L’Ontario sait mieux faire

Comment se porte la longue liste de fournitures scolaires pour vos rejetons ? Vous êtes en plein magasinage ? Avez-vous économisé suffisamment depuis des mois, pour amortir cette dépense récurrente qui peut dépasser celle de Noël ? Alors c’est que vous demeurez au Québec, une société distincte à tous les points de vue. Les taxes n’étant pas assez élevées, il vous faut faire encore un petit effort pour permettre à l’administration scolaire de mieux respirer l’air du sud, lors de leurs prochaines escapades ou leurs partys de Noël. Contrairement à l’Ontario qui fournit tout ce matériel gracieusement à ses élèves, nous n’avons pas droit à un traitement similaire.

En lisant le reportage de Sarah-Maude Lefebvre, en page 5 du Journal de Montréal d’hier, sur ce qui se passe chez nos voisins ontariens, l’extrait suivant à sonné comme une douce musique à mon oreille :

« Il n’y a rien de plus normal, s’exclame la surintendante à l’éducation du conseil, Jennifer Lamarche-Schmalz. Quand je vais travailler, mon employeur met un ordinateur à ma disposition. C’est la même chose pour les élèves. C’est à l’école que revient la responsabilité de leur fournir le matériel nécessaire à leur apprentissage. »

Du vrai bonbon ! Je croyais rêver. J’ai dû relire deux fois et me pincer à en avoir un bleu. Et c’est comme ça au primaire et au secondaire.

Ah ! Tout le monde au Québec, (je parle bien sûr des bonzes, des associations, des regroupements et j’en passe, de tout le Ministère de l’éducation), n’est pas contre l’idée. Cependant, ils aimeraient pouvoir le faire à la seule condition que ce soit de l’argent neuf qui le permette. Leurs budgets actuels ne le prévoient pas. Un tel affront frise l’indécence. Évidemment, ils vont le prendre dans nos poches, comme ils le font déjà avec leur chocolat, pour financer des classes vertes, rouges, bleues, mauves et multicolores.

J’ai une meilleure idée; Abolir et réformer les commissions scolaires serait déjà une énorme économie de gaspillage, puis tenir leurs rencontres intellectuelles dans leurs gymnases, les fins de semaines ou même l’été, qu’ils pourront joyeusement décorer avec des scènes bucoliques; la mer, le soleil. En ajoutant un peu de chauffage, ils auront l’impression d’y être. Enfin, pour le party de Noël, un bon quart de poulet d’un rôtisseur local pourrait faire l’affaire? C’est bourratif et économique ! Puis, de la volaille dans le temps des Fêtes, c’est concept.

Vous êtes-vous déjà demandé combien coûtent les seuls frais d’inscriptions aux différents congrès, colloques, stages, etc…? Une belle petite fortune et ça se déroule rarement à la porte d’à côté. Tout ça disparu, ils auront des réserves en abondance pour non seulement imiter l’Ontario en matière de fournitures scolaires, mais il en restera pour renouveler annuellement tous les dictionnaires, qui ont déjà l’âge de Mathusalem et offrir aux élèves tous les services gratuits qu’ils sont en droit de s’attendre.

Est-ce que le jour viendra où un gouvernement responsable mettra la hache dans la structure organisationnelle gargantuesque du Ministère de l’éducation ? Ce n’est sûrement pas demain la veille. En conclusion, l’article nous apprenait que la ministre Line Beauchamp n’était pas disponible pour commenter. Ça vous étonne ?