIVERSAIRE !!!

Chanceuse ! Te voilà à l’ère des grandes transformations et tu es toujours aussi jolie… et ton sourire… Wow ! Irrésistible !

Ta grand-mère et moi aurions certainement aimé être avec toi, te serrer dans nos bras, te câliner… Hélas, à notre âge, nos vieux os réclament leur dose de chaleur, surtout en hiver. Mais, ce n’est que partie remise.

Tout n’est pas perdu. Il nous reste le bon vieux téléphone… ne t’en éloigne pas trop et attend notre appel. Mais d’ici-là, on peut crier à tout le monde que des petits-enfants comme toi nous ramènent une bonne dose de jeunesse.

On sait ce que peut être l’amour des parents pour leurs enfants, mais pour les grands-parents aussi, ça ne se mesure pas tellement, c’est grandiose et immense. Alors que cette belle journée d’anniversaire soit fantastique, joyeuse, à la hauteur de tes attentes et remplie d’amour… et de chocolat. Qu’elle te réserve également de belles surprises.

Avec tout notre amour, nos gros câlins et nos bisous,

Grand-maman Loulou et grand-papa Normand XXX

Grand bien vous fasse, madame la ministre

Avec tout ce qui se dit en anglais, en franglais et tout dialecte qui soit, on verra peut-être la lumière au bout du tunnel dans l’application de la Loi 101. C’est ce que la ministre Nathalie Roy a promis dès son assermentation comme ministre de la culture et des communications, responsable de la langue française; l’application de cette loi avec fermeté. L’envahissement de titres et de termes anglais a assez duré et si c’est devenu la mode de tout angliciser, il est grandement temps d’y mettre un terme.

Je me souviens qu’au début de la Loi 101 du gouvernement Lévesque, en 1977, la raison sociale d’un commerce devait être en français. Le commerce de peinture et décoration Color My World avait alors francisé sa raison sociale en La couleur au foyer. Staples avait fait de même pour devenir Bureau en gros. Et bien d’autres… Ce qui semblait impossible, ne l’était pas finalement ! Malheureusement, les temps ont bien changé.

Le 21 décembre dernier, Sophie Durocher en a fait le sujet de son article dans les pages du Journal de Montréal. Étant entièrement d’accord avec son opinion, il me fait plaisir de le partager avec vous.

EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAÎT Sophie Durocher

Si la culture était une partie de hockey, je remettrais l’étoile de la soirée à la nouvelle ministre de la culture et des communications, responsable de la langue française, Nathalie Roy. Elle a annoncé cette semaine que, même si elle ne modifiait pas la Loi 101, elle l’appliquerait avec plus de « fermeté ».

Bravo, Madame. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas seulement à vous, au gouvernement, de faire respecter le français. C’est à nous tous. Chaque jour. On ne peut pas crier contre l’Ontario qui piétine le français si nous-mêmes, on ne s’en soucie pas plus que ça.

MON CARNET DE QUESTIONS

Depuis quelques semaines, je note dans un petit carnet des situations du quotidien qui me hérissent. C’est mon carnet des « pourquoi ».

Pourquoi, sur les ondes de 107,3 on présente le segment : « Would you rather ? », un dilemme où l’on doit choisir entre deux options.

Pourquoi le programme de mentorat de Netflix, en partenariat avec Québec cinéma, porte le nom de « Talent Lab » ?

Pourquoi le nouveau restaurant Henri s’adresse souvent à ses abonnés Instagram uniquement en anglais ?

Pourquoi l’émission de chasse et pêche de RDS s’appelle-t-elle : « Le shore lunch » ? Oui, je sais, c’est une expression consacrée qui désigne le festin que se font les pêcheurs, sur le rivage, en apprêtant leurs prises du jour. Mais on aurait pu se forcer un peu, non ?

Pourquoi le site internet du chef Danny St-Pierre s’appelle « Foodlavie » ?

Pourquoi une femme aussi ancrée au Québec que Léa Clermont-Dion a-t-elle un descriptif Twitter uniquement en français ? (PHD Student @ulaval | TvHost #mitsouet léa | Author and director | #cyberviolence # cybersexism).

Pourquoi le prochain album de Brigitte Boisjoli s’intitule-t-il WOMEN (même si je sais qu’elle y chante des standards de country) ?

