On va filmer le père Noël

Enfin, la nuit prochaine sera la nuit magique tant attendue. Les enfants en rêvent depuis 24 jours et ils auront de la difficulté à s’endormir ce soir. C’est dans cette euphorie que je vous propose cette histoire de Louis Émond, auteur…

Nos trois enfants ont les yeux ronds comme des grelots.

– Filmer le père Noël ? s’étonne notre aînée. On a-tu le droit ?

– Comment on va faire ? demande fiston.

– On va se cacher ! décrète notre petite dernière en sautillant.

En cette soirée du 24 décembre 1994, l’excitation s’est vite décuplée à l’annonce de notre projet.

– Une seule chose sera cachée, dis-je. La caméra.

– Bon, on se brosse les dents ! intervient ma femme. Puis au lit !

La bouche pleine de pâte dentifrice, nos trois amours m’écoutent leur décrire la minuterie, le détecteur de mouvement et le déclencheur ultrasensible relié à la caméra. À défaut d’autre chose, au moins ça sonne vrai.

Une demi-heure plus tard, nos trois canetons dorment à poings fermés.

Commence alors le marathon. On emballe des cadeaux, les nôtres et « ceux du père Noël », on mange le biscuit (mou) et boit le lait (tiède) laissés par les enfants, on remplit des bas accrochés au manteau de la cheminée, on dessine des traces de traîneau dans la neige et celles des empreintes de sabots des rennes et, enfin, cinq minutes avant minuit, on met la caméra en marche afin que le père Noël n’apparaisse pas dès le début de l’enregistrement.

Enfin, un court moment pour relaxer ! Ma femme et moi en profitons pour nous étendre dans le confortable fauteuil du salon.

La première chose que j’entends, ce sont les enfants.

Qui sautent, dansent et crient qu’il est venu ! Hein ? Quoi ? Déjà ?

Par la fenêtre, le blanc de la neige me renvoie la lumière éblouissante du soleil. Nom d’un renne, nous sommes passés tout droit !

Sourire contraint aux lèvres, ma chérie et moi accueillons nos chatons qui nous réclament la vi-dé-o, la vi-dé-ooooo !

La déception qui les attend me brise le cœur.

Lorsque les premières images apparaissent à l’écran, le silence est dense.

Les secondes passent. Rien.

– On l’a manqué…, murmure la plus jeune.

Ma femme et moi n’osons pas nous regarder. Soudain, notre fils s’écrie :

– J’ai vu du rouge… ! Recule la cassette, papa !

Confus, j’obéis, et mes enfants poussent un cri de joie en voyant une silhouette pourpre traverser rapidement l’écran. On rembobine et on regarde. Une fois, deux fois… dix fois ! Les enfants sont fous de joie. On a réussi ! On a filmé le père Noël !

Le soir venu, dans la chambre, je me tourne vers ma femme. Elle me sourit tendrement.

– Bravo… cachottière ! dis-je.

– Cachottière ? s’étonne-t-elle.

– Qui donc s’est levée cette nuit, a revêtu le costume et s’est filmée ?

Je la vois blêmir.

– Ce n’était pas… toi ? demande-t-elle.

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2019, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Tante Adèle

Youpi ! Ce matin on finit de décorer la maison et le sapin.

Pour habiller les murs, Luce et Robin ont découpé des étoiles dans du papier doré. Maintenant, ils choisissent ou ils vont les coller.

Ding-dong ! La sonnette retentit. C’est tante Adèle, qui vient de loin pour passer les Fêtes en famille. Elle arrive avec son énorme valise et des tas de paquets. Les enfants se jettent à son cou.

Mais ils ont pris un tel élan qu’ils lui font perdre l’équilibre ! Elle recule, recule… et se retrouve tout à coup assise, sa valise à la main, ses neveux sur les genoux, sur le carton de boules, qui fait un drôle de bruit.

Papa se penche vers elle pour l’aider à se relever et l’embrasse.

– Bravo sœurette, à peine arrivée, tu exploses toutes nos boules de Noël. D’accord, elles n’étaient pas terribles, mais quand même.

– Tu veux dire qu’elles étaient un peu moches, ces vieilles boules, pouffe Adèle. D’ailleurs…

Elle se tourne vers les enfants pour finir sa phrase :

– … Ouvrez donc cette grosse boîte que j’ai apportée, vous allez rire !

