La couronne de Luce

Non, non, non, rien à faire ! Maman ne veut pas que Luce porte cette couronne aujourd’hui. La petite fille insiste.

– Mais maman, la maîtresse nous a expliqué qu’aujourd’hui, c’est la Sainte-Lucie, la fête de la lumière. Dans les pays du Nord, la plus jeune fille de la maison porte une couronne comme celle-ci, avec des bougies allumées dessus !

– Luce, ma puce, c’est hors de question. Tu sais bien qu’on ne joue pas avec le feu !

C’est à cet instant que papa entre dans la pièce.

– Qu’est qui se passe ici ? demande-t-il.

La petite fille a maintenant les yeux pleins de larmes.

– Je veux faire comme Sainte-Luciiiie, je me suis même fabriqué ma couroooone avec du carton et des bougies d’anniversaire ! gémit-elle.

Papa qui a toujours plein d’idées, réfléchit à toute allure.

Au bout de cinq minutes, il fait un clin d’œil à sa femme et, sans rien dire, va chercher un grand carton repli de décorations de Noël.

Il farfouille dedans un moment avant d’en sortir une guirlande électrique ornée de fausses bougies. Il l’enroule sur elle-même pour former un cercle.

– Euh, dit maman, tu comptes brancher notre fille sur une prise électrique ?

– Mais non ! s’exclame Robin. Il est trop fort, papa !

Il a pris la guirlande qui marche avec des piles !

Cette fois, maman ne trouve plus rien à redire, et pendant toute la journée, Luce peut se promener avec sa jolie couronne de lumière sur la tête.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le livre de la maîtresse

 

Luce et Robin sont assis avec tous leurs copains dans le coin lecture. La récré est terminée, et maintenant c’est l’heure du conte.

La maîtresse tient sur ses genoux un vieux livre à la couverture abîmée et commence à raconter…

– Autrefois, dans les villages, on décorait les sapins avec de jolies petites pommes. Hélas, une année, la récolte fut si mauvaise qu’un maître verrier, très triste de ne pas pouvoir préparer un beau sapin avec ses enfants, eut une idée. Il souffla des boules en verre pour orner son arbre de Noël. Le résultat fut si beau que les autres villageois firent comme lui. C’est depuis ce jour que l’on décore les sapins avec des boules.

– D’accord, dit Robin. Mais ça n’explique pas les guirlandes !

La maîtresse sourit. Elle feuillette le livre, trouve la page qu’elle cherche et commence une autre histoire.

– Une nuit, dans une maison, une petite araignée voulut, elle aussi, participer à la décoration de l’arbre de Noël. Avec application, elle tissa alors un nombre infini de fils entre les branches. Quand le père Noël arriva, il jeta de la poudre d’or dessus pour que ce soit encore plus joli. Et c’est ainsi qu’on inventa les guirlandes.

– Le coup de la poudre d’or, c’est quand même bien joué, commente Luce. Si un matin maman trouvait des toiles d’araignée sur son sapin, elle irait chercher son plumeau pour vite les enlever !

– Dites, d’où il vient, ce livre ? demande Robin. Je ne l’ai jamais vu à la bibliothèque !

– Mes parents me l’on offert quand j’avais ton âge, répond la maîtresse. Je l’ai retrouvé il y a quelques jours en rangeant de vieilles affaires.

Luce et Robin se regardent, l’air étonné. Ils n’avaient jamais pensé que leur maîtresse, un jour, avait été une petite fille.

Textes de Sylvie Mathuisieulx Illustrations de Mayana Itoïz Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La lettre

– Isidore Javert, votre voisin, a-t-il déménagé ? demande le facteur à la maman de Luce et Robin.

Les enfants n’écoutent pas la réponse. Ils semblent très excités. Robin tient une grosse enveloppe entre ses mains.

Voilà quelques jours qu’ils ont terminé leur liste et ils ne savent pas trop comment l’envoyer au père Noël. Ils ont beaucoup réfléchi e ont pensé que le facteur pouvait certainement les aider, puisque son métier, c’est justement de distribuer le courrier.

Le jeune homme salue leur maman et s’apprête à enfourcher sa bicyclette. Robin se précipite alors pour l’arrêter. Il lui tend l’enveloppe, l’air très sérieux, en chuchotant :

– Dites, Monsieur, est-ce qu’on peut vous confier ça ?

– Qu’est-ce que c’est ?

– Notre lettre au père Noël, la liste des cadeaux qu’on aimerait bien recevoir. On n’est pas sûr de l’adresse, et de toute façon, on ne sait pas encore écrire !

