Pourquoi dit-on…? (Partie 5)

La Une

Voici quelques expressions du quotidien, mais qu’en est-il de leur histoire ?

MENER QUELQU’UN EN BATEAU

Les personnes les plus rusées n’ont aucun mal à « mener quelqu’un en bateau », à le duper.

Cette expression est née d’une confusion entre les mots « batelier » et « bateleur ».

Si le premier désigne bien le pilote d’un bateau fluvial, le second qualifie un saltimbanque du Moyen Âge. À cette époque, ces bouffons divertissaient les passants grâce à des tours d’adresse. Le terme vient d’ailleurs de l’ancien français baastel (dictionnaire de l’ancienne langue française), qui signifie « tour de passe-passe ».

Ces amuseurs étaient réputés pour leur habileté à tromper les spectateurs. Au fil des siècles « bateleur » et « batelier » se sont confondus dans le langage, en raison de leur orthographe très proche.

Lorsqu’un menteur menait une personne naïve dans son bateau, cela voulait donc dire qu’il l’amenait avec lui, dans son jeu.

TIRER À QUATRE ÉPINGLES

Les personnes d’une élégance irréprochable sont décrites comme étant « tirées à quatre épingles ».

Cette métaphore popularisée dès le XVIIe siècle trouve son origine au XVIe siècle, lorsqu’à propos des nobles et des bourgeois bien habillés, on disait qu’ils étaient « bien tirés », la mode étant aux bottes et aux jambières qui devaient être chaussées de manière à ce qu’il n’y ait pas de plis visibles.

Les « quatre épingles » ont été ajoutées à cette expression plus tard et font référence quant à elles aux ustensiles utilisés afin de tendre une toile ou bien une nappe pour que celle-ci ne fasse pas de plis et reste impeccable.

DONNER SA LANGUE AU CHAT

Quand quelqu’un ne peut pas répondre à une colle, il « donne sa langue au chat ».

Cette expression est née au XIXe siècle, d’une fusion de « jeter sa langue aux chiens » et de « mettre quelque chose dans l’oreille du chat ».

La première vient de la pratique de donner les restes de repas aux chiens pour éviter de gaspiller la nourriture. À l’époque, lorsqu’une personne n’avait plus rien à dire ou ne parvenait pas à répondre à une question, on disait que sa langue lui était inutile, donc bonne à jeter aux chiens.

La seconde expression était synonyme de confier un secret. Car selon certaines croyances, le chat était très intelligent à force d’écouter les gens sans jamais parler. Donner sa langue au chat permettait donc à l’animal de parler et divulguer ses connaissances.

ÊTRE DE MÈCHE AVEC QUELQU’UN

Les personnes qui concluent des accords souvent tacites, sont généralement désignées comme « étant de mèche » l’une avec l’autre, comme des complices.

Malgré les apparences, cette expression apparue à la fin du XVIIIe siècle, n’est pas issue de la mèche qu’on allume. « Mèche » proviendrait de l’occitan (langue romaine) « mech » ou de l’italien « mezzo », qui se traduisent par « moitié ». Le mot évoque ainsi une action partagée.

Dans l’argot de l’époque, une première expression était née, « être à mèche d’affut », qui signifiait « être de moitié dans une affaire délictueuse ». Mais elle a rapidement été remplacée par sa forme actuelle, tout en conservant une signification péjorative.

MONTER SUR SES GRANDS CHEVAUX

Lorsqu’une personne se met en colère et hausse le ton pour montrer son autorité, on peut dire qu’elle « monte sur ses grands chevaux ».

L’origine de cette expression vient du domaine hippique. Au Moyen Âge, on choisissait son cheval en fonction de l’activité que l’on contait effectuer. Le palefroi (cheval) servait par exemple pour les parades, le roussin pour les travaux dans les champs et le destrier pour les tournois et la guerre. Ce dernier était perçu comme plus puissant et plus grand que les autres.

Aussi, monter sur ses grands chevaux désignait le fait de partir au combat avec fougue et courage en chevauchant de grandes montures.

À partir de la fin du XVIe siècle, cette ardeur a laissé place à la colère et à l’agressivité. Une notion toujours d’actualité.

NE PAS ÊTRE DANS SON ASSIETTE

Un moral en baisse, fatigue, maladie, les raisons ne manquent pas pour expliquer qu’une personne ne soit pas « dans son assiette ».

Cette expression, née au début du XVIe siècle, ne vient pas du monde gastronomique mais de la position assise, notamment à cheval. Le mot « assiette » était alors issu du verbe « asseoir ». On disait ainsi d’un cavalier mal installé sur sa selle qu’il n’était « pas dans son assiette ».

Dans le langage courant, cette position désagréable a plus tard été employée pour indiquer une manière d’être, puis un état d’esprit. Son sens actuel a notamment été popularisé par Michel de Montaigne (1533-1592) dans ses Essais, pour qui ne pas « être dans sa naïve assiette » signifiait ne pas se trouver dans un état idéal.

BRANLE BAS DE COMBAT

Les batailles navales du XVIIe siècle sont à l’origine de l’expression « branle-bas de combat », qui désigne une action réalisée dans l’urgence et le désordre.

Sur les navires de l’époque, le mot « branle » qualifiait le hamac qui faisait office de lit pour les marins. Ces couchages étaient accrochés dans tout le bateau, notamment sur les ponts d’artillerie.

En cas d’attaque par un vaisseau ennemi, le « branle-bas de combat » était donné au clairon ou crié aux marins pour qu’ils « mettent à bas » leurs hamacs, c’est-à-dire qu’ils les décrochent pour débarrasser l’allée des canons et se tenir prêts à riposter. Cet ordre obligeait ainsi les troupes à se préparer vite, souvent dans l’agitation.

L’expression a ensuite été reprise dans le langage courant au XIXe siècle.

À suivre…


22 AOÛT 2021

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(1884) Création du Stampede de Calgary.

(2004) Conquête d’une médaille d’or par la Québécoise Chantal Petitclerc aux Jeux Olympiques d’Athènes.

(2008) Céline Dion offre un cadeau au Québécois : un concert sur les Plaines d’Abraham, à Québec.

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