La tournée du père Noël

Zou ! C’est parti ! Le traîneau du père Noël s’est envolé dans le ciel dès que les premières étoiles sont apparues.

Sur la terre, dans beaucoup de maisons, les gens se réunissent pour se souvenir de la naissance d’un petit enfant qui a, il y a très longtemps, dit de très belles choses.

On se retrouve ce soir pour fêter ensemble la lumière, l’amour et l’amitié. On chante et on se dit que tous les hommes sont frères.

On se prépare à partager un bon repas.

Mais le père Noël, lui, est au travail : il se reposera plus tard.

Son attelage quitte le pôle Nord. Il commence sa tournée dans les pays froids, pour l’achever en Australie, où c’est l’été. Au fur et à mesure qu’il avance, il a d’ailleurs de plus en plus chaud.

En Espagne, il enlève son capuchon. Quand il arrive en Afrique, il ouvre le premier bouton de sa veste, puis le deuxième, puis le troisième.

Arrivé en Australie, il livre son dernier cadeau (c’est une planche de surf) et gare son traîneau sur une plage.

Il est fatigué, mais heureux. Cette nuit encore, comme tous les ans, il a gâté les enfants.

Ses rennes broutent un peu d’herbe accrochée à une dune. Le soleil se lève à l’horizon. Un kangourou, curieux, observe la scène de loin.

Alors, le père Noël saute sur le sable. Il respire l’air pur et fait quelques mouvements de gymnastique pour détendre ses muscles noués.

Face à la mer, il enlève son manteau, son pull et son pantalon rouge.

Il les plie soigneusement et les range sur sa banquette arrière, à côté de la hotte maintenant vide.

Il s’assoit par terre pour retirer ses chaussettes l’une après l’autre.

Avant de partir, il a pensé à enfiles son maillot de bain sous son costume.

Et le voici qui court vers la mer. C’est son premier jour de vacances : il va s’offrir un petit bain et nager jusqu’aux bouées.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2020, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Et pendant que j’y pense, si vous avez composé des contes de Noël et que vous voulez que je les publie, envoyez-les-moi (nantel.normand@gmail.com) et je me ferai un immense plaisir de les publier pour vous, en décembre 2020. N’oubliez pas d’y spécifier le nom de l’auteur.

Les derniers préparatifs

Wilfried et Xaverus font le tour de l’atelier. Celui-ci est plein de paquets emballés de papiers de toutes les couleurs, avec de jolis rubans qui font des boucles.

En prenant grand soin de ne pas se tromper, ils cochent, sur un énorme carnet, le nom des enfants qui ont passé leur commande.

Ensuite, Cosinus, Yvain et les autres prennent les cadeaux pour les déposer dans la hotte du père Noël (évidemment, c’est une hotte tout à fait magique, sinon comment pourrait-elle contenir autant de choses ?).

De son côté, le père Noël a lui aussi une journée très chargée.

Il va voir ses rennes et leur apporte un menu de champion.

Il vérifie son itinéraire pour la douzième fois sur son ordinateur.

Mais depuis ce matin, personne n’a vu Adalbert.

Chacun pense qu’il est affairé quelque part. Peut-être donne-t-il un coup de chiffon au traîneau ? Il est certainement, comme tout le monde, occupé par les derniers préparatifs.

Quand la cloche du dîner sonne, on est très surpris de le voir arriver en robe de chambre, les yeux encore pleins de sommeil. Il bâille :

« C’est déjà l’heure du petit déjeuner ? Ouh la la, j’ai bien dormi, moi ! Qu’est-ce qu’il y a au programme aujourd’hui ? »

Xaverus a très envie de lui tirer les oreilles, mais Wilfried sourit et lui répond :

« Mon cher Adalbert, notre programme à nous, c’est d’aller au lit, après une journée bien remplie. Mais toi, puisque tu es bien reposé, tu pourras passer un bon coup de balai dans l’atelier ! »

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le petit épicéa

Urgent ! Laissez passer les bûcherons ! Ils ont coupé les plus beaux sapins de la forêt, Quand les arbres sont bien alignés dans l’entrepôt, les hommes rentrent chez eux.

Tout est calme à présent dans le hangar. Mais soudain, une petite voix résonne dans le noir. C’est un minuscule sapin qui se dresse sur son tronc.

« Je serai le plus joli, c’est sûr. On me garnira de boules dorées et de guirlandes, et on accrochera une belle étoile à mon sommet.

– N’importe quoi, répond une grosse voix bourrue.

C’est moi le plus beau, je mesure presque deux mètres ! »

Bientôt, chacun s’égosille. Seul un épicéa maigrichon ne dit rien.

Une larme de sève coule le long de son tronc.

« Et toi, lui dit son voisin en le poussant de la branche, tu es muet ?

– Non, répond-il en reniflant. Mais je suis un peu tordu, là, sur le côté, et mes branches ne sont pas très fournies.