– Comptez sur moi les enfants, je posterai votre lettre en même temps que la mienne !

– On n’est pas trop en retard, alors ? s’exclame Luce soulagée.

– Pas du tout ! affirme le facteur. En plus, il y a un service très particulier pour ces lettres : elles sont livrées par porteur spécial.

Le jeune homme fait un sourire à maman, puis il glisse l’enveloppe dans sa sacoche avant de s’éloigner en pédalant à toute vitesse vers l’immeuble voisin.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Rapport de « snowbird »

Ça fait maintenant deux semaines que nous sommes en territoire floridien et à la lumière de ce que j’entends, vous apprécieriez avoir de nos nouvelles. Alors je prends quelques instants pour vous mettre au courant.

Nous sommes arrivés dans une chaleur frisant les 30°C et lentement nous nous sommes installés et surtout se familiariser avec notre caravane; se rappeler où on mettait nos choses, vider les valises, en fait, reprendre le beat de camping.

Nous avons également fait l’inventaire de ce qui nous manquait. Seulement faire la première commande d’épicerie, demande une certaine discipline… il manque toujours des items qu’on a oublié. Parlant d’oubli, on a laissé la sauce aux prunes au condo… ils n’ont pas ça ici ! Alors, nos amis Carole et Marcel arrivent demain avec la sauce.

Pour garder un certain confort, des articles nous manquait, dont une laveuse toute mignonne qu’on s’est procuré sur Amazon. Une mini toute menue qui fait parfaitement le travail; la madame est bien contente. Deuxième élément; une remise. Encore là, Amazon a été sollicité pour une remise de toile, 8 x 6, qui fait parfaitement le travail. Il faut garder en mémoire que lors de notre retour au Québec, il faut d’abord tout ranger dans les coffres de la caravane avant l’entreposage. Il faut viser COMPACTE.

Une bonne nouvelle; on dort comme des bébés, d’un sommeil des plus réparateurs. Important vous me direz ? Très important en effet et on se sert d’un cadran pour se réveiller, c’est tout dire. Qui dit sommeil réparateur dit journée productive.

Côté météo, quelques nuits fraîches et beaucoup de soleil. Un tout petit peu de pluie, sans plus et à une seule brève occasion. Par contre, les deux derniers mercredis étaient frais. Je mentionne les mercredis parce que je joue 3 heures de musique avec des musiciens, chanteurs et chanteuses du coin, sous le tiki, ces jours-là. Et bizarrement, les deux derniers se sont avérés froids. 15-18°C avec un vent nordique… mais c’est mieux que la neige.

Louise savoure ses victoires au bingo et ma foi, elle est très chanceuse. Le fric U$ remplit son petit sac à cagnotte. Deux fois par semaine elle est au rendez-vous et savoure ces instants précieux. Les vendredi soir, c’est le Poker Texas Hold-em à la salle de cartes et la chance m’a souri la semaine dernière.

La plage ? N’étant pas très friand, on n’y va pas. D’abord nous sommes sensibles au soleil et je l’avoue franchement, ce n’est pas la principale raison de nos hivers ici. C’est définitivement le froid et la neige qui en est responsable, du moins tant que cela durera. L’été à l’année n’est pas du tout désagréable et il semble que les statistiques prouvent qu’on prolonge notre vie de cette façon. Comme nous voulons vivre vieux et en santé… on en profite.

Et ces deux semaines sont passées en coup de vent, tellement on ne les voit pas passer. Il me semble que nous sommes arrivés hier. Parents et amis qui nous accompagnent vont bien et leur teint prend des couleurs à rendre jaloux. Ici ce n’est pas le dépaysement total. C’est le prolongement de l’été du Québec.

Nous en sommes à notre quinzième hiver au pays de l’Oncle Sam et on se sent comme chez nous… sauf pour le pognon qui nous prend 38 sous par dollar. Que voulez-vous, tout n’est pas parfait et c’est à nous de demeurer sélectif et prudent dans nos dépenses. Et malgré le taux de change, il en coûte moins cher qu’au Québec pour faire le plein d’essence. Ici, la taxe de vente n’est que de 6%.

À la prochaine…

Un petit moineau transi

Gla-gla ! Pendant la nuit, la température est descendue au-dessous de zéro. Ce matin, les arbres sont couverts de givre.

Cette fois, l’hiver est bien là.

