Dépister la neuropathie aux pieds pour éviter l’ulcère plantaire

La Une

Un texte des podiatres Virginie Blanchette et Marie-Claude Laprise

« J’ai une blessure sur un pied. Pourtant, je n’ai pas mal. Mon médecin m’a dit que c’est parce que j’ai de la neuropathie diabétique et que c’est inquiétant. Je peux développer un problème grave comme un ulcère qui ne guérit pas et je pourrais même être amputé d’un pied ! »

L’ulcère du pied diabétique est une plaie pouvant se retrouver sur l’ensemble du pied des personnes atteintes de diabète, mais principalement sur sa face plantaire. Il se forme lorsque la peau subit une pression trop grande et répétée dans le temps.

Cela détruit progressivement l’intégrité de la peau et peut faire un « trou » camouflé sous de la peau épaisse et dure qu’on appelle « callosité ». La plaie s’agrandit progressivement en exposant de plus en plus de tissus profonds, qui peuvent atteindre l’os et les vaisseaux sanguins.

Il est difficile de s’imaginer développer un ulcère sans s’en apercevoir. Pourtant, c’est souvent le cas. Le diabète peut causer une perte de la sensibilité au niveau des pieds, c’est la neuropathie diabétique périphérique. C’est ce qui constitue le principal facteur de risque pour développer un ulcère.

Pour simplifier cela, imaginez que les terminaisons nerveuses sous vos pieds n’acheminent plus adéquatement l’information ressentie, comme la douleur, la pression ou la température, vers votre cerveau parce que les nerfs sont abîmés.

Les nerfs jouent également un rôle important dans la régulation de l’hydratation de la peau et du tonus musculaire. Pour ces raisons, les pieds diabétiques sont souvent plus secs, développent des cors et de la callosité sur des zones osseuses dites de hautes pressions et changent même de forme.

Certaines personnes sont conscientes des changements qui s’installent au niveau de leurs pieds. Elles mentionnent ressentir des fourmillements, du serrement ou de la douleur diffuse. Ce sont des signes de neuropathie diabétique périphérique.

LES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ RÉALISENT DES TESTS NEUROLOGIQUES PERMETTANT DE SUSPECTER LA NEUROPATHIE :

Test de toucher léger d’Ipswich

Le professionnel de la santé vous demandera de fermer les yeux et utilisera son index pour toucher à des points sur vos pieds. Vous devrez alors répondre si vous le ressentez ou non.

Test du monofilament

Il s’agit du test le plus utilisé en clinique. Le professionnel de la santé utilisera un monofilament, un instrument doté d’un petit fil de nylon qui est calibré pour se courber lorsqu’une pression est appliquée sur la peau. Il effectuera sensiblement la même chose que pour le test d’Ipswich, mais avec le monofilament.

Test du diapason

Le professionnel de la santé utilisera un diapason qui pourrait créer une vibration. Il vous demandera ensuite si vous ressentez la vibration après l’avoir déposé à des endroits précis comme au niveau de votre gros orteil ou de votre cheville.

Ce test permet d’évaluer les sensations plus profondes qui surviennent généralement avant la perte de sensation plus superficielle dite de protection, évaluée avec les deux précédents tests.

Neurotensiomètre

Cet appareil mesure la vitesse de conduction de l’information dans vos nerfs et donne un diagnostic plus précis de la neuropathie. Toutefois, ce n’est qu’une minorité de personnes avec le diabète qui passeront ce test, puisque les autres tests sont assez performants pour identifier la perte de sensibilité. Le diagnostic ne change pas les précautions à prendre ou le risque de développer un ulcère.

POURQUOI ÉVITER L’ULCÈRE À TOUT PRIX ?

Avoir un ulcère augmente le risque de contracter une infection, d’être hospitalisé et parfois même de subir une amputation d’une partie du pied ou même de la jambe. Le diabète réduit la capacité de votre système immunitaire à lutter contre les infections et à cicatriser une plaie.

Vivre avec un ulcère représente un défi considérable pour la personne, car cela affecte sa qualité de vie et limite ses activités. Elle devra cesser de marcher sur la zone atteinte, car le poids sur la plaie devient alors un frein au processus de guérison.

Pour limiter le poids sur le pied atteint, un plâtre, une botte ou un soulier spécial devra être porté en tout temps. Les déplacements, particulièrement l’hiver, deviennent complexes et cela accroît le risque de chuter.

Les arrêts de travail et la perte d’emploi surviennent fréquemment à la suite du développement d’une plaie au pied. Les tâches qui impliquent la marche ou la station debout doivent être limitées et réduites au minimum.

Avoir un ulcère, c’est aussi faire le deuil des bains, des baignades et des voyages à la mer, car il ne faut pas mouiller la plaie. Des soins réguliers de la plaie incluant des changements de pansements, une modalité (botte, plâtre, soulier spécial) pour réduire le poids sur votre pied et de nombreuses visites médicales sont nécessaires.

La cicatrisation de cette plaie peut être très très longue. Les frais de certains traitements ne sont pas toujours assumés par le système de santé public et peuvent devenir un poids financier pour la personne.

Sur une note plus positive, sachez que ce n’est pas parce que vous avez une perte de sensations aux pieds que vous développerez nécessairement un ulcère. En partenariat avec votre professionnel de la santé des pieds, vous déterminerez quelles sont les actions préventives à mettre en œuvre pour diminuer ce risque.

Il est préférable de ne pas attendre, car la prévention demeure la meilleure alliée. Inspectez vos pieds chaque jour, et en cas de doute, montrez vos pieds à un podiatre, médecin, infirmière ou pharmacien,

RESSOURCES UTILES

Le portail Web de la Société des sciences vasculaires du Québec intégrant conseils pour l’hygiène, le choix de bonnes chaussures et autres.

Source : Revue Plein soleil, Été 2023, p53


252e jour de l’année

En mémoire de…

TEX LECOR 1933-2017 – Auteur-compositeur-interprète, peintre et animateur québécois.


On jase là…

Pourquoi le Québec craque de partout ? Qu’est-ce qui fait que la pénurie de main d’œuvre s’agrandit et semble insurmontable dans les hôpitaux, les écoles et voilà que les tribunaux se mettent de la partie. C’est un désastre sans nom. Une hémorragie qu’il faut arrêter. Tout ça a débuté quelque part et conséquemment, les instances gouvernementales ont laissé aller. On récolte ce que l’on sème et on a atteint le fond du baril. Il faut un remède de cheval, peu importe le prix.


Pensée et citation du jour

L’univers nous appartient dans la proportion où nous lui appartenons.

Jean Giono


Ça s’est passé un 9 septembre…

(1949) Un DC-3 de la Canadian Pacific Airlines explose en plein vol à Sault-au-Cochon, entraînant dans la mort 23 passagers et membres d’équipage. La tragédie donna lieu à un des procès les plus retentissants du siècle au Québec.

(1986) Première de la télésérie Lance et compte, dont le scénario est signé Réjean Tremblay et Louis Caron. Carl Marotte, Marc Messier, Éric Hoziel, Denis Bouchard, Michel Daigle, Sylvie Bourque et Marina Orsini figurent parmi les principaux interprètes.

(2003) Le Québécois Éric Gagné des Dodgers de Los Angeles récolte devant les Diamondbacks de l’Arizona son 50e sauvetage de la saison, devenant le premier lanceur de l’histoire des ligues majeures de baseball à atteindre ce plateau deux saisons de suite.



En savoir plus sur Le blogue de Normand Nantel

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Vous en pensez quoi ?