Le club med de Pinel

C’est assez aberrant d’apprendre qu’à l’institut Philippe-Pinel de Montréal, on puisse offrir aux personnes détenues, l’équivalent d’un séjour prolongé dans un club med. D’autant plus que ces détenus, même s’ils souffrent de problèmes mentaux, n’y résident que pour de courtes périodes, du moins pour une grande majorité.

C’est saisissant de voir tous les services, cours et divertissements qu’on leur offre, quand on sait qu’une majorité de citoyens droits et honnêtes ont peine à se payer une infime partie de ces avantages. Pas étonnant que l’Europe et les pays étrangers viennent nous visiter pour voir de leurs yeux, ce qui est incroyable. L’image m’est aussi revenue des sinistrés du Richelieu qui ont tout perdu et qui doivent se refaire une vie avec la pitance des gouvernements qu’ils doivent pratiquement quémander. C’est le monde à l’envers.

Comme pour rire de nous, les « suckers » qui les subventionnent de nos impôts, le directeur général de l’institut, le Dr Jocelyn Aubut, affirme que ce club med n’est pas la belle vie et qu’on n’y tiendrait pas deux mois. J’ai des doutes là-dessus. Jadis, dans un Québec religieux, les gens s’enfermaient en retraite fermée pour enrichir leur spiritualité et se faire un examen de conscience. Alors pourquoi ne pas appliquer la même formule envers d’honnêtes citoyens qui décideraient de se retirer quelques semaines à Pinel et profiter de ses services ?

Ils pourraient en même temps profiter des ressources médicales disponibles, sans avoir à attendre des heures aux urgences, quand ce ne sont pas des mois à poireauter après un médecin spécialiste. Parce qu’en fin de compte c’est la réalité de ces criminels, n’en déplaise à la cour, qui s’y trouvent détenus. Je ne suis pas contre la réhabilitation ou toute forme de réinsertion sociale, mais il y a des limites.

Dans une détention, il faut un élément punitif en guise de sanction et ce n’est pas dans une formule tout inclus que ça doit se passer. Il faut que ce soit restrictif. Mis à part la privation d’une liberté, je ne vois pas d’éléments brimant dans ce que Pinel expose.

En conclusion, le Dr Aubut affirme que très peu de gens connaissent toute l’étendue du travail qui se fait à Pinel. Bien content d’apprendre cela et je ne condamne pas ce fait, cependant comme dans bien d’autres choses qu’on nous cache, ce sont ces accommodements qui choquent.

5 commentaires sur “Le club med de Pinel

  1. L’Institut Philippe-Pinel n’est pas une prison. C’est un hôpital psychiatrique sécuritaire. Les personnes qui y sont détenues, pour reprendre vos mots, sont d’abord des personnes atteintes de maladie mentale. Les méfaits qui leur sont reprochés en sont des symptômes. Ces méfaits sont aussi attribuable à l’indifférence d’une société qui laisse ses malades mentaux livrés à eux-mêmes jusqu’à ce que le pire se produise. Personnellement, il me paraît rassurant que les patients de l’Institut y reçoivent enfin l’attention médicale dont ils ont besoin. Tant mieux aussi s’ils y sont bien traités. Reste que je suis convaincue que je n’y tiendrais pas même une semaine.

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      • Or votre article ne dénonce pas le traitement réservé à Turcotte en particulier; il s’attaque plutôt aux services offerts à l’ensemble des patients de l’Institut.

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  2. Madame Dufresne, si vous lisez attentivement le quatrième paragraphe, il vise justement les criminels qui sont placés à cet endroit par une cour criminelle, suite à un procès criminel. Guy Turcotte, sans le nommer, répond à cette définition s’étant lui-même reconnu coupable de meurtres. Il bénéficie de ces installations, en attendant d’être libéré et c’est ça que je dénonçais. Pas seulement Turcotte, mais ceux qui y sont en détention pour les mêmes crimes. Vous avez vu ce que l’opinion publique a retenu de ce procès…?

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  3. Ayant travaillé à Pinel pendant plusieurs années, je suis entièrement d’accord avec vous c’est un club med pour criminels déguisés en malades. Quand on sait qu’il n’y a pas de guérisons avec ces personnes, pourquoi ne pas les retourner à Bordeau (prison) comme c’était avant Pinel. Pinel coûte une fortune aux contribuables et quant à moi s’il n’existait pas on ne verrait pas de différence à ceci près, les criminels seraient en prison et non en byciclette ou encore au Carrefour la Pointe. Ils ont une piscine olympique, des gymnases équipés A1, des salles de menuiserie, etc. J’aurais peut-être préféré y demeurer qu’y travailler; loger, nourrit (et c’est bon), et loisirs à volonté.

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