– Ne t’inquiètes pas, tu n’es pas si tordu. Et toi aussi, tu seras choisi par quelqu’un qui te trouvera joli. »

Alors, le petit arbre se redresse. Il pense à la famille qui l’accueillera.

Quand tous les autres sapins sont endormis, il se concentre pour faire pousser, un peu partout sur ses branches, de très jolies pommes de pin, presque dorées.

Le lendemain matin, le chef des bûcherons vient choisir un sapin avec son fils. L’enfant se précipite sur le petit épicéa en criant :

« Oh, papa ! Regarde celui-ci ! C’est le plus joli ! Je peux le prendre pour notre maison ? »

Et tous les autres sapins, un peu vexés, font comme s’ils n’avaient rien entendu.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le petit renne au nez rouge

« Super ! La météo annonce du brouillard pour la nuit de Noël ! » se réjouit Rudolf.

C’est le seul renne du monde à avoir le nez rouge. Rouge comme un coquelicot, rouge comme une cerise, rouge comme un lumignon.

Sa maman trouvait que cette tache de couleur sur son museau lui donnait plutôt bonne mine. Mais ses petits camarades se moquaient de lui.

« Rudolf a un nez de clown !

– Rudolf a mangé des spaghettis à la sauce tomate ! »

Alors le jeune renne avait essayé de tricher. Il s’était barbouillé le museau avec du charbon, mais le résultat avait été affreux.

Avec de la farine, cela n’avait pas été beaucoup mieux.

Sa maman lui disait de ne pas s’énerver : tous les rennes sont différents. Personne n’est parfait, d’ailleurs, c’est très bien comme ça.

Puis Rudolf a grandi et a été embauché par le père Noël.

Et son nez s’est révélé être un fabuleux atout.

Une année, à cause d’un épais brouillard, on ne voyait pas à dix mètres devant soi.

Le père Noël était très embêté.

Heureusement, le nez de Rudolf, en tête de l’attelage, était tellement brillant qu’il permit de trouver le chemin sans problème.

Quand le traîneau rentra à la maison, tout le monde le félicita.

On lui dit qu’il était le meilleur, le plus beau, le plus fort.

Personne ne se moqua plus jamais de lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Atchoum !

Quoi ? Mais ça n’est pas possible ! Le père Noël ne peut pas tomber malade en ce moment ! Hélas, depuis hier, atchoum ! Il éternue si fort qu’il fait trembler les murs.

Les lutins sont très inquiets.

« Nous devons lui faire boire du thé chaud avec du miel et du citron : ça tue les microbes ! affirme Yvain.

– Pas du tout ! Il faut lui faire manger de la soupe de légumes, rétorque Wilfried. C’est plein de vitamines qui donnent des forces, »

Le père Noël pointe le bout de son nez rouge par la porte de l’atelier.

Mais les lutins le renvoient au lit illico. Il doit se reposer. Le père Noël n’insiste pas. Il retourne vers sa chambre en reniflant dans son grand mouchoir à carreaux.

Mais dans son lit, le père Noël s’ennuie. Il ronchonne. C’est alors qu’on toque à sa porte. Yvain lui apporte un thé chaud avec du miel et du citron.

« Merci, dit le père Noël. Pose-le sur la table de chevet, je le boirai tout à l’heure. »

Le lutin sort sur la pointe des pieds. Cinq minutes plus tard, toc-toc ! Wilfried entre à son tour dans la chambre.

« Je vous ai préparé une bonne soupe de légumes, annonce-t-il tout fier.

– Merci, dit le père Noël. Pose-la sur la table de chevet.

– Je vais boire ce thé, dit le lutin. Vous, vous mangerez mon potage. »

Wilfried déguste alors le thé, et, comme le père Noël s’est endormi, sort sur la pointe des pieds.

Quand Xaverus vient dire bonne nuit à son chef, il ne peut pas résister : il mange la soupe de légumes.

Après une bonne nuit de sommeil, le père Noël est guéri, et chaque lutin pensera que c’est grâce à lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Un rêve remplit de flocons

Chaque nuit, quand la neige tombait à gros flocons sur la devanture du magasin de jouets, cela rendait heureux les vieux jouets de la vitrine illuminée.

Dans cette vitrine, le vendeur y exposait ses vieux jouets de son enfance pour les vendre à d’autres. Pinpin était un casse-noisette qui rêvait d’être libre et de pouvoir sortir de cet endroit pour observer la magnifique neige qui tombait à tous les hivers.

Les soirs, aux fermetures, il essayait toujours de briser la vitre ou le cadenas. Tous les mercredis, le magasin Boréale Express fermait à 20h. La vieille poupée de bois essaya de s’évader ce soir-là en mettant toute sa détermination dans ses idées.

Pinpin n’avait qu’une seule idée en tête, sortir de cette prison de verre. Celui-ci était tellement impatient de voir les flocons, qu’il commença à pousser la vitre. Malheureusement, c’est plus difficile qu’il le pensait. Le nounours d’à côté, lui, avait déjà abandonné tout espoir de sortir de là.