Les enfants s’exécutent. Et ce qui est tout à fait incroyable, c’est que la grosse boîte est pleine… des plus jolies boules de Noël qu’on n’ait jamais vues.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Des traces dans la neige

Vite ! Robin enfile son anorak et son bonnet.

Il a neigé cette nuit, et il veut aller jouer dans le jardin.

Une fois dehors, il remarque de drôles de traces par terre.

Quand sa maman le rejoint, elle le trouve à quatre pattes, le nez à quelques centimètres de la neige. Elle s’accroupit près de lui et lui explique :

– Regarde là, c’est un oiseau qui a sautillé vers la haie. On dirait qu’il s’est envolé un peu plus loin… Peut-être à cause du chat de la voisine : tu vois, ce sont sûrement les empreintes de Félix, ici… Et elles vont dans la même direction !

Robin et sa maman font le tour du jardin. Ils essayent de deviner tout ce qui est arrivé pendant la nuit. Ils découvrent que deux écureuils sont aussi passés par-là. Peut-être cherchaient-ils des noisettes ?

C’est rigolo, et Robin propose de continuer leur enquête sur le trottoir.

On y voit les empreintes de tout un tas de chaussures : des petites, des moyennes, des grandes…

Soudain, maman montre deux lignes qui se croisent dans la neige, Elle se tourne vers Robin.

– Et ça ? Qu’est-ce que c’est, à ton avis ?

Robin réfléchit. On dirait que deux gros serpents ont fait la course sur le trottoir !

Il observe autour de lui et remarque, un peu plus loin, une petite fille bien emmitouflée qui fait de la trottinette.

– C’est elle qui a fait ces traces ! s’exclame-t-il.

Maman l’embrasse sur le bout du nez.

– Bravo, mon chéri, tu es un vrai détective !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le vrai-faux père Noël

Tra la la la lère ! Aujourd’hui, maman emmène les jumeaux en ville pour admirer les vitrines de jouets.

Elles sont remplies d’ours en peluche, de poupées qui bougent la tête, de petites voitures, de jeux de société… La bouche pleine de marrons chauds, les enfants ouvrent de grands yeux.

– C’est le vélo rouge dont je rêve ! murmure Luce.

– Moi, je voudrais bien toute la vitrine, souffle Robin.

Au bout d’un moment, maman s’exclame :

– Regardez ! Là-bas ! Le père Noël !

En effet, un peu plus loin, sur le trottoir, se trouve un monsieur avec une grande barbe blanche et un manteau rouge.

On se dépêche d’aller le voir de plus près.

Tout à coup, le monsieur se penche vers maman pour lui demander si elle avait été bien sage. Elle éclate de rire et répond que oui, avant de lui présenter Luce et Robin qui lui serrent poliment la main. Maman explique que ses enfants sont les plus gentils des enfants et qu’ils ont bien mérité d’être gâtés. Le monsieur leur tapote la tête et leur offre un bonbon.

Sur le chemin du retour, Robin chuchote à sa sœur :

– C’était pas vraiment lui. Il portait des vieilles baskets moches aux pieds. Le vrai père Noël, il a des bottes bien cirées.

– Tu as raison, répond Luce. J’ai bien remarqué qu’il y en avait au moins trois, des pères Noël, devant les grands magasins… Mais tu sais quoi ? Maman a l’air tellement contente qu’on ne va rien lui dire !

Et quand le soir venu, maman raconte à papa qu’ils ont eu la chance de rencontrer le père Noël, les jumeaux prennent tous les deux un air angélique pour dire « Oui, oui ! » avec un sourire remontant jusque derrière les oreilles.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Les treize desserts de Noël

Robin et Luce passent l’après-midi avec leur grand-mère. Soudain, la petite fille demande :

– Dis, comment c’était Noël quand tu avais notre âge ?

Mamie sourit et commence à raconter.

– J’étais en Provence. Chaque année, à Noël, figure-toi qu’on avait… treize desserts !

Luce ouvre des yeux ronds. Sa grand-mère poursuit :

– Ces treize desserts représentaient Jésus et ses douze meilleurs amis.

– Mais vous arriviez à tout manger ?

– Chacun grignotait ce qu’il voulait : on avait le choix. Il y avait du nougat, des fruits secs, des fruits frais, des tartes… Ce que j’aimais le plus, c’était la pompe à huile !

– Drôle de nom pour un dessert !

