Le fabuleux Noël des Godasses

le-fabuleur-noel-des-godassesElles sont bien vieilles, un peu usées d’avoir été portées par tant de petits pieds. Dans la maison, on les surnomme les Godasses et maman les a rangées tout au fond d’un placard. Délaissées, derrière une paire de bottes, elles s’ennuient de plus en plus.

– Crois-tu que l’on servira encore un jour ? demande Droite à Gauche.

– Peut-être ! Arthur, le petit dernier de la maison, a juste l`âge de nous chausser.

Les jours défilent l’un après l’autre. Un matin, pourtant, une lueur éclaire le fond du placard. Une petite main attrape les chaussures, les soupèse, puis les pose sur le plancher.

– Maman, j’ai retrouvé les Godasses de Valentine et Antoine. Je peux les mettre ?

– Essaie toujours !

Arthur applaudit des deux mains et les enfile immédiatement. Ses orteils trouvent parfaitement leur place.

– Je les garde, crie Arthur à sa mère. Elles sont si belles, murmure-t-il en les caressant. Avec elles, je peux sortir dans la neige, je ne serai pas mouillé.

Droite et Gauche, depuis longtemps, n’avaient pas goûté aux flocons de l’hiver. Leurs semelles crissent sur la pellicule givrée, puis s’enfoncent avec plaisir dans la neige. Arthur pousse une grosse boule devant lui pour en faire un bonhomme de neige. Valentine et Antoine le rejoignent.

– Tiens, tu as mis mes Godasses, remarque la petite fille.

– Mais non, c’étaient les miennes, constate l’aîné.

– Eh bien, elles sont à moi ! réplique Arthur.

Les trois enfants, à la nuit tombée, rentrent chez eux. Ils sont complètement trempés, de la tête aux pieds.

– Toilette pour tout le monde, dit Maman. On commence par les souliers.

Droite et Gauche n’en reviennent pas. Elles avaient oublié ! Arthur prend le cirage, la brosse, et les nettoie énergiquement.

– Hmmm ! c’est délicieux ! ronronne Droite en se laissant passer du cirage.

– Et cela sent si bon, soupire Gauche.

Puis elles se laissent frotter avec un chiffon doux. Elles retrouvent tout leur éclat. Ça brille !

Le soir de Noël arrive et la maisonnée s’agite dans tous les sens. Dans quelques heures, le Père Noël passera et les chaussures doivent être installées devant la cheminée pour recevoir les cadeaux.

– Mets tes chaussons rouge et vert, suggère Maman, à Arthur.

Mais le petit garçon n’a qu’une idée en tête. Il veut que les Godasses trônent en bonne place devant la cheminée.

Droite et Gauche n’en croient pas leurs semelles. Elles vont voir le Père Noël !

Dans la maison silencieuse, les paires de chaussures somnolent. Un bruit dans la cheminée fait sursauter Gauche.

– Eh, Droite, réveille-toi, c’est sûrement lui !

La semelle trépidante et les lacets frétillants, Droite et Gauche se tordent le cou pour apercevoir le Père Noël. Une paire de bottes rouges s’avance dans la pénombre du salon… Bientôt, Droite sent la douceur d’un ours en peluche et Gauche la fraîcheur d’un livre d’images. Et pour elles, une paire de lacets tout neufs ! Le Père Noël est déjà reparti, laissant les Godasses toutes joyeuses !

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Une réflexion au sujet de « Le fabuleux Noël des Godasses »

  1. Beau conte , morale:les vieilles choses aussi apprécies les joies de la vie. Il faut leurs donner une chance. Et puis des vieilles godasses s’est tellement confortables, surtout pour faire notre magasinage pour le temps des fêtes. HO! HO! HO!….

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s