La tournée du père Noël

Zou ! C’est parti ! Le traîneau du père Noël s’est envolé dans le ciel dès que les premières étoiles sont apparues.

Sur la terre, dans beaucoup de maisons, les gens se réunissent pour se souvenir de la naissance d’un petit enfant qui a, il y a très longtemps, dit de très belles choses.

On se retrouve ce soir pour fêter ensemble la lumière, l’amour et l’amitié. On chante et on se dit que tous les hommes sont frères.

On se prépare à partager un bon repas.

Mais le père Noël, lui, est au travail : il se reposera plus tard.

Son attelage quitte le pôle Nord. Il commence sa tournée dans les pays froids, pour l’achever en Australie, où c’est l’été. Au fur et à mesure qu’il avance, il a d’ailleurs de plus en plus chaud.

En Espagne, il enlève son capuchon. Quand il arrive en Afrique, il ouvre le premier bouton de sa veste, puis le deuxième, puis le troisième.

Arrivé en Australie, il livre son dernier cadeau (c’est une planche de surf) et gare son traîneau sur une plage.

Il est fatigué, mais heureux. Cette nuit encore, comme tous les ans, il a gâté les enfants.

Ses rennes broutent un peu d’herbe accrochée à une dune. Le soleil se lève à l’horizon. Un kangourou, curieux, observe la scène de loin.

Alors, le père Noël saute sur le sable. Il respire l’air pur et fait quelques mouvements de gymnastique pour détendre ses muscles noués.

Face à la mer, il enlève son manteau, son pull et son pantalon rouge.

Il les plie soigneusement et les range sur sa banquette arrière, à côté de la hotte maintenant vide.

Il s’assoit par terre pour retirer ses chaussettes l’une après l’autre.

Avant de partir, il a pensé à enfiles son maillot de bain sous son costume.

Et le voici qui court vers la mer. C’est son premier jour de vacances : il va s’offrir un petit bain et nager jusqu’aux bouées.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2020, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Et pendant que j’y pense, si vous avez composé des contes de Noël et que vous voulez que je les publie, envoyez-les-moi (nantel.normand@gmail.com) et je me ferai un immense plaisir de les publier pour vous, en décembre 2020. N’oubliez pas d’y spécifier le nom de l’auteur.

Les derniers préparatifs

Wilfried et Xaverus font le tour de l’atelier. Celui-ci est plein de paquets emballés de papiers de toutes les couleurs, avec de jolis rubans qui font des boucles.

En prenant grand soin de ne pas se tromper, ils cochent, sur un énorme carnet, le nom des enfants qui ont passé leur commande.

Ensuite, Cosinus, Yvain et les autres prennent les cadeaux pour les déposer dans la hotte du père Noël (évidemment, c’est une hotte tout à fait magique, sinon comment pourrait-elle contenir autant de choses ?).

De son côté, le père Noël a lui aussi une journée très chargée.

Il va voir ses rennes et leur apporte un menu de champion.

Il vérifie son itinéraire pour la douzième fois sur son ordinateur.

Mais depuis ce matin, personne n’a vu Adalbert.

Chacun pense qu’il est affairé quelque part. Peut-être donne-t-il un coup de chiffon au traîneau ? Il est certainement, comme tout le monde, occupé par les derniers préparatifs.

Quand la cloche du dîner sonne, on est très surpris de le voir arriver en robe de chambre, les yeux encore pleins de sommeil. Il bâille :

« C’est déjà l’heure du petit déjeuner ? Ouh la la, j’ai bien dormi, moi ! Qu’est-ce qu’il y a au programme aujourd’hui ? »

Xaverus a très envie de lui tirer les oreilles, mais Wilfried sourit et lui répond :

« Mon cher Adalbert, notre programme à nous, c’est d’aller au lit, après une journée bien remplie. Mais toi, puisque tu es bien reposé, tu pourras passer un bon coup de balai dans l’atelier ! »

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le petit épicéa

Urgent ! Laissez passer les bûcherons ! Ils ont coupé les plus beaux sapins de la forêt, Quand les arbres sont bien alignés dans l’entrepôt, les hommes rentrent chez eux.