Sur le chemin de l’école, on rencontre un moineau tout ébouriffé, perché sur une haie. Il a l’air de ne pas avoir du tout envie de chanter, ni même de s’envoler…

Robin le montre à Luce, inquiet. Mais papa leur explique qu’il ne faut pas se faire de souci, que les oiseaux qui n’aiment pas le froid partent pour les pays chauds. Ceux qui restent sont bien protégés par leur plumage qui s’épaissit dès la fin de l’automne.

Le petit garçon grimace. Il n’est pas sûr que son papa ait raison : on voit bien que ce moineau ne rigole pas du tout !

À midi, la maman tente de le rassurer :

– Tu sais, Robin, mon poussin, la nature a bien fait les choses. Certains animaux, comme les marmottes ou les hérissons, dorment pendant toute la mauvaise saison et ne se réveillent qu’au printemps. On dit qu’ils hibernent.

Robin demande :

– Et pourquoi les oiseaux n’hibernent-ils pas ?

Sa maman ne sait lui répondre. Mais juste avant de repartir pour l’école, elle lui donne une soucoupe avec un peu de beurre pour qu’il la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– S’ils en mangent, tes copains les oiseaux auront moins froid ! assure-t-elle.

Le petit garçon se sent beaucoup mieux. Et il se promet de veiller pendant tout l’hiver à ce qu’il y ait toujours du beurre dans la soucoupe. Avec double ration pour le jour de Noël.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le menu de Noël

– … Eh bien… De la dinde ! s’exclame maman en écartant les bras comme si c’était une évidence.

La nuit est tombée. Les parents ont fait la liste des invités au repas de Noël et discutent maintenant du menu.

Papa se gratte le menton. Il fronce les sourcils. Il se racle la gorge. Enfin il murmure :

– Chérie, mille pardons, mais ta dinde, franchement, est toujours abominable.

– Oui, c’est vrai, approuve maman en souriant, je suis une cuisinière épouvantable. Mais un vrai dîner de Noël, c’est un repas où l’on mange de la dinde aux marrons. C’est comme ça. C’est la tradition !

Papa pousse un gros soupir.

– Et pourquoi ne pas la changer, la tradition ? Et si on faisait une raclette ? Ou alors des croque-monsieur ?

– Tu es fou ! Pourquoi pas des crêpes ou une pizza tant qu’on y est ?

À cet instant, les jumeaux surgissent dans la cuisine.

– Oui ! Des crêpes ! Avec de la confiture ! s’exclame Luce.

– Plutôt de la pizza ! renchérit Robin.

– Ou jambon-purée pour tout le monde !

– On pourrait essayer des tartines de nouilles…

Maman fait la grimace. Papa essaye de ne pas rire. Soudain, il propose :

– Cette année, ma chérie, tu ne t’occuperas de rien. Les enfants et moi, nous préparerons le dîner tout seuls. Nous ferons même la vaisselle !

Maman a retrouvé le sourire. Elle se tourne vers papa :

– Et que prévois-tu pour le menu ? demande-t-elle.

– Je ne sais pas encore, mais pas de la dinde ! J’aurais trop peur que tu te moques de moi si par malheur je la ratais…

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La commande au père Noël

Chut ! Luce est très concentrée. Elle est agenouillée devant la table basse du salon et disparaît presque derrière une énorme pile de catalogues. Quand son papa entre dans la pièce, elle sursaute. Il s’approche, lui pince la joue en riant et demande :

– Dis-moi, Luce, ma puce, je t’ai fait peur ? Tu étais en train de faire une bêtise ?

– Pas du tout, pas du tout… Je suis en train de préparer une liste pour le père Noël. Je crois que je suis déjà un peu en retard.

– Évidemment, répond papa.

– Le problème, c’est que moi, je ne sais pas encore écrire…

– Effectivement, répond papa.

– Alors j’ai découpé les photos de tout ce que je veux commander pour les coller sur une feuille de papier. Ce sera ma liste, une liste en images. Tu crois que le père Noël comprendra ?

– Certainement, répond papa. C’est même une excellente idée. Je peux voir ?

– Surtout pas ! C’est secret !

– Bon, dit papa. Je te laisse terminer tranquillement. J’ai des tas de choses à faire.

Il ébouriffe la tête de sa fille et sort du salon.

Luce reprend ses petits ciseaux et continue son ouvrage en s’appliquant bien. Elle a déjà découpé une grosse moto, un écran de télé géant, une guitare électrique et un ordinateur.

Robin arrive en courant.

– T’as vu ? papa est rentré plus tôt du travail !