Pourquoi le nouveau resto de Martin Juneau au Centre Rockland va s’appeler Pastaga’s alors que son autre resto s’appelle Pastaga ? Une orthographe anglaise pour la clientèle anglophone du quartier ?

Pourquoi la nouvelle émission d’humour qui sera diffusée à Z en janvier 2019 s’intitulera Roast battle : le grand duel ? Oui, je sais, l’émission produite pas ComédieHa est adaptée du format original Roast battle, diffusé aux États-Unis sur Comedy Central. Oui j’apprécie qu’on ait rajouté trois mots en français. Mais si au Québec on a pu franciser Star Académie et La Voix, on aurait pu faire de même pour un combat d’humoristes, non ?

Au cours des deux derniers mois, j’ai été servie par des unilingues anglophones dans trois commerces (coiffeur, pizzéria, resto). Pourquoi, quand je me suis plainte à ces trois occasions, les gérants m’ont répondu « Montréal, c’est bilingue » ?

Pourquoi, lorsqu’on appelle le service à la clientèle de certaines compagnies, a-t-on l’impression de parler à Paidge Beaulieu, le personnage de Katerine Levac à SNL Québec ? « Qu’est-ce que je peux t’aider avec ? Canceller ou recéduler ? »

MEA CULPA

Ne vous en faites pas, je m’inclus aussi dans cette liste. Pourquoi ai-je si souvent la tentation d’utiliser une expression anglaise au lieu de me forcer pour trouver l’équivalent en français ?

Une dernière question : pourquoi, comme résolution pour 2019, on ne prendrait pas la résolution de mieux soigner notre français ?

La leçon de français (24)

LE SON [ ] (in)

Règles

Le son [ :

« in » : un incendie, mince, un lapin

« ain » : demain, maintenant, le vainqueur

« ein » : un frein, geindre, peindre

« en » : notamment en fin de mot après les voyelles « i », « é » et « y » : un gardien, un lycéen, moyen

« yn » : un lynx, une synthèse, lyncher

Devant les lettres « b » et « p », le « n » se transforme en « m » : un timbre, imbriquer, important, limpide, une symphonie

Il existe quelques écritures plus rares :

« aim » : la faim, le daim, un essaim

« eim » : la ville de Reims

Attention ! Dans certaines régions, on ne fait plus la différence entre les sons [ ] et [ œ̃ ] : un brin de laine / un ours brun.

Heureusement, les mots dans lequel le son [œ̃] s’écrit « un » ou « um » sont peu nombreux : un, chacun, commun, lundi, emprunter, humble, le parfum.

Exercices

1- Quelle écriture du son [ ] complète tous ces verbes ?

c…dre, f…dre, g…dre, astr…dre

A) ain – B) in – C) ein – D) en

2- Quelle écriture du son [ ] complète tous ces noms ?

Une n…phe, un s…ptôme, le t…pan, des c…bales

A) ain – B) ym – C) in – D) yn

3- Quelle écriture du son [ ] complète le nom en gras ?

Dans la penderie, tous les vêtements sont placés sur des c…tres.

A) ein – B) in– C) ain – D) yn

4- Quel est le seul mot dans lequel on n’entend pas le son [ ] ?

A) un synonyme – B) la syntaxe – C) une syncope – D) synchroniser

5- Quelles écritures du son [ ] complètent successivement les noms en gras ?

L’exam… des enc…tes acoustiques n’a révélé aucun défaut.

A) in / in – B) en / ein – C) en / ain – D) in / yn

6- Avec quel groupe de lettres peut-on former le nom qui complète cette phrase ?

Au dixième kilomètre, la … saisit le coureur qui ne s’est pas ravitaillé.

A) n-l-g-f-a-e-i-a – B) g-l-f-r-a-i-e-n – C) e-l-a-g-n-i-e-r-f – D) f-m-g-l-r-a-i-a-e

7- Quelles écritures du son [ ] complètent successivement les noms en gras ?

Savez-vous quels sont les s…ptômes de la rhinophar…gite ?