Tout est calme à présent dans le hangar. Mais soudain, une petite voix résonne dans le noir. C’est un minuscule sapin qui se dresse sur son tronc.

« Je serai le plus joli, c’est sûr. On me garnira de boules dorées et de guirlandes, et on accrochera une belle étoile à mon sommet.

– N’importe quoi, répond une grosse voix bourrue.

C’est moi le plus beau, je mesure presque deux mètres ! »

Bientôt, chacun s’égosille. Seul un épicéa maigrichon ne dit rien.

Une larme de sève coule le long de son tronc.

« Et toi, lui dit son voisin en le poussant de la branche, tu es muet ?

– Non, répond-il en reniflant. Mais je suis un peu tordu, là, sur le côté, et mes branches ne sont pas très fournies.

– Ne t’inquiètes pas, tu n’es pas si tordu. Et toi aussi, tu seras choisi par quelqu’un qui te trouvera joli. »

Alors, le petit arbre se redresse. Il pense à la famille qui l’accueillera.

Quand tous les autres sapins sont endormis, il se concentre pour faire pousser, un peu partout sur ses branches, de très jolies pommes de pin, presque dorées.

Le lendemain matin, le chef des bûcherons vient choisir un sapin avec son fils. L’enfant se précipite sur le petit épicéa en criant :

« Oh, papa ! Regarde celui-ci ! C’est le plus joli ! Je peux le prendre pour notre maison ? »

Et tous les autres sapins, un peu vexés, font comme s’ils n’avaient rien entendu.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Le petit renne au nez rouge

« Super ! La météo annonce du brouillard pour la nuit de Noël ! » se réjouit Rudolf.

C’est le seul renne du monde à avoir le nez rouge. Rouge comme un coquelicot, rouge comme une cerise, rouge comme un lumignon.

Sa maman trouvait que cette tache de couleur sur son museau lui donnait plutôt bonne mine. Mais ses petits camarades se moquaient de lui.

« Rudolf a un nez de clown !

– Rudolf a mangé des spaghettis à la sauce tomate ! »

Alors le jeune renne avait essayé de tricher. Il s’était barbouillé le museau avec du charbon, mais le résultat avait été affreux.

Avec de la farine, cela n’avait pas été beaucoup mieux.

Sa maman lui disait de ne pas s’énerver : tous les rennes sont différents. Personne n’est parfait, d’ailleurs, c’est très bien comme ça.

Puis Rudolf a grandi et a été embauché par le père Noël.

Et son nez s’est révélé être un fabuleux atout.

Une année, à cause d’un épais brouillard, on ne voyait pas à dix mètres devant soi.

Le père Noël était très embêté.

Heureusement, le nez de Rudolf, en tête de l’attelage, était tellement brillant qu’il permit de trouver le chemin sans problème.

Quand le traîneau rentra à la maison, tout le monde le félicita.

On lui dit qu’il était le meilleur, le plus beau, le plus fort.

Personne ne se moqua plus jamais de lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Atchoum !

Quoi ? Mais ça n’est pas possible ! Le père Noël ne peut pas tomber malade en ce moment ! Hélas, depuis hier, atchoum ! Il éternue si fort qu’il fait trembler les murs.

Les lutins sont très inquiets.

« Nous devons lui faire boire du thé chaud avec du miel et du citron : ça tue les microbes ! affirme Yvain.

– Pas du tout ! Il faut lui faire manger de la soupe de légumes, rétorque Wilfried. C’est plein de vitamines qui donnent des forces, »

Le père Noël pointe le bout de son nez rouge par la porte de l’atelier.

Mais les lutins le renvoient au lit illico. Il doit se reposer. Le père Noël n’insiste pas. Il retourne vers sa chambre en reniflant dans son grand mouchoir à carreaux.

Mais dans son lit, le père Noël s’ennuie. Il ronchonne. C’est alors qu’on toque à sa porte. Yvain lui apporte un thé chaud avec du miel et du citron.