Mamie éclate de rire :

– Attends, je vais t’expliquer : il s’agissait d’une brioche absolument délicieuse.

– Est-ce que le père Noël t’apportait aussi des cadeaux ? demande Robin.

– Pas tellement. Mais on passait la veillée de Noël à manger, à rire, à chanter et à se raconter de vieilles histoires… Et puis mon père faisait brûler une bûche dans la cheminée. On rassemblait ensuite ses cendres qu’on gardait toute l’année !

– Drôle d’idée, commente Luce.

– On disait qu’elles protégeaient la maison ! Bien sûr, personne n’y croyait vraiment. Mais c’était une jolie tradition.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La surprise

Papa voudrait bien montrer quelque chose à Robin, mais le petit garçon est occupé. Il lui répond sans même lever le nez :

– Après, si tu veux ! Là, je joue.

Alors papa hausse les épaules et s’en va, un peu vexé.

Mais cinq minutes plus tard, Robin pose son gros dinosaure en plastique sur le tapis. Il demande tout à coup ce que voulait son papa.

Seulement voilà, il n’est ni dans sa chambre, ni au salon, ni à la cuisine, ni dans la salle de bain, Robin s’époumone :

– Papaaaaa ! Tu joues à cache-cache ou quoi ?

Il braille si fort que soudain, la porte qui mène à la cave s’ouvre sur son père, tout ébouriffé.

– Mais Robin, qu’est-ce qui t’arrive ?

– Je croyais que tu avais disparu !

Papa éclate de rire :

– Quelle idée ! Alors, tu veux la voir, maintenant, ma surprise ? J’adorais jouer avec à ton âge !

Tous deux prennent l’escalier qui mène au sous-sol.

Un grand circuit occupe toute la place. Trois locomotives sont accrochées à des wagons de toutes les couleurs. Des vaches en plastique, dans une petite prairie, regardent passer les trains. Comme c’est beau.

– Attends-moi une minute ! Je vais chercher mon dinosaure pour tenir compagnie à tes vaches ! Mais ne t’inquiète pas, je lui dirai d’être très gentil avec elles et de ne pas les manger !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La couronne de Luce

Non, non, non, rien à faire ! Maman ne veut pas que Luce porte cette couronne aujourd’hui. La petite fille insiste.

– Mais maman, la maîtresse nous a expliqué qu’aujourd’hui, c’est la Sainte-Lucie, la fête de la lumière. Dans les pays du Nord, la plus jeune fille de la maison porte une couronne comme celle-ci, avec des bougies allumées dessus !

– Luce, ma puce, c’est hors de question. Tu sais bien qu’on ne joue pas avec le feu !

C’est à cet instant que papa entre dans la pièce.

– Qu’est qui se passe ici ? demande-t-il.

La petite fille a maintenant les yeux pleins de larmes.

– Je veux faire comme Sainte-Luciiiie, je me suis même fabriqué ma couroooone avec du carton et des bougies d’anniversaire ! gémit-elle.

Papa qui a toujours plein d’idées, réfléchit à toute allure.

Au bout de cinq minutes, il fait un clin d’œil à sa femme et, sans rien dire, va chercher un grand carton repli de décorations de Noël.

Il farfouille dedans un moment avant d’en sortir une guirlande électrique ornée de fausses bougies. Il l’enroule sur elle-même pour former un cercle.

– Euh, dit maman, tu comptes brancher notre fille sur une prise électrique ?

– Mais non ! s’exclame Robin. Il est trop fort, papa !

Il a pris la guirlande qui marche avec des piles !

Cette fois, maman ne trouve plus rien à redire, et pendant toute la journée, Luce peut se promener avec sa jolie couronne de lumière sur la tête.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le livre de la maîtresse

 

Luce et Robin sont assis avec tous leurs copains dans le coin lecture. La récré est terminée, et maintenant c’est l’heure du conte.

La maîtresse tient sur ses genoux un vieux livre à la couverture abîmée et commence à raconter…

– Autrefois, dans les villages, on décorait les sapins avec de jolies petites pommes. Hélas, une année, la récolte fut si mauvaise qu’un maître verrier, très triste de ne pas pouvoir préparer un beau sapin avec ses enfants, eut une idée. Il souffla des boules en verre pour orner son arbre de Noël. Le résultat fut si beau que les autres villageois firent comme lui. C’est depuis ce jour que l’on décore les sapins avec des boules.