A) ym / in – B) im / yn – C) yn / ym – D) ym / yn

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C – 2) B* – 3) B** – 4) A*** – 5) B – 6) B**** – 7) D
* La présence d’un « b » et d’un « p » induit obligatoirement la consonne « m » en finale du son [ ].
** Bien que de la même famille que le nom « ceinture » (latin cintura), le nom « cintre » ne prend pas de « e ».
*** Prononcez ces mots à voix haute pour obtenir la bonne réponse.
**** g-l-f-r-a-i-e-n (FRINGALE)

Le plus joyeux des Noëls

À vous tous, fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite le plus joyeux des Noëls, rempli de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.


Au moment des réjouissances, ayez une pensée pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants parce qu’ils ont perdu un être cher, ont faim, sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.

Enfin, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !

On va filmer le père Noël

Enfin, la nuit prochaine sera la nuit magique tant attendue. Les enfants en rêvent depuis 24 jours et ils auront de la difficulté à s’endormir ce soir. C’est dans cette euphorie que je vous propose cette histoire de Louis Émond, auteur…

Nos trois enfants ont les yeux ronds comme des grelots.

– Filmer le père Noël ? s’étonne notre aînée. On a-tu le droit ?

– Comment on va faire ? demande fiston.

– On va se cacher ! décrète notre petite dernière en sautillant.

En cette soirée du 24 décembre 1994, l’excitation s’est vite décuplée à l’annonce de notre projet.

– Une seule chose sera cachée, dis-je. La caméra.

– Bon, on se brosse les dents ! intervient ma femme. Puis au lit !

La bouche pleine de pâte dentifrice, nos trois amours m’écoutent leur décrire la minuterie, le détecteur de mouvement et le déclencheur ultrasensible relié à la caméra. À défaut d’autre chose, au moins ça sonne vrai.

Une demi-heure plus tard, nos trois canetons dorment à poings fermés.

Commence alors le marathon. On emballe des cadeaux, les nôtres et « ceux du père Noël », on mange le biscuit (mou) et boit le lait (tiède) laissés par les enfants, on remplit des bas accrochés au manteau de la cheminée, on dessine des traces de traîneau dans la neige et celles des empreintes de sabots des rennes et, enfin, cinq minutes avant minuit, on met la caméra en marche afin que le père Noël n’apparaisse pas dès le début de l’enregistrement.

Enfin, un court moment pour relaxer ! Ma femme et moi en profitons pour nous étendre dans le confortable fauteuil du salon.

La première chose que j’entends, ce sont les enfants.

Qui sautent, dansent et crient qu’il est venu ! Hein ? Quoi ? Déjà ?

Par la fenêtre, le blanc de la neige me renvoie la lumière éblouissante du soleil. Nom d’un renne, nous sommes passés tout droit !

Sourire contraint aux lèvres, ma chérie et moi accueillons nos chatons qui nous réclament la vi-dé-o, la vi-dé-ooooo !

La déception qui les attend me brise le cœur.

Lorsque les premières images apparaissent à l’écran, le silence est dense.

Les secondes passent. Rien.

– On l’a manqué…, murmure la plus jeune.

Ma femme et moi n’osons pas nous regarder. Soudain, notre fils s’écrie :

– J’ai vu du rouge… ! Recule la cassette, papa !

Confus, j’obéis, et mes enfants poussent un cri de joie en voyant une silhouette pourpre traverser rapidement l’écran. On rembobine et on regarde. Une fois, deux fois… dix fois ! Les enfants sont fous de joie. On a réussi ! On a filmé le père Noël !

Le soir venu, dans la chambre, je me tourne vers ma femme. Elle me sourit tendrement.

– Bravo… cachottière ! dis-je.

– Cachottière ? s’étonne-t-elle.

– Qui donc s’est levée cette nuit, a revêtu le costume et s’est filmée ?

Je la vois blêmir.

– Ce n’était pas… toi ? demande-t-elle.

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2019, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Tante Adèle

Youpi ! Ce matin on finit de décorer la maison et le sapin.

Pour habiller les murs, Luce et Robin ont découpé des étoiles dans du papier doré. Maintenant, ils choisissent ou ils vont les coller.

Ding-dong ! La sonnette retentit. C’est tante Adèle, qui vient de loin pour passer les Fêtes en famille. Elle arrive avec son énorme valise et des tas de paquets. Les enfants se jettent à son cou.