Le casse-noisette vit une ampoule s’allumer dans sa tête de bois. Il pourrait tenter d’ouvrir le cadenas avec une canne de noël. Il prit la longue canne sucrée dans ses bras rouillés et la rentra dans la serrure. Il la bougea dans tous les sens. Mince! La canne rouge restait coincée dans la serrure.

Le jouet réfléchit encore et trouva une idée très intelligente. Il demanda à son ami le train Tchou de l’aider à briser la vitre pour sortir. Tchou était très gentil, il accepta de l’aider à condition qui le laisse dormir après. Pinpin était heureux.

Alors il monta sur le dessus du jouet et Tchou démarra. « Tchou tchou », faisait le train. Arrivé devant la vitre Tchou s’arrêta d’un coup sec. Le casse-noisette s’envola jusque dans la vitre. Malheureusement, la vitre était intacte, alors Pinpin ne pourra plus demander à Tchou de l’aider.

Pinpin prit le dernier moyen de sortir de cette prison. La guirlande de lumières qui était dans la vitrine. Ce dernier la décrocha et l’accrocha au cadenas, puis tira de toutes ses forces. Soudain, le fil céda d’un coup et Pinpin revola dans le coin de la boîte.

Aucune autre idée pour sortir, il décida d’attendre qu’une idée arrive.

Le temps passa et c’était déjà le matin. Le Boréale Express ouvrit et les gens commencèrent à rentrer, en ignorant la vitrine. Pinpin était découragé, il se dit qu’il ne pourra plus jamais revoir la neige tomber près d’une fenêtre, d’une maison, comme il le faisait avant d’être enfermé.

Alors qu’il commença à abandonner, une jeune fille s’arrêta enfin devant la vitrine. La jeune fillette s’approcha et observa le casse-noisette. Elle se dirigea vers le vendeur et lui demanda si elle pouvait acheter le vieux casse-noisette.

Le vendeur lui expliqua que c’était un vieux jouet qu’il mettait toujours devant sa fenêtre de sa chambre et qu’il lui parlait de temps en temps avant de dormir. Il lui avait même donné un nom « Pinpin ».

La jeune fille lui dit qu’elle adorait les casse-noisettes et qu’elle en collectionnait plein. Le vendeur lui demanda son nom. La fille lui répondit comme un ange, « Je m’appelle Amanda ». Le vendeur sourit et prit les clés qui ouvraient le cadenas de la vitrine. Amanda prit le vieux jouet dans ses bras et le serra doucement. Pinpin était heureux, il pourra enfin revoir les beaux flocons.

Une fois la fillette rentrée chez elle. Elle courut jusque dans sa chambre, à l’étage, et le mit sur la table de chevet, à côté de la fenêtre. Pinpin sourit, il vit tout pleins de flocons tomber tout doucement sur le bord de la fenêtre.

Lorsqu’on est sur le point d’abandonner, il faut quand même garder un peu d’espoir, pour réaliser nos rêves. Pinpin nous fait comprendre que ce n’est pas mauvais de recevoir de l’aide de quelqu’un.

Un joli conte de Jasmine Mailloux, ma petite-fille de 12 ans. Merci ma belle Jasmine pour ton immense talent.

La visite

« Mamma mia ! s’écrie le père Noël en se réveillant ce matin. C’est aujourd’hui que maman vient me rendre visite ! »

En effet, de temps en temps, madame Noël s’invite chez son fiston pour déjeuner. Il n’y a pas une seconde à perdre : la chambre est toute en désordre. Vite, il faut tout ranger !

Soudain le père Noël s’arrête net dans son élan. Sa chambre est un vrai bazar, c’est sûr, mais la cuisine et le salon aussi ! Sans parler de la salle de bains ! Par où commencer ?

Le père Noël se précipita dans l’atelier, où tous les lutins sont déjà au travail. Il lance, en montrant successivement du doigt Adalbert, Cosinus, Yvain et Wilfried :

« Toi, toi, toi et toi, vous êtes désignés volontaires pour une mission secrète. »

Quelques minutes plus tard, ils sont cinq à s’activer dans la maison.

Adalbert s’occupe du linge, Cosinus passe l’aspirateur, Yvain fait la vaisselle, pendant que Wilfried range la chambre.

Lorsque, ding-dong ! la sonnette retentit, le père Noël pousse vite les dernières piles de magazines sous son lit et va ouvrir, encore un peu essoufflé.

Sa maman entre. Elle regarde tout autour d’elle et s’exclame :

« Oh, mon petit, comme c’est bien propre et bien rangé chez toi ! Je voulais te proposer un peu d’aide, mais je vois que tu te débrouilles très bien tout seul ! »

Pendant ce temps, les lutins se faufilent vers la porte sans faire de bruit.

Mission accomplie !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011