« Merci, dit le père Noël. Pose-le sur la table de chevet, je le boirai tout à l’heure. »

Le lutin sort sur la pointe des pieds. Cinq minutes plus tard, toc-toc ! Wilfried entre à son tour dans la chambre.

« Je vous ai préparé une bonne soupe de légumes, annonce-t-il tout fier.

– Merci, dit le père Noël. Pose-la sur la table de chevet.

– Je vais boire ce thé, dit le lutin. Vous, vous mangerez mon potage. »

Wilfried déguste alors le thé, et, comme le père Noël s’est endormi, sort sur la pointe des pieds.

Quand Xaverus vient dire bonne nuit à son chef, il ne peut pas résister : il mange la soupe de légumes.

Après une bonne nuit de sommeil, le père Noël est guéri, et chaque lutin pensera que c’est grâce à lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Un rêve remplit de flocons

Chaque nuit, quand la neige tombait à gros flocons sur la devanture du magasin de jouets, cela rendait heureux les vieux jouets de la vitrine illuminée.

Dans cette vitrine, le vendeur y exposait ses vieux jouets de son enfance pour les vendre à d’autres. Pinpin était un casse-noisette qui rêvait d’être libre et de pouvoir sortir de cet endroit pour observer la magnifique neige qui tombait à tous les hivers.

Les soirs, aux fermetures, il essayait toujours de briser la vitre ou le cadenas. Tous les mercredis, le magasin Boréale Express fermait à 20h. La vieille poupée de bois essaya de s’évader ce soir-là en mettant toute sa détermination dans ses idées.

Pinpin n’avait qu’une seule idée en tête, sortir de cette prison de verre. Celui-ci était tellement impatient de voir les flocons, qu’il commença à pousser la vitre. Malheureusement, c’est plus difficile qu’il le pensait. Le nounours d’à côté, lui, avait déjà abandonné tout espoir de sortir de là.

Le casse-noisette vit une ampoule s’allumer dans sa tête de bois. Il pourrait tenter d’ouvrir le cadenas avec une canne de noël. Il prit la longue canne sucrée dans ses bras rouillés et la rentra dans la serrure. Il la bougea dans tous les sens. Mince! La canne rouge restait coincée dans la serrure.

Le jouet réfléchit encore et trouva une idée très intelligente. Il demanda à son ami le train Tchou de l’aider à briser la vitre pour sortir. Tchou était très gentil, il accepta de l’aider à condition qui le laisse dormir après. Pinpin était heureux.

Alors il monta sur le dessus du jouet et Tchou démarra. « Tchou tchou », faisait le train. Arrivé devant la vitre Tchou s’arrêta d’un coup sec. Le casse-noisette s’envola jusque dans la vitre. Malheureusement, la vitre était intacte, alors Pinpin ne pourra plus demander à Tchou de l’aider.

Pinpin prit le dernier moyen de sortir de cette prison. La guirlande de lumières qui était dans la vitrine. Ce dernier la décrocha et l’accrocha au cadenas, puis tira de toutes ses forces. Soudain, le fil céda d’un coup et Pinpin revola dans le coin de la boîte.

Aucune autre idée pour sortir, il décida d’attendre qu’une idée arrive.

Le temps passa et c’était déjà le matin. Le Boréale Express ouvrit et les gens commencèrent à rentrer, en ignorant la vitrine. Pinpin était découragé, il se dit qu’il ne pourra plus jamais revoir la neige tomber près d’une fenêtre, d’une maison, comme il le faisait avant d’être enfermé.

Alors qu’il commença à abandonner, une jeune fille s’arrêta enfin devant la vitrine. La jeune fillette s’approcha et observa le casse-noisette. Elle se dirigea vers le vendeur et lui demanda si elle pouvait acheter le vieux casse-noisette.

Le vendeur lui expliqua que c’était un vieux jouet qu’il mettait toujours devant sa fenêtre de sa chambre et qu’il lui parlait de temps en temps avant de dormir. Il lui avait même donné un nom « Pinpin ».