Mais ils ont pris un tel élan qu’ils lui font perdre l’équilibre ! Elle recule, recule… et se retrouve tout à coup assise, sa valise à la main, ses neveux sur les genoux, sur le carton de boules, qui fait un drôle de bruit.

Papa se penche vers elle pour l’aider à se relever et l’embrasse.

– Bravo sœurette, à peine arrivée, tu exploses toutes nos boules de Noël. D’accord, elles n’étaient pas terribles, mais quand même.

– Tu veux dire qu’elles étaient un peu moches, ces vieilles boules, pouffe Adèle. D’ailleurs…

Elle se tourne vers les enfants pour finir sa phrase :

– … Ouvrez donc cette grosse boîte que j’ai apportée, vous allez rire !

Les enfants s’exécutent. Et ce qui est tout à fait incroyable, c’est que la grosse boîte est pleine… des plus jolies boules de Noël qu’on n’ait jamais vues.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Rapport de « Snowbird »

Bon ! Encore une autre quinzaine derrière nous, et pas un seul « grain » de neige à perte de vue. Je plaisante bien sûr, mais on ne peut pas dire que la grosse chaleur est au rendez-vous. Rarement, le mercure va franchir la barre des 25°C et les nuits restent fraîches. Heureusement, le père Noël a revêtu son beau costume pour la parade.

Depuis jeudi, on y goûte ! Des alertes de tornades sont diffusées au centre de la Floride où les vents sont assez violents et les pluies abondantes à un point tel que des auvents ont été détruits. Atteignant les 90 km/h, les vents ont forcé les snowbirds à enlever rapidement les décorations de Noël qui pouvaient représenter un danger. Le complexe a perdu subitement beaucoup de ses couleurs festives. La météo devrait retrouver son calme cette fin de semaine, et juste à temps pour Noël

À la tombée du jour, qui se situe autour de 17h30, on peut facilement sentir la fraîcheur et quelques fois carrément de la froidure. J’ajouterai que le système de chauffage est requis quelques minutes en soirée, afin de chasser le serin, comme dirait ma mère. Depuis deux semaines, Carole et Marcel sont de retour, à l’intersection la plus achalandée du parc qui grouille de mouvements, pour les quatre prochains mois.

Pour le reste, c’est le temps des Fêtes qui se prépare. Et comme c’est la tradition, dimanche dernier, on a eu droit à notre parade du père Noël sur tout le complexe. Les bonbons volaient de partout et Louise en a fait bonne provision. Beaucoup de résidents et de snowbirds ont décoré leurs maisons et unités et tout le site est coloré. D’ailleurs, les photos de cet article proviennent de notre complexe.

Cependant, je dois avouer, côté ambiance, qu’il manque définitivement un élément important, la neige, pour créer indéniablement la féérie. Un peu partout on se prépare pour la grande soirée du 24 décembre à la salle communautaire qui devrait réunir près de 300 personnes.

Moi, le temps des Fêtes me replonge dans ma jeunesse. Mon cœur d’enfant prend toute la place et la télévision nous offre des histoires à l’eau de rose, où la magie est toujours présente. Ne vous demandez pas pourquoi je réserve cette période, sur le blogue, pour les belles histoires de Noël… c’est ma folie de décembre qui prend le dessus. Tout le monde, ou presque, prend une pose; nos quotidiennes font relâche et on sort de la routine. L’heure est aux réjouissances.

Autre phénomène qu’on observe en cette période est le retour au Québec pour certains snowbirds qui ne se font pas à l’idée d’un Noël gazonné, sans s’emmitoufler; le mal du pays, loin de la famille, c’est compréhensible. De la neige durant deux semaines ça peut très bien faire l’affaire. Plus que ça, c’est No way !, comme ils disent ici. On a cependant passé le message; gardez vos microbes chez-vous en revenant. On a tout le mois de janvier pour se souhaiter la « Bonne Année… », alors rien ne presse !

Pour le Jour de l’An, on fera différent cette année, du moins pour la veille. On veut traverser l’année en pyjama et en regardant la télé. Une idée comme ça ! Je profite également de l’occasion pour vous remercier de votre intérêt envers les contes que j’ai publié en décembre. Beaucoup de « j’aime » et de commentaires élogieux témoignent de votre engouement et de leur retour en décembre 2019.

