La sécurité

D’entrée de jeu, si je n’ai pas publié d’article depuis les trois derniers jours, c’est que WordPress, qui héberge mon blogue, a procédé à quelques modifications cosmétiques qui ont fait en sorte que je ne pouvais pas me connecter pour faire la mise à jour quotidienne du site. N’ayant pas été avisé des modifications comme à l’habitude, j’ai dû vérifier certaines choses pour que tout rentre dans l’ordre. Maintenant c’est fait!

Ceci étant dit, vous avez sûrement pris connaissance du terrible drame qui s’est joué ici en Floride jeudi soir dernier, du côté est de l’état, plus précisément à Deerfield Beach, au camping Highland Woods. Pour ceux et celles qui connaissent l’endroit, ce camping fait face au Breezy Hill, où mes parents ont été résidents durant les années 90 et où nous leur rendions visite annuellement.

Un septuagénaire québécois a payé de sa vie, la folie furieuse d’un pur inconnu en état de crise. Ce dernier a même poignardé à mort son fils de 9 ans avant de s’enlever la vie. Il a aussi infligé des blessures extrêmement graves à son autre fils de 7 ans et sa conjointe qui luttent désespérément pour leur vie à l’hôpital. Il s’en est fallu de peu que la conjointe du québécois y subisse le même sort. Bref, ce compatriote retraité se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Une mort absurde qui laisse perplexe sur la sécurité ici en Floride et principalement sur les terrains de camping.

Avec la prolifération des armes ici aux États Unis, ce n’est pas rare d’assister à des actes de violences commises avec des armes de poing. Il ne se passe pas une seule journée sans que la télé nous en montre toute l’horreur. La côte sud est particulièrement violente, avec sa démographie de pauvreté assez évidente. On me dit que la situation s’est de beaucoup amplifiée suite à la destruction et la désolation que l’ouragan Andrew avait laissé dans la grande région de Miami-Homestead en 1992.

À l’instar du Québec, qui est pourtant incomparable avec nos voisins du sud en matière de criminalité, les accès de plusieurs terrains de camping sont protégés par des barrières ou, à tout le moins, une guérite avec un surveillant en devoir 24 heures par jour, afin d’en contrôler les admissions. Ça crée un sentiment de sécurité et, même si ça ne peut empêcher un drame de se produire, ça prévient au moins le danger. Le Highland Woods n’était pas surveillé. C’est là que les premiers sites de camping deviennent vulnérables. Ils sont près de l’entrée et permettent une fuite rapide des malfaiteurs. Par contre, l’accès au Breezy Hill est contrôlé avec une barrière électrique, actionnée par carte magnétique ou code d’accès qui a un effet psychologique certain.

Ici, au Pioneer Village, nous n’avons malheureusement pas un tel système de contrôle des accès. Certes, une affiche à l’entrée met en garde les intrus qu’une surveillance de quartier est présente mais quant à moi, c’est de la frime. N’importe qui peut y entrer et y circuler sans n’être aucunement importuné ou même questionné sur ses intentions. J’ai toujours trouvé ça un peu bizarre et je ne m’explique toujours pas pourquoi il en est ainsi. Je ne dis pas de nous enclaver, mais il me semble qu’une barrière serait un minimum qui pourrait être fait pour sécuriser l’endroit. Attend-t-on un drame? Dites-vous qu’une barrière est une embûche dans la fuite d’un criminel. L’hiver dernier, la direction émettait des cartes de stationnement et des bracelets pour accéder à la piscine, c’est donc dire qu’ils avaient décelés des irrégularités. Le danger commence où la sécurité est relâchée.

Nous sommes installés en plein cœur du camping et je me réjouis tous les jours de ne pas être à proximité des accès, pour les raisons évoquées plus haut. Je concède que la démographie ici sur la côte ouest soit moins pluraliste que l’est au niveau des individus et que le profilage racial soit moins visible, mais rien ne nous met à l’abri de la démence d’un fou furieux. Aux environs, des secteurs sont pauvres avec leurs maisons abandonnées ou carrément délabrés et sans voir des bandits partout, il faut user de prudence et toujours sortir accompagné le soir.

En terminant, ça me rappelle un autre québécois qui s’était fait carrément descendre en pleine rue il y a quelques années, alors qu’il marchait calmement avec un membre de sa famille à Lake Worth, toujours sur la côte est, par un jeune noir armé. Lui aussi était au mauvais endroit au mauvais moment. Il ne faut cependant pas être paranoïaque et voir des bandits partout, mais il faut toujours être aux aguets, encore plus en pays étranger, où nous sommes facilement identifiables. Une simple question élémentaire de sécurité.