– Oui, j’ai eu chaud, mais il n’a rien remarqué !

– Ouf. Tu as terminé sa liste ?

– Presque, Et toi ? Tu as fini celle de maman ?

– Oui. J’ai mis du parfum, des jolis meubles, des belles robes, des tas de bijoux et une montre en or.

– Super ! Maintenant, on va enfin pouvoir s’occuper de nos cadeaux à nous.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le bonne résolution

Voici le retour des contes de Noël. Cette année encore, les histoires seront dédiées aux petits pour que vous puissiez leur raconter avant qu’ils ne tombent dans les bras de Morphée. De beaux contes, courts mais combien fertiles pour le bonheur de ces mignons chérubins en attendant Noël la tête pleine de rêves.

Et si vous voulez en raconter d’autres, ce blogue en compte déjà 109 dans ses archives. Vous n’avez qu’à les trouver en interrogeant la catégorie « Contes de Noël » en marge droite. Avec décembre qui s’amène, réveillez votre cœur d’enfant avec ces histoires merveilleuses… Voici le premier conte et les autres suivront à tous les deux jours, jusqu’à la grande Fête.

Aïe, Robin a été infernal toute la journée. Ce soir, sa maman lui a dit :

– Si j’étais toi, mon chéri, je m’inquiéterais. Aurais-tu oublié que le père Noël ne gâte que les enfants sages ?

Et sans un mot de plus, elle a quitté la pièce.

Robin est inquiet. Le père Noël a sûrement vu toutes ses bêtises.

Comment il a refusé de mettre ses chaussures ce matin.

Comment il a embêté sa sœur Luce à la récré.

Comment il a tiré la langue à la boulangère en rentrant de l’école.

Et s’il avait tout noté dans son grand cahier ? Et s’il inscrivait le nom de Robin sur la liste des enfants affreux ?

Ce serait terrible. Luce trouverait un tas de paquets sous le sapin : des livres, des poupées, peut-être le vélo rouge dont elle rêve depuis longtemps. Et lui ne recevrait… RIEN ! Ou alors, que des cadeaux très nuls. Un pull qui gratte, un jeu idiot pour les bébés, un puzzle de cent mille pièces…

Heureusement, Robin a une idée pour tout arranger. Désormais, il fera tous les jours quelque chose de gentil pour les autres. Le petit garçon saute sur ses pieds et court à la cuisine :

– Ce soir, c’est moi qui mets le couvert !

Sa maman se penche vers lui pour l’embrasser et murmure :

– Merci !

Quand tout est prêt, elle lui demande avec un petit sourire :

– Dis-moi, Robin, mon poussin, c’est seulement pour me faire plaisir que tu m’as aidée ou bien tu as peur de ne rien avoir pour Noël cette année ?

Il sourit aussi mais ne répond pas et ajoute deux belles bougies sur la table, parce que comme ça, c’est plus joli.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La souris de Bethléem

Que se passe-t-il ce soir? Il y a un monde fou à Bethléem! Dane, la petite souris, claque des dents et ronchonne :

– On me bouscule, on me pousse! Non mais, que font tous ces gens ici? Il n’y a jamais eu de fête à cette époque de l’année!

Vite, elle se faufile et se réfugie dans l’étable d’Hyppolyte l’aubergiste, où elle a élu domicile. Près de ses amis, l’âne et le bœuf, Dane se réchauffe et grimpe comme tous les soirs sur sa grande poutre de bois, d’où elle peut tout voir et tout entendre. Et là, alors que le soir tombe sur Bethléem, Dane s’endort.

Brusquement, elle est réveillée en sursaut pas Hyppolyte qui arrive en traînant les pieds :

– Vous n’avez qu’à vous installer ici! Au moins, vous serez au chaud!

Dane est furieuse :

– C’est incroyable! il invite n’importe qui chez moi! Sans même me demander mon avis! Je ne peux plus dormir en paix! Et d’abord, pourquoi ces gens viennent-ils dormir dans une étable?

Mais soudain, Dane est tout intriguée! La jeune femme a un ventre aussi rond qu’un soleil.

– Elle attend sûrement un bébé, qui va venir bientôt, se dit la petite souris.

L’homme et la femme ont une mine bien fatiguée! Bien au chaud dans la paille, ils s’endorment aussitôt. Le silence se fait dans l’étable.

– Ce n’est pas trop tôt, bougonne Dane, enfin un peu de calme!

La nuit est bien avancée quand Dane est à nouveau réveillée par d’étranges bruits.