Mais le soleil a son prix ! Il y a toujours un mauvais côté à une médaille et au pays de Donald Trump, le dollar canadien est en déroute et il se situe, au moment où on se parle, dans les 73 sous. Avec les profits des changeurs, on parle d’une conversion à 1,40$. Donc le soleil a un prix et il faut contrôler nos dépenses si on ne veut pas trop en souffrir.

Sans s’en apercevoir, les dépenses courantes mensuelles peuvent représenter facilement 500 à 900 $ supplémentaires qui passent comme du vent. La spéculation des devises, c’est du vent. Comme on dit; « le malheur des uns fait le bonheur des autres » et les marchands locaux le savent et refilent les augmentations de leurs produits dès les premiers jours d’octobre. D’ailleurs, dans un prochain article, je vous en parlerai plus longuement.

On s’en recause…

Des traces dans la neige

Vite ! Robin enfile son anorak et son bonnet.

Il a neigé cette nuit, et il veut aller jouer dans le jardin.

Une fois dehors, il remarque de drôles de traces par terre.

Quand sa maman le rejoint, elle le trouve à quatre pattes, le nez à quelques centimètres de la neige. Elle s’accroupit près de lui et lui explique :

– Regarde là, c’est un oiseau qui a sautillé vers la haie. On dirait qu’il s’est envolé un peu plus loin… Peut-être à cause du chat de la voisine : tu vois, ce sont sûrement les empreintes de Félix, ici… Et elles vont dans la même direction !

Robin et sa maman font le tour du jardin. Ils essayent de deviner tout ce qui est arrivé pendant la nuit. Ils découvrent que deux écureuils sont aussi passés par-là. Peut-être cherchaient-ils des noisettes ?

C’est rigolo, et Robin propose de continuer leur enquête sur le trottoir.

On y voit les empreintes de tout un tas de chaussures : des petites, des moyennes, des grandes…

Soudain, maman montre deux lignes qui se croisent dans la neige, Elle se tourne vers Robin.

– Et ça ? Qu’est-ce que c’est, à ton avis ?

Robin réfléchit. On dirait que deux gros serpents ont fait la course sur le trottoir !

Il observe autour de lui et remarque, un peu plus loin, une petite fille bien emmitouflée qui fait de la trottinette.

– C’est elle qui a fait ces traces ! s’exclame-t-il.

Maman l’embrasse sur le bout du nez.

– Bravo, mon chéri, tu es un vrai détective !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Les Noëls d’antan

Beaucoup axés sur les cadeaux de nos jours, les Noëls d’antan n’ont pas toujours été ainsi. Autrefois c’étaient les rassemblements familiaux qui étaient à la mode. Quelques objets ou friandises déposés dans des bas suspendus à la cheminée, faisaient l’affaire et rendait les enfants heureux.

Personnellement, étant né après la seconde Guerre Mondiale, l’époque du bas sur la cheminée m’était inconnue mais, en contrepartie, les retrouvailles en famille je les ai vécues chez mes grands-parents dont on faisait la tournée au Jour de l’An au travers des arômes des repas traditionnels qui ouvraient l’appétit, et le gros nuage de boucane (tout le monde fumait).

Cousins, cousines, oncles, tantes et tout ce qui s’appelait la parenté remplissaient la maison. Ça chantait, jouait aux cartes et les mousses s’amusaient avec les cadeaux reçus à Noël. C’était « LE party ».

Alors que je parcourais le numéro de décembre de la revue Coup de pouce, auquel ma conjointe est abonnée, je suis tombé sur la description des Noëls d’antan de trois sages de 88, 90 et 100 ans. C’est ce que je vous propose à l’approche des Fêtes pour se mettre dans l’ambiance du temps où ces réjouissances ne revêtaient pas leur caractère commercial et mercantile d’aujourd’hui. Autre temps, autre mœurs, n’empêche que c’était le bon temps, comme diraient certains… pour se rappeler le bon vieux temps.

