La débandade de la souveraineté

Si René Lévesque a encore une vue de là-haut sur le Québec et surtout sur le parti qu’il a fondé avec son cœur, il doit passer un sale quart d’heure éternel à voir le gâchis que ses successeurs sont à lui servir. Un Parti québécois qui se déchire sur la place publique au grand plaisir de ses adversaires politiques.

Un parti d’hypocrites qui, après avoir donné sa confiance à son chef Pauline Marois à plus de 90%, se saborde à un niveau tellement profond que j’ai peine à croire qu’il va survivre. Avec le temps, mes rêves d’indépendance, porteurs d’espoir, s’amenuisent à la vitesse de l’hécatombe.

Ce parti, aux belles réformes des années 70, n’est plus l’ombre de lui-même et ça me désole au plus haut point. Il est de moins en moins à l’écoute de sa population et est aveuglé par la soif d’une poignée d’irréductibles de faire la souveraineté à tout prix. C’est assez bizarre de constater que nous risquons d’avoir trois partis indépendantistes au prochain scrutin provincial, ce qui aurait pour effet de propulser le poodle, ce grand voyageur, vers une autre victoire convaincante.

De tout temps, depuis que j’ai l’âge de voter, mon appui indéfectible a toujours été envers les partis indépendantistes. J’ai toujours cru et je crois encore à un Québec souverain et libre de ses choix mais le contexte a changé. Avant d’espérer l’autonomie, il faut d’abord régler les problèmes présents, qui rongent notre quotidien.

Ça craque de partout et personne n’y apporte de solutions concrètes. On gère la panique, sans aucune planification. Ce n’est pas en éteignant les feux que le Parti québécois peut espérer réaliser le rêve de feu son fondateur. La santé, qui tue implacablement nos proches atteints de cancer. L’éducation, qui a beaucoup de difficulté a simplement adopter un bulletin. Les transports, qui prendront des années à rétablir une infrastructure privée à outrance d’un entretien minimal. Ce ne sont que des exemples de problèmes sans solutions, gérés uniquement par la panique. Rien ne bouge, tout stagne. Ce qui intéresse les citoyen, c’est le quotidien, l’immédiat. Après, on verra !

Ce que je vois dans le décor politique du Québec me désole. Francois Legault, qui n’a rien brisé comme ministre péquiste et qui a rarement mené ses projets à terme tout en quittant le bateau en plein mandat, nous annonce qu’il ne ferait qu’un seul mandat. Il n’a même pas encore créé sa future formation politique que déjà, il songe à quitter. Quant aux récents démissionnaires du parti, ils sont sur une autre planète avec leurs réflexions et constatations sur la souveraineté qui sont dépassées. Ils sont les seuls à vouloir voir ce qu’ils voient. Une bande d’hypocrites qui, à la première occasion, a sauvagement « poignardé » Pauline Marois dans le dos. J’ajouterai aussi Bernard Drainville avec ses propositions, suite à un sondage maison qu’il a commandé, y aller de déclarations publiques qui relèvent de la chef. Assez aberrant n’est-ce pas ? Mon petit doigt me dit que Pauline n’aura d’autres choix que d’abdiquer, marquant définitivement la fin de ce parti aux mille chefs.

Croyez-vous qu’après tout ça, nous soyons prêts pour notre autonomie ? Moi, je n’y crois plus, tant qu’il en sera ainsi. Quand les citoyens en sont rendus à vouloir voter pour un parti qui n’existe même pas, c’est signe que la morosité s’est installée.

Non, je suis persuadé que René n’aime pas ce qu’il voit.