– Que se passe-t-il encore?

De mauvaise humeur, elle jette un coup d’œil en bas. Dane n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles. La femme serre dans ses bras un tout petit bébé qui vient de naître. Dane tend l’oreille :

– Marie, dit l’homme, quel nom allons-nous lui donner?

– Il s’appelle Jésus, répond la jeune femme.

Dane s’installe entre les cornes du bœuf, pour être à la meilleure place, et de là, elle voit ce tout petit bébé qui tête le sein de sa maman, les yeux fermés. Dans la rue, des pas résonnent.

– Tiens on attend encore quelqu’un! se demande Dane.

– Joseph! va voir qui arrive, demande Marie d’une voix douce.

Elle pose alors l’enfant au chaud dans la mangeoire du bœuf.

– Recule-toi, dit Dane au bœuf, tu vas lui faire peur avec tes grosses cornes!

Joseph revient, suivi de quelques hommes et d’un troupeau d’agneaux.

– Qu’est-ce que ces bergers viennent faire ici, en pleine nuit! s’interroge Dane. Cette nuit est pleine de mystère…

L’un des bergers raconte :

– Un ange est venu nous annoncer la naissance d’un enfant et nous sommes venus tout de suite! À présent que nous l’avons vu, nous pouvons retourner heureux chez nous.

Les bergers s’en vont sans bruit. Dane n’ose plus bouger. Elle souffle juste à l’oreille du bœuf :

– Tu te rends compte, c’est incroyable! Un enfant dont la naissance a été annoncée par les anges… et c’est chez nous, sur notre paille, qu’il est venu naître!

Dane n’a plus du tout envie de dormir. Elle regarde, émerveillée ce tout petit enfant qui dort paisiblement.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2018, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre coeur d’enfant.

Le cadeau de la Petite

Il était une fois, une petite fille qui vivait toute seule, au fond de la forêt, dans une maison de bois. Elle avait trois grands amis : Éolin le vent, Solstice le soleil et Sylva la forêt.

Chaque jour, elle jouait à cache-cache avec le soleil, ou à attrape-moi avec le vent. La forêt lui offrait la rosée du matin, les bruits de la nuit, le chant des oiseaux, et la petite fille le lui rendait bien! Elle consolait les uns, souriait à tous, et mettait tant de gaieté dans la forêt, par ses rires et ses chants, que tout le monde l’aimait bien.

Un hiver, le vent, le soleil et la forêt se retrouvèrent dans une clairière pour discuter :

– La Petite – c’est ainsi qu’ils appelaient entre eux la fillette – est si gentille avec nous! dit la forêt. Je me demande bien ce que nous pourrions faire pour lui montrer combien nous l’aimons.

– C’est bientôt Noël, dit le vent en baissant la voix, et… psshh, psshh, psshh…

– Bonne idée! répondirent ensemble le soleil et la forêt.

Puis ils se séparèrent tout contents, en promettant de garder le secret!

La nuit de Noël, la neige se mit à tomber si fort qu’au petit matin toute la forêt était recouverte de blanc. Dès son réveil, le soleil envoya l’un de ses rayons chatouiller le nez de la Petite.

– Lève-toi! lui souffla-t-il, dehors. Il y a une surprise pour toi!

Très étonnée, la Petite sortit dans le grand froid. Le rayon de soleil la guida dans la clairière du grand sapin. Ses trois amis étaient là! Ils s’écrièrent d’une même voix :

– Voilà notre cadeau de Noël!

– Un cadeau? Qu’est-ce que c’est? demanda la fillette.

– Regarde! lui murmura le vent.

Et la Petite ouvrit grand ses yeux et ses oreilles. Le soleil commença à éclairer le sapin de ses rayons, la neige étincelait sur ses branches comme mille bougies. Le sapin était superbe, si blanc et si brillant! Le vent se mit à tournoyer pour soulever des millions de petits éclats de givre qui, dans le soleil, scintillaient comme autant d’étoiles. C’était comme un ballet, une danse aux éclats d’argent.

La forêt, accompagnée par le vent, se mit à chanter des airs légers comme des berceuses. La Petite était émerveillée.

Quand tout fut terminé, elle sauta de joie autour de ses amis :

– Merci pour tous ces cadeaux! C’est si doux de savoir que vous m’aimez tant…

Depuis ce jour-là, chaque année le jour de Noël, les habitants de la forêt s’offrent des cadeaux, pour se dire toute leur amitié.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012