3 SAGES SE RAPPELLENT Amélie Cournoyer

ARMAND PARADIS, 88 ANS

Armand se rappelle que la veille de Noël était tranquille quand il était enfant. Il passait la soirée en famille, avec son père, sa mère et sa sœur. Après le souper, sa sœur et lui allaient se coucher, ne dormant que d’un œil jusqu’à ce que leurs parents les réveillent pour la messe de minuit. « Je me souviens du sleigh que l’on prenait pour aller à l’église et du son des clochettes attachées aux chevaux, dit-il. L’église était tellement belle, toute décorée et illuminée pour l’occasion. »

Après la messe, la famille Paradis revenait à la maison et les enfants recevaient de petits cadeaux. « Je n’oublierai jamais le révolver-jouet avec les cartouches en bois qu’on m’a donnés, un Noël. Ils étaient accrochés à une ceinture que je pouvais mettre à ma taille. J’ai joué avec ça toute l’année ! », raconte Armand. Quant à ma sœur, elle recevait des « affaires de filles », comme des poupées.

Le 25 décembre sonnait le début des festivités chez les Paradis. « Chaque soir. À tour de rôle, une famille invitait le reste de la parenté. Entre mes tantes, il y avait même un petit concours à savoir qui ferait le meilleur dessert ou la meilleure tourtière », poursuit celui qui ne cache pas s’être régalé.

Reste que le plus gros rassemblement familial, c’était au Jour de l’An. « On partait en sleigh, emmitouflés dans d’épaisses couvertures, se souvient-il. Mon père mettait des briques chauffées sous nos pieds pour nous garder au chaud. Ça prenait seulement une demi-heure pour nous rendre chez mon grand-père, qui habitait dans le même village, mais je trouvais ça tellement long ! J’avais hâte d’arriver. » La maison du grand-père maternel était alors remplie d’invités, la table débordait de nourriture, tout le monde était heureux et s’amusait… Bref, Armand savait que la soirée finirait tard !

Son conseil de sage : « Aujourd’hui, la vie est différente qu’elle était à l’époque, mais c’est important de poursuivre les traditions, comme aller à l’église, à Noël, et de recevoir la famille, la parenté. Les rituels, ça fait du bien aux gens ! »

YOLANDE LAROCHE, 90 ANS

Celle qui a grandi au sein d’une famille de 14 enfants se rappelle que Noël demandait beaucoup de préparation… « À l’époque, le temps des Fêtes commençait au début du mois de décembre et se poursuivait jusqu’à l’Épiphanie. Noël et le Jour de l’An étaient les deux grandes fêtes au cœur de cette période de réjouissances », raconte Yolande.

Tout commençait début décembre avec l’abattage de quelques animaux de la ferme familiale par les hommes. On faisait ainsi des provisions de viande pour l’hiver et pour les repas du temps des Fêtes, bien sûr ! Ensuite, les femmes pouvaient entreprendre le grand ménage de la maison et cuisiner les rôtis, tourtières, cretons, tartes, gâteaux et tout ce qu’il fallait pour bien recevoir la visite. « Durant leurs moments de répit, le soir, les femmes tricotaient des vêtements ou faisaient de la broderie tandis que les hommes fabriquaient des jouets en bois. C’étaient leurs cadeaux aux enfants. Ils n’achetaient pratiquement rien dans les magasins », poursuit-elle.

Tout le mois de décembre, à l’école, l’enseignante préparait les enfants à la naissance du petit Jésus. Les sacrifices que faisaient Yolande et ses camarades de classe (travailler fort à l’école, aider les parents à la maison, rendre service, éviter la chicane) étaient écrits sur des bouts de papier. Ceux-ci devenaient les brins de paille dans la crèche : alors il en fallait beaucoup pour la rendre confortable et que le nouveau-né soit bien au chaud ! « Noël était une fête religieuse entièrement consacrée à l’arrivée de Jésus, souligne Yolande. Il n’était pas question de cadeaux. L’enfant qui avait fait des sacrifices pour faire plaisir à Jésus et qui assistait à la messe de minuit était comblé. »

Quant au Jour de l’An, ça swinguait fort dans la famille de Yolande ! « Il y avait plus de 100 personnes chez-nous, se souvient-elle. C’est à ce moment-là qu’on se donnait des cadeaux. On se gâtait, on mangeait, puis on chantait et on dansait durant une bonne partie de la nuit. »

Son conseil de sage : « Pendant le temps des Fêtes, oubliez les questions d’argent et prenez le temps de vous arrêter, afin de vous concentrer sur ce qui compte vraiment, soit les valeurs humaines, comme l’amour, l’amitié et l’entraide. »

MARIE-CLAIRE DANEAU, 100 ans

Dans la famille de Marie-Claire, le temps des Fêtes commençait par la messe de minuit. « C’était très solennel. Les gens étaient bien habillés. Il y avait une chorale spéciale qui interprétait les chants de Noël », dit-elle.