La jeune fille lui dit qu’elle adorait les casse-noisettes et qu’elle en collectionnait plein. Le vendeur lui demanda son nom. La fille lui répondit comme un ange, « Je m’appelle Amanda ». Le vendeur sourit et prit les clés qui ouvraient le cadenas de la vitrine. Amanda prit le vieux jouet dans ses bras et le serra doucement. Pinpin était heureux, il pourra enfin revoir les beaux flocons.

Une fois la fillette rentrée chez elle. Elle courut jusque dans sa chambre, à l’étage, et le mit sur la table de chevet, à côté de la fenêtre. Pinpin sourit, il vit tout pleins de flocons tomber tout doucement sur le bord de la fenêtre.

Lorsqu’on est sur le point d’abandonner, il faut quand même garder un peu d’espoir, pour réaliser nos rêves. Pinpin nous fait comprendre que ce n’est pas mauvais de recevoir de l’aide de quelqu’un.

Un joli conte de Jasmine Mailloux, ma petite-fille de 12 ans. Merci ma belle Jasmine pour ton immense talent.

La visite

« Mamma mia ! s’écrie le père Noël en se réveillant ce matin. C’est aujourd’hui que maman vient me rendre visite ! »

En effet, de temps en temps, madame Noël s’invite chez son fiston pour déjeuner. Il n’y a pas une seconde à perdre : la chambre est toute en désordre. Vite, il faut tout ranger !

Soudain le père Noël s’arrête net dans son élan. Sa chambre est un vrai bazar, c’est sûr, mais la cuisine et le salon aussi ! Sans parler de la salle de bains ! Par où commencer ?

Le père Noël se précipita dans l’atelier, où tous les lutins sont déjà au travail. Il lance, en montrant successivement du doigt Adalbert, Cosinus, Yvain et Wilfried :

« Toi, toi, toi et toi, vous êtes désignés volontaires pour une mission secrète. »

Quelques minutes plus tard, ils sont cinq à s’activer dans la maison.

Adalbert s’occupe du linge, Cosinus passe l’aspirateur, Yvain fait la vaisselle, pendant que Wilfried range la chambre.

Lorsque, ding-dong ! la sonnette retentit, le père Noël pousse vite les dernières piles de magazines sous son lit et va ouvrir, encore un peu essoufflé.

Sa maman entre. Elle regarde tout autour d’elle et s’exclame :

« Oh, mon petit, comme c’est bien propre et bien rangé chez toi ! Je voulais te proposer un peu d’aide, mais je vois que tu te débrouilles très bien tout seul ! »

Pendant ce temps, les lutins se faufilent vers la porte sans faire de bruit.

Mission accomplie !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Sur l’étagère

Klonk ! Un petit soldat de plomb donne un léger coup de sabre à une marionnette en porcelaine.

« Hé, toi ! Tu sais déjà chez quel enfant tu vas habiter ?

– Non, répond-elle. Mais je souhaite être offerte à quelqu’un de doux. J’espère que vous n’avez pas éraflé ma peinture avec vos manières de sauvage ! »

Le soldat est vexé. Il se tourne vers le parachutiste en plastique assis à sa droite,

« Et toi, tu sais où on va t’envoyer ?

– Non. Mais j’ai le vertige, et je n’ai pas du tout envie d’y aller…

Sauter en parachute, quelle horreur !

– Moi, dit le fantassin, j’ai été commandé par un garçon qui organise des batailles terribles sur le tapis de son salon.

– Comment pouvez-vous, Monsieur-je-sais-tout, connaître l’endroit où vous partirez en mission ? demande la marionnette d’un air pincé.

– Je l’ai rêvé l’autre nuit, affirme le soldat.

– Sornettes ! commente la marionnette.

– Vous avez envie de vous battre ? s’étonne une petite poupée.

– Affirmatif ! Pour l’honneur de mon armée ! Bataillon… marche !

– Vous êtes fou, soupire la marionnette.

– Réfléchissez un peu ! s’énerve le petit soldat, Les batailles se déroulent sur un tapis ! On ne se blesse pas quand on tombe ! On se relève et on recommence ! Zou ! »

Il fait alors un pas en avant… et dégringole de l’étagère.