– D’accord, dit Robin. Mais ça n’explique pas les guirlandes !

La maîtresse sourit. Elle feuillette le livre, trouve la page qu’elle cherche et commence une autre histoire.

– Une nuit, dans une maison, une petite araignée voulut, elle aussi, participer à la décoration de l’arbre de Noël. Avec application, elle tissa alors un nombre infini de fils entre les branches. Quand le père Noël arriva, il jeta de la poudre d’or dessus pour que ce soit encore plus joli. Et c’est ainsi qu’on inventa les guirlandes.

– Le coup de la poudre d’or, c’est quand même bien joué, commente Luce. Si un matin maman trouvait des toiles d’araignée sur son sapin, elle irait chercher son plumeau pour vite les enlever !

– Dites, d’où il vient, ce livre ? demande Robin. Je ne l’ai jamais vu à la bibliothèque !

– Mes parents me l’on offert quand j’avais ton âge, répond la maîtresse. Je l’ai retrouvé il y a quelques jours en rangeant de vieilles affaires.

Luce et Robin se regardent, l’air étonné. Ils n’avaient jamais pensé que leur maîtresse, un jour, avait été une petite fille.

Textes de Sylvie Mathuisieulx Illustrations de Mayana Itoïz Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La lettre

– Isidore Javert, votre voisin, a-t-il déménagé ? demande le facteur à la maman de Luce et Robin.

Les enfants n’écoutent pas la réponse. Ils semblent très excités. Robin tient une grosse enveloppe entre ses mains.

Voilà quelques jours qu’ils ont terminé leur liste et ils ne savent pas trop comment l’envoyer au père Noël. Ils ont beaucoup réfléchi e ont pensé que le facteur pouvait certainement les aider, puisque son métier, c’est justement de distribuer le courrier.

Le jeune homme salue leur maman et s’apprête à enfourcher sa bicyclette. Robin se précipite alors pour l’arrêter. Il lui tend l’enveloppe, l’air très sérieux, en chuchotant :

– Dites, Monsieur, est-ce qu’on peut vous confier ça ?

– Qu’est-ce que c’est ?

– Notre lettre au père Noël, la liste des cadeaux qu’on aimerait bien recevoir. On n’est pas sûr de l’adresse, et de toute façon, on ne sait pas encore écrire !

– Comptez sur moi les enfants, je posterai votre lettre en même temps que la mienne !

– On n’est pas trop en retard, alors ? s’exclame Luce soulagée.

– Pas du tout ! affirme le facteur. En plus, il y a un service très particulier pour ces lettres : elles sont livrées par porteur spécial.

Le jeune homme fait un sourire à maman, puis il glisse l’enveloppe dans sa sacoche avant de s’éloigner en pédalant à toute vitesse vers l’immeuble voisin.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
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llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Un petit moineau transi

Gla-gla ! Pendant la nuit, la température est descendue au-dessous de zéro. Ce matin, les arbres sont couverts de givre.

Cette fois, l’hiver est bien là.

Sur le chemin de l’école, on rencontre un moineau tout ébouriffé, perché sur une haie. Il a l’air de ne pas avoir du tout envie de chanter, ni même de s’envoler…

Robin le montre à Luce, inquiet. Mais papa leur explique qu’il ne faut pas se faire de souci, que les oiseaux qui n’aiment pas le froid partent pour les pays chauds. Ceux qui restent sont bien protégés par leur plumage qui s’épaissit dès la fin de l’automne.

Le petit garçon grimace. Il n’est pas sûr que son papa ait raison : on voit bien que ce moineau ne rigole pas du tout !

À midi, la maman tente de le rassurer :

– Tu sais, Robin, mon poussin, la nature a bien fait les choses. Certains animaux, comme les marmottes ou les hérissons, dorment pendant toute la mauvaise saison et ne se réveillent qu’au printemps. On dit qu’ils hibernent.

Robin demande :

– Et pourquoi les oiseaux n’hibernent-ils pas ?

Sa maman ne sait lui répondre. Mais juste avant de repartir pour l’école, elle lui donne une soucoupe avec un peu de beurre pour qu’il la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– S’ils en mangent, tes copains les oiseaux auront moins froid ! assure-t-elle.

Le petit garçon se sent beaucoup mieux. Et il se promet de veiller pendant tout l’hiver à ce qu’il y ait toujours du beurre dans la soucoupe. Avec double ration pour le jour de Noël.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011