Après la messe, le domicile familial de Marie-Claire devenait le point de rassemblement de toute la parenté. Oncles, tantes, cousins, cousines… ils étaient une quarantaine en tout à s’échanger des vœux de Noël tout en dégustant des tourtières, des sandwichs de toutes sortes et une très grande quantité de beignes préparés par sa mère, ses sœurs et elle. Pour mettre de l’ambiance, un disque de chansons de Noël jouait en boucle, « mais pas trop fort pour ne pas déranger ».

Vers 2 heures du matin, les enfants recevaient leurs cadeaux. « La plupart du temps, on se donnait des gants, des tuques et des foulards que mes sœurs avaient tricotés », raconte Marie-Claire. Dans leur bas de Noël, c’est-à-dire un bas de laine accroché à leur lit, les enfants trouvaient des bonbons aux patates, un morceau de chocolat ou de sucre à la crème, puis un fruit, comme une pomme, une orange ou une banane.

Par la suite, tout le monde allait se coucher pour dormir une heure ou deux avant de se rendre à la messe de l’aurore du 25 décembre. « Mes sœurs et mon beau-frère faisaient partie de la chorale. Quand on les entendait chanter, on se sentait au ciel », se rappelle-t-elle.

Tout le temps des Fêtes, la parenté en profitait pour se visiter tous les jours, ce qui donnait lieu à des soirées dansantes. « Ma mère jouait du piano et mon père chantait. Le reste du monde dansait des valses et des sets carrés », poursuit Marie-Claire. Dans sa famille, les festivités se terminaient à la fête des Rois, le 6 janvier, par une soirée paroissiale où l’on jouait aux cartes entre voisins.

Son conseil de sage : « Concentrez-vous moins sur les cadeaux et plus sur les fêtes de famille. C’est important de vous réunir, de vous voir, d’échanger et de passer du bon temps ensemble tant que vous le pouvez, parce que personne n’est éternel. »

Et vous… ? Vous avez un souvenir à nous raconter ? Allez-y, on vous écoute…

Le vrai-faux père Noël

Tra la la la lère ! Aujourd’hui, maman emmène les jumeaux en ville pour admirer les vitrines de jouets.

Elles sont remplies d’ours en peluche, de poupées qui bougent la tête, de petites voitures, de jeux de société… La bouche pleine de marrons chauds, les enfants ouvrent de grands yeux.

– C’est le vélo rouge dont je rêve ! murmure Luce.

– Moi, je voudrais bien toute la vitrine, souffle Robin.

Au bout d’un moment, maman s’exclame :

– Regardez ! Là-bas ! Le père Noël !

En effet, un peu plus loin, sur le trottoir, se trouve un monsieur avec une grande barbe blanche et un manteau rouge.

On se dépêche d’aller le voir de plus près.

Tout à coup, le monsieur se penche vers maman pour lui demander si elle avait été bien sage. Elle éclate de rire et répond que oui, avant de lui présenter Luce et Robin qui lui serrent poliment la main. Maman explique que ses enfants sont les plus gentils des enfants et qu’ils ont bien mérité d’être gâtés. Le monsieur leur tapote la tête et leur offre un bonbon.

Sur le chemin du retour, Robin chuchote à sa sœur :

– C’était pas vraiment lui. Il portait des vieilles baskets moches aux pieds. Le vrai père Noël, il a des bottes bien cirées.

– Tu as raison, répond Luce. J’ai bien remarqué qu’il y en avait au moins trois, des pères Noël, devant les grands magasins… Mais tu sais quoi ? Maman a l’air tellement contente qu’on ne va rien lui dire !

Et quand le soir venu, maman raconte à papa qu’ils ont eu la chance de rencontrer le père Noël, les jumeaux prennent tous les deux un air angélique pour dire « Oui, oui ! » avec un sourire remontant jusque derrière les oreilles.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011