Les jouets poussent un cri d’horreur, mais il se relève en s’exclamant :

« Quelle expérience formidable ! C’est encore plus grisant qu’une bataille !

– Vous n’êtes pas trop abîmé ? demande la marionnette.

– Pas du tout ! Et je crois que je vais proposer au petit gars sur l’étagère d’échanger son parachute contre mon sabre ! »

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Bip ! Bip !

« Hum-hum… » fait le père Noël installé dans son grand fauteuil rouge.

Dans sa main, il tient la lettre de Mario qui lui promet qu’il a été très sage. Comme récompense, il voudrait des jeux électroniques, rien que des jeux électroniques !

Le père Noël se gratte la tête. Une telle commande est-elle bien raisonnable ?

Il appelle Xaverus, qui arrive aussitôt.

« Mon cher ami, dit le père Noël, vous, personnellement, que pensez-vous des jeux électroniques ? »

Xaverus éclate de rire tout en fouillant dans la poche de son pantalon.

« Chef, c’est extra ! Regardez la mini console que j’ai reçue pour mon anniversaire ! Je m’amuse comme un fou avec.

– Et ça ne fait pas mal aux yeux, cet écran ?

– Pas du tout.

– Mais ça ne rend pas idiot de dégommer des petits bonshommes verts ?

– Voyons, chef, il y a des jeux très intelligents.

– Vraiment ? »

Xaverus , lui montre alors des puzzles, des jeux de lettres, des énigmes à résoudre.

« Vous pouvez essayer, chef, je vous la prête. »

Et voici que le père Noël se prend au jeu.

Xaverus retourne à l’atelier. Son patron replie la lettre du jeune Mario en pensant : « D’accord : tu auras des jeux électroniques, mon garçon. Mais je t’offrirai aussi quelques bons livres et des rollers. »

Ensuite, il sourit en se disant qu’après Noël, s’il reste par hasard une console de jeux dans l’atelier, il se fera un plaisir de la récupérer.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Saint Nicolas et son âne

« Fichtre ! Quel entêté, cet animal ! » s’énerve saint Nicolas en essayant de faire avancer sa monture. Mais son âne ne veut rien entendre. Il ne bouge as d’un poil. Il regarde ailleurs en prenant un air idiot.

Si ça continue comme ça, le patron des écoliers va être en retard pour sa tournée. Car lui aussi va voir les enfants en décembre, un peu comme le père Noël, mais plus tôt. Il leur apporte des friandises et vérifie qu’ils ont été sages pendant l’année.

Or saint Nicolas est toujours accompagné de son âne. De quoi aurait-il l’air sans lui ?

Il faut absolument trouver une solution.

Heureusement, il lui vient une idée : il va lui jouer un tour.

Le vieil homme donne une petite claque sur la croupe de la bête et fait mine de s’en aller : « Après tout, tant mieux : c’est moi qui récupérerai toutes les carottes que les enfants auront préparées pour ce stupide animal. »

L’âne ne bouge toujours pas, mais il a dressé une oreille.

Saint Nicolas continue : « Il y en aura certainement des kilos, des centaines de kilos ! En rentrant, je les dégusterai en salade, en purée, à la crème, en bâtonnets… »

L’âne redresse sa deuxième oreille.

« Hummm, je vais me régaler ! Parce que, moi, j’aime bien les carottes. Ça donne les fesses roses et une bonne vue ! »

Saint Nicolas presse le pas, comme s’il avait décidé de planter là cet âne à la tête de cochon.

Alors, un bruit de sabots se fait entendre. Son baudet le rejoint, comme si de rien n’était, et trottine gentiment à ses côtés pour aller voir les enfants.

Saint Nicolas lui lance un petit regard amusé : comme sa ruse a bien marché !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Paquets cadeaux

Voici le retour des contes de Noël. En fait, ils ont débuté le 2 décembre. Cette année encore, les histoires seront dédiées aux petits pour que vous puissiez leur raconter avant qu’ils ne tombent dans les bras de Morphée. De beaux contes, courts mais combien fertiles pour le bonheur de ces mignons chérubins en attendant Noël la tête pleine de rêves.

Et si vous voulez en raconter d’autres, ce blogue en compte déjà 123 dans ses archives. Vous n’avez qu’à les trouver en interrogeant la catégorie « Contes de Noël » en marge droite. Allez y faire un tour pour vous rappeler avec émotions, ces belles histoires toujours fantastiques. C’est aussi l’occasion de réveiller votre cœur d’enfant au pays enchanté qui, jadis, vous remplissait le cœur d’émerveillement. Voici le deuxième conte et les autres suivront à tous les deux jours, jusqu’à la grande Fête.

Dong, dong, dong… L’horloge de l’atelier sonne dix coups.

C’est l’heure du goûter. Les lutins arrêtent de travailler. Ils s’installent sur des poufs et discutent avec animation.

Il reste des milliers de paquets à terminer. Bien sûr, certains sont faciles à faire. Par exemple, emballer une boîte en carton, ça n’est pas trop compliqué. Mais il arrive aussi aux lutins de s’arracher les cheveux : personne n’a jamais vraiment bien réussi à faire un emballage pour un ballon de foot, de basket ou de rugby. Le papier se plie n’importe comment, et la ficelle dorée ne veut jamais rester en place.

« De toute façon, c’est idiot de se donner trop de mal : les beaux emballages sont déchirés à toute vitesse, grogne Cosinus de mauvaise humeur.

– Pas du tout. C’est très important, un joli paquet ! » rétorque Yvain.

Wilfried suggère alors :

– Occupons-nous ce matin de tous les cadeaux en forme de boule qui posent un problème. Ensemble, nous trouverons bien une solution. Demain, il ne nous restera plus que les paquets faciles à faire.

Tout le monde applaudit, et on commence à se creuser la cervelle.

On fait plusieurs essais. On découpe le papier comme-ci, puis comme ça. On dévide des tas de rouleaux de scotch. On invente des nœuds compliqués. Mais le résultat n’est jamais très réussi.

Au bout d’une heure, il faut remonter le moral des troupes.

Xaverus décide de faire une pause et de distribuer des friandises.

Alors, tout à coup, Yvain s’exclame :

« J’ai trouvé ! Il suffit d’emballer tous ces fichus ballons comme des bonbons géants ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ça marche à merveille. On félicite le lutin pour son idée de génie.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La grande réunion

« Bon. Allons-y », dit Xaverus debout sur un tabouret pour qu’on puisse bien le voir. Le père Noël est installé dans son fauteuil rouge, entouré de ses lutins.

Xaverus met ses lunettes. Il commence à lire la liste de tout ce qu’il reste à faire. Il se trompe. Il recommence.

Le père Noël a envie de rire. Les lutins s’ennuient déjà. Chaque année, c’est pareil : Xaverus réunit tout le monde, début décembre, pour tout organiser avant Noël. Mais ça ne sert à rien parce que tout est déjà planifié depuis longtemps.

Tout à coup, Wilfried, un jeune lutin, échange un clin d’œil avec le père Noël. Puis il lève la main. « Chef, dit-il, on a un souci dans l’atelier.

La peinture des petits soldats ne veut pas sécher.

Ça colle aux doigts et on en met partout. »

Xaverus s’étrangle : « C’est une catastrophe ! » Wilfried continue : « Il y aurait une solution… La peinture sècherait sûrement si on soufflait dessus pendant toute la nuit… »

Les lutins rouspètent un peu, mais enfin, le boulot, c’est le boulot !

Ils prennent le chemin de l’atelier. Quand ils y arrivent, quelle surprise !

Tout est décoré, il y a de la musique, à boire et à manger !

Tous les petits soldats sont bien secs. Ils attendent d’être empaquetés, en rang avec les autres jouets.

Alors, le père Noël explique tout : Wilfried a eu l’idée de remplacer la réunion qui ne sert à rien, par une petite fête.

Juste à ce moment, Xaverus entre dans l’atelier. Il ouvre d’abord les yeux ronds, mais après avoir mangé un morceau de gâteau, il se dit que l’an prochain, il agrémentera sa réunion d’un petit buffet !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011